27 janvier 1365 Naissance d’Édouard d'Angoulême Plantagenêt et célébration fastueuse au château comtal d’Angoulême.
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Né le 27 janvier 1365 au château comtal d’Angoulême, alors capitale administrative du comté d’Angoulême, possession anglaise en Aquitaine.
Parents : Fils aîné d’Édouard de Woodstock (Prince Noir, prince de Galles et prince d’Aquitaine) et de Jeanne de Kent (comtesse de Kent, veuve de Thomas Holland).
Position dynastique : Second dans l’ordre de succession au trône d’Angleterre après son oncle Lionel d’Anvers (duc de Clarence) et devant son frère cadet Richard (futur Richard II), car il est le fils aîné du fils aîné du roi Édouard III.
Une naissance royale est un événement majeur dans la Guerre de Cent Ans.
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Le 27 janvier 1365, Jean Froissart rapporte que le Prince de Galles et la princesse Jeanne de Kent séjournaient alors à Angoulême, où devait se tenir prochainement une cérémonie de grande ampleur : une fête d’adoubement de quarante chevaliers et de quarante écuyers, manifestation emblématique de la culture chevaleresque de la cour anglo-aquitaine.
Cet événement est mentionné par le chroniqueur à l’occasion de la naissance du jeune prince, survenue dans ce contexte de faste et de célébration.
Autour du Prince Noir gravitaient alors plusieurs figures majeures de la chevalerie européenne, au premier rang desquelles Jean Chandos, connétable d’Aquitaine et principal lieutenant militaire du prince, dont l’influence politique et stratégique fut déterminante dans le gouvernement de la principauté.
La présence, ou du moins la participation annoncée, du roi de Chypre, Pierre Ier de Lusignan, s’inscrit dans la dimension internationale de cette cour, Angoulême apparaissant alors comme un lieu de rencontre des élites chevaleresques engagées dans les projets de croisade et les grandes entreprises militaires du temps.
Le Prince Noir organise des fêtes somptueuses à Angoulême et Bordeaux.
De nombreux monarques d’Europe envoient des présents ou des messages : Charles V le Sage (roi de France) – malgré la guerre – envoie des émissaires et des cadeaux pour saluer la naissance d’un héritier Plantagenêt.
Les rois de Castille, d’Aragon, de Navarre et même le pape Urbain V (alors en Avignon) participent à cette démonstration diplomatique.
Le chroniqueur Froissart raconte pour la naissance du petit :
« Si se partit le dit roi de Chypre d'Amiens et chevaucha devers Beauvais, et passa la rivière à Pontoise et fit tant par ses journées qu'il vint à Poitiers.
Adonc étoient le prince et la princesse en Angoulême; et là devoit avoir prochainement une très grand'fête de quarante chevaliers et de quarante écuyers attendants dedans que madame la princesse devoit bouter hors à sa relevée; car elle étoit acouchée d'un beau fils qui s'appeloit Édouard ainsi comme son père.
Sitôt que le prince sçut la venue du roi de Chypre, il envoya devers lui, par spécial, monsire Jean Chandos, et grand'foison de chevaliers de son hôtel, qui l'amenèrent en grand revel (réjouissance) et moult honorablement devers le prince, qui le reçut aussi humblement et grandement en tous états, que il avoit été nulle part en tout son voyage ». Froissart
La naissance est vue comme un signe de la pérennité anglaise en Aquitaine.
Décès : Vers le 20 septembre 1370, à Bordeaux, à l’âge de 5 ans et demi.
Cause : Très probablement la peste (dernière grande vague de la Peste noire en Guyenne dans les années 1360-1370) ou une maladie infantile grave (dysenterie, variole, etc.). Aucune chronique ne donne de détails précis sur la maladie.
La nouvelle de sa naissance, transmise officiellement à toutes les villes de l'Aquitaine, arriva à Rodez et à Millau dans les premiers jours d'avril.
Les écuyers, porteurs de la lettre de la Princesse, reçurent de bonnes et rennes.
Les consuls du bourg de Rodez leur donnèrent vingt florins ; les consuls de Millau ne furent pas moins généreux : ils firent même participer à leur largesse Diego Massi, leur châtelain, qui reçut à cette occasion dix florins.
