Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire 2

GUILLAUME LE CHAUVE

(1020-1049)

On se le rappelle, le premier seigneur de Talmont fut installé « dans son honneur (1) » par le comte de Poitou, vers l'an 1020. Il avait nom Guillaume, comme son suzerain, et fut surnommé le Chauve, sans doute pour de bonnes raisons, connues de son temps et supposées du nôtre. Il était allié aux seigneurs de Thouars ; on dit même qu'il était originaire de la Maison de Parthenay. En tout cas, il contracta avec ces deux familles de nombreuses liaisons de parenté et d'amitié (2).

Comme homme noble et guerrier de l'entourage du comte, il eut à cœur de remplir sa mission qui consistait à protéger et exploiter la contrée ; aussi ses premières et plus vives préoccupations furent-elles d'asseoir une demeure féodale capable de résister aux assauts des ennemis, et d'attirer, autour de ses murailles, des habitants et des vassaux dont il augmenta sans cesse le nombre, grâce à diverses concessions de privilèges, domaines et revenus.

Le choix de l'emplacement fut bientôt arrêté. Il n'était guère possible d'en trouver un meilleur que celui qui avait été déjà occupé par le castrum romain et la motte de Talmont : entre deux vallées, à l'extrémité d'un promontoire, qu'il était facile d'isoler du plateau voisin, défendue sur une face entière par les terrains marécageux du Perray, la position élevée déjà préparée pour la résistance, que nous voyons encore entourée de fortifications, devait s'imposer au coup d'œil de l'homme de guerre qui venait occuper le pays.

Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire (2)

Mais si l'aspect du lieu et l'escarpement du roc furent les principales raisons qui déterminèrent le choix de Guillaume le Chauve, il en est également une autre qui dut avoir pour lui une grande valeur. Tout en possédant une assiette sûre, facile à garder, et susceptible de servir de refuge en cas d'alerte, la place promettait en même temps au châtelain, grâce à la proximité des grandes forêts d'Orbestier, de Jard, de Poiroux et de Bois-Grolland, longues de plusieurs lieues, les inépuisables émotions, indispensables alors, d'une chasse facile, abondante et variée, puisque les bêtes sauvages de toutes sortes peuplaient la contrée.

Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire (4)

Le sire de Talmont apprécia du premier coup d'œil tous les avantages de la position, et l'on peut encore facilement, comme nous l'avons dit dans le paragraphe précédent, malgré les nombreux remaniements que supporta le château, pendant les six siècles de son existence réelle et utile, reconnaître la plupart des constructions, élevées par lui ou ses successeurs immédiats.

L'érection de la forteresse ne fut pas la seule création qui préoccupa le nouveau baron : nous avons raconté ailleurs, dans quelles conditions il fonda, à l'intérieur même de la ville, et à proximité de sa demeure, l'abbaye de Sainte-Croix (3).

Il divisa aussi son territoire en plusieurs arrière-fiefs, et les distribua aux nombreux compagnons d'armes attirés par lui de diverses contrées, dans sa seigneurie. Puis il fit mettre en culture, afin de se procurer des ressources, une partie des terres qu'il réservait pour son domaine propre, distribua les autres, sous certaines conditions, à ceux qui l'entouraient, et, de la sorte, jeta dans le pays, les bases solides d'une féodalité qui eut dès lors toute facilité pour s'y fortifier.

Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire (1)

Guillaume prit, selon l'usage, au moment de mourir, l'habit monastique, dans son couvent de Sainte-Croix, et suivit en cela l'exemple de son suzerain le comte Guillaume V, qui s'était retiré à Maillezais, dès 1029 ; il laissa, de sa femme Améline de Parthenay, deux fils, Guillaume et Pépin, et une fille Asceline que nous retrouverons dans la suite ; sa mort doit être fixée aux années 1048 ou 1049.

Ce seigneur eut pendant sa vie, selon toute vraisemblance, à aider largement ses alliés dans la résistance que ceux-ci opposèrent même à leur suzerain, alors en guerre avec Geoffroy Martel. Il prit, sans doute, le parti du baron de Parthenay, son parent, et l'allié du comte d'Anjou.

On est d'autant plus autorisé à admettre qu'il fut membre actif de cette guerre si générale en Poitou, qu'il dit dans sa charte de fondation de l'abbaye : « Si dissipatio inter nos et nostros vicinos et turbalio crescat. Si le désaccord et les troubles entre nous et nos voisins augmentent » : pour augmenter, il fallait qu'ils existassent. Du reste, dans un autre document, son fils le compare à David, l'homme sanguinaire « Quia vir sanguinis erat », tandis que lui se nomme Salomon, l'homme de la paix (4).

Guillaume Ier est connu, en dehors du cartulaire de Sainte-Croix, par trois documents. L'un (1020) signale la cession, au profit de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély, par un sieur Adraldus et sa famille, d'une terre appelée Bundeliac, et il y est cité comme témoin, sous le nom de Guillaume de Talmont (5).

