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PHystorique- Les Portes du Temps
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22 janvier 2026

7 juin 1376 Testament du Prince Noir édité dans sa chambre au palais de Westminster à Londres.

 

En 1376, le palais de Westminster n’est pas encore un palais royal résidentiel au sens moderne, mais un ensemble de bâtiments médiévaux servant à la fois de résidence royale, de centre administratif et de siège judiciaire.

 

La chambre du Prince Noir se situait très probablement :

  • dans l’aile résidentielle du palais, à proximité des appartements royaux,
  • non loin de la Westminster Hall (XIᵉ siècle), mais dans une zone plus intime et chauffée.

 

Il s’agissait d’une camera, terme médiéval désignant une chambre privée noble, à la fois :

  • lieu de repos,
  • espace de réception restreinte,
  • et parfois salle de rédaction d’actes importants.

 

Aspect de la chambre

La pièce devait présenter les caractéristiques suivantes :

  • Murs en pierre, partiellement recouverts de tentures textiles (tapisseries ou draps armoriés)
    → rôle décoratif mais surtout thermique.
  • Sol dallé ou couvert de nattes et tapis.
  • Plafond à poutres apparentes, probablement peintes ou laissées brutes.
  • Fenêtres étroites, vitrées de verre clair ou de parchemin huilé, protégées par des volets intérieurs.
  • Cheminée monumentale, indispensable car le Prince Noir était très affaibli par la maladie.
  • Mobilier restreint mais noble :
    • un grand lit à baldaquin avec rideaux (le lit de parement),
    • une table massive pour les actes,
    • quelques bancs ou coffres,
    • éventuellement un prie-Dieu.

 

La chambre était sans doute faiblement éclairée, par :

  • la lumière naturelle,
  • quelques cierges ou lampes à huile.

 

2. Le Prince Noir le 7 juin 1376 : état physique et apparence

Son état de santé

Le Prince Noir, Édouard de Woodstock, est alors âgé de 45 ans, mais :

  • gravement malade depuis plusieurs années,
  • probablement atteint d’une affection chronique contractée lors de la campagne d’Espagne (1367), souvent identifiée comme :
    • dysenterie chronique,
    • maladie hépatique,
    • ou complication infectieuse sévère.

 

En juin 1376 :

  • il est alité ou semi-alité,
  • extrêmement amaigri,
  • sujet à des douleurs intenses,
  • conscient de sa mort prochaine (il décède le 8 juin 1376).

 

Son apparence physique

Les sources concordent pour décrire un homme :

  • Très affaibli, le visage creusé,
  • teint pâle, parfois décrit comme cireux,
  • regard encore vif mais marqué par l’épuisement,
  • barbe courte ou rasée selon l’usage aristocratique du moment.

 

Il ne porte évidemment plus l’armure ni les riches vêtements de cour.

 

Son habillement

Le 7 juin 1376, il est très probablement vêtu :

  • d’une robe ou tunique ample, en laine fine ou en drap sombre,
  • éventuellement d’un manteau léger ou d’une couverture,
  • sans ornements excessifs, conformément à la gravité de l’instant.

 

Le noir qui lui valut son surnom n’est pas attesté comme couleur vestimentaire systématique de son vivant, mais il est possible que ses vêtements aient été :

  • sombres,
  • sobres,
  • adaptés à un malade de haut rang.

 

3. La scène du testament

Les personnes présentes

Dans la chambre se trouvent probablement :

  • des clercs et notaires chargés de rédiger l’acte,
  • quelques conseillers proches,
  • des serviteurs discrets,
  • peut-être un confesseur.

 

Le ton est solennel mais intime.

Le Prince Noir :

  • dicte ou fait lire ses volontés,
  • manifeste une grande préoccupation spirituelle,
  • règle précisément :
    • ses legs,
    • ses funérailles,
    • la protection de son fils Richard (futur Richard II),
    • et le salut de son âme.

 

4. Impression d’ensemble

Si l’on devait résumer visuellement la scène :

Dans une chambre tendue de draps armoriés, éclairée par une lumière vacillante, le Prince Noir, jadis incarnation de la chevalerie triomphante de Crécy et de Poitiers, apparaît brisé par la maladie.

