Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (Guerre de Cent-Ans) (2)

La contrée qui nous occupe, n'offre pas de tournoi semblable au combat des Trente. Pourtant les gentilshommes s'y distinguèrent en maintes rencontres.

 Jean II le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France, seigneur de Chézelles, défit les chevaliers anglais, Pierre de Courtenay, Robert de Rochefort et Thomas de Clifort qu'il « porta à terre d'un coup de lance ».

La bravoure dans les tournois semblait héréditaire dans la famille de la Jaille qui possédait, sur les bords de la Vienne, les domaines de l'Ile-Bouchard, de Crouzilles et de la Motte fils-Yvon.

 En 1381, Tristan de la Jaille fit mordre la poussière à un champion d'Outre-Manche. Son parent, Jean de la Jaille, perça un autre Anglais de sa lance dans un pas d'armes donné à Chinon (3).

  Mais le souvenir de ces joutes s'efface devant le récit de deux tournois qui eurent lieu en l'année 1446.

Étienne Chevalier nous a conservé avec soin le récit d'un magnifique carrousel qui eut lieu vers la même époque aux environs de Chinon, à mi-chemin entre cette ville et le joli domaine de Razilly qui rappelle la mémoire de Charles VII et d'Agnès Sorel.

 

 Entre les deux localités s'étend une plaine qui porte encore le nom de Pas.

 C'est là que se livra le combat fameux connu sous le nom : l'Emprise de la gueule du Dragon.

Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (Guerre de Cent-Ans) (3)

 

Nous lui empruntons les détails suivants : Quatre gentilshommes, des plus nobles de Touraine et les mieux famés de la cour, entreprirent de garder un pas à force d'armes, et pour théâtre de leurs exploits, choisirent une plaine assez vaste, entre Chinon et Razilly. On travailla avec ardeur, et en peu de jours, un château magnifique, qui fut appelé le château de la Fidélité, s'éleva sur l'emplacement marqué pour l'emprise des quatre jouteurs.

Une colonne fut érigée selon l'usage et ornée des écus des tenants, que tous ceux qui désiraient combattre venaient toucher.

« Quatre gentils-hommes, que l'histoire ne nomme point, entreprirent de garder le Pas à force d'armes, souz les conditions qu'aucune dame ny demoiselle ne passeroit par le carrefour, où leur dit Pas est tout dressé, qu'elle ne fut accompagnée de quelque vaillant chevalier ou escuyer qui seroit tenu de rompre deux lances pour l'amour d'elle; que si elles prétendoient de passer toutes seules, elles estoient obligées de laisser quelque gage à ces quatre gentilshommes, qui ne le rendroient point qu'elles n'eussent amené quelques chevaliers pour le racheter par la jouste.

 Ils avoient fait planter une colonne sur laquelle étoit représenté un dragon furieux qui gardoit les escus armoyéz des quatre chevaliers entreprenant et soutenant le dit Pas, auxquels ceux qui vouloient combattre, étoient tenus de toucher avec le bout de leurs lances, et c'estoit seulement contre celui  à l'escu et aux armes duquel ils avoient touché (4).

 

 Il fut défendu à toute dame ou demoiselle de passer la closture ou couture, sans être accompagnée d'un chevalier prêt à rompre deux lances en son honneur ;

« si elle n’avoit chevalier, elle debvoit concéder aux quatre gentilshommes tenants du pas, un gage que lesdits tenants du pas ne devoient concéder qu’au chevalier preux et courtois qui le reprendroit de la part de ladicte damoyselle. »

Dans le plus beau de la saison

Entre Razilly et Chinon

Devant la gueule du dragon

N'alloit dame ou damoyselle

Sans noble homme et de renom

Qui d'armes n'acquistat le nom

Gan de main, ou ploit de menton

D'elles prenait pour querelle

Quatre nobles, lesquels nouvelle

Emprise avoient d'armes telle

Que nulle joyeuse ou belle

Ne passerait sans son amy

Bonne, loyalle, sans cautelle

Par qui ioye se renouvelle

Sans rompre deux lances pour elle

Contre son courtois ennemy. »

Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (Guerre de Cent-Ans) (6)

Grand nombre de chevaliers se préparèrent donc à s'aller éprouver dans ce tournois

« Plusieurs vaillans chevaliers allèrent esprouver au dit Pas, pour honneur acquerre et s'exerciter de plus en plus aux nobles faits d'armes et pour témoigner leur courage et leur valeur à celles qu'ils aymoient le mieux. »

 

Le jour venu, des tentes sont dressées à la Gueule du Dragon; à leur sommet flottent les pavillons de France, et la brise qui les agite, en élevant leurs pointes vers les cieux, semble, au dire d'Étienne, les vouloir porter jusqu'aux nues.

Des pages, tenant une bannière aux armes de leur seigneur et revêtus d'un manteau aux couleurs de l'écu, entrent dans la lice; écuyers et damoiseaux se croisent en tous sens.

Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (Guerre de Cent-Ans) (4)

Charles VII, donnant la main à Marie d'Anjou, salue le peuple qui répond par les cris mille fois répétés, de

 

« Vive le roi ! vive la reine, notre noble dame ! Montjoie ! Montjoie ! » et le roi reprend en pleurant :

« Oui, mes bien chers enfants, Montjoie ! Montjoie  ! »

(Montjoie signifie, en vieux français, moult joie ou grande joie.)

 

On se place : debout, à l'entrée de la lice, les hérauts d'armes font retentir l'air du son des fifres, des tambours et des trompettes.

Étienne Chevalier entre alors monté sur un cheval richement caparaçonné ; aux quatre coins du velours on lit cette légende :

Exahabitur sieut unicornis cornu meum.

Agnès Sorel veut aussi pénétrer dans la closture. Sur la demande, où est votre preux ? elle désigne Etienne, qui s'incline avec joie, et se relève avec fierté.

Une dame d'une grande beauté ne tarde pas à paraitre : c'est Jeanne de Laval, fille de Guy XIV, comte de Laval; un chevalier monté sur un coursier caparaçonné de noir l'accompagne ; les armes du chevalier sont noires , son écu est de sable semé de larmes d'argent ; sa devise, dont le corps est un réchaud ou chaufferette , porte : « d'ardent désir ; » un panache de couleur sombre flotte sur son casque d'acier poli; il touche l'écu des quatre gentilshommes tenant l'emprise, les appelle au combat et

«  Armé tout noir obscurément

Fut de houssure pareillement

Et d'armes fit tant largement

Que le prix on lui envoya. »

Or ce chevalier n'était autre que René d'Anjou, roi de Sicile et duc de Bar, qui, après avoir perdu le royaume de Naples, apprenant les joutes qui allaient avoir lieu près de Chinon, s'y était rendu avec Isabeau de Lorraine, partagé entre l'espérance d'oublier ses chagrins et le désir de plaire à la belle Jeanne de Laval dont il était épris, et qu'il épousa plus tard, en secondes noces, après la mort d'Isabeau.

 (Château Pont de Cé - Angers)

« Le roi René de Sicile estant en son païs d'Anjou, après le malheur des guerres du Royaume de Naples, prit envie d'aller faire connoistre sa vertu et son adresse, en joustant contre ces quatre gentilshommes qui tenoient le dit Pas, pour l'amour de toutes les dames en général, et particulièrement pour l'estime qu'il foisoit de Jeanne, fille de Guy XIVe du nom, comte de Laval et d'Isabelle de Bretagne, laquelle huit ou neuf ans après il espousa en secondes noces, après la mort d'Isabelle de Lorraine, sa première femme. 

Et pource qu'il estoit encore affligé de tant de pertes et de tant de malheurs, il y voulut aller armé d'armes toutes noires, son escu de sable semé de larmes au bras senestre, et une lance noire à l'autre main, et son cheval housse et caparassonné jusques à terre, de mesme couleur que son escu ; il alla toucher aux escus des Tenants et jousta si adroitement et si heureusement contre eux que l'honneur et le prix du Pas luy fut publiquement adjugé.

 

Armé, tout noir obscurément,

Fut de houssure pareillement,

Et d'armes fit tant largement

Que le prix on luy envoya (5).