D'après le second, il aurait assisté, sous le même titre, à la confirmation des privilèges de la dite abbaye, par Jean, évêque de Poitiers (1031 ou 1032). Le pape Jean XIX ayant mis celle-ci (6) sous la protection de plusieurs seigneurs poitevins parmi lesquels se trouvait celui de Parthenay, il n'est pas étonnant de voir son allié et parent, mentionné dans plusieurs actes qui intéressent ce monastère. Ces donations n'étaient, du reste, que la restitution des dommages que cet établissement avait eu à subir, pendant les querelles des comtes de Poitou et d'Anjou.

Le troisième, de même date à peu près que le précédent, intéressant notre contrée, nous allons le reproduire en entier. Il est tiré du cartulaire de Saint-Cyprien de Poitiers.

« Ramnulfus miles per Ammonitionem Arnaldi monachi concessit Abbati Ansegiso et monachis S. Cypriani in pago Erbadilico, insula quœ vocatur Riedia, ecclesiam in honorem S. Hylarii constructam, cum omnibus redditionibus parrochiœ ipsius, et omnem decimam totius insulœ, excepto pane et vino : et juxta ecclesiam unum mansum de terra, cum omnibus suis appenditiis, cultum et incultum, et unum juctum de terra arabile in alio loco, excepto maso antedicto, et in aquam vocitatem Vie in loco qui dicitur Trahitioni ad oedifîcandum molendinos quantum potuerint ; et in villa quœ vocatur Arablea unam bordariam cum omnibus quœ ad eamdem pertinebant et redecimationem panis et vini de maso Bernardi. Tertiam partem sepulturœ et candelas de Natale Domini et omnium sanctorum retinuit, omnia alia concessit absque

 

calunmia et absque aliqua consuetudine, consentiente seniore suo Willelmo Partiniacensium Domino.

« S. Ramnulfi qui hanc donationem concessit.

Ainordi uxoris suae.

Ramnulfi filii sui.

Gaufredi Vicecomitis. Toarcensis.

Willelmi Partiniacensium Domini (i.

Willelmi filii sui (II.

Willelmi de Talamonte et filii sui Willelmi.

Durandi, Grimaldi, Girardi Porcarii.

Hengelfredi, Guntaudi præpositi.

Abbatis Ansegisi.

Fulcandi prioris et Constantini monachorum. »

Avant de quitter ce seigneur, qu'il nous soit permis de rectifier une date.

 Le cartulaire du Bas-Poitou, raconte que les églises de l'île d'Yeu furent livrées à l'abbé de Marmoutiers par un certain Bérenger Baiver, et que Guillaume de Talmont, accompagné de ses fils, Guillaume, alors seigneur de Gurzon, et Pépin, reçut du bienfaiteur, pour renoncer à ses droits, un magnifique anneau d'or. La présence de ces deux jeunes seigneurs indique clairement qu'il est question ici de Guillaume le Chauve, et nullement de Guillaume II le Jeune qui mourut sans héritier mâle. Par conséquent, la date qu'on assigne à cette charte (1055) est trop récente, et doit être reportée à une autre, antérieure à 1049  (6).

C'est sous l'impulsion de ce seigneur que Talmont commença à prendre des développements sérieux qui se poursuivirent régulièrement pendant la fin du siècle et le suivant tout entier; en lisant le cartulaire de Sainte-Croix, on s'aperçoit même que les progrès furent rapides et que la ville acquit une prospérité et une importance qu'elle a bien perdues depuis.

 

GUILLAUME II LE JEUNE

(1049-1058)

Guillaume II le Jeune succéda à son père (Jure hereditario), comme il le dit lui-même, dans la seigneurie de Talmont, et consacra une grande partie de sa vie, du moins autant que nous pouvons en juger par les documents qui nous sont parvenus, à la création d'oeuvres pieuses. Malgré l'engagement pris par lui, devant le lit de mort de son prédécesseur, de ne jamais faire d'aumônes à une autre église qu'à celle de Sainte-Croix, son premier acte connu fut, dès 1050, d'accorder à l'abbaye de Marmoutiers de Tours, ordre des Bénédictins, avec l'assentiment de son frère Pépin, et de sa femme Mélisende, une terre située à Fontaines, entre Curzon et Talmont.

Ce monastère était déjà riche et puissant, même en Bas-Poitou, et il pensa sans doute qu'il était sage de se concilier ses bonnes grâces, au moyen de quelques largesses. Son abbé, du nom d'Albert, s'engageait à y fonder un prieuré, dont les moines réciteraient force prières et oraisons, pour le repos de l'âme du bienfaiteur, et celles de son père, de sa mère et de son frère. Cette terre de Fontaines, lui venait du côté maternel, ainsi que plusieurs autres de la paroisse d'Angles, qu'il ajouta plus tard à sa première libéralité (7).

