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PHystorique- Les Portes du Temps
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17 janvier 2026

20 juillet 1426. Mehun-sur-Yèvre. — Charles VII concède à Georges de La Trémoille la seigneurie de Melle en Poitou pour le récompenser de 10,000 écus d'or qui lui avaient été promis et non payés pour se tirer des mains de Perrinet Gressart, capitaine de La Charité-sur-Loire.

Georges de La Trémoille, seigneur de Sully et futur grand chambellan de Charles VII, a été capturé à La Charité-sur-Loire (Nièvre) en décembre 1425 par Perrinet Gressart, un capitaine mercenaire allié aux Bourguignons et Anglais.

 

Il était alors en route pour une ambassade auprès du duc de Bourgogne (Philippe le Bon) en Flandre, sous sauf-conduit du maréchal de Bourgogne.

Perrinet Gressart, qui tenait la place forte depuis 1423, exigea une rançon de 14 000 écus d'or, plus des dons substantiels, pour le libérer (dont 200 écus pour un prisonnier subalterne comme Galobie de Pannassac en mai 1426). 

 

En juillet 1426, Charles VII, incapable de rembourser en argent comptant, compense La Trémoille par la seigneurie de Melle (Poitou), avec clause de rachat possible pour 10 000 écus.

C’est une compensation classique pour services rendus et pertes subies au service du roi.

 

 

 

20 juillet 1426. Mehun-sur-Yèvre. — Charles VII concède à Georges de La Trémoille la seigneurie de Melle en Poitou pour le récompenser de 10,000 écus d'or qui lui avaient été promis et non payés pour se tirer des mains de Perrinet Gressart, capitaine de La Charité-sur-Loire.

 

« Charles, par la grâce de Dieu, roi de France, savoir faisons... que, comme au moys de décembre derrenier passé, nous ayans envoié en ambaxade notre très chier et féal cousin le sire de La Trémoille devers notre cousin le duc de Bourgoigne en Flandres pour la réduccion d'icellui envers nous et afin de l'union et bien de paix de ce royaume, et en faisant son chemin, ait esté pris, prisonnier à La Charité-sur-Loire, par Perrenet Gressart, occuppant ledit lieu, notre rebelle et désobéissant et tenant le parti des Angloys , noz ennemis et adversaires, soubz la seurté, saufconduit et conduit du mareschal de Bourgoigne, estant audit lieu de La Charité , le acompaignant et conduisant ;

Et il soit ainsi que icellui notre cousin de La Trémoille , pour sa délivrance, doubtant estre mis et baillé ès mains de nos dits ennemis, qui de ce requeroient et pressoient fort ledit Perrenet, doubtant aussi cheoir en autre grant dangier et péril de sa personne par autres manières ainsi que bien la cognoissait, afin de obvier à telz périlz et dangiers et, par grant crainte contraint, eust accordé et appointié avecques ledit Perrenet, et soy raenconné à la somme de quatorze mille escuz d'or, et avant ce, pour induire et enhorter par moyens icellui Perrenet à le délivrer, lui convint promettre donner et faire de grans dons d' or comptant, de vaisselle, de draps de soye et joyaulx, tant à la femme dudit Perrenet comme à plusieurs autres personnes de son hostel et ses compaignons dudit lieu de La Charité, et aussi lui convint promettre donner et jurer de faire avoir à icellui Perrenet lettres de ses plus prochains parens et amis et aussi de notre dit cousin de Bourgoigne, par lesquelles, jamais pour la prinse ne a l' occasion d'icelle ne seroit aucune chose demandé au dit Perrenet ;

Et pour seurté des dictes lettres et du paiement de partie des diz XIIIIm escuz d'or, restant à paier d'icelle somme, avant ce que notre dit cousin partist du dit lieu de La Charité, hors des mains dudit Perrenet, lui esconvint bailler gens de grant estat en ostaige, dont les aucuns y sont encores et tous y ont fait et encores font ceulx qui y sont de très grans despenses pour leur longue demeure et autrement à la charge de notre dit cousin, lesquieulx despens ont desjà monté et les diz dons par lui faiz à plus de six mille escuz d'or, oultre les autres dommaiges et interestz que il a euz et soustenuz en sa prise et à l'occasion d'icelle.

