Le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt à la conquête de la Bretagne, il s’empare du château de Fougères en 1166

Fougères, autrefois chef-lieu du Fougerais et d’une baronnie, remonte à une très-haute antiquité. C’était jadis une place forte très importante, et l’une des clefs de la Bretagne, avant la réunion de cette province à la couronne.

Henri II, roi d’Angleterre, s’empara de Fougères en 1166, et c’est alors que fut détruit l’ancien château, à la place duquel Raoul de Fougères fit construire celui dont on voit encore les restes.

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Guillaume le conquérant mourut en 1087, et laissa, par testament, la Normandie à son fils Robert, l'Angleterre à Guillaume Le Roux, et au plus jeune, Henri, une somme de cinq mille livres.

Le vicomte d'Avranches, Richard, continua à gouverner le château de Saint-James, d'abord au nom du nouveau duc de Normandie, Robert, puis sous l'autorité de Henri, qui acheta le Cotentin et le pays d'Avranches. Celui-ci, dépouillé par ses frères, reconquit bientôt ses domaines et donna en propriété Saint-James au fils de Richard, Hugues Le Loup, vicomte d'Avranches et courte de Chester, en récompense des services signalés qu'il lui avait rendus.

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Le roi Guillaume étant retourné en Angleterre, Henri se hâta, du consentement de son frère et avec les secours de Richard de Revers et Roger de Magneville, de reprendre possession, en majeure partie, du comté de Coutances, qui auparavant lui avait été frauduleusement enlevé. Et, comme dans cette affaire ainsi que dans toutes les occasions où il en avait besoin, Hugues, comte de Chester, lui était demeuré fidèle, Henri lui lit concession intégrale du château que l'on appelait Saint-Jacques, où ce même comte n'avait, à cette époque, d'autre droit que celui de garder la citadelle.

» La Chronique des Ducs de Normandie rappelle encore ce fait dans les vers suivants :

Por ce que Huges li quens de Cestre

Ne li pout une plus amis estre,

Plus maintenir ne plus aidier,

Si li vout Henris otreier

Si chatel que nos apelon

(En fieu) Saint-Jeaume de Bevron.

Ni ont cu avant nul jor,

Fors sol la garde de la tor.

Huges Le Loup mourut en 1101. Son fils Richard périt, au mois de décembre 1119, dans le naufrage de la Blanche-Nef, avec sa femme, son frère Othoël et le fils unique de Henri devenu roi d'Angleterre depuis la mort de Guillaume Le Roux (1100).

Richard ne laissant pas d'héritiers directs, ses biens passèrent à son cousin Ranulphe de Meschines, vicomte de Bayeux. Ranulphe II, son fils, lui succéda, en 1128, et se montra dévoué, comme ses prédécesseurs, à la cause du roi d'Angleterre.

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Après la mort de Henri 1er (1135), il prit une part active dans la lutte entre Etienne de Blois, neveu du roi défunt par sa mère Adèle, et Geoffroy d'Anjou, marié à Mathilde, héritière du trône. Il fit même triompher un instant le parti de Mathilde à la bataille de Lincoln ; aussi Guillaume de Jumièges en parle-t-il comme d'un homme « vaillant à la guerre. » C'est assez dire qu'il ouvrit les portes de la ville de Saint-James au comte d'Anjou, lorsque celui-ci envahit l'Avranchin en 1140.

M. Desroches cite une charte dans laquelle le fils de Mathilde, Henri II, lit plus tard Ranulphe comte d'Avranches et de Saint-James, et lui donna tout ce qu'il possédait dans l'Avranchin, à l'exception des droits qu'il avait sur l'évêché, l'abbaye du Mont Saint-Michel et sur leurs biens. « Et hoc unde erat vicecomes in Abrinciis et in Sancto Jacobo, de hoc feci eum comitem, et quidquid habui Abrinchein ei dedi, praeter episcopatum et abbatiam de Monte Sancti Michaelis, et quod eis pertinet. »

Hugues, son fils, lui succéda en 1453.

 

 (Voir Plan Château de Fougères Restes de la Tour Donjon - Tour Mélusine - Tour du Gobelin)

 

Henri II, profitant des divisions intestines de la Bretagne, conçut le projet de la conquérir. Aussi séjourna-t-il souvent à Saint-James, pendant cette guerre qui dura presque toute sa vie.