De même que Guillaume le Chauve l'avait fait, à propos de l'abbaye de Sainte-Croix, il accorda à ce prieuré l'autorisation de prendre les bois nécessaires à sa construction et à son entretien, dans la forêt de Grosbreuil, et, au besoin, dans celle d'Orbestier, avec des franchises nombreuses, qui exemptaient les moines de toute juridiction étrangère.

Cette donation fut approuvée par le comte de Poitou, Pierre Guillaume VI, sa mère Agnès, et son frère Guy Geoffroy (8).

 Guillaume le Jeune obtint aussi de Isembert, évêque de Poitiers, que ce lieu fût à l'abri de toute excommunication, et que le chapelain de Fontaines ne se transportât pas à Poitiers, au moment du synode, pourvu qu'il payât 12 deniers au Chapitre, et autant à l'archiprêtre de Curzon, chargé de lui fournir les huiles saintes (9). Ce n'était vraiment pas payer trop cher la possibilité d'éviter les désagréments et les dangers qu'on risquait de courir, en entreprenant le voyage, aller et retour, de Curzon au chef-lieu de l'évêché.

Cependant le sire de Talmont ne pouvait pas laisser dans l'oubli ses voisins les plus proches, et négliger l'abbaye de Sainte-Croix, que son prédécesseur n'avait pu terminer; il continua donc l'œuvre qu'il avait trouvée en si bonne voie, et appela à la tête du couvent le moine Vital, ancien abbé de Saint-Gildas de Ruys, en Bretagne (10) ; puis profitant de la cérémonie de consécration des bâtiments, il augmenta, dans de notables proportions, les biens de ce monastère.

Parmi les trop peu nombreux faits que nous confie le cartulaire, il y a lieu de citer celui qui a trait au changement de la place sur laquelle se tenait, à Talmont, le marché du samedi ; voici les paroles qu'on prête au seigneur de Talmont : « Un certain Ascelin, surnommé « Mintius, vint un jour me demander de lui céder le « terrain sur lequel avait lieu le marché du samedi. Je dus le lui refuser, car je n'avais pas, sur l'heure, une autre «place sur laquelle il me fut possible de l'installer. Cependant, après examen, je donnai cet emplacement à Sainte-Croix, afin qu'Ascelin le tint de l'abbé; et j'ai « pu agir ainsi, parce que l'abbé Vital et ses moines ont « souffert, que le marché qui se tenait dans cet endroit, « se réunit désormais dans le cimetière de la dite église. » Le lieu dont il est ici question, s'étendait entre l'abbaye et la Garcilière, et c'est de là que ce quartier prit le nom d'Ascelin. Il est en effet très souvent question du Puits ou Puy Ascelin, dans les actes postérieurs à cette date (11).

On ne sait si Guillaume II prit part personnellement à la terrible lutte, que le comte de Poitou continua à soutenir contre le duc d'Anjou ; en tout cas la chose est plus que probable. Le cartulaire raconte seulement qu'il entreprit en 1056, le voyage de Rome, pour faire un pèlerinage au tombeau des apôtres, comme il fut d'usagc jusqu'aux croisades; mais, avant de partir, reconnaissant tous les périls auxquels il allait s'exposer, il réunit ses barons et confirma tous les actes accomplis pendant sa vie. Il n'est ensuite plus question de lui jusqu'à sa mort, qui dut arriver vers 1058. Aucune charte ne prouve également que son frère ait possédé le fief de Talmont, et il est naturel d'en conclure que Pépin mourut presque en même temps que lui, ou même qu'il le précéda dans la tombe : ce dernier vivait toutefois au moment du départ pour Rome de son aîné.

Ce seigneur ne laissa de sa femme Mélisende, qu'une fille nommée Améline, qui épousa Normand de Moureneau, et dont nous parlerons plus loin.

 

C A D E L O N

(1058-1074)

Guillaume VI, comte de Poitou, vivait encore, quand la seigneurie de Talmont tomba en rachat, et c'est lui qui, à l'occasion de l'ouverture du fief, se rendit dans cette ville, en 1058, afin d'occuper le château, de régler la succession et de percevoir les droits à payer pour le passage de la terre en d'autres mains (12). Comme il arrivait dans le pays, il trouva sur sa route l'abbé Vital qui marchait à sa rencontre, afin de lui présenter ses souhaits et de l'entretenir d'un différend qu'il avait avec l'abbé de Vendôme. Ce dernier réclamait un prétendu don, à lui fait, par sa mère, la comtesse Agnès. Le comte était accompagné dans son voyage, par sa femme Ermisende, Guillaume, évêque de Poitiers, Savary, vicomte de Thouars, et beaucoup d'autres seigneurs qui lui servirent de témoins dans l'arrangement de cette affaire (13) ; elle fut réglée du reste au mieux des intérêts du monastère.

Les deux fils de Guillaume le Chauve étant morts, la succession revenait, en vertu du droit de viage et de retour, à son troisième enfant, Asceline, qui venait d'épouser Cadelon, un des barons de la région de Thouars, dans laquelle il possédait de nombreuses terres qu'il tenait sous la suzeraineté du vicomte Aimery.

