la reine Aliénor d'Aquitaine, Raoul de Faye - La Baronnie de Fyae la Vineuse et ses Seigneurs

Faye-la-Vineuse, commune du canton de Richelieu, arrondissement de Chinon, à 65 kilomètres de Tours, à 29 de Chinon et à 8 de Richelieu. Faia, 925 (charte de Robert, archevêque de Tours).- Faya, 987 (Ex hist. Andeg.) .) -Fagia, Faia, Faicum, Phagia, Phaia, sanctus Georgius, castrum Fagiae, XIe siècle (Cartulaire de Noyers.) Fagia, Fagie, Fahia Faia, XIIe siècle (même Cartulaire). – Faye-la-Vineuse, 1505 (charte de Marmoutier). Faye-la- Vineuse, carte de Cassini.

Son nom viendrait du latin Fagus (hêtre). Le fait que la commune soit construite sur une colline a été déterminant dans le rôle de la défense.

Situé sur une éminence et dominant de toutes parts le pays, il devait, par sa situation extrêmement favorable à l'établissement de constructions militaires, attirer l'attention du fameux Foulques Nerra, surnommé le Grand-Bâtisseur, qui avait entrepris de couvrir de châteaux les contrées placées sous sa dépendance.

Vers 1020, Foulques l'entoura de travaux de défense et en fil une redoutable forteresse destinée à arrêter, de ce côté, les invasions du Poitou.

Fortifications de Faye la Vineuse

Les murailles d'enceinte étaient protégées par quatre tours, qui existaient encore au commencement du XVIe siècle. On entrait dans la ville par quatre portes garnies de pont-levis.

 

Au Moyen Age, Faye était une cité fortifiée de plus de 10.000 Habitants.

Elle est bornée, au nord, par la commune de Razines; à l'ouest, par celle de Braye; à l'est, par Jaulnay et par Saint-Christophe (Vienne); au sud, par Sériguy (Vienne). Elle est arrosée, par le ruisseau de la Fontaine-d'Auzon et est traversée par le chemin de grande communication n° 39 de Poitiers à Richelieu.

 

 

Les Seigneurs

Blasonnement : D'azur à un mont d'argent chargé ; à un Saint-Georges monté sur un cheval, harnaché et terrassant un dragon, le tout d'azur ; sommé d'un hêtre d'or ; à une bordure componné de gueules et d'argent.

 La seigneurie de Faye paraît avoir été formée de l'ancienne viguerie de Brave, l'une des quatre vigueries du pagus de Châtellerault.

Elle avait titre de baronnie et relevait du château de Saumur à foi et hommage-lige.

Foulques avait épousé, en premières noces, Elisabeth de Vendôme ; en seconde noces, Hildegarde.

Du premier lit naquit une fille, adèle, qui fut mariée à Landry de Nevers.

Du second mariage, il eut un fils, Geoffroy Martel et trois filles : Blanche, Adèle et Ermengarde, cette dernière, femme de Geoffroy de Château Landon.

 Landry de Faye (Landricus de Fayâ vers 925), cité dans une charte du temps du roi Lothaire, en 980, est le premier seigneur connu de cette localité.

Son fils (vers 950 - après 999), Ebles, mentionné dans une charte de 999, fut père d'Ayrard (vers 975 - ?), seigneur de Faye.

Ce dernier eut une fille unique, Nivès (vers 1000- avant 1057), qui épousa Aimery Ier de Loudun surnommé Félix ou l’Heureux.

Nivès figure dans une charte de l'abbaye de Noyers, de 1032, concernant un accord passé entre Évrard, abbé de ce monastère, et un nommé Ébrard, qui contestait la possession d'un moulin dépendant du fief de Faye.

Nivès fonda vers 1040 la collégiale de Saint-Georges et la dota généreusement; les chanoines n'oublièrent pas sa libéralité et lui donnèrent toujours les titres les plus flatteurs dans les actes capitulaires.

La donation fut confirmée par une charte de Geoffroy, comte d'Anjou, en date de 1067.

La dame Nivès n'eut pas la satisfaction de voir achevée l'église dont elle avait jeté les fondements ; elle ne fut terminée que vers le milieu du siècle suivant.

Le chapitre de Saint-Georges a conservé par tradition que le corps de sa bienfaitrice fût inhumé dans l'église de Saint-Étienne de Sérigny, ses entrailles dans le cimetière du même lieu et son coeur devant la porte d'une chapelle dédiée à sainte Catherine et située dans le faubourg de Faye.

