la chevauchée de Jeanne d'Arc - le Poitou 1429

Pendant la guerre de Cent Ans, la ville devient temporairement capitale du royaume de France et accueille le Parlement royal en 1418. Poitiers est devenu le quartier général où  s'organise péniblement la défense, avec le concours des milices et de la noblesse du pays. C'est là que se rendent, sous la bannière du roi national, les bandes d'aventuriers Gascons, conduits par La Hire, celles des Écossais, sous les ordres de John Stuart et du connétable Buchan, celles enfin des Lombards, sous la direction du grand-maître des arbalétriers, Jean de Torsay. C'est en Poitou que ces chefs de bandes reçoivent des dotations en argent et en terres. Un Stuart devient ainsi duc de Châtellerault. L'effort déployé reste d'ailleurs longtemps insuffisant. La petite armée royale échoue en Gâtine au siège de Parthenay. Elle sauve, il est vrai, l'Anjou de l'invasion anglaise par la victoire de Baugé (1421).

Mais, travaillée par l'indiscipline et réduite à de maigres effectifs, elle est impuissante, pendant huit ans, à enrayer les progrès des Anglais, qui s'avancent jusqu'à la Maine et à la Loire, et qui viennent mettre en octobre 1428 le siège devant Orléans, clef de la France centrale.

Le Poitou lui-même est inquiété par les incursions que des bandes anglaises tentent sur ses frontières. C'est le moment que choisissent la Trémoille et Richemont pour y vider leur querelle les armes à la main.

Dans cette situation presque désespérée aux yeux des politiques, le salut vint des masses populaires. Dans le Poitou, frémissant au spectacle du péril national et exalté par une sorte de fièvre patriotique, le bruit se répandit tout à coup, pendant l'hiver de 1429, qu'une jeune fille, inspirée de Dieu, était venue des Marches de Lorraine trouver le roi à Chinon, pour prendre en mains la délivrance du royaume.

Charles VII, troublé, mais circonspect, n'osait ajouter foi à la mission de la Pucelle. C'est à Poitiers que fut prise la décision d'où devait sortir le salut de la France.

« Messire Dieu m'aidera », s'écria Jeanne, lorsqu'elle apprit qu'on la menait dans la capitale de son roi.

Elle y arriva le 11 mars et reçut l'hospitalité à l'hôtel de la Rose, logis de l'avocat-général, Jean Rabateau, dont la femme, « bonne » personne, veillait sur l'héroïque jeune fille. Là, dans le petit oratoire de son hôtesse, Jeanne passait de longues heures en prières. Elle n'en sortait que pour aller se confesser et recevoir la communion.

 Une commission de docteurs, présidée par l'archevêque de Reims, et composée, entre autres membres, de l'évêque de Poitiers et de plusieurs dignitaires du clergé poitevin, Jean Lombard, le premier recteur de 1 Université, le chanoine Lemarié, le Carme Seguin, le Bénédictin Pierre de Versailles, abbé de Talmont, se convainquit, après plusieurs séances et interrogatoires, que la Pucelle était de « bonne naissance, vie et mœurs » et qu'en elle on ne trouvait que « bien, humilité, dévotion, honnêteté, simplesse ».

 Malgré l'hostilité du chancelier et du favori la Trémoille, les enquêteurs conclurent qu'il était permis de croire qu'elle avait bien été chargée d'une mission divine, et qu'on pouvait lui confier le soin de la prouver par des signes évidents. « Les gens d'armes travailleront et Dieu donnera la victoire », avait répondu un jour la Pucelle. Et, une autre fois, le 22 mars, elle avait dit à l'abbé de Talmont : « Je suis envoyée de la part du roi des Cieux pour faire lever le siège d'Orléans et conduire le roi à Reims. » Sa présence soulevait à Poitiers le plus vif enthousiasme. Les matrones et les dames, qui la virent passer, proclamaient à l'envi la haute vertu de la Vierge Lorraine. Les capitaines et hommes d'armes s'émerveillaient de son sang-froid et de sa bravoure. La confiance gagnait de proche en proche. Quand la consultation des docteurs, favorable à l'entreprise de la Pucelle, fut expédiée dans toute la chrétienté, du Poitou se répandirent l'immense espoir et la foi profonde qui allaient conduire les Français à la victoire.

les compagnons d'armes de Jeanne d'Arc Poitou

Avant de partir de Poitiers, Jeanne écrivit le 22 mars, mardi de la semaine sainte, aux généraux anglais qui assiégeaient Orléans, une lettre sublime dans sa simplicité, héroïque dans sa grâce franche et sa vive clarté, où elle les sommait de « parle Roi des Cieux, des s'en aller en Angleterre », parce qu'elle avait reçu la mission de les « bouter hors du royaume ». Deux jours après, le 24 mars, revêtue de son armure blanche, elle montait à cheval devant l'hôtel de la Rose, pour aller prendre le commandement de l'expédition chargée de la délivrance d'Orléans, et où elle devait trouver le triomphe, puis le martyre.

