Novembre- Noël 1429 Siège de Saint-Pierre le Moutiers et de la Charité sur Loire par Jeanne d’Arc.
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Jeanne, accompagnée de Charles II d'Albret (lieutenant du roi en Berry), rassemble des troupes à Bourges et assiège la petite ville fortifiée de Saint-Pierre le Moutiers, défendue par une garnison bourguignonne.
Le premier assaut échoue (fossés profonds, résistance vigoureuse), mais Jeanne rallie les troupes en personne, refuse la retraite et mène un second assaut victorieux.
La ville est prise d'assaut le 4 novembre 1429 (date la plus couramment retenue par les historiens modernes, comme dans les chroniques de Jean d'Aulon, son écuyer, et Perceval de Cagny).
Cette victoire est célébrée : Charles VII anoblit Jeanne peu après.
La lettre de Jeanne aux habitants de Riom (9 novembre 1429, depuis Moulins) confirme explicitement cette prise récente : « vous savez bien comment la ville de St Pierre le Moutiers a été prinse d'assault ».
Mi-novembre – fin décembre 1429 : Siège de La Charité-sur-Loire (Nièvre).
Dès le 7 novembre 1429, Jeanne écrit aux habitants de Clermont-Ferrand pour réclamer du matériel afin d'attaquer La Charité-sur-Loire ; en réponse les Clermontois firent cadeau à Jeanne d'une épée, de deux dagues et d'une hache d'armes.
Le 9 novembre, depuis Moulins (où elle est logée chez la duchesse de Bourbon), elle adresse la lettre aux Riomois pour des munitions (poudre, salpêtre, soufre, traits, arbalètes).
Le siège commence vers le 23-24 novembre 1429 (témoignage d'un procureur de Bourges datant le 24 novembre) au environ 24-25 décembre 1429, avec Charles II d'Albret, Louis de Bourbon-Montpensier et d'autres capitaines.
La place, tenue par Perrinet Gressart (capitaine au service bourguignon depuis 1423), est très bien fortifiée, approvisionnée et défendue. (1)
Malgré des assauts (Jeanne y participe personnellement, comme elle le dit au procès : « je y fist faire un assault »), le froid hivernal précoce, le manque de poudre et d'artillerie, et la boue rendent l'opération impossible.
Le siège est levé vers le 25 décembre 1429 (ou mi-décembre selon certaines sources), sans prise de la ville.
Cela contredit les anciennes affirmations (comme chez Sismondi) d'un siège en plein cœur de l'hiver rigoureux ; il se déroule en automne tardif/début hiver, mais les conditions météo et logistiques sont déjà critiques.
Conséquences et analyse historique
L'échec n'est pas dû à un manque de courage de Jeanne (comme parfois conjecturé autrefois), mais à un manque cruel de ressources : munitions épuisées après Saint-Pierre-le-Moûtier, artillerie insuffisante, troupes limitées (campagne menée « à bien peu de gens »).
Jeanne le souligne dans sa lettre : « grand despense de pouldre [...] et petitement [...] en sommes pourvus ».
Après l'échec, Jeanne suit la cour (influence de La Trémoille, qui voulait l'éloigner des opérations majeures).
Elle est hébergée au château de Sully-sur-Loire (propriété de Georges de La Trémoille principal conseiller de Charles VII, et où celui-ci séjournait souvent) en mars 1430, avant sa campagne vers Compiègne (où elle est capturée le 23 mai 1430).
Au procès de condamnation (1431), ces événements reviennent :
Elle nie avoir eu un ordre divin explicite pour entrer dans La Charité (« Qui vous a dit que je avois commandement d'y entrer ? »).
Les gens d'armes l'ont poussée à y aller d'abord.
Elle mentionne Catherine de La Rochelle (prophétesse rivale, poussée par frère Richard) : Jeanne la dissuade d'aller à La Charité (« il faisoit trop froit »), critique son projet de paix avec le duc de Bourgogne (« par le bout de la lance »), et la dénonce comme une imposture après avoir veillé en vain pour voir sa « dame blanche ».
Jeanne conseille à Catherine de retourner à son ménage.
Ces épisodes illustrent la fin de la phase victorieuse de Jeanne : après les triomphes de 1429 (Orléans, Patay, Reims), les revers logistiques et les intrigues de cour (La Trémoille, Regnault de Chartres) la marginalisent progressivement.
