Histoire du Poitou - La chronique de l’abbaye de Maillezais (ou de Saint-Maixent)

Aujourd'hui que l'on  s'occupe d'écrire l'histoire sur les  documents originaux, et que les travaux historiques faits sur des livres n'ont plus guère de valeur dans le monde savant, il est utile d'exhumer de la poussière des bibliothèques ou des dépôts d'archives les chroniques de chaque province, d'en examiner la Valeur et d'en rechercher les auteurs, s'ils sont demeurés inconnus; et c'est ce que je me propose de faire pour le Poitou, Je commencerai par des Recherches sur les chroniques du monastère de St-Maixent.

II.

 Dans ce travail, le document à examiner, qui se présente tout d'abord, est la chronique dite de Maillezais. Je viendrai ensuite à celle que les continuateurs de dom Bouquet appellent fragmentum chronicorum, etc., et donnent comme faite par un moine de St-Maixent, sur la série des comtes de Poitou.

Ensuite je dirai quelque chose sur trois chroniques ou histoires de I'abbaye de St-Maixent, rédigées dans des temps plus rapprochés de nous, par des religieux de ce monastère. On voit que cet établissement a été fertile en écrivains. Quatre d'entre eux ont, en effet, jeté du jour sur nos annales, tandis que le cinquième s'est plu à entasser des erreurs auxquelles se sont laissé prendre de bien doctes personnages. Mais je dois m'abstenir ici de pousser plus loin ces réflexions, et je vais suivre l'ordre des dates, pour classer les documents que je me propose de livrer à un examen critique.

III.

En pareille matière, et  à peu près toujours, quand il s'agit de recherches historiques, il est bon d’aller du connu à l'inconnu.

Examinons tout d'abord, pour la chronique dite de Maillezais, de quoi elle se compose ; puis je ferai connaître où ce document  été trouvé, par qui il a été rencontré ; je parlerai de son importance, et je finirai par indiquer son auteur, demeuré inconnu aux savants qui l'ont publiée. 

IV.

La chronique dite de Maillezais, ainsi que la plupart des chroniques du moyen-âge, remonte jusqu'au commencement du monde, car les auteurs avaient alors la singulière prétention de ne vouloir rien laisser derrière eux, et elle finit vers le milieu du XIIe siècle.

Dans le Recueil des historiens de France, on dit tantôt que cette chronique finit en 1040, tantôt qu'elle se termine vers 1140. La première de ces indications est évidemment erronée.

Cette chronique commence par un prologue de J. Florus sur l'histoire. Puis ensuite vient l'histoire sainte et l'histoire profane, d'après Eusèb, Josèphe, Orose et autres auteurs.

Arrivant à l'histoire de France, comme on la prenait anciennement, le chroniqueur copie Grégoire de Tours, Frédégaire, Aimoin et les autres écrivains, sur la première race. Quant à la race des maires du palais, l'auteur suit Eginhard et autres chroniqueurs, et, plus tard, il emprunte surtout Adhémar de Chabanais, dans la fin de son travail, pour ce qui ne lui est pas particulier.

V.

Rien n'est omis dans cette chronique, pour ce qui concerne le monastère de St-Maixent , la succession des abbés, les découvertes et les translations des reliques des saints , les incendies , les ruines et les réédifications des églises et autres constructions.

C'est de cette circonstance qu'il fallait induire que l'auteur de cette même chronique était un moine de St-Maixent.

Il y a plus, c'est que sur deux années, 1028 et 1126, le rédacteur de la chronique indique le monastère de St-Maixent comme celui dans lequel il a écrit. Aussi le père Labbe a-t-il, tout d'abord, reconnu que cette chronique était bien celle de cette abbaye, quoique Besly l'eût indiquée comme étant propre à Maillezais, parce qu'il l'avait trouvée dans cette localité.

 L'auteur, du reste, ne parle de ce dernier établissement ecclésiastique que d'une manière peu suivie, comme par occasion, ainsi qu'il le fait pour beaucoup d'autres monastères du Poitou et des provinces voisines.

 

VI.

Comme je viens de le dire, la chronique dont je m'occupe en ce moment, fut découverte dans le monastère de Maillezais, alors à peu près abandonné par l'évêque de cette localité (2), qui s'établit d'abord à Fontenay-le-Comte où il fut même transféré, et qui se fixa plus tard à la Rochelle où le siégé épiscopal et auparavant abbatial de Maillezais fut définitivement placé par Louis X-III, après la reddition de ce Boulevard du protestantisme. 

 
Ce fut, ainsi que je l'ai pareillement exprimé, Jean Besly, né à Coulonges-les-Royaux (Coulonges-sur-l'Autize), et alors avocat du roi à Fontenay, qui trouva ce précieux morceau historique et le fit connaître, en y insérant des fragments dans son Histoire des comtes du Poitou, ouvrage communiqué par lui à bon nombre de savants, mais publié seulement après la mort de cet écrivain , par les soins de son fils.
Il l'indique sous le nom du lieu d'où il l'avait tiré. L'historien Duchesne, ami de Besly, qui lui avait fait lire cette chronique, l'appelle aussi Chronique de Maillezais, et c'est ce qui fait qu'elle est généralement connue sous ce titre.


Besly fut encore porté à adopter cette dénomination, parce que cette chronique contient des détails relatifs à Maillezais, notamment sur la fondation et la restauration de cette abbaye; mais cette partie semble être une addition à l'ouvrage principal.
 Il paraît que Besly père ne fit que copier ce document, écrit sur un parchemin, et qui était sans doute une copie faite avec soin de l'original, demeuré probablement à St-Maixent, où il se sera perdu. Mais comme Besly fils, à la mort de son père, voulut publier I'Histoire des comtes de Poitou (3), il prit à Maillezais le manuscrit dont il s'agit, et il en fit don à Jacques Dupuy (4), qui lui avait été d'un si grand secours pour la publication de l'ouvrage de son père, ainsi qu'il le mentionne, du reste, dans la dédicace qu'il en fit à ce savant. A la mort de celui-ci, le manuscrit de la chronique de St-Maixent passa dans la: bibliothèque du savant de Thou (5).


Ce fut à cet érudit que le père Labbe I ‘emprunta, pour la faire imprimer en partie, en 1657, dans le second volume de sa Bibliothèque (6) ; dom Martenne l'a ensuite insérée dans le IVe vol. de son recueil (7).


Du reste, et on l'a déjà dit, Labbe reconnut aisément que cette chronique était celle du monastère de St-Maixent, et qu'elle ne s'était trouvée que par accident dans l'abbaye de Maillezais.     

        
Le père Labbe n'a rien imprimé de la chronique de St-Maixent, pour ce qui précède l'histoire des rois francks. Il ne donne, relativement à ces mêmes rois, que ce qui a trait au Poitou et surtout au monastère de St-Maixent, comme les particularités de la vie de St Léger.

 Sur la seconde race, il s’étend davantage , et enfin, en avançant., il copie toute la chronique, sauf ce qui se trouve dans Adhémar de Chabanais, La moisson, pour notre province , est alors fort abondante , et la série des abbés de St-Maixent , par exemple, est exactement suivie , dans les derniers temps , jusqu'à Pierre Raimond, ou de Raymond , qui fut élu, vers le milieu du XIIe siècle , pour remplacer l'abbé Geoffroi; qui venait de mourir.

L'auteur de la chronique de Saint-Maixent fut longtemps un anonyme pour le monde savant; aussi, dans le Recueil du historiens de France ( t.XI ), les savants bénédictins disent-ils que le nom de cet écrivain est inconnu. Mais  vers la fin du XVIIe siècle, un prieur érudit du monastère de St-Maixent, dont j'aurai occasion de parler plus tard avec détail, après avoir reconnu que la chronique dite de Maillezais avait été écrite à St-Maixent, rechercha qui pouvait en être l'auteur.

D'abord dom Liabœuf s'assura que cette chronique avait été écrite, ou au moins terminée, du temps que Pierre Raimond était abbé de St-Maixent, puisqu'elle finissait par annoncer qu'il avait été élu eu remplacement de l'abbé Geoffroi décédé.   

Il se demanda ensuite si un simple moine de Saint-Maixent avait écrit cette même chronique, et il se fit une réponse négative, parce que, dans ce cas, ce religieux aurait parlé du gouvernement de l'abbé Pierre Raimond, dit Platon; surnom qui dénote la sagesse et la pureté de sa doctrine.

 

IX.

 

Que pouvait-on conclure de cela ? que Pierre Raimond est l'auteur de la chronique de St-Maixent. Il finit, en la signant pour ainsi dire, puisqu'il termine son curieux travail par des louanges pour son prédécesseur et la simple énonciation de son nom. (Anno Domini 1 144. 5 id. jan, id est die à ejusdem mensis obiit dominus Goffredus bonœ memoriœ abbas Sancti Maxentii. Hic in constructione cœnobii sui, et in augmentatione sui gregis curiosus ac devotus mansit , ut eventus in probat , et opera declarant, Hic monasterium quod ei domireus accomodaverat regendum post ultimum incendium quod evenit suo in tempore , foris ac semper construxit.; cui successit Petrus Raimondi , monachus de Clusâ.)

 

X.

Oui, c'est bien Pierre Raimond, comme dom Liabœuf l'a reconnu, qui est L'auteur de notre première chronique nationale.

« La modestie de cet abbé, dit avec raison le savant prieur qui est venu après lui, ne lui aura pas permis de continuer, pour ce qui le concernait, et le se donner aucun éloge, comme il l'a fait à ses prédécesseurs.  

Ce qui prouve encore que Pierre Raimond est bien l'auteur que nous cherchons, c'est que la chronique de St-Maixent parle de faits relatifs à des monastères, qu'un autre que lui aurait bien difficilement connus, par exemple, des monastères de St-Michel de Cluse ou de l'Ecluse en Piémont, ou il avait été religieux; du monastère de Vézelay en Bourgogne, et de quelques autres qu'il avait sans doute visités; en se rendant d'Italie en Poitou.

 

XI.

Dom Chazal, qui a écrit, dans le siècle dernier, sur l'histoire du monastère de St-Maixent, travail dont je parlerai plus tard, adopte entièrement le jugement porté par dom Liabœuf. Néanmoins; je dois le dire, dom Fonteneau, dans ses précieux manuscrits qui sont à la bibliothèque de la ville de Poitiers, semble hésiter sur la première charte, datée de 1134, où il est parlé de Pierre Raimond, sur le point historique dont il est ici question.

« Pierre surnommé Raimondi, dit-il; succéda à Geoffroy en 1134, selon la chronique de St-Maixent dont on le dit l’auteur. »

Dufour, mon savant collaborateur pour l'Histoire des comtes de Poitou, va plus loin encore, il s'exprime ainsi : " Dom Fonteneau dit que l'on croit cet abbé (Pierre Raimond) auteur de la chronique dite de Maillezais. Nous n'avons rien trouve, continue-t-il, qui poisse justifier cette opinion. »   

 Mais l'ouvrage de dom Liabœuf et celui de dom Chazal avaient sans doute échappé aux savantes investigations faites par Dufour, dans les manuscrits réunis par dom Fonteneau; et je ne puis hésiter à adopter l'opinion de ces deux bénédictins et notamment celle de dom Chazal, parce que les motifs sur lesquels ils s'appuient me paraissent à peu près sans réplique.

 Tenant ainsi pour vrai que Pierre Raimond est I'auteur de la chronique de Saint-Maixent, dite de Maillezais, il faut rechercher ce qu'il était, et les actes de son administration comme abbé de Saint-Maixent, car ce n'est que là où on peut trouver des traces de sa vie.

D'abord, on voit que cet abbé est appelé en latin Petrus Raimundi ou Raymundi, qu'on peut traduire en français par Pierre Raimond ou Pierre de Raimond, ou peut-être par Pierre fils de Raimond, car on sait qu'au moyen-âge un second nom au génitif était souvent l'indication du père de l'individu qu'on voulait désigner.

 

La chronique de Maillezais du MONASTERE DE ST-MAIXENT, EN POITOU

Ensuite, d'où venait Pierre Raimond ?

Quelques-uns ont prétendu qu'il avait d'abord été moine de St-Michel-en-l'Herm, et Dufour semble être de cet avis; mais le nom distinctif du monastère in Eremo (8), ajouté au vocable du saint, n'a aucune analogie avec l'indication de Clusâ  qui se trouve dans la chronique de Maillezais. Il aurait été plus rationnel de supposer que Pierre Raimond avait été, avant d'être abbé de St-Maixent, moine de St-Michel-le-Clouq, près Fontenay-le-Comte (9)  où il existait alors un petit monastère ou prieuré dépendant de l'abbaye de Maillezais.

 

 Les deux noms latins au moins se rapprocheraient beaucoup. 

Mais il était de notoriété, dans le monastère de Saint-Maixent, constatée par les historiens qui ont écrit après les deux chroniques, que Pierre Raimond était venu du Piémont. « Petrus Raimundi , dit dom Chazal, monasticem professus fueral in cœnobio Sancti-Michaelis de Clusâ , in Pedemonubus , abbas Sancti-Maxentii eligitur anno 1144, post mortem Goffredi, ut refertur in chronico Sancti-Maxentii cujus autor fuit ipse Petrus Raymundi. »

Comment, du reste, s'il eût été Poitevin, ou qu'il n'eût jamais été en Italie, aurait-il parlé du monastère de Cluse ou de l'Ecluse en Piémont, d'assez peu d'importance? S'il s'en est occupé, c'est que, sans doute, il y avait été religieux ; de même qu'il a parlé de Vézelay et de quelques autres établissements ecclésiastiques qu'il aura visités en se rendant du Piémont en Poitou.

Il serait difficile, on le sent bien, de connaître les causes qui portèrent un religieux d'au-delà les Alpes à venir de si loin à Saint-Maixent. Mais l'on sait qu'alors de pieux cénobites trouvaient du charme à quitter leur pays, pour se fixer à de grandes distances; c'était, en agissant ainsi, en s'éloignant de ses parents et ses amis, délaisser d'autant plus le monde!

Une autre question serait à faire. On pourrait se demander quelle était la famille de l'abbé Pierre? Quel  était ce Raimond dont probablement il était fils?

 Si on voulait écarter ces investigations, en disant qu'il est oiseux ou impossible de découvrir l'origine d'un obscur moine, même devenu abbé et écrivain, dans le XIIe siècle, ou répondra que Pierre Raimond était né dans une haute position de la société. En effet, si on tient pour vrai ce que dit dom d'Achery dans son Spicilegium (tom. II, pag. 432-453 ), dans une charte de 1146 , consentie par Louis VII dit le Jeune, et Aliénor d'Aquitaine, son épouse, au monastère de Saint-Maixent, pour la forêt de Saura, Pierre Raimond est qualifié de parent du monarque ou plutôt d'Aliénor.

Toujours est-il que cet abbé; dont la conduite fut telle qu'on lui donna pour surnom le nom d'un des sages de l'antiquité, vit se retirer près de lui, à l'abbaye de Saint-Maixent, où il demeura un an avant d'être sacré (10), Grimoard, abbé des Alleuds, frère de saint Géraud de Salles (11), qui, élu évêque de Poitiers après Pierre de Châtellerault, n'accepta que par contrainte; et en disant qu'il aurait mieux aime être lépreux qu'abbé, et qu'il aurait préféré souffrir le martyre qu’être évêque. Grimoard s'exprimait avec franchise, et au bout de quelques mois il mourut des suites de la contrainte morale à laquelle il avait été obligé de céder. La terre aura été légère à ce prélat si pénétré de l'humilité évangélique!

 

       

XIV.

 Les actes d'administration de Pierre Raimond, comme abbé de Saint-Maixent, sont assez nombreux, et il faut remarquer ici, et en commençant, que la chronique de St-Maixent et dom Chazal sont en opposition avec dom Fonteneau, pour l'époque où cet abbé entra en fonctions. Les premiers indiquent l'année 1144, et le dernier mentionne 1134, en donnant des chartes dans lesquelles Pierre Raimond serait mentionné comme abbé de Saint-Maixent, bien avant le temps où la première chronique de ce monastère, dite de Maillezais, indique son élection.

Alors il y aura eu erreur de copiste dans le manuscrit de cette chronique trouvé de Maillezais, et dans les travaux historiques qui en ont été la suite : on aura mis la lettre X en trop dans le millésime, et il faudra lire 1134 au lieu de 1144. Il doit en être ainsi sans aucun doute, si comme l'établit dom Fonteneau, l'hommage simple rendu par Hugues VII, seigneur de Lusignan, à Pierre Raimond , abbé de Saint-Maixent, est de l'année 1137, et si on doit dater de 1142 une autre charte relative à un repas pour trois personnes, que Jean Rogoz et sa mère avaient droit d'exiger du monastère de Saint-Maixent, à Romans , près Melle, le jour de la fête de Saint Symphorien, patron du prieuré.

 

 Cette redevance, d'une espèce assez commune alors, fut, du reste, supprimée par un acte de 1145.

On a déjà vu que l'abbé Pierre Raimond obtint la forêt de Saura, que dom Fonteneau appelle la forêt de Sèvre, et que dom Chazal prétend être la forêt de l'Epaus, d'Aliénor d'Aquitaine, et il y a à ce sujet plusieurs chartes qui peuvent prêter à des observations.

En 1149, Sanson, qui avait molesté le monastère de Saint-Maixent et ses religieux, et usurpé de leurs biens, fit une éclatante satisfaction entre les mains de l'abbé Pierre (12).

En 1158, celui-ci reçut au nombre de ses moines le fils de Simon Esperun, du consentement de la mère et des frères de celui-ci, qui donnèrent, pour prix de son entrée en religion, une portion dans une prévôté et trois maisons à Saint-Maixent, dont une devait une livre de piment de rente, ce qui prouve l'usage qu'on faisait alors de cette épice en Poitou.

Cette famille se dévoua tout entière an monastère de Saint-Maixent; car, en 1153, Giraud Esperun fit don de sa personne de celle de son fils et de celle de sa fille, à l'abbé Pierre Raimond et à ses moines avec la moitié d'une ouche, et le bourg situé autour de la porte poitevine.

Arsende, femme du donateur, ratifia cet acte, en se réservant seulement un usufruit sur le bourg. La même année, l'auteur de la chronique dite de Maillezais fit un acte favorable pour la localité, Il donna aux hospitaliers de Saint-Maixent un vaste jardin, à la charge de recevoir gratuitement, dans leur établissement, tous les habitants de la ville qui tomberaient malades.