 

Allongé ou soutenu sur des coussins, il parle d’une voix affaiblie mais ferme, entouré de clercs attentifs, réglant ses affaires terrestres dans le silence grave du palais de Westminster.

 

Edward, fils aîné d'Édouard III, meurt à 45 ans le lendemain, le 8 juin 1376, dans ce même palais de Westminster, après une longue maladie (probablement la dysenterie ou une infection chronique contractée en campagne).

Il ne devient jamais roi ; son fils Richard II (âgé de 10 ans) lui succède en 1377.

Le testament reflète la piété médiévale, la vanité chevaleresque et la préoccupation pour le salut de l'âme, typiques de l'époque.

 

Ce document a été authentifié le même jour par le notaire Johannes de Ormeshevede, en présence de témoins (dont l'évêque de Hereford et plusieurs chevaliers).

Le testament fut approuvé (probate) peu après par l'archevêque de Canterbury Simon Sudbury, et conservé dans son registre (Lambeth Palace Library, registre de Simon Sudbury, fol. 90v-91r).

 

 

Points clés du testament

Dispositions spirituelles et funéraires (principales) :Âme remise à Dieu, la Trinité, la Vierge et tous les saints.

Corps enterré dans la cathédrale de Canterbury, dans la chapelle Notre-Dame Undercrofte (sous la crypte), devant l'autel, à 10 pieds (environ 3 m) de celui-ci.

 

Tombe en marbre avec 12 écussons de laiton (6 aux armes complètes quartelées du prince, 6 aux plumes d'autruche), inscrits « Houmont » (probablement une variante de « Ich dien » ou un mot lié à la devise).

Effigie de laiton doré en armure complète, casque sous la tête.

Épitaphe célèbre (en français médiéval) gravée sur la tombe :

Tu qe passez ove bouche close,

Par la ou cest corps repose,

Entent ce qe te dirray,

Sicome te dire le say.

Tiel come tu es, je autiel fu,

Tu seras tiel come je su.

De la mort ne pensay je mie,

Tant come j’avoy la vie.

En terre avoy grant richesse,

Dont je y fys grant noblesse,

Terre, mesons, et grant trésor,

Draps, chivalx, argent et or ;

Ma grant beauté est tout alee,

Ma char est tout gastee…

 

Cette épitaphe (inspirée d'un texte du XIIIe siècle, traduction française anonyme de Clericalis Disciplina de Petrus Alphonsi) souligne la vanité de la gloire terrestre. Elle est toujours visible sur le gisant à Canterbury.

 

Cérémonies funéraires :

Procession avec deux destriers caparaçonnés aux armes, deux hommes armés (un en tenue de guerre, un en paix avec plumes d'autruche), bannières, penon noir.

Herse (catafalque) entre le grand autel et le chœur pour les vigiles et messes.

Legs pieux (importants) :Vêtements liturgiques, orfèvrerie (calices, croix, chandeliers, bacins), reliquaires, tapisseries (dont la fameuse « sale des plumes d’ostruce » noire et rouge avec cygnes et têtes de dames) à la cathédrale de Canterbury, à la chapelle Undercrofte, à Ashridge (fondation du prince), à Wallingford.

Missel et bréviaire enluminés aux armes et plumes d'autruche.

Fondation d'une chanterie (chapellenie) pour deux prêtres priant pour son âme.

 

Legs familiaux et personnels :

À son fils Richard : vêtements bleus aux roses d’or et plumes d’autruche, lits luxueux (dont un « lit des anges » brodé, un lit de bandekin et camoca rouge), tapisseries (Arras du pas de Saladin, Worstede aux mermaids).

 

À sa femme Jeanne de Kent (la « princesse ») : vaisselle d'argent équivalente à 700 marcs (dot de mariage), tapisseries rouges aux aigles et griffons.

À des serviteurs fidèles (Roger de Clarendon, Robert de Walsham son confesseur, Alain Cheyne) : lits et biens.

 

Exécuteurs et clauses finales :

Exécuteurs : son frère Jean de Gand (duc de Lancastre), évêques (Winchester, Bath, St Asaph), Robert de Walsham, Hugh de Segrave, etc.

