Les Tragiques Imprimeries de Théodore-Agrippa d'Aubigné - le fort du Dognon de MAILLÉ pour contrôler le trafic fluvial de la sèvre

Située à 5 kilomètres sud de Maillezais, à l'extrémité de l'île, au confluent même de l'Autise et de la Sèvre, d'où son nom, Mallum, en celtique confluent, marquant à la fois sa situation et son antique origine.

Les marais très fertiles, sont exposés malheureusement aux inondations trop fréquentes de la Sèvre, qui, lorsqu'elles se produisent après le printemps, recouvrent en quelques jours les immenses carrés semés en céréales et en légumes, qui constituent la principale culture du pays.

Le commerce d'exportation consiste en froment, haricots, pommes de terre ; l'industrie locale ne s'exerce guère que dans la confection assez primitive des sabots en bois de frêne et de noyer, dits bots, en usage dans tout le marais.

L'élève des chevaux, que favorisent de vastes prairies, y est encouragé par un dépôt d'étalons concédé par l'État.

Maillé fut le premier lieu habité de l'île, qui, avant la suprématie acquise par Maillezais, s'appelait l'ile de Maillé, et la tête de ligne du chemin saunier qualifié de « vieux chemin » dès 959, par lequel les sels d'Aunis gagnaient Poitiers et se répandaient en Gaule.

Ce chemin fut entretenu par les Romains, qui profitèrent du péage déjà établi à Maillé antérieurement à la conquête.

En 1003, Guillaume le Grand donna à l'abbaye de Maillezais la moitié de ce péage.

 La bibliothèque de La Rochelle conserve la pancarte des droits du péage de Maillé, gravée sur cuivre en 1740, et qui reproduit un document beaucoup plus ancien. Le tarif a varié avec le temps, mais l'assiette des droits n'a pas été modifiée, et la pancarte de 1740 a conservé des articles tombés en désuétude. On y lit, par exemple, qu'un juif devait payer 8 deniers, comme une charge de beurre, et une juive enceinte 1 sol 4 deniers, comme une chèvre ou une truie.

Ce péage fut supprimé par arrêt du Conseil du Roi du 26 juin 1786.

Une charte d'Éléonore d'Aquitaine, XIIIe siècle, donne à l'abbaye de Maillezais le minage de Maillé. Cet impôt se percevait au marché aux grains ; en ce temps, grâce à son port et à sa route commerciale, Maillé était donc un centre important de transit.

Un historien de l'ancien Poitou, Dufour, a cru devoir placer à Maillé le Portas Secor, signalé par Ptolémée et par Marcien d'Héraclée, et sur l'emplacement duquel les géographes ne sont pas d'accord. Il n'y a pas du moins à s'arrêter à cette attribution qui, malgré les changements considérables qu'ont subis depuis cette époque les côtes du Poitou, n'a pour elle aucune vraisemblance, et ne correspond d'aucune façon aux mesures données par Ptolémée et Marcien.

Il n'en reste pas moins certain que Maillé est un lieu fort ancien.

Il y a quarante ans, on a trouvé au Dognon, sur le territoire de la commune, un enfouissement important de haches gauloises en bronze, et, à Maillé même, quelques hachettes et quelques coins.

La tradition populaire, appuyée sur le témoignage de Grégoire de Tours et du moine Pierre de Maillezais, qui écrivait vers 1070, attribue à saint Pient, évêque de Poitiers vers 560, l'évangélisation de la contrée.

En visitant son diocèse, saint Pient aurait été jeté par une tempête au port de la Pichonnière, commune de Maillé. On croit même qu'il y mourut après avoir prêché l'Evangile aux Colliberts qui habitaient les bords du marais. La piété des premiers fidèles éleva au même lieu une chapelle en son honneur.

Le moine Pierre dit que les Colliberts, avant de s'embarquer pour la pêche, s'y réunissaient pour y entendre la messe. Il ajoute que, de son temps, la chapelle admodum antiqua tombait en ruine.

 Les Normands en effet étaient passés par là; le pillage peut-être, le temps tout au moins avaient eu raison de la chapelle abandonnée. On a trouvé, tout auprès, des tombeaux en pierre, et dans l'un, une croix en fer et un chalumeau en cuivre doré. Il nous paraît probable que c'était là même le tombeau de saint Pient ; malheureusement ces fouilles, déjà anciennes, furent dues au hasard, et ne furent ni suivies ni contrôlées. Le tènement contigu se nomme le Bas de la Chapelle.

On voyait encore, il y a peu d'années, dans le jardin de la cure, une statue en bois de saint Pient, estimée fort ancienne; mais elle nous a paru n'être que l'œuvre grossière et relativement moderne d'un sculpteur ignorant, plutôt que l'œuvre naïve et archaïque d'un artiste des premiers temps du moyen âge.

Saint Pient a un autel dans l'église de Maillé; une statue l'y représente posant le doigt sur l'oreille d'un enfant. Il a toujours été honoré en effet comme l'un des sept saints secourables des marais de la Sèvre, et guérissait de la surdité.

 Son culte donna lieu jadis à un imposant pèlerinage, le dimanche qui suit le 13 mars, jour de sa fête dans le diocèse de Poitiers. Ce pèlerinage subsiste encore, mais détourné de son but primitif; c'est la principale foire de Maillé.

Le nom d'un quartier, au nord du bourg actuel, nous révèle l'existence d'un autre ancien sanctuaire. C'est le tènement de Saint-Nicolas.

 A peine la tradition populaire se souvient-elle qu'une chapelle de Saint-Nicolas s'éleva en ce lieu. A côté du culte de saint Pient, apôtre du pays, le culte de saint Nicolas, patron des bateliers, est fort à sa place à Maillé.

La chapelle n'a laissé d'autre trace que la dénomination du lieu. Elle était bâtie à l'entrée du bourg, et servit d'église aux habitants de Maillé entre la ruine de la chapelle de Saint-Pient, peu à proximité, et pour cela même abandonnée avant le XIe siècle, et la construction de l'église actuelle vers la fin du XIIe.

Le chemin saunier, les routes d'eau mettaient en communication fréquente et facile Maillé avec Maillezais. On le voit par une charte de 1065, aussi intéressante par la pureté et par l'élégance d'un latin qui trahit la collaboration du moine Pierre, que par les indications qu'elle donne sur un détail de mœurs et sur le mobilier d'un campagnard au XIe siècle.

C'est un curieux exemple de séparation volontaire entre époux pour cause de vœux religieux réciproques.

« Dum multi multa sibi cupiunt adquirere, sola tamen cœlestis patria ante omnia unicuique cupienda est... »

C'est pourquoi Devert, habitant de Maillé, et sa femme Hermengarde, veulent se donner à Dieu d'un commun accord.

Le mari se retire à l'abbaye de Saint-Pierre de Maillezais, la femme au couvent de Notre-Dame de Saintes. Devert donne à l'abbaye sa maison de Maillé, cinq pièces et deux cruches de vin, deux lits de paille et de plume, deux chaises et deux bancs. Il dépose la charte de donation sur l'autel de la Vierge, la veille de l'Assomption, en y joignant une branche de laurier et une poche de poivre, présent non sans valeur, puisqu'on disait encore longtemps après : cher comme poivre.

Maillé, isolé à l'extrémité de son île, sans seigneurs propres, simplement dénommé comme un des cinq terrages de l'abbaye de Maillezais, n'a tenu aucun rôle au moyen âge.

Les Tragiques Imprimeries de Théodore-Agrippa d'Aubigné - le fort du Dognon de MAILLÉ pour contrôler le trafic fluvial de la sèvre

Au XVIIe siècle, Agrippa d'Aubigné a tiré un moment ce nom de l'oubli.

