Henri de Navarre Guerre de Religions dans le Poitou, PRISE ET SIÈGE DE MONTAIGU (Septembre 1580)

En 1517, Montaigu, promue baronnie, devint possession de la famille de La Trémoille. À la suite du séjour de Jean Calvin à Poitiers, la réforme protestante se répandit en Poitou et atteignit Montaigu. Pendant les guerres de Religion, la ville passa plusieurs fois des mains des catholiques à celles des protestants, notamment lors du siège de 1580 relaté par Agrippa d'Aubigné, ou de l’intervention de Henri de Navarre en 1588. Celui-ci prend la forteresse de Talmont, Mauléon, Marans.

Obligé de faire encore la guerre, le roi ordonna à M. du Lude de lever six compagnies, en attendant l'arrivée prochaine du duc de Montpensier à la tête d'une armée. Il le félicita de nouveau d'avoir conservé Niort, et l'avertit qu'il confiait provisoirement la garde de Poitiers au sieur de Mortemart (3 mars 1574).

 Le 14 mars, il lui recommanda de dresser la liste des hommes propres à porter les armes, opération que M. du Lude commença de suite à Saint-Maixent. Toutefois, avant d'ouvrir les hostilités, le roi fit faire des propositions de paix à la Noue, chef des huguenots, par Biron et le sieur de la Frézellière.

Catherine de Médicis et le roi écrivirent à ce sujet, à M. du Lude, deux lettres qui ne laissent aucun doute sur l'issue des négociations (22 mars et 6 avril). Pendant ce temps-là, l'armée se réunissait à Chinon sous les ordres du duc de Montpensier. La conspiration de la Mole et Coconas, racontée par le roi à M. du Lude, dans sa lettre du 15 avril, acheva, de rompre les négociations. Le duc de Montpensier entra en campagne en Poitou, se dirigeant sur Fontenay qu'il voulait prendre.

Le gouverneur vint au-devant de lui à Coulonges, le 20 avril. Puis il retourna à Niort pour y faire les préparatifs du siège. Le roi Charles IX le félicita de son activité en lui faisant part en même temps des premières atteintes de la maladie qui devait bientôt l'emporter (29 avril). Peu de jours après, le 4 mai 1574, il lui annonça l'arrestation des maréchaux de Montmorency et de Cossé, impliqués dans la conspiration de la Mole et Coconas. Le 16 mai, il l'avise d'enjoindre aux gouverneurs de places qu'ils aient dorénavant à prendre directement ses ordres sans écrire à la cour, si ce n'est dans les circonstances pressantes.

 La maladie de Charles IX faisait de rapides progrès. Se voyant sur le point de succomber, il écrivit à M. du Lude qu'il avait confié la régence à sa mère Catherine de Médicis jusqu'à l'arrivée de son frère Henri, roi de Pologne (29 mai).

Le lendemain, 30 mai 1574, Charles IX expirait à Vincennes.

Dès le 1 juin, deux lettres étaient adressées de la cour au gouverneur du Poitou par le jeune Henri, roi de Navarre, et par Catherine de Médicis. Le jeune prince, en lui annonçant la mort du roi, lui faisait part de sa ferme résolution d'obéir fidèlement à la reine-mère et au nouveau souverain. Catherine lui fait part du désir qu'elle a d'administrer le royaume avec tout le dévouement dont elle est capable, jusqu'à l'arrivée de Henri III.

Elle lui recommande de faire observer les édits, de maintenir tout le monde dans l'obéissance, et de bien surveiller les personnes qui sortiraient de son gouvernement pour s'en aller hors du royaume.

Le duc de Montpensier, qui venait de lever le siège de Fontenay, écrivit, le 2 juin, à M. du Lude, alors malade à Niort, de faire tous ses efforts pour maintenir son gouvernement dans l'obéissance due à la couronne. M. du Lude revenait aussi du siège de Fontenay, et Catherine de Médicis, en le remerciant des efforts qu'il avait faits, l'invita à ne pas se décourager, à profiter au contraire de la division survenue parmi les protestants, à la Rochelle, et à empêcher l'armée du duc de Montpensier de se rompre (10 juin).

Celui-ci, tout occupé de sa réorganisation à Chinon, lui reprocha de ne pas avoir placé des garnisons dans les places du bas Poitou, où les huguenots étaient maîtres, et le pressa de réunir promptement des troupes, afin d'opérer ensuite leur jonction. Il lui annonça, en même temps, la reprise du Blanc sur les rebelles (15 juin). M. du Lude n'avait pas attendu cet avis pour faire face aux événements.

Il avait concentré des troupes à Niort et réuni l'arrière-ban à Saint-Maixent. Il avait aussi fait publier, dans toute la province, l'ordre de reconnaître le nouveau et légitime roi Henri III. Catherine de Médicis l'en félicita par sa lettre du 19 juin, en lui annonçant qu'elle envoyait de nombreuses forces à l'armée du duc de Montpensier, auquel elle avait ordonné d'aller à son secours, puisque la ville de Niort, où il se trouvait, paraissait menacée par l'ennemi.

Le 27 juin, elle lui envoya le même avis et lui recommanda de bien accueillir et bien traiter ceux d'entre les rebelles qui se soumettraient.

