Un savant historiographe de ce pays, M. Robert, du Dorat, dit que cette petite ville fut l'atelier monétaire des comtes de la Marche et à l'appui une charte recueillie par Don Fonteneau constate le don fait le 30 juillet 1117 par Guillaume Ier, évêque de Poitiers, à la célèbre abbaye de Charroux, d'une rente de trois sous de Charroux, de l’église Saint Pierre d’Ambernac.

Je ne crois pas que l'on puisse traduire autrement ces mots : Cui etiam ipsam censualem constituimus, ut ei per singulos annos tres solidos illius monete QUE EST Karofii persolvat, medietatem ad sinodum Pentechostes, et aliam medietatem as sinodum aliam.

Ainsi, dès avant l’an 1117, il y aurait eu à Charroux un atelier monétaire comme à Poitiers, à Niort, à Saint-Jean-d'Angély.

 Cette officine n'y aurait-elle pas été établie par Guillaume-Tête-d'Ëtoupes lorsqu'il inféoda au père de Boson le comté de la Marche ?

Y aurait-il doute parce que cette petite ville n'est pas nommée dans la charte postérieure où Niort et Saint-Jean-d'Angély sont soumis aux mêmes changements qu'à Poitiers?

Mais la Marche n'était pas alors sous la puissance immédiate, mais seulement sous la suzeraineté des comtes de Poitiers qui eux aussi, comme nous venons de le voir, lorsqu'il s'agit de monnayage, ne s'adressent pas au roi, leur suzerain.

Objecterait-on que jusqu'à présent on n'a découvert au nom de Charroux aucune monnaie qui puisse être attribuée à cette époque? Mais n'en est-il pas de même pour les trois autres officines monétaires? Cette stipulation de paiement en monnaie de Charroux prouverait, au contraire, que l'en voulait se garantir contre les variations qu'avaient éprouvées la monnaie poitevine suzeraine en 1103 et 1112, au point d'avoir occasionné de grands troubles.

Que si le nom d'un comte de la Marche, seigneur de Charroux, apparaît sur les monnaies, ce n'est qu'à partir de l'an 1211, presque un siècle plus tard, époque à laquelle Hugues X, comme comte de la Marche, créa une nouvelle monnaie, celle assez commune aux légendes VGO COMES MARCHIE, ce qui fit donner à ces pièces le nom de marquis (de marchiones) .

 

Avant cette nouvelle création, c'était le sou poitevin qui était la monnaie courante ou légale de Charroux, ainsi que le constate sa charte en latin, attribuée à Aldebert IV, l'un des comtes de la Marche.

 

 

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Pierre de Cessac (1) a rappelé, depuis longtemps, d'après la Chronique de Saint-Martial de Limoges, rédigée par Bernard, Itier, que, en 1211, le comte Hugues avait créé une nouvelle monnaie à Bellac, pour y faire des marques :

« Anno Gracie M°CC°XI° ….comes Hugo de Marchia novam monetam instituit apud Belac faciendam marques ».

Pour des époques aussi anciennes, on est généralement peu renseigné sur les ateliers des seigneurs.

Aussi la mention de Bellac est très utile, d'autant plus que cette officine n'existait pas dans les périodes antérieures, franque et carolingienne.

Mais, si l'on connaissait un atelier, on n'était pas mieux armé pour classer chronologiquement les premières monnaies de la Marche, d'autant plus que les érudits s'accordaient mal au sujet de la succession des comtes portant le même nom, Hugues.

J'avais dit que les monnaies portant VGO COMES MARCHIE devaient être celles de l'atelier de Bellac.

Mais Poey d'Avant, suivi par Emile Caron, se fondant sur la date de 1208, donnée par l'Art de vérifier les dates comme étant celle de la mort de Hugues IX, attribuait ces deniers à Hugues X.

Pierre de Cessac, dans son mémoire sur la chronologie des comtes de la Marche, donne à Hugues IX, aussi bien qu'à Hugues X, la forme VGO, tandis que Hugues XI aurait conservé cette graphie à Angoulême, mais inscrit HVGO sur ses monnaies de la Marche (2).

La question n'est pas si simple qu'on le croirait, car une importante découverte vient de renouveler la question des origines du monnayage de la Marche.

En 1929, un grand trésor de deniers circulait à Beyrouth en Syrie ; il passait pour provenir de Tripoli, qui n'en est pas très éloignée au Nord. Il est probable que quelques pièces de ce dépôt ont été dispersées ; mais comme le métal en était fortement oxydé, il est vraisemblable qu'aucun choix n'a pu être fait. Tel qu'il est passé aux Etats-Unis où il a été étudié soigneusement, le trésor comprend actuellement environ 3.500 pièces d'argent et de billon, dont 1.700 sont des monnaies des Croisades et 1.800 des monnaies féodales françaises (2). Il n'y a qu'un seul denier royal, de Philippe II (Arras).

 

Après le nettoyage et l'examen du trésor, il a paru nettement que la date probable de l'enfouissement devait être placée en 1221.

En effet, les pièces les plus récentes sont celles de Jean de Brienne, roi de Jérusalem, frappées à Damiette, entre novembre 1219 et mai 1221 (206 deniers).