La mort de Henri IV avait consommé la disgrâce de l'irréconciliable huguenot; la Régente feignit de l'oublier, et on ne paya plus ses troupes.

 Il fut contraint, comme il le dit, « d'aller quérir son payement sur la rivière de Sèvre », dont il saisit les péages. Pour mieux en assurer la perception, et aussi pour se ménager une retraite en cas de surprise à Maillezais, il acheta, au milieu des marais de Maillé, la petite île du Dognon, et se fit bâtir à Maillé une maison pour deux mille écus.

Cette maison, où il fit, dit-on, imprimer sous ses yeux plusieurs de ses ouvrages, sise à mi-chemin entre l'église et le port, a été reconstruite plusieurs fois depuis.

Parabère, gouverneur de Niort, ayant été dépêché pour se rendre compte de l'affaire, y fut reçu et traité par d'Aubigné (an 1610).

L'année suivante, Parabère reçut nouvelle commission d'aller visiter les travaux qui s'exécutaient au Dognon, et que d'Aubigné appelait « ses vacheries ». Il écrivit au maître qu'il aurait plaisir à l'y rencontrer. Cette fois, d'Aubigné répondit que « la besogne n'en valoit pas la peine, et qu'il se pourvust ailleurs d'un disner. »

 La brutalité de la réponse abusa le commissaire, qui écrivit à la Cour que ce n'était rien; quand, un matin, arrivèrent trente maçons, cinquante ouvriers, des tentes de toile, trois couleuvrines et des munitions. L'alarme fut au camp de Parabère, mais il était trop tard.

Ce nouveau fort, à deux pas de la Sèvre, rendit aisée à d'Aubigné la perception des droits de péage dont il avait frappé les bateaux descendant de Niort à Marans.

 

 Le corps de ville de Niort envoya au roi de nombreuses plaintes sur le fait de ces péages préjudiciables au commerce de leur ville, ainsi qu'au sujet des fortifications nouvelles de Maillezais et du Dognon.

Une assemblée des maires, échevins et pairs de Niort, du 6 août 1611, supplia Sa Majesté « de vouloir bien ordonner que les fortifications faites es-dites places de Maillezais et de Maillé fussent démolies, comme contraires à la liberté publique comme à la navigation de la Sèvre. »

Des députés allèrent porter la supplique à Sully, sans pouvoir interrompre les travaux de défense que Parabère n'avait su ni prévoir, ni empêcher.

Quant au péage, d'Aubigné fit au corps de ville de Niort la réponse suivante :

« Messieurs, j'ai été contrainct de faire remettre à Maillé et non pas au Doignon, qui est ma  maison particulière, l'impost qui se levoit aux derniers troubles à ung tiers moins, sur toutes sortes de graings, ne pouvant aultrement respondre au Roy de la place de Maillezais.

La response que je vous puis faire à présent est que le gouverneur de la province sera demayn dans vostre ville, lequel a moyen de mettre ordre à tout : je seray très aise que luy en communiquiez, vous promettant que rien ne me sera dur, pourveu que possible, pour vous tesmoigner, comme jai faict au passé, que je suis, messieurs, vostre très humble et très fidelle serviteur.

» AUBIGNÉ. »

 

 

Quelques mois après, l'entrée en campagne de d'Aubigné, à l'instigation du prince de Condé, mit fin aux négociations.

Il ne reste rien au Dognon des travaux de d'Aubigné, dont une ferme occupe aujourd'hui la place. On y a trouvé une épée et quelques monnaies du XVIIe siècle.

 

 

Le tableau chronologique suivant inscrit ces documents dans leur contexte historique et biographique de l'auteur des Tragiques.

1588 : 31 déc, d'Aubigné s'empare de Maillezais, dont il devient gouverneur.

1609 : acquisition du Dognon.

1610 : 14 mai, assassinat d'Henri IV. 22 octobre, mariage de Louise d'Aubigné et de Benjamin de Valois, sieur de Villette.

1612 : d'Aubigné lève des impôts sur la rivière de Sèvre ; fortifie le Dognon et achète une maison à Maillé.

1613 : 5 octobre, mariage de Marie d'Aubigné et de Josué de Caumont d'Adde.

1614 : février, Manifeste et soulèvement de Condé, auquel d'Aubigné ne participe pas.

1615 : août, second soulèvement de Condé. D'Aubigné maître de camp dans l'armée du Prince. Fin de l'année, Sully à Maillezais pour rappeler d'Aubigné à l'obéissance de Marie de Médicis.

1616 : Début de l'impression de l’Histoire Universelle à Maillé.

 Février : Condé négocie avec la Cour. 16 février : d'Aubigné aux conférences de Loudun. Mai : d'Aubigné sévit contre des monastères proches de Maillezais. 3 mai : accord entre Condé et la Cour. 1er septembre : arrestation de Condé. Septembre : publication anonyme des Tragiques ;

d'Aubigné impose des droits de péage sur la rivière de Sèvre ; arme et fortifie Maillezais et le Dognon. Fin de l'année : campagne contre le duc d'Epernon. 16 novembre : d'Aubigné à l'Assemblée de La Rochelle ; traite avec l'Evêque de Maillezais pour l'affaire du Dognon. Intention de se réfugier à Genève.

1617 : début de la rédaction du Faeneste. Février : adresse une lettre de soumission à Louis XIII.

15 avril : à l'Assemblée générale de La Rochelle ; la ville propose le rasement du Dognon. 24 avril : assassinat de Concini ; Luynes devient favori de Louis XIII. Mi-octobre : Bardonin à Maillezais pour réclamer le rasement du Dognon. Octobre : d'Aubigné, gravement malade, frôle la mort.

1618 : Constant d'Aubigné abjure à Paris. Fin mars : impression du Tome I de l’Histoire Universelle à Maillé. Juin : d'Aubigné arme Maillezais pour prévenir les attaques de son fils Constant. Août : intenses négociations jusqu'en octobre avec Montelon sur le rasement du Dognon. Novembre-décembre : coup de main de Constant sur Maillezais, qui se retire à Niort après l'échec de sa tentative.

1619 : négociations du Dognon menées par La Vacherie. 6 février : Constant d'Aubigné tue sa femme à Niort. 22 février : fuite de Marie de Médicis à Blois. 29 avril : d'Aubigné vend Maillezais à Rohan et se retire à Saint-Jean-d'Angély. Début septembre : entreprises de Constant sur le Dognon. 25 septembre : d'Aubigné à l'Assemblée politique de Loudun. Fin de l'année : publication du tome II de l’Histoire Universelle, à Maillé, sans privilège. Publication du 3e livre du Faeneste.

1620 : 1 septembre, exil d'Aggripa d'Aubigné à Genève.

 

 

Lorsque d'Aubigné entreprit d'écrire son Histoire, sur le propre commandement du roi Henri IV, il n'y avait dans un tel ouvrage rien qui dût empêcher une impression au grand jour.

 Mais, chemin faisant, le vieil huguenot se heurta à « des haynes fraisches, à des intérêts encores en fleur », auxquels sa franchise un peu brutale se garda bien d'apporter aucun ménagement. « A chacun son putit sent bon ! » remarque Jean Besly, l'historien des comtes de Poitou, après la lecture du premier volume.

Sur ces entrefaites le roi est assassiné, et ses anciens compagnons d'armes, déjà assez mal en cour dans les dernières années de sa vie, tombent en pleine disgrâce; la Sorbonne et les censeurs royaux reprennent la haute main sur l'imprimerie, la publication des mémoires d'Etat est interdite.