Cette transmission est parfaitement indiquée dans le passage suivant du cartulaire de Sainte-Croix : « Post mortem Willelmi et Pepini, filiorum primi Willelmi Calvi, qui Thalemontem castrum primus edificavit, successi eis ego Kadelo, in eodem honore, accipiens eorum sororem in uxorem, nomine Ascelinam.

 Après la mort de Guillaume et Pépin, fils de Guillaume Ier le Chauve, qui éleva le premier le château de Talmont, moi, Cadelon, je leur succédai dans la même seigneurie, ayant accepté pour épouse leur sœur Asceline (14). »

On trouve le nom de ce seigneur mêlé à beaucoup d'aumônes, faites en faveur de l'abbaye, et ce fut pendant sa vie, que l'abbé Euvrard, successeur de Vital, sut si bien arrondir son domaine et jeter les bases de la grande prospérité de Sainte-Croix. Le cartulaire, en dehors de toutes les donations, nous rapporte peu de faits qu'il soit intéressant de relater ici. Cependant, il nous apprend que, Cadelon, comme son prédécesseur, se rendit à Rome, en pèlerinage, près des tombeaux des Apôtres, et qu'il en revint, ce que nous n'avions pu affirmer de son beau-frère, puisqu'il fit à son retour, une donation en faveur d'un certain Guillaume Ulric (15).

Pendant le passage de Cadelon à la tête de la seigneurie, le comte de Poitou, duc d'Aquitaine, toujours en guerre avec le comte d'Anjou, marcha contre la ville de Saintes, qu'il prit malgré Foulque Réchin ; dans le cours de cette dernière expédition (1068), le duc assiégea et prit d'assaut la ville de Luçon, réduisit en cendres le château et le monastère de Sainte-Marie, et fit massacrer lâchement une foule d'habitants, tant hommes que femmes (16).

Nous ignorons si Cadelon prit part, comme ses alliés et parents, le vicomte de Thouars et le seigneur de Parthenay, à la descente, en Angleterre, de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, ou s'il se rangea sous la bannière du comte de Poitou qu'il aurait accompagné en Espagne quand celui-ci alla combattre les Sarrazins et prendre Barbato.

Il y a tout lieu de croire que plusieurs nobles de la contrée se mêlèrent à l'une et à l'autre de ces guerres, car les habitants du Poitou composèrent une notable partie des armées qui exécutèrent ces deux expéditions lointaines et hardies.

Cadelon mourut vers l'année 1074; s'étant marié fort tard, comme il semble résulter du texte de plusieurs chartes, probablement vers 1058, il laissa trois fils jeunes encore, Guillaume, Pépin et Hugues qui ne purent recueillir, du moins pour le moment, l'héritage paternel.

Jusqu'au règlement des droits de succession, le Talmondais fut administré par Ayraud de Fabrice et Pierre, fils de Maynard, lieutenants commis par le comte de Poitou (17).

 

NORMAND DE MOURENEAU

(1074-1078)

Normand de Moureneau qui, on l'a déjà dit, avait épousé Ameline, fille de Guillaume II, hérita, at œquum erat, du titre et de l'usufruit de la terre de Talmont.

Dès 1076, il fit un don à l'église de Sainte-Croix, pour le salut de son âme et de celle de son prédécesseur (18) et avec le consentement de ses deux parents Guillaume et Pépin passa plusieurs autres traités (19).

Vers 1078, il présidait la cour des barons du Talmondais réunis pour juger, sur l'ordre du comte, un différend qui régnait entre un certain moine nommé Robert, de l'abbaye de Vendôme et l'abbé Euvrard de Sainte-Croix (20) ; à peu près à la même époque il convoquait les membres de la cour de Curzon et aplanissait les difficultés, soulevées au sujet de la terre d'Angles, par le prieur de Fontaines contre un certain Morin (21). Ce seigneur ne jouit que peu de temps de la principauté, et eut pour successeur son cousin Pépin, déjà cité, fils de son prédécesseur. « Postquam Normannus de Talemundo obiit et Pipinus successit in honorem. » Lorsque Normand de Talmont mourut, Pépin lui succéda dans cet honneur (22).

 

Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire

 

PÉPIN

(1078-1098)

Pépin ne posséda immédiatement le Talmondais que par suite de la mort de son frère aîné Guillaume, qui aurait dû succéder à Normand (23). Il est cité dans de nombreuses chartes du cartulaire, et nous renvoyons le lecteur à l’histoire de l 'abbaye, s'il désire connaître ses rapports suivis avec cet établissement religieux. Qu'il nous suffise de dire ici, que ceux-ci ne furent pas toujours empreints de la plus parfaite cordialité, et que même, un certain jour, l’abbé Alexandre n’hésita pas à faire excommunier celui qui avait osé contester ses droits sur la chapellenie de Saint-Pierre de Talmont.