 

Le tournoi le plus célèbre est celui auquel prit part

Ne passeroit sans son amy,

Bonne, loyalle, sans ceutemle,

Par qui joye se renouvelle,

Sans rompre deux lances pour elle,

Contre son courtois ennemy.

le fils d'un seigneur de Faye, lui-même châtelain de Marmande.

 

Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (Guerre de Cent-Ans) (7)

La guerre de Cent ans était dans sa dernière période.

 En 1436, Charles VII était rentré dans sa capitale. Les Anglais ne possédaient plus que la Normandie et la Guyenne qu'ils perdirent, la première, en 1450, et le seconde en 1453. Tant qu'ils détinrent ces provinces, ce leur fut une occasion de fréquents défis jetés aux chevaliers français.

Aucun de ces derniers ne se montra plus sensible à l'affront que Louis de Bueil, seigneur de Marmande.

Son père, Jean IV de Bueil, seigneur de Faye, de Montrésor, de Sainte-Julitte et autres terres, grand-maître des arbalétriers de France, avait été tué dans la funeste journée d'Azincourt. Louis en conçut contre les Anglais une haine à mort qu'entretint sa mère, Marguerite de Clermont, comtesse de Sancerre, dame de Faye et de Marmande. Son épouse, Anne de Tucé, aimait trop son mari pour ne partager pas ses rêves de vengeance. S'il avait eu besoin d'être fortifié, ce sentiment aurait encore grandi durant la captivité de Louis de Bueil en Angleterre, à la suite de la défaite de Bour-Neuf-Saint-Quentin.

Aussitôt libéré, le seigneur accourut mettre son épée au service de Charles VII (6).

Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (Guerre de Cent-Ans) (8)

L'illustration de son nom, sa haine des Anglais et la valeur poussée jusqu'à la témérité lui valurent un défi de la part d'un capitaine d'Outre-Manche, Jean de Châlons « de noble maison venu ».

Louis de Bueil, « tenant le party du roy, » releva le gant : il fut décidé que le pas d'armes aurait lieu, au cours de l'hiver de 1446, à Tours où se trouvait Charles VII.

Jean de Châlons, muni d'un sauf-conduit, arriva dans la capitale tourangelle, le 19 janvier. On régla les conditions de la lutte. Afin de donner à ce tournoi tout l'éclat convenable, on choisit un vaste espace à l'ouest de la ville.

La joute fut fixée au cinq février. Une vaste estrade, décorée de tapisseries de velours rouge brodé d'or, occupait le pourtour de l'arène.

Au centre des tribunes se dressait le siège du roi qui devait être le juge du combat.

Dès le matin, ce n'est partout qu'allée et venue de gentilshommes de haut lignage. La foule, toujours avide de spectacles émouvants, se porte en hâte vers le lieu indiqué. Bientôt il y a de « peuple de X à XII mile à pied et à cheval, pour vere accomplir les faitz des dites armes ».

Le roi arrive avec la reine, au milieu des acclamations de la multitude, ce jour-là moins occupée de la personne du souverain que de l'événement de la journée.

Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (Guerre de Cent-Ans) (5)

Les bancs de l'estrade se couvrent de « moult de notables princes, ducs, comtes, barons, chevaliers et notables personnes, et plusieurs dames et damicelles ».

Un soleil, comme en tient partout en réserve le mois de février, faisait resplendir les riches costumes de la noblesse. La reine, Marie d'Anjou, était escortée des plus nobles femmes du royaume parmi lesquelles les deux, filles de Jacques Ier, roi d'Ecosse (7).

Aux côtés de Charles VII avaient pris place les ducs d'Orléans (8) et de Bretagne (9), les comtes d'Angoulême (10), de Vendôme (11), de Laval (12), de Tancarville (13) et de Dammartin (14).

Ailleurs figuraient les sires de Gaucourt (15), d'Estouteville (16), et Mgr de Pressigny (17).

Parmi les grands dignitaires on voyait l'amiral Pregent de Coëtivy (18), le maréchal de Gallet et le sénéchal Pierre de Brézé (19). Le reste des gradins était occupé par une foule de gentilshommes de haut rang.