 Les maîtres d'école qui voulaient professer dans la ville de Saint-Maixent, devaient prendre licence de l'abbé et de ses religieux, et non ailleurs. Or, il arriva qu'un instituteur, qui était muni d'une autorisation d'enseigner, donnée par le monastère de Saint-Liguaire-sur-Sèvre, relevant de celui de St-Maixent, se mit à exercer dans la ville groupée auprès de ce dernier établissement ecclésiastique. Jaloux du droit qu'avait son abbaye de diriger l'enseignement dans cette localité, l'abbé Pierre s'opposa à ce que maître Tipaud (Tipoudus) , c'était le nom de l'instituteur, continuât à donner des leçons , et il parvint à faire fermer cette école.

L'époque précise de la mort de Pierre Raimond est inconnue. Seulement, dans la continuation du cartulaire de St-Maixent, cartulaire dont je vais bientôt parler, on lit le passage suivant :

 « Quo anno Petrus Raimundi vivere desiit, ignoratur; certè vivebat adhuc dùm Willelmus papiensis cardinalis legatus apostolicus venit in istas regiones. Obiit vero Petrus ante dicessum prœdicti cardinalis et ante dominicam tertiam quadragesimœ quâ cantatur Oculi mei. »

Toujours est-il qu'en 1175, Pierre Raimond n'existait plus, car son successeur Pierre de la Tour (de Turre) occupait dejà, dans cette année, le siége abbatial de St-Maixent ( 13).

 

XVI.

Pierre Raimond ne se borna pas à écrire la chronique de St-Maixent; il fit aussi un cartulaire complet de ce monastère, dans lequel il copia ou fit copier les privilèges accordés à cet établissement religieux par des papes et par des rois, les donations, acquisitions et autres actes importants.

Ce travail, précédé d'un prologue curieux, fut écrit sur du parchemin, format in-4°, en caractères de l'époque du XIIe siècle.

Pierre Raimond y fit entrer 89 chartes, à dater du règne de Ludwig Débonnaire, jusqu'en 1150, temps où il était encore abbé.

 Il dit qu'il a fait ce cartulaire afin de conserver les chartes, qui, séparées les unes des autres étaient exposées à se perdre et qu'il n'y a rien ajouté. Pour donner plus de poids à ses paroles, il affirme par serment  ses assertions, et offre même de les faire soutenir par le duel, ce qui prouve qu'alors l'épreuve par les armes était encore en usage, même pour les ecclésiastiques.

 

Pour parachever le cartulaire formé par l'abbé Pierre 1er, car tel est son nombre dans la série des abbés de St-Maixent portant ce prénom, on ajouta au commencement du volume trois ou quatre cahiers concernant les hommages et les autres documents importants, depuis le temps de l'auteur jusqu'en 1250.

Ce manuscrit fut enlevé par les protestants, à une époque où ils s'emparèrent de St-Maixent. On le retrouva plus tard, mais pourri en partie ou rongé par les vers. Dom Liabœuf le fit copier, pour servir de preuve à ses Antiquités du monastère de St-Maixent.

Depuis, ce cartulaire, originale copie, a péri, ou du moins, s'il existe encore, il est perdu et on ne sait où le prendre; heureusement que les copies des principales chartes du trésor de St-Maixent, qui ont été prises par dom Fonteneau et existent dans sa collection, suppléent, en partie au moins, à la perte de ce précieux cartulaire.

 

 (Vouvant rue des ducs d'Aquitaine Histoire généalogique de la maison de Chabot originaire du Bas - Poitou)

 

 

XVII,

 Il faut ajouter, pour ce qui concerne Pierre Raimond, qu'il fut choisi par le roi Louis le Jeune, pour être juge du différend grave élevé entre le monastère de Maillezais et Sebran Chabot.

 

XVIII.

Un vœu est émis par dom Liabœuf, c'est que la chronique de St-Maixent, dite de Maillezais, dont on n'a encore livré au public que des fragments, soit imprimée en son entier. Ce serait en effet une chose tout-à-fait désirable: et, pour mon compte, je me sentirais disposé à travailler à cette œuvre toute nationale pour un Poitevin (14); et pourtant d'autres travaux aussi importants, depuis longtemps entrepris et qui sont à terminer, absorbent presque tous mes moments disponibles (15) ! ,

Pour appuyer d'autant plus ce vœu, il s'agit de faire sentir l'importance de la chronique de St-Maixent. D'abord il y a un peu de confusion dans ce morceau historique, et si, comme le disent les bénédictins dans le Recueil des historiens de France, on trouve, par exemple  des faits passés en 860 avant d'autres arrivés en 840; plus tard l'ordre est suivi avec soin, et la chronologie, disent de plus les savants éditeurs de ce Recueil, y est assez exacte (16). " C'est la chronique, continuent-ils encore, qu'on cite le plus souvent, surtout depuis le Xe jusqu'au milieu du XII siècle, et elle finit à ce temps ...

Elle est d'un grand secours pour l'histoire du Poitou, de l'Anjou et des provinces voisines ; on y trouve l'histoire de la première croisade, presque jour par jour, et Baronius s'est souvent servi de ce travail. .... On y fait la remarque que l'année de la reddition de Nicée aux croisés fut extrêmement, calamiteuse.

 Au mois d'octobre, une comète fut vue pendant sept nuits; dans ce mois il y eut un tremblement de terre;  le mois suivant, les insectes dévorèrent les semences confiées à la terre et les rivières débordèrent tellement qu'elles renversèrent beaucoup d'habitations et firent périr grand nombre d'hommes.

Chaque année de cette chronique fournit un enchaînement d'événements plus ou moins étendus et intéressants.

Pour nous Poitevins, habitants de la terre sur laquelle j'ai pris naissance et sur laquelle j'écris, pour nous la chronique de St-Maixent a encore plus d'importance :

elle indique surtout ce qui tient à cette province, et elle est la première histoire du Poitou, car on peut lui donner ce nom, qui ait traversé les siècles pour arriver jusqu'à nous (17). 

 

 

DEUXIÈME PARTIE.

XX.

Je vais quitter le vrai pour entrer dans le faux, ou plutôt pour le combattre; ce début surprendra sans doute. On aura peine à croire que dom Bouquet et ses continuateurs, les savants et infatigables éditeurs du Recueil des historiens de France, aient tenu pour sérieux, et inséré dans leur recueil, d'ailleurs si estimable , si utile , un document qui ne contient , dans presque toutes ses parties, qu'un tissu de fables et d'erreurs. Encore si, en le publiant, les doctes bénédictins avaient noté les mensonges qui y fourmillent ou qui le composent presqu'en entier? Mais point du tout, ces écrivains donnent cette seconde chronique de St-Maixent comme un morceau historique et méritant toute confiance; ils le défendent même, dans une partie essentielle, en soutenant la véracité du faux testament de Guillaume X, le dernier des comtes de Poitou, duc d'Aquitaine et père de la reine Aliénor. 

Etonné que de telles erreurs aient échappé à l'érudition personnifiée (18), moi, simple écrivain de la province, n'ayant d'autre mérite que celui d'avoir vieilli sur les chartes et sur les gros livres (19), j'entre en lice avec de véritables géants en savoir, et la lutte semblera d'abord bien inégale. Néanmoins l'espérance dirige ma plume, j'ai pour moi le bon droit et je parviendrai,  je n'en doute pas un instant, à vous faire partager ma conviction, parce qu'elle repose sur des preuves sans réplique, sur la vérité en un mot.

 

XXI.

La seconde chronique que j'entreprends d'examiner à fond a été pour la première fois publiée par dom Martenne  dans sa Collectio amplissima ( t. v. col. 1147 et s. ) , sous le titre de Fragments des Chroniques des comtes de Poitiers, ducs d'Aquitaine. (Ex -Fragmentis Chronicorum comitum Pictaviœ , ducnm Aquitaniœ.) - Il y a joint un court fragment tiré d'une prétendue chronique de St-Michel-en-l'Herm, qui reproduit la mention d'un vicomte de Thouars qui n'a jamais existé et du nom de Trulle. Ensuite les bénédictins, continuateurs de dom Bouquet, ont inséré par lambeaux cette seconde chronique de St-Michel dans leur Recueil des historiens de  France (20), en considérant ce morceau historique comme un supplément de la chronique dite de Maillezais (21).    

 

XXII.

Dom Martenne et les continuateurs de dom Bouquet s'accordent pour trouver l'auteur de cette chronique dans un moine anonyme du monastère de St-Maixent. Cette opinion est fondée, car elle résulte de quelques expressions de ce document. Quelques érudits ont pensé, d'un autre côté, que ce travail avait été fait par plusieurs rédacteurs, parce qu'il n'y a pas d'esprit de suite; mais, dans la réalité, tout peut bien être dû à la même plume. Au premier coup d'œil, on croirait qu'on a voulu faire une continuation de la première chronique de St-Maixent, dite de Maillezais.

L'ordre des temps est interverti, parfois, dans l'une comme dans l'autre.  

Le Fragmentum chronicorum comitum Pictaviae ne rapporte aucune date, seulement  il cite que tel fait est arrivé sous tel évêque de Poitiers ou pendant la domination de tel comte ; il s'étend depuis le commencement du Xe siècle jusque vers 1280.

Sa formule de citation de temps est en tête de ses divisions; par exemple, au commencement de la première continuation, ou seconde partie, allant de 1159 à 1198, on lit : Ex nostrâ chronicâ temporibus Laurentii ; Johannis et Willelmi pictavensium episcoporum.

Et pour la seconde continuation, ou troisième partie, qui va de 1198 à 1224 environ, l'intitulé est: Ex chronicâ nostrâ temporum  Aimari , Willelmi IVY et Phitippi pictavensium episcaporum.

Il est à remarquer qu'on a oublié de citer l'évêque Maurice de Blaison, successeur Aimar du Peyrat (de Peirato). Maurice fut fait évêque de Poitiers de 1198 à 1217 environ.

 

XXIII.

Il est à regretter que dom Martenae ait ainsi commencé à donner cours, dans le monde savant, à une réunion d'erreurs très-graves et excessivement nombreuses, comme je l'ai déjà dit et ainsi que je vais bientôt l'établir. On doit s'étonner aussi que sa saga cité ne lui ait pas fait apercevoir ce qu'était véritablement ce qu'il imprimait. Sans doute ce savant n'aura pas examiné assez les matériaux qu'il plaçait dans sa précieuse collection. Ensuite on peut se demander comment dom Martenne, qui connaissait si bien les différents genres d'écritures de chaque siècle, s'est laissé tromper sur la date des caractères d'un manuscrit et on aurait droit de s'en étonner. Mais on peut répondre ou que le savant religieux n'a vu ou cru voir qu'une copie de la chronique en question  ou que le faussaire avait à dessein parfaitement imite le caractère employé à une époque plus ancienne.

Je suis porté à adopter cette dernière conjecture, lorsque je vois, ainsi que j'en justifierai plus tard, que certaine copie de ce document, en la possession d'un seigneur intéressé à faire passer la chronique pour vraie, à la fin du XVIIe siècle, était donnée comme l'original en parchemin, du temps de Gauthier de Bruges. Or ce prélat occupa le siégé épiscopal de Poitiers de 1278 à 1306.

 

XXIV.

Mais la science des bénédictins chargés de la publication du Recueil des historiens de France, a été doublement mise en défaut pour la seconde chronique de St-Maixent. En effet, d'abord ils l'ont publiée sans s'apercevoir de ses nombreux défauts, et ensuite, je l'ai dit déjà, ils l'ont défendue sur les doutes émis relativement à ce document, en ce qui concerne le prétendu testament de Guillaume X (22).

 

XXV.

De nombreux auteurs, entrainés par le suffrage le dom Martenne et des successeurs de dom Bouquet,  ont tenu pour vrai le Fragmentum chronicorum, et sont partis de son contenu pour ce qui concerne les vicomtes de Thouars et les familles seigneuriales du bas Poitou qu'on en fait descendre.

Je citerai d'abord Meschin (23), dont l'ouvrage paraît être, le premier imprimé de tous ceux qui ont parlé du faux Arnoul, premier vicomte de Thouars prétendu.

Je nommerai aussi le père Arcère, écrivain habituellement très-judicieux. Mais il jurait d'après la parole du maître, et, malgré toute sa science, le maitre s'était trompé.

Voici du reste ce que dit Arcère dans son Histoire de la Rochelle.

« Ces seigneurs (Savary et Guillaume de Mauléon), dit Arcère, Hist. de la Rochelle ( t. 1 , p. 203), la citant en marge ,  Chron. Pictav. veter, script. t. 5) descendaient d'Arnold, premier du nom, que son frère Eble, duc d'Aquitaine et comte de Poitou, fit vicomte de Thouars.

Arnold II l'un de ses enfants, bâtit le château de Mauléon; et, dans la suite, le nom de ce château servit à désigner une branche de cette  grande maison. »         

Drouineau de Brie, qui a écrit vers 1735, et d'après l’invitation de M. Lenain, intendant du Poitou, des Mémoires sur Thouars, demeurés manuscrits, a aussi payé son tribut à l'erreur, en indiquant le faux Arnoul comme premier vicomte de Thouars, et en parlant de Trulle et des autres vicomtes de  la fabrique du moine anonyme de St-Maixent.

Sans doute il aura été entraîné dans cette mauvaise voie par la connaissance qu'il aura eue de ce document apocryphe.

Berthre de Boumiseaux, qui a publié dans ces derniers temps une Histoire de Thouars (24), a marché sur les errements de Drouineau de Brie, qu'il a suivi pas à pas dans une grande partie de son travail.

XXVI. Thibaudeau, à qui on doit un Abrégé de l'Histoire du Poitou (25), écrit beaucoup trop vite, et qui contient pourtant beaucoup de faits, a été, et c'est de la critique, jusqu'à révoquer en doute l'existence du faux Arnoul ou Arnould, prétendu frère d'Ebles-Manzer, comte de Poitou, et qu'on indique comme la tige des vicomtes de Thouars.

 Il est bon de rapporter ici le passage où cet écrivain, mieux avisé que ses contemporains ; paraît avoir aperçu la vérité.

La ville de Thouars, avec l'étendue de son ressort, fut donnée en apanage, suivant Méchin, par Ebles II, comte de Poitou, à son frère Arnoul, pour le tenir à titre de vicomté.

 Arnoul, premier Vicomte de Thouars, voulant aller de pair avec les comtes de Paris et d'Anjou, prédécesseurs de Hugues-Capet, prit les armes de France, et porta d'or semé de fleurs de lis d'azur, au canton de gueules.

Ces armes ont toujours été retenues par les successeurs d' Arnoul, jusqu'à ce que cette seigneurie tombât dans la maison d' Amboise.

Cette prétendue donation du vicomté de Thouars, faite par Ebles II, comte de Poitou, à son frère Arnoul, n'est appuyée d'aucune preuve; plusieurs circonstances la détruisent. Le comte Ebles, dont l'auteur veut parler, est sans doute celui à qui Besly et Bouchet donnent la dénomination de second du nom, mort en 935, quoiqu'il n'y ait point eu deux comtes de Poitou du nom d'Ebles. Le comte n'avait point de frère ; il était fils unique et naturel de Ranulphe II, comte de Poitou; et dans le nombre des anciens seigneurs de Thouars, on n'en trouve aucun du nom d'Arnoul.

 

Les armoiries n'étaient point encore en usage du temps d'Ebles, comte de Poitou, au commencement du Xe siècle.

C'est Louis le Jeune, roi de France, qui a le premier pris les fleurs-de-lis pour armoiries, vers 1149, pendant les croisades.

Le premier vicomte de Thouars qui paraît avoir eu les armes de France d'or, semé de fleurs de lis, au quartier de gueules, est Aimery VII, vivant vers 1294. Tout ce que dit Méchin à ce sujet n'est donc ni vrai ni vraisemblable (26).

 

La chronique de Maillezais du MONASTERE DE ST-MAIXENT, EN POITOU

XX VII.

Néanmoins, et on aurait peine à le croire, quand on connaît ses nombreux travaux sur l'histoire du Poitou, Dufour, dans son Ancien Poitou (27), a tenu pour vraie la seconde chronique de Saint-Maixent , et ce qu'elle contient; car d'abord il la cite (28) pour établir que Henri II et Aliénor étendirent l'enceinte de Poitiers, et ceignirent cette ville d'une muraille (29) , et pour attribuer la fondation de la collégiale de St-Nicolas de Poitiers à Agnès de Bourgogne, successivement comtesse de Poitou et comtesse d'Anjou;  ensuite, d'après cette chronique (30), il fait fonder une chapelle dans I' église de St- Paul de Poitiers, par Alix, femme d'Eudes, vicomte de Poitiers, fils de Gui (31).

Enfin Dufour rapporte (32) que Hugues du Puy du Fou, qu'il dit parent des anciens comtes de Poitou ; ducs d'Aquitaine, toujours en suivant la chronique apocryphe, fit augmenter les bâtiments des Dominicains de Poitiers, à cause de l'attachement que Hugues son père, et Valence de Lusignan sa mère, inhumés dans l'église de ces religieux, portaient à leur établissement.

Seulement cet auteur, en se reportant à Hugues qu'il dit avoir été marié, par la reine Aliénor, avec sa parente Valence de Lusignan, même avant qu'il fût pourvu de l'office de sénéchal de Poitou, qu'on lui fait occuper, d'après l'anonyme de St-Maixent, paraît douter un peu de l'existence de cette Valence.  

« Aucune généalogie de la maison de Lusignan, dit-il, ne parle de cette Valence, femme de Hugues.

Cependant son existence ne peut être révoquée en doute, puis qu'elle est attestée par un auteur en quelque sorte contemporain.  On le voit, Dufour croyait à la véracité du Fragmentum chronicorum. Seulement il ajoute : « Besly fait mention d'une Valence, fille unique de Geoffroy de Lusignan, frère de Hugues V, comte de la Marche, laquelle épousa Hugues l'Archevêque, seigneur de Parthenay. ( Comt. de Poit., pag. 57.)

Ce ne peut être la même personne qui fut mariée à Hugues du Puy du Fou. Je soupçonne que cette dernière pourrait bien avoir été fille de Jeanne de Montcheusy, comtesse de Pembrocke , et de Guillaume de Lusignan, quatrième fils de Hugues X, tige de la maison de Pembrocke, qui prit le nom de Valence , soit qu'il naquit en ce lieu, soit parce qu'il lui fut donné en partage avec plusieurs autres terres.

 Ce n'est, au surplus, qu'une conjecture.  Je pourrais dire que cette conjecture n'est pas fondée, mais ce n'est pas ici le lieu de s'en occuper.

 

La chronique de Maillezais du MONASTERE DE ST-MAIXENT, EN POITOU

XXVIII.