La lettre aux Riomois (conservée aux archives de Riom) reste un document authentique rare, signé « JEHANNE », prouvant son rôle actif de chef militaire malgré les doutes de certains historiens sur son « instrumentalisation ».
9 novembre 1429 à Moulins Lettre close signée par Jeanne d'Arc aux habitants de Riom pour leur demander des munitions de guerre (l. d’Oïl) pendant le siège de La Charité-sur-Loire. A, V, 519.
« A mes chers et bons amis les gens d’église, bourgeois et habitans de la ville de Riom.
Mes chers et bons amis, vous savez bien comment la ville de St Pierre le Moutiers a été prinse d'assault (et à l'aide de Dieu, ai intention de faire vuider tes autres places qui sont contraires au Roi).
Mais pour ce que grand despense de pouldre, traits et autres habillemens de guerre a été fait devant la dite ville et que petitement les seigneurs qui sont en cette ville et moi en sommes pourvus pour aller mettre le siège devant La Charité où nous allons prestement, je vous prie, sur tant que vous aimez le bien et honneur du Roy et aussi de tous les autres de par de cà, que veuillez incontinent envoyer et aider pour ledit siège, de pouldre, salpectre, souffre, traits, arbalestres fortes et d'autres habillemens de guerre, et en a ce faites tant que pour faute des d. pouldres et autres habillemens. de guerre, la chose ne Soit longue et que on ne vous puisse dire en ce estes négligens ou refusans.
Chers et bons amis, notre seigneurs soit garde de vous
Escrit de Monlins, le neuvième jour de novembre. JEHANNE. ».
Interroguée si elle parla poinct à ladite Catherine de La Rochelle, du fait de aller à la Charité.
Respond ; que, à ladite Catherine, ne lui conseilloit point qu'elle y allast, et que il faisoit trop froit, et qu'elle n'y debvoit point aller.
Item, dist à ladite Catherine, qui vouloit aller devers le duc de Bourgouingne pour faire paix, qu'il lui sembloit qu'on n'y trouveroit point de paix, si ce n'estoit par le bout de la lance.
Item, dist qu'elle demanda à saincte Catherine, se celle dame venoit toutes les nuicts, et pour ce qu'elle coucheroit avecq elle ; et y coucha et veilla jusques à minuict, et ne veist rien, et puis s'endormit ; et quand vint au matin, elle demanda se elle estoit venue ; et lui respondit qu'elle estoit venue alors qu'elle dormoit, et ne l'avoit peu éveiller ; et alors lui demanda selle viendroit poinct le lendemain, et ladite Catherine lui respondit que ouy.
Pour laquelle chose voulut dormir icelle Jehanne de jour, affin qu'elle peust veiller la nuict; et coucha ladite nuict ensuivant avecques ladite Catherine, et veilla toute la nuict : mais ne veist rien combien que souvent demandast: « Viendra-telle bientost ; » et ladite Catherine lui répondit : « Ouy tantost. »
Interroguée qu'elle fist sur les fossés de la Charité.
Respond : qu'elle y fist faire un assault. Et dit qu'elle n'y jecta ne feist jecler d'eaue par manière de aspersion.
Interroguée pourquoi elle n'y entra , puisqu'elle avoit commandement de Dieu.
Respond : « Qui vous « a dit que je avois commandement d'y entrer. »
Interroguée se elle en eust point de conseil de sa voix.
Respond : qu'elle s'en vouloit venir en France; mais les gens d'armes lui dirent que c'estoit le mieux d'aller devant la Charité premièrement.
Interroguée se elle fut longuement en celle tour de Beaurevoir.
Respond : qu'elle y fust quatre mois ou environ. Et puis dist : quand elle sceut les Anglois venir, elle fut moult courroucée; et toutesfois les voix lui deffendirent plusieurs fois qu'elle en saillist; et enfin pour la doubte des Anglois, saillit et se recommanda à Dieu et à Nostre-Dame; ce nonobstant, elle fut blessée.
Et après qu'elle fut saillie, la voix sainte Catherine lui dist qu'elle fist bonne chère et qu'elle gariroit, et que ceux de Compieigne auroient secours.
Item, dit que elle prioit pour ceux de Compieigne, toujours, avecques son conseil,
Interroguée qu'il advint quand elle eut sailli et que elle dist.