Le mardi qui suit la fête de saint Luc, les chanoines de Saint-Georges étaient tenus d'aller prier chaque année pour le repos de la dame de Faye. La cérémonie funèbre se terminait par un festin, auquel présidait un mélange de deuil et de gaieté fort extraordinaire. J'ignore si les héritiers de la dame Nivès avaient eux-mêmes réglé le cérémonial ; on y trouve l'empreinte de la naïve simplicité des vieux âges et des circonstances qui descendent jusqu'à la bouffonnerie. En voici l'exposé, extrait textuellement d'un document ancien :

« Ce jour-là, c'est-à-dire le mardi d'après la Saint-Luc, tout le clergé de l'église de Saint-Georges va processionnellement devant cette chapelle de Sainte-Catherine, où il chante un ne recorderis. Puis continuant, la procession va en l'église de Sérigny, où il se dit trois grandes messes de requiem. Puis, sortant de

l'église, va encore processionnellement dans le cimetière dudit lieu, et à l'endroit d'un gros caillou qui y est, chante un libera, lequel fini, le chapelain va baiser ce caillou , et cela fait, tout le clergé va diner ensemble aux dépens de certains tenanciers d'héritage sujets à ce service, lesquels sont tenus de préparer une table couverte de trois pappes l'une sur l'autre, sous laquelle on met de la paille fraîche ; et, le clergé assis tout autour d'icelle , on sert pour 12 sous 4 deniers de bouf et à chacun un pain de 2 sous, fors que le chévecier en a deux ; et pour assiettes se doivent servir de leur pain. Puis, après avoir mangé on ôte tout ce qui est sur la table avec la première nappe, et sur la seconde on sert autant de poules rôties , sans col ni ailerons, qu'il y a de gens d'église et autant de pains dessus, pourvu qu'ils n'excèdent le nombre de 32.

Après qu'ils ont pris leur réfection on ôte la deuxième nappe et tout ce qui est dessus, et sur la troisième on sert quatre pains renversés avec des noix que l'on espand sur la table autour de laquelle tous les gens d'église demeurent assis.

Le plus ancien chanoine se lève et avec le receveur du chapitre commence à chanter la chanson :

Aujoli bois, madame, au joli bois m'envoie, à laquelle tous les tenanciers desdits héritages répondent en chantant, dansant tous ensemble.

La chanson finie, le chévecier dit grâces avec un de profundis et ce fait on distribue aux pauvres le reste du dîner. )

Elle mourut avant 1057, laissant un fils, Aimery II, seigneur de Faye.

Aimery II, seigneur de Faye, qui s'appliqua avec ardeur à l'avancement de la construction de la collégiale de Saint-Georges.

C'est ainsi qu'Ales de Brisay, chevauchant fréquemment de Mirebeau à. Chinon, s'arrêta à Faye en 1061, pour assister comme témoin à la donation du fief de Charzay, faite à l'abbaye de Noyers par le vieil Aimery de Faye, avec l'approbation du comte d'Anjou présent.

Et dans la notable réunion de seigneurs voisins qui sanctionnèrent ce don, figurait Hamelin fils de Bouchard (Rainalmus Burcardi) propre neveu du seigneur de Brisay, à côté de Boson de Forniol, Aimery de Bosnay, Énard de Montagré, Guillaume de la Rajace, René de Gençay et autres gentilshommes tourangeaux.

Aimery, sur son lit de mort, ayant appelé l'abbé André religieux de Noyers, il se borna à demander que son corps fût enterré dans le cimetière de Noyers, il donna à cette fin le tiers de tout ce qu'il possédait entre la Vienne et Marmande, notamment à Grizay, avec ses serviteurs et ses servantes, les vignes et les bois, les terrains cultivés et incultes.

Comme il ne pouvait aller lui-même déposer sur l'autel de Notre-Dame l'acte de cette donation, on dépêcha plusieurs de ses gens, tant clercs que laïques, pour remplir cette formalité.

 Le curé de Faye, nommé Algérius, chargé de cette mission, se hâta de se rendre à Noyers, et là, en présence de nombreux témoins, il raconta dans l’église ce qui s'était fait, et déposa l'acte sur l'autel. (Cart. XIX et XX)

Cette donation fut ratifiée par Geoffroy III, dit le Barbu, qui venait de succéder, le 14 novembre 1060, à son oncle Geoffroy Martel, et un peu plus tard par Gui de Nevers, petit-fils de Foulque-Nerra, qui reçut de Geoffroy le bénéfice de Faye, à la mort d’Aimeri, sans doute comme tuteur féodal du jeune Aimery.

Aimericus, filius Aimerici senioris, morti proximus, dat tertiam partem de terra quae vocatur Grizaicus, annuentibus paire et uxore ipsius.

(AN. 1061.)

Anno secundo Philippi, régis Francorum, cum comes noster Goffredus junior, bonis ornatus moribus et actibus, prirnum in honore suo ageret annum (1), vir quidam apud castrum Fagiae, nobili genere ortus, nomine Aimericus, filius Aimerici senioris, ultima necessitate praeventus, ac morti jamjamque proximus, mandavit ad se venire abbatem Andream monasterii Nuchariensis.