« Les imprimeurs des grandes villes, écrit à cette époque d'Aubigné, n'ont plus de voix libres : vous ne voyez dans les prisons que des imprimeurs pour avoir mis au jour choses permises, mais autrement jugées par la couverte Inquisition.

Ce qui sort des villes libres et étrangères est querelée sur les dates et tiltres, tesmoin ce qui se fait à Lyon aux dépens de Genève. On achète les impressions entières comme on a fait de deux livres polémiques miens pour les jetter au feu. »

 Sous un pareil régime de sac et de corde, il devenait bon de prendre ses précautions. C'est pourquoi d'Aubigné choisit des imprimeurs qu'il fit « venir de loin avec grand' despense », avec leur papier et leurs presses.

Ces imprimeurs, nous les connaissons : c'est Moussat et ses ouvriers, établis à Niort depuis une année au moins (1615). Mais si les imprimeurs nous sont connus, il nous reste à chercher où l'imprimerie fut installée.

Ici, malheureusement, les preuves positives nous manquent, aucune découverte, aucun document n'est venu nous éclairer et nous en sommes réduits aux suppositions.

Il y a pourtant un point hors de doute : c'est bien dans son domaine de Maillezais que d'Aubigné avait son imprimerie.

Dans ce petit royaume entouré de marais et de canaux infranchissables, véritable île la moitié de l'année, avec Maillezais qui aurait coûté « un bon siège royal et le Dognon plus à être assiégé que la Rochelle à estre prise », d'Aubigné pouvait impunément braver suppôts de Sorbonne et exempts du Parlement; son livre pouvait être condamné, lui et son imprimeur décrétés de prise de corps (1), personne n'aurait pu se vanter de venir les prendre !

 

Maintenant quel est le lieu précis où se trouvait l'imprimerie ?

Etait-ce à Maillé, comme le portent les livres, au Dognon, ou dans les vastes bâtiments de Maillezais? Rien ne nous l'indique.

Une imprimerie de ce genre laisse trop peu de traces dans un pays, et cinq ans d'existence sont trop peu de chose pour qu'on puisse compter sur les décès ou les naissances dans les familles des imprimeurs. Nous nous contenterons donc de passer en revue quelques opinions de gens compétents et d'attendre du hasard ou des érudits une preuve positive.

Maillé est un petit bourg situé sur la rive droite de la Sèvre Niortaise, à six kilomètres de Maillezais, comptant au XVIIIe siècle, selon l'ingénieur du roi, Claude Masse, cent soixante feux environ.

En 1609, d'Aubigné y acheta une maison pour deux mille écus, au beau milieu du bourg, dans la grande rue allant de l'église au port. M. E.

Bourloton, était propriétaire des ruines de Maillezais, un de ceux qui connaissent le mieux l'histoire de ces contrées, a parcouru tout ce qui a été imprimé ou écrit sur Maillé.

Mais, ni dans les titres de propriété de la maison de d'Aubigné ou des maisons voisines, ni même dans les traditions locales, il n'a pu trouver trace d'imprimerie.

Et pourtant c'eût été pour Maillé un établissement mémorable.

Il y avait bien tout auprès, au bord de la Sèvre, à quatre cents toises au N.-O., le fameux donjon du Dognon, que d'Aubigné avait acheté en même temps que sa maison dans le but très pratique de se saisir des péages payés par les bateaux montant à Niort.

C'est là que Claude Masse croyait avoir trouvé la place de l'imprimerie : « Dans ce fort, dit-il, se trouvait une imprimerie qui répandit dans le public divers ouvrages sur ce qui s'était passé dans le temps des troubles et qui portent imprimé à Maillé, entre autres les Mémoires de d'Aubigné.

 

Les Tragiques Imprimeries de Théodore-Agrippa d'Aubigné - Fort du Dognon de MAILLÉ pour contrôler le trafic fluvial de la sèvre

Rapport secret sur d'Aubigné et le Dognon

(B.N. Paris, Fonds Clairambault, 1166, fol. 40-44)

Le Doingnon est un fort situé entre Maillezais et Marans, à une lieue du premier, à quatre lieues de Vautre, distant de trois lieues de Fontenay le Comte, d'environ six lieues de Niort, à huict lieues de la Rochelle, à neuf de Set Jehan d'Angely, et ainsy faisant ung point au milieu de touttes les principalles villes et places de seureté de ceux de la religion, tant du Poictou que des environs.

La forme dud. fort est ung quarré parfaict de quelque six ou sept vingts pas de diamètre, composé d'ung gros rampart de grande espais- seur, revestu de massonnerie par le dehors, quatre tours carrées aux quatre coins qui flanquent led. rempart et ung fossé de vingt cinq ou trente pieds de largeur seullement, tant à Ventour des tours que dud. rempart, au dehors duquel fossé y a quatre espérons qui couvrent ces quatre tours eslevez de dix ou douze pieds qui font faces, flancs et courtines, et d'un terrain continu environnant toutte la place.

Les espérons et courtines ont ung grand fossé de cent pieds de largeur, de tous costez es gai ; lequel fossé à encores une seconde contrescarpe fortiffiée et relevée de terre qui, avec des saules plantés en croix et en biais, font par art une naturelle desfence empeschant Vabbord de ce grand fossé et n'y laissant qu'une petite avenue pour les basteaux, aisée à fermer et à garder.

Outre tout cela, y a ung troisiesme fossé de quarante pieds ou environ, dans lequel les basteaux vont et viennent à la mercy touttesfois de touttes ces diverses pièces de fortifications susd. et de dernier fossé, que par un canal de soixante ou quatre vingts pieds de large qui va aboutir à deux cens pas delà dans la rivière de Sayvre.

Ce canal est veu tout du long d'une grosse tour carrée, bastie justement tout au milieu de la place, laquelle tour faict comme un dongeon assez eslevé, plus haut que tout le reste sur le roc qui naturellement alloit montant de touttes parts vers ce point de milieu.

Là est le logement assez commode et spatieux de cave voûtée, cuisine, salle, chambres, cabinets, garderobbes et greniers; et ce logement a l'espace derrière le gros rempart susd. pour luy servir de cour, de place d'armes et autres aisances, ceste espace estant explane et mise tout à l'ung dans led. roc, de sorte qu'on y peult aisément faire rouler toutte sorte d'arillerie d'ung costé à l'autre.

Comm'aussy il y a des routes faictes exprès pour conduire des pièces montées sur roues dans chacune des tours qui flancquent led. rampart, dans lequel il y a plusieurs autres commodités bien practiques pour une place de guerre, comme greniers et magasins spatieux, four, moulin et autres choses nécessaires.

La nature a contribué à ce lieu ung puys d'eaue excelente, comme par merveille, au milieu d'ung marais d'eaue noire et souvent puante. Elle y a pour la force aydé du rocq qui s'est rencontré fort propre à la fortijfication, tant en son relief qui va tousjours augmentant et se haussant vers le point du milieu, qu'en l'estendue qui s'est trouvée proportionnée à la puissance d'ung particulier.

Car la forteresse comprend toutte l'isle, n'ayant de terre pour faire aproche ou banerye contre elle plus proche que deux mille pas, et tout le pays d'environ lad. place, depuis ces contrescarpes jusques à une grande estendue de terre, n'estant autre chose qu'ung marais continu, qui en la plus grande sécheresse n'a pas ung pied de terre au dessus de l'eaue et de la vase fort molle et profonde.