Respond : que aucuns disoient qu'elle estoit morte; et tantost que les Bourguignons veirent qu'elle estoit en vie, ils lui demandèrent pourquoi elle estoit saillie.
Interroguée si elle dist point qu'elle aimast mieux mourir que de estre en la main des Anglois.
Respond : qu'elle aimeroit mieux rendre l'aine que de estre en la main des Anglois.
Jehan de la Loë incarne le soutien financier des villes loyales à Charles VII pendant la phase critique de la guerre de Cent Ans (1429-1430).
Jehan de la Loé n'est pas un inconnu.
C'était un « notable bourgeois » de Bourges, qui portait d'azur à une fasce d'argent, chargée de trois fleurs de lys de gueules, et 3 alouettes d'or, 2 et 1 (changées plus tard en merlettes).
En 1429, Jehan de la Loë eut l'occasion de rendre à Charles VII un signalé service.
Jeanne d'Arc était alors occupée, « avec haut et puissant seigneur Monsieur d'Albret, comte de Dreux et de Gaure, lieutenant du roy en son pays de Berry sur le fait de la guerre», au siège de la Charité-sur-Loire, où commandait un rebelle opiniâtre, Perrinet Grasset (2).
Pour « entretenir leurs gens estans en iceluy » Jeanne d'Arc et le sire d'Albret avaient grand besoin d'argent.
II leur fallait 1.300 écus d'or, « ou autrement eux et leurs dites gens devraient partir de devant ladite ville et lever ledit siège ».
Pour trouver cette somme, le roi fit mettre aux enchères la ferme pour un an du treizième du vin vendu en détail à Bourges, avec cette clause que le dernier enchérisseur paierait d'avance les 1.300 écus d'or.
Ce fut Jehan de la Loë qui se porta adjudicataire pour la somme de 2.000 livres tournois, et qui paya les 1.300 écus, lesquels ne furent envoyés à Jeanne d'Arc que le 11 janvier 1430 !
Elle avait dû dans l'intervalle lever le siège.
Les 1.300 écus d'or de Jehan de la Loë servirent à parfaire la somme de 2.600 écus réclamée par Perrinet Grasset pour abandonner la place.
Quelques années plus tard, Jehan de la Loë, « quoique non gradué en droit », dit La Thaumassière, fut pourvu de la charge de lieutenant général du bailli de Berry. Cette nomination eut lieu très probablement en 1434.
Il résulte en effet des indications fournies par La Thaumassière que Guillaume Bastard, conseiller du roi, maître, des comptes et maître des requêtes, prédécesseur de Jehan de la Loë, était encore en fonctions en 1433.
La Charité dépendait du diocèse d'Auxerre; elle était sujette de Gien pour ses devoirs royaux et ses contributions.
Sa juridiction ressortait au bailliage de Saint-Pierre-le-Moûtier; elle avait un grenier à sel et son élection dépendait primitivement de la généralité d'Orléans; puis elle fit partie de celle de Bourges sous Louis XIII, et, après en avoir été supprimée, elle y fut définitivement rétablie en 1696.
En 1790, le district de la Charité comprenait les cantons de Beaumont-les-Forges) Champlemy, Château-Neuf'; Val-de-Bargis) Prémery, Pouilly et la Charité.
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Les armes de la ville sont d'azur à trois tours d'argent ajournées et maçonnées de sable rangées en fasce, les tours posées sur une terrasse échiquetée d'or et de gueules.
Ces armes étaient accompagnées de la devise :
In veritate securitas.
Surface englobée et évolution
En 1081 : Probablement une enceinte modeste, limitée aux abords immédiats du monastère (enclos claustral, église priorale, quelques habitations naissantes), comme le suggère Marie-José Garniche (historienne ou archéologue locale, citée pour son interprétation prudente d'un bourg embryonnaire).
Plus tard : L'enceinte s'étend aux 30 hectares de la ville médiévale pleine (bourg + faubourgs), avec un tracé ovalaire typique des agglomérations monastiques fluviales.
Les vestiges subsistants (en élévation) datent surtout :
Du milieu du XIVe siècle (guerre de Cent Ans : renforts contre les Anglais et routiers, tours et courtines adaptées).
De l'époque de Louis XI (à partir de 1470) : modernisation pour l'artillerie (épaississement des murs, adaptation des tours à canon, barbacanes, peut-être bastions naissants). Ces travaux répondent aux menaces de la fin du XVe siècle (guerres de Bourgogne, Ligue du Bien public).