J'ai prétendu que la seconde chronique de Saint-Maixent ou le Fragmentum chronicorum , etc. , est un tissu de faussetés.

Je suis arrivé au moment d'expliquer plus amplement mon allégation, et peu après j'en ferai la preuve. Je dirai donc que la série des évêques de Poitiers, sauf l'omission de Maurice de Blaison parmi les évêques, et celle des ducs d'Aquitaine, comtes de Poitou, sont vraies, mais que la série des vicomtes de Thouars est de pure invention.

Il en est de même pour l'origine qu'on vent donner à certaines familles seigneuriales du bas Poitou, en les faisant descendre de la maison de Thouars.

De plus, le testament du duc Guillaume X est une pièce fausse.

 

XXIX.

A présent, il me reste à prouver ce que j'ai avancé.

C'est d'abord de la fausse origine des vicomtes de Thouars, dont on fait descendre la maison des comtes de Poitou, et de la série de ces grands feudataires que je dois m'occuper. Ma preuve faite, pour cette première partie, et elle influera grandement sur ce qui concerne la suivante, je passerai aux maisons seigneuriales prétendues être des branches de la maison vicomtale de Thouars.

Enfin je viendrai à démontrer la supposition du prétendu testament du père de la reine Aliénor, successivement femme de notre roi Louis le Jeune et de Henri II, roi d'Angleterre.

 

XXX.

Avant d'entrer en matière, je dois rappeler qu'il existe une très-grande difficulté pour établir la série véritable des vicomtes de Thouars, par le motif que l'ordre de succession n'était pas le même que dans les autres seigneuries, Comme ailleurs , le fils aîné ne succédait pas à son père, mais les frères se succédaient les uns aux autres en commençant par les ainés, et quand le dernier frère était décédé, le fils de l'aîné devenait vicomte titulaire, ses frères venaient après lui, et ainsi de suite.

Il sera curieux de rechercher d' où provenait cet usage singulier, qui avait l'avantage de ne laisser presque jamais le pays sous la domination d'un mineur, et par suite sous le gouvernement d'un tuteur.

De plus, tous les enfants d'un vicomte, aptes à posséder la vicomté à leur tour, prenaient le titre de vicomte, ce qui rend très-difficile de dire si à une époque donnée tel était vicomte régnant, ou s'il ne l'était que d'une manière honorifique.

Le mode de succéder à la vicomté de Thouars se rattachait, du reste, au droit général de succession usité entre les nobles, dans ce même pays, et indiqué par l'ancienne coutume de Poitou (34) ; il est aussi indiqué par Duchesne (35), qui tenait ces détails de Besly, d'après une lettre que lui adressa ce savant, le 23 mai 1620, lettre publiée par le père Anselme (36).

 (Les Seigneurs de Moncontour – Time Travel 2 mai 1242 – Geoffroy de Lusignan à la Grand Dent, Louis IX saint Louis)

 

« Tout ce qui étoit , dit Duchesne, entre les rivières de la Sèvre nantaise et de la Dive qui passe à Moncontour, avoit cette coutume que le fils aîné, s'il n'y a voit que des enfants mâles, prenoir tous les biens immeubles , et s'il y a voit des filles, une ou plusieurs, il en prenoit seulement les trois quarts avec le principal château pu tel autre qu'il lui plaisoit choisir , avec ses clôtures ; l'autre quart restoit aux filles.

 S'il y avoit des frères puînés, tant que l'ainé vivoit, ils ne prenoient rien, sauf la provision de neuf parties les deux, le tout de l'hérédité partagée en neuf, à sous-diviser entre les puînés ; et quand l'ainé décédoit, ses enfants ne lui succédoient point d'abord, mais seulement en meubles, et la terre qu'il avoit tenue passait au premier frère puîné et de frère à frère, tant qu'il y en avait, lesquels entroient successivement en foi et hommage de la même terre : par la mort du dernier de ses frères, elle retournoit de plein droit aux enfants de l'ainé.

Entre la Sèvre Nantaise et la mer; le fils aîné prenoit les deux tiers seulement, l'autre tiers se sous-divisoit entre les enfants des frères puinés. Ce mode de succéder s'appeloit retour ou viage. »

 

XXXI, .

Je ne parlerai point de l'institution des vicomtes en général, parce que ce sera le sujet d'un travail que je publierai plus tard ; je veux parler de mes Recherches sur la mine d’argent, les monnaies, et les vicomtes de Melle et ce sujet y sera ébauché.

 Je me contenterai de dire à présent que vers 900, et au milieu des viguiers dont l'origine remonte à celle du comte de la province, et qui se perpétuèrent encore longtemps, malgré cette nouvelle création, quatre vicomtes apparaissent en Poitou, savoir : les vicomtes de Thouars, de Châtellerault, d'Aulnay et de Melle.

Quant au vicomte de Thouars, ses possessions territoriales étaient plus considérables que celles des autres Vicomtes réunies; plus tard, il devint tout-à-fait souverain, fit la paix et la guerre tantôt avec la couronne de France et tantôt avec la couronne d'Angleterre.

Mais je ne veux pas anticiper sur le grand ouvrage auquel je travaille depuis plusieurs années, je veux parler de l' Histoire des Vicomtes de Thouars.

 

XXXII.

Seulement il est bon de remarquer ici que l’origine du premier comte de Poitou, d' Abbon, revêtu de cette dignité par Karlemagne, en 778 , à la création du royaume d'Aquitaine, est inconnue, et si rien ne prouve que cet officier fut parent du monarque, de même on n'a aucune donnée sur l'origine personnelle des quatre vicomtes établis de Poitou , vers l'an 900.

Aucun document ne les rattache, ni les autres, à la maison des comtes de Poitou, et ce ne fut point notamment un frère d'Ebles-Manzer, ni même quelqu'un connu pour être son parent, ni enfin quelqu'un du nom d'Arnoul ou d'Arnould, qui fut le premier vicomte de Thouars.

Le premier vicomte véritable de cette localité que l'on trouve portait le nom de Savary; mais quelle était sa famille? On l’ignore entièrement.

Du reste je noterai que d'abord dans les chartes des vicomtes ne joignirent pas à leur titre l'indication du lieu de leur résidence

 

 

 

 

Par De Armand-Désiré de La Fontenelle de Vaudoré,

Président de la Société des Antiquaires de l'Ouest, secrétaire perpétuel de la Société académique de Poitiers, membre des Sociétés des Antiquaires de France, de Normandie, de la Morinie, de Picardie, du Midi, de la Société de l'histoire de France, de l’institut historique; des Sociétés académiques d'Angers, Angoulême, Blois; Bourbon-Vendée, Caen (3 Soc. ), Cherbourg, Douai, Evreux (2 Soc.), Falaise, Metz, Nantes, Niort (2 Soc.), Orléans , Rochefort. Rouen, St-Quentin et Valence; correspondant du Ministère de l'Instruction publique pour l'histoire de France, de la Commission des Archives de la Grande-Bretagne, et de la. Commission royale d'histoire de Belgique; conservateur et inspecteur divisionnaire du Monuments historiques du Poitou et de l'Aquitaine du nord. etc.

 

 

 

LA CHRONIQUE DE SAINT-MAIXENT ET L'HISTOIRE DU POITOU AU IXe-XIIe SIÈCLES par Jean VERDON

 

La Chronique de Saint-Maixent (Chronicon Sancti Maxentii), appelée parfois, mais à tort, Chronique de Maillezais (Chronicon Malleacense), qui nous a été conservée par une copie du XIIe siècle remplissant les deux cent sept premiers folios du manuscrit latin 4892 de la Bibliothèque Nationale de Paris, retrace l'histoire du monde depuis sa création jusqu'à l'année 1141.

Mais seuls les folios 189 r°-207 r" présentent de l'intérêt : l'auteur de la Chronique y a consigné les principaux événements relatifs notamment à l'histoire de l'ouest de la France depuis Charlemagne jusqu'au milieu du XIIe siècle (1).

Cet auteur, un moine de l'abbaye de Saint-Maixent, connaît bien l'histoire du Poitou et par conséquent fournit des renseignements précieux sur cette région.

Dans une première partie nous étudierons de façon chronologique la famille comtale et son action politique. Dans une seconde partie nous examinerons la vie religieuse en nous attachant successivement aux évêques de Poitiers, aux établissements monastiques, aux conciles et au culte des reliques. Enfin nous essaierons de faire un sort aux quelques phrases concernant la vie matérielle.

Il n'était pas question, à propos des textes de la Chronique relatifs à la vie politique notamment, de situer tous les passages dans leur contexte. Il eût fallu écrire une histoire du Poitou.

Nous avons préféré, dût l'intérêt de l'exposé en être moindre, citer intégralement les extraits traduits de la Chronique, et lorsque des problèmes se posaient ajouter un bref commentaire. Une telle méthode a l'inconvénient de fournir un texte un peu décousu, surtout au début.

Toutefois elle permet de mettre commodément à la disposition des lecteurs les éléments dont ils peuvent avoir besoin, car il n'existe pas actuellement d'édition satisfaisante de la Chronique. Ajoutons que certains passages seront cités à plusieurs reprises, dans la mesure où ils concernent des aspects variés.

 

Ce qui frappe d'abord le chroniqueur, c'est la situation difficile des pays de l'ouest de la France en proie aux invasions normandes :

« Les châteaux-forts des Poitevins, les villages et tout le pays de la mer jusqu'à cette même ville de Poitiers, ils [les Normands] les ravagent, ils les dévastent, remplissant tout de massacres » (2).

« Il n'existe aucune ville fortifiée ou village, aucune cité enfin qui n'ait subi les féroces ravages des païens.

Poitiers en témoigne, ville de l'Aquitaine autrefois la plus riche. » (3). Ces deux textes, qui ne comportent aucune date précise, sont extraits des Miracles de saint Benoît d'Adrevald (4).

Viennent ensuite quelques notations éparses et succinctes.

« L'année suivante [vers 845] Bernard, comte de Poitiers, et Hervé, fils de Rainaud, combattirent le comte Lambert et furent tués » (5).

Bernard fut comte de 815 à 826 (?) (6). Or la Chronique semble placer cette bataille en 845. D'ailleurs la mort de Rainaud, comte d'Herbauge, rapportée dans ce texte à l'année précédente, eut lieu le 23 juin 843 (7). Le Bernard dont il est question ici est le frère d'Emenon, ancien comte de Poitou (8). Cet Emenon n'est d'ailleurs pas cité par la Chronique (9).

« A la même époque [vers 850] les Normands se répandirent à travers l'Aquitaine ; en effet les seigneurs de ce pays avaient trouvé la mort au cours de guerres intestines, et il n'y avait personne pour leur résister ; et ils brûlèrent l'île de Noirmoutier, et le monastère de Grandlieu…. Poitiers… » (10).

« Renoul aussi, comte de Poitiers, et Rainon, comte d'Herbauge, son parent, qui luttèrent contre les Normands dans la villa de Brillac s'enfuirent » (11).

Ces deux textes proviennent de la Chronique d'Adémar de Chabannes (12). La bataille de Brillac dont la date n'est pas indiquée, eut lieu en 852 (13). On en connaît mal l'issue (14).

« L'an 855 de l'Incarnation du Seigneur, les Normands furent massacrés à un mille de Poitiers. La neuvième année après cette bataille, c'est-à-dire en 863, Poitiers fut dévastée par les païens, et la basilique Saint-Hilaire fut détruite par le feu » (15).

« L'an [865] Poitiers fut la proie des flammes, pendant la restauration du monastère de l'abbé saint Maur » (16). Les mêmes faits sont rapportés dans les Annales de Saint-Berlin (17).

« L'an 890 mort de Renoul [II], comte de Poitiers » (18).

« L'an 893 le roi Eudes vint à Poitiers » (19).

« L'an 902 une nuit Eble entre dans Poitiers » (20). « Renoul aussi comte de Poitou, eut un fils nommé Eble. Ce Renoul était parent de Guillaume, le très noble comte d'Auvergne, et il avait la plus vive amitié pour lui et Rollon, prince des Normands.

C'était un combattant très courageux, ce pour quoi il était grandement honoré par le roi Eudes. Alors qu'il fréquentait assidûment la cour royale, il mourut empoisonné. A ses derniers moments il confia à Géraud qui alors était présent, la garde de son tout jeune fils Eble.

Or Adémar, fils d'Emenon, avait pour épouse Sancie et, devenu très intime d'Audouin, comte d'Angoulême, et de Guillaume de Périgueux, comme s'il était leur frère, on le vit s'emparer de leur honneur.

Appelé par le roi Eudes au palais, il fut élevé à la dignité de comte de Poitou. Saint Géraud quittant le palais fit secrètement sortir le fils de Renoul et le confia pour l'élever à Guillaume, duc d'Aquitaine, comte d'Auvergne, dont il était parent » (21).

Les indications fournies par la Chronique sur les premiers comtes sont donc réduites. Renoul II qui succéda à son père Renoul Ier fut comte de Poitiers de 866 à 890.

Eble Manzer, fils naturel de Renoul II, fut à la tête du Poitou de 890 à 892, puis de 902 à 935, Aymar ayant dirigé le comté entre-temps (22). Le texte, où l'auteur de la Chronique rapporte les aventures du fils de Renoul Il Eble, dépouillé de ses biens un certain temps (892-902) par Adémar ou Aymar, est emprunté à Adémar de Chabannes (23), ainsi que plusieurs des passages suivants.

« En ces jours-là Adémar, comte de Poitiers, mourut, et fut enterré à Poitiers près de la basilique Saint-Hilaire, le 4 des calendes d'avril. Pendant ce temps le duc Guillaume était mort et Eble, fils de Renoul, devint en même temps comte d'Auvergne et de Poitou ; il épousa Adèle, fille de Rollon de Rouen, et eut d'elle Guillaume Tête d'Etoupe et l'évêque Eble.

 A la mort du duc Eble, l'un de ses fils devint comte et l'autre évêque. Eble en effet avec l'approbation du roi Louis devint évêque de Limoges ; quant à Guillaume Tête d'Etoupe, devenu comte d'Auvergne, du Velay, de Limoges et de Poitou, il fut duc d'Aquitaine et comte » (24).

Adèle, la fille de Rollon, ne fut pas la femme d'Eble, mais de son fils Guillaume Tête d'Etoupe (25). C'est probablement de sa seconde femme Emillane qu'Eble eut Guillaume Tête d'Etoupe et Eble (26).

« L'année suivante [955], ce dernier [le roi Lothaire] assiégea la cité de Poitiers avec le duc Hugues » (27).

Au début de son règne Louis d'Outre-Mer avait donné à Hugues, duc de France, le comté de Poitou, mais il le lui reprit. Cela explique le conflit entre Guillaume, comte de Poitou, et Hugues.

Après son échec devant Poitiers en 955, Hugues rentra à Paris et mourut au mois de juin 956 (28).

« Pendant ce temps-là le duc Guillaume, surnommé Tête d'Etoupe, s'était fait moine à Saint-Cyprien ; à sa place l'Aquitaine eut pour duc son fils Guillaume.

Celui-ci prit pour femme la fille de Thibaut de Champagne qui s'appelait Emma ou Emmeline, et il en eut un fils nommé aussi Guillaume.

Le comte Guillaume Tête d'Etoupe quitta le précédent monastère et venant à Saint-Maixent y mourut en paix.

Guillaume, son fils, surnommé Fier-à-Bras, lui succéda » (29).

« L'an 963, mort de Guillaume à Saint-Maixent. » (30).

 

Remarquons qu'Adémar de Chabannes ne connaît pas la fille de Thibaut de Champagne sous le nom d'Emmeline.

D'autre part, selon lui, Guillaume Tête d'Etoupe fut enterré dans l'abbaye de Saint-Cyprien (1. III, ch. 30, p. 150).

L'auteur de la Chronique de Saint-Maixent a confondu le père et le fils, Guillaume Tête d'Etoupe et Guillaume Fier-à-Bras. Ce dernier mourut à Saint-Maixent où il s'était retiré (31).

« Guillaume, duc des Aquitains, désapprouvant la fourberie des Francs, ne voulut pas se soumettre à Hugues.

 En représailles Hugues, après avoir réuni l'armée des Francs, assiégea Poitiers étroitement ; ayant échoué, il s'en éloigna.

Dans la suite Guillaume fut en paix avec Hugues et son fils Robert » (32).

 Ce passage contient une erreur. En effet Flodoard (33) place ce combat en 955 et nomme comme adversaires Hugues le Grand, père d'Hugues Capet, et Guillaume Tête d'Etoupe, père du Guillaume cité ici.

 Le chroniqueur a pris Hugues Capet pour son père et Guillaume Fier-à-Bras pour Guillaume Tête d'Etoupe (34).

Le rapprochement entre Guillaume Fier-à-Bras et Hugues Capet entraîna une alliance ; et Hugues épousa Adélaïde, sœur de Fier-à-Bras.

« En ce temps-là eut lieu une très rude guerre entre le duc Guillaume [Fier-à-Bras] et Geoffroy, comte d'Anjou. Mais Geoffroy pressé par la nécessité se soumit au duc Guillaume, capitula entre ses mains et reçut en bénéfice de celui-ci le château de Loudun avec plusieurs autres dans la région poitevine » (35).

 

 « La femme de Guillaume, duc d'Aquitaine, de qui ce dernier avait eu Guillaume, étant morte, le même duc épousa la sœur de Sanche, duc de Gascogne, nommée Brisque ; elle lui donna deux fils Eudes et Thibaut, lequel mourut enfant ; quant à l'autre, il fut élevé à la dignité de comte et duc de Gascogne » (36).

Le chroniqueur qui a amalgamé le récit de la mort de Guillaume Tête d'Etoupe et de la mort de Fier-à-Bras, faits qu'il a empruntés à Adémar de Chabannes et qu'il a condensés en un seul concernant Tête d'Etoupe, ne mentionne pas la mort de Fier-à-Bras.

C'est maintenant au fils de ce dernier, Guillaume le Grand, mort en 1030, qu'il s'intéresse. En dehors de la Chronique un seul texte signale l'existence de Thibaut (37).

Quant à Eudes il fut comte de Poitou en 1038-1039, succédant à son demi-frère Guillaume le Gros (1030-1038), fils d'Aumode, première femme de Guillaume le Grand.

Ce dernier se remaria une troisième fois, après la mort de sa seconde épouse : « A ce moment-là Sancie, épouse du duc Guillaume, mourut, et il épousa en troisièmes noces Agnès, de laquelle il eut de nouveau deux fils : Pierre surnommé Aigret et Geoffroy appelé aussi Guy » (38).

 En réalité la seconde femme de Guillaume le Grand se nommait Brisque.

