Château de Montaigu Octave-Guillaume de Rochebrune

Située aux confins des anciennes marches du Poitou à l'extrémité nord-est de la Vendée, à égale distance (environ 35 km) des villes de Nantes, Cholet et La Roche-sur-Yon, Montaigu est un carrefour historique entre la Bretagne, l'Anjou et le Poitou.

S'il y a des familles qui ont l'orgueil de leur généalogie, il y a des cités qui ont le droit d'être fières de leur histoire : Montaigu mérite assurément une des premières places dans les annales de la Vendée. Bâti presque à pic au-dessus de la Maine, dominé par un château-fort, entouré de profondes et larges douves que l'on emplissait d'eau à volonté, Montaigu a résisté à toutes les invasions des Barbares ; il a été longtemps inexpugnable. Assiégé, pendant les guerres de religion du XVIe siècle, et par les protestants et par les catholiques, on y est entré.... comme à Metz, en 1870, par trahison! Il y a toujours eu des Bazaines !

C'est à cette époque que les fortifications de Montaigu ont été détruites. - L'hôpital actuel date de 1174. Ce fut d'abord une Aumônerie dans laquelle on devait secourir les passants pauvres, ainsi que les pauvres de la ville. Les donations faites à l'Aumônerie, par le seigneur de Montaigu, lui constituaient un revenu de 6,000 francs de notre monnaie.

Dans un mémoire publié dans le Bulletin de la Société d'Emulation de la Vendée (année 1857), Benjamin Fillon, frappé du grand nombre de localités de notre département où l'on rencontre des substructions gallo-romaines, (plus de cent, échelonnées tant sur l'ancienne côte du golfe des Pictons, que dans l'intérieur des terres, depuis Benêt jusqu'au pays de Rais), se proposait de donner une carte, pour l'intelligence des anciens tronçons de routes mis à découvert. Mais le temps ne lui a pas permis de donner suite à son idée et de coordonner les matériaux déjà rassemblés. « Dans le domaine des faits, écrivait-il plus loin (même article), nous sommes solidaires d'un passé qui a laissé des traces profondes. Il n'est presque pas de bourgade qui n'ait autour d'elle, ou dans son sein, des ruines de cette période ayant servi de point de repère ou d'assises même à des constructions plus récentes. » De même, dans le domaine des idées, on retrouverait souvent des traces de filiation ; mais nous n'avons pas dessein de nous appesantir sur ce point pour le moment. Suivons notre guide.

Parmi les points qu'il signalait aux chercheurs curieux des antiques vestiges, il citait le Langon, la Touche-Grignon (commune d'Angles), l'Erablais (commune de Saint-Martin-l'Ars), Saint-Georges-de-Montaigu, (l'antique Durinum) qu'il plaçait quasi au rang de Rezé (Ratiate), la seconde capitale des Pictons au temps de Ptolémée,  et du Langon qui avait probablement une importance au point de vue maritime, grâce à son voisinage de l'ancien golfe.

Voici au reste en quels termes il s'exprime : « Durinum ou Durivum paraît avoir été, à l'époque romaine, l'une des localités les plus considérables du Bas-Poitou. Il rivalisait presque avec Rezé et le Langon. C'était, en outre, le point d'entrecroisement de deux voies romaines, l'une venant de Nantes et de Rezé et s'en allant à Limonum (Poitiers); l'autre allant d'Angers à l'Océan par la Ségourie. » Ces voies venaient s'aligner chacune, comme une flèche, dessus un monument civil et religieux sur l'emplacement duquel on a dû construire la chapelle du For.

 

Montaigu a eu une telle importance qu'il y avait quatre églises paroissiales. Les églises de Saint-Jacques, de Saint-Nicolas, de Notre-Dame ont disparu ; il ne reste plus que l'église Saint-Jean qui suffit largement aux besoins du culte. Il y a une relation du siège de Montaigu très-intéressante, écrite par d'Aubigné. C'était le grand-père de la fameuse marquise de Maintenon, la vieille maîtresse de Louis XIV, qui lui conseilla la Révocation de l'Édit de Nantes, l'acte le plus infâme de ce règne.

Après l'exécution de Louis XVI, Montaigu fut brûlé et ses habitants massacrés; à la Caillauderie se trouvent les ossements des malheureuses victimes des Brigands.

En 1793, Haudaudine était prisonnier à Montaigu; il fut chargé avec deux de ses compatriotes de traiter d'un échange de prisonniers. Le comité central de Nantes n'ayant pas voulu traiter avec les Brigands, pour empêcher le massacre des Républicains, Haudaudine retourna seul à Montaigu, se livrer à ses ennemis.

Ses concitoyens l'ont appelé le Régulus nantais.

 

 

Je suis Hardouin-aimé Thiériot, médecin fort connu de Montaigu. Mon cœur était bleu comme celui de beaucoup de Montacutains, dans un pays blancs de 13 mars 1793, la ville tomba. Je fus fusillé devant ma maison. Je repose avec les autres victimes de cette journée dans une fosse au fond du parc ou une pierre tombale rappelle le drame.