 Ceste isle fut acquise du chapitre de l'evesché de Maillezais par le présent possesseur, quelque peu après la mort du feu Roy dernier deceddé, soubs couleur d'y vouloir dresser seullement quelque couvert pour les bastions qu'il tenoit dans le Marais et en autres isles plus planes et subjectes à innondation, lesquelles led. possesseur a aussy acquises de plus longue main es environs, ayant de longtemps jette les yieux sur celle là pour y faire ce qu'il a faict par l'oportunité du trouble arrivant, soit qu'on luy ayt permis de s'en aproprier le fonds ou non. Lors qu'il l'achepta, il y avoit seullement une chappelle avec led. puys et quelques caves comme d'un hermitage ancien.

Ce nouveau bastiment fut commancé quelques deux ans après la mort du feu Roy. Comme les esprits commancèrent à se reconnoistre de l'estonnement de ce grand coup, l'entreprise fut propice entre le mal gênerai, la démission de Monsr de Parabere de la lieutenance du Roy en Poictou entre les mains du Marquis de Narmoutier, qui tarda à y venir et mourut en arrivant.

Depuis le change tomba entre les mains du Sr de Rocheffort qui n'y fut jamais ; et lors que le Comte de la Rochefoucault en fut pourveu, il n'estoit plus temps de s'y opposer, car les ligues estoient desjà tellement formées en l'estat que presser ung homme d'obéir aux meilleures et plus justes loix estoit asseurement le donner aux ennemis du Roy.

Le gouverneur de la province, qui lors estoit Monsr de Seuilly, ayant eu quelques allarmes qu 'on le recherchast du maniement des finances, dès le temps de l'assemblée de Saumur, commança là à conniver à tels desordres par craincte que l’auctorité du Roy luy fust plus dangereuse d'autant qu'elle seroit plus absolue.

Celluy qui luy a succédé n'a pas creu se debvoir eschauffé contre ce que tous les autres avoient toléré ou favorisé et d'ailleurs n'y est pas venu en ung temps propre à telles reformations, de sorte que ceste oeuvre est venue sans aucune opposition jusques au point de perfection.

Or l'ouvrier, non content des crimes formels qui se peuvent remarquer en la description véritable de ce que dessus et en sa construction, s'est enhardy, comme celuy de transporter dans led. fort du Doingnon l'artillerie, poudre, munitions, armes et touttes autres choses du Chasteau de Maillezais, qui est le seul lieu où il en peut garder et où il est pourveu par le Roy, et qui pis est, a donné retraicte à la pluspart des soldats et garnemens du pays, comme meutriers, ravisseurs de filles et faux monnoyeurs.

Est à considérer aussy que ce Doignon sort, sur le seul privilège de l'impunité, une infinité de libelles diffamatoires contre le gênerai et au descry des affaires publicques et contre les particuliers, comme pour exemple L'Italien François, Le Baron de Feneste et voire de gros volumes entiers comme Les Tragiques et une Histoire qu'il a maintenant sur la presse ; le tout tendant à resveiller les animosités de party, remémorant aux huguenots leur sang espendu es massacres et leur imputant à lâcheté l'oubly que les loix divines et humaines leur enseignent, et les rendant odieux aux Catholiques par ce souvenir qui semble tirer à part soy une conséquence de vengeance ou en nourir à tout le moins l'apetit. Ce venin oppere en plusieurs esprits, comme il se veoit et trouve assez de dispositions malicieuses pour y faire encore ung plus dangereux effect. Il y auroit trop à dire là dessus.

Mais on ne doit obmettre comme en ces derniers troubles le Sr Daubygny fut le premier contre la parolle absolue qu 'il avoit donnée à la Royne à prendre les armes et embrasser la cause de Monsieur le Prince.

Ce fut luy qui attira les armées en Poictou, où led. Prince se retira plus sur la confiance en cet homme et à la faveur de ses places et forteresses nouvelles que de nulles autres places ny personnes ; en quoy il causa du mal à tous, ayant par ses conseils et instigations et après par ses aydes à mal faire poussé led. Prince plus avant qu'il n'eust entrepris, en quoy l'autorité du Roy a esté grandement intéressée et veue en grand hasard, et la province particulière de Poictou ruynée et servant de refuge aux rebelles et à la rébellion dont est seullement résulté à bien que quand on voudra procedder au chastiment dud. Sr Daubygny et de sa forteresse nouvelle.

Personne ny huguenot ne s'en esmouvera, le peuple ayant senty avec la noblesse du pays briefvement la violence de ceste petite tyrannie tant par les picorees à quoy elle a donné retraicte de tous les costés du pays que pour le tribut qu'elle exigeoit sur la rivière de Sayvre qu'elle tient bridée, laquelle rivière porte tout le commerce du Poictou à la mer et de la mer au Poictou.

En quoy particulièrement les villes de Niort et de Marans, l'une au dessus, l'autre au dessous sur la mesme rivière, sont grandement intéressées et tout le pays ensemble en est en craincte et alarme pour l'advenir comme en hayne du passé.

Les inconveniens du passé sont des leçons pour l'advenir, pour auxquels remédier, il ne faut pas attendre q'une plus longue souffrance ait donné plus ample tiltre de possession, ny que les esprits factieux ayent eu loisir de renouer leurs trames, ains estouffer de bonne heure telles semences de division et de trouble, tandis que le Roy est en train de relever sa justice et de reparer les bresches faictes à son auctorité et à son respect.

 L'exemple de ceste place porteroit plusieurs conséquences d'utilité. Il ne faut pas craindre que le corps de ceux de la religion s'en esmeuve. Ils n'ont nul droict à la conjurer, au contraire tous sont disposés à en voir la ruyne et à y prester la main, jusques aux Ministres et pasteurs, jadis amis plus privés dud. Sr Daubygny. Ne faudroit aussy attendre le temps plus proche d'une assemblée générale, car les esprits dont on compose ordinairement leurs assemblées sont choisis de gens passionnez et violents qui prennent toutte affirmation pour leur part, y portant tout le corps où ils veulent.

C'est pourquoy il faudroit présentement travailler à ceste affaire et lever de ce fort le Sr Daubygny, après quoy il seroit de la prudence du Roy et de son conseil ou de garder ceste place entre les mains de quelque personne confidente pour en tenir en bride et en eschec touttes les places huguenottes voisines, en cas qu'elles se portassent à quelque mouvement desreiglé et aux praticques de quelque grand brouillon, esloigner de la cour ou de n'octroyer la desmolition aux clameurs du peuple et du pays ou aux cahiers de la première assemblée générale huguenotte, qui sans doute seroient chargés d'en demander le razement, s'ils la voyoient entre les mains du Roy comme préjudiciables à leurs seuretez. L'on ne doibt négliger en tout temps de se munir de subjects de concéder quelque chose à leurs importunitez, pourveu qu'en ce faisant on n'améliore point leur condition.

En suitte de ceste considérations generalle, je ne craindray point de dire que ceux qui veulent porter le Roy à embrasser precipitemment des querelles hors de son royaume, comme en Piedmont pour le duc de Savoye contre le Roy d'Espagne, lequel Roy seroit à la vérité et plus puissant et par conséquent plus dangereux voisin, ou en Allemaigne à l'instigation de l'Electeur de Saxe pour porter le duc de Bavière à se faire Roy des Romains et par là interrompre ceste succession qui semble perpétuer l'Empire en la Maison d'Autriche, ont à la vérité des conseils bien plausibles, mais s'ils aperçoivent combien il y a Daubygny s en France qui ne font qu 'attendre que le Roy soit occupé ailleurs pour faire esclorre leurs pernicieux desseins et mettre le party huguenot hors du four, je m'asseure qu'ils iroient bien plus retenus aux affaires du dehors et seroient plus dilligens à purger les mauvaises humeurs de ce vil corps caduc de l'estat de la France.