Une suspension d'armes conclue, près de la Rochelle, avec la Noue, par les ambassadeurs de la cour, motiva une nouvelle lettre de Catherine à M. du Lude (7 juillet). Elle refusait de l'accepter et demandait que les rebelles posassent préalablement les armes et restituassent les villes prises, leur promettant, moyennant cette condition, une amnistie complète. En cas de refus, elle entendait que la guerre fût continuée vigoureusement, et elle envoyait dans ce but beaucoup de forces au duc de Montpensier.

 

Celui-ci travaillait toujours, à Chinon, à la réunion de son armée. Le 10 juillet, il écrivait à M. du Lude qu'il n'était point encore en état de se mettre en campagne, mais qu'il ne tarderait point à le rejoindre. Le lendemain, il confiait au sieur du Portal la garde du château des Coutaux, près Niort, acquis récemment par le lieutenant du Poitou, la Haye, qui tenait le parti des rebelles.

Dans une lettre du 15 juillet, il expose au gouverneur de Poitou qu'il a fait observer la trêve récente, mais qu'il n'en espère rien de bon, car les huguenots ne se sont pas gênés d'y contrevenir, au Blanc, à Civray, à Saint-Maixent, à Chizé. Il est disposé à user de représailles. En terminant, il lui annonce l'arrivée prochaine du roi en France et les progrès de l'organisation de son armée, ce qui va lui permettre de le rejoindre bientôt.

M. du Lude, paralysé en ce moment par la maladie et dépourvu de forces suffisantes, ne pouvait faire aucune entreprise sérieuse. Il attendait le duc de Montpensier auquel il demandait de la cavalerie et se tenait simplement sur la défensive. Le duc, auquel il avait envoyé la nouvelle de la surprise de Saint-Maixent par les huguenots, lui répondit le 27 juillet, déplorant amèrement ce malheur et l'engageant à n'avoir aucune confiance dans les paroles des rebelles. Il regrette de ne pouvoir lui envoyer les secours qu'il demande, mais il espère être bientôt en mesure de dompter l'ennemi. Enfin, le 28, il lui annonce sa prochaine arrivée en Poitou.

De son côté, Catherine de Médicis, prévenue par le gouverneur de sa position critique et de la surprise de Saint-Maixent, lui promet le secours du duc de Montpensier, qui va entrer en Poitou avec une puissante armée. Elle lui accorde le congé que réclame le mauvais état de sa santé, mais elle lui recommande de bien pourvoir à la défense de Niort avant son départ (31 juillet). Le 7 août, au moment de partir pour Lyon, pour recevoir le roi, elle lui écrit de ne point quitter son gouvernement, où il est utile qu'il maintienne l'ordre avec la plus grande vigilance. Une lacune fâcheuse de six mois se produit dans la correspondance de M. du Lude, du 7 août 1574 au 24 janvier 1575.

Durant cet intervalle, le duc de Montpensier avait fait, en Poitou, contre les protestants, une campagne heureuse qui se termina par la prise de Lusignan. M. du Lude avait pris part au long siège de cette place importante. Au moment où reprend la correspondance, il se trouvait à Saint-Maixent. Informé par lui de la capitulation de Lusignan, le roi Henri III lui écrivit de Lyon, le 24 janvier 1575, pour lui témoigner la joie qu'il en avait éprouvé. Afin de mettre la rébellion dans l'impossibilité de s'en servir jamais, il lui ordonna de faire démolir au plus vite le magnifique château de Lusignan. Le même jour, la reine Catherine de Médicis lui envoya la même injonction, en le félicitant de la part qu'il avait prise à la réduction de la place. M. du Lude aurait désiré retirer quelque profit de cette gigantesque démolition mais le roi, qui avait adjugé les matériaux au sieur de Chémerault, écrivit, le 2 février, au gouverneur de Poitou pour lui témoigner le regret qu'il éprouvait de ne pouvoir lui accorder cette largesse, lui promettant de récompenser prochainement ses services d'une autre manière.

Après le départ du duc de Montpensier, M. du Lude se rendit à Niort pour faire face à l'ennemi du côté de la Rochelle et pourvoir à la sûreté des places dans cette contrée. Il demanda, dans ce but, au roi le maintien de forces respectables en Poitou.

Mais Henri III, qui avait licencié la moitié de l'armée du duc de Montpensier, lui manda, le 6 mars, qu'il ne voulait tenir sur pied que trois régiments, l'un en Poitou, l'autre en Saintonge et le dernier en Angoumois. Il le chargeait de garnir les places, et principalement Marans, avec ces forces, et lui laissait à Niort sa compagnie d'hommes d'armes et quelques chevau-légers.