Les transformations successives de la ville n'ont pas encore fait disparaître tous les nombreux souvenirs des siècles passés.
On remarque surtout des parties de maisons gothiques et des fragments de construction des XIIIe, XVe et XVIe siècles dans la rue Sainte-Anne, dans la rue des Hôtelleries où se trouvait une maison appartenant au prieuré et dans la rue Marchande où est placée la maison du général de l'Espinasse.
Le rôle des fortifications de la Charité s'est souvent affirmé dans des circonstances sérieuses et difficiles.
Les portes de la ville, en se fermant le soir à l'heure du couvre-feu, ont eu d'autres avantages que ceux de protéger les habitants contre les maraudeurs et les routiers.
Cependant, dans les nombreux sièges qu'elle eut à soutenir, la Charité vit souvent ses murs impuissants pour la défendre.
Avant de décrire les fortifications qui entouraient la ville, il est indispensable, pour se rendre compte de leur importance et du rôle qu'elles ont eu à remplir, de jeter un coup d'œil sur les événements qui touchent le plus à la défense de la Charité et aux différents sièges qu'elle a soutenus.
Au nombre des événements militaires qui affligèrent le plus la ville depuis le règne du roi Jean II, jusqu'à celui d'Henri IV, la Charité eut d'abord à compter avec les troubles incessants créés par la mauvaise administration du prieuré.
En 1209, les luttes du prieur Geoffroy II avec l'abbé de Cluny amenèrent le comte de Nevers, Hervé de Donzy, selon l'ordre du roi Philippe-Auguste, à marcher avec ses troupes sur la Charité et à entrer dans le monastère après en avoir enfoncé les portes.
Geoffroy et les rebelles furent réduits, et toutes les péripéties de ces luttes armées eurent pour conséquence le bref du 15 juillet 1213 du pape Innocent III, qui destitua Geoffroy, l'excommunia ainsi que ses complices et nomma Guillaume prieur à sa place.
Après le traité du prince de Galles avec le roi de Navarre en 1355, le roi de France donna au prieur l'ordre de réparer les fortifications de la Charité.
Les murailles, les portes et les tours furent remises en état de défense et des chaînes de fer placées dans les rues selon les usages au moyen âge.
Peu de temps après ces réparations, dans la nuit du 12 octobre 1356, une armée de trois mille hommes, commandée par deux officiers du roi de Navarre, s'empara violemment de la ville qui fut pillée et en partie détruite.
La Charité traita de sa rançon le 7 mars 1357 moyennant vingt-quatre mille livres dont dix mille furent prêtées par le roi sous la garantie du couvent et des biens des habitants.
La Charité ayant favorisé les Anglais en leur fournissant des armes, des vivres et des chevaux, le 13 mars 1372, leur prieur obtint de Charles V le pardon de cette félonie; mais le roi exigea que les fortifications de la ville seraient démantelées et démolies à l'exception des fortifications du monastère, pour lequel une nouvelle enceinte devait être faite en vue de le garantir et de le séparer de la ville.
Plus tard, en 1410, les fortifications furent réparées et le bailli de Saint-Pierre-le-Moûtier vint à cet effet à la Charité où il ordonna un emprunt de trois cents livres par la commune au profit du prieur.
En 1422, pendant que la France subissait toutes les souffrances de l'occupation et toutes les calamités de la guerre, les généraux du roi Charles VI attaquèrent le duc de Bourgogne et s'emparèrent de la Charité.
Le Dauphin ayant alors remplacé Perrinet Grasset, gouverneur de la ville, par le sieur de la Féal, peu de temps après, Perrinet Grasset revint assiéger la Charité et s'en empara.
Il en resta gouverneur jusqu'au 26 février 1426, jour où il remit la place au duc de Bourgogne, tuteur des enfants de la comtesse de Nevers, suivant les conventions qui furent arrêtées et signées à Corbigny.
Perrinet, étant resté gouverneur de la ville, fit élever le donjon et le château fort au-dessous du champ baraté.
Charles VII essaya plusieurs fois de reprendre la Charité.
Ce n'est qu'en 1440 qu'il finit par s'en emparer par suite d'un traité avec son gouverneur.
Les fortifications réparées en 1470.
