1168 - Révolte Poitevine - Henri II Plantagenêt fait raser le château de Lusignan

Vers l'an 1168, l'activité guerrière de l'Aquitaine se réveillant, plusieurs seigneurs de nos contrées se révoltèrent contre la puissance de Henri II roi d’Angleterre.

(Henri décida de réduire le pouvoir des barons, notamment la famille Lusignan et les seigneurs de Mauléon, Thouars et Parthenay, La Rochelle devint le port d'entrée des Anglais pour rejoindre le Poitou, remontant le fleuve jusqu'à Niort, et un réseau de fortifications a été établi, principalement placé pour défendre une rivière ou un pont, ou pour contrôler une route à partir de laquelle lancer des expéditions et des raids. Ainsi, la Route des Rois d'Angleterre a été établie.==>La Voie des Plantagenêts - la route historique des Rois d'Angleterre)

Au commencement de l’année 1168,  l'activité guerrière de l'Aquitaine se réveillant, la plus grande partie de l’Aquitaine se révolta contre Henri II, sous le prétexte qu’il n’avait pas observé quelques-unes des franchises du pays ; mais en effet, parce que les invectives de Thomas Becket, et les prédications des moines et des prêtres avoient rendu le roi odieux à la plupart de ses sujet Geoffroy d'Anjou , Aldebert IV, comte de La Marche ; Guillaume Taillefer IV, comte d’Angoulême ;  Emery de Lusignan, Robert et Hugues de Silly, renoncèrent à l’hommage qu’ils avoient fait à Henri, comme duc d’Aquitaine, pour se mettre sous la protection immédiate du roi de France. Ils convinrent avec celui-ci qu’ils ne feraient point les uns sans les autres leur paix avec le roi d’Angleterre, et ils lui livrèrent des otages en garantie de cet engagement.

 Ils donnèrent le signal de l'insurrection. Suivis de leurs guerriers, bannières déployées, ils parcoururent tout le pays, provoquant au combat toutes les populations.

Aliénor était alors absente de la cité de Poitiers, car l'année précédente elle était acheminée vers l'Angleterre, emmenant sa jeune fille du nom de Mathilde. Son influence sur les peuples et les seigneurs d'Aquitaine ne put donc les arrêter dans leurs projets de révolte.

A peine Henri eut-il appris ce qui se passait au-delà de la Loire, qu'il accourut pour réprimer par la force de ses armes ces premières tentatives d'indépendance.

Le château du seigneur de Lusignan fut assiégé, et, malgré les avantages de sa position et le courage des guerriers qui le défendaient, il tomba au pouvoir du roi d'Angleterre qui y plaça bonne garnison. Henri II fait raser le château de Lusignan.

Après cette victoire, il continua sa marche à travers le pays, ravageant les villages et enlevant aux cités toutes leurs libertés.

Ici, dans la narration du chroniqueur, se rencontre une expression qui peut justifier, avec quelque force, ce que nous disions relativement à l'émancipation communale de nos villes, destruxit municipia Henricus, ll existait donc pour les cités quelques franchises municipales, avant même les formules officielles par lesquelles elles furent confirmées.

Ces vengeances du roi d'Angleterre furent loin de raviver dans les populations des souvenirs presque éteints de fidélité et d'obéissance. Les Poitevins, entre autres, se firent remarquer par l'énergie de leurs antipathiques séditions. Ils envoient des otages au roi de France, comme symbole de leur soumission, provoquant de la sort la discorde entre les deux princes.

 

Les seigneurs aquitains ne pouvaient cependant conclure la paix sans avoir auparavant retiré leurs otages des mains du roi de France.

Henri, qui ne désirait pas moins vivement étouffer cette rébellion, se chargea lui-même d’en faire la demande, dans la conférence qu’il devoir avec Louis, à l’octave de Pâques.

Il partit donc pour le Vexin, après avoir confié le gouvernement de l’Aquitaine à la reine Eléonore.  

Henri II plaça dans la cité de Poitiers son guerrier le comte de Salisbury pour maintenir ses habitants.