Quant aux châteaux des seigneurs, il leur laissait le soin de les défendre à leurs frais. Les intrigues de la Haye, les désordres des gens de guerre licenciés et les tentatives naissantes de la Ligue à Poitiers et Fontenay entretenaient toujours l'agitation et l'inquiétude. Le roi écrivit à ce sujet à M. du Lude, le 10 mai, lui annonçant qu'il avait fait venir la Haye à Paris. Il lui ordonnait d'empêcher les ligues, de payer les troupes et de réprimer les brigandages. M. du Lude s'y appliquait de toutes ses forces. Néanmoins il ne pouvait remédier à tous les maux. La ville de Chef-Boutonne, qui avait été très éprouvée par le séjour prolongé des troupes du sieur de Ruffec, ayant été surchargée de telles et emprunts par les officiers royaux de Niort, le roi recommanda au gouverneur, par lettre du 31 mai, de la faire décharger de la plus grande partie de ces impôts.

Henri III, trompé sur le compte de la Haye, lui avait accordé des lettres de rémission à Avignon, dès son retour de Pologne. Mais la ville de Poitiers, où l'on connaissait trop bien cet intrigant s'était toujours opposé à leur enregistrement et leur exécution. Le roi, encore aveuglé, envoya, le 4 juin 1575, à M. de Boisséguin, commandant à Poitiers en l'absence de M. du Lude, une lettre par laquelle il lui ordonnait de laisser jouir la Haye du bénéfice de ses lettres de rémission et de couvrir de sa protection, à Poitiers, sa famille et ses partisans, dans le cas où ils seraient inquiétés. Il écrivit en même temps, dans le même sens, au maire de Poitiers.

Deux jours après, le 6 juin, le roi ordonna à M. du Lude de se saisir par tous les moyens en son pouvoir de deux criminels, nommés Mallevaut, condamnés par le Parlement pour meurtre sur la personne d'un certain Pelletier, et qui résistaient à la justice par la force. Il lui adressa, le 11 juin, des instructions pour le paiement du régiment en garnison en Poitou, dont la solde était très arriérée, et sur le prix des vivres achetés par les soldats dans les villes où ils seraient cantonnés. Il l'avertissait par la même lettre de la permission qu'il avait accordée aux sieurs des Roches-Baritaut et du Landreau d'entretenir des compagnies à ses frais, le premier à Fontenay, le second à Montaigu et à Talmont. Enfin il l'entretenait d'un projet d'expédition maritime contre l'Aunis, où dominait la rébellion, et se félicitait de l'échec essuyé par l'ennemi dans une tentative de surprise contre la ville de Niort.

Une trêve proposée par les Rochelais excita la juste défiance du roi. Il écrivit au gouverneur de Poitou le 24 juin, lui exposant qu'il ne pouvait l'accepter telle qu'elle était proposée il n'y voyait qu'une ruse et lui annonçait qu'il avait ordonné aux compagnies de gendarmes de se diriger en Poitou où, après les avoir payées, il irait avec elles et ses autres forces bloquer la Rochelle et empêcher la récolte. Il l'instruisait en terminant de la détermination qu'il avait prise à l'égard de la Haye, dont il avait révoqué une commission assez importante qu'il lui avait confiée.

La Haye avait promis de ne point rentrer à Poitiers, mais de se retirer à la campagne, et le roi invitait le gouverneur à y veiller. L'indiscipline des troupes demeurées en Poitou causait de graves embarras à M. du Lude, qui en écrivit au roi. Malgré l'ordre de licenciement qu'il lui avait envoyé, Henri III s'était vu obligé d'en ajourner l'exécution, dans la crainte que la paix ne -fût pas conclue avec les protestants. C'est ce qu'il lui répondit, le 30 juin, en lui ordonnant de continuer les préparatifs de l'expédition projetée du côté de la Rochelle et de veiller au paiement des troupes. Le 8 juillet 1575, le roi l'informe qu'il accepte la trêve avec les Rochelais, mais il le charge de la négocier le plus avantageusement possible, et de refuser notamment l'évacuation de Marans.

Pendant le cours des négociations, la Haye fit une nouvelle et vaine tentative sur Poitiers. Cette conspiration ayant été découverte, le roi en manifesta sa joie à M. du Lude dans une lettre du 24 juillet, par laquelle il lui demande ce qu'il doit faire pour réduire les Rochelais, dans le cas où la paix ne serait pas conclue, et lui envoie des instructions pour le paiement 'des troupes et le maintien de la discipline. Le 28 juillet, le roi recommande M. du Lude de faire escorter des pièces d'artillerie de Nantes à Marans.

Le 31, il charge un commissaire des guerres de conduire en Poitou le régiment de Lavardin, en remplacement de celui de Sarrion. Dans une lettre du 13 août, il entretient le gouverneur des préparatifs de l'expédition qu'il l'avait chargé de diriger en Aunis. En effet, M. de Lude, qui résidait presque toujours à Niort, s'en occupait avec activité.

Tout à coup, le roi, apprenant les avantages obtenus par les huguenots en Périgord, lui fait savoir, le 28 août, qu'il a résolu d'y envoyer une bonne partie de ses forces. En conséquence, il lui recommande de presser son expédition avant leur départ, ou de lever de nouvelles compagnies, s'il ne peut agir auparavant. Le sieur de Bourdeille, gouverneur de Périgord, l'instruisit aussi de la gravité des troubles dans cette contrée, l'invitant à se tenir sur ses gardes (2 septembre 1575).

