Les Monastères du Poitou avant l'An Mil

En abordant l'étude des premiers siècles du monachisme en Poitou, il n'est pas dans mes intentions d'en dégager tous les aspects ; je laisserai volontairement de côté le monastère de Ligugé, puisqu'il a fait l'objet d'une communication ; d'autre part, je n'ai pas entrepris l'étude des monastères féminins.

Il existait un petit nombre de centres monastiques au début de l'ère mérovingienne : deux d'entre eux sont connus au moment de la bataille de Vouillé (507) (1), Saint-Hilaire-le-Grand et Saint-Maixent, auxquels Clovis, vainqueur des Wisigoths, prodigua ses faveurs.

 

Archéologie : Sur les traces de Clovis et le fondement des pierres du Premier Royaume 

La bataille de Voclade et le miracle de Saint-Maixent Grégoire de Tours appelle de ce nom: " campus Vocladensis ", l'endroit où, en l'an 507, Clovis battit les Wisigoths et tua leur roi Alaric. Voici le texte du saint évêque de Tours (Historia Francorum L.

 

Saint-Hilaire, qui abritait les reliques du grand évêque (mort en 367) était une basilique suburbaine où une communauté, dont nous ignorons la règle de vie, était chargée de veiller sur le corps du saint et de célébrer les offices pour les pèlerins (2).

Il est permis d'évoquer, à titre de comparaison, Saint-Rémi de Reims, Saint-Martial de Limoges, Saint-Denis, Saint-Martin de Tours, dont le rôle initial fut le même ; l'évolution ultérieure de la communauté religieuse dans ces différents cas ne fut point le même partout.

Saint-Maixent fut fondé à la fin du Ve siècle par un compagnon de l'ermite Agapit (3) : Agapit serait un prêtre venu de Saint-Hilaire se retirer sur les bords de la Sèvre (4) ;

Adjutor, son disciple, qui changea son nom pour celui de Maxentius, était originaire d'Agde ; il est possible qu'il ait connu la règle de Césaire d'Arles et l'ait apportée en Poitou (5).

 Il se trouvait encore à la tête de sa communauté lorsque Clovis vainqueur le gratifia de domaines importants. Saint-Hilaire, dans le même temps, recevait le droit de monnayage, avec de nombreux présents (6), si nous en croyons Grégoire de Tours.

Le monastère de Saint-Maixent devint puissant et riche ; sa renommée grandit lorsque Didon, évêque de Poitiers eut placé à sa tête son neveu Léger (milieu du VIIe siècle, vers 653-659) (7).

Peut-être Léger introduit-il à Saint-Maixent les premiers rudiments de la Règle de saint Benoît, dont il est question au concile d'Autun (entre 663 et 680) ; mais nous ne possédons pas de certitude sur ce point (8).

Après la fin tragique de Léger, Audulfus, son successeur à Saint-Maixent, réussit à ramener au monastère la dépouille de la victime d'Ebroïn ; il fit bâtir pour les recevoir une église qui, d'après le biographe de Léger, était : « ... dissimilis omnibus basilicarum constructionibus... (9). »

La période qui suit la déposition des reliques de saint Léger en son monastère fut, sans doute, la plus prospère pour Saint-Maixent ; elle correspond à la grande extension du patrimoine dont les moines des siècles suivants avaient gardé la nostalgie ; pensons à la légende d'une dîme levée sur quinze mille manses, évoquée par un acte faux, mais qui peut donner une idée de l'importance de Saint-Maixent aux VIIe et VIIIe siècles (10).

Les autres monastères poitevins, nés plus tardivement, eurent un moindre développement ; tous, cependant, survivront aux malheurs du IXe siècle, en déplaçant parfois leur siège.

Les deux monastères de Maire près de Melle et de Nouaillé, non loin de Poitiers, eurent des origines distinctes : Mairé, fondé dans la seconde moitié du VIe siècle par l'ermite Junien, fut doté par le roi Clotaire (11).

Nouaillé existait dès la fin du VIIe siècle ; on ne sait si ce monastère avait été fondé par Saint-Hilaire, ou était entré postérieurement dans la dépendance de l'abbaye (12) ; dans les dernières années du VIIIe siècle, la celle de Nouaillé fut restaurée, après les sécularisations dont elle avait eu à souffrir, comme d'autres monastères, de la part de Charles Martel et de ses successeurs immédiats ; des moines bénédictins furent installés à Nouaillé par Aton, abbé de Saint-Hilaire et évêque de Saintes; Louis le Pieux confirma l'oeuvre d'Aton (13).

Mairé et Nouaillé furent unis en 830, sous la direction du seul abbé de Nouaillé (14).

Ension et Saint-Martin de Vertou eurent aussi des origines distinctes avant d'être soumis l'un à l'autre.

Sur Ension, nous ne savons rien de bien précis ; le monastère existait à la fin du VIe siècle, quand il passa sous l'autorité de saint Martin, fondateur de Vertou, et de plusieurs autres celles, dont « Durinum » où il mourut vers l'an 600 (15)..

Nous ignorons la nature des liens qui purent subsister, après la mort de Martin, entre les monastères qu'il avait dirigés.

Vertou paraît être resté le monastère le plus important ; d'Ension, cependant, sortit Aicadrus, futur abbé de Jumièges, à la fin du VIIe siècle (16).

Lors des incursions sarrasines du VIIIe siècle, Ension fut saccagé et la régularité disparut, alors qu'elle paraît s'être maintenue à Vertou (17). Des habitudes communes avaient, cependant subsisté entre les deux monastères, telle celle de la double église, qu'on retrouve encore au IXe siècle (18).