Tous les seigneurs ou rois, représentés dans le dépôt, ont pris possession de leurs apanages avant cette dernière date, par exemple : Guillaume Ier de Déols (en 1203), Guillaume de Chauvigny, pour Issoudun (en 1220), Hervé III de Donzy, à Gien (en 1160), Hervé de Donzy, à Nevers (en 1199), Gui de Dampierre, à Montluçon (en 1202), Savary de Mauléon, pour le Poitou (en 1209), Hugues III de Bourgogne, Mathieu de Beaumont, à Crépy (en 1177), etc.

Or ce trésor, important sous bien des rapports, contenait six monnaies dont un denier du type connu VGO COMES MARCHIE, et cinq de deux espèces inconnues jusqu'à ce jour.

[Monnaie_ _Monnaie_féodale_--_[

En voici la description :

1e + HVGONIS Croix pattée, cantonnée d'un annelet au 2e quartier.

RI /MET /ALO en deux lignes.

Autre variété avec étoile au-dessus des lettres ME.

Autre avec l'étoile sous cette légende.

2° + HVG ONIS. Croix cantonnée d'un annelet au 2.

R/ LICI/GNA en deux lignes ; au-dessous un croissant?

L’auteur de la description du trésor de Tripoli hésite un peu sur la lecture de la troisième lettre du R/ et suppose que la partie visible pourrait n'être que le bas d'un S.

D'après le moulage que Miss Dorothy H. Cox a bien voulu m'envoyer et qui a servi pour le dessin, je crois à l'existence d'un C et non d'un S (4).

Les pièces à la légende Metalo présentent une grande ressemblance avec celui des deniers de Savary de Mauléon qui porte la même légende ; et il faut se souvenir que l'inscription Pictaviensis, en trois lignes, de l'autre denier de Savary est semblable à la même du R/ des nombreux deniers de Richard Cœur-de-Lion.

Je pense que ces dispositions suffisent à Marquer la succession des types, celui de Metalo en deux lignes étant évidemment le premier, puisque ce type remontait à l'époque carolingienne.

Des faits établis par Pierre de Cessac, il résulte que Hugues IX alla en Palestine avec Richard Cœur de Lion et qu'il fut dévoué à Jean sans Terre pendant les premières années du règne de celui-ci (5).

Mais Jean ayant épousé, le 30 juillet 1200, Isabelle, fille d'Adhémar, comte d'Angoulême, fiancée de Hugues, celui-ci souleva les seigneurs du Poitou.

Je n'entre pas dans les détails de l'affaire. Mais je me demande si les deniers au R/ Metalo n'ont pas été créés précisément pour soutenir le mouvement. Et probablement à peu près contemporain, sans qu'il y ait des raisons péremptoires de le classer avant ou après, serait le denier au R/ LICIGNA.

 Il est possible cependant que ce type ait été adopté en second lieu, lorsque les affaires de Poitou étant réglées contre Jean sans Terre, il devenait moins naturel pour Hugues de se poser comme le représentant du Poitou ; mais au contraire, il était le neuvième Hugues de la maison de Lusignan et cela était reconnu.

Si mon hypothèse était admissible, les deniers Metalo de Hugues auraient été émis entre 1200 et 1205.

En ce temps-là, plus encore qu'en d'autres peut-être, les opinions politiques étaient très instables.

Les droits monétaires, que Hugues s'était arrogés, avaient peut-être été discutés par le roi de France. Et alors ce serait pour cette raison que les Lusignan embrassèrent le parti de Jean sans Terre quand il débarqua à La Rochelle (15 février 1214).

 ==> 1214 Jean Sans Terre part d’Angleterre en direction du Poitou, débarque à La Rochelle et marche sur Mauzé

 

 Mais la victoire française de Bouvines ne tarda pas à briser cette alliance, et c'est sans doute pour racheter sa dernière trahison que Hugues se décida à suivre la cinquième Croisade (commencée en juin 1217) et à s'embarquer à Gênes en 1218

Il fut tué devant Damiette, en août 1219, environ trois mois avant la prise de cette ville par les Chrétiens (5 novembre).

Pour concilier les recherches antérieures avec ce que je puis tirer de l'étude des deniers révélés par le trésor de Tripoli, je me hasarde à proposer le classement suivant des diverses espèces aujourd'hui connues :

I- Avant 1200, monnayage au type royal immobilisé Lodovicus Egolissime (6), et aussi au type immobilisé d'Eudes, à Limoges (7).

II. Entre 1200 et 1205, deniers au type Metalo.

III- De 1205 à 1211, deniers avec Licigna.

IV. De 1211 à 1218, monnaies avec Vgo comes Marchie.

Mais, en admettant que le type Lodovicus Egolissime ait été employé par Hugues et peut-être ses prédécesseurs, il faut spécifier qu'il s'agit des pièces qui portent quatre annelets autour de la croisette du R/. Car j'ai démontré que le type aux cinq annelets avait été créé pour le Périgord, postérieurement à 1121 (8).