L'expédition en Aunis, qui se borna à une descente du sieur du Landreau dans l'île de Ré, ne réussit pas, malgré le désir qu'en avait le roi et les nouveaux ordres qu'il expédia à ce sujet au gouverneur par sa lettre du 8 septembre.

Le roi, surpris par l'attitude hostile de son frère le duc d'Alençon, gagné par les rebelles, manda, le 22 septembre, à M. du Lude, qui était alors à Poitiers avec le duc de Montpensier, de lui envoyer de suite la plus grande partie de l'armée de Poitou. Il lui laissait toutefois quelques forces pour la garde des places. Son inquiétude était si grande, qu'il fit convoquer toute la noblesse par les baillis et sénéchaux..

Il ordonna au gouverneur de dresser les rôles avec les baillis et de ne laisser pénétrer dans aucune ville le duc d'Alençon ou ses agents (28 septembre). Le même jour, il lui annonce dans une nouvelle lettre que son frère se dirige vers la Loire. Il lui ordonne en conséquence de faire mettre toutes les villes de son gouvernement en état de défense, et de s'opposer avec le duc de Montpensier à la marche du duc d'Alençon.

 Le 5 octobre, la reine Catherine de Médicis le presse d'envoyer près du roi, aux environs de Paris, les compagnies qui lui étaient destinées, et de renforcer celles qu'il conservera. Le 24, elle l'avertit que le duc d'Alençon se dirige vers le Poitou et lui ordonne de mettre garnison à Poitiers et Châtellerault. Le roi lui adresse le même avis et renouvelle avec plus de détails les mêmes ordres.

Pendant ce temps- là, la reine Catherine négociait avec le duc d'Alençon. Le roi désirait vivement un arrangement, ainsi qu'il l'avoue à M. du Lude dans une lettre du 11 novembre, par laquelle il le remercie avec effusion de ses services. Enfin une trêve ayant été conclue à Champigny-sur-Veude, il en avise aussitôt le gouverneur, auquel il fait savoir que Niort est une des places de sûreté qui doivent être remises au duc d'Alençon durant la trêve. Il l'invite en conséquence à livrer cette ville aux délégués de son frère, en recommandant aux habitants la soumission et la tranquillité (11 novembre). La reine Catherine de Médicis lui renouvelle les mêmes ordres et recommandations le 19 novembre. Le 24, elle prie M. du Lude de se trouver, le dimanche suivant, à Niort, ouïe prince Dauphin doit aussi se rendre pour la remise de la ville au duc d'Alençon.

Le lendemain, elle lui adresse de nouvelles instructions pour cette opération, à laquelle la cour attachait une grande importance au point de vue delà conclusion de la paix. Mais les habitants de Niort, fort mécontents de l'article de la trêve qui les livrait au duc d'Alençon, avaient envoyé des députés à la reine pour lui faire des remontrances. Ils demandaient qu'on leur donnât tout au moins un gouverneur et une garnison catholiques.

Catherine de Médicis, qui était arrivée à Loudun, écrivit, le 26 novembre, à M. du Lude. Elle racontait son entrevue avec les députes, auxquels elle s'était efforcée de faire comprendre que rien ne pouvait être changé aux conditions de la trêve. Elle leur avait promis seulement de les recommander à la bienveillance du duc d'Alençon. Elle invitait donc le gouverneur à procéder sans retard à la remise de la ville de Niort, de concert avec le prince Dauphin et le sieur de Saint-Sulpice.

Le roi, de son côté, lui notifia la trêve, avec ordre de la faire observer (27 novembre). Enfin la reine, arrivée à Poitiers, adressa une nouvelle lettre à M. du Lude, insistant sur la nécessité et l'importance de l'exécution de la trêve et lui annonçant, pour la faciliter, que le duc d'Alençon avait promis de placer à Niort un gouverneur catholique. Elle lui enjoignait de partir, après la remise de cette ville, pour Angoulême, place également accordée au duc d'Alençon, afin de disposer à l'obéissance le sieur de Runec, gouverneur, et les habitants, qui se montraient peu disposés à se soumettre (27 novembre).

Cependant le duc d'Alençon s'avançait en Poitou par Parthenay et Saint-Maixent. Catherine de Médicis lui fit demander de Poitiers une entrevue, qui eut lieu à Boisgrollier, le 9 décembre. La ville de Niort ayant enfin consenti à se livrer au prince, la reine avait invité M. du Lude, le 3 décembre, à l'accompagner à Angoulême pour en faciliter la reddition, car il était le beau-frère du gouverneur. Mais Angoulême tint bon, et le duc d'Alençon reçut d'autres villes en échange.

M. du Lude, n'ayant plus rien à faire à Niort, se retira provisoirement à Parthenay. Catherine de Médicis lui manda, le 12 décembre, d'envoyer au roi la plus grande partie des compagnies du sieur de Beauvais, ne retenant que celles qui étaient nécessaires pour les garnisons. Comme ces troupes ne recevaient pas leur solde et le capitaine Bruyères ayant menacé d'abandonner Marans où il commandait, s'il n'était payé, la reine s'excusa en invoquant la pénurie du trésor et les grands embarras du roi, priant M. du Lude de faire face à la situation suivant son pouvoir, et d'écrire au capitaine Bruyères qu'en ayant un peu de patience il ne perdrait rien.