Cui confessus, dum ab eo esset absolutus, se supplex commendavit, rogans corpus suum ad ejus monasterium deportari ac sepeliri, credens se fratrum ibidem Deo servientium posse orationibus adjuvari. Quod ut impetrare quivisset, dédit ipsi abbati et mouachis in eodem loco Christo sub ipsius aimae Genitricis honore servientibus, tam praesentibus quam futuris, tertiam partem praediorum suorum quar sunt inter Vigennam et Mirmandam, de omni illa terra quae vocatur Grizaicus et de cunctis ad ipsarn pertinentibiis, de servis suis etancillis, de vineis et silvis, de terris cultis et incultis, et de omnibus quae suae ditionis erant. In ea donum fecit Sanctae Mariae et fratribus jam dicto loco commorantibus, jussu patris sui, ac eonsensu et voluntate conjugis suae , nomine Àlsendis. Quod donum, quia ipse per se super

altare ponere non potuit, rogavit patrem suum et uxorem ut ipsi hoc, post mortem suam, facerent.

Cujus precibus pater et uxor libenter consentient.es, miserant plures ex suis, tam clericos quam laicos, qui hanc donationem ,vice illorum, firmarent, inter quos maxime fuerunt : Algerius, presbyter Fagiae; et Gosbertus Dei Gralia, qui tunc erat praepositus supradictae terrae. E quibus Algerius, presbyter, jussus a seniore Aimerico et proaefala Alsende, uxore defuncti, coram multis testibus, qui undique convenerant, cuncla haec ut scripta habentur hic, prius ante altare narravit, et sic super illud donum posuit.

Quae omnia cum ad notitiam supradicti principis nostri perlata fuissent, ipse placido animo et alacri vultu haec libenter consensit, et ut firma perpetuo manerent, sua auctoritate roboravit. Qui cum postmodum honorera ipsius Aimerici dedisset cuidam Guidoni Nevernensi (2), et ipse ista cognovisset, tota volunlate haec, ut dicta sunt, assensit, promittens ista se nequaquam minuere, sed polius multiplicare.

 Signum Johannis, presbyteri.

 Signum Salconis, clerici.

 Signum Eleazari.

 Signum Radulfi.

 Signum Alonis, fratris ejus.

 Signum Bosonis de Furniols.

 Signum Rolberti, filii Ilvei.

 Signum Bernardi Tuabovem.

 Signum Gosberti Dei Gratia.

 Signum Stephani Sancii.

Signum Stephani senescalli.

Signum Effredi juvenis.

Signum Guillelmi de Rajacia.

Signum Aimerici Aldeberti.

Signum Gosleni, presbyteri.

Signum Effredi Guanilonis.

Cart orig.. folio 169, verso; copie, p. 81.

 

(1) Rex Philippus, consecratus die 28 maii 1059, patri suo Henrico successit die 29 augusti 1060. Goffredus junior, cognomine Barbatus, patrui sui Goiffredi  Martelli beneficium excepit die 14 novembris 1060.

(2) Adèle, fille de Foulques-Nerra et d'Élisabeth de Vendôme : Adela, filia Fulconis Nerra, et conjux Bodonis seu Odonis Nevernensis, comitis Vindocinensis, quatuor filios habuil , inter quos Guidonem Nevernensem.

 

 

Aimericus de Fagia alodum Carritiacum monachis omnino liberum dimittit.

Post mortem Gaufridi comitis Andegavensis, dum ministri domni Aimerici infantis de Fagia a parte salientes in alodum nostrum, nomine Carritiacum, vicariam aliasque malas consuetudines immiserunt, rusticanos in illo hospitalités injuriaverunt. Insuper, et quod pejus est, monacho obedientiam custodienti injurias innumerabiles patraverunt, facientes credere seniori suo rectum esse quod faciebant, non reminiscentes Sanctae Scripturas dicentis : Os quod mentitur, occidit animam. His vero donmus abba auditis, graviter commotus, collecto fratrum consilio, petiit quid de hoc facerent. Audita fratrum consilh utilitate, ivit ad curiam supradicti principis, paratus ei demonstrare per aperfam legem, nullam consuetudinem in nostro alodo habere. Sed de bac re multis verbis ab utraque parte redditis, ad hoc consiliuin verba vertunlur, ita loquente supradicto principe, audienlibus cunctis circum sedentibus quas sequuntur ……

 

Ad hanc donationem fuerunl: Aimericus et Aalon, frater ejus; Archembaldus, filius Ulgerii: Rainelinus, filius Burchardi; Rainalmus: Stephanus Souisgal ; Stephanus Saut; Boso de Furnols; Aalon de Brisaico ; Adfredus Wisert; Goffredus Berart; Rainaldus de Gentiaco : Radulfus, filius Jerorii ; Bernardus Tuebovem ; Guillelmus de laRajat; Aimericus, filius ejus: Alcherius Adfredus, juvenis; Ainardus de Montagré ; Athelinus, nepos ejus; Atelinus de Bosnaico; Algerius, sacerdos ; Aimericus, sacerdos de Furnols; Dnrandus, sacerdos; Sauco, filius Augerii; Rainaldus, clericus: Symon, clericus; Goslenus, sacerdos; Rainus; Adfredus.

 S. Gaufridi comitis.

Secundo anno Philippi régis Francorum, et primo anno Gaufridi junioris, Andegavensis comitis, haec litteras composites fuerunt.