 Au milieu des costumes, étincelants d'or et de pierreries, se détachait la robe violette de l'archevêque de Tours (20), des évêques de Maguelone (21) et de Vienne (22). Les yeux se portaient, en particulier, sur le frère du champion, Jean V de Bueil, seigneur de Faye, Montrésor, Saint-Christophe, etc., qui avait été chargé de la défense de Tours en 1429.

Le Fléau des Anglais, ainsi qu'on le nommait, devait obtenir, en 1450, la dignité de grand amiral de France, puis le collier de l'Ordre de Saint-Michel.

 

Midi vient de sonner au beffroi de la ville.

Les barrières de la lice s'ouvrent pour livrer passage à Jean de Châlons. Il montait un coursier caparaçonné de satin noir avec une croix rouge devant et derrière. Il était escorté des sieurs de Dondelay (23), de Camus, de Mathieu Goote (24) et du roi d'armes, Gartier (25).

Devant lui marchaient plusieurs nobles écuyers dont dix portaient une lance garnie, et d'autres sa cotte d'armes.

Les trompettes, Collier, Ancelles et Lyon-d'Or, tenaient chacun une bannière aux armoiries du champion anglais, qui étaient de gueules, à deux faces d'argent, accompagnées de neuf merlettes de même, posées quatre en chef, deux en coeur et trois en pointe.

 Jean de Châlons se présenta devant le roi, la reine et la noblesse de cour, qu'il salua profondément ; puis, avec son cortège, il fit le tour de la lice.

« Apprez lui avoit trois pages sur trois coursiers richement abillés, vestuz de drap d'argent, chacun une riche plume sur leur teste. »

 Le premier portait l'ordre royal d'Angleterre, « et en destre menoit deux coursiers richement abillés, dont le premier estoit couvert d'un riche drap, de mesmes les pages, et l'autre de ung drap de velourt de coulle de pourpre figuré. »

La présentation achevée, Jean de Châlons se retira « à son logeis », accompagné de son escorte.

Cependant, vers une heure, un murmure d'approbation s'élève dans l'assemblée :

Louis de Bueil fait son entrée dans l'arène. Le harnois de son coursier était couvert de plaques d'argent, rehaussées de pierreries de toutes sortes et d'un magnifique plumail blanc qui flottait sur la croupe. Il était précédé de deux mules, portant des coffrets couverts de velours vermeil avec bandes dorées, et de trois coursiers à ses armes, qui étaient de sable, à trois annilles d'argent, posés deux et un ; « et sur chacun chevall ung homme abillé en guise de fol et leurs chaperons cousus aux robes et mypartis de blanc et de pers et grosses sonnettes sur leurs chaperons et chacun chevall ung collier au col, tout plein de sonnettes d'argent moitié dorées, et moitié blanches ; et aprez deux ménestrels et une trompette menans grant vie. »

Quatre bannières « de quatre liguaiges dont il était issu montraient à tous les regards qu'il était quatre foiz baron ».

 Les six lances, qui le précédaient, étaient tenues par les plus hauts personnages, tels que Poton de Xaintrailles (26), le comte de Dunois (27), le frère du duc de Bretagne (28), les comtes de Forez et de Clermont (29), et Charles d'Anjou (30).

 «Le roi de Cécile (31) portoit son heaume devant luy richement habillé. »

Louis de Bueil était suivi de trois pages à cheval, vêtus « d'un heaumet fort riche et d'un plumail blanc et pers et de belle orfantrie ».

 

Avant de franchir le seuil de la lice, Louis députa vers Charles VIl le sénéchal, Pierre de Brézé, afin de s'assurer que son rival était bien de noble maison.

 Sur l'assurance du duc d'Orléans et du roi d'armes d'Angleterre, Louis pénétra dans le champ clos et vint faire la révérence au roi, à la reine et à la noblesse. Il se retira ensuite avec son escorte, à l'extrémité de l'arène, sous son pavillon couvert de drap d'Arras avec des bannières à ses armes.