Un dernier groupe monastique se situe en Bas-Poitou : celui des fondations de saint Philbert et de l'évêque Ansoald.

 Hério, d'abord, établi vers 674 sur un domaine de l'Eglise de Poitiers donné à Philbert, abbé de Jumièges, qui se trouvait alors en butte aux persécutions d'Ebroïn (19).

Puis Saint-Michel-en-L'herm, et Luçon, fondés par Ansoald, et probablement par Aicadrus pour Luçon (v. 687) (20) : là se trouve le rapport entre Ension et les monastères Philbertiens ; ces monastères entre eux conservèrent des liens personnels, dus aux origines communes et peut-être à l'abbé commun : au IXe siècle, l'historien de Saint-Philbert. Ermentaire, parlant de Luçon, dit : « ... vicus noster (21)... »

Nous ignorons presque tout du développement du patrimoine monastique au temps des mérovingiens.

Il fut enrichi par les donations des rois, des évêques et des simples fidèles : mais, à part celles de Clovis en faveur de Saint-Maixent et de Saint-Hilaire (22) ; et celles d'Ansoaldus pour Nouaillé, nous ne pouvons les situer concrètement (23). Malgré sa dépendance à l'égard de Saint-Hilaire.

 Nouaillé avait reçu la celle de Mazerolles restaurée ou fondée par le moine scot Romain (donation d'Ansoal, fin du VIIe siècle) (24) ; les noms de plusieurs autres « villae » possédées par Nouaillé dans les dernières années de l'ère mérovingienne sont connus mais c'est là une exception. Maire ne semble pas s'être développé de la même manière ; sans doute, la richesse de Saint-Hilaire rejaillissait-elle sur ses dépendances.

 

Nous ne savons pas davantage sur quels domaines s'étendait la nomination des abbés de Saint-Maixent, et sur quels manses ils levaient la dîme.

Les monastères du Bas-Poitou, implantés dans un pays encore sauvage, où les voies de communication étaient rares, où les quelques habitants étaient encore très peu christianisés, eurent un rôle de défrichement matériel et spirituel.

 Partis des côtes (Herio, Saint-Michel-en-Lherm et Luçon), ou des rivières (Vertou), ils pénétrèrent le pays par le littoral et par les vallées.

Martin de Vertou et ses moines suivirent les vallées de la Sèvre nantaise et de ses affluents la Maine et la Moine, fondant des celles et des églises en plusieurs points (25).

Les moines de Saint-Michel-en-L’herm avaient remonté le Lay et ses affluents ; ils avaient également longé la côte : nous retrouvons ainsi plusieurs églises dont la fondation paraît bien remonter à l'époque mérovingienne, et qui demeurèrent dans le domaine de l'abbaye.

Pour Luçon, le même processus a dû se renouveler ; mais nous sommes encore plus démunis pour affirmer que les biens et les dîmes possédés par le monastère en plein Moyen-Age dans les vallées voisines, avaient été, à l'origine, les lieux où les moines avaient implanté la Foi aux. VIIe et VIIIe siècles.

Dans le Bas-Poitou, il a fallu la fin du VIe siècle et la venue de Martin de Vertou pour voir se développer le christianisme ; cinquante années plus tard, les donations d'Ansoald de Poitiers à Philbert et à ses compagnons eurent certainement pour but d'amplifier ce mouvement d'évangélisation.

Je crois qu'il est permis de se représenter les monastères bas-Poitevins comme des noyaux de vie religieuse, poursuivant encore, à l'aube des temps carolingiens, la conversion des populations ; leur rôle, toutes proportions gardées, rappelle celui de Boniface aux confins septentrionaux et orientaux du royaume franc.

Depuis les monastères, les religieux organisaient de nouveaux centres de vie chrétienne, au fur et à mesure de leur progression. Je ne pense pas qu'il y ait eu pour de tels monastères une assise temporelle bien importante ; à cause de cela, ils ne durent pas perdre grand chose au cours des spoliations dont furent victimes les abbayes très riches du Haut-Poitou.

 

 

les Northmans (Vikings) sur l'île d'Her (Noirmoutier) Abbatiale bénédictine d' Hilbodus, abbé de Saint-Philibert

Depuis 820 que les Northmans étaient débarqués pour la première fois dans l'île d'Her, il ne s'était pas passé d'année sans qu'ils y revinssent ; mais les tempêtes des hivers les ramenaient ordinairement dans leur patrie.

 

II. — LE POITOU CAROLINGIEN, JUSQU'AUX PREMIERES INCURSIONS NORMANDES

 

Les raids Sarrasins (Saint-Hilaire fut brûlé en 732) (26), les expéditions et les conquêtes opérées par Pépin le Bref et Charlemagne en Aquitaine à la fin du VIIIe siècle, furent l'occasion de graves atteintes portées au patrimoine ecclésiastique.

M. Garaud expose dans un article récent (27), comment Charlemagne puisa dans les biens de l'Eglise pour assurer l'établissement de ses représentants en Poitou, et notamment des comtes.

Cette politique nous est dévoilée par des diplômes de Louis le Pieux et de Pépin Ier d'Aquitaine pour Saint-Hilaire et pour Saint-Maixent (808 et 827) (28).