Le fils aîné du prince d'Aquitaine et de Galles à qui était réservée une grande destinée ne vécut que cinq ans.
Avril 1368 – Angoulême Pouvoir donné par le Prince de Galles (Édouard de Woodstock, dit le Prince Noir)
À tous ceux qui verront les présentes lettres, Pierre de Maderano, clerc, garde et exécuteur du sceau et du contre-sceau de notre très illustre seigneur le Prince d’Aquitaine, dont il se sert à Bordeaux pour les contrats, salut et foi certaine aux présentes.
Sachez que, le jour de la date des présentes, nous avons vu, lu, tenu, palpé et examiné avec soin certaines lettres patentes scellées du grand sceau dudit seigneur notre Prince, appendu en cire blanche, non grattées, non cancellées, non abolies, mais exemptes de tout vice et soupçon.
Le teneur desdites lettres suit en ces termes :
Édouard, aîné fils du roi d’Angleterre, prince d’Aquitaine et de Galles, duc de Cornouailles, comte de Chester, seigneur de Biscaye et de Castro d’Ordiales :
Faisons savoir à tous que, comme le roi de France, la dame de Penthièvre, le sire et la dame de Laval, nous sont tenus et obligés en certaines sommes d’or pour la rançon de messire Bertrand du Guesclin, pris à la bataille de Nájera, à payer à certains termes et lieu à nous ou à nos députés à cet effet, comme les dites choses sont expressément contenues dans les obligations faites par eux à nous ;
Nous avons député et commis, et par les présentes nous députons et commettons nos bien-aimés chevaliers Alexandre Dalby, notre connétable de Bordeaux, et Richard de Drayton, notre contrôleur de notre château [de Bordeaux], conjointement à recevoir les dites sommes et chacune d’elles qui nous sont dues par les susdits, comme dit est.
Et nous donnons à nos dits chevaliers pouvoir de faire quittances valables des sommes qu’ils recevront ainsi ; lesquelles quittances, avec la copie des présentes ci-dessous signée d’un sceau authentique, nous voulons qu’elles aient autant de force et de valeur pour la décharge des obligés susdits et de chacun d’eux, comme si nous-mêmes étions présents et les faisions délivrer sous notre propre sceau.
Ayant ferme et estable tout ce que nos dits chevaliers feront conjointement, comme dit est, ès besognes dessus dites.
Donné à Angoulême, le dix-neuvième jour d’avril l’an de grâce mil trois cent soixante et huit.
À Londres, visé B. par le seigneur Prince en conseil.
En témoignage de la vision, inspection et lecture desquelles, nous, le garde et exécuteur susdit, avons fait apposer à la présente copie ou vidimus le sceau et le contre-sceau susdits.
Donné à Bordeaux, le vingt-cinquième jour du mois d’avril, l’an du Seigneur mil trois cent soixante-huit.
La collation a été faite par nous, exécuteur susnommé, avec le véritable original.
Contexte historique précis (1368) :
Bataille de Nájera (3 avril 1367) : Le Prince Noir, allié de Pierre le Cruel (roi de Castille), défait Henri de Trastamare (soutenu par la France) et capture Bertrand du Guesclin, grand capitaine français, qui combattait pour Henri.
Du Guesclin est fait prisonnier et libéré contre une énorme rançon : 100 000 doubles d’or (ou 200 000 florins selon les sources), payée par le roi de France Charles V, la duchesse Jeanne de Penthièvre (vicomtesse de Limoges et riche héritière bretonne), et le couple Guy XII de Laval et Jeanne de Chalon.
Le Prince Noir, ruiné par la campagne de 1367 (il avait engagé de grosses sommes pour lever une armée), est en grande difficulté financière.
Il a besoin de cette rançon pour rembourser ses dettes et financer la défense de l’Aquitaine.
19 avril 1368 : Depuis Angoulême (où il séjourne souvent), le Prince délivre ce pouvoir notarié pour déléguer à deux de ses officiers de confiance (Alexandre Dalby, connétable de Bordeaux, et Richard de Drayton, contrôleur du château) la réception des paiements de la rançon.