 

D'après ses dernières volontés, Aimery II fut inhumé dans l'abbaye de Noyers (1081).

Sa femme se nommait Alsende. Il eut deux fils, Aimery III, qui lui succéda, et Renaud de Faye, chevalier.

Aimery III maltraita durement les chanoines de Saint-Georges, mais vers la fin de sa vie, non seulement il leur restitua ce qu'il leur avait enlevé, mais encore il y ajouta des présents considérables.

Aimery III de Loudun, dit le Riche, que nous voyous cité, avec sa femme Eustache, dans des chartes de 1069, 1072-82, fit diverses concessions à l'abbaye de Noyers.

 

Boson II seigneur de Châtellerault, alléguait avec raison des réclamations contre l'abbaye de Saint-Florent qu'il avait été détourné du soin de ses affaires personnelles pendant les premières années de son administration.

Quelques-uns, en effet, de ses vassaux, entre autres Acharias de Marmande (1), s'étaient soulevés vers 1074 contre lui, mais, malgré la jeunesse et son inexpérience, le jeune vicomte de Châtellerault ne perdit pas contenance.

Fort de l'alliance d'Aimeri de Faye-la-Vineuse et de Geoffroi de l'Ile-Bouchard, il cerne la petite ville du rebelle, s'en empare, ainsi que de la forteresse, et en punition de sa forfaiture lui confisque ses biens.

Acharias vaincu parvient néanmoins à se réfugier dans le château de Nouâtre, d'où il fait des incursions contre les seigneuries de Faye, de l'Ile-Bouchard et de Châtellerault.

Cette guerre causa dans les campagnes de la vicomté d'affreux ravages, qui sont décrits dans une charte de l'abbaye de Noyers.

 

Quelques années s'étaient à peine écoulées, et une paix plus ou moins complète avait apaisé ces dissensions, lorsque le même vassal (vers 1085) recommença ses dévastations.

Cette fois il avait entraîné dans sa révolte Aimeri, seigneur de Faye.

Mais, de son côté, Boson n'était pas resté inactif. Barthélémy de l'Ile-Bouchard, Hugues de Sainte-Maure, s'étant rangés sous sa bannière, lui aidèrent à mettre une seconde fois à la raison son turbulent sujet (Fonteneau, LXXI, 195.).

« Boson, vicomte de Châtellerault, Bartholomé de l’Ile et Hugues de Sainte Maure (Sainte Maure de Touraine) ayant rassemblé leurs armées ont assiégé la roche de Marmande et pendant qu’ils poursuivaient leur siège, quelques soldats sont partis pour guerroyer contre le seigneur de la Faye, avec l’aide duquel le seigneur de Marmande combattait contre eux tous.

Mais les soldats de la Faye ayant fait une sortie, ils poursuivirent leurs attaquants. Dans cette poursuite l’un des fuyards nommé Aymeri d’Avoir se retourna et heurta violemment un noble de la Faye, Raoul des Fourneaux et le tua… »

Le seigneur de la Faye et ses hommes profondément choqués vont trouver l’abbé afin d’obtenir réparation.

L’abbaye reçoit pour le salut du défunt des terres et des paysans, et un moine de l’abbaye chargé de prier pour l’âme du défunt.

La victoire permit à Boson de tourner ses regards vers l'administration intérieure de ses domaines. Ce fut alors qu'il fut appelé à terminer un différend moins sanglant que celui du seigneur de Marmande : il s'agissait de la possession d'un aleu sur lequel on avait construit un moulin.

Le moulin fut adjugé aux moines de Noyers, l'aleu aux chanoines de Saint-Georges de Faye-la-Vineuse, vers 1087 (D. Fonteneau, LXXI, 271. )

Vers 1100, au moment où il allait faire un voyage à Rome, il donna à ce monastère un domaine situé près de Faye.

Ce même Aimery eut deux enfants, Aimery IV, son successeur, et une fille nommée Nives.

Aimery IV, seigneur de Loudun et Mathilde de Montsoreau, sa femme, seigneur et dame de Faye, figurent dans des chartes de 1102 et 1107. Ils firent plusieurs dons à la chapelle de Sainte-Marie-Madeleine.

Robert Arbrissel fondateur Fontevraud apparait sur deux chartres avec Aimery, seigneur de Faye vers 1109.

Aimery V dit le jeune, leur fils, qualifié de seigneur de Faye, dans un titre de 1131 et décédé vers 1140 ou 1176, fut inhumé dans la collégiale.

Enfant : Elisabeth Dame de Faye-la-Vineuse, de Montsoreau de Loudun

 

 

 Aimeric 1er de Châtellerault et de Maubergeonne de L'Isle-Bouchard (1079-1119).

- Hugues  II de Châtellerault (1110-1176), ayant succédé à son père comme vicomte ;

-    Raoul qui suit, devint grand sénéchal d'Aquitaine ;  

  -  Aénor (c. 1103-mars 1137), épousa Guillaume X d'Aquitaine ; parents d’Aliénor d’Aquitaine).