 

Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (1)

Soudain les trompettes donnent le signal. Les champions quittent leur pavillon et « se mettent en devoir ».

Ils s'élancent l'un contre l'autre avec la rapidité de la foudre et rompent leur lance.

De Châlons frappa son adversaire au garde-bras et l'inclina sur la croupe de son coursier. De Bueil atteignit l'anglais au cou, au bas du heaume, et faussa son harnois.

Les chevaliers reprirent leur place et joutèrent sans se toucher.

A la troisième course, ils rompirent encore leurs lances en se frappant à peu près comme à la première passe : de Châlons visait au ventre, et de Bueil à la tête.

La pointe du fer brisé resta fixée sur le heaume de l'anglais.

La course suivante fut encore favorable à notre compatriote. La lance de Châlons glissa sur le heaume de Louis; celui-ci rompit la sienne sur la selle de son adversaire, perça le gantelet, brisa la charnière de l'avant- bras et découvrit la main.

Tournoi de Chevalerie l'Emprise de la Gueule du Dragon (Guerre de Cent-Ans) (1)

La fortune allait changer et sourire à l'Anglais.

De rechef, les rivaux s'élancent et s'entre-choquent avec une ardeur encore accrue par les péripéties de la lutte. De Châlons atteignit de Bueil à la main droite.

La lance perça le gantelet et déchira la main d'où le sang jaillit en abondance. La loyauté commandait de suspendre la joute et de changer la pièce de l'armure.

Poton de Xaintrailles le fit observer au roi qui ordonna de consulter « les chappitres ». Le sire de Precigny, qui les gardait, répondit qu'on pouvait continuer. Alors l'Anglais qui était « mal content de laisser passer la journée sans parfaire les armes pourquoy il estoit venu », prit une forte lance.

Louis de Bueil imposa silence à la douleur et fit de même. De Châlons frappa son rival avec tant de fureur qu'il « rompit le bord de son harnois et lui bouta la lance dedans le corps, de part en part, et rompit sa lance : et emporta ledit Louys le fer et du bois bien une aulne au bout de la lice, et là l'erracha luy mesmes ».

Conduit en son pavillon, le brave seigneur de Marmande, que la justice du roi n'avait su protéger, expira vers les sept heures du soir.

Charles VII — c'était réparation tardive — ordonna à de Châlons de rentrer à son logis. Celui-ci salua le roi, la reine et les seigneurs, fit le tour de la lice avec son escorte et se retira.

 

Le surlendemain on célébra, dans la cathédrale, les obsèques solennelles de Louis de Bueil. Le service funèbre fut dit par « le premier seal d'Angleterre », Adam Moleyns, doyen de l'église de Salisbury. L'assistance était formée de tous les grands seigneurs, au milieu desquels figuraient les ambassadeurs anglais (32).

Après l'office, le corps fut mis sur un chariot, accompagné de quinze torches, et conduit dans l'église collégiale de Bueil, où il est enterré (33). Les derniers moments du seigneur de Marmande furent adoucis par le souvenir des triomphes du passé et par les espérances de l'avenir. En se couchant dans son cercueil, il entrevit le jour prochain où le dernier Anglais quitterait le sol de France. L'étoile de la Patrie montait radieuse à l'horizon et, de ses rayons, formait comme une auréole à la tombe du glorieux vaincu.

 

 

Mémoires de la Société archéologique de Touraine.

Chinon et Agnès Sorel / par A. Cohen

— D. Lobineau, Hintoire de Bretagne, t. I, p. 300, 440. — L'Hermite-Souliers, Histoire généalogique de la province de Touraine, édit. 1665,p. 316.

 — Delaville Le Roulx, ta France en Orient.

