Domfront, Argentan en Normandie sous les Plantagenêt

La voie romaine qui part de Bayeux, Augustodurum à la ville de Jublain, Noviodunum, et dont les vestiges subsistent encore, aide à retrouver, par la seule distance que donne la Table de Peutinger pour Aregenuae, la position de ce lieu, que la Table désigne comme capitale, et fixe cette position à Argentan.

Plus tard, cette ville fit partie du duché d'Alençon, et avait un château fort dont il ne reste plus que de faibles ruines.

Mezeray dit que Henri 1er Beauclerc, après avoir ravagé le comté d'Hiesmes, brûla la petite ville d'Argentan, qui est peut-être le lieu que les Romains appelaient Arœ-Genuœ.

On lit dans Guillaume de Jumièges, à l'occasion des troupes de Henri 1er en Normandie, Argentomum ducis viclus flammis voracibtis combusit. Gaguinus, dans la vie de Henri 1er, roi de France, confirme ce fait et ajoute que la ville fut rasée : Henricus in Normanniam proficissens Argentomum diruit.

Marin Prouverre rapporte dans ces termes la destruction d'Argentan , d'après Dumoulin, curé de Menneval (Hist. de Norm.) :

« Henri premier assiège le château d'Hiesmes dans toutes » les formes, mais désespérant de le prendre vient à Argentan, Tursten Goz qui était vicomte commandait cette place; voyant  que le roi le pressait fort, il lui fit proposer de lever le siège promettant de lui livrer Falaise dont il était gouverneur. Le roi ne voulut point consentir à ce traité, car ayant été prévenu que les seigneurs normands s'unissaient pour s'opposer à ses conquêtes, il fit donner l'assaut à Argentan, l'ayant pris, il le brula. »

Nous trouvons dans le petit journal judiciaire d'Argentan, de l'année 1835, le récit de cet événement, extrait, ainsi qu'il est dit, d'un vieux manuscrit dont on ignore l'auteur. Voici la copie littérale :

« Le roi principal ducteur et recteur de larmez, adévenant à la brune par la fouretz de Gouffer, mit tôt le siége dévant Argentin avec son armez repoussée d'Hiesmes, cette villette se mit par peu de temps en moult résistance. Mais que pouvait- elle faire, les murailles dicelle étant peu fortes?

Henry per mieulx inciter ses gens à toutte valeur et prouesse proumist a iceux tout le pillage de cette place s'ils la pouvaient gaigner. Cette proumesse accrut doublement le courage diceux  batailleurs et gens de guerre, ains que la force et puissance diceux en choses belliques.

Le lendemain au lever du soleil, larmez cuidant bien gaigner la vilette, advole vers les remparts dicelle. Avant lassaut général donné, voici qu'une troupe de nombreux batailleurs du roi, se débande, et de furie sans !commandement de chief, escalade vivement les défenses d'une porte et estonnent tant moult fort les poures citadins, qu'aucuns d'iceux , mis à la defense dicelle porte,se saulvent, par la fuite, neanmoins les citadins firent bonne  contenance ; mais larmez ayant environné la place de touttes parts donna lassaut général à icelle, et dura la batterie jusqu'après le soleil couchié, où il y eut grande tuerie, car iceux combatants etaient moult fort acharnez les uns sur les autres.

A l'abord les citadins se défendirent moult courageusement, mais bientôt lardeur diceulx fut ralentie, car les machines aptes à renverser les murailles et à se rendre maître de la place, ayant ébranlé les remparts et arces en moult endroits, donna une entrée libre aux assaillants, et malgré le bon pourtement et vaillance des poures citadins, la fortune tourna tellement sa senestre roue que la place fut prinse et emportéez dassaut.