Et tantost après, icellui notre cousin, sa personne au delivré, eust continué et fait son chemin en passant par le pays de Bourgoigne pour parler aux seigneurs du dit pays pour le bien de la matière de sa dite ambaxade, et ala oultre devers notre dit cousin de Bourgoigne;

En laquelle ambaxade, depuis son partement jusques à son retour, il ait vacqué par tous les moys de janvier, février, mars, avril, may et juing entiers, tant pour sa dite prise, et ou pays de Bourgoigne, comme en séjournant devers icellui notre cousin de Bourgoigne et en s'en retournant, à grans fraiz et despens, pour le grant nombre de gens d'estat et de chevaulx qu'il a menez et tenuz en sa compaignie pour honneur de nous et pour l’estat de sa personne ;

Aussi en conduit de gens d'armes pour son passaige à sa seurté par les pays dangereux et loingtains par lesquieulx lui a convenu prendre son dit chemin ;

Et néantmoins n'ait eut de nous jusques à ores pour son voyaige que deux mille escuz, ne aussi pour sa dicte raençon paier et ses autres dommaiges et interestz aucune recompensacion ou aide ;

Car combien que tantost après sa dicte délivrance des mains du dit Perrenet Gressart, eussions ordonné à notre dit cousin de La Trémoille estre baillée la somme de dix mille escuz pour lui aidier à paier sa dicte raençon, toutes voies il n'a eu de nous sur ce lettres quelzconques ne aucun paiement ou satisfacion , et par ce lui a convenu et convient paier le dit Perrenet Gressart et faire et paier les dons, fraiz et despens dessus diz et porter les diz dommaiges et interestz tout du sien.

« Nous, ces choses considérées, ayans regard à ce que en notre dit service et ambaxade notre dit cousin de La Trémoille a esté pris et a soustenu et porté les pertes et dommaiges dessus diz, ainsi que nous sommes bien acertenez, de quoy nous, sommes tenuz raisonnablement et le devons recompenser ;

attendons que en deniers comptons ne le povons satisfaire et contenter des diz XIII escuz, ensemble des diz frais et grans despens, obstans les grans charges que avons à supporter pour le fait de noz guerres et pour noz autres affaires, à icellui notre cousin de La Trémoille, pour lui et ses successeurs, avons baillé, cédé, transporté et délaissé, et par la teneur de ces présentes, baillons, cédons, transportons et delaissons, dès maintenant, pour nous, noz hoirs et successeurs, la seigneurie, terre, ville, chastel et chastellenie de Melle en Poictou , avecques tous les fruiz , prouffiz, revenues, droiz, justice, juridicion (etc.) , reservé la foy et hommaige, ressort et souveraineté à nous et à nosdiz successeurs.

Et voulons et nous plaist que icellui notre cousin et ses diz successeurs puissent et leur loise mettre et instituer en la dicte chastellenie de Melle, séneschal , cappitaine, prévost, receveur et autres officiers pour eulx, et y faire tenir leur juridicion et y exploictier comme seigneur chastellain et ayant droit de chastellenie peut et doit faire, sauf et reservé... que nous et nos successeurs pourrons ravoir et retraire les dictes terre, ville chastel et chastellenie de Melle... en... paiant ou rendant la dicte somme de dix mille escuz d'or à la coronne.

« Et afin que ce soit chose ferme et estable , nous avons fait mectre notre seel à ces présentes...

 

« Donné à Meun-sur-Evre , le vingtiesme jour de juillet, l'an de grâce mil quatre cens vint et six, et de notre règne le quart.