Dans un voyage qu'il fit au Mont Saint-Michel à la fin de septembre 1158, il donna aux religieux les églises de Pontorson et fit relever le château de cette ville. Il partit ensuite pour Nantes dont il voulait prendre possession ; puis il revint au Mont, pour la fête saint Clément, avec le roi de France, Louis VII, « cum magno tripudio tam cleri quam populi. »

Ce fut en se rendant à Nantes, ou plus probablement à son retour, qu'il s'arrêta à Saint-James, où il écrivit une lettre à l'archevêque de Rouen, pour le prier de permettre aux moines du Mont Saint-Michel de desservir les églises de Pontorson, si l'évêque d'Avranches leur refusait des pouvoirs, « afin, dit-il, que mon château que j'ai fortifié ne soit pas privé du service divin . »

Le grand justicier Robert du Neufbourg et Gervaise, clerc du chancelier d'Angleterre, saint Thomas Becket, l'accompagnaient et signèrent cette lettre avec lui.

Le duc Conan IV, attaqué par ses barons, parmi lesquels se trouvait Raoul de Fougères, implora le secours du roi d'Angleterre. Celui-ci saisit avec empressement l'occasion d'intervenir dans les affaires de la Bretagne.

Il envoya le connétable de Normandie, Richard du Hommet, qui repoussa les ligués (1164), sans parvenir toutefois à les désarmer.

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Henri Il assembla des forces considérables sur les marches de la Normandie et s'avança contre Fougères.

Raoul trop faible pour tenir seul tète à un ennemi bien supérieur en forces, il songea à se créer des alliances qui le missent en mesure de recommencer les hostilités, et il manœuvra avec tant d'adresse qu'il entraîna sous sa bannière un grand nombre de seigneurs bretons et manceaux, qui formèrent avec lui une alliance offensive et défensive (1165).

Henri II, instruit du danger auquel allait être exposé son allié, se hâta de passer lui-même sur le continent, et se mit en devoir de tirer une vengeance éclatante de Raoul, qu'il regardait, à juste titre, comme l'âme du complot.

L'armée anglaise souffrit beaucoup, avant d'arriver à Fougères; car Raoul, dans la prévision d'une guerre, avait fait couper tous les blés et les fourrages à plusieurs lieues à la ronde ; il avait fait rompre les chemins qui aboutissaient à sa ville ; il les avait remplis d'épines, de pieux et de chausses-trappes, et avait multiplié autant que possible les obstacles, pour entraver la marche des ennemis. Outre cela, la garnison, informée de leur approche, s'était mise en campagne et les harcelait sans cesse, jusqu'au moment où ils arrivèrent devant la ville et la sommèrent de se rendre. On était alors vers la mi-juin.

La place, qui était abondamment pourvue de provisions et de munitions de toute espèce, ne voulut point entendre à une pareille sommation et les Anglais se disposèrent à en faire le siège. Ils éprouvèrent d'abord quelques échecs et virent, à plusieurs reprises, leurs travaux détruits par les assiégés, qui faisaient de fréquentes sorties dans lesquelles l'avantage leur restait quelquefois; mais enfin la fortune de l'Angleterre l'emporta : la ville, prise d'assaut, fut livrée au pillage et rasée par ordre de Henri (1166)

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Après la soumission de Conan, Henri II vint à Thouars. C'est à dessein qu'en ce château, l'un des plus formidables du Poitou et qui venait de se livrer, il invita les Bretons à défiler pour lui prêter hommage. Ils arrivèrent nombreux, même assurément Eudon de Porhoët, généreusement gratifié de fiefs et que Henri obligea à lui conduire cette jeune Alix, fille de son union avec la duchesse et que les Bretons auraient pu mettre à leur tête de préférence à sa sœur Constance, promise au Plantagenet Geoffroi. ==> Le 16 août 1158 Henri II roi d’Angleterre rasa les murailles et le château de Thouars, l’église Saint-Médard fut brûlée.

 

Raoul, qui avait été assez heureux pour échapper au vainqueur, profita de son éloignement pour réparer les désastres de la guerre et relever les murs de son château.