En 1470, Louis XI ordonna au prieur et aux habitants de faire réparer les fortifications et à cet effet il leur accorda des impôts et aides sur les marchandises descendant la Loire.
Le prieuré Notre-Dame de la Charité-sur-Loire
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Fondé vers 1059-1060 par Hugues de Cluny sur des terres données par Guillaume Ier de Nevers et Bernard de Chaillant (seigneur de La Marche), il devient l'un des plus grands prieurés de l'ordre de Cluny (après Cluny elle-même), avec une église prieurale romane immense (consacrée en 1107 par le pape Pascal II).
Au Moyen Âge, il attire pèlerins et marchands, favorisant l'essor du bourg (nom "La Charité" vient de la charité des moines envers les pauvres et voyageurs).
Vestiges actuels : façade romane à cinq portails sculptés (style bourguignon/clunisien), nef longue (la plus grande après Cluny), cloître partiel, et éléments gothiques tardifs.
Le prieuré est pillé en 1419 par Perrinet Gressart (mercenard excommunié), qui s'en empare définitivement en 1423 et en fait sa base pour rançonner la région (Berry, Nivernais).
Le document le plus ancien qui révèle la première intention de fortifier la Charité date de la fin du XIe siècle.
Vers l'an 700, c'était une petite bourgade, appelée Seyr, où le sous-diacre Loup fondait une église dédiée à la Vierge et un couvent de moines basiliens.
Deux fois détruits par les Gascons au cours du VIIIe siècle, en 743 et en 771, ces bâtiments furent abandonnés pendant près de trois siècles.
En 1059, un noble chevalier, Bernard de Chaillant, se mit en tête de les reconstruire, afin d'y installer des bénédictins de Cluny.
Les travaux furent menés activement sous la direction des deux premiers prieurs, Gérard et Vuilencus
La ville s’est édifiée lors de la première Fondation Clunisienne datant de 1056 et s’est très rapidement fortifiée.
En 1081, l'autorisation du roi Philippe Ier permit au prieur de faire entourer la ville par des fortifications; mais ces travaux ne furent exécutés qu'en 1164, époque à laquelle le comte de Nevers donna son autorisation avec le consentement d'Étienne comte de Sancerre, et les ratifications d'Henri, comte palatin de Champagne, et des comtes d'Auxerre et de Donzy en 1166.
Mais, comme il est établi que le comte de Nevers Renaud donna également en 1181 son autorisation, on peut affirmer que l'exécution des fortifications de la Charité ne date que de la fin du XIIe' siècle, ainsi que celles de beaucoup d'autres villes du Nivernais.
Ces derniers voyaient d'un mauvais œil la concurrence économique du bourg monastique, qui échappait en partie à leur contrôle fiscal et judiciaire.
En 1082, Hervé (probablement Hervé II de Donzy, baron local influent, vassal des comtes de Nevers et lié aux réseaux clunisiens) confirme cette clôture et autorise les religieux et habitants à la renforcer ou à l'étendre à l'avenir.
Cela s'inscrit dans un contexte de tensions seigneuriales : les Donzy (famille puissante en Nivernais) soutiennent souvent les établissements clunisiens pour contrer les rivaux (comme les Sancerre ou Auxerre).
Le projet reste théorique ou limité au début : on ignore si deux enceintes distinctes existaient (une pour le prieuré seul, une pour le bourg), ou si les travaux étaient déjà avancés.
Les premières fortifications effectives semblent datées de 1164 (autorisation d'Étienne Ier de Sancerre aux religieux de La Charité de fortifier la ville « quand et comme ils le voudront »), marquant une phase de consolidation.
L'enceinte était de forme carrée, les murs étaient peu épais, surtout sur les bords de la Loire; les fossés, larges et très profonds, allaient en diminuant du coté qui regarde la rivière et se confond avec la plaine.
Le marchepied des murs était si étroit que l'arquebusier pouvait avec peine recharger son arme derrière le parapet.
Les fortifications de la Charité et de son prieuré ont été souvent détruites, reconstruites et réparées.
Ce qu'il en reste aujourd'hui paraît appartenir entièrement à la fin du XIVe siècle.
La ville alors était entourée de murs importants renfermant dans leur enceinte les fortifications du monastère avec lesquelles elles venaient se relier du côté du nord à la porte de Paris.
Avant l'année 1372, le couvent était isolé par une enceinte de murs qui était indépendante des fortifications entourant la ville.