Nous avons vu que le comte de la Marche avait créé un atelier à Bellac en 1211.

Cette Monnaie servit sous les successeurs de Hugues IX, car nous en trouvons la mention dans un document du 25 novembre 1244.

 Ce texte, dont la copie m'a été obligeamment communiquée par mon confrère et ami, M. Antoine Thomas, est une enquête sur le droit de la Maison des lépreux de Limoges de percevoir une obole par livre de monnaies frappées, pour les comtes, dans l'atelier de bellac :

«. apud Bellac in dicta moneta pro percipiendo nomine dicte domus obolo de una quaque libra dicte monete dicte domui debito. ». (Archives départem. de la Haute-Vienne, fonds de la Règle, liasse no 9913).

Ce document est particulièrement intéressant, car les personnages qui certifient qu'ils ont été témoins du prélèvement des sommes concédées, parlent les uns de l'atelier de Bellac, les autres de celui de Charroux :

«. ..apud Charros, in dicta moneta, et vidit et audivit quod monetarii computaverunt cum eodem priore et quod computacione facta debuerunt eidem priore racione dicti oboli de una quaque libra dicte monete dicte domui debiti decem libras, quas monetarii tune non reddiderunt, sed promiserunt se reddituros illos ei ».

Un des témoignages, celui du prêtre Geraldus de Cosey, concerne l'époque de Hugues IX ; car, au cours de l'interrogatoire, ce prêtre, qui avait accompagné le prieur de la léproserie, fut amené à fournir une date qui, énoncée à propos de la monnaie de Charroux, paraît pouvoir servir aussi pour celle de Bellac :

« Requisitus de tempore, dixit quod post obitum nobilis comitis Marchie qui decessit ultra mare fuit circa duos annos. Dixit eciam quod semel ivit iste testis nomine dicte domus apud Belac in dicta moneta pro percipiendo nomine dicte domus obolo de una quaque libra dicte monete dicte domui debito. ».

Un autre témoin, interrogé sur la date d'une opération analogue à Bellac, nous fournit une mention qui est encore plus importante pour le monnayage de Hugues IX :

« De tempore, dixit quod viginti octo anni vel triginta anni possunt esse »

 Et de sa déposition il résulte qu'à cette époque correspondant aux années 1214 à 1216, Guillaume de Saintier et Eloi Baudoin étaient maîtres de cette Monnaie.

Un autre témoin, parlant aussi de Bellac, trente-deux ans auparavant, dit que Andriat et Pierre le Barbier étaient maîtres de cette Monnaie, et que, à Charroux, Pierre Barbier et Eloi Baudoin étaient maîtres de l'officine ; mais, pour ce second cas, le témoin ne précise pas de date.

Le dernier témoin, Pierre Gormons, plaçait des prélèvements analogues, remontant pour Charroux à vingt-cinq ans environ (avant 1244) et pour Bellac à une vingtaine d'années.

Le maître de ce dernier atelier était alors Botinot, appelé Botinoz par un autre témoin, qui lui adjoint Jean Fabri.

Il résulte de ces dépositions que les ateliers de Bellac et de Charroux ont bien fonctionné sous Hugues IX.

Celui de Bellac (Haute-Vienne) était probablement dans le château ; celui de Charroux (non loin de Civray, Vienne) paraît avoir été situé dans une rue dite longtemps « de la Batterie », où une maison proche du château de Charroux possédait des souterrains (9).

 Il est possible que des monnaies aient été émises au château de Lusignan, car l'inscription LICIGNA devrait normalement indiquer un atelier (10) plutôt qu'un titre seigneurial.

Toutefois, il convient de ne pas perdre de vue que la chronique de Bernard Itier Mentionne la mort de Hugues IX en ces termes : « anno M° CC° XIX° obiit Hugo de Lesina senior ».

Avec les mentions de maîtres de monnaies fournies par le document de 1244, on est maintenant mieux renseigné quant au monnayage de Hugues IX et de son successeur.

Il reste évidemment beaucoup de points obscurs dans ce court chapitre de, l'histoire de la Marche.

Aussi bien, l'on sait que la numismatique féodale fourmille d'incertitudes de ce genre. Il convient donc, avant de songer à atteindre le bout de la route, de considérer le chemin parcouru et de se déclarer satisfait de l'étape franchie.

l'existence d'une forteresse dans une localité n'était pas toujours une sécurité pour elle, tant s'en faut c'est ce qui explique l'ardeur que mit l'abbé de Charroux à empêcher les habitants de la ville de relever les ruines du château fort ,que les comtes de la Marche avaient autrefois possédé dans le voisinage de l'abbaye qui était elle-même une véritable forteresse, et l'appui énergique et- effectif que prêta le parlement aux efforts de l'abbé dans ce sens (LXI, etc.).

Malgré une sédition des habitants et un accord provisoire (LXXIX), les travaux commencés durent être abandonnés et le château comtal resta en ruines.