Les textes relatifs à Saint-Maixent sont particulièrement explicites : il y est reconnu que l'abbaye, à la suite des concessions de Pépin le Bref et de Charlemagne, était tombée aux mains des comtes ; Louis le Pieux et Pépin s'attachèrent à remédier à une telle situation ; ils commencèrent à restaurer la Règle bénédictine et à établir à nouveau un abbé régulier ; les rois seuls, et leurs successeurs devaient garder des droits sur l'abbaye.

Enfin, une partie de leurs biens furent rendus aux moines et sur ceux qui avaient été distribués aux « Milites » à titre de bénéfices, la double dîme et la none furent exigées au profil des moines.

Ces dispositions en disent long sur les agissements dont eurent à souffrir les monastères sous les premiers Carolingiens.

Qu'était devenue la discipline monastique dans de telles circonstances ? Il est aisé d'admettre qu'elle eut beaucoup à souffrir.

 Reprenons le cas de Saint-Maixent : d'après Mabillon (29), Charlemagne aurait fait appel à un religieux du Mont-Cassin, Tetbert, pour restaurer l'ordre dans le monastère à la fin du VIIIe siècle ; or les diplômes concédés par Louis le Pieux en 815 et 827, font état chaque fois de la règle à remettre en honneur : les empiètements des comtes avaient dû entraver toute action réformatrice.

Malgré toutes les difficultés provoquées par la mainmise des souverains et de leurs fidèles sur le patrimoine des Eglises, de nouveaux centres de vie monastique furent créés au cours des dernières années du VIIIe siècle et les premières du IXe siècle en Poitou.

 

Histoire et donations, Concile de Charroux (juin 989)- Urbain II (janvier 1096)

Situé au centre d'un triangle formé par Poitiers, Angoulême et Limoges, Charroux fut fondé par Charlemagne. Un des comtes nouvellement créés et établis dans le pays d'Aquitaine pour le défendre contre les incursions des Sarrasins et des Gascons, Roger comte de Limoges et son épouse Euphrasie, n'ayant point d'enfants, eurent la pensée de consacrer un domaine et une somme d'argent à l'établissement d'un monastère.

 

Tout d'abord, Charroux, fondation du comte Roger de Limoges et de son épouse Euphrasie ; aux alentours de 769, dit la chronique de Maint-Maixent (30).

Charlemagne confirma l'oeuvre du comte, assura au monastère sa sauvegarde, et l'immunité (v. 791-800) (31).

Quelques années plus tard. Louis le Pieux accorda aux moines la liberté des élections abbatiales 815) (32) et renouvela le privilège d'immunité. Il dota l'abbaye de nombreux biens (830-834) (33).

L'évêque de Limoges de son côté, veilla à l'exécution du testament de Roger.

Un autre grand personnage, Baidulus, abbé de Marmoutier, fonda sur les rives de la Gartempe, en un lieu fortifié par ordre de Charlemagne, un monastère dédié aux martyrs Savin et Cyprien dont on venait de découvrir les reliques en cet endroit (34).

Des clercs, tout d'abord, habitèrent Saint-Savin ; puis Louis le Pieux confia le monastère à Saint-Benoît d'Aniane qui y installa une communauté bénédictine dont il fut l'abbé ; une vie religieuse intense s'y développa (35).

 A Poitiers même, c'est le roi Pépin Ier d'Aquitaine qui fondait l'abbaye de Saint-Cyprien (36) aux environs de 828 ; il obtint, dit-on, des reliques du saint Patron, grâce à la générosité des moines de Saint-Savin. Aucun autre, détail ne nous est connu sur les origines de Saint-Cyprien.

Tandis que se dessinait un mouvement de créations monastiques, les anciens monastères retrouvaient leur régularité, et en partie, leur patrimoine, par suite des dispositions bienveillantes des rois d'Aquitaine.

 L'évêque de Limoges Aton, qui était aussi abbé de Saint-Hilaire de Poitiers, restaura les bâtiments du monastère de Nouaillé (37) (dernière décade du VIIIe siècle) et y établit des religieux bénédictins ; il est possible que Benoît d'Aniane soit intervenu dans cette réforme.

Louis le Pieux approuva l'oeuvre d'Aton à Nouaillé (794) (38).

 Quelques années plus tard, le roi craignant pour les moines les entreprises des recteurs de Saint-Hilaire, les soustrayait partiellement à leur autorité ; il plaça le monastère de Nouaillé sous sa dépendance et autorisa les religieux à élire librement leur abbé ; il confirma l'immunité accordée en 794 ; cependant pour reconnaître les droits conservés par Saint-Hilaire sur Nouaillé, il s'engagea à payer sur le trésor royal un cens de cent sous à Saint-Hilaire ; de plus, il invitait les frères de cette abbaye désireux de vivre sous la règle de Saint-Benoît, à se retirer à Nouaillé (39).

Le roi Pépin Ier, en 827, (40), exempta le monastère de toutes les charges publiques, celles-ci devant être acquittées par Saint-Hilaire qui conservait son « dominium » sur Nouaillé.

La situation de Saint-Hilaire était beaucoup moins favorable à un renouveau religieux ; sans doute au temps de Louis le Pieux et de Pépin Ier, la règle d'Aix y fut-elle instaurée ; mais le monastère passa ensuite de mains en mains : d'abord aux évêques de Poitiers, Fredebert, et Ebroïn, au temps des luttes entre Charles le Chauve et Pépin II ; l'abbaye fut ensuite attribuée au comte de Poitiers, Ranoul Ier, allié de Charles le Chauve dans la défense contre les Normands ; c'est ainsi qu'elle demeura finalement dans les bénéfices détenus par les comtes de Poitiers (41).