Ce troisième mariage selon la Chronique aurait eu lieu vers 1023. En fait c'est en 1019 que Guillaume épousa Agnès, fille d'Otto-Guillaume, comte de Bourgogne.

Dans une charte de Cluny (39), datée du mois de mars 1019, n. s., Agnès assiste à une donation faite par son mari à l'abbaye.

Outre Pierre, comte de Poitou sous le nom de Guillaume Aigret de 1039 à 1058, et Guy-Geoffroy-Guillaume, comte de Poitou de 1058 à 1086, Guillaume le Grand eut d'Agnès une fille Ala qui devint la femme de l'empereur Henri le Noir.

« En ce temps-là vers 1025, au château de Lusignan, une noble dame eut neuf enfants du temps d'Hugues le Brun, le seigneur dudit château, fils de Hugues le Blanc, qui fut le fils de Hugues le Bien-Aimé qui le premier construisit le château » (40).

 

« L'an 1029 le duc Guillaume. mourut. Il vécut soixante et onze ans » (41).

Pierre de Maillezais (42) indique soixante et un ans. Si le comte avait soixante et onze ans lors de sa mort, il faudrait faire remonter sa naissance à 959. Or le mariage de sa mère n'a pu avoir lieu qu'en 968 (43).

Jusque-là le chroniqueur se borne la plupart du temps à recopier divers textes, particulièrement la Chronique d'Adémar de Chabannes.

Mais à partir de Guillaume le Gros nous avons affaire à des notations souvent inconnues par ailleurs.

 

La Chronique de Saint-Maixent devient alors une source fondamentale pour l'histoire du Poitou.

« Le duc Guillaume susdit eut pour successeur à la tête de ses Etats Guillaume le Gros, l'aîné de ses fils. Ce dernier, la quatrième année après la mort de son père, lutta contre Geoffroy Martel et le rencontra dans un combat ; les deux armées se rassemblèrent pour la bataille près du monastère de Saint-Jouin à Mont-Couer, et Poitevins et Angevins combattirent avec une grande ardeur.

Le duc Guillaume enfin est trahi et fait prisonnier le 12 des calendes d'octobre » (44).

« L'an 1035 Guillaume est fait prisonnier dans un combat (45) ». « Avec Eustachie, femme du comte Guillaume, il [l'évêque Isembert] fit quelques prélèvements d'or et d'argent sur les monastères pour racheter celui-ci ; Guillaume vécut encore seulement quelques jours et ce fut sa destinée que de finir alors sa vie ; et son épouse mourut également » (46).

« A la mort du comte Guillaume [le Gros], les Poitevins remplis d'une grande angoisse et d'une grande anxiété à cause de la mort de leur seigneur, abandonnés comme des brebis sans pasteur, firent venir de Gascogne le comte Eudes, son frère issu du père susdit.

En ce temps-là les habitants de la Gâtine construisirent le château de Germond avec l'aide des Angevins, pour Guillaume de Parthenay, maître de ce château.

Pendant ce temps Geoffroy Martel avait épousé la femme susdite [Agnès, veuve de Guillaume le Grand] en vue de soumettre les Poitevins, alors que les deux fils de la dame Pierre et Geoffroy étaient encore tout jeunes.

 Pendant ce temps le comte Eudes, venant de Gascogne, voulut prendre le château de Germond, mais ne le put. Ensuite s'en retournant, il commença à attaquer Mauzé devant lequel, alors qu'il avait entrepris un siège plein de convoitise, il fut tué, au moment où il commençait à s'en occuper ; son corps fut enseveli à Maillezais, où son père et son frère étaient enterrés » (47). ....=> Gisants des ducs d’Aquitaine inhumés à l’abbaye de Maillezais, Guillaume VI – Eudes - Guillaume le Grand

 

La mort d'Eudes permit à Agnès, épouse du comte d'Anjou Geoffroy-Martel, de revenir en Poitou avec ses fils.

« En ce temps-là [1044], la comtesse Agnès venant à Poitiers avec ses deux fils Pierre et Geoffroy, et accompagnée de Geoffroy Martel, leur père nourricier et son mari, tint un plaid en présence de tous les nobles du Poitou.

 Ensuite l'un d'eux, Pierre, fut reconnu duc des Poitevins et l'autre envoyé en Gascogne avec le titre de comte, et tous deux accomplirent des actions grandes et courageuses ; et là-bas Geoffroy prit pour femme la fille d'Audebert, comte de Périgord ; il l'abandonna ensuite en raison de leur parenté » (48).

« L'an 1058 Guillaume appelé aussi Pierre et surnommé Aigret, rassembla une armée, entoura de retranchements le château de Saumur et en même temps y enferma Geoffroy Martel ; et là cet homme convoiteux, pendant qu'il préparait son armée pour le combat, fut atteint de dysenterie et revint malade ; il mourut de cette maladie, abandonnant le royaume terrestre.

Il avait eu pour épouse Hermensende qui, par amour pour lui, fit le vœu de rester jusqu'à sa mort veuve et chaste. Il eut aussi pour successeur dans la principauté Geoffroy qui avait déjà acquis la Gascogne par les armes et par son habileté et qui, abandonnant la fille du comte Audebert, son épouse, pour raison de parenté, en prit une autre nommée Mathéode, de qui il n'eut qu'une fille qui fut la femme du roi Alphonse, fils de Ferdinand et neveu de Garcia » (49).

 En donnant à Adélaïde la Teutonne un douaire important qui comprenait notamment le Saumurois, Geoffroy Martel disposait du douaire qu'il avait autrefois constitué à Agnès.

Celle-ci amena son fils à faire valoir ses droits par la force, ce qui explique le siège de Saumur mentionné par la Chronique (50).

« L'an 1060 Geoffroy, duc des Poitevins, était en guerre avec Hugues de Lusignan qu'il assiégeait dans son château-fort, prenant d'assaut et dévastant tout dans les environs, le 8 des ides d'octobre.

Hugues, son fils, lui succéda, né de la susdite Aumode ; il fut appelé le Diable » (51).

« L'an 1061 Geoffroy et Foulque faisaient la guerre au duc Geoffroy pour Saintes ; s'avançant à la tête d'une grande armée ils combattirent celui-ci qui faisait la guerre aussi en Aquitaine, où pour sa part il avait assemblé l'armée des Poitevins ; et des deux côtés on combattit avec une grande ardeur ; mais les hérauts et les autres porte-enseignes jetèrent leurs bannières et provoquèrent la fuite de l'armée poitevine. C'est pourquoi il y eut beaucoup de blessés, de très nombreux morts et quelques prisonniers.

On a ainsi décrit en vers cette confusion : « La guerre entre Poitevins et Angevins, Un mardi, le jour de la saint Benoît A Chef-Boutonne A lieu l'an 1061 » (52). Mais le comte de Poitou prit bientôt sa revanche (53).

« Le comte Guy épousa alors [1068] Audiart, fille de Robert, duc de Bourgogne, et nièce d'Henri, roi de France, car la susdite Mathéode avait été abandonnée.

Il prit alors le château de Luçon et il incendia le monastère de la sainte Vierge Marie qui est dans ce même château, et ce faisant il fit périr dans celui-ci beaucoup d'hommes et de femmes » (54).

« L'an 1071 naquit au duc Geoffroy, le 11 des calendes de novembre, un fils Guillaume, cousin germain de l'empereur Henri et cousin au deuxième degré de Philippe, roi de France, de sa femme susdite ; après celui-ci naquit une fille qu'épousa Pierre, fils de Sanche, roi d'Aragon » (55).

« L'an 1076 le roi Philippe se trouva cette année par hasard à Poitiers » (56).

Philippe 1er venait demander de l'aide au comte de Poitou contre le roi d'Angleterre qui assiégeait Dol en Bretagne (57).

« L'an 1086 mort de Guy, appelé aussi Geoffroy, comte des Poitevins ; il eut pour successeur Guillaume, son fils, âgé de quinze ans » (58).

« L'an 1093 édification du château de Germond par le comte Guillaume et Gelduin, à cause de la querelle entre les frères Gelduin et Ebbon » (59).

« L'an 1094 destruction du château de Germond.

Et Guillaume épousa Philippie, fille de Guillaume comte de Toulouse, et nièce de Raymond de Saint-Gilles » (60).

Gelduin et Ebbon se disputaient la seigneurie de Parthenay.

« [L'an 1099] au comte Guillaume naquit un fils, également appelé Guillaume. De son épouse susdite il eut aussi cinq filles ; il maria l'une d'elles au vicomte de Thouars. Il eut enfin un fils né à Toulouse, Raymond, qui régna ensuite à Antioche » (61).

« [L'an 1100] Guillaume, comte des Poitevins, prit la croix à Limoges, et avec lui beaucoup de ses grands.

L'an 1101. le duc Guillaume et tous les autres princes prirent la route de Jérusalem, comme ils en avaient fait le voeu » (62).

 Après son retour le comte eut besoin d'argent et « l'an 1103, il y eut une grande tribulation, et on fabriqua des monnaies d'argent qui remplacèrent les monnaies de bronze » (63).

« [L'an 1104] il y eut de nombreux incendies dans les châteaux de Thouars, Niort, Beauvoir.

A Poitiers violence des guerres : en effet Guillaume, comte de Poitiers, et Geoffroy Martel, fils de Foulque d'Anjou, le 6 des nones de novembre, à Parthenay, se préparaient à un rude combat ; mais Dieu les apaisa par l'intercession de bons et saints hommes car, pendant deux jours et deux nuits, il permit à une grande pluie de tomber abondamment sans interruption » (64).

Foulque le Réchin voulant laisser son comté au fils né de son union avec Bertrade au détriment de son fils aîné, Geoffroy Martel le Jeune, ce dernier attaqua notamment la forteresse de Briolay dont le seigneur était partisan du comte d'Anjou.

Celui-ci appela à l'aide le comte de Poitou dont il était vassal pour ses fiefs situés dans le Loudunais (65).

 

Après la rencontre de Parthenay, Geoffroy partagea désormais le pouvoir avec Foulque.

Signalons qu'en novembre les nones comptent seulement quatre jours ; le rédacteur de la Chronique a voulu probablement écrire IV au lieu de VI.

« [L'an 1106] Foulque, comte d'Anjou, et le duc Guillaume s'apprêtèrent à combattre de nouveau, mais le roi Philippe les réconcilia » (66).

« [L'an 1110] mort d'Hugues, fils d'Hugues le Brun, fils d'Hugues le Blanc, fils d'Hugues le Bien-Aimé, fils d'Hugues le Veneur » (67).

 « Et la guerre entre le comte Guillaume et Hugues le Brun commença, et elle dura longtemps » (68).

 Hugues VI le Diable, sire de Lusignan, fut non pas le fils d'Hugues IV le Brun, mais de Hugues V de Lusignan, dit le Pieux ou le Débonnaire, tué le 8 octobre 1060 (69). La guerre s'accompagnait de « mortalité, grande famine, excessive cherté de sel » (70).

« L'armée angevine [l'an 1111] attaqua le château de Champdenier » (71). Pour subvenir aux dépenses causées par le conflit, « l'an 1112, pour la seconde fois, les monnaies furent changées et on en fit de nouvelles avec des grains » (72).

Nous traiterons ultérieurement du conflit qui opposa le comte à Pierre, évêque de Poitiers. L'excommunication du comte dura de 1114 (73) à 1117 (74).

« [L'an 1118] le comte lutta contre Simon de Parthenay et son oncle Hugues le 5 des ides d'août ; et il les battit et fit prisonnier Simon avec beaucoup d'autres » (75).

« [L'an 1120] mutation des monnaies en novembre » (76). Ces mutations entraînèrent un tel décri de la monnaie poitevine que les paiements furent de plus en plus mentionnés en monnaie angevine (77).

 

« [L'an 1121] Simon mourut à Parthenay de mort subite » (78). « Le 3 des calendes d'avril [1122] le château de Parthenay fut soumis par le comte » (79).

« L'an 1126 de l'Incarnation du Seigneur mourut Guillaume, duc d'Aquitaine, le 4 des ides de février, et il fut enterré à Poitiers à Montierneuf. Il s'éleva admirablement par ses talents militaires au-dessus de tous les princes du monde. Il eut pour successeur dans le gouvernement Guillaume, son fils, qui mourut pèlerin à Saint-Jacques en Espagne et qui fut enterré avec honneur dans l'église dudit apôtre où il mourut, par les soins de l'archevêque de ce lieu.

Sa mort advint le Vendredi Saint ; à cette époque on célébra Pâques chez nous le 3 des nones d'avril, et chez les juifs aux calendes d'avril, c'est-à-dire le vendredi jour de sa mort. Il fut courageux en combattant ses ennemis et plaça sous son joug tous ceux qu'il trouva rebelles sur ses terres.

Il eut pour successeur, l'année de sa mort, le roi Louis le Jeune, fils de Louis le Vieux, roi de France, l'an 1137 de l'Incarnation du Seigneur. Louis prit pour épouse la fille aînée de Guillaume (80), ce qui lui permit d'exercer le pouvoir sur cette terre.

Le sacre et le mariage furent célébrés à Bordeaux. Louis ensuite partit avec toute son escorte pour ses terres et y établit des prévôts » (81).

Sur le plan religieux, en ce qui concerne les évêques de Poitiers, la Chronique se borne essentiellement à fournir une liste qui contient des erreurs pour les premiers d'entre eux.

« [L'an 830] l'abbé Godelon fit la translation [du corps de saint Junien] avec l'aide de l'évêque Sigebran. A cet évêque Sigebran succéda l'évêque Ebroin » (82).

 « L'an [868] d'abord l'évêque Ebroin l' [Gauzlin] avait appelé à la dignité de diacre dans l'Eglise poitevine » (83). Ebroin est mentionné pour la première fois en 838. Il fut assassiné par les Poitevins à une date inconnue (84).

« L'an 900, mort d'Hecfroi, évêque de Poitiers, à qui succéda Frotier » (85). Entre Ebroin et Hecfroi, il faut noter l'existence d'Engenoidus (86).

Un évêque nommé Godon est d'autre part mentionné par la Chronique en 844 (87). Or il n'existe pas d'évêque de Poitiers de ce nom vers le milieu du IXe siècle.

« L'an 937 Alboin fut consacré évêque de Poitiers » (88).

« L'an [962], mort de l'évêque Alboin à qui Pierre succéda. L'an 962 mort d'Alboin, successeur de Frotier » (89).

« L'an 975 mort de Pierre, évêque de Poitiers ; l'évêque Gilbert lui succéda » (90).

« Vers 1010 à l'époque de l'évêque de Poitiers Gilbert » (91).

« L'an 1026. Amblard lui succéda, ordonné par l'évêque Isembert, successeur de Gilbert » (92).

« [Vers 1030 ?] le vénérable abbé Frédéric convoqua. Isembert, évêque de Poitiers » (93) « En ce temps-là [1032] un concile eut lieu à Poitiers en présence d'Isembert, évêque de ladite ville » (94).

 « [L'an 1036] l'évêque Isembert tint à Poitiers un synode » (95).

A cet évêque Isembert succéda un autre Isembert.

« [L'an 1047] cette dédicace [de Saint-Sauveur] fut faite alors que. Isembert le Jeune [était] évêque de Poitiers » (96).

« Ces jours-là [1050] eut lieu la consécration du monastère de Saint-Jean-d'Angély. : à cette consécration assistèrent quatre évêques :. Isembert de Poitiers » (98).

« L'an 1086. mort de Goscelin, archevêque de Bordeaux, et d'Isembert, évêque de Poitiers ; l'un d'eux fut enterré à Saint-Cyprien, l'autre en l'église Sainte-Marie de Luçon » (99).

Isembert eut pour successeur Pierre : « L'an 1087 Pierre fut ordonné évêque de Poitiers, le 8 des calendes de mars » (100).

« L'an 1090 Pierre, évêque de Poitiers, ordonna beaucoup de prêtres » (101).

« [L'an 1113] l'évêque Pierre consacra un autel à saint Gilles, aux nones de décembre, et fut fait prisonnier par le comte » (102).

« L'an 1115 mourut le seigneur Pierre au château de Chauvigny ; et il fut enterré à Saint-Cyprien de Poitiers.

On grava sur sa tombe cette épitaphe : Captivité, liens, menaces, rigueurs, ruines de maisons, Jamais ne fléchirent la rigueur du pasteur ; Bien au contraire il fut plus courageux lorsque le moment de la mort approcha, Il ne relâcha rien de ce qu'il lia et qui devait être de droit lié. Il avait occupé le siège épiscopal vingt-neuf ans et un mois » (103).

Pour obtenir de l'argent le comte de Poitou Guillaume paraît avoir mis à contribution les biens ecclésiastiques.

Pierre II, évêque de Poitiers, l'excommunia. Guillaume le fit alors jeter en prison, puis l'envoya en exil à Chauvigny où Pierre mourut le 4 avril 1115, ainsi que nous venons de le voir (104).

« L'an 1117. Guillaume et Pierre sont ordonnés évêques : l'un à Poitiers et l'autre à Saintes » (105).

Le nouvel évêque de Poitiers est Guillaume ou Gilbert de Ragioles.

« L'an 1123. mort de l'évêque Guillaume, surnommé Gilbert, qui fut enterré à Fontevraud » (106).

A ce Guillaume succéda Guillaume Alleaume : « L'an 1124. Guillaume fut consacré évêque, aux calendes de juin » (107). « Au temps de ce roi [Louis VII] mourut l'évêque de l'Eglise poitevine Guillaume Alleaume, l'an 1140 de l'Incarnation du Seigneur, au mois d'octobre, la veille des nones de ce mois. Le seigneur Grimoard, abbé des Alleuds, homme d'une parfaite observance, lui succéda. Or il se trouva que le roi susdit ne voulut pas le reconnaître après sa consécration et du jour de sa consécration, qui fut le 26 janvier jusqu'à la Pentecôte, il ne put occuper son propre siège ; et il ne put l'occuper jusqu'à ce que le roi le permît, qu'il montrât à Saint-Maixent dans des lettres la bonté de son autorisation et lui permît par ses ordres de réoccuper son propre siège.

C'est pourquoi le même jour il put être consacré à Angoulême, et ce jour-là fut le début de la Septuagésime. L'an de l'Incarnation du Seigneur 1134, au temps du susdit Guillaume Alleaume. » (108).

Grimoard n'avait demandé ni l'autorisation ni la confirmation de Louis VII. Ce fut peut-être la mort de Grimoard (octobre 1141) et l'élection de Gilbert de la Porée (1142) qui mirent fin au conflit (109).