 Cette prinse donna grande désesperance de salut à ceux qui etaient dedans. Les victorieux entrant par un côté de la vilette, les défenseurs les plus opiniâtres cherchant enfin à se sauver de l'autre côté par une porte libre d'assiégeants, à l'occasion de la rivière qui baignait la vilette et de palus et brousses qui étaient dicelui côté et per deça icelle rivière ; mais les poures citadins furent si vivement poursuivis par iceux victorieux qu'icelle porte se trouvant bouchée par la foule des fuyants, moult gens furent occis et estouflez en icelle.

 Les troupes du roi irritez et furieuses d'avoir perdu moult de sang au siege d'Hiesmes, s'assouvirent du sang des poures gens d'Argentin, occidant tout pêle-mêle, sans différence  d'âge ni de sexe.

De la plus effrenez cruauté qu'on ne le peut écrire sans effroi, ne entendez le récit sans larmoyer, or fut ainsi cette malheureuse vilette pillée et saccagée plusieurs jours durant, par les victorieux, qui lassez de brigandages et de débauche,  mirent le feu a ycelle et s'en retournerent plus chargé de »butin que de gloire bellique.

L'incendie dura 8 jours et autant de nuicts après lesquels Argentin ne fut plus qu'un monceau de ruines et un theastre de dévastation. »

La ruine d'Argentan irrita les Normands contre leur jeune duc ; ils lui reprochèrent son peu de vigilance pour secourir cette place, dont le rétablissement du château et autres fortifications leur tenait à cœur.

L'abbé de Courteilles rapporte que les maisons qui échappèrent à cet incendie furent exposées près d'un siècle, sans défense ni clôture, aux incursions des ennemis.

D'autres pensent que c'est une erreur; pour le prouver, ils disent que Robert de Bellesme, deuxième du nom, se retirait à Argentan, pendant la guerre qu'il soutenait contre Henri Ier, roi d'Angleterre, et depuis duc de Normandie; que ce roi, pour l'en chasser, fut obligé de l'assiéger.

 Les anciennes fortifications, sans lesquelles Bellesme n'aurait pas été en sûreté, avaient donc été réparées, ou il en avait été construit de nouvelles.

Après la détention de ce sujet factieux, Henri, maître de la ville d'Argentan, voulant mettre cette place à l'abri des entreprises des Français et de ses sujets révoltés, fit construire de nouvelles fortifications, mais dans un cercle moins étendu que les précédentes ; il fit également établir la citadelle ou donjon et le château ou maison du gouverneur : il fit entourer ces fortifications de larges fossés.

Quand le fils unique d'Henri Ier, Guillaume Adelin, eut péri dans le naufrage de la Blanche-Nef (25 novembre 1120), le roi, préoccupé de transmettre le double empire que son père et lui avaient si laborieusement fondé, eut la pensée de faire reconnaître pour son héritière, Mathilde, le seul enfant légitime qui lui restât.

plan visuel des fortifications d'Argentan baties par Henri premier Roy d'Angleterre en 1120

En 1123, Henri I fait réparer ou bâtir un certain nombre de châteaux sur ces terres : « Anno 1123, Henrirus fecit castellum Gizors, Falesiam, Argentomagnum, Oximum, Danfrontem, Ambreras, castellum de Vira ; Wavrei, turrem Vernonis similiter fecit » . Ex Roberti de Monte Appendice ad Sigebertum, Ibid. tome XIII, page 285.

Orderic Vital et le père Prou verre fixent à 1135 la fin de ces travaux.

Henri mettait Argentan au rang des plus fortes places de Normandie; il y entretenait garnison.

L'enceinte des nouvelles fortifications ne renfermait que le centre de la ville; le pourtour de ses remparts était à peu près de forme carrée, hérissé de tours et bastions en grand nombre; elle était dominée par la citadelle ou donjon, dont il reste encore une partie.  

Marin Prouverre nous dit aussi que pour le temps c'était la plus considérable forteresse du royaume.

L'ensemble de cette fortification formait deux enclos, celui de la ville et celui du château.