Provisions pour funérailles, dettes, annuités aux chevaliers et serviteurs (menace de malédiction sur Richard s'il ne les respecte pas).

Notaire : Johannes de Ormeshevede (John de Ormeshead), clerc de Carlisle, qui authentifie le document.

Probate (approbation) le 4 juin 1376 (IV idus Junii, erreur probable pour IV idus Julii ou date proche) par l'archevêque Sudbury.

 

Ce testament illustre parfaitement la mentalité d'un grand seigneur médiéval : piété ostentatoire, attachement aux symboles héraldiques (plumes d'autruche, devise « Ich dien » implicite), souci de la mémoire posthume et protection des serviteurs.

 

Le gisant à Canterbury (avec effigie en armure, surcot noir, gants, heaume, épée et bouclier conservés) reste l'un des plus célèbres monuments funéraires médiévaux d'Angleterre.

 

 

À la nouvelle du décès, le chroniqueur Jean Froissart écrit :

«Mais ainçois fut trépassé messire Édouard son aîné fils, prince de Galles et d'Aquitaine, fleur de toute chevalerie du monde en ce temps, et qui le plus avoit été fortuné en grands faits d'armes et accompli de belles besognes.

Si trépassa le vaillant homme et gentil prince de Galles en le palais de Westmoustier dehors la cité de Londres. Si fut moult plaint, et sa bonne chevalerie moult regretée ; et eut le gentil prince à son trépas la plus belle reconnoissance à Dieu et la plus ferme créance et repentance que on vit oncques grand seigneur avoir : ce fut le jour de la Trinité en l'an de grâce de Notre Seigneur mil trois cents soixante et seize (2).

 Et pour plus authentiquement et révéramment faire la hesogne, et que bien avoit du temps passé conquis , par sa bonne chevalerie, que on lui fit toute l'honneur et révérence que on pourroit, il fut enbaumé et mis en un sarcueil de plomb, et là tout enseveli, excepté le viaire, et ainsi gardé jusques à la Saint-Michel que tous prélats, tous barons et chevaliers d'Angleterre, furent à son obsèque à Westmoustier.

 

 

Helm, shield, gauntlets, and scabbard of Edward the Black Prince (1330-1376)

Helm, shield, gauntlets, and scabbard of Edward the Black Prince (1330-1376).

 

 

Le Prince de Galles a été chanté par le Héraut Chandos, dans un Poème publié par le Roxburghe Club « The Black Prince by Chandos herald, London, 1842 Printed por the Roxburghe Club ». Chandos nous a aussi conservé le Cri d'Armes du Prince :

La crioit homme à haute gorge

En maint lieu : Guyanne Seinte George !

 

C'est à Angoulême que le Prince Noir tomba malade comme ledit la Complainte de Chandos :

Assetz sont après ce avint

Qe a Anguyleme logiei vient

Lui noble Prince Daquitaine

Et la c'est bien chose certaine

Li commence la maladie

Qe puis dura toute sa vie.

 

Nous donnons le Sceau de ce Prince tiré des Archives nationales de France

Ce Sceau porte le n° 10134 bis, à la date de 1366. Nous l'avons fait graver exprès pour la présente publication.

mots Ich dien,

La devise du Prince de Galles était composée de deux mots Ich dien, je sers, accompagnée des plumes d'Autruche qu'on voit sur sa monnaie le pavillon d'or frappé à Bordeaux que nous reproduisons, le prince est assis, et non debout, sous un dais appuyé sur deux lions quatre plumes de chaque côté, avec ces mots Ed. po.gns Reg. angl. pries, a.

« Quelques-unes de ses monnaies sont d'un très beau travail, dit un numismate, tandis que d'autres sont fabriquées à la hâte, selon les chances diverses des guerres continuelles qui ensanglantèrent son règne. Cet homme illustre aimait d'ailleurs les arts et les raffinements du luxe.