Les renseignements sont particulièrement abondants sur les monastères. Pour la commodité de l'exposé, nous considérerons d'une part l'abbaye de Saint-Maixent, d'autre part les autres établissements religieux poitevins classés par ordre alphabétique.

« L'an 823 l'abbé Abbon et le prieur Gundacher étaient à la tête de l'abbaye de Saint-Maixent » (110). Abbon n'est mentionné dans aucune des chartes publiées par Alfred Richard (111).

En 815 l'abbé se nommait Tetbert (112), en 825 c'était Reinard (113).

« L'an 903, l'année suivante, Adémar était abbé de Saint-Maixent » (114). Entre Abbon et Adémar, il faut signaler Arnoul, abbé entre 898 et 903.

Aucune charte ne permet de contrôler l'assertion de la Chronique de Saint-Maixent selon laquelle Adémar dirigeait l'abbaye en 903. Ce personnage qui resta à la tête du monastère jusqu'en 925 était frère d'Aimeri, vicomte de Thouars, avoué du monastère de Saint-Maixent (115).

« La septième année de cette période, Ermenfroi devint abbé de Saint-Maixent » (116). La date précédente est 921.

La dernière mention est celle du sacre de Raoul, duc de Bourgogne, qui eut lieu en 923 ; toutefois le manuscrit paraît indiquer à tort que cet événement se place en 921. Il faudrait donc comprendre par septième année l'an 927 ou 928. Et de fait Ermenfroi fut abbé de 928 à 936 (?) (117).

« A son frère Germain Eble il [Guillaume Tête d'Etoupe] offrit le pouvoir abbatial de Saint-Hilaire et de Saint-Maixent avec plusieurs domaines sis sur le sol poitevin » (118). « Il [Eble] restaura le monastère de Saint-Maixent et l'entoura de fortifications » (119).

« L'an 936 Eble était évêque et abbé de Saint-Maixent » (120). « L'an 961, sous le règne de Lothaire, le seigneur Eble était évêque et abbé de Saint-Maixent et il gouvernait l'abbaye » (121).

Eble fut abbé de Saint-Maixent de 936 à 963.

 « La sixième année du règne de Louis, Garbert était abbé de Saint-Maixent » (123).

« L'an 973 Girbert était abbé de Saint-Maixent ; il fit de nombreuses acquisitions » (124). La sixième année du règne de Louis IV d'Outre-Mer (936-954) correspond à l'année 941 ou 942.

Un problème se pose : est-ce qu'il s'agit du même personnage, malgré la distance entre les dates ? Alfred Richard, contrairement aux opinions antérieurement émises, pense qu'il existe un seul Girbert, abbé de 942 à 978 (125). Il donne les arguments suivants : dans le premier acte daté de février 942 où figure Girbert, celui-ci est appelé leviia, diacre (126) ; dans une charte qui peut être placée après 973, l'abbé Girbert est dit clericus (127) ; ces deux mots, selon Richard, peuvent être considérés comme synonymes. D'autre part dans les derniers actes où figure l'abbé Eble, celui-ci est assisté d'un abbé Girbert qu'il s'est attaché presque dès le jour où il a pris la direction de l'abbaye de Saint-Maixent (128).

Toutefois il nous semble que les mentions suivantes contredisent dans une certaine mesure cette opinion. « L'an 965 Renoul fut abbé après Eudes » (129).

« L'an 968 Constantin fut abbé de Saint-Maixent après Renoul » (130). Que serait devenu Girbert pendant toutes ces années ?

Eudes fut abbé en 963-964 (131). Renoul dirigea Saint-Maixent de 965 à 968. Mais un Renoul abbé de Saint-Maixent est encore cité en mai 977 et vers 988, selon Alfred Richard (132). Est-ce le personnage que Constantin aurait supplanté en 968-969 ? Ou bien s'agirait-il de deux abbés ayant porté le même nom ? et après Constantin il y aurait un second Renoul, que ne cite d'ailleurs pas la Chronique, ce qui semble étonnant. Et d'autre part le texte donne Bernard comme successeur à Girbert. On voit mal alors où viendrait s'intercaler Renoul.

« L'an 993 l'abbé Bernard acheta le domaine de Marsais » (133).

« De même l'abbé Girbert eut pour successeur Bernaud qui reçut en don de la vicomtesse Audiart le couvent de Saint-Liguaire qui était

depuis longtemps du ressort de Saint-Maixent, ceci après la sépulture de son mari le vicomte Arbert, et pour le salut de son âme et de celle de son fils Aimeri » (134).

« Et il [Guillaume d'Aquitaine] donna à Saint-Maixent une villa appelée Damvix, à l'occasion de la translation du corps de saint Maixent à Poitiers, pour le concile, le 6 des ides de mars, à l'époque de l'abbé Bernard et de l'évêque de Poitiers Gilbert » (135).

Cette dernière citation se place entre une mention datée de 1010 relative à la fondation de Maillezais et un paragraphe daté de 1014. Bernard fut abbé de 988 à 1010 (136).

 

Si l'on s'en tient à la Chronique de Saint-Maixent la liste des abbés est la suivante : Eble, Garbert, Eudes, Renoul, Constantin, Girbert, Bernard.

« Par amour pour ses fils, ainsi que pour le bien de son âme, il [le duc Guillaume] donna aussi au saint patron Maixent l'ariban dans la villa de l'évêque saint Maixent, du temps de l'abbé Rainaud » (137). Cette mention de Rainaud se situe entre 1010 et 1014. Celui-ci aurait été abbé avant 1018, jusqu'en 1026 (138).

La Chronique d'ailleurs signale que « l'an 1026 Gouffier fut consacré après Rainaud ; il vécut encore une seule année et mourut ; et Amblard lui succéda, ordonné par l'évêque Isembert, successeur de Gilbert » (139).

 « L'an [1028] Guillaume et Geoffroy, vicomte de Thouars, donnèrent quelques serfs et serves à Saint-Maixent dans le domaine susdit de Damvix » (140). «

 L'an 1040 Amblard était abbé de Saint-Maixent ; Emmon lui succéda » (141).

Gouffier fut abbé en 1026-1027 (142) et Amblard de 1027 à 1040.

Le dernier peut sans doute être identifié avec un personnage nommé Amblard, fils d'Anselme et cousin d'Acfred de Brizay, qui devint moine à Saint-Liguaire dont Bernard était alors abbé (143).

Emmon dirigea l'abbaye seulement en 1040 (144).

 « L'an 1059 on exposa le corps du saint patron Maixent, et on construisit pour lui ce nouveau tombeau qui fut dédié le 6 des nones d'octobre. Archembaud [étant] archevêque de Bordeaux et abbé du monastère du secourable Maixent » (145). A cet Archembaud succéda Aimeri Maintrole qui resta abbé de 1059 à 1068.

« L'an [1068] mourut Aimeri, abbé de Saint-Maixent et de Saint-Liguaire, à qui succéda pour peu de temps Archembaud » (146).

Cet Archembaud est connu seulement par le texte de la Chronique (147). Faut-il, comme l'a supposé la Gallia christiana (t. II, c. 1252), admettre qu'après la mort d'Aimeri, l'ancien archevêque de Bordeaux qui était encore en vie ait tenté de reprendre possession de son abbaye ?

« La même année [1070] l'abbé Benoît est ordonné et béni à Saint-Maixent, le 5 des nones d'octobre » (148). Benoît prit le titre d'abbé avant cette date, car on le voit dans une charte du 10 mars 1069 et dans une autre du 19 avril 1070 (149).

« [L'an 1075] il y avait eu un autre concile à Saint-Maixent, le 7 des calendes de juillet » (149 bis).

« L'an [1080] Anségise est ordonné abbé de Saint-Maixent, le 3 des calendes d'octobre » (150).

Jusqu'ici les mentions consacrées à Saint-Maixent concernent essentiellement les abbés. Mais les bâtiments monastiques sont à cette époque la proie d'un incendie : « Cette année-là [1080] l'entrée de notre monastère fut achevée, comme il est écrit dans ces vers : Grâce à la courbe de ces fossés, le temps est aboli, L'an 1080 du Christ. Que les frères qui ont achevé cette enceinte pour le Seigneur Soient conduits vers le Christ par les prières de saint Maixent,

Lequel d'abord est appelé Adjutor loin du baptême, Puis pour n'être plus connu il s'appelle Maixent.

L'an 1082 le feu dévasta cette villa de saint Adjutor Maixent ; à la suite de quoi quelqu'un dans sa douleur décrit cet incendie en vers comme suit : Parmi des prodiges eut lieu un feu intolérable.

De la ville de Maixent brûlant mille maisons, Tous les monastères il les dévora et dedans et dehors.

L'incendie eut lieu la nuit qui suit la fête d'Urbain, L'an 1082 du Christ » (151).

« L'an 1087 Adam [fut ordonné] abbé, le 2 des calendes de mars » (152). Adam resta abbé quatre ans, jusqu'en 1091.

Robert lui succéda, sous l'abbatiat duquel débutèrent les travaux de reconstruction du monastère. Robert eut pour successeur en 1093 Garnier.

« Cette année [1093] un nouveau monastère du bienheureux Adjutor Maixent fut commencé à partir des fondations, avec l'aide et la permission de Dieu le 15 des calendes de juillet ; le travail fut plus beau et plus soigné. Ladite année Robert laissa le pouvoir abbatial et Garnier lui succéda » (153).

Robert qui s'était retiré n'abandonna pas le monastère de Saint-Maixent (154). Quant à Garnier, probablement fils d'Hugues, abbé de Saint-Liguaire, et petit-neveu d'Aimeri Maintrole, abbé de Saint-Maixent, il devint abbé après de nombreuses tentatives (155). « La même année [1106] mourut l'abbé Garnier, le jour de la naissance du Seigneur » (156).

Sous l'abbatiat de Garnier la reconstruction des bâtiments monastiques se poursuivit. « L'an 1099 on découvrit le corps de saint Agapit. L'église de Saint-Saturnin martyr, où le même saint Agapit avec ses moines, et le saint patron Maixent, abbé après lui, militèrent pour le service de Dieu, comme on le lit assez clairement dans la vie de ce dernier, fut entièrement rénovée depuis les bases, et consacrée la même année, aux ides de mars » (157).

Saint Agapit avait fondé en effet, vers le milieu du Ve siècle, un monastère à l'endroit appelé Saint-Maixent ; l'église fut dédiée à saint Saturnin, évêque de Toulouse. Par la suite il abandonna l'abbatiat en faveur de son disciple Maixent (158).

« Cette année [1107] l'abbé Geoffroy fut ordonné aux calendes de juillet » (159). « L'an de l'Incarnation du Seigneur 1134, au temps du susdit Guillaume, le 5 des ides de janvier, mourut le seigneur Geoffroy, de bonne mémoire, abbé du monastère de Saint-Maixent. Il fut soucieux et zélé pour la construction du monastère et l'augmentation de son troupeau, comme les résultats le prouvent et comme le montrent ses œuvres. Il construisit le monastère de Saint-Maixent que le Seigneur lui avait accordé de diriger après le dernier incendie qui arriva de son temps, et il construisit une enceinte et un toit magnifiques.

Il eut pour successeur le seigneur Pierre Raymond, moine de Cluse » (160). Benoît le Jeune, originaire de Toulouse, qui avait réformé en 1066 l'abbaye de Saint-Michel de Cluse en Piémont avait demandé à de jeunes seigneurs de venir l'aider. Après sa mort des religieux appartenant aux grandes familles du Midi continuèrent à venir à Cluse.

 Parmi eux était Pierre Raymond, cousin d'Aliénor d'Aquitaine et probablement fils de Raymond, comte de l'Isle-Jourdain, qui succéda à Geoffroy en 1034 (161).

« [L'an 1140] il [le seigneur Grimoard] célébra Pâques à Saint-Maixent, la première année de sa consécration, et il consacra le chrême, le jeudi de la Cène du Seigneur, ainsi qu'il convenait avec honneur et respect. Donc le serviteur du Seigneur Grimoard estima que ce lieu était digne d'une si haute consécration, en raison de l'honneur et du respect du bienfaisant confesseur Maixent et des frères du lieu » (162).

La Chronique permet donc de dresser une liste des abbés de Saint-Maixent du milieu du IXe siècle au milieu du XIIe siècle.

Sur un certain nombre de points elle est originale, et son témoignage est unique. Par ailleurs nous voyons, après l'incendie qui le dévasta en 1082, la restauration du monastère se poursuivre jusqu'à l'achèvement des travaux sous l'abbé Geoffroy, mort en 1134.

Les notations touchant les autres établissements religieux poitevins sont beaucoup plus brèves, mais non négligeables.

L'Absie. « Dans le même temps [vers 1120] furent commencés de très nombreux couvents qui suivirent la règle de saint Géraud de Sales. De même il y a un autre monastère appelé l'Absie, où Pierre fut le premier abbé » (163). Pierre de Bunt fut en effet abbé de l'Absie de 1120 à 1123 (164).

Airvault. « L'an 1064 bénédiction de [l'autel] du crucifix de Saint-Pierre d'Airvault. Alors pour la première fois des chanoines commencèrent à y vivre. La veille des calendes de novembre [1100] on consacra l'église Saint-Pierre d'Airvault » (165).

Les Alleuds. « [Vers 1120] il y en a un autre [monastère suivant la règle de saint Géraud de Sales] dans le diocèse de Poitiers, qui s'appelle les Alleuds, où le premier abbé fut Pierre, à qui succéda Giraud » (166). « Au temps de ce roi mourut l'évêque de l'Eglise poitevine Guillaume Alleaume, l'an 1140. Le seigneur Grimoard, abbé des Alleuds, homme d'une parfaite observance, lui succéda » (167).

Bonnevaux. « [Vers 1120] il y en a un autre [monastère suivant la règle de saint Géraud de Sales] nommé Bonnevaux, dans les bois » (168).

Celles. « Egalement la même année [1095] le lieu de SainteMarie de Celles commença à abonder en miracles > (169).

La Chaise-le-Vicomte. « [L'an 1099] à la Chaise-le-Vicomte, l'église Saint-Nicolas fut également consacrée » (170).

Charroux. « Adéinar, comte de Poitou. donna quelques domaines qui lui appartenaient en propre aux églises du Christ : à Saint-Sauveur de Charroux Vouharte. > (171).  L'an 989 Charroux fut détruit par le feu » (172). « L'an 1047 eut lieu la dédicace du monastère de Saint-Sauveur à Charroux > (173). « Cette année 1082 à Charroux eut lieu la consécration d'un autel, et on exposa les précieuses reliques de ce monastère ; et on tint un concile dans ledit monastère » (174).

Les Châtelliers. « [Vers 1120] il y en a un antre [monastère] aussi, qui est appelé les Châtelliers où le premier abbé fut Aimeri » 1175).

Fontevraud. « . La même année 1100 le maître Robert commença à enseigner chez nous. Ce fut lui qui se mit à édifier Fontevraud et à réunir des frères et des religieuses en plusieurs endroits ; ceux-ci, sous son autorité, vécurent pieusement et en suivant la règle, de son vivant et après sa mort, à Tusson, à La Puye, à l'Encloître-en-Chaufournois, à Raretus, à l'Encloître-en-Gironde, aux Loges, à la Lande, à Orléans, à Villesalem, à Orsan, à Hautes-Bruyères » (176).

« Mort de Robert d'Arbrissel, fondateur du couvent de Fontevraud, le 6 des calendes de mars [1116] » (177). Signalons en 1123 la « mort de l'évêque Guillaume surnommé Gilbert qui fut enterré à Fontevraud » (178). La fondation de Fontevraud a été trop étudiée pour que nous revenions sur le sujet (179).

Lesterps. « L'an 1070 le seigneur Gautier, abbé et chanoine de Saint-Pierre de Lesterps, s'endormit dans la paix éternelle, le 5 des ides de mai » (180). « L'an [1091] eut lieu la bénédiction du monastère de Saint-Pierre de Lesterps, et on commença à célébrer la fête de la mort de saint Gautier » (181).

Luçon. « [L'an 877] le couvent de Sainte-Marie de Luçon qu'un personnage impérial Lucius commença et que saint Philibert ensuite dirigea avait été détruit » (182). L'abbaye de Luçon en réalité fut détruite en mars 853 (183).

 « [ L'an 1068] le comte Guy. incendia le monastère de la sainte Vierge Marie qui est dans ce même château et ce faisant il fit périr dans celui-ci beaucoup d'hommes et de femmes » (184). « L'an 1086 mort de Goscelin, archevêque de Bordeaux, et d'Isembert, évêque de Poitiers ; l'un d'eux fut enterré à Saint-Cyprien, l'autre en l'église Sainte-Marie de Luçon » (185). « L'an 1121 l'église Sainte-Marie de Luçon fut consacrée le 13 des calendes de mai » (186).

Maillezais. « L'an 1003 le comte Guillaume fit la première donation en vue d'ériger le monastère de Maillezais » (187). « L'an 1010, alors que le pape Serge gouvernait Rome et que régnait Robert, roi de France, Guillaume, duc d'Aquitaine, prescrivit de construire un monastère en l'honneur des grands apôtres Pierre et Paul, monastère qui se nomme Maillezais ; et il l'enrichit très abondamment ainsi qu'il convenait, par de grands revenus, et par de nombreuses possessions et, qui mieux est, par d'admirables reliques de saints.

Lorsque par la suite quelques frères s'y furent assemblés pour vivre selon la règle, il mit à leur tête un abbé du nom de Théodelin » (188). « L'abbé Théodelin en 1014 amena les reliques de saint Rigomer depuis le pays du Mans, au temps des comtes Foulque et Hugues » (189).

« L'an [1029], après des actions nombreuses et louables, le duc Guillaume [Guillaume V le Grand], devenu moine à Maillezais, plein de jours dans une bonne vieillesse mourut en paix, le 2 des calendes de février » (190). « [L'an 1036] ledit comte [Guillaume VI le Gros], avec son père, fut inhumé à Maillezais » (191). « Son corps [le corps du comte Eudes] fut enseveli à Maillezais, où son père et son frère étaient enterrés » (192). Eudes était mort le 10 mars 1039.

« L'an 1045 mort de l'abbé Théodelin qui, avons-nous dit précédemment, était abbé de Maillezais et fut à la tête de ce monastère trente-sept ans. Il eut pour successeur Humbert qui gouverna l'abbaye durant quinze ans » (193). « A Maillezais [en 1070] Goderan, évêque et abbé, succédait à Humbert » (194). « L'évêque Goderan mourut aussi, le 8 des ides d'août [1074]. Il eut pour successeurs). à l'abbaye Drogon qui, abandonnant ensuite l'abbatiat, s'enferma à Cluny » (195).

