Chevalerie l ordre du Croissant - Los en Croissant - René d'Anjou

Premier Ordre du Croissant (1268)

Un premier ordre du Croissant fut créé à Messine, en 1268, par Charles d'Anjou, frère du roi de France Louis IX, en mémoire de la bataille du lac Ficin, dans la plaine de Tagliacozzo, près de l'Aquila, où il vainquit et fit prisonnier Conradin, petit-fils de l'empereur Frédéric II.

Il le conféra aux gentilshommes et princes allemands qui l'avaient secondé dans cette guerre, et à plusieurs autres seigneurs qu'il désirait attacher à sa cause.

Les chevaliers devaient justifier de quatre degrés de noblesse du côté paternel. Cet ordre subsista peu de temps et fut remplacé par l'ordre de l'Étoile. (wiki)

 

Deuxième Ordre du Croissant (1448)

 

Le second ordre du croissant, totalement distinct du précédent, fut fondé le 11 août 1448 à Angers par René d'Anjou dit le Bon, roi de Sicile et de Jérusalem, en l'honneur de saint Maurice.

L'Ordre du Croissant a été fondé  dans l'euphorie sans doute, du Pas de Saumur et des fêtes contemporaines, et dès cette époque se succèdent à sa tête des grands maîtres au pouvoir annuel, les "sénateurs", dont Guy de Laval, premier sénateur de l'ordre en 1448, suivi par René lui-même en 1449; Jean de Cossa, en 1450; Louis de Beauvau prendra le titre en 1451, précédant Bertrand de Beauvau son oncle en 1452, Jean de Calabre en 1453 et Ferry de Lorraine en 1454.

Les statuts de I'Ordre limitent à cinquante le nombre des chevaliers qui peuvent y être admis, leur chapelle était l'aile sud de la cathédrale, aile qui conserva longtems le nom de la chapelle des Chevaliers. On y voyait sur deux murailles leurs armoiries peintes. Les statuts de cet ordre sont dans le er tome du Théatre d'honneur de la Colombière.

L'ambition de cet ordre était d'être d'un niveau de prestige comparable à celui de la Toison d'or, créé quelques années auparavant.

 

Le Roy de Jérusalem  et de Sicile, duc d’Anjou, de Bar et de Lorraine, Comte de Provence, de Forcalquiez et de Piedmond, Frere et Inventeur de cedit Ordre, non voulant soy dire n’appeler chef d’iceluy, n’en attribuer à soy la gloire et les louange, mais icelle donner au benoist et glorieux Arche Martyr Monsieur Sainct Maurice, Patron et chef dudit Ordre, comme par plusieurs fois l’a dit et remontré, en continuant tousjours en son propos, de sa grace, doulceur et humanité, courtoisie et bon vouloir à voulu estre comme le moindres des autres ondit Ordre, sans aucunement y avoir ne dmander autre préminence, et s’en dire et nommer seulement  Manutenteur et entrepreneur soubs la protection dudict Saint, et s’est obligé à iceluy Ordre entretenir et maintenir sa vie durant, et faire payer et continuer les gages desd. Officiers dudit Ordre, avec les frais miles et autres quelconques despences pour ce nécessaires et convenables ; et pareillement de son commandement et ordonnance s’y est obligé Monseigneur le Duc de Calabre son fils unicque et seul héritier, avec tous leurs hoirs et successeurs. Et outre a promis mondit Seigneur le Duc de Calabre, obliger Monseigneur Nicola son aîné fils, luy venu en âge, et tous autres ses fils légitimes qu’il pourrot avoir, chacun pour soy, ou cas que la Seigneurie et Duché d’Anjou luy viendroit, et ainsi consequemment tous les autres Seigneurs et Ducs d’Anjou, d’hoirs en hoirs, comme toutes ses choses peuvent  plus à plain apparoir par notte et instrument publicque, passe par deuc Notaires Apostiliques et Impériaux. Donné le 23 jour de Septembre 1451 et mesmement par lettre Patentes desdits Seigneurs ; données ledit jour ; lesquelles Letsons en trésor avec les autres Lettres, Chartres touchant ledit Ordre.