En ce temps-là, les moines de Fontaines vivaient aussi en mauvaise intelligence avec leurs voisins qui du reste faisaient tout ce qu'il fallait pour cela : ce n'étaient que discussions, ayant toujours pour cause la possession de quelques lopins de terre.

 Leurs vassaux mêmes, se plaignant souvent de la façon dont ils appliquaient les corvées ou les tailles, eurent recours, un beau jour, à la justice de Pépin et de ses barons, comme il est indiqué par le jugement suivant, un des plus anciens documents connus, ayant trait à des hommes de la classe des paysans. Il remonte en effet, à 1090 environ, et fait partie du cartulaire du Bas-Poitou. Voici la traduction qu'en fit M. Paul Marchegay (24) :

« Sachent ceux qui sont présens et à venir, c'est-à-dire les habitants du grand monastère de  Saint-Martin (Marmoutier), que les paysans d'Angles ont porté plainte au seigneur de Talmont, nommé Pépin, au sujet de la corvée qu'ils faisaient aux moines de Saint-Jean-l'Évangéliste (Fontaines), et lui ont demandé que cette corvée fût réduite au minimum de ce qu'ils avaient coutume de faire pour Guillaume de Talmont, lequel avait donné en pleine et perpétuelle propriété, à Saint-Jean-l'Évangéliste, à Saint-Martin, et aux religieux voués à leur service la terre d'Angles avec celle de Fontaines.

« Afin d'obtenir cette réduction, les susdits paysans donnèrent 50 sous au dit seigneur Pépin, et il leur octroya une charte par laquelle ils n'étaient tenus à aucune autre corvée que celle en usage du temps de Guillaume de Talmont. Par ce motif, les moines sont venus en justice devant le même Pépin, réclamant contre le refus des paysans d'Angles, d'acquitter leur redevance ordinaire. Pépin a donc ordonné à ses barons de rendre leur jugement sur ce débat. Ceux-ci, conformément à ses ordres, ont prononcé l'arrêt suivant :

« De même que les paysans eussent fait la corvée « entière, si elle eût été exigée d'eux par Guillaume de Talmont, auquel elle était due, et auquel, de son vivant, lesdits paysans appartenaient entièrement et sans que nul mortel put les lui contester ; ainsi ils doivent cette  corvée entière aux moines de Saint-Martin et de Saint Jean-l'Evangéliste de Fontaines, auxquels, en vertu de la donation de Guillaume, ils appartiennent entièrement et sans que nul mortel puisse les leur contester.

 

« Ainsi le seigneur Pépin, contre les règles du droit, a pris, au sujet de cette loyale redevance, le parti des paysans contre les moines, mais ceux-ci doivent bien se garder de faire à ceux-là quelque tort, par suite duquel les paysans seraient fondés à se plaindre raisonnablement au seigneur de Talmont.

« Pépin annula donc la charte qu'il avait donnée aux paysans, et il la leur fit réclamer pour la délivrer aux moines.

« Les témoins qui ont vu et entendu ces choses sont : « Hugues, frère de Pépin, Pierre du Bouil, Hugues de la Chaize-Giraud...

Etaient présents aussi les religieux et paysans dont les noms suivent : « Ainulfes, alors prieur de Fontaines ; Pierre et Durand (moines) ; Raoul et Aimé, leurs serviteurs ; Constantin et Jean, prêtres ; et des paysans, Gautier le Sage, Oudry Céon, Bernard Noël... (25) »

On ne dit pas que Pépin rendit l'argent : ce fut donc, malgré tout, le pauvre paysan qui paya les frais et qui perdit les cinquante sous ; mais cela montre, cependant, que la cour des barons n'était pas toujours de l'avis de son seigneur, et que même elle savait, à l'occasion, lui infliger un blâme sévère. La justice ne sortit pas trop boiteuse, pour cette fois, de la salle où elle avait tenu ses séances.

Pépin eut d’autres difficultés avec le prieuré de Fontaines.

Vers 1080, il lui enleva la propriété de quelques marais de la terre d'Angles, en donna une partie aux chanoines de l'abbaye de ce lieu, et dessécha l'autre qu'il s'était réservée pour la livrer à la culture, et, par suite, en augmenter considérablement la valeur.

C'est alors que les moines de Marmoutiers se rappelèrent leurs droits et en réclamèrent la restitution. Les chanoines d'Angles firent la sourde oreille, et Pépin, de son côté, après avoir eu la velléité de reconnaître son usurpation, donna, malgré tout, à son lit de mort, la portion dont il jouissait, aux moines de Sainte-Croix.

Les religieux de Tours, exaspérés de ce procédé, adressèrent une réclamation à Guillaume IX, qui venait d'arriver dans le Talmondais pour régler les droits de succession (1098).

L'affaire était délicate, et le comte, voulant conserver les bonnes grâces de Marmoutiers et de Talmont, se déchargea de cette responsabilité par une délégation de pouvoirs à la cour féodale du seigneur de la Roche-sur-Yon.