« Cette année-là [1082] aussi le monastère Saint-Pierre de Maillezais brûla entièrement ; dans ce monastère fut élu Geoffroy, abbé à ce moment-là de Saint-Michel de Cluse » (196).

 

Ainsi la Chronique donne la liste suivante des abbés de Maillezais depuis la fondation :

Théodelin (trente-sept ans), Humbert (quinze ans), Goderan, Drogon, Geoffroy. Les dates ne concordent pas en ce qui concerne Humbert et Goderan : quinze ans après 1045 correspondent à 1060 et non à 1070.

 

Remarquons aussi que l'abbaye de Maillezais servit de lieu de sépulture à plusieurs comtes de Poitou.

Nanteuil. « Le monastère de Saint-Benoît de Nanteuil fut fondé ces jours-là [1046] par le maître du château de Ruffec » (197).

Nieul. « [L'an 1069] fut commencé le couvent de Saint-Vincent qui est appelé Nieul » (198).

Nouaillé. « L'an 830 de l'Incarnation de Dieu, la basilique de Saint-Hilaire de Nouaillé est consacrée, et le corps de saint Junien y est transféré de la villa de Mairé ; l'abbé Godelon fit la translation avec l'aide de l'évêque Sigebran et de Foulque, abbé de SaintHilaire » (199). Saint Junien, abbé de l'époque mérovingienne, avait fondé le couvent de Mairé, à quarante kilomètres environ au sudouest de Nouaillé. Les guerres du VIne siècle ayant ruiné Mairé, les moines de Nouaillé pensèrent probablement que la présence du corps de saint Junien rendrait leur église célèbre et que les reliques bénéficieraient chez eux d'un culte plus convenable qu'à Mairé.

La translation du corps du saint eut lieu le 5 novembre 830 (200).

« L'an 917 l'abbé Rainaud mourut à Nouaillé, et Rottard fut consacré » (201). Entre Godelon et Rainaud, il faut signaler Autulfe (202) et Garin (203).

« [Vers 961] à Nouaillé consécration de l'abbé Foulque » (204).

Entre Rottard et Foulque apparaissent comme abbés Alboin, évêque de Poitiers (205), Foulque (206) et Frotier (207).

« L'an 1014 mort de Constantin, abbé de Saint-Junien de Nouaillé ; il fut le contemporain de l'abbé Letald et de beaucoup d'autres, niais plus que d'autres il fut musicien et chanteur remarquable ; à ce Constantin succéda Imon » (208). Constantin avait dirigé l'abbaye après Foulque. Sous Imon (1014-1036) apparaît en 1016 un abbé Pierre dont l'existence fait problème (209).

« L'an 1036 mort d'Imon, abbé de Saint-Junien ; il eut pour successeur Richard » (210). « [L'an 1040] au monastère de Nouaillé à Richard succédèrent Pierre et Humbert » (211). « [L'an 1074] des reliques furent trouvées à Nouaillé et y furent l'objet d'une ostension solennelle » (212).

« [L'an 1091] mort aussi de Bertrand, abbé de Saint-Junien ; il eut pour successeur Geoffroy, à qui succéda Raoul » (213).

La liste des abbés de Nouaillé donnée par la Chronique est donc exacte à partir du deuxième Foulque.

Noyers. « Dans le même temps [1046] on commença le monastère de Sainte-Marie de Noyers, dont le premier abbé fut Evrard à qui succédèrent Geoffroy, Etienne, Gautier (214).

Le Pin. « [Vers 1120] dans la forêt de Gâtine il y en a un autre [monastère] appelé Saint-Benoît du Pin où le premier abbé fut Guillaume » (215).

Poitiers. Montierneuf. « [L'an 1069] Montierneuf de Poitiers fut commencé sur l'ordre du comte Geoffroy » (216). Grégoire VII avait ordonné à Guy-Geoffroy de fonder un établissement religieux pour expier son mariage avec sa parente Audiart : ce fut Montierneuf (217).

« La même année [1075] Montierneuf qui, avons-nous dit, est situé à Poitiers, fut donné à Hugues, abbé de Cluny ; il y nomma Guy qui devint donc le premier abbé de ce monastère où des moines étaient au service de Dieu. Guy eut pour successeurs Giraud, Letbaud, Giraud, Marquier » (218). Cette liste des abbés de Montierneuf est quelque peu inexacte. Après Guy, Giraud et Liébaud, c'est Marc qui devint abbé et eut pour successeur Hugues, puis Giraud II (mentionné pour la première fois dans un acte de 1129 (219).

« [L'an 1091] de même mouru(ren)t. Guy de Montierneuf » (220).

« L'an 1096 le pape Urbain venant à la fête de saint Hilaire, fut à Poitiers et bénit Montierneuf, le 6 des calendes de février » (221). « L'an 1126 de l'Incarnation du Seigneur mourut Guillaume, duc d'Aquitaine, le 4 des ides de février, et il fut enterré à Poitiers, à Montierneuf » (222).

- Notre-Dame (?) « [L'an 1036] son épouse [Eustachie, femme de Guillaume le Gros] mourut également ; elle fut enterrée à Sainte Marie de Poitiers » (223).

- Saint-Cyprien. « Le même roi [Pépin Ier, roi d'Aquitaine] construisit aussi le monastère de Saint-Cyprien qui est en vue de Poitiers » (224). « A cette époque [vers 944], le vénérable Aimon, abbé du monastère de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Cyprien qui est situé dans le voisinage de la cité, avec son conseiller le moine Rainaud, transféra le corps de saint Révérend du château de Nouâtres à Poitiers dans le monastère de Sainte-Radegonde. A Aimon succéda dans l'abbatiat ledit Rainaud. » (225). Rainaud succéda à Aimon dans l'abbatiat de Saint-Jean-Baptiste d'Angély, mais non dans celui de Saint-Cyprien (226).

« Pendant ce temps [vers l'an 962], le duc Guillaume, surnommé Tête d'Etoupe, s'était fait moine à Saint-Cyprien » (227). « L'an 1086 mort de Goscelin, archevêque de Bordeaux, et d'Isembert, évêque de Poitiers ; l'un d'eux fut enterré à Saint-Cyprien » (228).

« [L'an 1100] mourut également Rainaud, abbé de Saint-Cyprien, à qui succéda Bernard, qui abandonna l'abbatiat et eut pour successeur Pierre et après celui-ci un autre Pierre dit le Gascon » (229). Rainaud, abbé de Saint-Cyprien depuis le 4 novembre 1073, mort le 23 mai 1100 (230), eut en effet pour successeur Bernard d'Abbeville, disciple de Robert d'Arbrissel et fondateur de l'abbaye de Tiron dont il fut le premier abbé

« [L'an 1107] l'abbé Bernard, que nous avons dit abbé de Saint-Cyprien, commença à édifier son couvent en Perche dans le lieu qui est appelé Tiron, en l'honneur de sainte Marie, où il y eut plus de cent moines en même temps » (231)). Quant à Pierre II on ne sait quand il a commencé et fini de gouverner l'abbaye, mais des actes portant une date certaine attestent qu'il la dirigeait en 1110 et en 1119 (232).

« L'an 1115 mourut le seigneur Pierre au château de Chauvigny ; et il fut enterré à Saint-Cyprien de Poitiers » (233).

- Saint-Hilaire. « La neuvième année après cette bataille, c'està-dire en 863, Poitiers fut dévastée par les païens, et la basilique Saint-Hilaire fut détruite par le feu » (234). « [L'an 877] le monastère de Saint-Hilaire. avai(en)t été détruit(s) » (235).

« [Vers 910] Adémar, comte de Poitou. donna. à Saint-Hilaire Courcôme » (236). « En ces jours-là Adémar, comte de Poitiers, mourut et fut enterré à Poitiers, près de la basilique Saint-Hilaire, le 4 des calendes d'avril » (237).

« A son frère germain Eble, il [Guillaume Tête d'Etoupe] offrit le pouvoir abbatial de Saint-Hilaire » (238).

« L'an 1049, aux calendes de novembre, le monastère de Saint-Hilaire de Poitiers fut dédié ; à cette consécration assistaient à nouveau des archevêques et des évêques, au nombre de treize environ. Cette dédicace fut admirable à cause de l'amour qu'excite notre patron saint Hilaire. La reine d'Angleterre, par l'intermédiaire de Gautier Coorland, avait construit pour une bonne part ce monastère. La comtesse Agnès qui ordonna de le dédier, en construisit la plus grande partie » (239). Emma, reine d'Angleterre, femme de Canut le Grand, était la fille de Richard 1er de Normandie, oncle de Guillaume le Grand. Elle fit sans doute un voyage en Poitou, d'où elle ramena une dévotion particulière pour saint Hilaire. Mais en 1044 elle fut dépouillée de ses biens et dut arrêter la construction de l'église dédiée à saint Hilaire. Agnès poursuivit l'entreprise (240).

« L'an 1079 Hugues, évêque de Lyon et légat de l'Eglise romaine, tint un concile à Poitiers, le premier jour à Saint-Pierre et le lendemain à Saint-Hilaire » (241).

- Saint-Nicolas. « [L'an 1049] elle [la comtesse Agnès] construisit. également le monastère de Poitiers en l'honneur de saint Nicolas et aussi l'aumônerie qui est située sur la place devant cette église » (242).

- Saint-Pierre. « L'an 1079 Hugues, évêque de Lyon et légat de l'Eglise romaine, tint un concile à Poitiers, le premier jour à SaintPierre » (243). « [L'an 1111] un certain André, chanoine de SaintPierre de Poitiers, qui revenait de Jérusalem, mourut sur le territoire de la cité d'Asti ; sur sa tombe de nombreux miracles se produisent » (244).

- Sainte-Croix. « [L'an 877] le couvent de Sainte-Croix que la reine sainte Radegonde construisit, avai(en)t été détruit(s) » (245).

- Sainte-Radegonde. « Alors Pépin, roi d'Aquitaine, fils de l'empereur Louis, mourut ; il fut enterré à Sainte-Radegonde de Poitiers » (246). Ce texte est emprunté à Adémar de Chabannes (247).

« A cette époque [944] le vénérable Aimon. transféra le corps de saint Révérend du château de Nouàtres à Poitiers dans le monastère de Sainte-Radegonde » (248). « [L'an 1083] incendie d'une grande partie de la cité de Poitiers avec l'église Sainte-Radegonde » (249). « A Poitiers l'église consacrée à sainte Radegonde, où celle-ci est ensevelie, fut dédiée le 15 des calendes de novembre [1099] » (250).

Preuilly. « [L'an 903] il [Hervé trésorier] construisit aussi le monastère des moines de Saint-Pierre au château de Preuilly, où Amblard fut le premier abbé » (251).

Quinçay. « [L'an 877] la celle de Saint-Benoît de Quinçay fut détruite » (252).

Saint-Jouin. « [L'an 1032] les deux armées [poitevine et angevine ] se rassemblèrent pour la bataille près du monastère de Saint-Jouin, à Mont-Couer » (253). « [L'an 1095] Raoul, moine de Saint-Jouin, se mit à rassembler les siens et à construire ses monastères » (254). Raoul fut architecte (1095), puis abbé de Saint-Jouin-de-Marnes (1113-1120) (255).

Saint-Liguaire. « En ce temps-là [vers 961] on construisit le monastère de Sainte-Marie et de Saint-Vincent et de Saint-Liguaire martyr qui est situé sur la Sèvre » (256). « [A la fin du xe siècle] Bernaud. reçut en don de la vicomtesse Audiart le monastère de Saint-Liguaire qui était depuis longtemps du ressort de Saint-Maixent, ceci après la sépulture de son mari le vicomte Arbert, et pour le salut de son âme et de celle de son fils Aimeri » (257).

« [L'an 1068] mourut Aimeri, abbé de Saint-Maixent et de Saint-Liguaire. A Saint-Liguaire-sur-Sèvre Hugues, neveu d'Aimeri, devint abbé » (258). « L'an 1080 un concile eut lieu à Bordeaux où Hugues, abbé de Saint-Liguaire, fut déposé ; ce dernier eut pour successeurs, dans l'ordre, Philippe, Arnaud, Aubert, Thibaut » (259).

Saint-Michel-en-l'Herm. « [L'an 877] le monastère de Saint-Michel-en-l'Herm que saint Ansoald, évêque de Poitiers, édifia, avait été anéanti » (260). « [Vers le milieu du xe siècle] il [Eble] restaura le monastère de Saint-Michel-en-l'Herm » (261). « Cette année-là [1047] on consacra le monastère de Saint-Michel-en-l'Herm, communauté de moines à laquelle présidait Aschon ; cet abbé eut pour successeurs Théadus, Audebert, Guillaume, Jean, Garin et Jean » (262). La Gallia christiana (263) donne à Aschon les successeurs suivants : Pierre Ier, Garin, Michel.

Saint-Philibert-de-Grandlieu. « A la même époque [vers 860] les Normands brûlèrent le monastère de Grandlieu » (264).

 

Saint-Savin. « [L'an 877] le monastère de Saint-Savin et le château dans lequel il se trouve, que Charlemagne ordonna d'édifier, restèrent seuls inviolés « (265).

Talmont. «[L'an 1046] de même celui [le monastère ] de SainteCroix de Talmont fut fondé à cette époque par le maître dudit château » (266).

Vertou. « [L'an 877] le monastère de Saint-Martin de Vertou, que ledit saint édifia le premier, avait été détruit » (267).

Le rédacteur de la Chronique s'intéresse aux manifestations de la vie religieuse, plus particulièrement aux conciles et aux transferts de reliques. Ainsi une dizaine de conciles se tinrent en Poitou au XIe siècle et au début du XIIe.

« L'an 1010 Guillaume, duc d'Aquitaine donna à Saint-Maixent une villa appelée Damvix, à l'occasion de la translation du corps de saint Maixent à Poitiers pour le concile, le 6 des ides de mars, à l'époque de l'abbé Bernard et de l'évêque de Poitiers Gilbert » (268).

« En ce temps-là [1032] un concile eut lieu à Poitiers à propos de la foi catholique, et le roi Robert permit que dans toutes les cités se tinssent des conciles.

Donc parmi toutes les autres villes, il arriva que dans celle de Poitiers, comme nous l'avons dit à l'instant, un concile eut lieu en présence du très noble duc Guillaume et d'Isembert, évêque de ladite ville, de Jordan, évêque de Limoges, et d'Arnaud, évêque de la région de Périgueux, et de diverses catégories de chrétiens, des abbés, des moines et des clercs et aussi du peuple fidèle. Dans ces circonstances, comme ils traitaient un très grand nombre de questions, ils décidèrent que si quelqu'un s'emparait par fraude ou par violence de biens appartenant à la sainte Eglise de Dieu ou les ravissait injustement, il devait les rendre avec le plus grand empressement et restituer les terres des moines intactes et libres » (269).

« [L'an 1036] l'évêque Isembert tint à Poitiers un synode où il préconisa une grande paix » (270).

« L'an 1075 il y eut un concile à Poitiers que tint le légat Giraud, au sujet du corps et du sang du Seigneur ; dans ce concile Bérenger qui était accompagné de son disciple Achelme Sanche, faillit être tué » (271). Le concile de Poitiers se tint le 13 janvier 1076. Giraud était évêque d'Ostie.

« Il y avait eu un autre concile à Saint-Maixent, le 7 des calendes de juillet [1075], où se trouvaient Goscelin le Grand, archevêque de Bordeaux, qui succéda à Archembaud, et Guillaume de Périgueux et beaucoup d'autres. Ce premier concile eut lieu le 8 des calendes de juillet et l'autre aux ides de janvier » (272). Cette assemblée devait s'occuper d'Isembert de Poitiers qui sympathisait avec Bérenger, ainsi que de la situation conj ugale du comte de Poitou.

Dissoute à la suite d'un coup de force d'Isembert, elle interdit cependant à celui-ci d'exercer ses fonctions épiscopales (273).

« L'an 1079 Hugues, évêque de Lyon et légat de l'Eglise romaine, tint un concile à Poitiers, le premier jour à Saint-Pierre, et le lendemain à Saint-Hilaire » (274). Ce concile s'ouvrit le 15 janvier 1079 ; le roi de France avait en vain tenté de s'opposer à sa tenue. Dix importants canons de discipline ecclésiastique y furent promulgués » (275).

« [L'an 1082] on tint un concile dans ledit monastère [Charroux] » (276).

« [L'an 1100] le 13 des calendes de novembre, il y eut un concile que tinrent deux cardinaux Jean et Benoît ; ils y décidèrent que chaque église pourrait racheter ses droits et bénéfices avec son or et son argent. A Jean, l'un de ces deux prélats, apparut saint Hilaire qui lui dit pour l'encourager : « Jean, ne crains rien, agis courageusement, je serai avec toi demain. » Et il excommunia le roi Philippe au cours de ce concile » (277). Les légats du Saint-Siège, Jean de Gubbio, cardinal du titre de Sainte-Anastasie, et Benoît, cardinal de Sainte-Eudoxie, tinrent ce concile à Poitiers (278).

L'auteur de la Chronique a puisé ses renseignements dans les Gesta in concilio Pictavensi circa excommunicationem Philippi I Francorum regis a.1100 (279).

« [L'an 1106] à Poitiers il y eut un concile auquel assista le duc Bohémond ; il y vint avec Bruno, légat de la sainte Eglise romaine, qui tint ce concile et continua à encourager la croisade du Saint-Sépulchre » (280).

Le culte des reliques, si important au moyen âge, apparaît assez fréquemment tout au long de la Chronique. « L'an 830 de l'Incarnation de Dieu, la basilique de Saint-Hilaire de Nouaillé est consacrée, et le corps de saint Junien y est transféré de la villa de Mairé » (281). Ce texte, nous l'avons vu, est inspiré d'une charte de l'abbaye de Nouaillé (282).

« A cette époque [vers 944] le vénérable Aimon, abbé du monastère de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Cyprien qui est situé dans le voisinage de la cité, avec son conseiller le moine Rainaud, transféra le corps de saint Révérend du château de Nouâtres à Poitiers dans le monastère de Sainte-Radegonde. et ensuite il transféra le même saint, sur le conseil de Guillaume, duc d'Aquitaine, dans le monastère susdit de Saint-Jean-Baptiste d'Angély » (283). Saint Révérend était un prêtre de Bayeux au Ve siècle (284).

« L'an 1010. Guillaume, duc d'Aquitaine. l' [Maillezais] enrichit très abondamment. par d'admirables reliques de saints » (285) ; « et il donna à Saint-Maixent une villa appelée Damvix à l'occasion de la translation du corps de saint Maixent à Poitiers, pour le concile, le 6 des ides de mars » (286).