Le premier renfermait dans son enclave l'église Saint-Germain, les rues de l'Horloge, du Carrefour, de Saint-Germain, du Vicomte, du Griffon, de Creully, du Bailly, Avesgo, de la Geôle, partie des rues Saint-Martin et de la Chaussée.

Elle était accédée par trois portes seulement: la Porte d'Or, placée au bout de la rue Saint-Germain : on a trouvé des vestiges de cette porte et du mur d'enceinte, lors de la construction de la maison Toussaint-Hue; la Porte de Saint-Martin existait et enfin la Porte de la Chaussée. Ces portes étaient défendues par de fortes tours, des ponts-levis, des corps-de-garde et avant-postes extérieurs.

 Une quatrième porte, nommée la Porte de l'Horloge, conduisait dans l'enclos du château ; elle était ainsi désignée parce que la tour qui en faisait le couronnement renfermait l'horloge de la ville.

Le second enclos, dans lequel était le grand logis ou maison du gouverneur, était séparé de la ville par un large fossé et un rempart garni de tours. Au haut de cette enceinte, qui formait un carré long, était bâtie la citadelle, qu'on accédait par un pont-levis qui répondait à une porte basse et étroite par laquelle on passait dans cette forteresse.

On a découvert, en 1727, lorsqu'on disposait l'intérieur du grand logis pour y transférer le siège des juridictions et conciergerie de la ville, un chemin souterrain qui paraissait tendre à la citadelle; il y avait aussi de ces souterrains qui partaient de la forteresse et conduisaient hors des fossés et boulevards qui l'environnaient à l'extérieur ; un , entre autres, passait sous la Grande-Rue et celle de la Planchette, il n'a été découvert qu'au commencement du XIXe siècle, lorsqu'on faisait une fouille pour construire un puits.

Le donjon, d'une forme octogone, contenait, dans l'épaisseur de ses murs qui étaient fort élevés, plusieurs corps-de-garde et une chapelle sous l'invocation de saint Feuillet, prêtre du diocèse de Bayeux.

On y venait en pèlerinage pour la maladie des tranchées des enfants. L'intérieur était occupé par des bâtiments à l'usage de la garnison.

Orderic Vital, parlant de la construction de ces nouvelles fortifications, dit : oppidum illud summo opere munivit. La tradition apprend que les fossés étaient remplis d'eau par un canal qui conduisait à la rivière Dure.

A la mort de Henri Ier, en 1135, Guigan Algason avait le commandement des places d’Argentan, Exmes et Domfront, en qualité de vicomte.

Au mois de décembre de cette année, il les remit à Mathilde (1), fille et héritière du roi d’Angleterre et mariée en secondes noces à Geoffroi, comte d’Anjou, surnommé Plantagenet.

Les Anglo-Normands appelaient Mathilde l’Emperesse et le trône lui était destiné par son père, mais elle se trouvait sur le continent lorsqu'il mourut.

Accueillie comme reine à Domfront et dans les châteaux d'Argentan et d'Exmes, Mathilde donna à Juhel II, baron de Mayenne, les trois châteaux d'Ambrières, Gorron et Châtillon-sur-Colmont, qu'il disait être sur son territoire, à la condition de l'aider à recouvrer ses droits (1):

Elle alla ensuite défendre ses droits en Angleterre, triompha d'abord, vainquit et prit son rival, qui s'enferma au château de Bristol. Dans l'ivresse de ce succès, elle s'aliéna bientôt ses nouveaux sujets, et une taxe la rendit impopulaire à ceux de Londres.

Son cousin Etienne de Blois, fils du comte de Blois et d’Adèle d'Angleterre, fille de Guillaume le Conquérant, mari de Mathilde, fille du comte de Boulogne, profita de son absence pour s'emparer de la couronne.

Il vint pour l'assiéger à la tête d'une armée commandée par Guillaume d’Ypres;

Mathilde, obligée de quitter sa capitale en fugitive, courut s'enfermer à Oxford, et Etienne ressaisit le sceptre, grâce à son frère, l'évêque de Winchester, légat du pape.

