Hypothétique chemin part la Loire des reliques Saint Florent du Mont Glonne

La première histoire du monastère de Saint-Florent, écrite au  XII e siècle par un moine anonyme et recueillie par dom Martenne dans sa collection Veterum Scriptorum, a servi de base à toutes celles qui l'ont suivie.

On lit dans cette histoire que les moines du Mont-Glonne, fuyant l'invasion des Normands, emportèrent les reliques de leur patron et allèrent chercher un asile près des moines de Tournus, en Bourgogne ; que les temps étant devenus plus calmes, ils revinrent dans Ieur pays, mais avec la douleur d'abandonner les reliques de leur patron, que leurs hôtes  ne voulurent pas leur restituer….. (==> L’Histoire millénaire de l’Abbaye Saint Philibert de Tournus)

 

Au IVe siècle, l'ermite Florent d'Anjou disciple de saint Martin, se retira au Mont-Glonne vers 390 et évangélisa la contrée.

S. Florent ne fut pas abbé, mais il laissa au MontGlonne des disciples qui, réunis en communauté, adoptèrent plus tard la règle Bénédictine.

 

S. Florent est dit encore Aquitain, parce que le Mont-Glonne fit partie de l'Aquitaine jusqu'au XVe siècle « Mons Glonna in extremis Aquitaniœ partibus, non longiuscule Ligeris a ripa sepositus (1). » (Carte Celte Gaule Peuples Gaulois)

Martène. Collect. ampl., t. V, col. 1084. • Monasterium sanctae Mariae et sancti Petri de Ferrariis... monasterium sancti Florentii…. quibus veluti quibusdam lychnis totum decoratur Aquilania regnum.. » Ludovici pii biograph., apud duChesm, Scriptor. Franc., t. Il, p. 293.

 Il parait certain que le pays des Mauges n'a été annexé définitivement  à l'Anjou que par suite de la bataille de St-Jouin, en 1033, et du traité île 1037, en vertu duquel Guillaume le Gros, comte de Poitou, fut rendu à la liberté par le comte d'Anjou.

(Guillaume est battu et fait prisonnier par le comte d'Anjou Geoffroi Martel, fils de Foulques Nerra le 20 septembre 1033 près de Saint-Jouin-de-Marnes. Il n'est libéré contre rançon que trois ans plus tard. Il repart immédiatement en guerre en 1036, mais est battu à nouveau, et doit céder l’île d’Oléron.)

 (Répertoire, archéologique de l'Anjou, 1863, p. 14.)

 

 

C'est un fait acquis à l'histoire que S. Florent vécut et mourut au Mont-Glonne, plein de jours et de mérites. C'est là aussi que nous devons chercher le lieu de sa sépulture et l'attester par des documents authentiques.

 

 

Des deux églises de S. Florent-le-Vieil, l'une l'église abbatiale, était sous le vocable du Sauveur, l'autre, l'église paroissiale, sous le patronage de S. Pierre. Celle-ci, bien évidemment, avait succédé à l'oratoire élevé par S. Florent et il y avait nécessité à la maintenir en cet endroit sanctifié par les prières de l'apôtre du Mont-Glonne.

Celle-là, au contraire, à quelques pas seulement de distance de l'autre, eut pour motif de sa construction, non un besoin auquel l'église primitive pouvait suffire, mais une raison majeure de convenance et de vénération. Car il est incontestable que là fut inhumé S. Florent et que là il resta plusieurs siècles, jusqu'à ce que, levé de terre, son corps précieux commençât la longue suite de ses pérégrinations.

Dom Huynes détermine rigoureusement le lieu de sa déposition que rend d'autant plus certain la tradition populaire :

« Entre les deux autels sçavoir le dominical et le matutinal (à S. Florent-le-Vieil), on trouva trois tombeaux du temps de l'abbé Frederic (1), et voicy ce que nous en apprend l'histoire domestique. On sçait par tradition que le sepulchre de S. Florent, auquel fut ensevely son saint corps étoit là et du costé des pieds par un trou de muraille on y regardoit. » Dom Huynes, f 73, verso (2).