Le sr de Saint-Gelais-Lusignan, nommé gouverneur de Niort parle duc d'Alençon, soulevait de nombreuses plaintes. M. du Lude en instruisit la reine. Celle-ci, qui venait de quitter Poitiers, lui répondit de Châtellerault, le 15 janvier 1576, qu'elle allait déléguer les ducs de Montmorency et de Montpensier près du duc d'Alençon pour le sommer d'observer la trêve et de réprimer la mauvaise conduite de ses agents.

Le gouverneur de Poitou envoya, au roi un état des impôts qu'il jugeait nécessaires pour la solde des troupes. Mais la province était tellement épuisée par la prolongation des troubles que Henri III lui répondit, le 27 janvier, qu'il préférait en retarder la levée, le priant de trouver quelque expédient pour l'entretien des garnisons. Catherine de Médicis lui recommanda aussi de ménager le pays appauvri et d'attendre, pour prendre son congé, la fin des négociations (1er février 1576).

M. du Lude, qui voyait la trêve inobservée, réclama des garnisons pour plusieurs villes du centre du Poitou. Le roi lui répondit, le 5 février, qu'il fallait attendre, pour prendre une résolution, le résultat des négociations de paix entamées avec son frère le duc d'Alençon. En attendant, il lui recommandait de veiller avec soin à la défense des autres villes de son gouvernement. La reine lui écrivait, le même jour, qu'elle espérait la conclusion prochaine de la paix, et que l'on prendrait ensuite des mesures pour soulager le peuple du Poitou.

Malheureusement les troubles étaient loin de toucher à leur terme.

 

 Le roi de Navarre venait de quitter la cour et de se prononcer contre Henri III. La situation politique se compliquait donc de plus en plus. Henri III écrivit à la hâte, le 5 février, à M. du Lude, de prendre ses précautions contre le prince fugitif qui avait gagné le Poitou. Il lui mandait d'inviter les villes à lui fermer leurs portes et d'assurer tous les gentilshommes de l'une et l'autre religion de la ferme volonté ou il était de les maintenir en paix. Se conformant aux ordres royaux, M. du Lude prévint les villes qu'elles eussent à se tenir sur leurs gardes.

Enfin la paix ayant été conclue à Chatenay, le 7 mai, avec le duc d'Alençon, le roi en informa le gouverneur du Poitou, en lui prescrivant d'aller prendre possession de Niort, qui devait être restituée en vertu du traité (25 mai). Voulant ménager le roi de Navarre qui, en sa qualité de gouverneur titulaire de la Guyenne dont faisait partie le Poitou, avait manifesté quelques velléités d'exercer cette charge, Henri III enjoignit à M. du Lude de se concerter avec lui pour les affaires de la province (4 juin 1576).

Le 26 juillet, le roi de Navarre se plaignit a M. du Lude de ce que l'édit de pacification n'était pas observé à. Poitiers. Il l'invita donc à s'y transporter pour contraindre le corps de ville à le faire exécuter. C'est pour se conformer à cet ordre, aussi bien qu'aux prescriptions de l'édit de pacification, que le comte du Lude, après en avoir conféré avec les divers corps de ville, rendit une ordonnance datée de Niort, le 10 août, réglant la police du culte protestant en Poitou.

Le 27 octobre 1576, Catherine de Médicis manda à M. du Lude de se trouver à Poitiers le 4 novembre, pour l'accompagner à Cognac dans une mission sur- laquelle la correspondance ne s'explique pas davantage. Le roi ayant appris que les protestants du Poitou s'agitaient encore, chargea tout spécialement le gouverneur de les rassurer (9 novembre).Puis, ayant décidé la réunion des États généraux à Blois, il lui écrivit le 13 novembre que l'ouverture de l'assemblée aurait lieu le 18, et qu'il fallait, en conséquence, hâter le départ des députés choisis par les trois États de la province.

La paix semblant désormais plus solide, Henri III révoqua, par lettres patentes du 23 décembre 1576, les gouverneurs particuliers des villes du Poitou nommés depuis le commencement des troubles, mais en conservant néanmoins les capitaineries plus anciennes. Malgré les efforts du roi et des États généraux, les troubles recommencèrent.

Les protestants qui s'étaient emparés de Melle le 5 janvier 1577, en avaient été expulsés le 25 mars. Pour en finir, le roi prit une décision semblable à celle qui avait ruiné naguère le château de Lusignan. Il enjoignit, le 6 avril, à M. du Lude, de faire démolir entièrement les fortifications de Melle. Puis, .le 11 avril, il lui manda de dresser un état des forces militaires existant en Poitou et de pourvoir à leur solde, de concert avec les délégués des trois États. Le 7 juin, il lui ordonne de retenir deux compagnies de chevau-légers, pour prêter main forte au commissaire qui va saisir les biens des rebelles.

Le duc de Mayenne, envoyé en Saintonge avec une armée royale pour entreprendre le siège de Brouage, n'attendait plus que l'artillerie pour le commencer. Henri III, par lettre du 18 juin, chargea M. du Lude de faire escorter cette artillerie et d'envoyer en même temps des pionniers. Il lui annonça aussi sa prochaine arrivée à Poitiers, où il entra, en effet, le 2 juillet. M. du Lude prit part au siège de Brouage.