 

 

(Sur le repli) « Autrefoiz faicte et par moy ainsi signé : Par le roy en son conseil ouquel la royne de Secille , les contes de Clermont , de Foix et de Comminge , les sires de Gyac et de Gaucourt et autres estoient , et rescripte en la fourme et de la date contenues au blanc, par le commandement du roy en son conseil, la royne de Secille , les contes de Foix et de Comminge , l'évesque de Laon , les sires de Trêves et de Gyac et pluseurs autres présens.

« MALLIÈRE.

« Signata de precepto regis expresso ore facto. »

 

 

Chartrier de Thouars. Orig. parch. ; reste de sceau sur lacs de soie.

 

 

31 mai 1426. — Perrinet Gressart, capitaine de La Charité-sur-Loir, reconnaît avoir reçu de Georges de La Trémoille la somme de 200 écus d'or pour la rançon de Galobie de Pannassac.

« A tous ceulz, etc., Hugues de Douy, licencié en lois, conseiller du roy, notre sire, et garde des seaulx d'icellui seigneur en la prévosté de Cengnoins, salut.

« Savoir faisons que, par devant Jehan Françoys, juré du roy, notre sire, et des ditz seaulx notaire, usant de notre autorité, pour ce personnelement establiz noble homme Perrinet Gressart, cappitaine de La Charité-sur-Loire, lequel... a congneu et confessé, par devant ledit juré, lui avoir eu et reçeu de noble et puissant seigneur, monseigneur George, seigneur de La Trémoille, de Sully et de Craon et conte de Bouloigne et d'Auvergne, par les mains de Jehan Rabot, son serviteur, la somme de deux cens escuz d'or, en quoy icellui monsr de La Trémoille estoit tenuz au dit Perrinet Gressart et dont il lui avoit respondu pour Galobie de Pannassac, son prisonnier, et de laquelle somme il avoit baillé son seellé à icellui Perrinet...

 

« Donné... et seellé, en tesmoing de ce, le semedi, derrenier jour du moys de may, l'an mil quatre cens vint et six.

« J. FRANCOYS. »

 

 

Chartrier de Thouars. Orig. parch. ; sceau perdu.

 

 

 

Ces deux actes illustrent le rôle central de Perrinet Gressart (mercennaire redouté, capitaine de La Charité-sur-Loire depuis 1423, allié des Anglais/Bourguignons) dans les intrigues et rançons de la guerre de Cent Ans. 

 

 

 

 

La Charité-sur-Loire – L’ancien Portail et la Place des Pécheurs

Descriptif historique et patrimonial

La Place des Pêcheurs (également appelée autrefois Place du Port ou Place du Marché aux Poissons) est l’un des lieux les plus emblématiques et les mieux préservés du centre historique de La Charité-sur-Loire.

 Située au cœur du bourg médiéval, juste en contrebas du prieuré clunisien Notre-Dame (UNESCO), elle tire son nom de l’ancienne activité de pêche et de commerce fluvial qui animait la Loire à cet endroit.

 

L’ancien portail (porte fortifiée) : Au premier plan domine une imposante arche gothique romane du XIIe siècle, vestige de l’ancienne porte d’entrée nord de la ville close (Porte des Pêcheurs ou Porte du Port). 

C’est un arc brisé à multiples voussures richement sculptées (feuillages, motifs floraux, têtes humaines, animaux fantastiques dans le style clunisien bourguignon). 

Les piliers massifs en pierre calcaire locale sont percés de petites ouvertures (archères ou meurtrières) et portent encore des traces de bossages et d’arrachements d’anciennes vantaux ou herse. 

Cette porte faisait partie de l’enceinte urbaine du XIIe-XIIIe siècle, renforcée au XIVe siècle pendant la guerre de Cent Ans.