Parmi les nombreux sceaux ou signets dont il fait usage, il en est de fort remarquables.

pommeau du Prince Noir

La bague qui lui a servi parfois, en 1367, à sceller ses missives était ornée d'une intaille du temps de Postume rappelant exactement le revers de l'une des monnaies du Grand Empereur Gaulois. C'était un Héraut tuant à coups de flèches les oiseaux du lac de Stymphale. » B. Filon.

 

 

10 octobre 1361 Mariage de Jeanne de Kent et Édouard de Woodstock célébré à Cantorbéry par l’archevêque Simon Islip, puis le jeune couple part pour le château de Berkampstead, résidence<==

1362 Lettres d'Edouard III, roi d'Angleterre, enjoignant de reconnaître son fils le prince de Galles comme prince d'Aquitaine. <==

==> Richard II (dernier roi de la dynastie des Plantagenêts) naît à Bordeaux, le 6 janvier 1367 (jour des Rois), un mercredi, vers 10 heures.

 

 

 

« En noum du Pere, du Filz, et de Saint Espirit. Amen.

Nous, Eduuard, eisne fdz du Roy d’Engleterre et de Fraunce, prince de Gales, duc de Cornwaille, et counte de Cestre, le VII. jour de Juyn, l’an de grâce mil trois centz septantz et sisme, en notre chambre dedeyns le palois de notre très redote seignour et pere le Roy à Westminster esteantz en bon et sain mémoire, et eiantz consideracion a la brieve duree de humaine freletee, et come non certein est le temps de sa resolucion à la divine volonté, et desiranz toujourz d’estre prest, ove l’eide de Dieu, a sa disposicioun, ordenons et fesons notre testament, en la manere qe ensuyt.

Primerement, nous devisons notre aime a Dieu notre Creatour, et a la seinte benoite Trinité et a la glorieuse virgine Marie, et a touzlez Sainz et Seintez ; et notre corps d’estre enseveliz en l'eglise Cathédrale de la Trinité de Canterbirs, ou le corps du vray martir monseignour Seint Thomas repose, en mylieude la chapelle de Notre-Dame Under Crofte, droitement devant l’autier, siqe le bout de notre tombe devers lez peez soit dix peez loinz de l’autier, et qe mesme la tombe soit de marbre de bone masonerie faite.

Et volons qc entour laditte tombe soient dusze escuchons de latone, chacun de la largesse d’un pie, dont les syx seront de noz armez entiers, et les autres six des plumes d’ostruce, et qe sur chacun escuchon soit escript, c’est assaveir sur celiez de noz armez et sur les autres des plumes d’ostruce « Houmont ».

— Et paramont (en haut) la tombe, soit fait un tablement de latone suzorrez de largesse et longure de meisme la tombe, sur quel nouz volons qe un ymage d'overeigne levez de latoun suzorrez soit mys en memorial de nous, tout armez de fier de guerre de noz armez quartillez, et le visage mie, ove notre heaume du léopard mys dessouz la teste del ymage.

Et volons qe sur notre tombe en lieu on len le purra plus clerement lire et veoir soit escript ce qe ensuit en la manere qe sera mielx avis à noz executours :

Tu qe passez ove bouche close,

Par la ou cest corps repose,

Entent ce qe te dirray,

Sicome te dire le say.

Tiel come tu es, je autiel fu,

Tu seras tiel come je su.

De la mort ne pensay je mie,

Tant come j’avoy la vie.

En terre avoy grant richesse,

Dont je y fys grant noblesse,

Terre, mesons, et grant trésor,

Draps, chivalx, argent et or ;

……….

Ma grant beauté est tout alee,

Ma char est tout gastee…….

 Et volons qe a quele qe notre corps soit amenez par my la ville de Canterbirs tantqe à la priorie, qe deux destrex covertz de noz armez, et deux hommez armez en noz armez et en noz heaumes voisent devant dit notre corps, c’est assavoir, l’un pur la guerre de noz armez entiers quartellez, et l’autre pur la paix, de nos bages des plumes d’ostruce ove quatre baneres de mesme la sute, et qe chacun de ceux qe porteront lez ditz baneres ait sur sa teste un chapeu de noz armes.

Et qe celi qe sera armez pur la guerre ait un homme armez portant apres li un penon de noir ove plumes d’ostruce.