Othon, encore plus embarrassé que son suzerain sur le bien- fondé des revendications, et tout aussi désireux de vivre en bonne harmonie avec ses deux puissants voisins, usa du moyen suprême qui lui restait en soumettant la décision du procès au Jugement de Dieu par le duel. Le lieu fixé pour le combat fut les Moutiers (26).

 Au moment de l'engagement, les moines d'Angles présents offrirent de faire également trancher leur différend par le champion de Sainte-Croix : la proposition fut acceptée par les deux parties. Nous n'entrerons pas dans les détails de cette scène si habilement décrite par M. Paul Marchegay (27) ; nous dirons seulement que le représentant des religieux de Sainte-Croix et d'Angles fut battu et que les marais restèrent la propriété du prieuré de Fontaines.

Sous Pépin, les habitants du Talmondais s'armèrent pour plusieurs expéditions et notamment en 1087, contre les infidèles, c'est-à-dire, les Maures et les Sarrazins.

Plusieurs d'entr'eux y succombèrent et le cartulaire signale, à ce sujet, des libéralités distribuées par leurs parents qui achetèrent des prières pour le repos de l'âme de ces martyrs, comme on les appelle dans ce recueil (28).

Quelques années plus tard, vers 1093, même seigneur ordonna une levée d'hommes à Talmont et à Olonne, pour aller rejoindre le comte Guillaume VIII qui intervenait en faveur du seigneur de Parthenay Ebbon, contre son frère Guelduin.

Parmi les gens d'armes désignés, se trouvaient des vassaux de Sainte-Croix, que le préposé Gobin voulut enrôler de force, malgré les franchises dont ils jouissaient ; sur la réclamation énergique de l'abbé, Pépin crut prudent et habile de donner des ordres pour qu'on les laissât en paix.

Nous terminerons ce qui a trait au seigneur Pépin en mentionnant, d'après le cartulaire du prieuré de la Chaize-le-Vicomte, que le sire de Talmont approuva le 5 août 1091, deux concessions relatives à Vilaron, rédigées au château du lieu, par le vicomte Aimery, alors présent et donateur, et qu'il abandonna tous ses droits sur la concession faite par le même seigneur au dit prieuré touchant les foires de cette localité ainsi que sur la livraison de trois charrettes de bois à conduire par les gens de la Chevrolière (28)

Nous arrivons ainsi aux dernières années du XIe siècle pendant lesquelles se déroula un événement considérable qui eut en Poitou, comme partout en France, un puissant retentissement. Le concile d'Auvergne venait de terminer ses travaux, et le pape Urbain II, parcourant l'Europe, s'arrêtait à Poitiers pour prêcher la croisade.

Combien y eut-il, dans le Talmondais, d'âmes chevaleresques et pieuses qui se laissèrent séduire par cette noble idée, d'aller conquérir les Lieux-Saints sur les Musulmans? On ne saurait le dire, mais beaucoup d'habitants de ce pays subirent incontestablement le triste sort des compagnons de Pierre l'Hermite et ne revirent jamais ceux qu'ils abandonnèrent pour suivre l'entraînant prédicateur.

Quelques privilégiés seuls eurent le bonheur d'assister à la prise de Jérusalem, en 1099, et de pouvoir regagner leur patrie.

Pépin perdit sa mère Asceline, en 1092, et laissa de sa femme Agnès, une fille appelée Aénor : il dut mourir en 1098.

Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire (3)

 

GOSCELIN DE LEZAY

(1098-1112)

Pépin et ses frères ne laissant pas d'enfant mâle, la seigneurie passa à Goscelin de Lezay (30), son gendre, époux d'Aénor.

Le 7 décembre 1099, ce dernier assistait sous le nom de seigneur de Talmont, à une cérémonie présidée par l'évêque de Poitiers, Pierre II, qui était venu à la Chaize-le-Vicomte, consacrer l'église de Saint-Nicolas. Il y est indiqué parmi les barons qui offrirent dix sols de rente au prieuré.

On ne trouve aucune trace de Goscelin pendant que Guillaume VIII prépara et consomma son expédition en Palestine ; or, ce prince emmena avec lui, à la conquête des Lieux-Saints, 3,000 hommes de ses provinces de Poitou et de Guyenne, et le Talmondais y contribua assurément pour sa large part.

Le fait est prouvé par les nombreuses donations que consentirent en faveur des abbayes, à la date de 1100, les pèlerins ou croisés qui tinrent à se mettre sous la protection du ciel, avant d'entreprendre un voyage si long et si funeste à leurs prédécesseurs.

Un certain soldat, Engibaud, surnommé Meschinot, partant pour Rome, lisez la Palestine, concéda ce qu'il possédait, sur le moulin de Dolbeau, aux moines de Sainte-Croix. La fin de ce document rapporte même, que le malheureux fut tué par les ennemis, et que sa femme et son fils ratifièrent l'aumône (31). On sait en outre pertinemment, que Guillaume d'Apremont et Aimeri de Bouil (32) accompagnèrent le comte de Poitou, mais il est impossible de dire si Goscelin, qui est invisible pour nous pendant cette période, se décida à quitter son château.