Au IXe siècle, Louis le Débonnaire témoignait en faveur de la tradition reçue, lorsque, dans un privilège accordé à l'abbaye Bénédictine, il disait que le corps du bienheureux confesseur reposait dans le monastère du Mont-Glonne qui déjà portait le nom, le seul usité depuis, de son glorieux apôtre S. Florent « Concessimus eis quoddam rnonasterium, quod est situm in territorio Pictavensi supra ripam Ligeris, quod dicitur Glonna, sive S. Florentius, ubi idem beatus confessor Christi corpore quiescit. » Mabillon, Annal. Benedict., t. Il, p. 739.

 

Le corps de S. Florent, depuis l'an 848, subit une foule de vicissitudes qu'il importe de relater, au moins sommairement, pour prouver l'identité et l'authenticité des reliques que possède le diocèse d'Angers. J'irai rapidement dans cette revue rétrospective, parce qu'il s'agit de faits déjà connus et longuement narrés par les historiens.

 (1) Il gouverna l'abbaye de 1022 à 1025.

(2) Histoire de l'abbaye royale de S.-Florent, près Saumur, ordre de S. Benoît (1647). Comme il existe plusieurs copies de cet important manuscrit dont l'original appartient aux archives de la Préfecture, je préviens que toutes mes citations sont prises dans la copie qui existe à la bibliothèque de la ville.

 

 À la fin du VIIIe siècle, sous l'abbé Abaldus, commence à s'organiser autour d'une règle une communauté religieuse. Charlemagne fait construire le monastère, en le dotant de « marbre et d'une admirable architecture ». Il lui remet également une vase dit du Saint Graal. Louis le Pieux fait revenir des moines d'Italie et les installe au monastère pour y installer la règle bénédictine

848. L'abbaye de S. Florent au Mont-Glonne est dévastée par le Breton Noménoé.

Les religieux quittent précipitamment l'abbaye, qui se transforme en solitude et emportent avec eux le corps de leur saint patron.

Charles-le-Chauve les autorise à le déposer dans la cellule de S. Gondon au pays de Bourges (1). Voici le texte du diplôme impérial :

« Preceptum incliti regis Karoli ad Hecfridum abbatem ubi ei largitur cellulam sancti Gundulfi ad trasferendum in eam corpus sancti Florencij.

 In nomine sancte et individue Trinitatis Karolus Dei gratia rex. Quicquid pro utilitate ac necessitate servorum Dei facere contendimus profuturum nobis et ad eternam beatitudinem facilius obtinendam et presentem vitam felicius transigendam procul dubio confidimus. Itaque noverit omnium sancte Dei ecclesie fidelium nostro

 

(1) « Monachi cum corpore S. Florentii, jussu piissimi Regis Caroli, in partibus Franciae ad locum S. Gundulfi (in pago Biturico), quem idem praecellentissimus Rex jam pridem huic loco (S. Florentii) contulerat. post combustionem hujus loci a Nomenoio Britone illatam,sed quomodo exinde migrarunt et ad Tornacum perrexerunt, omnino ignoratur. » (Chronique citée par les Bollandistes) « Igitur oravit suppliciter (Regem Carolum) idem venerandus Abbas (Hecfredus) ut ad suorum refugium monachorum et ad receptionem sacratissimi corporis B. Florentii concedere sibi dignaremur cellam... in qua cellula S. Gundulfus reverenter colitur humatus. » (Mabillon, Annal., t. II, p. 752.)

Répertoire_archéologique_de_l'Anjou_Commission_archéologique_bpt6k426692n (2)

Ce diplôme, donné d'abord à l'abbé Didon, puis à Raoul, également abbé, fut enfin, l'an 866, le 16 janvier, confirmé par le même Charles le Chauve, à la demande de l'abbé Herfroid.