 -   Amable ou Mabile, épousa vers 1130 Wulgrin II, comte d'Angoulême ;

-    Aois, Haois, Aavis, épousa de Pierre-Hélie de Chauvigny et mère d'André Ier de Chauvigny (1150-1202).

 

 

Raoul I de Châtellerault son successeur naît vers 1112. Il s’affaira à l’essor de la ville, en construisant trois églises. Un collège de treize moines est confirmé.

Désistement par Raoul de Faye, entre les mains de Geoffroy, archevêque de Bordeaux, des prétentions injustes qu'il élevait sur la terre de Jounay, avec promesse de respecter scrupuleusement les immunités accordées par ses prédécesseurs au chapitre de Sainte-Radegonde (1156)

Chose rare pour un Poitevin, Henri II lui donnera des terres en Angleterres. Raoul est en fait lord de Bramley, dans le comté de Surrey situé au Sud de Londres. Enfin, il est sénéchal d’Aquitaine quand Aliénor a sa résidence permanente à Poitiers (1168-1173)

 

La révolte de 1173-1174 et les quinze ans de captivité d'Aliénor

En 1173, elle trame le complot qui soulève ses fils Richard, Geoffroy et Henri le Jeune contre leur père, Henri II. Cette révolte est soutenue par Louis VII, le roi d'Écosse Guillaume Ier, ainsi que les plus puissants barons anglais. Aliénor espère reprendre le pouvoir à Henri II, mais, lors d'un voyage, Aliénor et Raoul réfugiés à Faye durent s’enfuir vers Chinon.

Raoul, mourut vers 1194 et eut sa sépulture dans l'église abbatiale de Fontevrault.

Son nom figure sur le martyrologe de Fontevraud comme « Dom. Ranulphus Princeps de Faia avunculus Dom. Alienorae Reginae. »

 

Les enfants de Raoul et Élisabeth, dame de Faye-la-Vineuse :

 

1° Raoul II, établi dans le comté de Surrey.

GRESCIE qui suit.

3° SIBILLE, mariée vers 1170 à Eble IVdit Archambaud de Ventadour. (Chronique de Geof. du Vigeois. Historiens de France, 12, 424.) Cet auteur limousin, peu au courant de la généalogie des sgrs de Châtellerault, s'est trompé en disant que Raoul de Faye était le frère du Vte Guillaume : les dates seules prouvent suffisamment son erreur; Leur fils, Eble V cédait en 1260, à Guillaume du Rivau, chevalier, tout ce qu’il possédait du chef de son oncle Guillaume de Faye : le fief de l’Orme d’Oyré, le 5 février 1260. Cartu. De l’Evêché de Poitiers, Archives Hist. Du Poitou, tome X, p.39, et aussi le 7 novembre 1260, p.40 « feodus d’Aure in parochia de Avallia, in vice comitatu de Castro Ayraudi ». Plus tard, Guillaume du Rivau lui-même vendit à Hugues, évêque de Poitiers, tout ce qu'il avait acheté en ce même endroit, 6 mars 1262, Cartulaire, p. 41. L'Orme d'Oyré est peut-être la Tour d'Oyré, dit Rédet. Table du même Cartulaire, page 422.

4° EUSTACHE, nommée dans la charte de Noyers (n° 525). Nous pensons qu'elle fut religieuse à la Puye, ordre de Fontevrault, d'après une charte de 1184, où Raoul de Faye fait don pour sa fille entrée en ce monastère (Arch. Vien. La Puye) ;

5° GUILLAUME, qui avec son frère fit accord en 1201 avec le prieur de St-Denis-en-Vaux en Châtelleraudais. (A. H. P. 6, 348.) Il possédait des domaines à l'Orme d'Oiré, dont son neveu Eble de Ventadour était héritier en 1260. (Besly, Evêques de Poitiers, 157.)

 

 

Grécie de Faye (1150-1201), mariée vers 1160 à Nevelon (Ursion II -Ours) de Meslay-le-Vidame ou de Freteval, fils de Hamelin (1125-1160), seigneur de Fréteval et Marie de Preuilly en 1167.

Liste de ses enfants connus:  - Nivelon IV, seigneur de Fréteval , Meslay et Faye-la-Vineuse (1168 - 1214) ;

- Alix de Fréteval (1175 - 1257)

Les enfants possédèrent la seigneurie de Faye, ainsi qu'on le voit par une charte de Bourgueil, où leur fils aîné Nevelon, sgr de Faye, rappelle une donation faite par son père qui était époux de Grescie, Radulfi de Faici filia (Lat. 17127, 75) ;

Nivelon, seigneur de Faye, donna à l'abbaye de Noyers une foire qui se tenait à Saint-Gilles-des-Coups.

Il épouse Adélisia en 1194. Il décède en 1214

Leur enfant ; Geoffroi de Meslay (1195-1245), vidame de Chartres

 

Guillaume de Faye, frère de Raoul II, est resté en Poitou. Il est probable qu’il vive non loin de sa sœur ainée Grécie.

Il est aux côtés du roi Jean sans Terre quand il sauve sa mère assiégée dans Mirebeau par Arthur et l’armée du roi de France, Philippe Auguste.