Sur ces entrefaites fut conclu le traité de Montmirail (1169), qui rendit la paix à la Bretagne; mais sur la fin de l'année 1173, une rupture avant éclaté entre le roi d'Angleterre et ses fils, le monarque soupçonneux, dans la crainte que les seigneurs bretons ne s'attachassent à son fils Geoffroy, qui avait épousé l'héritière de Bretagne, et ne profitassent de cette occasion pour se soustraire à son obéissance, leur envoya l'ordre de se rendre auprès de sa personne.

 Le seigneur de Fougères fut du petit nombre de ceux qui refusèrent d'obéir : regardant cet ordre comme l'expression d'un sentiment de faiblesse de la part du roi, il se hâta de mettre la dernière main aux fortifications de sa ville, et aussitôt qu'elles furent achevées, il se déclara ouvertement contre lui.

Son exemple trouva des imitateurs dans Harsculphe de Saint-Hilaire, Hugues, comte de Chester, Eudon, comte de Porhoët, et Guillaume Patri, qui réunirent leurs troupes aux siennes.

 Henri ne put contenir le ressentiment qu'excita en lui la nouvelle de cette défection. Il confia le soin de sa vengeance, dont le poids devait principalement retomber sur Raoul, à une troupe de routiers ou de Brabançons, qu'il envoya en Bretagne avec ordre de ne rien épargner sur leur passage. Ces mercenaires entrèrent sur les terres de Fougères, et, trop fidèles exécuteurs des ordres qui leur avaient été donnés, ils y mirent tout à feu et à sang.

La grandeur du péril ne fit qu'exalter le courage de Raoul et de ses alliés. Le seigneur de Fougères, qui d'abord s'était tenu renfermé derrière ses murailles, et qui, par son inaction, avait inspiré une fausse confiance aux ennemis, profita habilement de cette disposition pour les attaquer.

Il fondit tout-à-coup sur eux, surprit leurs bataillons en désordre et les força de se disperser, après leur avoir fait éprouver des pertes considérables. Puis, pour exercer de justes représailles des dégâts qu'ils avaient commis sur ses terres, il alla brûler les châteaux de Saint-James et du Teilleul.

Henri, outré de colère, se mit en devoir de couper la retraite au seigneur de Fougères et songea à s'emparer de sa ville avant qu'il y fût rentré; mais Raoul, soupçonnant ses desseins, hâta son retour, et le roi se garda bien de se trouver sur son passage.

Il se consola néanmoins de cet échec, par la richesse et la grandeur du butin qu'il emporta de son expédition.

Raoul, dans la prévision d'une guerre, avait fait construire dans sa forêt un souterrain assez vaste pour contenir son mobilier le plus précieux et celui de ses vassaux. Il avait en outre donné l'ordre à ceux-ci de conduire dans le bois tous leurs bestiaux et leurs meubles, afin île les soustraire au pillage, dans le cas où l'ennemi viendrait une seconde fois à se rendre maître de la ville.

Informés de l'approche de l'armée anglaise, les habitants de Fougères s'étaient mis en devoir de se conformer à cet ordre et déjà le convoi allait atteindre la forêt, lorsqu'il fut surpris par une troupe d'Anglais qui le pilla et se retira chargée de butin.

Pendant que l'ennemi emportait ses richesses et ne paraissait occupé que du soin de les mettre en sûreté, Raoul ne restait pas inactif; il prenait le chemin de Combourg et de là se rendait à Dol.

Arrivé devant ces deux places, il y pratiquait des intelligences, employait l'argent et les promesses pour gagner les garnisons et finissait par arborer sa bannière sur ces murailles, à la place du drapeau de l'Angleterre ; mais c'était là le dernier terme des prospérités de Raoul, le dernier gage que devait lui donner la fortune à la veille de le trahir.

Henri, informé de la défection des garnisons de Dol et de Combourg, et craignant que leur exemple ne trouvât des imitateurs, envoya une seconde fois les Brabançons en Bretagne, pour contenir dans le devoir les populations qui pourraient être tentées de s'en écarter et y ramener celles qui s'en étaient déjà éloignées.

Raoul et ses alliés n'hésitèrent pas à marcher contre eux.