 

 

 

 Le domaine des Razilly en Indre-et-Loire (région Centre-Val de Loire) <==

==> Le Rivau History (Maison de Beauvau)

==> L'ordre de Saint-Michel - Ordre de Chevalerie

==> Ordre de Chevalerie - Ordre du Croissant ; Los en Croissant, Roy René d'Anjou

==> Chevalerie Initiatique - Joutes équestres médiévales

 

 

 

 


08 & 09/08 : JOUTES ÉQUESTRES ET MÉDIÉVALES AU CHÂTEAU DU RIVAU

08 & 09/08/2020

 

 LÉMERÉ (37) - « Un voyage au temps des chevaliers qui vous fera vibrer » : revivez le temps des tournois de chevalerie et vibrez aux exploits des valeureux chevaliers qui s’affrontent dans les douves du Château du Rivau à quelques mètres de vous ! Un superbe week-end à vivre en famille dans un lieu magique... Rendez-vous les samedi 8 et dimanche 9 août 2020 ! .....https://www.ot-saumur.fr/08-09-08-JOUTES-EQUESTRES-ET-MEDIEVALES-AU-CHATEAU-DU-RIVAU_a16707.html

 

(1) A. Salmon, Recueil des Chroniques de Touraine, p. 189. — L'Art de vérifier les dates, t II, p 843, édition 1783. — De la Colombière, Le vray théâtre d'honneur et de Chevalerie, t. II, p. 71, édit. 1648.

 

(2) Cérémonies des gages de batailles. — Édits et ordonnances des Roys de France, édit. 1611, t. I, p. 663. — La Curne de Sainte-Palaye, Mémoires sur l'ancienne Chevalerie.

 

(3) Th. Godefroy, Histoire de messire Jean de Boucicaut, p. 46, 47,48.

(4). Dans le plus beau de la saison,

Entre Razilly et Chinon,

Devant la gueule du dragon,

N’alloit dame ne damoiselle,

 Sans noble homme et de renom,

 Qui d'armes n'acquittast le nom

Gan de main, ou ploit de menton,

D'elles prenoit pour querelle

Quatre nobles, lesquels nouvelle

Emprise avoient d'armes telles,

Que nulle jouyeuse ou belle

 

(5) L’Art de vérifier les dates, édit. 1783, t. I, p. 617. — De Villeneuve Bargemont, Histoire de René d'Anjou, t. II, p. 6,13, 22. — De la Colombière, Le vray théâtre d'honneur, t. I, p. 81. — Bibliothèque de Tours, ms. 1325, 1422. —Archives d'Indre-et-Loire, E, 163, 165.

(6) D. Lobinean, Histoire de Bretagne, 1.1, p. 622.

(7) Nées de Jacques Ier, roi d'Ecosse, et de Jeanne de Sommerset. Ce prince, assassiné en 1437 par son oncle, avait marié, l'année précédente, sa fille Marguerite au dauphin, depuis Louis XI.

(8) Charles, duc d'Orléans, de Milan, pair de France, comte de Blois et seigneur de Châteaurenault. Il joignait le savoir et la finesse du poète à la valeur militaire.

(9) François, premier du nom, qui épousa Yolande d'Anjou, puis Isabelle Stuart, et mourut en 1450, l'année même où fut assassiné son frère, Gilles de Bretagne.

(10) Jean d'Orléans, qui revint d'Angleterre en 1444, reçut son comté en 1445, et décéda en 1467.

 (11) Louis de Bourbon, second Sis de Jean de Bourbon et de Catherine de Vendôme. Avec Jeanne d'Arc, il contribua à faire lever le siège d'Orléans. Le transept de la cathédrale de Tours a une verrière où il est représenté.

(12) Guy XIV, seigneur de Laval, qui fut un fidèle compagnon de Jeanne d'Arc. Il épousa successivement Isabeau de Bretagne et Françoise de Dinan, veuve de Gilles de Bretagne.

(13) Guillaume d'Harcourt, baron de Montgommery, marié à Perronnelle d'Amboise, fille de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, et de Marie de Rieux.

(14) Antoine de Chabannes, qui fut grand-maître de l'hôtel de Louis XI et mourut en 1488.

(15) Raoul VI, grand-maitre de l'hôtel de Charles Vil, bailli d'Orléans et gouverneur de Rouen et de Chinon, mort en 1462.

(16) Jean d'Estouteville, qui épousa Françoise de la Rochefoucault, fille du seigneur de Montbazon, Sainte-Maure et Nouâtre.