« Lorsque l'abbaye se fonda, disait Jaubert, abbé de Charroux, dans ses démêlés avec le comte de la Marche, il n'y avait alors audit lieu aucune ville, bourg ou village ; mais le temps ayant fait que peu à peu on a bâti quelques maisons aux environs de ladite abbaye, il s'y est établi une paroisse, et peu après une ville fermée de murailles. »

Ces constructions se trouvant sur deux domaines différents, Charroux se composa d'abord de deux bourgs, le premier appelé Bourg-l'Abbé, groupé sur le versant gauche auprès du monastère, sous le pouvoir duquel il se trouvait ; le second appelé bourg du Comte.

 Son extension fut si rapide que, cent ans à peine après sa fondation, les comtes de la Basse- Marche vinrent s'y établir, firent de Charroux leur capitale et y battirent monnaie pendant plusieurs siècles.

 Leurs ateliers monétaires étaient situés dans une sorte de souterrain dont on voit encore les restes dans la rue qui a conservé le nom de rue de la Batterie.

De ce voisinage et de ces possessions mélangées il résulta plus d'un conflit.

Avec le temps et par la force des choses, l'influence de l'abbaye grandit et la puissance du comte diminua, en sorte que, de droit, la ville devint à peu près entièrement dépendante de l'abbaye, et le Parlement de Poitiers fit défense au comte de la Marche de continuer une forteresse qu'il voulait élever à la place de l'ancien château.

 

 

1369-70 Edouard, prince d'Aquitaine et de Galles fait abattre des murs de l'Eglise de Saint Sulpice de Charroux (XIIme et XVme)
Cette église est de deux époques ; la première est le romano-ogival, ou style de transition, il en reste fort peu de chose ; 3 pilastres avec leurs arcs doubleaux annonçant que l'église primitive avait trois nefs, et une ou deux fenêtres, voilà tout. (pl. 18 fig. 3.)

1422, 7. 8 et 11 août. Plaidoiries et appointements dans le procès intenté par l’abbé de Charroux à des particuliers qui avaient commencé une nouvelle forteresse dans la ville au préjudice de l’abbaye (2)

1. Venredi vij° jour d'aoust MCCCCXXIJ, de relevee…. Entre le procureur de monsr le regent comte de Poictou, les religieux abbé et couvent de Charroux, et Aleaume Cachemaree huissier de parlement... demandeurs en cas d'excès et autrement, d'une part, et Julian Marquet, Guillaume de la Touche, Jehan de Riou l'ainsné, Silvestre Menart, Simon Arnault, Jehan Simon, Thomas de Saint Sac et Jehan de Riou adjornez à comparoir en personne, et aussi Jehan Auguyn, Jehan Parpaut, Mathë et Jehan ses enfants, Pierre de Saint Sac, Jehan Guillin, Heliot Conseil et Estienne Boutet adjornez simplement, defendeurs esdiz cas, d'autre part.

2. -Pour les demandeurs, Le Turdit qu'il ne loist à aucun faire ou edifier forteresse de nouvel sans congié ou licence du prince ; et dit que en l'abbaye de Charroux, qui est d'ancienne fondacion, a bonne et notable forteresse, et y ont les habitans dudit lieu et des lieux, voisins acoustumé faire guet et garde de jour et de nuyt, ainsi que faire le doivent selon les ordonnances royaulx, et si ont acoustumé en cas de necessité y retraire et retraient chascun jour eulx et leurs biens.

3. Dit que au lieu de Charroux souloit avoir deux forteresses, c'est assavoir celle de l'abbaye, qui est encores in esse, laquelle, pour ce que estoit préjudiciable, fut abbattue et demolie long temps a par auctorité de justice, et depuis ne fut emparee ne fortinee ne y fait reparacion ne labour quelconques fors puis nagueres, que lesdiz defendeurs et autres habitans dud. lieu l'ont voulu emparer et fortifier, de leur auctorité, et de fait y ont ouvré et fait ouvrer par plus [ieur]s journées.

Ce venu à la connaissance du procureur de monsr le regent conte, a prins son impetracion sur ce contre eulx; pour laquelle exécuter, Archambaut capitaine de Lesignen et maistre Aleaume Cachemaree ont esté à Charroux et, mediante informacione, ont lesd. defendeurs esté adjornez ceans en cas d'excès, et ont lesd. Archambaut et Cachemarec voulu proceder ad demolicionem de ce qui avoit esté fait ; de ce les habitans indignez ont procedé rigoureusement et injurieusement contre les commissaires et arresté bina vice Cachemaree en la ville, le mis en une chambre, et detenu ses chevaulx, soubz umbre de ce que promptement ne leur monstroit sa commission, comme ils disoient, combien qu'elle eust esté leue publice en la presence de tous et que leur offrist baillier copie d'icelle commission, se vouloient envoyer avec lui à Lesignen, où led. Archambaut l'avoit apportée et demoura led. Cachemaree arresté depuis le matin jusques à v heures après midi, que Jehan de Mons le fist delivrer.