 

Maisons à pans de bois et encorbellements : De part et d’autre de l’arche s’alignent des maisons médiévales et Renaissance tardive (XVe-XVIe siècles), typiques des petites villes ligériennes :  Structure à colombages (pans de bois apparents, hourdis en torchis ou brique), souvent recouverts d’un enduit ancien ou laissés visibles. 

Toits pentus en ardoise locale (très sombre, presque noire), avec des lucarnes à pignon et parfois des cheminées monumentales. 

Rez-de-chaussée en pierre de taille ou moellons, souvent avec des arcades ou des portes cintrées (anciens commerces ou ateliers). 

Fenêtres à meneaux ou croisées, volets en bois, et enseignes suspendues (comme sur la carte postale ancienne : affiches publicitaires, épicerie, hôtel, etc.).

 

Escalier monumental : Au centre, un large escalier de pierre (une vingtaine de marches) monte vers le portail et relie la place basse (niveau de la Loire et du port ancien) au quartier supérieur du prieuré.

Cet escalier, très pentu, est un élément caractéristique de la topographie de La Charité, ville bâtie sur un promontoire dominant la Loire.

Ambiance générale : La place est étroite, pavée ou empierrée, bordée de maisons serrées qui créent un effet de « gorge » médiévale.

À l’arrière-plan, on devine les toits du bourg, la flèche de l’église prieurale et les vestiges des remparts.

Côté Loire (non visible sur la photo), la place ouvrait autrefois sur le quai et le pont médiéval (détruit et reconstruit plusieurs fois).

 

Contexte historique

Au Moyen Âge, cette place était le port fluvial principal de La Charité : débarcadère pour le vin, le blé, la pierre, les pèlerins de Compostelle, et surtout le poisson (d’où le nom « Pêcheurs »).

Les marchands et bateliers y formaient une corporation active.

 

Pendant la guerre de Cent Ans (1429), le siège de Jeanne d’Arc contre Perrinet Gressart se déroule autour de ces remparts et de cette porte nord : les assaillants français campent probablement dans les zones basses près de la Loire, tandis que Gressart défend la ville haute et le prieuré.

Au XIXe siècle et début XXe, la place conserve encore son aspect ancien (comme sur la carte postale), avec des commerces traditionnels (auberges, épiceries, quincailleries).

Aujourd’hui, elle est piétonne, restaurée, et fait partie du circuit touristique « Ville d’Art et d’Histoire ».

 

État actuel (2025-2026)

Le portail est classé Monument historique (1862 pour l’arcade principale).

Les maisons à pans de bois ont été restaurées (ardoises refaites, colombages repeints ou laissés naturels).

La place reste très photogénique, surtout au coucher de soleil ou sous la neige hivernale, avec la Loire en contrebas (vue depuis les quais).

 

 

 

Le château de Mehun-sur-Yèvre (Château-Musée Charles VII)

Mehun-sur-Yèvre est une petite ville du département du Cher (région Centre-Val de Loire), située à environ 20 km au nord-ouest de Bourges, sur les bords de l’Yèvre.

Elle est surtout connue pour son lien historique avec Charles VII (1403-1461), roi de France de 1422 à 1461, surnommé « le Victorieux » ou « le Bien Servi ».

 

Origines : Le site est fortifié depuis l’Antiquité et le haut Moyen Âge (textes dès 820).

Au XIIIe siècle, il appartient aux Courtenay ; en 1367, le duc Jean de Berry (oncle de Charles VI et grand mécène) le transforme en une résidence princière luxueuse : gothique flamboyant avec « dentelles de pierre », élévations élancées, fenêtres à meneaux, et un cadre de villégiature (jardins, pavillon de l’autre côté de l’Annain, ménagerie).

 

Avant que Jean de Berry ne lance la restauration et la transformation du château en un véritable palais de luxe, le site comportait déjà les restes de fortifications et de châteaux antérieurs, remontant au XIVe siècle (et même plus tôt pour certains éléments).

Plusieurs de ces fondations existantes ont été intégrées lors de la reconstruction.