Le texte, que je viens de reproduire et qui fait allusion aux invasions des Normands est emprunté au Livre noir de l'abbaye de S. Florent (1).

849. Les terreurs passées, l'abbaye est reconstruite; néanmoins les saintes reliques restent à S. Gondon, jusque vers l'an 881.

853. L'abbaye est ravagée par les Normands, qui viennent de Nantes, en suivant le cours de la Loire « Anno Domini DCCCLIII, Northmanni, mense julio, relicta Sequanâ, Ligerim adeuntes, Namnetim urbem et monasterium sancti Florentii ac vicina loca populantur (2). »

881 ? Le corps de S. Florent quitte S. Gondon et est porté en Bourgogne, à l'abbaye de Tournus (3). « Monachi, dit un chroniqueur cité par les Bollandistes, cum corpore S. Florentii fugiunt in partes Burgundia, Tornacum monasterium expetunt…. sicque locus Glonnensis cœnobii in solitudinem redactus cœpit esse ferarum, qui prius fuerat habitatio hominum. »

(1) Archiv. de la Préfect. Ce Livre ou Registre des chartes concédées â l'abbaye, était ainsi nommé, à cause de sa couverture en peau noire.

(2) Du Chesne, Recueil des Historiens de France, t.II, p. 525.

(3) Saône et Loire.

911 ou 912. Rollon s'étant fait chrétien et ayant conclu la paix avec Charles le Chauve, les moines de S. Florent, qui avaient reçu l'hospitalité à Tournus, désirèrent retourner en Anjou. Mais les religieux de Tournus ne voulurent pas leur rendre le précieux dépôt qui leur avait été confié.

Quelque temps après, le moine Absalon usant de stratagème, enleva le corps de Saint- Florent dans une peau de cerf,  après plusieurs jours de marche et de dangers, il arriva à Tours, se rendit à Montsoreau ; puis, suivant le cours de la Vienne, il s'arrêta dans un lieu qui avait appartenu aux moines, et y déposa son pieux fardeau (année 948).

Ce lieu avait à l'orient la Vienne et à l'occident le château nommé Truncus.  Ce fort, situé sur l'emplacement qu'occupe celui de Saumur,  était désigné sous le nom de Truncus, parce que, par sa forme et son exiguïté, il présentait l'aspect d’un tronc d'arbre.

« Absalon (a) juxta Vigennam fluvium secutus , devenit tandem ad quoddam prœdium Sancti-Florentii (b). Habebat autem Iocus  iste ab occidente vero castrum Truncum. Fuit in loco ubi nunc eminet “SALMURUS, ab antique fabricatum castellum quod a parvitate sitûsque angustid Truncum vocabulo ferebatur. »

Le comte Thibault qui, à cette époque, était seigneur de Saumur, ayant appris que les moines de Saint-Florent et de Saint Hilaire étaient dans le voisinage, cherchant à regagner les ruines de leur monastère de Saint-Florent-le-Vieil, et qu’ils transportaient avec eux leurs reliques et leurs trésors, fit venir Absalon et lui demanda de rester à Saumur.

Les Bénédictins de Saint-Florent du Mont-Glonne ayant prié Thibault-le-Tricheur, comte de Blois et de Touraine, d'accorder un lieu de sûreté aux reliques de leur saint, le Comte  ordonna qu'elles seraient transportées dans le château du Tronc.

Il leur fit de grandes libéralités pour leur permettre d’établir une abbaye dans l’enceinte même du château de Saumur.

Le petit groupe des religieux de Saint-Florent, auxquels étaient venus se joindre douze bénédictins de Saint-Fleury-sur-Loire, acceptèrent l’offre de Thibault, se mirent à l’œuvre et bâtirent un monastère.