4. Dit que à tout ce faire estoient les defendeurs armez et embastonnez more hostili. Dit que en ce a grans excès, que l'on dit estre plus à plain declairez en l'informacion, la quelle n'a encores veue. - Conclut que soient condemnez à cesser de ce que avoient entrepris et encommancié, à reparer ce que ja a esté fait et à retourner la chose en son estat, et en amendes honorables….. et proufitables, c'est assavoir envers le procureur de mons' le regent de xm escus, envers les religieux de mil escus, envers l'uissier de vc et envers le procureur du roy du double de ce qui sera adjugié à l'uissier. …

5. Pour les defendeurs, Jouvenel dit que en la ville de Charroux, qui est bien ancienne, souloit avoir monnoye (11) et grans jours (12) et deux forteresses, dont celle qui a esté demolie estoit la plus belle et plus forte ; et ne fut demolie auctoritate justicie, mais de fait par les religieus afin que les habitans alassent faire guet en celle de l'abbaye, à quoy ne sont tenus se ne leur plaist.

6. Dit que la ville de Charroux estoit antiquitus de la conté de la Marche, et par mariages en fut separee avec Belac et autres villes (13), mais neantmoins gaudet similibus privilegiis que les autres lieux de la conté, par lesquelz inter cetera ressortist de directo en parlement et ne sont aucunement subgiez de la conté de Poictou.

Dit que le duc en Bavière, ut administrator filii sui, y a haulte justice, moienne et basse.

 Dit que, pour ce que l'abbaye est brulee de nouvel et sont les murs de la forteresse gastez telement que de present n'est seure pour le retraict, aussi que ne s'i peuent retraire ad libitum quant en ont besoing et que l'abbé prent d'eulx trop grandes exaccions pour leurs logeiz et les vouloit contraindre aux reparacions de l'abbaye, plusi[eur]s desdiz habitans s'en vouloient aler demourer ailleurs et la ville desemparer, par quoy les officiers dud. duc en Baviere, seigneur dud. lieu et de la Basse Marche pour et ou nom de son filz, donnerent congié et mandement ausd. habitans de fortifier et emparer la dicte ancienne forteresse, qui avoit esté demolie de fait par les religieux, comme dit est, et encore en y a procès en parlement (14)

7. Dit que les habitans, ad mandatum et de licencia de leur seigneur ou de ses officiers, avoient commandé à reparer ladicte place, mais ont esté empeschez à la requeste du procureur de monsr le regent conte de Poictou, qui en ce n'a interest, et combien que ne soient en riens subgiez de la conté de Poictou et ne feissent nouvelle forteresse, sed duntaxat repararent antiquam de mandato de leur seigneur, comme fere leur loisoit, toutesvoies, sitost que les defenses leur ont esté faictes, ont cessé et n'ont fait à l'uissier aucune desobéissance ne commis aucuns excès en ceste partie.

8. -Dit que le procureur du duc demanda à Cachemaree veoir sa commission pour ce que faisoit proceder ad demolicionem, etc. Cachemaree respondi primo que la feroit copier et en bailleroit copie, puis, advisé, dist que n'en monstreroit riens, et peut estre que lors lui fut dit que se ne la monstroit, on l'arresteroit en la ville ; mais quidquid sit, oncques ne fut arresté.

9. Dit que de sa volonté Cachemaree se party de la ville et s'en aloit tout seul à pié; aucuns des habitans le rencontrèrent, auxquelx dist qu'il s'en aloit ainsi parce que l'en avoit arresté ses chevaulx en la ville, et alors lui dirent que ainsi ne s'en iroit tout seul, mais avroit ses chevaulx et doulcement le firent retourner en la ville querir ses chevaulx, sans autre force lui faire, Et quant à ce que parties dient que les habitans estoient armez et embastonnez, etc., respond que, Cachemaree estant en la ville, survint un effroi pour cause des Anglois qui couroient pres de la ville, et par ce aucuns des habitans se armèrent, mais re vera ne fut contre l'uissier ne pour cause de lui; si dit que en ce n'a aucuns excès du cousté des defendeurs et sont en cas d'absolucion…..

10. Le procureur du duc en Bavière a dit qu'il prent l’adveu et defense de ceste cause ou nom de son maistre pour les defendeurs en tant que touche le fait de la forteresse.

11. Appoinctié est que ceulx qui encores ne sont interroguez le seront demain au matin, et cependant les gens du roy verront les informacions et deposicions et demain mesmes en vendront dire ce que bon leur semblera.

12. Samedi viij° jour d'aoust MCCCCXXIJ. En la cause d'entre le procureur du roy nostre sire et de mons'' le regent et l'abbé et couvent de Charroux et maistre Aleaume Cachemaree….., d'une part, et maistre Thomas de Sainsac, Julian Marquet, Sevestre Menart et Jehan du Rieu le jeune, Jehan du Rieu l'ainsné, Guillaume de La Tousche, Simon Arnault et Jehan Simon comparans en personne et aucuïis autres, pour lesquelx compert maistre Jaques Hamelin leur procureur, deffendeurs, d'autre part. Ordonné est que desd. deffendeurs les mj premiers nommex. demourront arrestez en la ville de Poictiers jusques à ce que par la court en soit aultrement ordonné, et que les autres qui comparoient en personne. seront elargiz ubique et receuz par procureurs quousque, etc.