Plus d’une douzaine de bases de châteaux ou tours défensives ont servi de soubassement au château actuel.

L’évolution architecturale est passée du bois (structures légères et temporaires) à des fondations en pierre plus durables.

Chacune de ces constructions avait pour objectif principal de protéger la ville, notamment lors des conflits entre seigneurs.

Au IXe siècle, l’aspect architectural du château suivait le plan classique des châteaux forts médiévaux : quatre tours d’angle, un donjon central, un poste de garde et la grande salle seigneuriale.

Ces éléments ont été préservés lors des travaux menés par Jean de Berry. Le large et profond fossé conservé renforçait l’impression d’une forteresse imprenable et offrait une protection supplémentaire contre les assaillants.

Avant les importantes modifications du duc de Berry, le château avait déjà connu de multiples transformations et modernisations initiées par les châtelains successifs :

Dès le IXe siècle, Béatrix de Mehun convertit la structure en bois et pierre en une véritable résidence.

Au XIIIe siècle, sous Mahaut de Mehun-Courtenay et sa descendante Amicie de Mehun-Courtenay, le lieu devient un centre culturel important.

 

Ce texte décrit l’évolution du château de Mehun-sur-Yèvre, de ses origines défensives (fortifications primitives) à sa transformation en résidence princière sous Jean de Berry (fin XIVe – début XVe siècle), puis en lieu de résidence royale sous Charles VII.

 

 

Lien avec Charles VII : À la mort de Jean de Berry (1416), sans héritier mâle, le château passe à Charles (alors dauphin).

À partir de 1417-1422, il en fait l’une de ses résidences préférées (avec Bourges, Chinon, Loches), surtout après son couronnement à Reims (1429).

 

Mehun devient un centre politique et artistique : il y reçoit Jeanne d’Arc (fin octobre-décembre 1429), Jacques Cœur, Agnès Sorel, les capitaines (Dunois, La Hire, Xaintrailles, Alençon), et y organise sa cour.

C’est là qu’il signe les lettres d’anoblissement pour Jeanne et sa famille (29 décembre 1429, Noël 1429).

 

Mort de Charles VII : Le roi y meurt le 22 juillet 1461, âgé de 58 ans, après une longue maladie (légende d’empoisonnement ou de mélancolie, mais probablement ulcère ou cancer). Il y passe ses dernières années, préférant Mehun à d’autres sites.

 

Évolution et état actuel

Le château est incendié plusieurs fois (XVIe siècle), ruiné sous la Révolution (vendu comme bien national, carrière de pierre), et largement détruit au XVIIIe siècle.

La tour maîtresse (donjon) est restaurée à la fin du XIXe siècle pour devenir le Musée Charles VII (classé Monument historique depuis 1840).

Aujourd’hui : Musée médiéval avec collections gothiques internationales, miniatures, sculptures, objets du quotidien (cuisine, salle des gardes, salle des anges), carrelages hispano-mauresques du XIVe siècle (rares en France), et souvenirs de la cour (coffres de voyage, armes, poteries). Il évoque la vie à la fin du Moyen Âge, avec des thèmes comme Jeanne d’Arc, Agnès Sorel, Jacques Cœur.

Ouvert au public (horaires variables, souvent 14h30-18h/18h30 en saison ; billet combiné avec le Pôle de la Porcelaine de Mehun).

 

Lien avec Jeanne d’Arc

Jeanne arrive fin octobre 1429 (après Reims et Orléans), prépare depuis Mehun les opérations de Saint-Pierre-le-Moutier (prise le 4 novembre) et La Charité-sur-Loire (échec décembre).

Logée probablement dans une maison locale (légende : hôtel Charles VII, mais non prouvé).

Le 29 décembre 1429, dans la grande salle ou la chapelle, Charles VII lui remet ses lettres de noblesse (particule « du Lys » pour elle et sa famille).