Et volons que le herce soit fait entre le haut autier et le cuer, dedeyns lequel nous volons qe notre corps soit posée, tantqe les vigiliez, messes et les divines services soient faites ; lesquelx services ensi faites, soit notre corps portes en l’avant dite chappelle de Notre-Dame ou il sera ensevelliz.

Item, nous donnons et devisoms al haut autier de la dite eglise notre vestement de velvet vert embroudez d’or, avec tout ce qe apperptient au dit vestement.

 Item, deux bacyns d’or, un chalix avec le patyn d’or, noz armez graves sur le pie, et deux cruetz d’or, et un ymage de la Trinité à mettre sur le dit autier, et notre grande croix d’argent suzorrez et enamellez, c’est assavoir, la meliour croix qe nous avons d’argent ; toutes lesqueles choses nouz donnons et devisons au dit autier a y servir perpetuelement, sanz jamez le mettre en autre oeps pur nul mischiefs.

Item, nous donnons et devisons al autier de Notre-Dame en la chappelle surdite, notre blank vestiment tout entier diapree d’une vine d'azure, et auxi le frontel qe l’evesqe d’Excestre nous donna, q’est de l'Assumpcion de Notre-Dame en mylieu severee d’or et d’autre ymagerie, et un tabernacle de l'Assumpcioun de Notre-Dame, qe le dit evesqe nous donna auxi, et deux gran- dez chandelabres d’argent qe sont tortillez, et deux bacyns de noz armez et un grand chalix suzorre et enameillez des armez de Guienne, ove deux cruetz taillez corne deux angeles, pur servir à mesme l’autier perpetuelement, sainz jamez le mettre en autre oeps pur nul meschief.

Item, nous donnons notre sale des plumes d’ostruce de tapicerie noir et la bordure rouge, ove cigues ove testez de dames, c’est assavoir un dossier, et huyt banqueres, a la dit esglise de Canterbirs.

Et volons qe le dossier soit taillez ensi corne mielx sera avis a noz executours, pur servir devant et entour le haut autier, et ce qe ne busoignera à servir illec, du remenant du dit dossier, et auxi les ditz banqueres, volons qe soit departiz a servir devant l'autier la ou monseignour seint Thomas gist, et a l'autier la ou la teste, est, et à l’autier la ou la poynte de l’espie est, et entour notre corps en la ditte chappelle de Notre-Dame Undercrofte, si avant corne il purra suffire.

Et volons qe les costres de la dit sale soient pur pendre en le quer tout du long paramont les estallez, et en ceste manere ordenons à servir etestre user en memorial de nous, à la feste de la Trinité et à touz les principalez festes de l’an, et a lez festes et jour de Monseignour saint Thomas, et à toutez lez festes de Notre-Dame, et les jours auxi de notre anniversaire perpetuelement, tant come ils purront durer sainz jamez estre mis en autre oeps.

Item, nous donnons et devisons à notre chapelle de ceste notre dite dame Undercrofte, en la quele nous avoms fondes une chanterie de deux chapellayns a chanter pur nous perpetuelement, nostre missal et nostre portehors, lesquelx nous mesmes avons fait faire et enlimyner de noz armures en diversez lieux, et auxi de nos bages dez plumes d’ostruce ; et ycelx missal et portehors, ordenons a servir perpetuelement en la dite chappelle, sainz jamez le mettre en autre oeps pur nul meschief; et de toutez cestes choses chargeons les aimes des Priour et Couvent de la ditte eglise, si come ils vorront respondre devant Dieu.

Item, nous donnons et devisons a la dite chappelle deux vestementz sengles, cest assavoir, aube, amyt, chesyble, estole et fanon, avec towaille covenables a chacum des ditz vestementz, a servir auxi en la dite chapelle perpetuelement.

Item, nous donnons et devisons notre grand table d’or et d’argent tout pleyn dez précieuses reliques, et en mylieu un croix de ligne sancte crucis, et la dite table est garniz di perres et de perles, c’est assavoir, vingt cynq baleis, trent quatre safirs, cinquant oyt perles grosses, et plus-ours autres safirs, emeraudes et perles petitz, à la haut autier de notre meson d'Assherugge [Ashridge] q’est de notre fundacioun, a servir perpetuelement au dit autier, sanz jamez le mettre en autre oeps pur nul meschief ; et de ce chargeons les aimes du Rectour et du Couvent de la dite meson a respondre devant Dieu.