 « On dit qu'il y avoit là (près la chapelle de la fontaine des Ardilliers) un bois fort épais qui s'étendoit assez avant sur la montaigne dont maintenant reste une petite garenne et que ce fut en ce bois là que S. Florent fit mourir le serpent horrible dont il est parlé en sa vie, que ce fut aussy là que le moine Absalon retournant de Turnus fit sa retraite et y cacha les saintes reliques et qu'il y fit un ermitage. Il y tailla cette image laquelle il laissa là quand avec l'aide de Thibaud le Vieil, comte de Blois et de Touraine, il se retira au chasteau, au monastère basty à la faveur du comte. » D. Huynes cite à cette occasion la Chronique de S. Florent qui dit « Viam juxtà Vigennam fluvium secutus devenit tandem ad quoddam prœdium ipsius sancti liberalitate regià antiquitùs possessionibus attributum, quod in parrochia sanctae Mariae de Lentiniaco (1) situm, barbaris cuncta vastantibus colonisque quaqua versum fugientibus in solitudinem redactum, instar eremi fuerat effectum. Habebat autem locus iste ab occidente castrum nomine Truncum ab orientali vero climate memoratum Vigenna (a) fluvium. Itaque novus hospes loca singula sedulus explorator indigat si forte locum sacri corporis congrunm reperire valeat; reperitur tandem rupis concavo in montis latere versus acquilonem secessum praebens amaenum. » « Dire qu'Absalon ait fait cette image à son retour de Tournus, cela se peut croire, mais on ne le pourrait prouver (2) ».

(1) Notre-Dame de Nantilly, seule paroisse autrefois de la ville de Saumur.

912-950. Thibault, comte de Blois, construit un monastère en l'honneur de S. Florent, dont Absalon (3) est constitué le gardien « Absalon vero patroni sui custodem et famulum suo pro velle constituunt. » (Bulland.)

Abbaye de St Florent située lez Saumur en Anjou Boudan_Louis_

La dédicace du monastère se fit le 2 mai 950, et le corps de S. Florent y fut confié à la garde des religieux de S. Benoit-sur-Loire, qui furent appelés à peupler le nouveau monastère « Igitur aedificio novi monasterii consummato et thesauro reverendi corporis intus debito cum honore reposito…. » (Bolland.)

Chaque année, le retour de cet heureux jour était annoncé au Martyrologe par une formule que nous a conservée Mabillon: « Castro Salmuro, susceptio corporis sancti Patris Florentii, presbyteri et confessoris (4). »

(a) La Vienne, qui se jette maintenant dans la Loire au-dessous de Montsoreau.

(2) D. Huynes, folios 419-420. En effet, la statuette, fort mutilée, que l'on vénère à Notre-Dame des Ardilliers, est une Pieta, ou Notre-Dame de Pitié, qui remonte au plus tôt au XVe siècle.

 (3) Selon dom Dureau, procureur de S.-Florent, au XVIIIe siècle, Absalon serait né en 882 et mort en 974.

(4) Annal., tIII. , p. 506.

 

En 957, les moines de Tournus, ayant appris l’existence de cette fondation, restituèrent aux anciens moines de Saint-Florent toutes leurs chartes et leurs vases sacrés qu’ils n’avaient pu emporter en 943.

(Les moines de Tournus, qui avaient gardé plusieurs ornements précieux et quelques reliques insignes, furent obligés, grâce à l'intervention du comte Thibaud, de les rendre à l'abbaye de Saumur.)

Ces reliques étaient: le vase qui servit à N. S., lors de sa dernière Cène, un encensoir fabriqué par S. Eloi ainsi qu'un missel et un psautier, autrefois à l'usage de S. Florent: «  At de ornamentis pretiosis, quibus olim Glonnensis locus prafulgebal a praefato comite Tornacenses monachi quaedam reddere sunt coacti, scilicet vas Cœnae Dominicae (1), thuribulum cum peredibus a S. Eligio fabricatum, Missale quoddam, Psalterium quoddam, in quibus sanctus Pater Florentius fertur legisse. » (Bolland.)