Elle quitte Mehun au printemps 1430 pour Compiègne (capturée mai 1430).

 

Mehun illustre la transition du château-fort au palais résidentiel gothique tardif, et le rôle de Charles VII dans la reconquête (fin de la guerre de Cent Ans).

C’est un site majeur du Berry royal, avec une ambiance préservée (vallée de l’Yèvre, rocher dominant).

 

 

 

 

 

(1). PERRINET GRESSART

Ce nom seul semait, dans les campagnes de notre Berry, une légitime terreur, aux temps troublés où Armagnacs et Bourguignons se disputaient, sous l'œil des Anglais, le gouvernement d'une France ravagée tant par la guerre étrangère que par ces luttes fratricides.

 

Perrinet Gressart ! Sans atteindre à la renommée d'un Arnaud de Cervolle, le fameux « Archiprêtre », qui, au siècle précédent, s'était permis à la tête de ses bandes, d'aller rançonner le pape en Avignon, le maçon poitevin, devenu à la faveur des troubles « noble homme messire Perrinet Gressart, écuyer », avait su, au service des ducs de Bourgogne, se faire un nom parmi ces chevaliers d'aventure ayant noms Rodrigue de Villandrando, Pierre l'Espagnol, Jean de Lesgo, François de Surienne, Arnaud Guilhem de Bourguignon et tant d'autres.

 

Ses premières armes, Perrinet Gressart les avait faites en fort mauvaise compagnie, au siège de Neufchâtel-sur-Aisne (début 1417) parmi les « sedicieux et perturbeurs de paix, desquels aucuns pour leurs pechez perpétrez furent bannis par bonne justice... gens de mauvais vouloir et de perverse condicion... murdriers accus- fumez en leurs faulx courages... eux esjuissans en l'effusion de sang humain... » (Mandement de Charles VI, 30 août 1416 - Monstrelet, « Chroniques » III, pp. 154-155).

 

Avant d'aller en Picardie, la bande avait dévasté le Nivernais et l’Auxerrois, poussant des pointes jusqu'en Berry, « prenant par force femmes mariées, pu- celles, veuves et autres non mariées, viciant icelles comme si c'estoient bestes mues et prenant et pillant églises, monastères et autres lieux saints... ».

 

Le 19 juin de cette même année 1417, Perrinet battait l'estrade aux environs de La Charité-sur-Loire, et la duchesse de Bourgogne chargeait le bailli d'Auxois de « pourvoir aux outrages » qu'il faisait subir au pays. 'Rien ne trouvait grâce devant lui, et, la même année, accompagné de Gautier Raillard, il faisait prisonnier Louis de Bourbon, frère de la comtesse de Nevers et lui imposait une rançon considérable.

 

De cette époque datent les nombreuses incursions de Perrinet en Berry.

Nous en trouvons des mentions bien avant que l'assassinat du pont de Montereau n'eut rouvert la guerre entre Bourguignons et Armagnacs.

Il faisait preuve d'une complète indépendance et il resta toute sa vie le serviteur indocile du duc de Bourgogne, violant les trêves et pillant sans vergogne, pour son plus grand profit, notre malheureuse province.

 

Après avoir guerroyé de droite et de gauche, s'être distingué à la bataille de Crevant, Perrinet Gressart fut chargé par le duc de Bourgogne de reprendre aux Armagnacs, qui s'en étaient emparés en juin 1422, de la place de La Charité, qui servait de base de départ aux incursions des troupes royales dans les territoires bourguignons.

 

Préparée dans le plus grand secret, l'expédition réussit à merveille et, deux au trois jours avant Noël 1423, Perrinet était maître de la cité.

 

Nommé capitaine de la ville et écuyer panetier du duc, l'aventurier allait se consacrer maintenant, non tant aux intérêts de son maître qu'aux siens propres.