Item, nous donnons et devisons le remenant de touz noz vestimentz, draps d’or, le tabernacle de la Resurreccioun, deux cixtes d’argent suzorrez et enameillez d’une sute, croix, chalix, liveres, et touz noz autrez ornementz appetenantz a seinte eglise, a notre chapelle de saint Nicholas dedeynz notre chastel de Walynforde ( Wallingford ), a y servir et demurer perpetuelement, sanz jamez le mettre en autre oeps ; et de ceo chargeons les aimes des doien et souz doien de la dite chapelle a respondre devant Dieu, hors pris toutesfoiz le vestement blu avec rosez d’or et plumes d’ostruce, liquel vestement tout entier avec tout ce qe appertient à ycelle nous donnons et devisons a notre filz Richard, ensemble avec le lit qe nous avons, de mesme la sute et tout l'apparaille du lit, lequel notre tresredote seignour et pere nous donna.

Item, nous donnons et devisons a notre dit filz notre lit palee de bandekyn et de camoca rouge q’est tout novel, avec tout ce qe appertient au dit lit.

Item, nous douons et devisons a notre dit filz notre grant lit des angeles enbroudez, avec les quissyns, tapitz, cover- ture, linceaux et tout entièrement l’autre apparalle, appertienant au dit lit.

Item, nous donnons et devisons a notre dit filz la sale d’Arras du pas de Saladyn, et auxi la sale de Worstede embroudez avec mermyns de mier, et la bordure de rouge de noir pales et embroudes de cignes ove testez de dames et de plumes d’ostruce, lesqueles sales nous volons qe notre dit filz ait avec tout ce qe appartient a ycelle.

Et quant à notre vesselle d’argent, porce qe nous pensons qe nous receumes avec notre compaigne la princesse, au temps de notre mariage, jusqes à la value de sept centz marcs d'esterlinges de la vesselle de notre dit compaigne, nous volons qe elle ait du notre, tantqe a la dite value ; et du remenant de notre dit vesselle, nous volons qe notre dit filz ait une partie covenable pur son estât, solonc l’avis de noz executours.

Item, nous donnons et devisons a notre dit compaigne la princesse la sale de Worstede rouge d’egles et griffions embroudez, avec la bordure de cignes ove testes de dames.

Item, nous devisons a Sire Roger de Claryndone, un lit de soie solonc l’avis de noz executours, avec tout ce qe appertient au dit lit.

Item, nous donnons et devisons a Sire Robert de Walsham notre confessour un grant lit de rouge camoca avec noz armes embroudes a checum cornerc et le dit Camaka est diapreez en li mesmes des armes de Hereford, avec le celure entière, curtyns, quissyns, traversin, tapitz de tapiterie, et tout entierment l’autre apparaille.

 Item, nous donnons et devisons a mons’r. Alayn Cheyne notre lit de camoca blank poudre d’egles d'azure, c’est assavoir, quilte, dossier, celure entière, curtyns, quissyns, traversyn, tapiz, et tout entièrement l'autre apparaille.

 Et tout le remenant de noz biens et châteaux, auxi bien vessel d’oretjoialx corne touz autere biens, ou q’ils soient, outre ceux qe nous avons dessuz donnes et devisez corne dit est, auxi toutez maneres des dettes à nous duex, en queconqe manere qe ce soit, ensemble avec touz les issuez et profitz qe purront sourdre et avenir de touz nos terrez et seigneuries, par trois ans apres ce qe dieux aura fait sa volonté de nous, lesquelx profitz notre dit seignour et pere nous a ottroiez pur paier nos dettez, nous ordenons et devisons si bien pur les despenz funerales qe convenront nécessairement estre faites pur nostre estât, come pur acquiter toutez noz dettez par les mains de noz executours, sique ils paient primerement les dis despencz funerales, et apres acquiptent principalement toutez les debtes par nous loialement delmes.