« A cette époque l'abbé Théodelin en 1014 amena les reliques de saint Rigomer depuis le pays du Mans, au temps des comtes Foulque et Hugues » (287). Cette notation est empruntée à l'Histoire de Maillezais (288).

« L'an 1059 on exposa le corps du saint patron Maixent » (289).

« [L'an 1074] des reliques furent trouvées à Nouaillé et y furent l'objet d'une ostension solennelle » (290).

« Cette année-là [1082] à Charroux. on exposa les précieuses reliques de ce monastère » (291).

« L'an 1099 on découvrit le corps de saint Agapit » (292).

Toute une série de mentions a trait aux phénomènes atmosphériques ; de même sont indiquées les conséquences du climat sur les cultures.

Mais une difficulté se présente : dans quelle mesure ces notes qui ne sont accompagnées d'aucune indication de lieu, ont-elles trait au Poitou ? On constate que lorsque les Annales angevines et vendômoises font état d'éclipses de lune, de passages de comètes, l'auteur de la Chronique recopie les mentions telles quelles. Or ces textes ne s'appliquent pas seulement au Poitou.

Cependant à partir de la fin du XIe siècle on peut penser que les passages originaux relatifs aux difficultés de la vie rurale ont toute chance de concerner la région où vivait l'auteur.

« La même année [1095] il y eut une grande sécheresse, le 8 des calendes d'avril jusqu'au 17 des calendes de septembre ; elle eut pour conséquences la stérilité du sol et la disette du pain et de tous les fruits de la terre. On vit et on entendit de nombreux signes et des bruits d'eau » (293).

« L'an 1097. il y eut une grande pénurie de blé au mois de mai. Au mois de novembre il y eut une très grande perte des semences, due en partie aux vers, en partie aux pluies ; les fleuves entrèrent en crue et anéantirent châteaux, villages et humains, surtout les piétons » (294).

« L'an 1101. le 13 des calendes de mai le froid brûla en particulier les vignes et les autres plantes » (295).

« L'an 1102. il y eut ensuite une grande abondance de tous les biens grâce à Dieu, de sorte que l'on oublia les pertes de l'année précédente » (296).

« L'an 1105 le 14 des calendes de février, il y eut un très grand froid et de la neige qui brûla les vignes et les lauriers et beaucoup d'autres plantes. Aux ides d'avril tremblement de terre. Le 15 des calendes de juin, il y eut chez nous une grande tempête et une grande pluie qui rejetèrent les corps des morts hors des sépultures » (297).

Le chroniqueur note, en 1110, à la suite des Annales de Saint-Florent, « mortalité, grande famine, excessive cherté du sel » (298).

« L'an 1122 la sainte fête de Pâques eut lieu le 8 des calendes d'avril et l'hiver fut clément et la récolte de l'année fut vendue moins cher que depuis longtemps ; le setier de seigle deux sous environ, et le setier de blé trois sous. et la pluie déborda tout l'été à tel point que la moitié de la récolte de l'année fut anéantie ainsi que la moitié des fruits et du vin » (299).

« L'an 1124. le temps fut déplorable de sorte que l'on vendit le blé trente-six sous ; et pour cette raison la mortalité fut grande » (300).

Si le chroniqueur signale de nombreuses mauvaises récoltes, il n'a pas jugé utile de faire un sort aux années normales.

La Chronique de Saint-Maixent constitue donc une source fondamentale pour l'histoire du Poitou médiéval. Si son auteur recopie souvent des textes variés relatifs aux IXe et Xe siècles, elle apparaît de plus en plus originale au fur et à mesure qu'avance le XIe siècle.

Précieuse pour la connaissance de la vie politique poitevine, elle l'est encore plus pour l'histoire religieuse. Elle met en relief également des facteurs importants de la vie quotidienne, telle que l'influence du climat sur la production agricole.

Les historiens ont beaucoup utilisé la Chronique de Saint-Maixent ; ils n'en ont peut-être pas encore découvert toutes les richesses.

 

 

 

 

 

 

 ==> Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus

 

 

 


La Chronique de Maillezais, Chronicon Malleacense, Chronicon sancti Maxentii

Gisants des ducs d'Aquitaine inhumés à l'abbaye de Maillezais, Guillaume VI - Eudes - Guillaume le Grand -

Pierre tombale découverte au cours des fouilles archéologiques exécutées sous la direction d'Apollon Briquet, en 1834, sur le site de l'abbaye de Maillezais, cette pierre tombale intègre les collections de la Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres avant 1865. Il s'agit du monument funéraire d'un seigneur.

 

Faux testament de Guillaume X, père d'Aliénor d'Aquitaine en faveur des Seigneurs du Bas-Poitou (Chroniques de Saint-Maixent)

Le premier volume, qui embrasse une période de 185 ans (de 778 à 993) jette une vive lumière sur l'époque la plus obscure de nos fastes, et fait regretter que le second, qui devait nous conduire jusqu'à l'avènement d'Aliénor de Poitou au trône ducal d'Aquitaine, en 1137, ait été interrompu par la mort des deux auteurs.

 

Jean Besly premier véritable historien du Poitou.

Jean Besly est né à Coulonges-les-Royaux (Coulonges-sur-l'Autize), près de Niort (Deux-Sèvres). Issu d'une famille de marchands, il fait ses études à Poitiers, puis à Toulouse. Avocat à Fontenay-le-Comte, il acquiert rapidement une grande réputation qui lui permet un mariage fort avantageux avec Catherine Brisson, parente d'un autre jurisconsulte de renom, Barnabé Brisson (1559).

 

(1)    Ce travail a été lu, par morceaux détaché, aux séances de la Société académique de Poitiers, dans le courant de l'aimée 1837.

(2)    Jacques Raoul de la Guibourgère, d'une maison qui possédait des terres en Poitou et en Bretagne.

(3)    J'ai en ce moment entre les mains une collection de lettres autographes et curieuses de Besly père et fils, Il s'en trouve de relatives à l'Histoire des comtes de, Poitou et à la publication de cet ouvrage.
(4)     Jacques Dupuy, né à Agen, est mort à Paris le 17 novembre 1656. Garde de la bibliothèque du roi, il publia, avec son frère Pierre, plusieurs ouvrages, et seul il en fit paraître d'autres.
(5)    Jacques-auguste de Thou, né le 8 octobre 1553, et mort le 7 mai 1617.

(6) Nova Bibliotheca manuscriptorum , 2 vol. in-f.

(7) Veterum scriptorum et monumentorum historicorum amplisima collectio , 9 vol. in-f.

(8) Tiré de sa position dans le marais méridional du bas Poitou.

(9) Prioratus S. Michaelis Clausi, d'après le Pouillé d'Alliot. Paris, 1626          

 (10) Manuscrits de dom Fonteneau. Quand Je cite des chartes sans indiquer d'où elles viennent, il faut les tenir comme étant de sa collection.

(11) Géraud de Salles a fondé plusieurs monastères en Poitou, notamment les Châtelliers et l'Absie en Gâtine.

( 12) Manuscrit de dom Chazal,  qui est en ma possession.

 (13)    L'époque précise de l'élection de cet abbé est inconnue; c'est ce qui fait qu'on ignore quand mourut son prédécesseur.

(14) L'Institut (académie des inscriptions et belles-lettres), à qui J'adresserai ce Mémoire, prendrait sa part dans la mise à exécution de ce vœu, s'il Jugeait ce travail digne d'une distinction, lorsqu'il émettra un Jugement relativement aux recherches faites sur les antiquités nationales.

Je pourrais ensuite et sur une si notable recommandation, obtenir la remise momentanée, entre mes mains, du manuscrit de la chronique de St-Maixent, dite de Maillezais, qui est à la bibliothèque du roi, pour la copier, en faire une traduction , l’enrichir de notes , et la faire imprimer.               

(15)    Je termine des ouvrages nombreux sur l'histoire de mon pays qui sont commencés depuis longtemps.            

(16) Il s'est glissé pourtant quelques erreurs dans cette chronique, notamment en ce qui concerne l'âge et le gouvernement d'Odillon.

(17) Le père Phil. Labbe pense que cette chronique a été faite par plusieurs auteurs. Le précieux manuscrit de ce document existe à la bibliothèque du roi, n° 6892, fonds de Thou, et renferme une addition où on trouve le récit de la mort de Louis IX. Voir la Bibliothèque des croisades, t. 1 , p. 363.         

(18) Qu'il me soit permis d'emprunter ici les expressions de M. Champollion-Figeac , dans les Prolégomenes placés en tête de l'édition de l' Ystoire de li Normant, publiée, en 835, par la Société de l'histoire de France : « Mon médiocre savoir sera toujours sincèrement respectueux devant des noms et des ouvrages comme ceux des bénédictins , et la raison commande, lorsqu'on a le bonheur de relever quelques-unes de leurs fautes, un bien modeste orgueil. »

(19) Depuis trente ans je m'occupe de recherches historiques particulières sur le Poitou et l’Aquitaine du nord. J’ai lu et relu toutes les chartes de la collection de dom Fonteneau.                  

(20) T. x, p.285 ; t.XI, p.372 ; t. XIII, p.408 ; t. XVIII,p. 242.

(21) T.XII, Préface.

(22)    Recueil des hist. de France, t. XII. Préfac, p. XXXII-XXXVI.

(23). L'ouvrage de Meschin est intitulé: Histoire de Poitou, Saintonqe et Aunis. L'Art de vérifier les dates, l'Histoire de Languedoo par dom Vaissette, l'Histoire des Comtes de Poitou, par Besly, même les Annales d'Aquitaine, par Bouchet, ne mentionnent pas la fausse série des vicomtes de Thouars. Seulement la dernière édition de Bouchet a, à sa suite, l'Origine des Poitevins, attribué à la Baye , ouvrage fabuleux au dernier point.    

(24) Hist. de la ville de Thouars, Niort. Morisset, 1824. 1 vol. in-8.

 (25) A Poitiers quelques personnes prétendent que Thihaudeau , avocat très employé, avait composé son ouvrage presqu'en entier pendant les vacances d'une année : cela n'est pas probable, quoique le livre ait été fait, on le répète, avec précipitation.  

(26)Thihaudeau, Abrégé de l'Hist. du Poitou, t. 111, p. 190 et 191

(27) De l'Ancien Poitou et de sa capitale.

(28) Pag. 252.

(29) Pag. 374.

 (30) Pag. 271.

(31) Pour l'Histoire des Comtes du Poitou, entreprise par Dufour et par l'auteur de ce mémoire,  ce qui concerne les vicomtes de Thouars est rentré dans la partie du travail affecté à ce dernier.

(32) Pag. 397.

(34) Cette coutume a été abolie par les trois états du Poitou, en 1514, et elle l'a été comme le dit Besly, à cause de sa rigueur et par les troubles et procès qu'elle engendrait.

(35) Hist, de la maison de Chataigner, t. 1 , p. 8 et 9.

(36) Hist: chron, et généal. de la maison de France.

 

 

 

LA CHRONIQUE DE SAINT-MAIXENT ET L'HISTOIRE DU POITOU AU IXe-XIIe SIÈCLES par Jean VERDON

 

(1) En dehors d'extraits de la Chronique de Saint-Maixent publiés par Dom BOUQUET dans le Recueil des Historiens des Gaules et de la France, il existe deux éditions, bien mauvaises ; celle du Père LABBE dans Nova bibliotheca manuscriptorum, Paris, 1657, t. II, p. 190-221, et celle de MARCHEGAY et MABILLE dans Chroniques des églises d'Anjou, Paris, 1859, p. 351-433. Nous renvoyons dans nos notes à l'édition MARCHEGAY/MABILLE, malgré ses erreurs, en attendant la parution prochaine dans la collection Les Classiques de l'Histoire de France au Moyen Age de celle qui a fait l'objet de notre thèse de troisième cycle (soutenue le 1ER février 1965 à Poitiers).

(2) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 357-358.

(3) Ibid., p. 359.

(4) Ed. DE CERTAIN, Paris, 1858, 1. I, ch. xxxiii. Sur ces invasions, voir M. GARAUD, Les incursions des Normands en Poitou et leurs conséquences, dans Revue historique. 1937. t. CLXXX. n. 253.

(5) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 365. Cf. ADEMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, Paris, 1897. 1. III, c. 17.

(6) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou. 778-1204. t. I. Paris. 1903. n. 5-8.

 (7) lbid., p. 16. Les différences chronologiques s'expliquent pour certaines par le style qu'adopte l'auteur de la Chronique.

(8) lbid., p. 18.

(9) Emenon fut comte de 828 à 839. A. RICHARD, op. cit., t. I, p. 8-14.

(10) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 365.

(11) Ibid., p. 366.

(12) Ed. CHAVANON, 1. III, c. 18.

(13) A. RICHARD, op. cit., t. I, p. 21.

(14) Voir M. GARAUD, op. cit., p. 252. Sur Renoul 1 (839-866), voir A. RICHARD, op. cit., t. I, p. 14-28.

(15) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 367. Sur ces événements, M. GARAUD, op. cit., p. 255 et 256.

(16) Ce passage ne semble cas édité par MARCHEGAY /MABILLE.

(17) Annales de Saint-Bertin, publ. par F. GRAT, J. VIELLIARD et S. CLÉMENCET, intr. et notes par L. LEVILLAIN, Paris, 1964 (Société de l'Histoire de France, n° 470), an. 855, p. 71 : « Nordmanni Ligerem ingressi, relictis navibus, pedestri itinere urbem Pictavorum adire moliuntur. Sed occurrentibus Aquitanis, adeo profligati sunt ut ultra trecentos pauci evaserint » ; an. 863, p. 104 : « Nortmanni Pictavis venerant, et sub redemptione civitate servata ecclesiam Sancti Hilarii magni confessoris incenderint » ; an. 865, p. 122 : « Nortmanni vero residentes in Ligeri libere Pictauum civitatem pedestri ordine pergunt eandemque civitatem incendunt et impune ad naves suas reveniunt ».

(18) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 371.

(19) Ibid., p. 372.

(20) Ibid., p. 373.

(21) Ibid., p. 372.

(22) A. RICHARD, op. cit., t. l, p. 28-73.

(23) Ed. CHAVANON, 1. III, c. 21.

(24) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 375-376. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 23 et 25.

(25) A. RICHARD, op. cit., t. II, p. 460-480, et J. LAIR, Etudes critiques sur divers textes des Xe et XIe siècles, Paris, 1899, 2 vol., t. II, Historia d'Adémar de Chabannes, p. 263-266.

(26) A. RICHARD, op. cit., t. I, p. 73.

(27) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 380.

(28) Voir F. LOT, Les derniers Carolingiens, Paris, 1891 (Bibliothèque de l'Ecole des Hautes études, fasc. 87), p. 16, note 4 pour la détermination précise de la mort d'Hugues le Grand.

(29) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 380-382. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 30.

(30) Ed. MARCHEGAY /MABILLE, p. 381.

(31) Ed. CHAVANON, 1. III, C. 34, p. 156. Voir A. RICHARD, op. cit., t. I, p. 94, note I.

(32) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 383. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 30.

(33) FLODOARD, Annales, publ. par Ph. LAUER, Paris, 1905 (Collection de textes pour servir à l'étude et à l'enseignement de l'histoire, n° 39), an. 955.

(34) F. LOT, Les derniers Carolingiens, p. 210, note 2.

(35) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 384. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 30.

(36) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 387-388. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 39.

(37) Chartes et documents pour servir à l'histoire de l'abbaye de Saint-Maixent, publ. par A. RICHARD, Poitiers, 1886, 2 vol. (Archives historiques du Poitou, t. XVI et XVIII), t. I, p. 99.

(38) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 388.

(39) Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny, formé par A. BERNARD, publ. par A. BRUEL, 6 vol., Paris, 1876-1903, t. III, p. 739.

(40) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 389. Sur ces seigneurs de Lusignan, voir G. POUTE DE PUYBAUDET, Etude sur les sires de Lusignan de Hugues Ier à Hugues VIII (Xe siècle1177), dans Positions des thèses des élèves de l'Ecole des Chartes, 1896, p. 29-31.

 

 

(41) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 390.

(42) Pierre de MAILLEZAIS, De antiquitate et commutatione in melius Malleacensis insulae et translatione corporis S. Rigomeri, dans LABBE, Nova bibliotheca manuscriptorum, Paris, 1657, t. II, p. 222-238 ; 1. II. 8 IV. p. 237.

(43) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I. p. 105.

(44) Ed. MARCHEGAY /MABILLE, p. 391-392. 1 -

(45) Ce passage est omis par MARCHEGAY/MABILLE dans leur édition.

(46) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 392. Certains monastères eurent l'habileté de se faire accorder des compensations : ainsi l'abbaye de Saint-Maixent reçut une partie de la forêt d'Argenson (Chartes de Saint-Maixent, éd. A. RICHARD, p. 113). A la fin de l'année 1036, Guillaume le Gros fut mis en liberté contre une rançon énorme (200 000 sous selon Richard de Poitiers, RHF, t. XI, p. 285).

(47) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 392-393.

(48) Ibid., p. 394-395. Voir A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 269270.

(49) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 400.

(50) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 264 et note I.

(51) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 401-402. La susdite Aumode eut une vie conjugale mouvementée. Voir Chronique de Saint-Maixent, p. 401 : « Pendant ce temps Pons, comte de Toulouse, avait pris pour femme Aumode, sœur d'Audebert, comte de la Marche ; elle lui fut donnée par Hugues le Pieux de Lusignan qui l'avait répudiée pour raison de parenté et qui eut d'elle deux fils, et ensuite Pons la donna pour épouse à Raymond de Barcelone ».

(52) Ed. MARCHEGAY/MABILLE. p. 402-403.

(53) Ibid., p. 403 : cc L'an 1062 le duc Geoffroy assiégea la ville de Saintes, après avoir planté ses tentes tout autour ; et il fit des ravages par la famine et le glaive jusqu'à la reddition avec tous leurs biens des Angevins et des citoyens qui étaient dans la ville. »

(54) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 404. Sur l'Aquitaine au milieu du XIe siècle, voir E.-R. LABANDE, Situation de l'Aquitaine en 1066, dans Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4E série, t. VIII, 1966, p. 339-363.

(55) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 405.

(56) Ibid., p. 406. 4

(57) Voir Recueil d'Annales angevines et vendômoises, publ. par L. HALPHEN, Paris, 1903, p. 5 (Annales de Saint-Aubin), p. 88 (Annales dites de Renaud), p. 92 (Annales de Saint-Serge).

(58) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 408.

(59) Ibid., p. 410.