Les deux armées se rencontrèrent le 20 août à une petite distance de Combourg et le combat s'engagea aussitôt; mais les Bretons ne purent soutenir le choc impétueux de leurs adversaires. Plus de 1500 des leurs restèrent sur la place et seize chevaliers, tombés entre les mains des Anglais, furent ensuite conduits à Pontorson. Raoul et le comte de Chester ne durent qu'à la vitesse de leurs chevaux d'échapper au sort de leurs compagnons; ils gagnèrent en toute hâte la tour de Dol, où ils s'enfermèrent avec quarante chevaliers qui étaient parvenus à se sauver avec eux.

Ils y furent bientôt investis par les Brabançons qui les avaient suivis de près. L'arrivée de Henri qui, à la première nouvelle de la victoire de Combourg, s'était empressé de venir en personne pour en recueillir les fruits, fit pousser les opérations du siège avec une ardeur incroyable.

Au bout de quelques jours, la tour, battue par les machines anglaises, menaçait d'ensevelir les assiégés sous ses ruines. Ceux-ci durent donc renoncer à la défendre et en conséquence ils capitulèrent le 26 août.

Roger de Houveden nous a conservé les noms des chevaliers qui furent faits prisonniers, tant à la bataille de Combourg qu'à la prise de Dol.

Parmi les premiers, on remarque Harsculphc de Saint-Hilaire et Raoul de Sens.

Parmi les seconds, Raoul de Fougères, Guillaume et Juhcl, ses fils; Leones de Poilley, Philippe de Landevy, Hamelin d'Esné (peut-être d'Ernée), Guillaume de Goron, Juhel de Mayenne, Guillaume de Saint-Brice, Guillaume d'Orange, Guillaume du Châtellier, Robert le Bouteiller, Sowal de Bâzougcs, Henri et Philippe de Saint-Hilaire, Robert de Bâzouges, Philippe de Louvigné, Henri des Gastines, Henri de Saint-Élienne, Roger des Loges, etc..

Ils furent les uns et les autres conduits dans diverses forteresses, où ils demeurèrent renfermés jusqu'à la paix. Le seigneur de Fougères ayant obtenu sa liberté en laissant au roi ses deux fils pour otages, revint dans ses terres, où il se montra plus que jamais l'ennemi irréconciliable des Anglais.

Accompagné de quelques amis aussi ardents et aussi intrépides que lui, il passa une année toute entière dans les bois, dont il ne sortait que pour faire des incursions sur les terres du parti contraire. Durant tout ce temps, il ne cessa de harceler les troupes anglaises et de leur faire autant de mal qu'il était en son pouvoir, sans qu'elles puissent jamais user de représailles envers lui ; car il leur échappait toujours par sa prodigieuse activité.

Dès lors, sa pensée bien arrêtée fut de réunir définitivement la Bretagne à ses vastes Etats. Il négocia dans ce but le mariage de la fille unique de Conan avec son fils Geoffroy, et obtint, par le traité de Thouars, la cession du duché.

Mais il fallut bientôt recommencer la lutte, d'abord contre les Bretons indignés de la conduite de leur duc, puis contre ses enfants qui levèrent eux-mêmes l'étendard de la révolte. Le pays de Saint-James connut alors, pendant de longues années, toutes les horreurs de la guerre.

Raoul de Fougères fut un des premiers à reprendre les armes. Le comte de Chester abandonna aussi la cause de Heuri II et entraîna dans sa rébellion une partie des seigneurs de l'Avranchin, entre autres Hasculphe de Saint-Hilaire, qui avait été le confident du jeune comte Geoffroy.

En 1173, enfin la paix conclue entre Henri II et ses enfants vint mettre un terme à sa vie errante, il s’empara de nouveau de la ville et du château de Fougères.

Henri II leur opposa une troupe d'aventuriers qu'il avait pris à sa solde. « On les appelait Brabançons, dit dom Morice, parce que la plupart étoient originaires du Brabant ; d'autres les appeloient routiers, à cause de leur manière de vivre, qui les mettoit toujours en roule pour aller tuer, briller et piller, selon qu'ils étoient commandés. »

Ils étaient entrés sur les terres de Raoul de Fougères, qu'ils avaient déjà dévastées, quand un fort détachement qui leur portait des provisions fut surpris et taillé en pièces sur la route de Saint-James à Fougères, au village qui a retenu depuis le nom de la Bataillère.