 Après la prise de cette place, le roi rappela le duc de Mayenne auprès de lui à Poitiers mais il ordonna à M. du Lude d'aller avec une partie de l'armée ravager les environs de la Rochelle (2 septembre 1577).

Cette deuxième expédition ne put évidemment pas s'effectuer, car la paix fut signée, le 17 septembre, à Bergerac avec le roi de Navarre. M. du Lude en profita pour envoyer, le 20 septembre, à Henri III, qui n'avait pas encore quitté Poitiers, un long et remarquable mémoire sur l'état du Poitou et les réformes propres à y rétablir l'ordre. C'est un exposé fort intéressant, dans lequel il s'exprime avec une grande liberté sur les choses et les personnes. Il y propose d'excellents projets, que le roi d'ailleurs suivit en partie, sur la police générale, la répression des crimes ou abus de pouvoir, la garde et réparation des châteaux et forteresses, le pouvoir de leurs gouverneurs, la diminution des impôts, le licenciement d'une partie des gens de guerre et le paiement régulier de ceux maintenus sous les armes, la réorganisation de la maréchaussée, etc. Malgré l'édit de pacification du 5 octobre 1577 et la conférence de Nérac (février 1578), il y avait toujours quelques agitations. Le roi écrivit à M. du Lude, le 6 juin 1578, pour lui recommander de faire observer loyalement l'édit; mais il lui ordonnait de saisir les biens des protestants qui avaient encore recours aux armes.

Catherine de Médicis, qui négociait dans le Midi avec le roi de Navarre pour conclure une paix stable et définitive, mandait à M. du Lude, le 26 novembre, de maintenir l'ordre dans son gouvernement, afin de ne pas compromettre le succès des pourparlers, que la surprise de la Réole avait failli rompre. Le 30 novembre, elle lui fait la même recommandation en lui annonçant la conférence qu'elle doit avoir à Nérac, le 10 décembre prochain, avec le roi de Navarre, et l'arrangement de l'affaire de la Réole. Henri III, après lui avoir adressé un avis semblable (8 décembre), lui annonce qu'il l'a nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit récemment créé; mais il le prie de ne pas se rendre à Paris à la première réunion de l'ordre, parce que sa présence est très utile dans son gouvernement de Poitou (13 décembre 1578).

La reine Catherine tenait M. du Lude au courant des négociations. Le 20 décembre, elle lui annonce qu'elles sont en bonne voie et qu'il importe de maintenir l'ordre avec le plus grand soin, afin de ne pas exciter de défiances, telles que celles notamment du prince de Condé, gouverneur de Saint-Jean-d'Angély, qui s'est plaint de ce que le gouverneur de Poitou aurait réuni non loin de cette ville un certain nombre de gentilshommes.

M. du Lude faisait tous ses efforts pour contenter et contenir tout le monde. Il avait rassuré les protestants rochelais sur la sincérité de l'édit de pacification. Le roi l'en félicita et lui renouvela l'ordre de bien exécuter cet édit, tout en ayant l'œil sur les places fortes, leurs gouverneurs et leurs garnisons (20 décembre 1578).

Tout était calme en Poitou en ce moment et le prince de Condé envoyait de Saint-Jean-d'AngéIy à M. du Lude ses excuses de la défiance injuste qu'il avait conçue de son attitude (26 décembre). Il s'élevait, il est vrai; plusieurs plaintes contre la multiplicité des impôts, et la reine Catherine, auquel le gouverneur l'avait écrit, l'invitait à en informer le roi, dans la lettre où elle lui faisait espérer une paix prochaine (24 décembre).

Le 4 janvier 1579, Catherine de Médicis recommanda à M. du Lude de bien prémunir les esprits contre des faux bruits que les malveillants répandaient dans le but de traverser les négociations. Afin de mieux rassurer tout le monde, le roi lui envoya, le 20 janvier, une ordonnance relative à l'exécution de l'édit de pacification.

La paix fut enfin conclue à Nérac le 28 février. Catherine de Médicis s'empressa d'envoyer au gouverneur de Poitou les instructions nécessaires pour sa publication et son observation. Il devait s'entendre à cet effet avec des délégués du roi de Navarre (12 mars). M. du Lude se mit aussitôt à l'oeuvre.

Mais la surprise inattendue de la ville de Montaigu par les huguenots du bas Poitou vint tout à coup compromettre les espérances pacifiques.

Le roi, vivement contrarié, écrivit au gouverneur qu'il fallait absolument reprendre cette place importante, et qu'il eût à s'entendre à cet égard avec le sieur du Landreau. Il chargea le lieutenant général de la sénéchaussée d'exercer des poursuites judiciaires contre le sieur de la Boulaye et ses complices dans cette grave infraction à la paix (28 avril 1579). Néanmoins le roi continua à s'occuper avec activité de l'application sincère de l'édit et du traité de Nérac.