(60) Ibid., p. 411. - - - - -

(61) Ibid., p. 419. Sur la descendance de Guillaume le Jeune, voir A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 494-495.

(62) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 420 et 421. La Chronique (ibid., p. 421) signale que la même année « Le duc Guillaume et les autres princes qui allaient à Jérusalem luttèrent contre Soliman et les Turcs et furent vaincus. »

(63) Ibid., p. 421.

(64) Ibid., p. 422.

(65) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 445.

(66) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 423.

(67) Ibid., p 424.

(68) Ibid., p. 424.

(69) Voir G. POUTE DE PUYBAUDET, op. cit.. p. 32-36.

(70) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 424.

(71) Ibid.. p. 425.

(72) Ibid., p. 425, A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 461, note 3, pense que le mot granis désigne des débris de pièces de monnaie ou de grains d'argent qui auraient reçu une valeur monétaire.

(73) Ed. MARCHEGAY /MABILLE. p. 425.

(74) Ibid., p 426. c- ----

(75) Ibid., p. 428.

(Ifi) Ibid.., p.429.

(77) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I. p. 487.

(78) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 430.

(79) Ibid., p. 430.

(80) Aliénor, née en 1122. Voir E.-R. LABANDE, Pour une image véridique d'Aliénor d'Aquitaine, dans Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 3e trimestre de 1952, p. 175-234 : p. 176.

(81 Ï Ed. MARCHEGAY/MABILLE, P. 431, 432.

(82) Ibid., p. 356.

(83) Ibid., p. 369.

(84) L. DUCHESNE, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, t. 2 : L'Aquitaine et les Lyonnaises, Paris 19102 p. 86.

(85) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 373. Ce texte est cité deux fois dans le manuscrit.

(86) L. DUCHESNE, op. cit., t. 2, p. 86.

(87) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 363.

(88) Ibid., p. 377. - -

(89) Ibid., p. 380.

(90) Ibid., p. 381.

(91) Ibid., p. 387.

(92) Ibid., p. 390.

(93) Ibid., p. 389. Passage tiré de l'Historia Sancti Florentii Salmurensis, tbid, p. 292.

(94) Ibid., p. 391.

(95) Ibid., p. 392.

(96) Ibid., p. 396.

(97) Ibid., p. 398.

(98) Ibid., p. 401.

(99) Ibid.. p. 408.

(100) Ibid., p. 409.

(101) Ibid., p. 410.

(102) Ibid., p. 425.

(103) Ibid., p. 426.

(104) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 468-469.

(105) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 426-427. -

(106) Ibid., p. 430.

(107) Ibid., p. 431.

(108) Ibid., p. 432-433.

(109) M. PACAUT, Louis VII et son royaume, Paris, 1964, p. 68.

(110) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 355. Saint-Maixent : ch.-l. cant., arrond Niort, Deux-Sèvres.

(111) Chartes et documents pour servir à l'histoire de l'abbaye de Saint-Maixent, op. cit.

(112) Ibid., n° 1.

(113) Ibid., n° 2.

(114) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 373. Dans le manuscrit ce texte apparaît deux fois.

(115) Chartes de Saint-Maixent. p. LXIV.

(116) Ed. MARCHEGAY/MABILLE: p. 375.

(117) Chartes de Saint-Maixent, p. LXV.

(118) Ed. MARCHEGAY/MABILLÉ, p. 376. Texte tiré d'ADÉMAR DE CHABANNES, Chro- nique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 25.

(119) Ce passage qui figure dans la Chronique d'Adémar de Chabannes, 1. III, c. 25 ne semble pas avoir été édité par Marchegay/Mabille.

(120) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 375. - -

(121) Ibid., p. 380. -

(122) Chartes de Saint-Maixent, p. LXV-LXVI.

(123) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 374.

(124) Ibid., p. 381.

(125) Chartes de Saint-Maixent, p. LXVIII-LXX.

(126) Ibid., n° 16. -

(127) Ibid., n° 49.

(128) Ibid p. LXVI-LXVII.

(129) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 381.

(130) Ibid., p. 381.

(131) Chartes de Saint-Maixent, p. LXX.

(132) Ibid., nos 34, 42, 57.

(133) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 382. Cf. Chartes de Saint-Maixent, n° 61 (déc. 992), p. 77-79.

(134) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 385-386. Cf. Chartes de Saint-Maixent, n° 56 (13 mai 988), p. 71.

(135) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 387. Cf. Chartes de Saint-Maixent, n° 74 (10 mars 1010), p. 91-92.

(136) Chartes de Saint-Maixent, p. LXXII-LXXIII.

(137) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 388. Cf. Chartes de Saint-Maixent, n° 86 (entre 1023 et 1026). p. 104.

(138) Chartes de Saint-Maixent, p. LXXIII.

(139) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 389-390.

(140) Ibid., p. 390. Cf. Chartes de Saint-Maixent. n° 87 (mai 1029) n. 105-10*

(141) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 393.

(142) Chartes de Saint-Maixent D. LXXIII.

(143) Ibid., n° 88, 94, 103.

(144) Ibid., p. LXXIII-LXXIV.

(145) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 401.

(146) Ibid., p. 404.

(147) Chartes de Saint-Maixent, p. LXXVI-LXXVII.

(148) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 405.

(149) Chartes de Saint-Maixent, n° 123, 125.

(149 bis) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 406. Sur ce concile, voir ci-dessous.

(150) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 407.

(151) Ibid., p. 407.

(152) Ibid., p. 409.

(153) Ibid., p. 410.

(154) Cartulaire de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, publ. par RÉDET, Poitiers, 1874 (Archives historiques du Poitou, t. III), n° 498 (vers 1095), p. 301.

(155) Chartes de Saint-Maixent, p. LXXVIII. -

(156) Ed. MARCHEGAY /MABILLE, p. 423.

(157) Ibid.. p. 416-417.

(158) Chartes de Saint- Maixent, p. LXI.

(159) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 423.

(160) Ibid., p. 431.

(161) Chartes de Saint-Maixent, p. LXXX.

(162) Ed. MARCHECAY/MABILLE, p. 432-433.

(163) Ibid., p. 429. Absie-en-Gâtine : cant. Moncoutant, arrond. Parthenay, DeuxSèvres. Une carte des établissements religieux poitevins cités dans la Chronique de Saint-Maixent se trouve dans J. VERDON, Intérêt archéologique du « Chronicon Sancti Maxentii », Cahiers de Civilisation médiévale, juillet-septembre 1960, p. 355.

(164) Cartulaires et chartes de l'abbaye de l'Absie, publ. par B. LEDAIN, Poitiers, 1895 (Archives historiques du Poitou, XXV), p. XIV.

(165) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 403 et 420. Airvault : ch.-l. cant., arrond. Parthenay, Deux-Sèvres.

(166) Ibid. p. 429. Les Alleuds : cant. Sauzé-Vaussais, arrond. Melle, Deux-Sèvres.

(167) Ibid, p. 432.

(168) Ibid, p. 429. Bonneaux : comm. Marçay, cant. Vivionne, arrond. Poitiers, Vienne.

(169) Ibid p. 411. Celles-sur-Belle :ch 1. Cant., arrond. Melle, Deux-Sèvres.

(170) Ibid p. 419. La Chaize le Vicomte : cant. Et arrond. La Roche sur Yon, Vendée.

(171) Ibid, p.374. Cf. Adémar de Chabannes, Chronique, éd. Chavanon, 1. III, c. 21. Charroux : ch-1. Cant., arrond. Civray, Vienne.

(172) Ed. Marchegay/ Mabille, p.382.

(173) Ibid., p.396. Note tirée de l’Orbituaire de Saint-Serge, dans Receuil d’Annales angevines et vendômoises, publ. Par L. Halphen, p. 108.

(174) Ed. Marchegay / Mabille, p. 407. Voir Chartes et documents pour servir à l’histoire de l’abbaye de Charroux, publ. Par Dom P. de Monsabery, Poitiers 1910 (Archives historiques du Poitou, XXXIX), p. 39.

(175) Ed. MArchegay / Mabille, p. 429. Sur cet abbé, voir Cartulaire de l’abbaye royale de Notre-Dame des Châtelliers, publ. Par L. Duval, Niort, 1872, p. XLII-LII. Les Châtelliers : comm. Fontperron, cant. Ménigoute, arrond. Parthenay, Deux-Sèvres.

(176) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 420. Fontevraud cant. et arrond. Saumur, Maine-et-Loire.

(177) Ibid., p. 426.

(178) Ibid., p. 430.

(179) Sur les débuts de l'ordre de Fontevraud, voir notamment J.-M. BIENVENU: Aux origines d'un ordre religieux : Robert d'Arbrissel et la fondation de Fontevraud (1101), dans Aspects de la vie conventuelle aux XIe-XIIe siècles. Actes du 5e Congrès de la Société des Historiens Médiévistes de l'Enseignement Supérieur Public (Saint-Etienne, 7-8 juin 1974). (Cahiers d'histoire, tome XX, 2, 1975), p. 227-243.

(180) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 405. Lesterps : cant. et arrond. Confolens, Charente.

(181) Ibid., p. 410.

(182) Ibid., p. 371. Luçon : ch.-l. cant., arrond. Fontenay-le-Comte, Vendée.

(183) Sur ces événements, voir M. GARAUD, op. cit., p. 252.

(184) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 404.

(185) Ibid., p. 408.

(186) Ibid., p. 429.

(187) Ibid., p. 387. Voir Pierre DE MAILLEZAIS, op. cit., 1. II, § II, p. 232-233. Maillezais : ch.-l. cant., arrond. Fontenay-le-Comte. Vendée.

(188) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 387. Voir Pierre DE MAILLEZAIS, op. cit., 1. II § III, p. 233-234.

(189) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 388. Voir Pierre DE MAILLEZAIS, op. cit., I. II, S IV, p. 234-238.

(190) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 390. Voir Pierre DE MAILLEZAIS, op. cit., 1. II, § IV, p. 237.

(191) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 392.

(192) Ibid., p. 393. -

(193) Ibid., p. 395. Voir Pierre DE MAILLEZAIS, op. cit.. 1. II. § IV. p. 237.

(194) Ed. MARCHEGAY/MABILLE. p. 405. - ----

(195) Ibid., p. 406.

(196) Ibid., p. 408.

(197) Ibid., p. 396. Nanteuil : cant. et arrond. Ruffec, Charente.

(198) Ibid., p. 404. Nieul-sur-l'Autise : cant. Saint-Hilaire-des-Loges, arrond. Fontenay, Vendée.

(199) Ibid., p. 355-356. Nouaillé : cant. La Villedieu, arrond. Poitiers, Vienne.

(200) Voir Chartes de l'abbaye de Nouaillé de 678 à 1200, publ. par Dom P. DE MONSABERT Poitiers 1936 (Archives historiques du Poitou, XLIX), n° 12 (après 830), p. 20-23.

(201) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, P. 374.

(202) Chartes de Nouaillé, n° 18 (863 ou 866).

(203) Ibid., n° 20 (886) et 27 (900 ou 902).

(204) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 380.

(205) Chartes de Nouaillé, n° 56 (entre 943 et 952).

(206) Ibid., n° 58 (entre 953 et 956).

(207) Ibid. n° 63 (959 ou 962).

(208) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 388. Constantin est cité notamment dans des chartes d'août 994 (Chartes de Nouaillé, n° 87). de décembre 1009 (ibid.. n° 98).

(209) Chartes de Nouaillé. p. 164. note (charte n° 99 V

(210) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 392. -- - n,-

(211) Ibid., p. 393. ,

(212) Ibid., p. 406.

(213) Ibid., p. 410.

(214) Ibid., p. 396. Voir Cartulaire de l'abbaye de Noyers, publ. par C. CHEVALIER, Tours, 1872 (Mémoires de la Société archéologique de Touraine, XXII). Noyers : comm. Nouâtre, cant. Ste-Maure, arrond. Chinon. Indre-et-T .oi'l"p.-

(215) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 429. Le Pin : comm. Béruges, cant. Vouillé, arrond. Poitiers, Vienne.

(216) Ibid., p. 404.

(217) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. T. n. 323-225

(218) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 406.

(219) Voir Recueil des documents relatifs à l'abbaye de Montierneuf de Poitiers (1076-1319), publ. par F. VILLARD, Poitiers, 1973 (Archives historiques du Poitou, LIX), p. 443 et sq.

(220) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 410.

(221) Ibid., p. 411.

(222) Ibid., p. 431.

(223) Ibid., p. 392. L'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers est aussi sous le patronage de la sainte Vierge.

(224) Ibid., p. 361. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 16, p. 132.

(225) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 379.

(226) Cartulaire de Saint-Cyprien, p. XXV-XXVI.

(227) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 380.

(228) Ibid., p. 408.

(229) Ibid., p. 419.

(230) Voir de très nombreuses mentions dans le Cartulaire de l'abbaye de SaintCyprien de Poitiers, publ. par RÉDET.

(231) Ed. MARCHEGAY/MABILLE. p. 423.

(232) Cartulaire de Saint-Cyprien, n° 13, 47 et 373.

(233) Ed. MARCHEGAY /MABILLE, p. 426.

(234) Ibid., p. 367. Voir ci-dessus note 17.

(235) Ibid., p. 371.

(236) Ibid., p. 374. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 21.

(237) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 375. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON. 1. III, c. 23.

(238) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 376. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 25.

(239) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 397.

(240) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 254-255. Voir Documents pour l'histoire de l'église de Saint-Hilaire de Poitiers, publ. par RÉDET, dans Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1847, n° LXXIX (1049), p. 86-87.

(241) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 406-407. - - - - - - --- -

(242) Ibid., p. 398. Sur cette fondation, voir Cartulaire du prieuré de Saint-Nicolas de Poitiers, publ. par RÉDET, Poitiers, 1872 (Archives historiques du Poitou, I), p. 2-3.

G. PON, L'apparition des chanoines réguliers en Poitou. Saint-Nicolas de Poitiers, dans Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4e série, t. XIII, 1ER trim. 1975, p. 55-70.

- (243) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 407.

(244) Ibid., p. 424.

(245) Ibid., p. 371.

(246) Ibid., p. 359.

(247) Ed. CHAVANON, 1. III, c. 16, p. 132.

(248) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 379.

(249) Ibid., p. 408.

(250) Ibid., p. 419.

(251) Ibid., p. 373. Preuilly : ch..!. cant., arrond. Loches, Indre-et-Loire.

(252) Ibid., p. 371. Quinçay : cant. et arrond. Poitiers. Vienne.

(253) Ibid., p. 392. Saint-Jouin-de-Marnes : cant. Airvault, arrond. Parthenay, Deux-Sèvres.

(254) Ibid., p. 411.

(255) Voir P. PIOLIN, Le moine Raoul, architecte de l'église abbatiale de SaintJouin-lès-Marnes, et le bx Raoul de la Fustaye, dans Revue des Questions historiques, 1887, XLII, p. 497-509. Chartularium Sancti Jovini, publ. par Ch. L. GRANDMAISON, Société de Statistique du département des Deux-Sèvres, t. XVII-1854. 2e nartie.

(256) Ed. MARCHEGAY /MABILLE, p. 380. Saint-Liguaire : cant. et arrond. Niort, Deux-Sèvres.

(257) Ibid., p. 385-386. Il s'agit d'Herbert Ier de Thouars (956-987) (voir H. IMBERT, Notice sur les vicomtes de Thouars, dans Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, t. XXIX, 1864, p. 329-332) et d'Aimery III de Thouars (987-997) (ibid., p. 332-334). Cf. Chartes de Saint-Maixent, n° 56 (13 mai 988), p. 71.

- (258) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 404.

(259) Ibid., p. 407. Sur ces abbés, voir Gallia christiana, t. II, c. 1124-1125.

(260) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 371. Saint-Michel-en-l'Herm : cant. Luçon, arrond. Fontenay-le-Comte, - Vendée.

(261) Ibid., p. 376. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, I. III, c. 25.

(262) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 396-397.

(263) T. II, c. 1420 et sq.

(264) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 365. Cf. ADÉMAR DE CHABANNES, Chronique, éd. CHAVANON, 1. III, c. 17. Saint-Philibert de Grandlieu : ch.-l. cant., arrond. Nantes, Loire-Atlantique.

(265) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 371. Saint-Savin : ch.-l. cant., arrond. Montmorillon, Vienne.

(266) Ibid., p. 396. Talmont : ch.-l. cant., arrond., Les Sables-d'Olonne, Vendée.

(267) Ibid., p. 370. Vertou : ch.-l. cant., arrond. Nantes, Loire-Atlantique.

(268) Ibid., p. 387. Cf. Chartes de Saint-Maixent, n° 74 (10 mars 1010), p. 91-92.

(269) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 391.

(270) Ibid., p. 392.

(271) Ibid., p. 406. Cf. MANSI, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, t. XX, c. 449-450.

(272) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 406.

(273) Voir MANSI. op. cit.. t. XX. c. 447-450.

(274) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 406-407.

(275) MANSI, op. cit., t. XX, c. 495-500. Sur Hugues, voir G.-L. HENRIOT, La vie et les légations d'Hugues de Die, dans Positions des thèses des élèves de l'Ecole des Chartes, 1904, p. 71-74.

(276) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 407. MANSI, op. cit., t. XX, c. 581-582.

(277) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 420.

(278) Sur ce concile, voir MANSI op. cit., t. XX, c. 1117-1126.

(279) Ex append. ms. ad Vitam s. Hilarii auctore Fortunato Pictav., dans RHF, t. XIV, p. 108-109.

(280) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 423. Sur le concile, voir MANSI, op. cit., t. XX, c. 1205-1208.

(281) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 355-356.

(282) Chartes de Nouaillé, n° 12 (après 830), p. 20-23.

(283) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 379.

(284) Voir Acta Sanctorum, sept., t. IV, p. 22.

(285) Ed. MARCHEGAY /MABILLE. p. 387.

(286) Ibid., p. 387.

(287) Ibid., p. 388.

(288) Cf. Pierre DE MAILLEZAIS, op. cit., 1. II. S IV. p. 234-238.

(289) Ed. MARCHEGAY/MABILLE, p. 401. 1- 1

(290) Ibid.. p. 406.

(291) Ibid., p. 407.

(292) Ibid.. p. 416.

(293) Ibid., p. 411.

(294) Ibid.. p. 413 et p. 414.

(295) Ibid., p. 421.

(296) Ibid., p. 421.

(297) Ibid., p. 422.

(298) Ibid., p. 424. Cf. Annales de Saint-Florent, an 1109, dans Recueil d'Annales angevines et vendômoises, publ. par L. HALPHEN, p. 120.

(299) Ibid., p. 430.

(300) Ibid., p. 431.