Saint-Maixent eut plus de chance ; grâce aux décisions prises par les rois Louis et Pépin en 828 (42), la vie religieuse put s'y épanouir de nouveau ; les biens restitués par les deux Carolingiens, et l'exemption de toutes les charges publiques, permirent aux moines de subsister.

 

Les tribulations de Saint Florent du Mont-Glonne (fuyant l'invasion des Normands vers le Berry) -

La première histoire du monastère de Saint-Florent, écrite au XII e siècle par un moine anonyme et recueillie par dom Martenne dans sa collection Veterum Scriptorum, a servi de base à toutes celles qui l'ont suivie.

 

 En Bas-Poitou, le monastère philbertien d'Herio fut très florissant au cours du premier tiers du IXe siècle ; son abbé, Arnoul (mort en 839, mais retiré dès 825) (43), dirigeait en même temps Saint-Florent au Montglonne ; collaborateur de Benoît d'Aniane dans la réforme des monastères aquitains, il participa activement au concile d'Aix (817).

La même année, Louis le Pieux avait exempté le monastère de toute charge militaire, et de toute corvée (44).

Les deux celles de Saint-Michel-en-Lherm et de Luçon, restèrent ou revinrent dans l'orbite d'Herio et de l'abbé Arnoul.

 

La légende de Saint Philbert et les Vikings ou la véritable histoire des 1200 ans de l'abbaye de Déas - 

Un site unique en Europe. Un joyau architectural de plus de 1200 ans...c'est en pénétrant dans l'enceinte de l'ancien monastère par le prieuré, remanié au 18 e siècle, que vous traverserez les siècles. La localité qui porte aujourd'hui le nom de Saint-Philbert-de-Grandlieu n'apparaît pas dans l'histoire avant le VIIe siècle.

 

Celui-ci avait fondé, vers 818, le monastère de Déas, près du lac de Grandlieu. L'empereur l'avait autorisé à utiliser les eaux de la Boulogne, pour les besoins de son nouveau monastère (819) (45).

Ainsi, qans le premier tiers du IXe siècle, après les spoliations dont avaient été victimes plusieurs monastères Poitevins du fait des premiers Carolingiens, la vie religieuse avait repris dans toutes les abbayes ; elles avaient retrouvé une certaine indépendance matérielle, et l'autorité exercée sur elles par les rois d'Aquitaine leur était favorable ; la vie régulière était restaurée, par la volonté de Louis le Pieux et de Pépin Ier ; l'action de saint Benoît d'Aniane, abbé de Saint-Savin, s'étendit très probablement à Saint-Cyprien, Saint-Maixent et Nouaillé ; tandis qu'Arnoul, abbé d'Herio, agissait en Bas-Poitou et sur la Loire (Montglonne).

 Les incursions des Normands, les luttes entre les Carolingiens, les ambitions rivales des principales familles Poitevines allaient compromettre et parfois réduire à néant les espoirs qu'avaient fait naître en Poitou les règnes réparateurs de Louis, et de Pépin Ier.

 

 

Les trois pagi de Mauges, Tiffauges, Herbauge - Délimitation du Pays des Mauges avant le XIe Siècle (carte) -

Jusqu'au IXe siècle, le diocèse de Poitiers avait au nord- ouest la même limite que le pays des , c'est à dire la Loire , depuis son embouchure jusqu'à son confluent avec le Layon (1). Ce sont les conquêtes des rois bretons qui portèrent atteinte à l'intégrité de cette vaste circonscription.

 

III. — LES INCURSIONS NORMANDES,

ET LEURS CONSEQUENCES POUR LES MONASTERES POITEVINS

 

Dès 819, dans le diplôme de Louis le Pieux pour le monastère d'Herio dont il a été question plus haut (46), la raison donnée pour la construction de Déas par les moines est la suivante : ... propier incursiones Barbarorum, qui frequenter ipsum monasterium (Herio) depopulantur... » Herio fut ruiné par les Normands en 834 ou 835 (47), et les moines, sous la conduite de l'abbé Hilbod s'enfuirent jusqu'à Déas ; peu après (835) (48), le comte d'Herbauges, Renaud, livra bataille aux païens à Herio ; devant les opinions contradictoires des chroniqueurs sur l'issue du combat., M. Garaud (49) penche pour la thèse d'Ermentaire, qui parle d'une victoire des chrétiens ; mais ce fut un succès sans lendemain, car les moines renoncèrent à revenir à Herio et emportèrent sur le continent les reliques de saint Philbert (juin 836) (50).

 

Les Vikings à Noirmoutier - Les moines de Saint Philibert abandonnent les Conches des Normands -

Ils arrivèrent une autre fois au port de l'île d'Her, appelé la Conche, sans éprouver de résistance, et ils y commirent des massacres sur ceux qui n'avaient pas eu le temps de fuir.

 

Dès lors, les Normands s'installent à demeure à Herio, au moment du sac de Nantes (juin 843) (51) de cette base, ils ravagent les pays d'Herbauges de Tiffauges et des Mauges, ainsi que le rapporte la chronique de Nantes : « ... igitur, cum isti erudelissimi Normanni Nanneticam urbem et territorium ejus ; vicos et castella Metallicae regionis et Thoephagiae et Herbadillicae dissipassent, oneratis navibus plurima multitudine captivorum atque magna congerie auri et argenti et ornamenti, per alveum Ligeris navigante usque Herio insulam regressi sunt (52)... »

C'est à cette époque qu'il faut placer la fuite des moines de Vertou ; par la vallée de la Sèvre vers l'Est.