Et cestes choses et perfourmez, come dit est, si rien remeint de noz ditz biens et châteaux, nous volons qe adonqes noz ditz executours solonc la quantité enguerdonnent noz povres servantz egalement selonc leur degreez et desertes, si avant come ils purront avoir informacione de ceux qe en ont melliour cognissance, si come ils en vorront respondre devant Dieu au jour de Juggement, ou nul ne sera jugge qe un seul.

Et quant a les annuytes qe nous avons donnes a noz chivalers, esquiers, et autres noz servitours, en gueredon des services q’ils nous ont fait et des travalx q’ils ont eeu entour nous, notre entière et darriene volonté est qe les dictes annuytees estoisent, et qe touz ceux asquelx nous les avons donnés en soient bien et loialement serviz et paiez, solonc le purport de notre doun et de noz letres quels en ont de nous.

Et chargeons notre filz Richard sur notre beneson de tenir et confermer a checum quantqe nous lour avons ensi donnez, et si avant come Dieu nous a donnez poair sur notre dit filz nous li donnons notre malison s’il empesche ou soeffre estre empesches en quantqe en il est notre dit doun.

 Et de cest notre testament, liquel nous volons estre tenuz et perfourmez pur notre darreine volunte, fesons et ordenons noz executors notre tres- cher et tresame frere d'Espaigne, Duc de Lancastre, les reverenz peres en Dieu, William Evesqe de Wyncestre, Johan Evesqe de Bathe, William Evesqe de Saint Assaphe, notre trescher en Dieu sire Robert de Walsham notre confessour, Hughe de Segrave senescal de noz terres, Aleyn de Stokes, et Johan de Fordham; lesquelx nous prions, requérons et chargeons de executer et acomplir loialment toutez les choses susdites.

En tesmoignance de toutez et chacune des choses susdites nous avons fait mettre a cest notre testament et darreine volunte notre prive et secree sealx, et avons auxi commandez notre notair dessous escript de mettre notre dite darriere volunte et testament en fourme publique, et de soy souz escrire et le signer et mercher de son signe acustumez, en tesmoignance de toutez et chacunes les choses dessus dictes.

Et ego, Johannes de Ormeshevede, clericus Karliolensis diocesis publions auctoritate apostolica notarius, premissis omnibus et singulis dum sic ut premittitur sub anno Domini millesimo CCC. septuagesimo sexto, indictione quartadecima, pontificatus sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Gregorii, divina providentia Pape undecimi, anno sexto, mense, die, et loco predictis, per predictum metuendissimum dominum meum principem agerentur et fièrent, presentibus reverendo in Christo pâtre domino Johanne Herefordensi Episcopo, dominis Lodewicode Clifford, Nicholao Bonde et Nicholao de Scharnesfelde, militibus, et domino Willelmo de Walsham, clerico, ac aliis pluribus militibus, clericis et scutiferis, una cum ipsis, presens fui, eaque sic fieri vidi et audivi, et de mandate dicti domini mei principis scripsi, et in liane publicam formam redegi, signoque meis et nomine consuetis signavi rogatus, in fidem et testimonium omnium premissorum.

Constat michi notarié publiée predicto de interlineatione harum dictionum : — tout est, — per me facta, superius approbande. Probatio dicti Testamenti coram Simone Cantuariensi Archiepiscopo, IV. Idus Junii, M.CCC.LXXVI. in caméra, infra scepta domus fratrum predicatorum conventus Londini. » 

 

Bibliothèque de Lambeth Palace. (Ex registre Simonis Sudbury, archiepiscopi Cantuariensis, fol. 90 v -91 T ). 1. Publié par Nichols, Collection of Royal Wills, p. 86.

Vu et lu en Sorbonne, le 13 novembre 1893, par le Doyen de la Faculté des Lettres de Paris,

A. HIMLY.

Vu et permis d'imprimer. Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.

(2) Walsingham fixe sa mort au 8 juillet, octavo die julii. Peut-être faudrait-il lire junli au lieu de julii, et alors cette date s'accorderait avec celle de Froissart, le dimanche de la Trinité ayant été en 1376 le 8 de juin.

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