 

Disposant d'un point stratégique important, à un des meilleurs passages de la Loire, Perrinet Gressart allait — ainsi que l'avait tenté avant lui l'Archiprêtre — s'y établir solidement, réparer les murailles, organiser sa compagnie, occuper de nombreux points d'appui en Nivernais, et s'en faire une base de départ, de ravitaillement et, éventuellement, de repli.

 

Sa compagnie était un mélange hétéroclite de plusieurs races : Picards, Lombards, Espagnols, Allemands et... Nivernais.

 

Outre ceux de ses deux lieutenants, Pierre Martin, dit l'Espagnol, et François de Surrienne, dit l’Aragonais, les noms de plusieurs de ses hommes nous sont parvenus : Jean de Wavrin (le futur chroniqueur), Patience, Bonne-Guerre, Petit- Profit, Hans de Berne, Jean d'Avril, Gasteau, Dormay, Le Breton, Antoine de Roncheval et tant d'autres, emmêlant dans un commun destin nobles et roturiers.

 

La menace que faisait peser sur le Berry la présence à La Charité d'un aventurier tel que Perrinet Gressart, incita Charles VII à mettre sa bonne province en état de défense.

 

Dans ce but, il échangea, le 16 janvier 1424, au dauphin d'Auvergne, contre la seigneurerie d’Issoudun et des terres en Dauphiné, les places de Sancerre, Montfaucon, Vailly, Charpaignon et Sagonne, ce qui lui constitua une ligne de défense partant de Saint- Pierre-le-Moûtier et Sancoins et rejoignant à Léré les défenses de la Loire et de la Puisaye.

 

Ce fut une perpétuelle guerre d'escarmouches : les Armagnacs pénétrant en Nivernais et Perrinet excursionnant en Berry.

Cette guerre de Berry était pour celui-ci l'occasion de nourrir sa compagnie et de s'enrichir par de multiples exactions et de fructueuses rançons (Sancerre, menacé d'être incendié, dut payer une forte contribution et, 1.000 écus lui étant dus, Perrinet alla courir devant la ville pour rafraîchir la mémoire des bourgeois sancerrois).

C'est à cette époque que se place le pillage de Saint-Amand-l’Allier et d'Orval.

Nous n'avons aucun détail sur l'événement qui dut semer la terreur parmi les bourgeois du Vieux-Château, les marchands de La Chaume-Billeron et achever la ruine des malheureux habitants d'Orval.

 

Le fait ne nous est connu que par un mandement de Charles VII, daté d'Issoudun, 17 février 1426 (n.st.), ordonnant aux généraux conseillers sur le fait des finances du Languedoc de délivrer à Guillaume d'Albret 1.000 livres tournois pour l'indemniser des pertes qu'il avait subies dans la détrousse faite par Perrinet Gressart à Saint-Amand-l’Allier (Bibliothèque Nationale, Pièces originales, 25, n° 139).

 

Les finances du pauvre Charles VII allaient se trouver fortement mises à con- tribution, puisqu'on 1427 le roi lui-même, bloqué dans Bourges par l'ancien maçon poitevin, était contraint de payer rançon. Hugues-A. DESGRANGES.

 

Le 30 décembre 1425, Perrinet Gressart faisait arrêter Georges de La Trémoille, le favori de Charles VII, qui, sur la foi des trêves établies, passait par la ville de La Charité pour aller en Bourgogne, auprès de son frère Jean de La Trémoille, seigneur de Jonvelle, chevalier de la Toison d'Or, grand maître e d'hôtel et premier chambellan du duc, et de son cousin Guy de La Trémoille, comte de Joigny.

 

Il voulait en faire un otage destiné à assurer le payement de ce qu'il réclamait.

Le jour même, Perrinet et François l'Aragonais prenaient l'engagement écrit envers le maréchal de Bourgogne de délivrer le prisonnier moyennant la somme de quarante mille écus de bon poids.

