Thibault III Chabot (Theobaldus), commandant des troupes de Richard, comte de Poitou, contre les seigneurs d’Aquitaine confédérés

Thibault III Chabot (Theobaldus), seigneur de la Roche Servière, de La Grève, de Mervent, du Petit château de Vouvant, d’Oulmes, de la Chabocière, etc,… naquit vers 1130.

En 1173, il assista avec plusieurs seigneurs de la cour du roi d’Angleterre aux fiançailles de Jean, fils puiné de Henri II, avec Alix de Mortain.

En 1175, il était commandant des troupes de Richard, comte de Poitou, fils du roi d’Angleterre, et fut appelé par l’évêque de Poitiers pour chasser les Brabançons, amenés par le comte Wulgrin d’Angoulême, qui pillaient le pays

 Les historiens anglais, qui racontent les guerres soutenues en 1176 par Richard contre les barons de l’Ouest, nous montrent Vulgrin dirigeant les troupes du comté. Raoul de Dicet et Benoit de Perterborough le désignèrent même sous le nom de comte, et Roger de Hoveden, plus exact, sous celui de vicomte.

« Erant in Pictavia comites et barones qui contra, Ricardum bellum moverant, scilicet Uggrinus de Engolismo »

Château de Brézé - Chevaliers Capalle du Poitou (1)

Dans une nouvelle ligue formée en 1178, Vulgrin est encore désigné sous le titre de comte, bien que son père vive encore ; il est pris par Richard dans Angoulême et, d’après Benoit de Peterborough, obligé de se rendre en Terre Sainte, pénitence qui lui avait été infligée, ainsi qu’à Guillaume IV, par Henri II après la révolte de 1176.

Vulgrin III dut prendre le titre de comte d’Angoulême, mais associa ses deux frères, Guillaume et Adémar.

Wulgrin III Taillefer, successeur de Guillaume, son père, ne lui survécut pas deux ans entiers, suivant Geoffroi du Vigeois, qui met néanmoins, sa mort au 29 juin de l’année 1181, en quoi cet écrivain se contredit.

Nous pensons qu’il a voulu dire trois ans au lieu de deux.

 Il paraît que Wulgrin était associé à son père dès l’an 1176 ; car c’est lui que Raoul de Diceto, qui le nomme Bulgarin, donne pour auteur principal des ravages que firent cette année dans le Poitou, comme nous l’avons déjà dit, les seigneurs d’Aquitaine confédérés contre le duc Richard, qui était pour lors en Angleterre.

Mais Jean, évêque de Poitiers, dit cet historien, ayant rassemblé de toutes parts des troupes auxiliaires, et, s’étant joint à Thibaut Chabot qui commandait la milice ducale, marcha contre ces destructeurs de châteaux, ces pillards de campagnes, ces brûleurs d’églises, ces oppresseurs de vierges; et les ayant rencontrés dans la plaine de Brezé, il partagea son armée en quatre corps qui fondirent en même temps sur eux, en tuèrent un grand nombre, et obligèrent les autres à se sauver dans une forteresse, avec tant de précipitation, qu’ils abandonnèrent tout leur bagage à l’ennemi.

 

Château de Brézé - Chevaliers Capalle du Poitou (2)(Château de Brézé - Chevaliers Capalle du Poitou)

Cet avantage ne dissipa point la ligue.

Roger d’Hoveden nous apprend qu’elle continua pendant trois ans ses déprédations, sous le même Wulgrin qu’il appelle Bugrius.

Mais l’an 1178, le duc Richard, dit-il, vint à bout de la détruire.

Après avoir réduit, ajoute-t-il, le comte de Bigorre, il prit Gençai, Martillac, Granville, Taillebourg, Pons, toutes places fortes qu’il fit raser ; força ensuite le comte d’Angoulême de lui remettre cette ville avec le château de Montignac, et en fit abattre les murs.

Raoul de Diceto met ceci en 1177, et dit que Richard obligea de plus le comte avec ses complices de passer la mer pour aller demander grâce au roi son père ; ce qu’ils obtinrent à Winchester, le 21 septembre.

Wulgrin d'Angoulême ne laissa qu’une fille, nommée Mathilde, à qui ses oncles, Guillaume et Adémar, disputèrent la succession de son père.

Le duc Richard, depuis roi d’Angleterre, avant pris sa défense, les chassa du pays ; mais bientôt ils y rentrèrent à la faveur de la division qui s’éleva entre Richard et ses frères.

 

En 1184, Theobaldus Chabot donna pour le salut de son âme, de celle de son fils Sebran et de celle de son épouse, le domaine de La Sébrandière à l’abbaye d’Orbestier, avec le consentement de l’évêque de Limoges, son oncle.

En 1185, il confirma par charte donnée, à Oulmes, à Rainier, abbé de l’Absie, toutes les donations faites à Massigné par son père Thibaut et son aïeul sebrand.

En 1192, par acte passé dans sa maisons de La Chabocière, il donna à l’Absie un enclos situè près de la maison d’Oulmes, Chabot est nommé avec le vicomte de Thouars, Savary de Mauléon et le seigneur de Parthenay, parmi les 13 barons poitevins vassaux du roi d’Angleterre, chargés de jurer la trêve conclue en 1206, entre le roi de France et Jeans sans Terre, roi d’Angleterre.

 

Par charte signée à Rocheservière le 23 juin 1207, il donna à l’abbaye de Villeneuve, près de Nantes, les domaines qu’il avait à la Botellière, près du ruisseau de Touffou.L’abbé Bertrand lui concéda un anniversaire pour lui et son épouse.

On trouve encore un don fait en 1213 au prieuré de Baldemorinière, par charte signée aussi à Rocheservière. Il devait mourir peu après. Il épousa Agnès (ou Marguerite), dame de La Mothe Achard et de Maurinière, fille de Guillaume, seigneur de La Mothe Achard, et de N. Chabot.

Agnès Chabot fit don aux templiers de Coudrie en 1180, et dans cet acte elle se dit fille de Thibaut Chabot. Elle mourut en 1202. Elle épousa vers 1170, Pierre de La Garnache.

 

 

 

==> Les ligues féodales contre Richard Cœur de Lion et les poésies de Bertran de Born (1176-1194)