M. Garaud. dans sa remarquable étude sur les incursions normandes (53). fait remarquer l'organisation dont les Normands firent preuve à partir des années 846-847 : ils pénètrent toujours plus avant dans les terres, soit par les rivières, soit par les chemins, et à marches forcées, à pied, puis à cheval, tombent à l'improviste sur les villes et les monastères.

A ce moment furent détruits les celles de Lucon et de Saint-Michel-en-Lherm (852-853). Vint le tour de Saint-Florent-au-Montglonne : les Normands établirent là une nouvelle base, dans une île de la Loire en face du monastère : dès lors, ils pouvaient étendre leurs raids vers le Haut-Poitou.

Poitiers qui échappa en 855, fut ravagé en 857 par des bandes Normandes à la solde de Pépin II, en lutte contre Charles le Chauve

 Saint-Hilaire fut mis à sac six ans plus tard ; il est probable que la destruction de Saint-Cyprien et de Saint-Junien de Nouaillé remonte à la même époque.

Ainsi, entre 843 et 865, le Poitou fut parcouru en tous sens, et ravagé par les bandes Normandes ; comme le dit Ermentaire : « ... nullus paene locus, nullum intactum remanei monasterium... » Seule des abbayes poitevines; Saint-Savin subsista, grâce à ses murs, et à son éloignement relatif.

Les religieux en fuite y affluèrent, y apportant leurs reliques pour les mettre à l'abri (54).

Dans le dernier tiers du IXe siècle, la réaction contre les Normands se fit plus vive ; sous la conduite de Ranoul II de Poitiers et de Bougrin d'Angoulême, la lutte s'organisa (55) ; au début du Xe siècle, on voit les religieux de Charroux rapporter d'Angoulême les reliques qu'ils y avaient transportées (56).

 

LA NAISSANCE DE BOURGUEIL ET DE MAILLEZAIS (987-990). Abbayes de l'abbé Gausbert 

Dès avant sa promotion à la dignité abbatiale, Gauzbert fut appelé à coopérer à la naissance de deux grands monastères : Maillezais (43) et Bourgueil (44) ; ce fut vers les années 987-989 ainsi que nous tenterons de l'établir dans quelques instants.

 

 Le Bas-Poitou, cependant, souffrit encore des bandes installées en Bretagne ; les populations furent décimées : au moment des fondations de Maillezais (fin du Xe, début du XIe et de Sainte-Croix de Talmont (milieu du XIe siècle), il fallut amener des paysans d'autres régions (57).

 

L'ABBAYE DE SAINTE-CROIX DE TALMOND SAINT HILAIRE - DESCRIPTION 

La vie chrétienne monastique est d'origine orientale, et ne fut introduite en Occident, qu'au commencement du Ve siècle. Dans nos contrées, ceux qui se réunirent dans une même habitation, pour s'astreindre à la vie conventuelle, obéirent à un supérieur qu ils se donnèrent et dont la nomination devait être confirmée par l'évêque de la province et ratifiée par le pape.

 

Mais les grands raids étaient terminés ; au Xe siècle passe encore dans les récits des chroniqueurs la hantise de ces jours terribles ; peu de véritables alertes, pourtant, sont à mentionner désormais.

 La dernière se situe au début du XIe siècle, au temps de Guillaume le Grand, dans la basse vallée du Lay : il s'agissait de bandes isolées (58).

La formation du duché de Normandie (911) ; la consolidation de la principauté d'Aquitaine entre les mains des comtes de Poitiers ; les liens familiaux qui unirent les maisons de Normandie et de Poitou grâce au mariage de Guillaume Tête-d'Etoupe et d'une soeur de Guillaume Longue-Epée (935), avaient mis un terme à un siècle de terreurs et de destructions.

Avant de considérer le relèvement des monastères depuis la fin des incursions normandes, il paraît nécessaire d'évoquer les migrations des moines chassés par les bandes païennes, et les conséquences qu'elles eurent.

Tous les monastères poitevins, à l'exception de Saint-Savin, subirent des destructions à une date plus ou moins avancée du IXe siècle.

 Le premier touché fut Herie (59), dont les religieux réfugiés à Déas en 835 durent fuir à nouveau vers l'est, en 847.

 

Abbaye Notre-Dame de Cunault des moines de Saint Philibert de Déas - Le droit de sépulture. Charte de l'an 1075

Au IXe siècle, les moines sont chassés par l'invasion des Vikings. Réfugié à Tournus en Bourgogne, le prieuré va devenir une dépendance de l'abbaye de Tournus.



Déas ayant été incendié, Hilbod conduisit ses moines à Cunault en Anjou ; leur séjour y fut encore plus bref ; on les retrouve en Poitou ; puis dans le « pagus » fin Mans 854-855), le corps de Saint-Philbert resté d'abord à Déas est porté à Cunault (860).

 

L'Histoire millénaire de l'Abbaye Saint Philibert de Tournus
Du 17 mars au 8 novembre, les festivités tournusiennes vont être rythmées par le Millénaire de l'abbaye. Tournus et ses environs occupent une position très favorable sur la grande voie naturelle Saône-Rhône, par où, depuis la plus haute antiquité, les peuples du Nord et ceux du Midi se sont pénétrés.

 

Les moines poursuivirent leur exode jusqu'à Saint-Pourçain, en Bourbonnais ; et finalement se fixèrent à Tournus en Bourgogne sous l'abbatiat de Gilon (875) avec les reliques de Saint-Philbert.