Ayant reçu de M. du Lude un rapport sur une assemblée tenue par lui à cet effet à Poitiers, dans laquelle les protestants avaient demandé la suppression de quelques garnisons, il lui répondit qu'il ne pouvait faire cette concession, que d'ailleurs ces garnisons feraient observer l'édit contre tous ceux qui, de part ou d'autre, chercheraient à y manquer. Il lui enjoignit en même temps de s'opposer à la formation de la Ligue, qui prenait un certain développement dans toutes les provinces (1er mai).

Ce mouvement s'accentua tellement en Poitou que le gouverneur en avertit le roi, et celui-ci lui répondit d'exercer sur ce point la plus grande surveillance (24 juin 1579).

Le 28 août, le roi écrivit à M. du Lude qu'il envoyait des magistrats du Parlement à Poitiers pour y tenir les Grands-Jours, l'invitant à prêter main-forte aux arrêts de cette cour, de concert avec le maréchal de Cossé. Il espérait réprimer par ce moyen les violences et les crimes que les troubles avaient multipliés. Aussi, il renouvelle au gouverneur l'injonction de protéger la cour et de faire exécuter ses arrêts (31 août).

Les magistrats des Grands-Jours arrivèrent à Poitiers le 7 septembre 1579, et M. du Lude vint s'y établir à la fin du mois. Le duc de .Montpensier, qui partait pour son gouvernement de Bretagne, lui écrivit de Loudun qu'il le rejoindrait à Poitiers le 8 octobre pour lui prêter son concours (17 septembre). Les mécontents méditaient, parait-il, un coup de main sur Poitiers, dans le but d'entraver le cours de la justice. Le roi recommanda aussitôt à M. du Lude de réunir sa compagnie d'ordonnance afin de mieux veiller à la sécurité de la ville et de faire exécuter rigoureusement les arrêts des Grands-Jours (25 novembre). Le gouverneur ne manquait point d'ailleurs à ses devoirs et travaillait à la réorganisation de la maréchaussée. De retour à Niort après la clôture des Grands-Jours, M. du Lude reçoit du roi l'ordre de réunir une assemblée de notables pour examiner la question de la réforme des monnaies de billon (5 janvier 1580). Le 8 février, Henri 111 lui fait part du mécontenter ment que lui cause la conduite du sieur de Saint-Luc, qui veut conserver contre sa volonté le gouvernement de Brouage. Il l'invite à s'entendre avec le gouverneur de Saintonge pour réduire Saint-Luc à l'obéissance. M. du Lude s'occupa beaucoup de cette affaire, qui entra bientôt en voie d'arrangement, comme l'indique la lettre du roi, du 9 mars.

Les protestants s'agitaient toujours, cherchant à surprendre partout quelques villes. La reine Catherine de Médicis en avertit M. du Lude, lui recommandant la vigilance à ce sujet et lui ordonnant de la part du roi de faire observer le dernier édit avec une grande loyauté (14 avril 1580). Le roi lui répète la même chose, le 16 avril, tout en lui manifestant son inquiétude et son chagrin.

Il le presse encore, le 21 avril, de rassurer les protestants et de les engager à demeurer en paix. Mais ceux-ci prenaient, malgré tout, une attitude plus menaçante. Ils se fortifiaient à Montaigu, et le sieur de Chouppes avait pris les armes. D'un autre côté, le sieur des Roches-Baritaut, partisan secret de la Ligue, commandait à .Fontenay, où il agissait avec une indépendance et une arrogance blessante pour le gouverneur du Poitou, qu'il ne craignit pas de braver dans une lettre insolente.

 C'est M. du Lude lui-même qui raconte ces incidents dans une lettre à son frère, l'abbé des Chatelliers (mai 1580). Il ne lui cachait pas que cette situation était intolérable, si le roi n'y remédiait pas promptement. Il instruisit directement Henri III, le 14 mai, des préparatifs des protestants à Saint-Jean-d'Angély et Montaigu, de la nécessité de renforcer les garnisons et d'envoyer des compagnies de gendarmerie, afin d'être prêt à tout événement. Il lui faisait part aussi des efforts, parfois couronnés de succès, au moyen desquels il avait obtenu les promesses de soumission de plusieurs gentilshommes protestants.

Le roi se préoccupait de la continuation de l'occupation de Montaigu par les rebelles. Il manda à M. du Lude de faire cesser les pillages de cette garnison, contre laquelle guerroyait vainement le sieur du Landreau (21 mai). Il lui ordonna d'envoyer dans ce but des secours à ce dernier qui en réclamait, et lui annonça l'envoi en Poitou de quelques compagnies de gendarmerie (12 juin 1580). Faisant droit aux demandes réitérées du gouverneur de Poitou, le roi lui accorda l'augmentation des garnisons, et lui traça une mode de paiement pour l'entretien des quatre compagnies de gendarmerie qui étaient alors dans la province. Il le pressa de secourir le sieur du Landreau contre Montaigu et le félicita de sa réconciliation avec le sieur des Roches-Baritaut (18 juin 1580).

Les protestants, recommençant la guerre, avaient recruté des reitres en Allemagne. Le roi manda à M. du Lude les mesures qu'il avait prises pour former une armée destinée, leur fermer la frontière (20 juillet). Il lui ordonna ensuite de bloquer Montaigu de concert avec le sieur de la Hunaudaye et en y employant les compagnies de gendarmerie qu'il envoyait en Poitou (31 juillet).