Ce n'est qu'en 1372 qu'on créa une nouvelle enceinte par ordre de Charles V.
A cette même époque les murs de la ville ayant été démantelés, le roi en ordonna la reconstruction, conformément à un rapport qui lui en avait été fait par le bailli de Saint-Pierre-le-Moûtier.
Ces fortifications étaient garnies de neuf tours rondes et carrées, reliées ensemble par des courtines protégées par de larges fossés.
Cinq portes, y compris celle de la Brèche (P2) qui fut établie après la brèche faite par le duc d'Aumale pendant le siège de 1577, donnaient accès dans la ville.
La porte Saint-Pierre (P1)
La Porte de Loire (P4) ou de Bourges, située au bout de la rue du Pont, en face Sainte-Croix, avait son entrée sur le pont de la Loire et qui arrive à la Place des Pécheurs.
La Porte de la Marche (P3) ou de Nevers était située sur le bord de la Loire, au bout de la rue des Hôtelleries et la porte de Saint-Pierre à l'est dans le haut de la ville.
Au bout de la rue Marchande, la Porte du Quart (P5), appelée plus tard Porte de Paris, s'ouvrait au nord dans la courtine qui venait rejoindre l'angle des fortifications du prieuré et la tour du nord.
Les fortifications du couvent suivaient la ligne des murs de la ville à l'aspect du nord ; à l'est, elles s'étendaient du donjon à la porte du monastère situé sur la place des Pêcheurs.
Au midi, la ligne des murs remontait à gauche de la rue Marchande, jusqu'à la rue des Charrons, où elle s'étendait à l'est pour rejoindre les fortifications de la ville au-dessous de la porte du Quart.
Le passage de la Madeleine, qui existe encore, ouvrait une communication entre le centre de la ville et l'église du prieuré.
Les ponts de la Charité, réunissant deux provinces placées sur les rives d'un grand fleuve, ont toujours indiqué cette ville comme un poste militaire que ses nombreux assaillants eurent le plus grand intérêt à occuper; aussi Michelet appelle-t-il la Charité la clef du centre.
Les premiers ponts ne furent établis qu'à la fin du XIIe siècle.
Celui qui existait en 1520 était encore en bois, et c'est à cette époque seulement que fut construit le premier pont
Vestiges actuels et intérêt patrimonial
À La Charité-sur-Loire, des pans d'enceinte médiévale subsistent encore (tour des Échevins, courtines intégrées aux maisons, portes bouchées), souvent remaniés au XVIe-XVIIe siècle.
La "tour du nord" (ou Tour Jeanne d'Arc) désigne une des tours restantes des remparts médiévaux du nord de la ville :
Les fortifications (enceinte urbaine + prieuré intégré) datent du XIe-XIIe siècle (autorisations royales et seigneuriales), renforcées au XIVe siècle (guerre de Cent Ans) et au XVe (artillerie).
Il reste surtout le tronçon nord : Tour Jeanne d'Arc (ou tour du Nord) et Tour Perrinet Gressart (du nom du capitaine qui défendit la ville contre Jeanne), reliées par un chemin de ronde.
La tour est appelée "Jeanne d'Arc" par tradition locale (commémorative, comme un monument sur la Promenade des Anglais marquant les 500 ans du siège en 1929), mais sans preuve qu'elle y ait dormi ou séjourné.
C'est une légende touristique moderne, liée à l'échec du siège et à la résistance de la ville (renommée pour son invincibilité face à la Pucelle).
La tour est visible aujourd'hui : partie des remparts nord, avec vue sur la Loire, intégrée au circuit touristique (label Ville d'Art et d'Histoire).
Le site est classé ou inscrit (Mérimée), et des fouilles ont confirmé l'évolution progressive de l'enceinte (du XIe au XVe siècle).
Le prieuré lui-même (église prieurale romane/gothique, cloître partiel) reste un joyau clunisien, avec le bourg qui conserve un tracé urbain médiéval marqué par les anciennes murailles.
Ce cas illustre bien le phénomène des bourgs monastiques fortifiés au Moyen Âge central : les rois (Philippe Ier) et seigneurs locaux arbitrent entre protection des moines (souvent clunisiens, influents) et jalousies seigneuriales, dans un contexte d'essor économique et de féodalité fragmentée.