Le roi Jean, qui trouvait sans doute cette place importante, en confia, après la bataille de Mirebeau, la garde à Guillaume de Faye.

En recommandant à Guillaume de la Roue (de Rota), qui en était sans doute le précédent gouverneur, de mettre cette place à Guillaume de Faye, le roi lui enjoignit encore de livrer à ce personnage un des captifs de Mirebeau, Guillaume de la Perette. (Chinon, 20 aout 1202.) Rot. Litt. Pat. T.I p17.

Guillaume de Faye ne la garda pas longtemps, car 5 jours plus tard, le 25 aout, Jean écrivait de Chinon à tous les feudataires de la ville poitevine, qu’il avait chargé son amé et féal Guillaume (de Enla) de défendre le château de Mirebeau, le fief y attenant et toutes ses dépendances ; et, qu’en conséquence, ils eussent à lui prêter serment de fidélité. Rot. Litt. Pat. t.I, p17.

Il figure dans un acte de 1228 et y est qualifié de seigneur de Faye.

 

Après lui, cette terre passa dans la maison de la Haye-Passavant.

Armoiries LA HAYE- PASSAVANT

LA HAYE- PASSAVANT : D'or à deux fasces de gueules, accompagnées de neuf merlettes du même, mises en orle.

 

Philippe de la Haye (1192- 1250), chevalier banneret, seigneur de Faye-la-Vineuse, eut trois enfants de son mariage avec Isabelle de Passavant sur Layon (1195- 1255):

Maurice, Barthélémy et Geoffroy. Ce dernier fut archevêque de Tours.

Maurice de la Haye fut seigneur de Faye-la-Vineuse et de Fougereuse.

Il est cité dans un acte de 1267.

Barthélémy de la Haye eut la seigneurie de Faye après la mort de son frère vers 1274.

Il épousa Élise de Lusignan, fille unique de Guillaume de Lusignan, seigneur de Mervent, Vouvant et Mouchamps et de Marquise de Mauléon.

Enfants : Geoffroy, qui suit, et Isabeau, qui fut mariée à Philippe Isoré.

Barthélémy de la Haye renonça, par acte du mois de février 1276, au droit d'aubenage qu'il avait sur les hommes de l'abbaye de la Merci-Dieu qui demeuraient alors à la Haye.

 

 

Geoffroy de la Haye, seigneur de Faye-la-Vineuse, n'eut qu'une fille, Isabelle, de son mariage avec Marie de Maillé.

Isabelle épousa Pierre de Marmande, qui devint ainsi seigneur de Faye (1379).

De ce mariage naquit une fille unique, Marguerite, femme de Jean, comte de Saucerre, qui laissa deux filles Jeanne et Marguerite.

Cette dernière épousa, on premières noces, Gérard Chabot V, seigneur de Retz; en secondes noces, Beraud II, comte de Clermont, dauphin d'Auvergne, décédé le 13 janvier 1399; en troisièmes noces (1408), Jacques de Montheron, maréchal de France, sénéchal d'Angoulême et chambellan du duc de Bourgogne, mort en 1422.

De la seconde alliance elle eut, entre autres enfants, Robert Beraud de Clermont, évêque de Chartres, puis d'Alby, qui, après avoir joui pendant quelque temps de la baronnie de Faye, la céda à sa sœur, Marguerite de Clermont femme de Jean de Bueil IV seigneur de Bueil de Montrésor, Saint-Calais, Sainte-Julitte, Courcelles, grand maître des arbalétriers de France, tué à la bataille d'Azincourt en 1415.

Jean de Bueil IV laissa plusieurs enfants, entre autres, Jean V, qui suit, et Pierre, seigneur du Bois et de la Molle-Sonzay.

Jean de Bueil V, comte de Sancerre, seigneur de Faye-la-Vineuse, Montrésor, Saint-Christophe, Châteaux, Vaujours, Chouzé-le-Sec, Saint-Michel-sur-Loire, conseiller et chambellan du roi, amiral de France, mourut au mois de juillet 1477.

Il avait épousé, en premières noces, Jeanne de Montejean et, en secondes noces, Martine Turpin, fille d'Antoine Turpin, chev., seigneur de Crissé, et d'Anne de la Grézille.

Du premier mariage naquit Antoine de Bueil, comte de Sancerre, baron de Saint-Christophe et de Châteaux du second mariage, il y eut trois enfants Louis, Françoise et Edmond. Celui-ci fut seigneur de Marmande et de Faye-la-Vineuse.

Il mourut en 1495, laissant deux enfants de son alliance avec Françoise de Laval, fille de Jean de Laval, chev., seigneur de Brée, et de Françoise Gascolin Louis, baron de Marmande, décédé sans avoir été marié, et Isabeau, dama de Faye-la-Vineuse, qui épousa, le 10 janvier 1509, Joachim Gillier, lits de Piarre Gillier, Éc, seigneur de Puygarreau, et de Rose de la Haye.