Les quittances données par ces deux chevaliers auront la même valeur que si le Prince les avait signées lui-même.
25 avril 1368 : À Bordeaux, Pierre de Maderano (clerc responsable des sceaux du Prince) authentifie une copie de ce document par un vidimus (copie collationnée), avec apposition du sceau et contre-sceau du Prince.
Ce document illustre : La dépendance financière du Prince Noir après Nájera (il est déjà malade et ses finances s’effondrent).
L’importance de Bertrand du Guesclin comme otage de haut rang.
Le rôle actif de la haute noblesse française (Penthièvre, Laval) dans le financement de la rançon pour libérer leur champion.
Les mécanismes administratifs sophistiqués de la chancellerie du Prince d’Aquitaine, avec vidimus, sceaux, et pouvoirs notariés.
C’est l’un des derniers actes de puissance du Prince Noir avant que la reconquête française (sous Charles V et Du Guesclin) ne commence à faire basculer l’Aquitaine anglaise à partir de 1369.
Le fils aîné d'Édouard, prince de Galles, meurt à Bordeaux en 1370 (1), peu de temps avant le retour de son père dans son pays natal (1371), où il devait mourir lui aussi, sans avoir pu ceindre la couronne d'Angleterre.
C'est à cet enfant, premier né du prince d'Aquitaine que les états d'Angoulême, en 1368, votèrent le fouage de dix sous par feu, objet de si vives oppositions de la part de la noblesse, et cause première du renversement de la domination anglaise en Guienne.
Sur le conseil de ses médecins et de ses chirurgiens, le prince de Galles, atteint d'une maladie qui s'aggrave de jour en jour, prend la résolution de retourner en Angleterre.
Après avoir convoqué à Bordeaux les barons de Gascogne, de Saintonge et de Poitou et leur avoir fait prêter serment de féauté et d'hommage entre les mains de son frère le duc de Lancastre, il s'embarque sur la Garonne en compagnie de la princesse de Galles, de leur jeune fils Richard, d'Edmond, comte de Cambridge (2), son frère, de Jean, comte de Pembroke, et fait voile pour l'Angleterre.
Débarqué à Southampton (3), il va passer quelques jours à Windsor, à la cour du roi son père, puis il fixe sa résidence à Berkhampstead (4), à vingt lieues de Londres. P. 9, 10, 261 à 263.
En temps de siège - Mort du Prince Noir Édouard de Woodstock<==
L’Ordre de chevalerie du Silence et de l’Epée des Lusignan du royaume de Chypre<==
(1). Cf. Le prince Noir, poème du héraut Chandos, édit. de M. Francisque Michel, 1883, p. 277 et 278, vers 4081 à 4096.
Édouard, prince d'Aquitaine et de Galles, s'embarqua à Bordeaux pour retourner en Angleterre avant le 15 janvier 1371, « circa principium mensis januarii », dit le moine de Saint-Albans, jour où Jean de Lancastre, institué lieutenant d'Aquitaine par son frère aîné, est mentionné dans un acte comme chargé du gouvernement de cette province pendant l'absence d'Édouard le duc de Lancastre se démit de sa lieutenance dès le 21 juillet de la même année (Delpit, Documents français en Angleterre, p. 179).
(2). Edmond, comte de Cambridge, n'accompagna point le prince de Galles, il resta en Aquitaine avec Jean, duc de Lancastre « relinquens post se, dit le moine de Saint-Albans, racontant le départ du prince de Galles pour l'Angleterre, in Vasconia duos fratres suos, Johannem ducem Lancastriae et Edmundum comitem Cambrigiae. » Chronicon Anglim (1328-1388), éd. Edward Maunde Thompson, London, 1874, p. 67 et 68).
(3). A Plymouth, d'après le moine de Saint-Albans.
(4). Berkhampstead se trouve dans le comté de Hertford, à la distance de 26 milles anglais au nord-ouest de Londres cette distance est donc en réalité moitié moindre que celle qui est indiquée par Froissart.
C'est à titre de duc de Cornouaille qu'Édouard, prince de Galles, possédait le château de Berkhampstead, qui n'a pas cessé depuis lors d'appartenir aux héritiers présomptifs de la couronne d'Angleterre.