Pendant ces journées décisives, les gens du roi attendaient anxieux à Poitiers les événements. On y apprenait coup sur coup l'entrée de la Pucelle à Orléans, la victoire de Patay, le sacre du roi à Reims. Le jeudi 18 juillet 1429, le Parlement et les bourgeois reçurent une lettre de l'avocat général Barbin qui leur faisait part de ces événements merveilleux. Les magistrats levèrent aussitôt la séance, pour assister avec la foule à la messe d'actions de grâces et au Te Deum célébrés dans la vieille cathédrale de Poitiers.

La jalousie, les intrigues du triste favori Poitevin, la Trémoille, compromirent malheureusement les victoires de Jeanne d'Arc et contribuèrent à l'abandon honteux, dans lequel le roi laissa l'héroïne prisonnière.

C'est en Poitou que vengeance fut enfin tirée du conseiller égoïste, vénal, lâche et traître sur lequel pèse autant que sur l'Anglais la honte du supplice de Jeanne d'Arc. Gorgé d'honneurs, d'argent, de dépouilles, devenu plus riche et plus roi que le roi lui-même, le favori se crut tout permis. Il fit exiler à Parthenay le connétable Richemont qui était accouru avec ses vassaux du Bas-Poitou, pour prendre part à la bataille de Patay. Il tentait même de le faire assassiner. Une première conspiration formée contre le favori par des seigneurs poitevins, Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, André de Beaumont et André de Vivonne, échoua, coûta la vie aux deux derniers (1431), et valut au premier la confiscation de ses domaines, au profit de la Trémoille.

 On fut plus heureux en 1432. Les mécontents s'entendirent à Vannes, à Parthenay et à Poitiers, sous les auspices de Richemont et de quelques princes, pour soustraire le roi à la tutelle déshonorante qu'il subissait.

En juin 1433, la Trémoille était saisi dans son lit à Chinon par les conjurés. Son règne prenait fin. Richemont, qui le remplaça, partagea dès lors avec un prince du sang, Charles d'Anjou, vicomte de Châtellerault, seigneur de Saint-Maixent et de Givrai, la principale influence auprès du roi. Etabli dans ses domaines du Bas-Poitou, le nouveau du Guesclin rendait à Charles le Bien Servi la plus grande partie du royaume.

 En 1436, le roi rentrait à Paris. Le Poitou, siège de la monarchie française pendant dix-huit ans, redevenait une province dépendante du vrai centre historique du royaume. Poitiers perdit la chancellerie, le Grand Conseil, la Cour des Aides, le Parlement qui retournèrent au chef-lieu traditionnel de l'Etat. Une vie nouvelle commençait, où la royauté allait reprendre sa tâche interrompue.

 

Le roi victorieux, aidé de conseillers d'élite, dont le Poitou fournit un certain nombre, reprit l'œu- vre de restauration de l'autorité gouvernementale et de la paix publique. L'Ouest, « mangé », suivant le terme du temps, par des bandes de gens de guerre et de brigands, les Ecorcheurs, que dirigeaient de grands seigneurs du pays, Jean de la Rochefoucauld, André de Vivonne, Louis d'Amboise, Georges de la Trémoille, Gilles de Rais, sire de Pouzauges, fut enfin débarrassé, après quinze ans d'efforts infructueux, d'un fléau destructeur de la vie économique. Les « pauvres laboureurs », les industriels, les marchands du Poitou applaudirent à la répression rigoureuse des excès des brigands, et à l'écrasement de la révolte féodale de la Praguerie, qui, sous les ordres du Dauphin Louis et du duc d'Alençon, avait choisi Niort comme quartier général.

Le rude connétable Richemont, vainqueur des rebelles à Saint-Maixent, et son auxiliaire, le grand sénéchal de Poitou, Pierre de Brézé, capitaine du château de Poitiers, nettoyèrent en neuf ans (1440-1449) la région du brigandage qui l'infestait. La justice royale réorganisée, exercée par les Grands Jours, délégations du Parlement de Paris, et par la Cour supérieure de sénéchaussée instituée à Poitiers (1436), contribua au rétablissement de l'ordre.

Des compagnies de cavalerie (lances) de la nouvelle armée permanente étaient cantonnées dans le pays.

Histoire de Poitou  P. Boissonnade

 

Poitiers fête Jeanne d'Arc

« A Poitiers, la présence de Jeanne d'Arc est marquante», ajoute-t-il. En particulier avec la statue de Jeanne d'Arc, square des Cordeliers, avec son bas-relief qui la représente face aux théologiens de l'Université de Paris, qui s'étaient réfugiés à Poitiers. Cet examen a eu lieu afin de savoir si elle disait la vérité à propos de ses visions. Poitiers, la ville où a donc été reconnue la mission de Jeanne d'Arc, est longtemps resté dans l'ombre, alors que d'autres revendiquaient en même temps leur histoire commune.

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/poitiers-fete-jeanne-d-arc

 

État du royaume de France en 1429, la Porte de France Vaucouleurs <==


 

Arrestation lors d'une partie de Chasse de Louis d'Amboise, Vicomte de Thouars, prince de Talmont pour lèse-majesté

PIERRE II, fils d'Ingelger et d'Isabeau , 1373. Il hérita de la vicomte de Thouars en 1397. Il fonda les Cordeliers d'Amboise en 1412; il y fut enterré en 1422. N'ayant pas laissé de postérité, ses biens passèrent à Louis d'Amboise, son neveu, fils d'Ingelger II.