L'abbaye se perpétua en ce lieu si loin des rivages atlantiques ; l'antique monastère d'Herio ne fut plus désormais qu'une dépendance de Saint-Philbert de Tournus, ainsi que les autres monastères qui avaient abrité les moines errants.

Les migrations des moines de Saint-Philbert sont les plus connues, mais il en eut d'autres, celles des religieux de Saint-Martin de Vertou de Saint-Maixent, et de Charroux.

Le sac de Nantes, le 24 juin 843, provoqua la fuite précipitée des moines de Vertou ; les uns s’embarquèrent sur la Sèvre Nantaise ; les autres prirent la route de la vallée, sous la conduite de leur abbé Raimbaud et de Badilon, avoué du monastère. D'après le moine Letaldus, auteur des « miracula et translatio S. Martini (60) »..., ils durent s'arrêter à Vihiers puis à Saint-Varent, avant d'atteindre Ension ; ce monastère avait appartenu à Martin de Vertou, et en parlant, Letaldus le désignait encore comme une celle de l'obédience de Vertou. Des chanoines l'occupaient et reçurent fort mal les moines fugitifs. Ceux-ci poursuivirent leur foute jusqu'en Auvergne où ils trouvèrent le roi Pépin II ; un diplôme du roi leur donna le domaine de Bransat, près de Saint-Pourçain, et enjoignit au comté de Poitiers de contraindre les chanoines d'Ension à quitter les lieux pour laisser la place aux moines de Vertou, ou à revêtir la coule (v. 847) (61). L'ordre de Pépin fut exécuté ; les moines s'établirent à Ension, déposant les reliques de saint Martin, et de saint Jouin dans une des deux églises du monastère : désormais, ils étaient fixés et Vertou devint une dépendance de Saint-Jouin de Marnes. L'abbaye eut à subir un peu' plus tard les coritre-coups des luttes entre les Bretons et la maison de Thouars ; la discipline se relâcha, à la suite des épreuves de l'exil, et dût être restaurée dans la première moitié du Xe siècle.

Les moines de Saint-Maixent durent quitter leur monastère peu avant 866, date à laquelle leur présence à Saint-Sauveur de Redon est révélée par le cartulaire (62) : il est permis de dater leur départ de l'année 863, particulièrement néfaste pour tout le Poitou. Réfugiés à Redon, ils reçurent du chef Breton Salomon le domaine de Plélan-le-Grand, devenu par la suite Saint-Maxent, où ils mirent en sûreté les reliques de leur fondateur ; moines de Saint-Maixent et de Saint-Sauveur semblent avoir vécu en communauté pendant une trentaine d'années (63). L'aventure aurait pu s'arrêter là, et l'abbaye de Saint-Maixent disparaître pour toujours : or, les incursions normandes qui se faisaient plus rares en Poitou, s'intensifièrent en Bretagne ; sur les instances du vicomte de Thouars, Aimeri Ier (64), un groupe de moines quitta Redon et reprit le chemin de Saint-Maixent avec les reliques ; de nouvelles attaques normandes les détournèrent vers l'est ; les moines s'arrêtèrent à Ingrandes, puis a Candé; ils allèrent, dit la légende, jusqu'en Bourgogne ; on les retrouve en Auvergne (fondation d'Ebreuil) puis en Limousin (fondation de Meymac) ; les reliques de Saint-Maixent revinrent enfin dans leur ancienne demeure, tandis qu'Ademar de Thouars devenait abbé de Saint-Maixent par la faveur du comte de Poitiers, Ebles Manzer (v. 903) 65).

Pour en terminer avec les errances des moines poitevins, il convient d'ajouter quelques mots à propos de Charroux. Les moines de cette abbaye emportèrent une première fois leurs reliques et leurs objets précieux à Thiers (66), ville fortifiée sur laquelle ils avaient des droits du fait du testament de la comtesse Euphrasie leur fondatrice ; un groupe de religieux y fut laissé pour garder ce précieux dépôt (fin IXe siècle).

Une nouvelle menace normande, au début du Xe siècle les fit partir pour Angoulême, où ils furent accueillis avec faveur par le comte Audouin car ils avaient apporté avec eux la relique de la vraie Croix ; toute inquiétude étant écartée, les moines voulurent regagner Charroux ; Audouin s'opposa au départ des reliques ; après sept ans de difficultés, les religieux de Charroux obtinrent de Guillaume II Taillefer, comte d'Angoulême, fils d'Audouin, de repartir avec le bois sacré (916) ; ils reçurent même en réparation des avanies subies, la « villa " de Loubillé (67).

 

 

Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus

L'histoire du Poitou, avant la conquête de Jules-César, était enveloppée dans une nuit profonde : on ne connaît pas même l'ancien nom de cette province qui n'a été appelée Pictia qu'après l'arrivée des Pictones, nation Scytique qu'il ne faut pas confondre avec les Pictes, qui ne vinrent en Poitou que plus de douze cents ans après leurs devanciers (1).

 

 

BILAN DES INCURSIONS NORMANDES

 Ainsi, pendant près d'un siècle, les bandes normandes passèrent et 'repassèrent sur le Poitou, tuant les habitants, ravageant les villes, les villages, les monastères.

Les moines qui commençaient à ressentir les effets bienfaisants de la politique religieuse de Louis le Pieux et de Pépin Ier, en même temps que de la réforme opérée par Benoît d'Aniane et Arnoul d'Herio, furent brutalement jetés sur les routes, obligés de fuir avec leurs reliques et quelques objets précieux.