Mais pour ne s'égarer point dudit particulier, j'adjousteray que le Sr Daubygny est homme d'une vieillesse saine et vigoureuse, dont la malice s'aug- mante sans que la force diminue, que sa place tomberoit par son deceds encore en pire main, d'autant que son fils est abandonné à touttes sortes de vices, chargé de condamnation à mort par constumace pour enlèvement, accusé de fauce monnoye et très pernicieux en touttes ses moeurs, si bien qu 'attendre que le temps en fist la justice seroit s'exposer à une longue et pire injustice et comme aprouver le mal de n 'en punir par ung si évident.

Par ce que dessus, on peut aisément juger l'interest qu'a le Roy, le publicq et le particulier des Catholiques de réduire ce fort à néant ou à l'obéissance absolue. Reste à dire les moyens de ce faire, quoy que ce soit pescher contre la suffisance du conseil de Sa Majesté; mais par ce qu'il s'agist d'ung remedde à un mal si particulier, peut estre que l'advis d'ung particulier connaissant bien la maladie n'y sera point superflu.

On a de coustume d'employer deux moyens ordinaires, qui sont la douceur et la force. Icy on doibt tenter le premier, avant que de venir au second, pour beaucoup de raisons. Outre ce que led. Daubygny n'a encore eu nul commandement ny deffence contre ce qu 'il a faict, c 'est pourquoy il seroit à propos de luy depescher quelque Gentilhomme qui eust subject d'aller dans le pays et le visiter a fin de luy pouvoir faire entendre confidemment et sans cholere l'intention du Roy sur ce subject, laquelle prenant bien, comme il pourroit faire, et jugeant les inconveniens d'attendre une descharge de commandement absolu qui tireroit après soy d'autres conséquences, il ne seroit peut estre besoing d'autre chose pour le combler à ce qui seroit expédient pour ceste affaire qui seroit de luy faire attendre un exempt des gardes, pour luy remettre la place entre les mains.

Et cependant il fist amener son canon et autres choses appartenantes à la garde du chasteau de Maillezais aud. Maillezais, on tiendroit icy l'exempt des gardes prest à partir au retour du gentilhomme et led. exempt avec dix ou douze hommes Catholiques qu'on luy feroit prendre dans la province, pourroit respondre dud. fort, lequel est de fort facile garde, jusques à ce que le Roy en disposast autrement, soit en y pourvoyant de quelqu'un à demeurer, ou en le faisant desmolir.

Si led. Sr Daubygny n'obtamperoit à ceste semonce, dont la bénignité seulle le debvroit convier à l'obéissance, par ce qu'elle debvroit aussy estre accompagnée de toutte sorte d'asseurance de sa vye et d'oubly de ses crimes, aussy de quelques gratifications annuelles, comme du restablissement de sa pention, si, dis-je, il faisoit la sourde oreille à cela, il faudroit procéder contre luy sans armes, par la rigueur des loix, selon la qualité de ses contravantions. Et le plus certain moyen de le réduire, outre l'injonction aux ennemis de luy courre sus et luy interdire le feu et l'eaue, il ne faudroit que mettre son gouvernement de ce Maillezais en séquestre entre les mains de quelque huguenot de quallité et probité irrécusable, comme Monsr de la Noue, ce qui seroit fort facile à exécuter, mesme à prendre le chasteau de Maillezais par force en plain jour par cent hommes en une après dinée.

Ainsi destitué de tout commandement et le party huguenost hors d'interest comme il seroit par ce séquestre, il n'est pas possible que led. Sr Daubygny demeure ung moys dans son nouveau fort en ce misérable estât, sans qu'il l'offre et sa personne à discrétion, qui seroit peut estre une des plus utilles reformations que l'on puisse faire en France et dont l'occasion est belle. Ce qui ne sera peut estre pas tousjours, veu la mutabilité des esprits des François et le peu d'affection et de révérence qu'ils portent à leur Prince et à leur pays.

 

Il y a peu d'apparences que l'on ait placé une imprimerie dans un bourg où il n'y a rien de remarquable et qui paraît n'avoir jamais été considérable, tandis que le fort était comme aujourd'hui inexpugnable et entouré de marais » (2).

P. Deschamps, dans son Dictionnaire, se range à l'opinion de Claude Masse : « Ruines du d'Oignon. Le Dognon était un château fortifié construit vis-à-vis de Maillé et appartenant à Théodore Agrippa d'Aubigné; un opuscule, qu'on attribue à tort au célèbre historien protestant, est souscrit à ce nom : Histoire du siège de la Rochelle, où est emplement traité du plan et assiette de cette ville. —

Maillé, sur les ruines du d'Oignon, 1621. » In-12.

Quelques caractères d'imprimerie du XVIIe siècle, trouvés, il y a quelques années par M. Poey d'Avant, ont fait penser à M. Claudin, libraire parisien, chercheur et instruit, que la fameuse imprimerie d'Agrippa d'Aubigné, dirigée par Jean Moussat, devait être installée dans ce fort en ruines, plutôt que dans le bourg même de Maillé. »

Si ce fait de la découverte de caractères d'imprimerie était prouvé, la cause serait à peu près gagnée pour les partisans du Dognon.

Malheureusement, notre érudit collègue et ami, M. Claudin, n'a jamais vu ces caractères et n'en a jamais entendu parler que par quelques mots en l'air de Benjamin Fillon. Jamais, dans le pays, on n'a eu souvenir d'une pareille découverte. Bien plus, les papiers de M. Poey d'Avant, dépouillés minutieusement par M. Bourloton, ne signalent qu'une épée et quelques monnaies du XVIIe siècle déterrées au Dognon; une trouvaille comme celle de caractères d'imprimerie eût été autrement intéressante et précieuse à conserver.

Restent les vastes bâtiments de Maillezais, où d'Aubigné habitait presque constamment, très propres à recevoir une imprimerie et à loger les ouvriers. Sur ce point nous n'avons à citer aucun auteur; c'est une simple hypothèse que nous a communiquée M. Bourloton; mais qui, nous l'avouons, nous semble tout à fait rationnelle (3).

En résumé, qu'il s'agisse de Maillé, du Dognon ou de Maillezais, c'est bien sur ce point du Bas-Poitou que Moussat transporta ses presses.

 (Le Port de Niort (Portus Niortensis)

 

Comme la Sèvre Niortaise était à cette époque la seule voie d'accès dans ce pays entouré de marais, et que le transport par eau était le seul praticable et le moins coûteux pour un matériel aussi pesant qu'une imprimerie, Moussat n'eut qu'à embarquer ses presses sur un bateau du port de Niort, et à les descendre à Maillezais.

 

En 1619, après la publication des deux premiers tomes de l'Histoire universelle, d'Aubigné vendit le Dognon et Maillezais au duc de Rohan (mai 1619) et « fit sa retraite à Sainct-Jean-d'Angéli, ou s'estant meublé, il acheva l'impression de ses Histoires, tout à ses dépens ».

Au mois de septembre 1620, tout devait être fini lors de son départ pour Genève.

Notre imprimeur avait rempli son rôle, il n'avait plus qu'à rentrer à Niort, où sa femme avait continué sans doute le commerce de librairie pendant son absence.

Il s'était acquis un renom d'immortalité à la suite de son illustre maître, et cette désignation à Maillé, ces livres « sortis tous deschirez du désert » allaient passer avec l'Histoire universelle « à la postérité » (4).

 

LIVRES IMPRIMÉS PAR MOUSSAT A NIORT.

1. — Les coustumes du pays de Saintonge. Au siege et ressort de Sainct Iean d'Angely. — Niort, Moussat, M. DC. XV, in-12 de 83 pp. En tête, des vers au lecteur, signés : E. G. S.