13. Mardi xj jour d'aoust IICCCCXXIJ. En la cause d'entre l'abbé et couvent de Charroux et les procureur du roy et de monsr le relent conte de Poictou demandeurs, d'une part, et maistre Thomas de Sainsac et autres detffendeurs, d'autre :  item entre maistre Aleaume Cachemaree huissier de parlement et le procureur du joy demandeurs, contre led. maistre Thomas et autres qui ont esté arrestez sur injures faites aud. huissier.

14. Le Tur en l'une et l'autre instance, pour les demandeurs, replique et dit que de raison commune non licet edificare nofa fortalicia sine auctoritate principis et forciori racione non licet reedificare celles qui sont demolies….., et que se la forteresse que veulent reedifier les parties adverses estoit reedifiee, ce seroit la destruccion du pays et toute division, avoir deux forteresses, c'est assavoir elle et Charroux, si près l'une de l'autre ; dit que passez sont cent ans qu'elle est démolie.

 

15. A ce que dient estre exemps du conté de Poictou par le moien du seigneur de la Basse Marche, dit qu'ilz sont de la conté et ressort de Poictou notoirement, et contribuent in subsidiis avec ceulx de Poictou (15), et s'il y eu aucune exempcion, n'a esté que d'un appel, qui est osté ; et du procès dont se vantent parties, n'appert rien ; et quidquid dicant, n'avoient point d'autorité de leur seigneur : Aleaume le demanda voir, mais riens n'en sceurent monstrer.

16. Dit que les religieux sont en possession de non y avoir autre forteresse que la leur, où se peuent touz les habitans retraire, et en l'autre, que veulent [reedifler] les habitans, ne retrairoient xx personnes, et si n'y a nulles revenues ou comme nulles dit que de tout point doit estre démolie…..

17. Et quant au fait de maistre Aleaume, dit que…... ilz le arresterent, et puis de dehors la ville le ramenèrent et pousserent tres injurieusement, et si lui avoient fermé les portes, et ne vault la couleur exquise de double des Anglois, car il n'en estoit nouvelle. …Dit que les responses départies n'ont esté que moqueries, et crièrent: « Ayde au duc de Baviere sur l'uissier! » lequel minus honorifice ilz appeloient « sire commissaire. »

18. Pour les deffendeurs, Jouvenel duplique que la forteresse ser(oit) plus forte et mieulx tenable que Charroux, et qu'il y a de tres beaux fossez, et que onques ne fut demolie par justice et n'y a longtemps qu'elle estoit sus, et si dit que Charroux n'est point tenable et que les murs sont touz ars….. ; et quant à maistre Aleaume, dit….. que la porte ne fut fermee que pour doubte des Anglois qui estoient pres, et en y eut de pris…

19. Finablement lesdiz deffendeurs, au regard des injures et excès. se raportent à la deposicion ou procès qu'il [l'huissier] en fera après ce qu'il aura juré….. et lesd. procureur du roy et maistre Aleaume pareillement en sont d'accord.

30. Si est appoinctié que lesd. Maistre Aleaume vendra, derelevee, tout advisié, faire le serement et son raport sur ce; et au surplus la court verra les informacions et ce que les parties mettront devers la court, et au conseil sur tout ; et est defendu aux parties hinc inde à peine de c mars d'or que ne mesfacent l'une à l'autre.

 

 

1422, 3 octobre.Nomination de commissaires chargés de faire une enquête sur la nouvelle forteresse commencée à Charroux au préjudice de l’abbé et du couvent (15).

Karolus…. dilectis et fidelibus magistris Ade de Cameraco in curia parlamenti domini mci presidenti et Guillermo de Launayo clerico, dicti domini mei et nostris consliariis, salutem et dileccionem.Cum in certa causa mota et pendente….. racione certe platée sive loci quam vel quem dicti defensores licenciam, auctori[t]atem, mandatum vel advoamentum a carissimo avuncuto nostro Ludovico duce in Bavaria (16) nomine et ut habente baillium….. ejus filii domini Basse Marchie, aut ab aliquibus suis officiariis habentes, ut dicebant, apud dictum locum de Carroffio in dicta Bassa Marchia prope fortalicium dicti monasterii fortificare inceperant, tantum processum fuerit quod per appunctamentum ejusdem curie, octava die mensis augusti ultime preteriti, partibus ipsis auditis, dictum sive factum eadem curia ordinaverit seu appunctaverit ipsas partes, in quantum tangit principale, sine factorum suorum hinc inde propositorum veritatis inquisicione non posse expediri. inquantum vero tangebit atque tangitstatum sive provisionem….. appunctaverit et ordinaverit eadem curia quod duo ex consiiiariis dicte curie, quos curia deputaret, super dictum locum sive plateam….. se transferrent et……. ipsam plateam sive locum inspicerent….. et quidquid per eos repertum foret cum ipsa informacione eidem curie refferent.

Vobis, quos dicta curia ad hoc deputavit et deputat, tenore presencium committimus et mandamus quatinus…..vos…..informetis... et nichilominus dictis defensoribus….. inhibeatis ne, donec per dictam curiam….. aliud…. ordinatum fuerit, ulterius ad dictiloci fortificationem procedant.