Certains des plus brillants foyers de la vie monastique, tel Herio, s'éteignirent, et ne retrouvèrent ensuite qu'une bien faible flamme.

 D'autres comme Saint-Maixent, tombèrent dans la main de grands féodaux vassaux des comtes de Poitou.

Les biens des abbayes furent usurpés par les grands, et une bonne part ne leur revint jamais ; quelques exemples illustreront cette situation : en 904, lors d'un plaid tenu par le comte Ebles Manzer, les religieux de Nouaillé se plaignirent des agissements d'Audebert de Limoges qui avait mis la main sur la forêt de Bouresse, appartenant au monastère (68).

En 925, les moines de Saint-Maixent reçurent restitution de biens dans la viguerie de Tillou (69).

Au milieu du Xe siècle, le biographe d'Ebles de Poitiers, évêque de Limoges, abbé de Saint-Maixent et de Saint-Michel-en-Lherm, nous le montre s'employant à faire rendre aux monastères les biens jadis possédés par eux (70).

Mais pour quelques mentions de terres, de droits, d'églises restitués aux abbayes, combien nous sont inconnus, qui ne rentrèrent jamais dans le patrimoine dont ils avaient été distraits.

A côté de ces conséquences néfastes, on peut cependant rappeler que la dispersion des moines fut à l'origine de plusieurs monastères nouveaux : Ebreuil et Meymac furent fondés par les moines de Saint-Maixent (71). Thiers, puis Issoire, par ceux qui avaient été chargés de veiller sur les reliques dé Charroux (72). Il ne subsista guère de liens entre ces fondations faites aux hasards des pérégrinations, et les anciens monastères reconstitués ; on alors, comme pour Saint-Jouin et Vertou, et surtout comme pour Tournus et Herio, le foyer d'où avait jailli la flamme devint une simple dépendance de l'abbaye née de l'exode.

Peut-être aussi, la pauvreté dans laquelle leurs malheurs plongèrent les moines fut-elle favorable à une plus grande rigueur de vie ?

Au milieu de tous ces bouleversements, l'abbaye de Saint-Savin échappa à la destruction ; elle reçut nombre de fugitifs, parmi lesquels les moines de Saint-Florent au Montglonne et de Glanfeuil, lors des raids normands sur la vallée de la Loire ;

voici ce qu'écrit à ce propos Radulfus Glaber : « ... hostium infestationibus expulsis monachis a monasterio cognomenio Glannofolio, quod ipse (Maurus) construxerat, sicut in gestis ejus habitur in Andegavense territorio, venientes ad monasterium sancti Savini confessoris Pictavensis... ibique per aliquod spatium temporis eaque didicerant operam dedere... » (73).

La vie monastique, telle que l'avait enseignée saint Benoît d'Aniane, continua son cours, enrichie et fortifiée par les apports extérieurs ; elle allait porter des fruits dans toute l'Aquitaine.

 

 

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REVUE MABILLON, an 1963.

Le texte que je présente ici est celui d'une communication que j'ai faite au cours du IXe Congrès international pour l'étude du Haut Moyen-Age occidental. Ce Congrès se tenait à Poitiers du 24 au 30 juillet 1961 et le thème général était l'étude des diverses institutions du Poitou avant l'an mil.

J'ai eu le grand honneur de présenter aux congressistes l'évolution de la vie monastique en Poitou depuis les origines jusqu'à l'an Mil

(1) M. GARAUD, Observations sur les vicissitudes de la propriété ecclésiastique dans le diocèse de Poitiers, du IXe an XIIe s. dans : Bull, de la Société des Antiquaires de l'Ouest, t. V (1960), p. 359.

(2) Il semble que l'existence de telles communautés, chargées d'une basilique funéraire, ait été assez fréquente.

(3) MABILLON, Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, t. I, pp. 528 et suiv.

(4) Ibidem.

(5) Nous ne possédons aucun élément qui puisse nous éclairer sur la règle suivie dans les monastères poitevins de ce temps.

(6) Grégoire de Tours, Hist., livre II, pp. 67 et suiv.

(7) MABILLON, Acta sanctorum..., t. II, pp. 680 et suiv.

(8) An concile d'Autun, entre 663 et 680, il est question de la règle de Saint Benoît (cf. Concilia aevi merovingici, édit. F. Maassen dans M. G. H. concil. (1893), p. 221.

(9) MABILLON, Acta sanctorum..., t. II, p. 697.

(10) Voir ce qu'en dit M. GARAUD, OUV. cité, pp. 359 et suiv.

(11) MABILLON, Acta sanctorum..., t. I, pp. 307-319.

(12) LEVILLAIN, Les origines du monastère de Nouaillé, dans B. É. C. 1910, pp. 38-39.

(13) La restauration de Nouaillé par Aton date des toutes dernières années du VIIIe s. Le roi d'Aquitaine confirma cette oeuvre (cf. Dom de MONSABERT, Chartes de l'abbaye de Nouaillé, dans Arch. hist. du Poitou, t. XLIX, chartes n° 6 et 8.

(14) Dom de MONSABERT, Chartes de l'abbaye de Nouaillé... chartes n° 8 et 12. P. MARCHEGAY et MABILLE, Chroniques des églises d'Anjou, 1869, pp. 355-356.

(15) La vie de Saint Martin de Vertou par un moine anonyme de la fin du x° s. a été éditée par B. KRUSCH, M. G. H., SS. Rerum Merovingicarum, t. III, p. 573.