M. du Lude, considérant la conquête de Saint-Jean-d'AngéIy comme plus importante et plus pressée, en entreprit d'abord le siège avec les forces destinées au blocus de Montaigu. Le roi, tout en l'approuvant, lui faisait toutefois observer qu'en tentant presque simultanément deux attaques, il courait risque de ne réussir dans aucune d'elles (14 septembre 1580). M. du Lude comprit la justesse de cette observation. Il écrivit à Henri 111, le 25 septembre, qu'il abandonnait Saint-Jean pour marcher sur Montaigu.

Le même jour, 25 septembre, ce prince lui faisait entrevoir la difficulté du siège de Saint-Jean sans artillerie et la longueur de l'entreprise, s'il fallait l'attendre.

Pendant que M. du Lude commençait le blocus de Montaigu, Henri III l'informait de son intervention dans la division survenue à la Rochelle entre les partisans de la guerre et ceux de la paix (9-10 octobre). La cour tenait à ménager les Rochelais et les gentilshommes protestants qui consentaient à vivre en paix sous le bénéfice de l'édit. Ainsi, l'un d'eux, le sieur de Belleville-l'Anguillier, s'étant soumis, la reine Catherine de Médicis recommanda à M. du Lude de protéger ses biens situés près de Montaigu (12 octobre 1580).

Les opérations du blocus de cette place ne se faisaient pas sans difficultés. M. du Lude demanda au roi la permission de changer le blocus en siège. Mais Henri III ne voulut pas y consentir, parce que l'artillerie n'aurait pu y être conduite avant le mois de mars. Il l'invita donc à continuer le blocus de Montaigu, en essayant toutefois d'y pénétrer par surprise (5 décembre 1580).

Bientôt deux lettres du roi et du duc d'Anjou, son frère, annoncèrent à M. du Lude la conclusion de la paix, signée à Fleix avec le roi de Navarre (17 et 26 décembre 1580). Une ordonnance du duc d'Anjou, lieutenant du roi en cette matière, en date du 5 janvier 1581, lui enjoignit de publier la paix et de cesser les hostilités. Elle fut, en effet, publiée le 21 janvier, au camp devant Montaigu, où M. du Lude se trouvait encore. Cette place, en vertu du traité de Fleix, devait être restituée à l'autorité royale et démantelée.

Cependant, le 2 février, l'armée était encore devant Montaigu. Le roi de Navarre s'en plaignit, et le duc d'Anjou enjoignit à M. du Lude de la licencier et de procéder au démantèlement (2 février 1581). Henri III insiste de nouveau auprès du gouverneur, le 4 février, afin qu'il fasse si bien démolir les fortifications de Montaigu, que cette place ne puisse plus désormais causer aucun souci à son autorité ni au pays voisin. Ce soin incombait d'autant mieux à M. du Lude, qu'il avait été nommé par le roi l'un des deux commissaires chargés d'appliquer le traité de Fleix en Poitou. Le sieur de Saint-Gelais était l'autre commissaire (4 et 16 février). La cour tenait beaucoup à l'exécution de cet article du traité.

Deux lettres du roi (21 février et ler mars) et une de Catherine de Médicis (21 février) recommandent coup sur coup au gouverneur de Poitou de démolir Montaigu et de s'entendre à cet égard avec le sieur de Tilly, gouverneur d'Anjou, chargé d'aller recevoir la place des mains de ceux qui l'occupent. Le sieur de la Boulaye, qui en était capitaine pour le parti protestant, pratiquait des enrôlements pour le compte, disait-il, du duc d'Anjou, en vue de sa campagne de Flandre. Le roi le lui interdit, et Catherine de Médicis en instruisit M: du Lude, afin qu'il dispersât ces levées (3 mars 1581). Le roi lui enjoignit de démolir également la forteresse de Saint-Gilles-sur-Vie, après en avoir licencié la garnison (9 mars).

Cependant le roi de Navarre ne se pressait pas de faire livrer Montaigu. Henri III, mécontent, s'en plaignit. Il informa M. du Lude des efforts qu'il faisait pour obtenir l'exécution de cet article du traité et le priait de risquer, de son coté, quelque tentative dans le même but (12 mars).

Enfin Catherine de Médicis lui annonça, le 17 mars 1581, que les délégués du roi de Navarre partaient avec mission de livrer Montaigu elle lui recommandait d'y veiller avec soin, car on pouvait encore soupçonner de la mauvaise volonté. La place fut livrée par les soins de d'Aubigné et démantelée par le maréchal de Retz. ……

 

 

 

Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585.... 1 / publiées par M. Bélisaire Ledain

 

 

En revenant de Nantes, la digue du château de Montaigu à travers les âges <==.... ....==> Instruction donnée par Catherine de Médicis pour expliquer les motifs de la démolition de la forteresse de Montaigu

 

==> Les Guerres de Religions en dates <==

==> Guerre de Religions 1er Juin 1587 - SIÈGE ET PRISE DE FONTENAY PAR HENRI DE NAVARRE (Maison Millepertuis)