Amalbert, qui fut élu abbé en 956, orna l'église et l'autel matutinal (2), dédié à S. Florent « Is autem

(1) Une prose, citée par dom Huynes, dom Mabillion et le chanoine Trevaux, dit que ce vase de la dernière cène de N.-S. fut donné à l'abbaye de S. Florent par Charlemagne :

Olim plus Rex Carolus,

Magnus ac potentissimus,

Fecit hune locum devotus

Pro Beati virtutibus.

Terris dalis faecundibus,

Auxit honorem largius,

Et praebuit tune vasculum

Caenae Dei magnificum.

Per hune fugatur saepius

Infermitas languentihus,

Et sanitas fidelibus

Praestatur ex hoc prolinus.

vikings - Mont-Glonne - Saint-Florent - Anjou

(2) C’était l’autel auquel les religieux chantaient l’office et la messe

 

ecclesiam Salmuriensem, cujus matutinale altare (sic dictum quia matutinalis missa in eo fiebat) in pii Patris Florentii reverentia erectum erat, multis ornamentis decoravit. » (Bolland.)

Le 12 des calendes de juin (1), l'église abbatiale fut consacrée, en présence du comte Thibaud, par Hardouin, archevêque de Tours et Rainaud, évêque d'Angers. « Tandem aliquorum nobiliorum cœnobiorum ritu basilica per annos complures completa, cornes Theobaldus, assumplo Turonicae civitatis antistite Arduino et episcopo Andegavensi, cum infinita multitudine nobilium Francorum et affinium utriusque sexus, una cum domino abbate Amalberto, XII Calendas junij, locum solemniter consecrârunt, corpusque beati Florentii solemnius transtulerunt. » (Bolland.)

Le 15 février 960, le fondateur mourut et fut enterré dans le chœur de l’église du monastère qui s’élevait dans la cour du château de Saumur.

C’est vers ce moment que les moines de l’abbaye de Saumur établirent l’atelier de tapisserie le plus anciennement connu en France, de façon certaine, car vers 985 on voit Robert, troisième abbé, acquérir ou commander une grande quantité de dosserets, de banquers, de courtines, fabriquer des tapis de pieds et tapis de murailles, le tout en laine. Il fit aussi exécuter deux grands tapis dans la composition desquels entrait de la soie, l’un qui représentait des éléphants, l’autre des lions se détachant sur un fond rouge. »

Le chroniqueur auquel nous empruntons ces lignes spécifie que les différentes étoffes, confectionnées par les moines, et vêtements dont se parait l’abbé étaient tissés et non brodées. (il emploie le mot « texere » qui ne laisse aucun doute à cet égard).

Société des lettres, sciences et arts du Saumurois

Selon l'historien américain George T. Beech, spécialiste du Moyen Âge, plusieurs indices permettraient de démontrer, que la Tapisserie de Bayeux fut en réalité conçue à l'abbaye Saint-Florent de Saumur ==> Histoire de la Tapisserie de Bayeux, la conquête de l’Angleterre, faite en 1066 par Guillaume le Conquérant

Amalbert mourut en 986, ce qui fixe à la seconde moitié du Xe siècle cette translation solennelle du corps de S. Florent (2).

 

1025. Foulques Nerra d'Anjou, guerroyant contre Eudes de Champagne, le château de Saumur fut pris et incendié. Les religieux, qui vivaient à l'ombre de ses murs effrayés, s'enfuirent sur les bords du Thouet et cachèrent le corps de S. Florent dans les grottes de S. Hilaire (3).

==> En Mil, Foulques Nerra s'empare de la forteresse du Diable de Saumur

 

 des matines, l'office solennel du jour se faisant au grand autel ou autel du choeur.

(1) 21 mai.

(2) Robert, dans le Gallia Chriatiana, fixe cette translation vers l'an 973.