Sur le même sujet, cf. Miracula et translatio S. Martini Vertavensis dans Acta sanctorum bolland., octobre, t. X, pp. 805-817; commentaires p. 798.

(16) MABILLON, Acta sanctorum..., t. II, p. 956, qui édite la Vita s. Aicadri, abbatisGemeticensis.

(17) Miracula et translatio S. Martini Vertavensis, déjà cités.

(18) Ibidem.

(19) Vita S. Filiberti abbatis, dans : POUPARDIN, Monuments de l'Histoire des abbayes de Saint-Philbert, 1905.

(20) S. Aicadri, p. 956.

(21) POUPARDIN, Monuments de l'Histoire..., p. 64 et p. 81.

(22) M. GARAUD, Observations sur les vicissitudes..., p. 359.

(23) Ibidem.

(24) Ibidem.

(25) Miracula et translatio S. Martini Vertavensis, déjà cités.

(26) CROZET, Histoire du Poitou, coll. Que sais-je ? 1949, p. 33.

(27) M. GARAUD, Observations sur les vicissitudes..., pp. 357-377.

(28) Ibidem, p. 360.

(29) MABILLON, Annales ordinis S. Benedicti, t. II, p. 392.

(30) Chronique de Saint-Maixent, Edit. Marchegay et Mabille, p. 352.

(31) Dom de MONSABERT, Chartes et documents pour servir à l'histoire de Charroux, dans Arch. Hist. du Poitou, t. XXXIX (1910), p. 4.

(32) Ibidem, p. 13.

(33) Ibidem, pp. 15-17.

(34) Acta translationis S. Savini martyris, dans Patrologie latine, t. CXXVI, col. 1049-1056.

(35) Vita S. Benedicti Anianae, Edit. G. Waitz, M. G. H.. Scriptorum, XV, 1er partie, p. 214.

(36) Chronique d'Adèmar de Chabannes, Edit. Chavanon, livre III, ch. 16, p. 131 et Chronique de Saint-Maixent, Edit. Marchegay et Mabille, p. 361.

(37) Dom de MONSABERT, Chartes de l'abbaye de Nouaillé, n° 6 et 8.

(38) Ibidem, n° 6.

(39) Ibidem, n° 9. Et M. GARAUD, Observations sur les vicissitudes..., pp. 361-362.

(40) M. GARAUD, Ibidem, p. 362.

(41) Ibidem, pp. 362-363.

(42) A. RICHARD, Chartes et documents pour servir à l'histoire de l'abbaye de Saint-Maixent, dans Arch. hist. du Poitou, t. XVI (1896), p. 5.

(43) MABILLON, Annales ordinis sancti Benedicti, t. Il, p. 406.

(44) E. LESNE, Histoire de la propriété ecclésiastique..., pp. 449-493 et Poupardin, monuments de l'Histoire des abbayes de Saint Philbert.

(45) Historiens de France, t. VI, p. 516.

(46) Ibidem.

(47) La date-précise de cette destruction est discutée. Adémar de Chabanne dit : juin 830 (livre III, eh. 16, p. 131 de l'édit. Chavanon). La chronique d'Aquitaine dit: le 20 août 835, ainsi que les « annales Engolismenses »; ces deux dernière» sources sont généralement plus sûres qu'Adémar de Chabannes.

(48) Adémar de Chabannes, livre III, eh. 16, p, 131 ; « de translatione », I. III, ch. 9, p. 67.

(49) M. GARAUD, Les incursions normandes en Poitou et leurs conséquences, dans Revue historique, t. CLXXX (1937), p. 250, n° 1.

(50) Annales Angolismenses. anno 836. Chron. Aquitanicam, anno 836.

(51) Chronique de Nantes. Edit. Merlet (1896), pp. 18-19.

(52) Ibidem.

(53) M. GARAUD, Les incursions normandes..., pp. 251-252.

(54) Raoul Glaber, Edit. M. Prou, p. 66.

(55) M. GARAUD, Les incursions normandes.... p. 258.

(56) Adémar de Chabannes, livre III, ch. 23, p. 144.

(57) Chronique de Pierre de Maillezais, Edit. Migne, Patrologie latine, t. CLVI, col. 1249-1350.

(58) A. RICHARD, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 174, n° 1.

(59) Cf. note 47.

(60) et translatio S. Martini Vertavensis, pp. 8144)17.

(61) L. LEVILLAIN, Actes de Pépin Ier et Pépin II, pp. 217-221, acte LV.

(62) A. de COURSON, Cartulaire de Redon (1863), pp. 184, 183, 189-192, 194, 204, 209, 228-230.

(63) Acta sanctorum holland., octobre, t. I, pp. 443 et suiv.

(64) A. RICHARD. Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 57.

(65) Ibidem, p. 55.

(66) Le « liber de constitutione » (Edit. Monsabert, Chartes et documents, pp. 1 et suiv.) laisse entendre que cette première fuite se situerait entre 892 et 902.

(67) Adémar de Chabannes, 1. III, ch. 23, p. 144.

(68) Dom de MONSABERT, Chartes de l'abbaye de Nouaillé, doc. n° XXXII.

(69) A. RICHARD, Chartes et documents..., doc. n° XI.

(70) Ibidem, doc. n° XXIII.

(71) Adémar de Chabannes, 1. III, ch. 23, p. 144.

(72) Addimentum de reliquiis S. Austremonii, dans Acta sanctorum holl. novembre, t. I, pp. 80-81.

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