Les remaniements tardifs (XIVe-XVe) reflètent l'adaptation à la guerre de Cent Ans et à l'artillerie naissante.
Chemins de Saint-Jacques Vézelay, Varzy, La Charité-sur-Loire, Bourges, Issoudun, Ardentes, Sépulcre, Crozant, La Souterraine
Saint-Pierre-le-Moutier se trouve au nord de Moulins sur la route de Paris, et La Charité est au nord de Nevers.
Les murailles de Moulins, entourées de fossés, étaient renforcées par huit tours dans le secteur nord-est-sud.
Les noms de six de ces tours nous sont connus.
C'étaient, au nord, la tour du Fredailh (probablement celle [dont on voit encore la base au n° 11 du boulevard de la Préfecture), la tour de la [Geôle, la tour de la Cigogne; au nord-est, la Grosse Tour ; à l'Est, la tour Montaigu ; au sud, à l'extrémité de la rue Giraudeau, la tour du Bailli.
Quatre portes fortifiées s'ouvraient dans cette enceinte ; la porte de Paris, la porte de Bourgogne, la porte des Carmes (près de la rue Candie) et la porte d'Allier (à la hauteur du n° 26 de la rue d'Allier).
Le château ducal couvrait de ses défenses toute la partie ouest de la cité. De ce vaste ensemble de constructions, long de plus de 250 mètres sur 60 de large et qui fut la proie des flammes en 1755, les seuls vestiges actuellement visibles sont la haute tour carrée, servant de donjon, connue sous le nom de « Mal-Coiffée », quelques bâtiments y attenant (occupés par la Maison d'arrêt), et le Pavillon dit d'Anne de Beaujeu, où est installé le Musée.
Mais on peut se rendre un compte assez exact de l'agencement des édifices dont il se composait d'après divers documents, tels que la miniature de l' Armoriai manuscrit de Guillaume Revel (exécutée vers 1460 et conservée à la Bibliothèque Nationale), les vues de Mérian et d'Israel Sylvestre, les plans relevés en 1777 et conservés aux Archives de l'Allier, ainsi que par les descriptions qu'en ont faites, en 1569, Nicolay et, en 1612, Zinzerling (Jodocus Sincerus).
La tour Jacquemart était déjà debout lorsque Jeanne d'Arc visita Moulins en 1429.
L'ancien hôtel des Feydeau (également connu sous le nom de Maison de Jeanne d'Arc ou Hôtel Feydeau) est un hôtel particulier situé à Moulins, au cœur du quartier historique.
Il se trouve approximativement à l'angle de la rue d'Allier (n° 55 ou 61 selon les sources) et de la rue de la Flèche (n° 4), dans une zone piétonne proche de la tour Jacquemart et de l'ancienne route Paris-Lyon.
Description architecturale
L'édifice conserve des éléments médiévaux remarquables :Une tourelle d'escalier du XVe siècle, accessible par une porte moulurée richement décorée.
Trois fenêtres à accolades fleuries (gothique flamboyant typique du XVe siècle) qui éclairent la tourelle.
Un écusson sculpté portant les armoiries de la famille Feydeau (d'azur au chevron d'or, souvent accompagné d'autres motifs selon les branches).
Structure en maçonnerie surmontée d'un étage en encorbellement et d'un pignon à colombages (charpente datée par dendrochronologie de 1411 pour certaines pièces).
Galeries ouvertes sur une cour intérieure, avec des décors médiévaux et classiques (remplois ou ajouts postérieurs).
Ces éléments en font un bel exemple d'architecture civile bourguignonne/bourbonnaise du XVe siècle, avec des influences gothique tardive.
Histoire et lien avec Jeanne d'Arc
Antoine Feydeau, seigneur de Rochefort, fut avant 1501 conseiller et médecin du duc Pierre II de Bourbon (et de son épouse Anne de France, fille de Louis XI).
Il est probable que l'hôtel ait été construit ou agrandi pour lui ou sa famille vers la fin du XVe siècle (bien que des parties remontent à 1411).
La famille Feydeau, originaire de la Marche (Felletin/Feydel), s'installe à Moulins au XVe siècle et se lie aux Bourbons (branche bourbonnaise des Feydeau de Rochefort).
Selon une tradition locale (attestée depuis le XIXe siècle et popularisée au XXe), Jeanne d'Arc aurait logé dans cet hôtel lors de son bref séjour à Moulins en novembre 1429, après la prise de Saint-Pierre-le-Moûtier (4 novembre) et avant le siège de La Charité-sur-Loire.