Joachim Gillier fut seigneur de Faye-la-Vineuse, de Marmande, de la Roche-Clermault et de Puygarreau. Il eut cinq enfants ; 1° Bonaventure, qui suit; 2° Marc, proto-notaire du Saint-Siège; 3° René, décédé en 1532; 4° Joachim; 5° Louis, mentionné dans un acte de 1533.

Bonaventure Gillier, chev., baron de Marmande et de Faye-la-Vineuse, maitre d'hôtel et pannetier ordinaire du roi, épousa, par contrat du 10 mai 1542, Marie Babou, fille de Philibert Babou, surintendant des nuances, et de Marie Gaudin.

Il eut neuf enfants 1° René, qui suit; 2° Bonaventure, seigneur de Porls, marié à Renée de la Rochefoucaud; 3° Alexandre, seigneur de Preuilly; 4° Louis, seigneur de Grandchamp; 5° Philibert, seigneur de la Tour; 6° Jean, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi; 7° Anne, mariée, le 1er octobre 1572, à René de la Rochefoucaud; 6° Bonne, femme de Pierre de la Rochefoucaud, seigneur du Parc-d'Archiac (contrat du 25 août 1576); 9° Angélique, mariée, le 30 novembre 1572, à Louis de la Rochefoucaud, seigneur de Bayers.

René Gillier, chev., baron de Marmande et seigneur de Faye-la-Vineuse, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et chevalier de ses ordres, épousa, par contrat du 13 février 1582, Claude de Laval, fille de Pierre de Laval, baron de Lezay, et de Jacqueline de Clérembault.

 Il mourut vers 1617, laissant sept enfants : 1° Urbain, qui suit; 2° Emmanuel, chevalier de Malte; 3° Jean, seigneur de Passau et de la Filletière; 4° Marc, baron de Seaux; 5° Marie-Louise, femme de Louis de Bernabé, Éc, seigneur de la Boulaye ; 6° Cyprien, chevalier de Malte; 7° Isabelle, mentionnée dans un acte de 1635.

Urbain Gillier, chev., baron de Marmande, seigneur de Faye-la-Vineuse, marquis de Puygarreau, seigneur de Marmande, chevalier de l'ordre du roi, et en outre seigneur de Chantonnay, Sigournay et Puybéliard, dépendances de la vicomté de Thouars, près de Napoléon-Vendée.

Capitaine de cinquante hommes d'armes, capitaine-gouverneur de Poitiers, il eut sept enfants de son mariage avec Marie Chabot de Saint-Gelais, fille de Léonor Chabot, baron de Jarnac, et du Marie de Rochechouart : 1° Georges, baron de Marmande; 2° René, marquis de Clérembault; 3° Bonaventure, chevalier de Malte; 4° Henri-Bonaventure, prêtre; 5° Claire; 6° Marie-Louise, mariée, par contrat du 25 août 1649, à François Levesque de Marconnay; 7° Angélique.

Par suite d'un partage fait entre les enfants de René Gillier, la seigneurie de Faye fut attribuée à Jean Gillier, seigneur de Passau, et à Jacqueline Gillier, sa sœur, qui la vendirent, en 1626, à Armand-Jean du Plessis de Richelieu, cardinal.

 Par lettres du mois d'août 1631, Faye-la-Vineuse, 1'lle-Bouchard et Richelieu furent compris dans le duché-pairie érigé eu faveur de ce dernier.

Faye-la-Vineuse passa ensuite aux mains d'Armand-Jean Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, pair de France, substitué aux titres et dignités du cardinal de Richelieu, et qui mourut le 10 mai 1715.

Armand-Jean Vignerot du Plessis eut pour successeurs Louis-François-Armand Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, pair et maréchal de France membre de l'Académie française, décédé le 8 août 1788; et Louis-Autoine-Sophie Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, pair et maréchal de France, mort en 1791. V. Richelieu.

 

Faye-la-Vineuse avait des capitaines-gouverneurs.

 En 1229, ces fonctions étaient remplies par Joscelin de Brizay; en 1610, par Louis le Bascle.

Plusieurs historiens se sont trompés en disant que Faye-la-Vineuse avait été possédée par les maisons de Vivonne et de Chourses. Ils ont confondu cette seigneurie avec une autre du même nom qui, en effet, a appartenu à ces deux familles.

Saint Grégoire de Tours (Vitae patrum, cap.. iv.) dit que saint Senoche était originaire de Theiphalia (in pago Pictaviensi). Martin Marteau, dans son Paradis délicieux de la Touraine, traduit le nom de cette localité par Faye-la-Vineuse. Il faut avouer que les deux noms ne se ressemblent guère.

Ainsi, on distingue quatre familles de Faye : celle de Faye ancien; celle qui tire son origine d'Aimery de Loudun ; celle qui reconnaît pour chef Ours de Fretteval; enfin celle qui provient des Cové du Bois Rogue. La première a eu trois générations ; la seconde en a eu six; la troisième quatre ; et la dernière deux ou trois.