 Raoul, profitant de ce succès, s'avança jusqu'à Saint-James, qu'il prit d'assaut et qu'il réduisit en cendres. Le château du Teilleul eut le même sort. A cette nouvelle, Henri Il marcha sur Fougères en dissimulant ses mouvements ; mais, à l'approche du comte, il battit en retraite emportant avec lui un immense butin.

Les habitants du pays, qui se dirigeaient avec leur mobilier et leurs troupeaux vers la forêt de Fougères, furent surpris en chemin par l'armée royale, qui s'empara de tous leurs biens.

Raoul ayant éprouvé, peu de temps après, un grave échec à Combourg, fut obligé de se renfermer dans la tour de Dol avec le comte de Chester Hugues de Kervalioc et une partie de ses chevaliers.

Il y fut bientôt assiégé par les Brabançons et forcé de capituler le 26 août 1173. Ne disposant plus de vivres, ils acceptent de se rendre après avoir obtenu la promesse de ne pas être exécuté ou mutilé.

 Le comte de Chester, emmené en Angleterre l'année suivante, obtint son pardon.

Il est l'un des témoins du Traité de Falaise en octobre 1174 qui met fin aux hostilités.

Le roi reçut de nouveau son serment de fidélité. Lors du Conseil de Northampton en janvier 1177 ses domaines lui sont restitués mais pas ses châteaux, et en mars il est témoin lors de l'arbitrage du roi Henri entre les royaumes de Castille et de Navarre.

En mai lors du conseil Windsor, Henri lui restitue ses châteaux et l'envoie en Irlande mais il n'y a pas de trace de ses activités, succès guerriers ou obtention de domaines dans l'île.

Hugues de Kervalioc, 5e comte de Chester mourut en 1181 laissant un fils, Ranulphe III (Ranulph de Blondeville), qui devait jouer un rôle considérable dans les affaires de la Bretagne.
Henri Il s'empressa de le marier à la duchesse Constance, veuve de son fils Geoffroy ; mais les Bretons, mécontents de cette politique, n'attendirent que la mort du puissant monarque pour chasser un prince qu'on leur avait imposé.

Jean sans Terre la prit en 1202.

Bertrand du Guesclin, chargé par Charles V de pacifier la Bretagne, entra en 1372, dans cette province, et se rendit maitre de plusieurs places, du nombre desquelles était Fougères.

Dans la nuit du 23 au 24 mars 1448, sous le règne de Charles VII, les Anglais s’emparèrent de cette ville par surprise, et cet évènement est remarquable dans notre histoire, parce qu’il revint le signal d’une guerre dont le résultat fut la reprise de la Normandie et de toutes les provinces usurpées sur la France.

Le 25 juillet 1488, le duc de la Trémoille, commandant de l’armée de Charles VIII, s’empara de Fougères après neuf jours de siège. Cette conquête fut le prélude de la bataille de Saint-Aubin du Cormier.

En 1588, le duc de Mercoeur, partisan de la Ligue, s’empara de Fougères, qu’il ne rendit qu’en 1598. Enfin, le 13 novembre 1793, le territoire de cette ville fut le théâtre d’un combat mémorable entre les républicains et les Vendéens.

  Des fouilles ont été effectuées en 1988. Après décapage de la couche de gravillon,  la fouille a mis au jour un remblai épais de grosses pierres et de terre jaune. Dans la partie nord et aplomb du mur et sur une largeur de 30 à 40 cm, une couche de mortier de chaux avec des charbons de bois et des zones rubéfiées a été mise au jour. Sous cette couche de mortier de chaux et sur la totalité du sondage une couche de terre noire mélangée avec des gros cailloux a été mise en évidence. Ce niveau est interprété par le fouilleur comme une couche d’incendie datant de 1166. La fouille de la troisième enceinte située en haut du promontoire a abouti à la conclusion suivante : « le château détruit par Henri II Plantagenêt était, contrairement à ce que l’on avait cru jusqu’à présent en bois »

 

Notice historique et statistique sur la baronie, la ville et l'arrondissement de Fougères / par MM. Amédée Bertin,... et Léon Maupillé,...

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1946_num_53_2_1839

 

==> D'Henri II Plantagenêt et Raoul de Fougères à la Chouannerie et Prosper Mérimée, la légende des Celliers de Landéan.