 

Deux manuscrits de la Bibliothèque Nationale nous ont conservé les statuts de l'ordre du Croissant ; le plus ancien  est une copie sur papier du xve siècle, que l'on peut dater dans une certaine mesure d'après sa liste des membres nommés : ceux-ci y sont au nombre de trente-deux, et étrangement en apparence, Louis de Beauvau n'y paraît pas ; en effet, la copie est postérieure à son décès puisque sont désignés comme défunts dans la liste non seulement Tanguy du Chastel, sénéchal de Provence avant Louis et mort en 1458, mais Fouques d'Agout, seigneur de Mison, Pierre de Glandèves, Pierre de Moulhon, seigneur de Ribiers dont la mort est postérieure à celle de Louis de Beauvau ; parmi les vivants, on relève Jean de Beauvau, sénéchal d'Anjou.

Forme de Lettre Excusatoire, pour venir au jour de Chapitre et assemblée général de l’Ordre.

A Noble et renommé Chevalier ou Escuyer, très hault et puissant Prince nostre très honoré et très redoubté Seigneurs et frere le Senateur, et autres Chevaliers et Escuyers de l’Ordre du Croissant ; fondé soubs la protection de Monseigneur Sainct Maurice, fraternelle amour, avec très humble recommandation. Noble et renommé Chevalier ou Escuyer très hault et très puissant Prince mes très honnorez et redoubtez Seigneurs et Freres, je scay comment il est expressement contenu et declairé ez article de la fondation et création dudit Ordre, que tous les Chevaliers et Escuyers d’icelur, sont tenus, se possible leur est, d’estre ensemble au jour et feste, de Monseigneur S.Maurice, pour adviser ce que fera nécessaire au bien, honneur, et augmentation de l’Ordre, noble et renommé, et Plaise vous sçavoir que pour l’essoine de maladie que j’ai de present, ou pour telle occupation ou je suis, declarando, ne m’est possible estre audit jour ; mais j’envoye procuration par delà, à aucuns d’entre vous Messeigneurs, nommez en icell, comme plus à plein le verrez s’il vous plaist, si vous supplie qu’il vous plaise icelle recevoir et prendre, car de bon cœur me susse trouvé à ladite assemblée s’il s’eût peu faire. Noble et renommé, et vous plaise me mander et commander vos bons et agréables plaisirs, pour les accomplir à mon pouvoir, du plaisir de notre Seigneur qui vous ait en sa Sainte garde. Escrit, et Votre humble serviteur et frere, Ect.

Assemblée_de_l'Ordre_du_croissant

Procuration.

Sachent tous, présent et advenir, que ……

 

Cet Ordre s'inspire des Chevaliers  la Table Ronde et malgré la modestie de René d'Anjou (ne s’étant pas nommé en tête dudit Ordre) veut donner de lui l'image d'un nouveau roi Arthur.

On comptait parmi les membres de ce nouvel ordre des personnages importants comme le duc de Milan Francesco Sforza ou encore le comte de Vaudémont Ferry II de Lorraine.

S’ensuivent les noms des Seigneurs de l’Ordre du Croissant, ainsi qu’ils ont été créez jour pour jour, l’un après l’autre.

 

De Beauvau Los Croissant Statuts de l'Ordre du Croissant, fondé par René d'Anjou (1448)

Premierement, Messire Louys de Beauvau (1), Chevalier Sénéchal d’Anjou, fut créé le premier en l’Ordre dessusdit, le dicième jour d’Aout l’an mil quatre cens quarante huit.

Ferry Monseigneur de Lorraine, aîné fils de Monsieur le Comte de Vaudémont, fut créé le second ondit Ordre, lesdits jour et an que dessus.

Pierre de Moullon, Escuyer Sieur de Rivieres, fut créé le troisième ondit Ordre l’an dessudit.

Jehan Cossa, Escuyers de S.Grimault, fut créé ondit Ordre les jour et an dessudits.

Le Roy de Sicile Duc d’Anjou, etc fut créé le quatorzième jour dudit mois l’an dessudit.

Messire Helyon de Glandeves, fut créé ondit Ordre le XXV jour dudit mois l’an que dessus…….

(1)   Un des chefs de la maison de Beauvau, établie en Lorraine depuis le Roy René d’Anjou.