 

En même temps, Perrinet faisait dresser le brouillon d'une lettre de non préjudice pour l'arrestation de Georges de La Trémoille, qu'il avait la prétention de faire donner en sa faveur par la chancellerie du duché de Bourgogne.

Y étaient jointes : une lettre du prisonnier au maréchal de Bourgogne et à son frère, les pressant d'accorder à Perrinet ce qu'il demande et leur disant que Perrinet et François l'Aragonais le traitent bien le brouillon des lettres de non préjudice que Perrinet veut se faire délivrer par Jean de La Trémoille, sire de Jonvelle; Guy de La Trémoille, comte de Joigny; Monseigneur de Rochefort, messire Regnier Pot et son fils, Monseigneur de Belarbre et son frère, messire Guillaume de Rochefort, Monseigneur de Longvy et Monseigneur de Doire par les amis du maréchal de Bourgogne, par Monseigneur de Traves, par Adrien de Toulonjon et par le maréchal de Bourgogne.

Le maréchal de Bourgogne ayant écrit à Perrinet, pour traiter avec lui de l'évacuation de La Charité, celui-ci lui dépêcha Regnault Lamoignon, auquel il donne ses instructions, qui ne sont guère qu'un résumé de celles données antérieurement à François l'Aragonais.

 

C'est peut-être à cette période qu'il faut attribuer une lettre des comtes de Nevers et de Rethel, écrite de Moulins-Engilbert le 26 décembre d'une année non désignée, où il est question du seigneur de La Trémoille.

 

Les termes de la lettre sont assez vagues et aucun fait précis n'est cité.

 On y voit seulement que La Trémoille, ce triste favori de Charles VII leur inspirait très peu de confiance.

 

C'est aux difficultés que Perrinet avait avec les habitants de la ville de Nevers, par lesquels il ne pouvait arriver à se faire payer ce qu'ils devaient, que répond l'article suivant du compte de la ville pour l'exercice du 1er décembre 1425 au 30 novembre 1426 :

« A Hugues de Pogues, bourgoys de Nevers, Jehan Maillart et Jehan Bernolles, bouchiers, la somme de LXVIII 1. t. en déduction el acquit de ce que lad. ville pourra estre tenue à noble homme Perrenet Gressart, capitaine de La Charité-sur-Loyre, de certaine somme de deniers à lui promis par les habitans des païz de Nivernoys et dont Guillemain Goneau estoit receveur général dud. ayde commis de par nosseigneurs de Nevers et par led. Perrenet, et fut la part et portion en quoy lad. ville peut estre atribuée oud. ayde et dont par faulte de paiement ledit Perrenet et ses compaignons estans en garnison en lad. ville de La Charité avoient pris par marque sur lesdiz et autres marchans de lad. ville grant quantité de porceaulx, et laquelle, faicte par l'advis et délibération de Monseigneur le bailli de Nevers et des gens des comptes dud. lieu et du consentement et volenté dud. Perrenet, a esté délibéré et conclu que veu et visité l'estat de l'aide nouvellement mise sus de la somme de V livres dont Hugues de Corbigny a esté receveur, ne peut fornir à païer icelle somme aux dessusdiz, pour ce ont lesd. quatre ordonné iceulx Hugues de Pogues, Jehan Maillart et Jehan Bernolles d'icelle somme de LXVIII 1. t. estre paiez des deniers de la recepte ordinaire. Paié par mandement et quictance donnée le VIIIe jour de février l'an mil CCCC XXV ».

 

Armoiries : portant un écu à une fasce accompagnée de trois quinte-feuilles.

 L'écusson de Perrinet Gressart tel que décrit dans le traité signé à Nevers en 1417 entre Gaultier Raillard et Perrinet Gressart, chevaliers, pour la délivrance de Louis de Bourbon, qui avoit été fait prisonnier de guerre desdits chevaliers tenant le parti du duc de Bourgogne.

 

Bas Moyen-Age 1377/ 1453 période Guerre de 100 ans<==

 

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