2. — Les coustumes du pays et duche d'Angoumois. — Niort, Moussat, in-12 de 72 pp.

 

LIVRES IMPRIMÉS PAR MOUSSAT A MAILLÉ.

3. — Les Tragiques donnez au public par le larcin de Prométhée. Au Dezert par L. B. D. D. — Maillé, Moussat, M. DC. XVI, petit in-4°.

L'auteur, A. d'Aubigné, s'est caché sous le pseudonyme de ces quatre lettres, qu'un ingénieux critique a très bien traduites par : Le bouc du désert.

4. — L'histoire universelle du sieur d'Aubigné. Premiere partie, qui s'estend de la paix entre tous les princes chrestiens, et de l'an 1550. Iusques à la pacifi- cation des troisiesme guerres (sic) en l'an 1570. Dediee à la postérité. — A Maillé, par Iean Moussat, imprime. ordinaire dvdit sievr M. DC. XVI, in-fol. de 366 pp., non compris 14 ff. non chiff. pour les tables.

A la fin : Achevé d'imprimer le dernier jour de mars M. DC. XVIII.

Les histoires du sievr d'Avbigné. Tome second.

 Comme le premier Tome a eu pour these generale la naissance d'un parti qui a esté formé grand et fort, par foibles et petits commancemens, ce segond vous fera voir le mesme comme esteint, et quant et quand ressuscité par merveilles, tant plus estranges à qui plus les considérera ; c'est ce que nous poursuivrons aux cinq Livres suivants, pour changer de Tome à l'accord des Princes liguez avec le Roi, et au déploiement de touttes les forces de France, desquelles la division fera place à la victoire entière d'Henri le Grand et à la paix de l'Estat. —

Maillé, Moussat, M. DC. XVIII, in-fol. de 490 pp., non compris 7 ff. non chiff. pour les tables.

L'histoire universelle du sieur d'Aubigné. Tome troisième. Qui de la desroute d'Angers désdvit les affaires de France et les estrangeres connues, jusques à la fin du siècle belliqueux : Et puis par un appendix  séparé descrit la desplorable mort d'Henri le Grand. —

Maillé, Moussat, M. DC. XX, in-fol. de 550 pp.., non compris 7 ff. non chiff. pour les tables.

Voir France protestante, art. d'Aubigné, t. Ier, p. 502.

Les deux premiers volumes portent à la fin la marque employée par Berton, sur les œuvres de B. Palissy : Povreté empeche lès bons espritz de parvenir : ils débutent par une préface de d'Aubigné. De plus, le tome Ier a un avertissement de l'imprimeur au lecteur sur la disposition des matières, et deux sonnets de d'Aubigné.

Ces deux premiers volumes furent livrés ensemble au public au commencement de 1620, comme nous l'apprend une lettre de l'érudit Jean Besly, adressée à son correspondant littéraire Pierre du Puy :

« Vous aurez par ce messager l'histoire du sieur d'Aubigné, si longtemps et si impatiemment attendue, mais assez tost publiée pourveu qu'elle responde à l'esperance qu'on en avait conceue. Vous verrez en la reface de quelle sorte et de quel esprit il juge M. le président de Thou. A chascun son putit sent bon. Il fait travailler sur le troisième tome, et ay appris qu'il ne souffrira pas aisément d'être relié avecq les deux premiers. »

« Fontenay, 20 janvier 1620. »

5. — Déclaration de Henry Marc de Gouffier marquis de Bonivet seigneur de Crevecœur, etc. Faicte au consistoire de la Rochelle par Monsieur le marquis de Bonivet. En presence des Pasteurs, etc.  A la Rochelle. Jouxte la Coppie imprimée à Maillé, par Jean Moussat, M. DC. XVI. Bibl. nat. Ld, 176, n° 60.

6. — Apologie pour la sortie de Babylone, Contre la victoire imaginaire du faux Cyrus, faussement appelee Desconfiture du faux Zorobabel. Par I. Gom- marc Ministre de la parole de Dieu en l'Eglise de Vert-œil et Ruffec. — Maillé, Moussat, M. DC. XVI, in-4° de 412 pp. et 6 ff. lim.

pour le titre, la dédicace à Charles de Roy de la Rochefoucaut, datée du 1er déc. 1615, la lettre de ceux de l'Eglise réformée de Verteuil et Ruffec à Cir Foucaut, curé de Nanteuil-en-Vallée, et la table.

A la fin : achevé d'imprimer le 1er mars 1616.

7. — Les avantures du baron de Feneste, première partie, reveue et corrigée et augmentée par l'autheur. Plus a été adjousté, la seconde partie, ou le cadet de Gascogne. — A Maillé, Moussat, 1617, petit in-8°

« On a signalé, dit la France protestante, cinq éditions ou tirages différents de ce livre sous la date de 1617, et l'on doute si la première édition, qu'on ne connaît que par induction sur la foi des mots « revue, « corrigée et augmentée » qui se lisent en tête de celle-ci, a réellement existé. Il y en a une reproduction datée de Maillé, 1619. »

L'édition de 1630 (et probablement les précédentes), débute par un avertissement de l'imprimeur au lecteur, assez bien tourné, qui, s'il était sincère, prouverait que les relations de Moussat et de d'Aubigné étaient assez étroites :

« L'autheur, dit-il, ayant perdu ses humeurs gaillardes ou par l'aage ou pour les afflictions, avait condamné au feu ce dernier livre, si bien que mes prières, et celles de plus grands que moi estans esconduites, je trouvai moyen d'en desrosber une grande partie par l'aide d'un  gentil-homme qui estoit près de lui, et lors estant menacé que ce que je tenois au poing tout bourru et tout imparfait verroit le jour, il a esté contraint de faire comme la bonne mère ne pouvant voir son enfant mi-parti ; j'espère mettre la main sur quelques autres livres qu'il nomme γελoɩ̃α de plus haut goust que ceux-ci, si j'en puis venir à bout, j'en ferai part au public, et qu'on ne me die pas comme faisoit nostre autheur, que les plaisants propos estoyent dessaisonnez en un temps de guerre et d'afflictions : je dis ce que j'ay appris de lui-même, que les tristesses viennent aussi mal à propos que la peur dans les périls. Adieu. »

Si cette préface n'est pas tout simplement de d'Aubigné, elle nous montre que Moussat ne manquait pas d'un certain esprit et savait au besoin se mettre lui-même en valeur.

8. — Histoire du siège de la Rochelle en 1572 et 1573. — Maillé, Moussat, 1621, in-12, 160 pp. Bibliographie rochelaise, par Délayant, n° 420.

Sur l'indication du lieu d'impression, Fontette attribue cet ouvrage à d'Aubigné. Mais ces mots du titre même : Les temps qu'elle changea de sa vraie religion, comme l'avis au lecteur, comme le livre lui-même, prouvent un zélé catholique.

Les imprimeurs se sont assez fréquemment servis de la rubrique A Maillé, pour dépister le lecteur et profiter de la vogue des livres publiés par d'Aubigné. Cet ouvrage ne doit donc pas être attribué à Moussat, non plus que le suivant :

9. — Propos dorez sur l'authorité tyranniqve de Cocino Florentin Marquis d'Ancre, Mares- chal de France, et prétendant la Royauté, par l'anéantissement de tous les Princes, grands Seigneurs et officiers du Royaume, et de la Maison de Bourbon: Pery misérablement etc. — A Maillet, de l'imprimerie de Jean Movssac, M. DC. XVII, 38 pp. in-8°, plus 2 ff. lim. pour l'avertissement.

Bibl. de Niort, n° 8539 s.

 

LIVRES IMPRIMÉS PAR JEAN MOUSSAT A NIORT.