Tout le monde connaît la triste fin de cette expédition malencontreuse. Après avoir remporté quelques légers succès, Guillaume fut contraint d'abandonner la lutte, et son retour précipité entraîna la disparition, en mer, de la plupart de ceux qui avaient échappé aux armes des infidèles ou aux fatigues écrasantes de l'expédition ; de sorte qu'il ne ramena pas la dixième partie de la nombreuse armée qu'il avait levée. Mais, si rien ne prouve le départ de Goscelin, plusieurs pièces démontrent, qu'il n'y succomba pas, car de 1105 à 1112 il figura en qualité de témoin ou de bienfaiteur dans de nombreux actes publics et privés (33).

Il y a lieu de relater ici, à sa place chronologique, l'apparition de l'abbaye d'Orbestier qui fut fondée en 1107 par le comte de Poitiers et Goscelin de Lezay (34), et, quoique le sire de Talmont y ait peu participé, celle de l'abbaye de Boisgrolland grassement dotée par Aimery, baron de Poiroux, et sire du Bouil (35). La charte qui raconte cette dernière érection, et qui porte la date de 1101, explique comment Aimery, de retour de la première croisade, s'adressa à l'abbaye de Moreilles pour obtenir cette faveur (36).

« Au nom de la sainte et indivisible Trinité, moi, Aimery de Bouil, voulant bâtir une maison dans laquelle Dieu fut toujours honoré par ses fidèles serviteurs, j'ai demandé plusieurs fois à vénérable homme Méchin, abbé de Moreilles, d'envoyer à Boisgrolland, (paroisse de Poiroux), un certain nombre de ses religieux, et de leur donner un abbé, afin, qu'y résidant  avec continuité, il y puissent prier constamment le seigneur, pour obtenir le pardon de mes péchés et de ceux de mes parents, ainsi que celui de tous les fidèles vivants et défunts. Le susdit abbé Méchin, après de longs ajournements, mais toujours sollicité par moi et par beaucoup d'autres, a fini par acquiescer à cette demande. En conséquence, moi, Aimery, je me suis appliqué à pourvoir de mes biens, aux nécessités de ceux qui devaient venir servir Dieu au dit Boisgrolland, et tout ce que j'ai voulu leur donner, je l'ai fait consigner par écrit.... »

 

Pour ne plus revenir sur les agissements de cet établissement religieux, qui, du reste, fut peu mêlé à l'histoire que nous écrivons, déclarons de suite que d'abord ses moines furent soumis à l'ordre des Bénédictins et qu'ensuite, vers 1203, ils embrassèrent la règle établie à Citeaux. La petite quantité de chartes conservées, très faible partie de celles qui furent rédigées de 1110 à 1297, est très laconique sur les détails relatifs aux habitants de cette abbaye et les seigneurs de Poiroux. Le dernier abbé fut Aimeri, mort en 1811, supérieur de Saint-Sulpice (37).

Goscelin ne mourut pas avant 1112, car il est encore question de lui et de sa femme dans une charte rédigée à cette époque; ils y sont représentés, comme faisant démolir, à Olonne, sur la demande des moines de Sainte-Croix, un four banal qui nuisait à celui de l'abbaye (38).

Les premiers seigneurs de Talmont Saint Hilaire (5)

(Chevaliers du Poitou Cie Capalle)

 

Voyage dans le Temps des Chevaliers du Poitou ; DESCRIPTION DE LA VILLE DE TALMONT SES CHATEAUX  <==.... ....==>

 

 

 


 

 

An 1098, le seigneur de Talmont Vassal de Guillaume IX, duc d'Aquitaine tranche un litige religieux dans le marais d'Angles
L'An 1098, Pépin seigneur de Talmont Vassal de Guillaume IX, duc d'Aquitaine tranche le litige opposant l'abbaye de Marmoutier à Pierre II, fils de Vitalis Cox, au sujet d'une terre dans le Marais Poitevin d'Angle proche de la tour de Moricq. La décision fut prise de donner le résultat par un duel du Jugement de Dieu.....

(1) A cette époque on donnait aux seigneuries le nom d'honneur.

Bulle du 1er mai 1031. Les seigneurs de Parthenay donnèrent, en 1039, l'église de la Peyrate à l'abbaye de Saint-Jean, celle-ci ne la garda pas longtemps, car elle fut transmise quelques années après par Cadélor aux moines de Sainte-Croix de Talmont.

(2) Aremgade, épouse de Guillaume de Parthenay, avait appartenu à la famille de Talmond (Notice sur les Larchevêques par M. Marchegay).

(3) Cartulaire de Talmond, chapitre I.

(4) Cartulaire de Talmond, chapitre III.

(5) Jean Besly, preuves de L'Histoire des Comtes de Poitiers, p. 346.