(17) Bertrand de Beauvau, baron de Pressigny, Seigneur du Château de Ternay président à la Cour des comptes, grand conservateur des domaines royaux, gouverneur de Touraine et capitaine des châteaux de Tours- et d'Angers. Il est représenté, avec ses cinq fils et quatre filles, dans une des magnifiques rosaces de la cathédrale Saint-Gatien.

 (18) Seigneur de Coëtivy et de Taillebourg, tué à Cherbourg en 1450: il avait épousé Marie de Laval, fille de Gilles de Laval, maréchal de France, et de Catherine de Thouars.

(19) Pierre II de Brézé, grand sénéchal d'Anjou, de Poitou et de Normandie, tué à Montlhéry en 1465. Il était cousin de Louis de Bueil, son aïeul Jean de Brézé ayant épousé Marguerite de Bueil.

(20) Jean de Bernard, qui fut honoré de la confiance de Charles VII, et mourut en 1466.

(21) Robert de Rouvres, maître des requêtes, plus tard garde de3 sceaux, et qui, le 28 décembre 1466, baptisa Charles de France à Montils-les-Tours, depuis le Plessis.

(22) Jean Gérard IV, mort en 1457.

(23) Il était venu, comme ambassadeur d'Angleterre, pour traiter avec Charles VII, à Razilly, près de Chinon.

(24) Fameux capitaine anglais, surnommé Mathago ou Mathagon. Il fit pendant vingt ans la guerre contre la France et fut battu, en 1439, à Sainte-Suzanne, dans le Maine, par Jean V de Bueil, le père du champion.

(25) Gartier ou Jarretière est le quatrième des cinq officiers de l'ordre de la Jarretière, institué par Edouard III, en 1350, et dont le roi d'Angleterre est le grand-maître.

(26) dit Poton, seigneur de Xaintrailles, maître de l'écurie du roi, maréchal de France en 1454, fut un des plus braves capitaines. En 1429, à Patay, ses archers avaient pris le généralissime anglais Talbol. Il mourut à Bordeaux, en 1461.

(27) Jean d'Orléans, fils naturel de Louis de France, duc d'Orléans, et de Mariette d'Enghien, dont on sait les exploits.

(28) Pierre, comte de Guingamp, qui avait épousé, en 1431, Françoise, fille de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, et de Marie de Rieux. A la mort de son frère, François Ier, en 1450, il hérita du duché de Bretagne dont il fit hommage à Charles VII, à Montbazon, le 3 novembre de la même année.

(29) Charles Ier, duc de Bourbon et d'Auvergne, gouverneur du Languedoc, mort en 1456.

(30) Charles Ier d'Anjou, comte du Maine, vicomte de Châtellerault, était le troisième fils de Louis II d'Anjou, roi de Sicile, et de Yolande d'Aragon. Né au Montils-les-Tours en 1414, il mourut à Neuvy, bourg de Touraine, en 1472. Son tombeau de marbre se voit encore dans la cathédrale du Mans.

(31) René d'Anjou, dit le Bon, roi de Jérusalem, de Naples et de Sicile, père de Marie d'Anjou, femme de Charles VII. Il était à Montils-les-Tours quand naquit, en décembre 1446, son neveu, Charles de France, duc de Berry.

(32) Le British-Museum, fonds Landdowne, n° 285, possède de ce tournoi une relation manuscrite du XV siècle. La bibliothèque de sir Thomas Philippe en renfermait une du XVIe, avec huit miniatures figurant le pas d'armes. Nos savants compatriotes A. Salmon et Lambron de Lignim en avaient fait prendre une copie à la Tour de Londres. Mémoires de ta Société archéol. de Touraine, t. X, p. 67. —Lambron de Lignim, Touraine, joutes et tournois.

(33) L'église de Bueil renfermait plusieurs tombeaux de la famille de Bueil, qui ont été détruits par la Révolution. Le musée de la Société archéologique de Touraine possède de belles têtes provenant des sarcophages et dont les moulages sont au Trocadéro ; le reste des statues demeure à l'église paroissiale. — D. Housseau, t. XXI. — Catalogue du musée de la Société archéologique de Touraine.