(3) Charles le Chauve donna à l'abbaye « mansa duo et dimidium sita in pago Andegavo in loco qui dicilur Criptas cum utriusque sexus maucipiis desuper commanentibus.. »

 

« Cum gravi exercitu insperate castellum (Salmuri) obsidens, vi accepit, et a castro ruinam incendii funditus perpesso, reverendam Patris Florentii glebam extraxit (Fulco). Abbas autem Fredericus et monachi gravem considerantes exercitum, gravius metuentes flammarum incendium, assumto corpore sancti Patroni et Sanctorum Reliquiis, exierunt. » (Bolland.)

1026. Un second monastère fut construit à cet endroit, qui prit le nom de monastère de Saint Florent-lès-Saumur.

1030. Le 2 mai, eut lieu la translation du corps de S. Florent, de l'église de S. Hilaire des Grottes, dans ce monastère réédifié.

Vers 1035, le Comte de Nantes s'étant révolté, Foulques Nerra accourut à ses frontières menacées. Frappé de la position avantageuse du Mont-Glonne, il fit bâtir une tour en bois, et relever les anciennes fortifications du monastère.

1041. Dédicace de la nouvelle église abbatiale.

1059. Dons faits à S. Florent, « ubi ipse sanctus Florentins pretioso corpore requiescit. » (D. Huynes, p. 560.)

Au XVe siècle encore, Quiriac, évêque de Nantes, dit, dans un acte de concession « Venerabili monasterio Salmuriensi eximii confessoris Christi Florentii, in quo ipse dominus et pretiosus Dei amicus corpore quiescit. (D. Huynes, p. 560.)

1077. Hugues-le-Grand, comte de Vermandois, enlève une partie des reliques de S. Florent et en fait don à l'église de S. Georges.de Roye, qui depuis changea ce vocable pour celui de S. Florentin

 

Je dis seulement une partie, car on va voir que le corps de S. Florent est encore vénéré à Saumur jusqu'en 1163, c'est-à-dire même après la translation solennelle qui se fit à Roye, en 1152.

D'ailleurs, en 1480, quand eut lieu le partage du corps, dom Huynes fait remarquer que l'abbaye de S.-Florent était en possession d'ossements qu'on y avait eus de tous temps.

 

Vitrail à la gloire de Charlemagne de l’abbatiale Saint Florent du Mont-Glonne (SAINT-FLORENT-LE-VIEIL, MAUGES-SUR-LOIRE)<==....  ....==> Translation des reliques de saint Florent, de Roye à Saumur.


 

A Voir aussi: ==> La Loire et les fleuves de la Gaule romaine et des régions voisines

==> Recueils de Saint Florent: Livre noir, Livre blanc, Livre argent, Livre rouge.

==> VOYAGE DANS LE TEMPS DE CHINON ET DE NOTRE HISTOIRE

==> Le Castrum Salmurum - Castrum Trumcum, l'origine de Saumur.

==> A saint Florent le VIEIL le 12 mars 1793 commença l'épopée vendéenne, la guerre de géants

 

 

A saint Florent du Mont-Glonne (Saint Florent le vieux, au-dessous de Saumur), les Normands ne se trouvant pas en sûreté songèrent à se fortifier, et, pour cela, ils imaginèrent de faire une sorte de camp retranché, derrière lequel ils pussent se défendre au besoin :

 

En une isle suz l’abrie (vers1015)

 

Traistrent ensemble lur navie

 

Tut ordenée en roundesce

 

E s’in firent grant fortelesce

 

Li mast dunt numbre n’est petiz

 

Ne ressembout mais plaissiz (palissade ; plassatum)

 

A vis esteit que fust un bruilz (bois ; bruilium, broilo)

 

 

 

Dans cet arrangement des nefs, tirées sur le rivage de l’ile, mises près l’une de l’autre (ensemble), ordonnées en rond pour en faire une espèce de forteresse, il y a quelque chose de ces castra nautica dont parlent Tite-Live, chap. IX, liv.XXX, et Cornelius Nepos (Vies d’Annibal et d’Alcibiade).