Chaque armistice entre les deux rois devait toujours se terminer par une conférence, pour aviser à sa prolongation ou à la conclusion de la paix définitive. Lorsque Louis et Henri se rencontrèrent entre Pacy et Mantes, comme ils en étaient convenus l’année précédente, Henri insista pour que des otages donnés par ses vassaux, comme un moyen de s’engager à persister dans leur rébellion, et que Louis avait reçus, au mépris de toutes les lois féodales, lui fussent rendus : il ne put l’obtenir, et cependant il désirait si fort la paix, qu’il ajourna la négociation jusqu’à un nouvelle conférence à la Ferté-Bernard, ou les deux rois promirent de se trouver le jour de l’octave de la fête de Saint-Jean-Baptiste : la trêve en même temps fut prolongée jusqu’à cette époque.

 

Le comte de Salesbury, guerrier de noble origine, fut massacré par les Poitevins, qui s'étaient révoltés contre le roi d'Angleterre pour certaines libertés qu'il leur avait enlevées. Comes Patricius Sarisberiensis , vir nobilis et militaris, à Pictavensibus occisus est, qui à rege Anglorum defecerant ob quasdam libertates rescisas.

Patricius, comte de Salesbury, dolo Pictavensium occisus, fut enseveli dans l'église de Saint-Hilaire.

Dans cet incident se rencontrent les premiers indices de I' émancipation municipale de la cité de Poitiers. Le coup qui frappe la victime est une de ces nombreuses catastrophes qui ont dû nécessairement accompagner les révolutions de la commune.

Ainsi que l'avaient prévu les Poitevins, la discorde ne tarda pas à éclater entre Henri et le roi de France, au sujet de ces otages qu'ils avaient livrés à ce dernier ; et ce ne fut qu'après de très-longs pourparlers que la paix se rétablit pour quelque temps.

Le roi Henri avait alors à lutter contre bien des ennemis, et dans son royaume d'Angleterre toutes ses pensées étaient activement employées à réprimer les velléités d'indépendance nationale et religieuse dont Thomas Beket, archevêque de Cantorbéry, s'était fait le champion.

 L'assassinat de ce saint homme fut le dénouement de cette tentative, et fit placer sur la tête de la victime la couronne de saint.

Quelque temps avant sa mort, la chronique poitevine raconte, qu'étant près du pape Alexandre II en la ville de Sens, il remit entre les mains d'un moine de Saint-Cyprien la fiole qui contenait l'huile sainte destinée à imprimer sur le front des rois d'Angleterre l'onction divine, ne voulant pas qu'elle servît aux descendants d'une race qu’il détestait de toute la force de sa haine, et qu'il cherchait par tous ses efforts à renverser. Sous cette tradition fabuleuse perce la communauté de sympathies dans laquelle ont pu se rencontrer Thomas Beket et quelque moine aquitain.

 

 

 

Histoire générale du Poitou - Joseph Guérinière

 

Le 16 août 1158 Henri II roi d’Angleterre rasa les murailles et le château de Thouars, l’église Saint-Médard fut brûlée. <==

 

 

 


 

Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou -

Les premières armes de fief du Poitou datent de 1160. Elles furent portées par les comtes de Poitou, issus de la maison de Poitou, jusqu'à Richard I er de Cornouailles. Elles sont à l'origine des premières bannières du Poitou attestées comme telles.


 

Henri II (5 mars 1133 - 6 juillet 1189) fut comte d'Anjou et du Maine, duc de Normandie et d'Aquitaine et roi d'Angleterre. Fils de Geoffroy V d'Anjou et de Mathilde l'Emperesse, fille du roi Henri I d'Angleterre

 

 

Généalogie - Maison des Hugues de Lusignan et Geoffroy la Grand' Dent.

La dynastie des Hugues qui occupa le château de Lusignan, depuis son origine jusqu'en 1315, époque à laquelle les comtés de la Marche et d'Angoulême furent confisqués par le roi de France Philippe le Bel.