 Et quia ipsi aut aliqui eorundem vel alii pro parte sua et ad eorum instigacionem, non obstantibus inhibicionibus sibi tam ante dictum appunctamentumper Aleaume  Cachemaree commissarium nostrum et post idem appunctamentum quam per Guillermum Drapperie, ex parte curie deputatum, hostiarios dicti parlamenti factis, ad peragendum dictam fortificationem operari fecisse dicuntur, mandamus vobis eciam committendo quatinus quoscunque…… culpabiles repereritis adjornetis.

Datum Pictavis die tercia octobris anno Domini millesimo CCCC° vicesimo secundo.

 

 

 

 

1422, 22 octobre. Arrêt ordonnant la démolition de la nouvelle forteresse commencée à Charroux (17)

Cum super eo quod nonnulli habitantes et circumvicini ville de Karroftio certam plateam, vocatam castrum, apud dictam villam de Karroffio sitam, nuper et de novo, in prejudicium fortalicii abbacie sive monasterii de Karrofio, quod de fundacione regia existit, nostrique castri de Civrayo, ville Pictavensis et eciam tocius rei publiée, fortifirare aut reparare…. velle et incoasse dicebantur….. per eosdem presidentes et consiliaros dictum fuit et ordinatum quod, per modum provisionis et sine prejudicio…. fortificacio seu fortificationes que tam in dicto loco castri quant alibi in dicta villa de Karrofio extra fortalicium dicte abbacie de novo facte et incoate fuerunt amovebuntur et omnino demolientur….. quousque per dictam curiam aliud super hoc fuerit ordinatum.

 Pronunciatum die xxij octobris anno Domini M° CCCC° vicesimo secundo. VAILY.

 

 

 

1423, 22 mars.  Accord, au sujet de la nouvelle forteresse de Charroux, entre l’abbaye et les habitants de la ville

Comme pour occasion de ce que aucuns habitans et voisins de la ville de Charroux ont nagueres fait ou se sont efforcez de fere de nouvel fortiffier et reparer certaine place ou chastel assis en lad. ville de Charroux….., pour laquelle ordonnance ou appoinctement de lad. court mettre à execucion au regart de lad. provision aient esté ordonnez maistres Adam de Cambray president et Guillaume de Launay conseillers en lad. court, lesquelx se soient sur ce informez et leur dicte informacion aient relatee et rapportee devers lad. court, par laquelle, oye lad. relacion. par mess les presidens et conseillers de lad. court durans les vaccacions ait esté lit et ordonné que, par maniere de provision et sanz préjudice. que lad. fortificacion ou fortifficacions faictes de nouvel, tant aud. chastel que ailleurs en lad. ville de Charroux hors la forteresse de lad. abbaye, seroient à plain demolies et la place en quoy elles avoient esté faictes mise en tel estat et disposicion que aucuns adversaires ou ennemis de ce royaume ou autres malfaicteurs n'y pourroient avoir aucun retrait ou refuge, pour lequel arrest mettre à execucion led. monsr maistre Adam de Cambray se soit entre autres nagueres transporté aud. lieu de Charroux, en la présence duquel lesd. parties aient appoincté entre elles, entre autres choses, que led. chastel ou place ainsi fortiffié seroit gardé soubz. la main du roy par Raymon de Cambourget escuier, jusques à la feste de Nostre Dame de mars prouchain. ven., pour en estre fait et ordonné à l'ordonnance du roy et de lad. court, et que led. abbé feroit mettre hors de lad. court lesd. habitans pour ce adjournez, finablement lesd. parties sont d'accord que lesd. habitans soient mis hors dud. procès sans amende et despens parmy ce qu'ilz feront bailler et délivrer reaument et de fait led. chastel ou place forte es mains du roy et de lad. court, led. terme escheu, pour en estre par icelle fait et ordonné comme il appartendra par raison, et souffreront au seurplus ted. arrest estre exécuté selon la forme et teneur.

Fait du consentement de Andry Fourré procureur desd. abbé et couvent, et de maistre Jacques Hamelin procureur desd. monsr de Baviere et habitans. le xxiije jour de mars l'an mil IIIJ XXIJ.

 

 

Plus tard, le comte Jaques d’Armagnac obtint l’autorisation de réédifier son château lettre royaux du 31 juillet 1460 analysées dans le reg. PP 99, fol 118 V° des Arch. Nat ; mais il ne semble pas en avoir usé.

 

En 1474, Jacques d'Armagnac transporta le siège du comté dans la ville du Dorât.

Robert du Dorât prétend que Charroux était alors aussi étendu que Limoges. Peut-être les fêtes des Ostensions du» Dorât ont-elles pris leur origine dans l'imitation de la fête si célèbre des Ostensions de Charroux.

Louise d’Anjou, mariée par contrat du 12 juin 1462 à Jacques d’Armagnac, duc de Nemours, décapité à Paris par arrêt du Parlement du 4 août 1477 pour crime de lèse-majesté.