(6) Cartulaire du Bas-Poitou, p.132.

(7) Le nom d'Angles, vient, dit-on, de la configuration du point qui faisait angle sur les marais mouillés. Nous donnons cette étymologie pour ce qu'elle vaut.

(8) Cartulaire de Fontaines, chapitre I.

(9) Cartulaire de Fontaines, chapitre II.

(10) L'abbé Vital de Saint-Gildas, successeur de Saint-Félix, était venu à Beauvoir-sur-Mer pour réclamer, au nom de son couvent, le corps du moine Goustaut, qui y était mort subitement le 27 novembre 1040, et qui fut plus tard canonisé.

(11) M. l'abbé Brasseur supposait que ce 110m de quartier avait été donné en mémoire d'Asceline, femme de Guillaume le Chauve. Selon nous, il est préférable de voir là le nom du propriétaire Ascelin, dit Mintius, qui reçut ce terrain du seigneur et de l'abbé. (Cartulaire de Talmond, chapitre III p. 73.)

(12) Le comte de Poitou avait le droit d'agir ainsi, en vertu de la coutume féodale connue sous le nom de garde-noble.

(13) Voir le cartulaire de Talmond, chapitre V, et l'histoire de l'abbaye.

(14) Cartulaire de Talmond, chapitre VI. Disons en passant, qu'en 1069, le vicomte de Thouars, Aimery, était en train de construire l'église du château de la Chaise ou plutôt de la Case (Casa ).

(15) Cartulaire de Talmond, chapitre LXIV.

(16) Chronique de Maillezais, « tunc caepit castrum Lucionense et monasterium S. Mariae Virginis, quod est in eodem castro combussit, multos que homines et faeminas in eo extinxit. » (Besly, preuves de l'Histoire de Poitou, p. 346.)

(17) Cartulaire de Talmond, chapitre VI.

(18) Cartulaire de Talmond, chapitre XLV.

(19) Cartulaire de Talmond, chapitre L.

(20) Cartulaire de Talmond, chapitre LI.

(21) Cartulaire du Bas-Poitou. Prieuré de Fontaines, chapitre IV.

(22) Cartulaire du Bas-Poitou. Prieuré de Fontaines, chapitre VI.

(23) Le deuxième frère de Pépin, Hugues, n'est connu que par une charte du prieuré de Fontaines dont nous donnons la traduction plus loin : il ne fut jamais seigneur de Talmond et le cartulaire de Sainte-Croix n 'en fait nullement mention : il dût mourir avant son frère Pépin.

(24) Traduction imprimée dans Poitou et Vendée, par Benjamin Fillon, pp. 2 et 3. Cartulaire du Bas-Poitou, Fontaines, chapitre IX.

(25) Cartulaire du Bas-Poitou, Fontaines, chapitre IX.

(26) M. Marchegay estime que la charte de Fontaines indique par- là les Moutiers-les-Mauxfaits. Nous pensons que ce fut plutôt les Moutiers-sur-Yon, aujourd'hui le Bourg-sous-la-Roche, localité beaucoup plus voisine du lieu où siégeait la cour du seigneur Othon. (Le château de la Roche-sur- Yon.)

(27) Cartulaire du Bas-Poitou. Introduction, pp. 34 et suivantes.

(28) Cartulaire de Talmond, chapitre XVI.

(29) Vilaron, fief dans le voisinage de Jard. Cartulaire du Bas-Poitou, prieuré de la Chaize-le-Vicomte, chapitres V, VI, X.

(30) La famille peu connue de Lezay se trouvait alors alliée au vicomte de Thouars et au baron de Parthenay.

(31) Cartulaire de Talmond, chapitre LXXXI. Dolbeau sur la Vie, près de Commequiers et Saint-Maixent-sur-Vie.

(32) Cartulaire de Talmond, chapitre CLV.

(33) Cartulaire de Talmond, chapitres CCVIII, CCXI, CCXII1, CCXV. Dom Fonteneau signale, en outre, une pièce datée de 1106, par laquelle Goscelin rend à l'abbaye de Montierneuf de Poitiers, tout ce qu'il possédait en la châtellenie de Benet, t. xix, p. 119.

En 1110 il restitua à l’abbaye de Saint-Maixent, plusieurs terres et églises et notamment celle de Lezay.

(34) Voir l'Histoire de l'abbaye d'Orbestier, par le même.

(35) Bouil, fief situé près de Saint-Vincent-sur-Jard.

(36) Cartulaire de Boisgrolland, chapitre 1.

(37) Les successeurs des du Bouil, comme seigneurs de Poiroux, furent : Guillaume de Chantemerle, époux de Maxence du Bouil, Guillaume d'Apremont, Savary de Vivonne, seigneur des Essarts, Charles de Blois, sire d'Avaugourd, Jean de Bretagne, duc d'Etampes, Tanneguy du Bouchet, baron de Saint-Cyr, etc....

(38) Cartulaire de Talmond, chapitre CCXXI.