Un seigneur de Faye portait d'argent, à trois coeurs de gueules ; on ignore s'il était Faye ancien. Jean de de Faye, de la quatrième maison, portait : écartelé, au premier et au quatrième d'argent, au deuxième et troisième d'argent, au chef de gueule, au lion rampant d'azur, armé, couronné et lampassé d'or.

La baronie de Faye avait sa coutume particulière rédigée en 1498.

 Ce code coutumier réglait le partage des successions, et la maison de Richelieu y fut soumise même au dernier partage qui eut lieu en 1804.

 Le préciput de l'aîné se bornait au vol du chapon : cette disposition devait tôt ou tard produire la destruction du magnifique château bâti à grands frais par le cardinal de Richelieu, dont l'entretien serait devenu hors de proportion avec le revenu du domaine annexé, à, cause des morcellements successifs de la propriété.

 

 

 La construction du château et de la ville de Richelieu, à une lieue et demie environ de Faye, acheva la ruine de cette petite ville, qui d'ailleurs ne s'était jamais bien remise des désastres de 1595.

 

 

Avant la Révolution, Faye-la-Vineuse était dans le ressort de l'élection de Richelieu, dépendait du diocèse de Poitiers et était le chef-lieu d'un archiprêtré comprenant vingt-huit paroisses Mondion, Chaveignes, Dercé, Sossay, Notre-Dame de Ceaux, Jaulnay, Brelegon, Prince, Saint-Georges-de-Neuil-sous-Faye, Orches, SaintChrislophe, Courcoué, Nancré, Marnay, Faire, Saint-Jouin, Draslou, Saint-Georges-de-Faye, Notre-Dame d'Avrigny, Saint-Germain-d'Avrigny, Saint-Martin-de-Quenlieu, le Sablon, Razines, Braye-sous-Faye, Assay, Pouant, Sérigny et Savigné.

 En 1793, Faye faisait partie du district de Chinon.

 

Le château des seigneurs de Faye a été rasé; à sa place s'élève actuellement une modeste demeure qui sert de presbytère.

Des pans de muraille sont encore debout, soutenus par quelques plantes grimpantes et protégés par leur vétusté elle-même -contre d'avides spéculations.

 La vieille abbaye de Saint-Jouin, jadis habitée par de pieux et savants bénédictins, a été démolie de fond en comble. Nous n'en ferons pas cependant peser toute la honte sur les Vandales du XVI siècle ; l'église en avait été réparée et le clocher surtout n'était pas sans intérêt.

En 1854, les dignes successeurs des Vandales en ont fait disparaître jusqu'aux dernières pierres.

Seule la collégiale de Saint-Georges, malgré de cruelles mutilations attire l'attention des historiens et des antiquaires.

 

 

 

Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine : par J.-X. Carré de Busserolle

 

 

 

Raoul de Châtellerault, Baron de Faye-la-Vineuse, oncle et protecteur d’Aliénor, Sénéchal d’Aquitaine  <==.... ....==> Mémoires de la troisième guerre civile - Les huguenots de l'Amiral de Coligny se sont retirés à Faye la Vineuse

 

 


 

An Mil - Carte des Châteaux de l'Anjou sous Foulques Nerra

Le temps des Carolingiens s'achève. Le grand empire de Charlemagne n'existe plus. En Francie occidentale, le dernier souverain carolingien meurt et Hugues Capet devient roi des Francs. C'est le début d'une nouvelle ère, celle des Capétiens.

 

(1)   Une nuit, Acharias de Mirmanda, errant dans la campagne, « ad prædandum » pour piller, chercha à pénétrer dans la maison d'un paysan où se trouvaient réunis des femmes et des enfants. Effrayés, ces pauvres gens se réfugièrent dans une cave, creusée sans doute en plein roc (.. Absconderunt se in rupem et illi deforis incenderunt domum super eos et extinxerunt eos omnes in rupe. » Cartulaire de Noyers, ch. 67, p. 79, 1074.), mais Acharias ayant mis le feu à la maison, tous périrent asphyxiés. Les parents des victimes voulurent tirer vengeance de ces atrocités, et Acharias ayant senti la nécessité d'apaiser leur colère, sollicita l'intervention de l'abbé Rainier et des moines de Saintes-Marie de Noyers qui se prêtèrent volontiers « libenter » à rétablir la paix.

Un accord fut conclu. Acharias s'engagea à faire chanter deux cents messes pour les défunts, ce dont les moines s'acquittèrent également volontiers.

Il abandonna en outre la moitié d'un port que leur avait donné (sic) le Sénéchal Etienne de Faye ; ce port est au-dessus de Noyers, en face de l'église de Ports. Il confirma le don de cette moitié de port qu'il avait disputé aux moines... parce qu'il avait été libéré du péché d'homicide par l'intervention de la Sainte Mère de Dieu. Cela fut fait à l'Ile en présence de l'abbé Rainier et du moine Lisiard. A cet accord assistèrent comme témoins Gautier des Puys, dont la sœur et les neveux étaient au nombre des victimes, Hubert et Bernard des Puys qui, dans cette terrible nuit, avaient également perdu leur mère.