Elle y aurait rédigé ou dicté sa lettre aux Riomois (9 novembre 1429) pour réclamer des munitions.
Cependant, cette attribution est légendaire et non prouvée historiquement : aucune source contemporaine ne précise le nom de l'hôte de Jeanne à Moulins (contrairement à Orléans ou Poitiers).
L'inscription comme « Maison de Jeanne d'Arc » date du XXe siècle (vers 1929, pour le 500e anniversaire de la Pucelle), et les plans du XIXe siècle la nomment simplement Hôtel Feydeau.
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« En novembre 1429 au lendemain du siège victorieux de St Pierre-le-Moutier séjourne à Moulins d’où elle déclame aux habitants de RIOMS (9 novembre) et autres bonnes villes les subsides qui lui sont nécessaire pour préparer l’attaque de la Charité »
Sur cette plaque de bronze ci-dessous est apposée au-dessus d'une porte, dans une rue pavée adjacente à la route de Paris, près de la tour Jacquemart.
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On peut lire
« Jeanne d’Arc selon une tradition orale séjourna dans cette maison en novembre 1429 / Cinquième centenaire ».
Protection patrimoniale
L'hôtel fait l'objet d'une inscription partielle aux Monuments historiques par arrêté du 29 mars 1929 (éléments protégés : tourelle d'escalier et façades sur cour).
Une inscription plus large (maison en totalité) date du 11 octobre 2004 sous le nom « Maison de Jeanne d'Arc » (réf. PA03000024 pour la maison, PA00093203 pour l'hôtel des Feydeau – il s'agit souvent de la même bâtisse avec entrées sur deux rues).
Aujourd'hui, c'est un bâtiment privé (non visitable intérieurement en général), mais visible de l'extérieur dans le centre historique de Moulins.
Il illustre le patrimoine bourbonnais et les légendes liées à Jeanne d'Arc, qui passa environ 15 jours dans la ville (logée probablement chez la duchesse de Bourbon ou un notable local).
Les voix de Jeanne D’Arc, la prise d’Orléans<==
==> Montfaucon en Berry (hiver 1429-1430) Jeanne d’Arc et Catherine de La Rochelle
Bas Moyen-Age 1377/ 1453 période Guerre de 100 ans<==
(1) Il s'agit de Charles II d'Albret, que La Thaumassière appelle à tort Alain (ibid., p. 46 et 160). Sur ce personnage, cfr. E. CHÉNON, Notice histor. sur Châteaumeillant, Bourges, 1878, in-8°, p. 95-96 (extrait des Mém. des Antiq. du Centre). . "
(2). Le 31 juillet 1423, venant du Charolais avec sa compagnie. Perrinet Gressart prit part dans les rangs anglo-bourguignons à la bataille de Gravant, sur les rives de l'Yonne.
Ce fut, comme l'on sait, une cruelle défaite pour l'armée française. Après la bataille, les troupes anglo-bourguignonnes se disloquèrent, les Anglais allant en Champagne, les Bourguignons se retirant en Maçonnais.
Sur sa route, Perrinet Gressart tua, pilla et rançonna, se faisant remarquer par son audace.
C'est en Maçonnais, au mois de décembre 1423, que le duc de Bourgogne l'envoya chercher, en vue d'une mission secrète pour laquelle il reçut un millier de traits d'arbalètes, dont il donna quittance à Chalon-sur-Saône, le 4 décembre 1423.
S'agissait-il de surprendre La Charité, ville commandant un important passage sur la Loire ?
C'est probable, car le 24 décembre suivant, Perrinet Gressart enlevait La Charité par surprise.
Le Dauphin perdait la dernière place forte qu'il tenait encore en hivernais.
Voilà Perrinet Gressart devenu, capitaine de La Charité pour le duc de Bourgogne et ce poste lui donne en Nivernais, et pour longtemps, une situation importante.
Il va la fortifier, l'étendre, en s'emparant de divers châteaux et en recevant le soin de faire garder Saint-Pierre-le-Moûtier pris dit-on dès 1421, par les Anglo-Bourguignons.
Dès lors, il semble bien que Perrinet Gressart renonce au Poitou et a décidé de s'implanter fortement en Nivernais.