 

 Chapitre VII

Au Nom du Père du fils et du S.Esprit, un Dieu en trois personnes, seul et omnipotent, avec l’aide de sa tres-benoiste et glorieuse Mere la Vierge Marie, Aujourd’huy onziesme jour du mois d’Aoust l’an mille quatre cens quarante-huit, tenant en Siege sainte Eglise, le Siege Apostolique, Nicolas Pape quint, a esté encommencé, et mis sus un Ordre pour perpetuellement et à jamais durer au plaisir de Dieu, par Chevaliers et Escuyers, qui feront et pourront estre jusques au nombre de cinquante, lequel Ordre fera appellé et nommé l’Ordre du Croissant, pource que lesdits Chevaliers et Escuyers, porteront dessous le bras dextre un Croissant d’armes camaillé, sur lequel sera escrit en lettres bleues, LOS EN CROISSANT ; Et sera fait par la façon et manière que cy-devant est figuré et portrait, duquel Ordre est pris pour Chief, Patron, Conduiseur, et Deffenseur, Monsieur S.Maurice, Chevalier et très glorieux Martir, de laquelle fraternelle union et compagnie d’essudite, les points de la Reigle à garder et observer, s’ensuiuent icy par articles.

Statuts de l'Ordre du Croissant, fondé par René d'Anjou (1448)

Et PREMIEREMENT, nul ne pourra estre reçu, ne porter ledit Ordre, sinon que il soit, Ou Prince, Marquis, Comte, Vicomte, ou issu d’ancienne Chevalerie, et Gentilhomme de ces quatre lignés, et que sa personne soit sans vilain cas et reproche.

Item, et sera un chascun à la reception dudit Ordre, serment solemnel sur les saintes Evangiles de Dieu, tantost après ce que on aura chanté la Messe, lesquels serment se feront par la forme et manière cy-après déclarée ….

 

 

Armes_du_Roi_René_1435_(Ordre_du_croissant)

 Tenue :

chaque membre de l'Ordre est tenu de porter sous le bras droit "ung croissant de armes camaillé", sur lequel est inscrite en lettres bleues la devise :

 "Los en croissant" (ou encroissanïyé , ce qui signifie que chacun doit "entendre a soy faire valoir si que (son) los et fame puisse estre encroissant tousjours de bien en mieulx".

Le vieux français loz, en style de rébus, voulait dire « loz en Croissant », с'est-à-dire qu'« en avançant en vertus, on mérite des louanges ».

Les trente-six chevaliers formant l'ordre portaient un manteau de velours rouge cramoisi doublé de satin blanc, un mantelet de velours blanc, et un habit long de même couleur, sur le côté droit duquel était cousu un croissant d'or.

 

Item, a chascune feste de Monseigneur Saint Maurice, les chevaliers et escuiers dudit ordre porteront tous manteaulx longs jusques aux piez, c'est assavoir : les princes, de veloux plain cramoisi fourrez d'ermines ; les autres chevaliers auront manteaulx dudit velux fourrez de letices ou menu vair, et les escuiers porteront manteaulx de satin cramoysi jusques piez, lesquelz seront fourrez de menu vair. Et dessobz lesdiz manteaulx, auront touz robes longues de damas gris, celles des chevaliers forrces de gris, et les autres des escuiers fourrces de menu vair. Et sur leurs testes, touz porteront chapeaulx doublés et couvers de velux noir, mais ceulx desdiz chevaliers seront bordés d'une vecte d'or, et ceulx des escuiers d'une vecte d'argent.

Le collier de l'ordre était fait d'une chaîne d'or à trois rangs, à laquelle était suspendu, par trois chaînettes d'or, un croissant d'or également. On reconnaissait la valeur et la générosité des chevaliers, aux ferrets d'aiguillette d'or, correspondant au nombre de batailles ou sièges au cours desquels ils avaient combattu.

On peut penser que la fondation de l'Ordre, de plusieurs années antérieure à celle de I'Ordre de Saint-Michel, visait à affirmer les prétentions de René sur l'ensemble de la classe chevaleresque, en le posant non seulement en expert des armes courtoises, mais surtout en mainteneur de toutes les traditions chevaleresques, capable de faire revivre un nouvel âge de la chevalerie.

L'ordre du croissant ne survécut pas à son créateur René d'Anjou lui-même. Le pape Paul II, ennemi de René d'Anjou, le supprima par une bulle, vers l'année 1460. Certaines associations se réclament aujourd'hui de l'ordre du Croissant.

 


 ==> Ordre de Chevalerie

==> expo - La chevalerie du roi René d'Anjou - Ordre de Saint-Michel et Armorial de l’Ordre du Croissant  château d'Angers

==> Angers : Joutes Equestres (La Balade du Roi René)

==> Tournois de René d'Anjou (Quintaine et Joutes)