En 1794, le quartier général républicain fut établi à Montaigu. Le curé de la Rabatelière, le vénérable Guesdon, dégoûté de ces atroces boucheries et voulant arrêter cette lutte fratricide, se rend à Montaigu, va parler au général Spital commandant la place et propose la pacification. Le général lui serre la main avec effusion, et lui promet que tous ses efforts tendront vers ce but. Charette apprend la démarche de Guesdon, entre dans une rage insensée, et jure la mort du curé. Quelques jours après, le curé Guesdon était fusillé dans son jardin, entre son domestique et sa vieille servante. Cet assassinat amena la désaffection, le mépris du général chouan, dans son entourage.

Peu de temps après, un commandant de l'armée vendéenne le livrait au général Travot, dans les bois de la Chaboterie.

En 1814, lorsque l'étranger nous amenait les Bourbons, dans ses fourgons, les chouans se ruèrent sur Montaigu — ils étaient trente mille ! — Ces hordes sauvages sont tombées sur Montaigu, parce que Montaigu a toujours été le prototype, l'incarnation du libéralisme. Les citoyens prévenus à temps se sauvèrent. Le curé de Buor les pria de se retirer, de laisser tranquilles ses paisibles paroissiens. Il y avait dans la cour du presbytère, un arbre de la liberté qui avait été planté en 1792, il était magnifique et servait d'ombrage au digne pasteur; malgré ses supplications, ils l'abattirent; dans leur fureur ils mangeaient les racines. Sur le même emplacement le curé de Buor a planté l'acacia que nous voyons.

En 1815, Montaigu subit une garnison vendéenne, le chef s'appelait de Marans. Les patriotes qui avaient combattu pour la république étaient obligés, tous les matins, d'aller signer un registre de présence. Le citoyen Pineau, peintre, après avoir signé, prit la patte de son chien qui l'accompagnait toujours, la trempa dans l'encrier et apposa sa griffe à côté des autres signatures. Sur l'observation de Marans, Pineau dit: « Mon chien a été fédéré comme moi, comme moi il doit signer. »

Lorsque la grande Constituante divisa la France en départements, Montaigu devint chef-lieu -de district. Malgré les platitudes de nos autorités locales, les Bonaparte n'ont pas été tendres pour Montaigu. Le premier a enlevé la sous-préfecture ; Bonaparte III a dissous en 1852 la Société de secours-mutuels, parce que ses membres étaient républicains. Fondée en 1832, elle était la plus ancienne du département.

En 1808, Napoléon de passage à Montaigu, fit venir Goupilleau, ancien représentant du peuple pendant la période républicaine. C'était lui qui, lors du coup d'État de brumaire avait crié : » Hors la loi! le traître! à bas le tyran! Bonaparte demanda s'il ne regrettait pas ce qu'il avait dit. Goupilleau répondit : — Non ! — Il fut exilé. Honneur au citoyen énergique qui n'a jamais douté de l'avenir de la patrie !

Montaigu aime la Liberté, l'Égalité, la Fraternité, pratique la tolérance, l'hospitalité, dédaigne la vanité, l'ambition, le mensonge !

La première Bibliothèque populaire de la Vendée a été créée à Montaigu.

En 1870, des citoyens se cotisèrent pour établir une ambulance pour secourir nos malheureux blessés ; la guerre finie, il restait en caisse 700 francs. C'est l'argent qui a fondé la bibliothèque.

Depuis quatre ans, Montaigu a fait deux cavalcades historiques, qui ont pleinement réussi et ont eu l'immense avantage d'amener dix mille spectateurs en ses murs.

Montaigu possède trois Sociétés de secours-mutuels, deux pour les hommes, une pour les femmes, une Société philharmonique qui a obtenu deux premières médailles.

En 1881, 215 actionnaires ont fondé une boucherie coopérative. — Une Société de gymnastique fonctionne depuis un an et peut déjà rivaliser avec les meilleures.

A toutes les époques, sous tous les régimes, Montaigu s'est toujours distingué par son initiative et par son ardent patriotisme.

Honneur à Montaigu-Vendée !

 

 

RIGAUD

 

 

Le château de Belleville sur Vie et ses premiers Seigneurs<==.... ....==>1480, Violences des Bretons dans la région de Montaigu en Poitou ( Louis XI Jean Bourré )

 Patrimoine, à visiter en Vendée- Carte des Châteaux <== ....

 

 

"De Nantes à Montaigu... La digue du cul" : les secrets de la chanson paillarde

D’où vient cette célèbre chanson paillarde « De Nantes à Montaigu, la Digue du cul » ? Personne ne le sait vraiment. Si on se réfère à la plaque musicale, installée derrière la mairie de Montaigu (en Vendée), ses origines datent du 19e siècle.

La duchesse Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry, serait alors tombée dans l’étang de la Digue, sous le regard « de quelques chenapans cachés dans les ruines de l’ancien château de Montaigu » qui l’ont vu dévêtue. D’autres assurent que la chanson remonte à l’époque du Moyen-Age voire de la Renaissance.


https://actu.fr

 

 

La digue du cul (En revenant de Nantes )