10. — Mémoires des choses passées en Guyenne ès années 1621 et 1622 sous Messieurs les ducs de Mayenne et d'Elbœuf. Dediez à Monsieur de Vignoles. — Niort, Moussat, M. DC. XXIV, in-8°.

Bibl. historique de la France, t. II, p. 435, n° 21077.

Cette édition, de toute rareté, ne nous est connue que par la note des rédacteurs de la Bibliothèque historique de la France, par la réimpression faite à la Rochelle, chez Adrian Tiffaine et Louys Chesneau, M. DC. XXIX, in-4° de 62 pp. (Bibl. nat., 36 b, 1992), et par l'excellente notice de M. Tamizey de Larroque (Bordeaux, Gounouilhou, 1869).

Nous avons trouvé dans les lettres de Jean Besly, publiées par A. Briquet, dans les Archives du Poitou, t. IX, la cause de cette excessive rareté.

Bertrand de Vignolles, surnommé la Hire, comme le valeureux capitaine du XVe siècle, était un peu poitevin. Il combattait dans les rangs huguenots aux côtés d'Agrippa d'Aubigné, se faisait remarquer par sa bravoure dans l'armée du Béarnais, s'emparait de Marans, défendait bravement la Garnache, était envoyé en 1616 pour « accommoder les affaires de la Rochelle », assistait au fameux siège de 1628 et recevait le commandement de la Rochelle et de l'Ile de Ré l'année suivante. Il avait épousé en 1604, Marguerite de Balaguier-Montsalez, dame de Coulonges-les-Royaux et de Benet, veuve de Charles de Monluc, seigneur de Caupène.

Ce fut une douzaine d'années avant sa mort qu'il songea à rédiger ces Mémoires qui restent aujourd'hui, pour le petit nombre de curieux qui les ont étudiées, comme un modèle du genre.

« Tout contribue à rendre cette histoire précieuse, le nom de l'écrivain, l'extrême confiance que cet écrivain mérite soit par la loyauté de son caractère, soit par l'exactitude de ses informations, les détails qu'il fournit, avec l'autorité du témoin qui a bien vu, et à peu près seul dans ces conditions, sur les guerres civiles de 1621 et 1622, la manière si remarquable dont il apprécie les hommes qui figurèrent à divers titres parmi ces tristes luttes, enfin la parfaite netteté et la simplicité vraiment antique des pages tracées par sa vaillante main. »

(Edition de M. Tamizey de Larroque, introduction, p. 21.) Bertrand de Vignoles, qui avait fait la connaissance de Jean Besly, lui avait communiqué le manuscrit de l'ouvrage avant l'impression et nous retrouvons dans sa correspondance littéraire avec du Puy l'histoire complète de cette publication.

 

« Il ne se veoit point une pièce si hardie, ny de ce temps, ny possible du passé. Bon Dieu, que la nature est forte quand elle est une fois cultivée de l'expérience des affaires ! Si vous aviez veu cet ouvrage, vous vous armeriez de pied en cap, et courriez à la guerre quelque attrempé homme de paix que vous soyez. » (1er juillet 1624).

Dans une autre lettre, du 7 octobre 1627, il annonce à son ami que l'on a commencé l'impression, mais dit-il : « Je crains bien qu'on n'y fasse comme on doibt, car il s'en est voulu fier à un imprimeur de babioles dont il se mescontente fort, selon qu'il m'escrivit hier. Mais la pierre en est jettée, et bien loin de moy et en la ville de Nior, in quo.

nomine inest obscœnium. » Jean Besly qui faisait imprimer ses ouvrages à Paris, chez Cramoisy, ou chez tel autre typographe en renom, tenait, on le voit, nos imprimeurs en médiocre estime. Mais, à tout prendre, l'impression de l'Histoire universelle n'est pas loin de valoir celle des Evêques de Poitiers !

Le 21 octobre, l'édition était parachevée, mais au grand déplaisir de Besly, elle parut avec une épistre liminaire portant son nom, ajoutée par l'auteur ou l'imprimeur pour se recommander d'un nom connu et déjà célébre.

Besly n'en fut pas satisfait : « Je suys résolu, écrit-il à son confident habituel, si ledit sieur ne fait changer cella d'en prendre l'imprimeur à partie, car elle contient chose que je ne voudrois en façon du monde avoüer. C'est une plainte d'ingratitude touchant ses services, et croy qu'il a esté mal conseillé sur ce point. Je lui ay escrit pour mon intérest, estimant que pour l'honneur qu'il me fait de m'aymer, il fera supprimer mon nom, si tout à fait il ne supprime cette préface. »

Mais Besly n'eut pas satisfaction de suite, et son mécontentement s'en augmentant, il voulait faire un procès à l'imprimeur.

« Bien luy en prend, écrivait-il, d'avoir un si bon garand que M. de Vignoles à qui je porte tout honneur et respect, comme l'amityé qu'il me porte m'y oblige, cessant quoy je l'eusse mis en procez et en cella forcé mon naturel. »

Enfin les exemplaires furent renvoyés à l'imprimeur, sauf quelques-uns qui échappèrent dans le pays, et le pilon détruisit sans doute toute cette édition, dont je n'ai pu voir aucun exemplaire.

La réimpression de la Rochelle, qui reproduit la préface de 1624, la met aussi sous le nom de Jean Besly, preuve certaine que la rectification n'a jamais été faite.

Voici du reste le seul passage qui puisse justifier les craintes de Jean Besly et le reproche d'ingratitude fait à Vignolles :

« La Guyenne, dit-il, vous porte ce tesmoignage en ces derniers temps, et tous les endroits de la France depuis quarante-cinq années, que vous avez esté, pour son service et de vos Rois, plus libéral de vostre sang et de vostre vie, qu'ils ne l'ont esté à vos services de leurs bienfaits et de leurs récompenses. »

Il a fallu la publication de ces lettres pour découvrir cette petite supercherie littéraire qui avait échappé à M. Tamizey de Larroque, et qui fut la cause de la destruction de toute une édition. En réalité, quand on a lu la préface, on reste à se demander si J. Besly y est aussi étranger qu'il veut bien le dire.

Dans tous les cas, elle est suivie d'un mauvais quatrain dont il s'avoue parfaitement l'auteur, quelque malotru qu'il soit :

 « A luy même.

Pourquoi ne croira-t-on ce que l'antiquité

D'un Gerion tripl' homme en ses vers a chanté,

Puisque Vignolle ici, sous sa seule figure,

Fait voir un triple dieu, Mars, Minerve, Mercure ? »

11. — Francisci Porti, Crespeiensis Valesii, mediciqve Parisiensis Medica Decas. Opvs scitv facillinum ob metrum, et ad praxin utilissimum. — Nyorti, ex typographiâ Moussat, M.DC.XXIV, in-12 de 306 pp., non compris 6 ff. non chiff. à la fin pour l'index. Bibl. de Niort, n° 4881.

C'est la réimpression d'un ouvrage du célèbre médecin François Duport: La Décade de médecine, écrite en vers latins. L'imprimeur l'a fait précéder d'une petite préface réclame, en latin : « En tibi, lector benevole, Francisci Porti, Medici clarissimi, de signis, causis et curatione morborum, carmen heroïcum, opus sane aureum et vere Apollineum.. »

12. — La Royavté inviolable contre les iniustes armes des rebelles de ce temps. Av Roy par M. François Meavlme docteur en théologie. — Niort, Moussat, M.DC.XXVI, in-8° de 405 pp., plus 2 fi. d'erratas et 18 ff. prel. Bibl. nat. Lb.36 2439.