 

Benoît nous donne peu de détails sur cette grande forteresse, mais il est fort probable que les pirates du Nord firent à peu près ce qu’au rapport de Tite-Live fit Scipion : «  Onerariarum quadruplicem ordinem pro muro adversus hostem opposuit (Hasting n(avait probablement pas assez de navires pour faire un quadruple rang à son enceinte navale), easque ipsas malis antennisque de nave in navem tajectis, ac validis funibus velut uno inter se vinculo illigatis comprehendi. Tabulasque superstravit. Ut pervius in totum navium ordo esset. »

 

Hasting dut agir à peu près de même ; seulement Scipion était à l’ancre, et le chef des Normands avait tiré ses nefs à terre ; il les avait fait haler par la poupe, afin qu’elles présentassent à l’ennemi l’éperon dont elles étaient munies comme les galères antiques. Hasting ne dut pas démâter ses navires, il avait intérêt à garder les châteaux de défense qui se hissaient au sommet des mâts, et qui, par leur élévation au-dessus de l’île, devaient donner à ses archers, à ses jeteurs de pierres et de chaux pilée, un grand avantage sur les assaillants de sa forteresse.

 

Le texte de Benoît justifie fort bien cette hypothèse : « on eût dit, à voir ces mâts nombreux, que c’était une forêt. Que les vergues des navires danois, comme les antennes des vaisseaux romains, eussent été jetées d’un navire à l’autre, et attachées aux parties relevées des proues qui présentaient des points d’appui naturels, fort solides, pour en faire l’espèce de plaissiz dont parle le chroniqueur normand.

 

Pour garnir les espaces laissés vides dans cette palissade, toutes les planches des aménagements intérieurs des navires et les écus avaient dû être placés autour de l’enceinte pontée, dont la base était une large et solide couronne de proues.

 

Il n’était pas, je crois, sans intérêt de rapprocher le passage de Tite-Live de celui de Benoit, pour montrer que, dans le Nord comme dans la Méditerranée, les hommes de mer, sans se communiquer, furent toujours, dans des circonstances analogues, également ingénieux à se servir des moyens que leur offrait le matériel naval.

 

J’ai dit en commençant cet examen des fragments maritimes de la Chronique des ducs de Normandie,  que Benoît emploie quelques-unes des expressions nautique de Wace ; j’ajouterai ici qu’il leur donne toujours la même signification.

 

Les veiles drescoent al vent (vers 605)

 

E traeient as avirons…

 

E les veiles furent drescées (vers 1280).

 

… Ses nefs fait tost apareiller (vers 1059),

 

Vivre, vitaille i fait charger

 

E armes bones.

 

… là ariverent lur chalans… (vers 195)

 

Là prirent port, là arivérent  (vers 756)

 

Convoyer est un mot très ancien ; mais lui. C’est la langue vulgaire qui l’a donné à la marine. Il est dans le Roman de Tristan :

 

« Part la curt le vunt convaiant. »

 

Et dans les chronique de Normandie : « lui donna de beaux dons, puis les convoya jusques à la mer. »

 

Il est inutile de dire que convoyer vient du bas latin conviare : viare cum. Un navire convoyeur est celui qui accompagne, pour protéger, un autre navire ou réunion de navire rangés sous son convoi (conviatico).

 

Le mot radouber est vieux dans le Vocabulaire maritime français ; le voici, vers 10,112 du Roman de Brut :

 

Et com Wavains fu adoubés

 

Au roi artus s’en est alés.

 

Pour lui servir et hounourer,

 

Mult se pêna d’armes porter

 

Archéologie navale, Volume Par Augustin Jal

 

==> Vitrail à la gloire de Charlemagne de l’abbatiale Saint Florent du Mont-Glonne (SAINT-FLORENT-LE-VIEIL, MAUGES-SUR-LOIRE)

==> Les Vikings à Nantes - Nous les appelons Vikings - Château des ducs de Bretagne