Les enfants naturels étaient : 1° Louis d'Anjou, seigneur de Mézières; 2° Jean, seigneur de Charroux, qui ne laissa pas de postérité de son mariage avec Françoise de Blanchefort (23 avril 1493), fille de Jean de Blanchefort, seigneur de Saint- Janvrain, maire de Bordeaux, et d’Andrée de Norroy.

 

 

 

Le comté de la Marche et le Parlement de Poitiers (1418-1436) : recueil de documents inédits tirés des Archives nationales / par Antoine Thomas,...

Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme

Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse

Bulletin des travaux de la Société historique et scientifique de Saint-Jean-d'Angély

 

 

 

 

 


 

Généalogie - Maison des Hugues de Lusignan et Geoffroy la Grand' Dent.

( Château médiéval de Vouvant, tour Mélusine - cie Capalle) Les principales, familles sorties de la souche 1er des Lusignans sont celles des comtes de Pembrocke et d'Eu, des seigneurs de Vouvant, de Saint-Gelais, de Lezay, de Couhé, de Lestang, des Marais, de Beauregard, et les Lusignans, rois de Chypre.

 

(1) Dans les Mélanges de Numismatique, t. IIT, 1878-1882, p. 361.

J’avais déjà noté le renseignement (Nouveau Manuel de Numismatique du yen âge, Paris, Roret, 1890, t. I", p. 287).

(2) Rev. numism., 1886, p. 61 à 85.

(3) Dorothy H. Cox, The Tripolis hoard of French seignorial and Crusader's coins, New-York, 1933, in-12, 61 p., 8 pl. (n° 59 des Numismatic Notes and monographs de la Société américaine de Numismatique).

(4) On trouve bien la graphie Lesina dans la chronique de Bernard ltier, mais cette forme même prouve que les noms propres manquaient de fixité.

(5) Dans la Rev. Numism., 1886, p. 61.

(6) Dans la description du trésor de Tripoli, l'auteur a supposé que ce monnayage avait suivi le mariage de Jean sans Terre avec Isabelle. Ce serait donc une protestation de Hugues pour affirmer ses droits sur le comté d’Angoulême. Mais cela aurait été une protestation muette, dans la circonstance si aigüe.

(7) Les trouvailles monétaires, faites à diverses reprises dans le département de la Creuse, démontrent que les monnaies au type d'Eudes, avec Limovicas plus ou moins déformé, ont eu une large circulation dans la Marche (Voy. Dr G. Janicaud, Mélanges Archéol., V ; Numism. Creusoise, Guéret, 1933, p. 5 et 6 ; et une trouvaille récente à Lascaux).

(8) Documents concernant la monnaie des comtes de Périgord, dans Mémoires et Notes de Numismatique (I), 1909, p. 425-442.

(9) Cette appellation de « la Batterie » est aussi indiquée par D. Fonteneau (Rec- t 32, p. 310; d'après les Mss. de MM. Robert, du Dorât, que M. Antoine Thomas a consultés). Cf. Amédée Brouillet, Indicateur archéologique de l’ arrondissement de Civrai, 1865, p. 156.

(10) Poey d'Avant et Benjamin Fillon croyaient à l'existence de l'atelier de Lusignan et Lecointre-Dupont à celui de Montreuil-Bonnin. Pierre de Cessac, résumé tout cela (Rev. numism., 1886, p. 70-71). ==> Moyen Age, atelier monnaie-denier Plantagenêt (château de Montreuil-Bonnin)

 (11.) On a effectivement battu monnaie à Charroux dans le haut moyen âge ; du moins l'attribution à Charroux d'un triens mérovingien qui pour légende CAROFO me parait très vraisemblable. bien que M. Prou, dans le Catalogue du Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale (p. 394) le range dans la cité de Rodez, ateliers non identifies. Mais il n'est pas vraisemblable que le souvenir de cette époque reculée se soit conservé si longtemps à Charroux : j'incline à penser que nous avons là une allusion au fait (non attesté directement) que Charles de France, au temps où il était comte de la Marche (1314-1322), fit battre monnaie à Charroux, siège de son administration.

(12). Ces grans jours ne sont autre chose que le parlement institue à Charroux par Charles de France, comte de la Marche voir mon article intitulé Les archives du comté de la Marche dans la Bibl. de l'éc. des chartes, t. XLIIIt, p. 40.

 (13). Par les mariages successifs d'Anne de Bourbon avec Jehan, comte de Montpensier (1390), et avec Louis le Barbu, duc de Bavière (1402).

(14). Cf. n° LIX.

 (15). Il est vrai que Charroux ressortissait, au point de vue financier, de réfection de Poitiers, mais cela n'a rien à voir avec le ressort féodal.

(15). MS alearum

(16).. Ms. ex.

(17). Cf.n° LXI. Cet arrêt a été copié intégralement, d'après l'original jadis conservé dans les archives de l'abbaye de Charroux, par D. Fonteneau (Bibl. de Poitiers, coll. Fonteneau, t. IV, p. 477). Am. Brouillet l'a signalé dans son Indic. arch. de l'arr. de Civrai (Civrai, 1865), p. 118 et 163, sans en donner le texte, mais en reproduisant et en critiquant justement les observations dont D. Fonteneau a fait suivre sa copie.