Cet ouvrage ennuyeux à périr, comme toutes les controverses théologiques de ce temps, renferme pourtant un certain nombre de pièces de vers français ou latins adressées à l'auteur par les beaux esprits de Niort, au XVIIe siècle, Estienne Jouslard, escuyer, sieur de la Reigle, president en l'eslection de Niort, Jacques Jouslard, sieur de Chantecaille, conseiller du roi, L. Coyaud, avocat, Philippe le Goust, médecin, F. Gastaud, Huguet, avocat, J. Arnaudet, sieur de la Repoussonnière, avocat.

Voici ceux de Jacques Jouslard : « Les beaux traits que la plume trace Opèrent bien diversement Des uns ils font le cœur de glace Par la crainte du chastiment, Aux autres un ardent courage Qui les porte dans les hasards Pour rendre à leur Roy témoignage Qu'ils ne l'estiment moins que Mars.

Le rebelle paslit de crainte Le fidelle a le cœur plus fort Ainsi tous d'une mesme attainte Reçoivent la vie ou la mort. » Les vers de J. Arnaudet ne sont pas beaucoup meilleurs ; mais ils sont à coup sûr d'un zélé catholique : « Français qui mesprisez ce que dit l'Escriture Et qui vous alarmez sans aucune raison Mettez les armes bas, et prenez la lecture Du livre d'un Français qui vous en faict leçon. »

13. - Dialogves rustiqves, d'un prestre de village, d'un Berger, du Censier, et sa femme. Tres-utile pour ceux qui demeurent és pays ou ils n'ont le moyen d'estre instruits par la predication de la parole de Dieu. Par J. D. M. — Niort, Moussat, M. DC.XXXIV, in-12 de 174 pp., plus 5 ff. lim. pour le titre, l'avertissement et les sommaires.

14. — Seconde partie du dialogue rustiqve. D'un prestre de village, d'un Berger, le Censier, sa femme, le Voisin, un Peigneur desbauché, un viel Soldat cassé, un Marinier, un jeune Jesuite, et un villageois Flaman. — Niort, Moussat, M.DC.XXXIV, 172 pp.

C'est la suite du précédent, les cahiers sont numérotés N à la suite. Bibl. de Niort. n° 5564.

Réimpression d'un petit volume des Elzevier de Leyde (1612), fort rare. L'auteur est Jean Moncy, de Tiel en Flandre. La date de 1634 doit être fausse et mise probablement pour 1624, puisque Jean Moussat était mort en 1628.

On peut aussi attribuer à Jean Moussat l'impression d'une brochure qui parut à Niort en 1628, sans nom d'imprimeur, et qui a pour titre : 15. — Suite des amours du brave cavalier Fort Louis et de la belle dame Rochelle. — Niort, Moussat, petit in-18.

La première partie de cet ouvrage avait été imprimée à Fontenay par P. Petit Jean, 1625, in-12.

16. — Les cendres a M. Galtier, se disant del a Compagnie de Jesus. Opposees aux estrennes par luy presentees à Messieurs de la Religion de Fontenay le Comte. Par Pierre de la Vallade, ministre du Saint-Evangile et pasteur de l'église de Fontenay. — Niort, Moussat, 1625, in-8° de 67 pp., plus les deux derniers ff. non chiff. pour les vers à l'auteur. Bibl. de Niort-. n° 5608 s.

C'est une réponse à un écrit publié par le jésuite Galtier, le 1er janvier 1625, à propos d'une instruction faite par la Vallade le dimanche 15 décembre précédent.

Les autres publications de la Vallade sont imprimées chez Petit-Jean.

Est-ce aussi à Moussat que nous devons l'impression du volume introuvable ayant pour titre :

17. — Description d'une horloge merveilleuse qui a été fabriquée dans la ville de Niort en Poitou par le sieur Bouhain, in-12, et cité par dom Jacques Alexandre à la fin de son Traité général des horloges. Paris, 1734, page 326 ? Comme l'horloge en question, le livre n'a peutêtre jamais existé.

18. — Nous terminons cette liste de publications par un placard in-folio : Mandement des présidents, lieutenant, assesseur, etc., sur le faict des aydes et tailles, 2 octobre 1627. Coll. A. Richard.

 

LIVRES IMPRIMÉS PAR LA VEUVE MOUSSAT.

1. — Lettre qui a été prinse à un espion de la Rochelle qui a été pendu à Aytré, le vingtième août mil six cent vingt-huit ; ensemble la lettre dudit maire de la Rochelle à Monseigneur le cardinal de Richelieu (22 août), avec la reponse de mondit seigneur de Richelieu au susdit maire (23 aout). — Niort, veuve Moussat, 1628, in-8°. Bibl. nat., 2 b36 n° 2643.

2. — La trahison découverte des rebelles du Vendosmois, sur la levée des deniers qu'ils faisaient pour soldoyer les soldats de la Rochelle ; avec l'emprisonnement de celui qui était depute pour faire la levée des d. deniers. — Niort, veuve Moussat, 1628, in-8°. Bibl. nat., Lb36, n° 2647.

 

 

 

Notes pour servir à l'histoire de l'imprimerie à Niort et dans les Deux-Sèvres / par Henri Clouzot,

 Paysages et monuments du Poitou / photographiés par Jules Robuchon

Documents inédits sur Agrippa d'Aubigné Gilbert Schrenck

 

 

 Théodore-Agrippa d'Aubigné - Abbaye de Maillezais 1589<==.... ....==> Maillé, l’Histoire du Marais Poitevin au fil de l’eau

 

 


 

(1) « Sur la plainte à nous faite par le procureur du Roi qu'il se vend de nouveau un livre intitulé l'Histoire universelle du sr de d'Aubigné, dédiée à la postérité, impr. à Maillé par J. Moussart (sic), soy disant imprimeur du dit d'Aubigné, 1616. Nous, après que le dit livre a esté veu, leu, et examiné en la chambre du conseil, avons declaré led. livre meschant, pernicieux et remply d'abominables et calomnieuses impostures contre l'honneur deub a la memoire des deffunts Rois, Reines, Princes et autres qui ont tenu les premières charges du Royaume et comme tel sera bruslé en la place et devant le collège royal en l'Univer- sité de Paris par l'executeur de la haute justice; deffenses a toute personne d'avoir le dit livre, de le vendre ny de l'achepter a peine de 400 l. p. d'amende, enjoint à tous libraires et impr. qui ont des exemplaires dud. livre de les apporter dans trois jours au greffe de la Cour. et que le dit d'A. et le d. Moussart (sic) seront pris au corps et amenez es prisons du Chastelet, adjournez a trois briefs jours et criez a son de trompe. Rapporté et exécuté le jeudi 2 janvier 1620. » (Minute originale, mss. Du Puy, vol. 658, f. 240.) (France protestante, t. Ier, p. 503.)

(2) Mémoires mss. de Claude Masse, ingénieur du roi (fin du XVIIe et commencement du XVIIIe siècle). Bibl. de la Rochelle, I, 184, 193.

Revue des provinces de l'Ouest, III, p. 850.

(3) P. Deschamps, dans son Dictionnaire, cite une plaquette de la Bib. nat. souscrite au nom de Maillezais : L'adieu de Perot le Sage, ennuyé de l'excès des insolences et concussions de l'Assemblée rocheloise. Maillezay, 1621, in-8°.

(4) Tous ces renseignements sont pris en grande partie dans l'excel- lente édition des -Mémoires du sieur d'Aubigné, d'Eugène Réaume Lemerre, 1873, tome Ier.

 

 Bertrand de Vignoles, dit "La Hire", Capitaine des gardes de Henri IV ; descendant de Etienne La Hire,  Fidèle compagnon de Jeanne d'Arc