 Cependant Mathilde, quoique réduite à fuir de nouveau d'Oxford fut victorieuse presque en même temps à Wilton par son frère Robert, comte de Glocester.

L'Angleterre se partagea entre les deux rivaux, un différend qui s'éleva entre les Normands et les Flamands qui composaient l'armée, suspendit la guerre, et fit conclure une trêve de deux ans, à dater du mois de juillet 1137 où Etienne assura le trône après lui à Henri, fils de Mathilde.

Mathilde confia la garde des châteaux de Domfront et d’Argentan Ingelger de Bohon (Bohun )(2) et à Alexandre de Bohon, son frère. La défense des châteaux d’Ambrières, de Gorron et de Châtillon sur Colmont fut confiée par elle à Juhel de Mayenne, qui s’engagea à l’aider à faire prévaloir ses droits sur la couronne d’Angleterre et sur la Normandie (3).

Sous les successeurs de Henri Ier, Domfront conserva le caractère d’un domaine privé des rois d’Angleterre.

Argentan faisait partie de la dot promise à Mathilde par Henri, son père.

Mathilde se réserva plusieurs domaines, particulièrement celui d'Argentan et le château de cette ville, où elle continua de résider. Ce fut elle qui fixa le ressort de l'ancienne vicomté, qui créa des soi genteries nobles; établit une foire franche, dite de la Pentecôte, permit aux habitants d'Argentan de prendre pour armoiries de leur ville l'aigle impériale à deux têtes avec cette légende : Jovi mea serviet ales, qu'elle conservait dans les siennes, au droit de son premier mari, l'empereur d'Allemagne Henri v, mort en 1125.

Cette princesse céda la Normandie, qui s'était rangée sous son obéissance, à Henri II, son fils ; cette cession est de l'année 1150.

Le fils de Mathilde. Henri, devenu roi d'Angleterre après la mort d'Etienne de Blois, arrivée en 1154, fit, en l'année 1157, une levée de toutes les forces de la Normandie; la ville d'Argentan fut le lieu du rendez-vous général ; le motif de cet appel aux armes était d'aller combattre Conan , duc de Bretagne.

  Quelque temps après, par une charte datée d’Argentan, dans laquelle figure comme témoin Philippe, évêque de Bayeux, mort au mois de février 1163 (4), Henri II promit aux Bourgeois de Domfront, comme l’avait fait son aïeul, de leur assurer la libre jouissance de leurs coutumes, dans toute l’étendue des terres, domaines, ports et mers soumis à son autorité, et fixa à 10 livres l’amende de ceux qui les troubleraient dans la jouissance de ce privilège.

Henri II, fut comme sa mère, le protecteur d'Argentan, Il se plut à y séjourner fréquemment et sa présence éleva la splendeur de la ville à son apogée.

Remplie de nobles dames, de brillants seigneurs, de vaillants chevaliers, elle voyait journellement se dérouler dans ses rues de joyeuses et fastueuses cavalcades ; elle assistait aux tournois où la fleur de la chevalerie anglaise et normande venait lutter de vigueur et d'adresse devant les beaux yeux des gentes damoiselles par ses portes s'élançaient chaque matin des troupes de veneurs qui s'en allaient poursuivre le cerf ou le sanglier dans la forêt de Gouffern.

C’est à Domfront que la reine Aliénor d'Aquitaine mit au monde, le 20 octobre 1162, sa fille ainée, qui fut baptisée dans l’église Notre Dame sur l’eau par Henri de Pilet cardinal et légat du Saint Siège et nommée Aliénor par ses parrains, Achard, évêque d’Avranches et Robert, abbé du Mont-Saint Michel (5)

Aliénor d’Angleterre morte le 31 octobre 1214 au Monastère royal de las Huelgas de Burgos, est  devenue par mariage reine de Castille par mariage avec Alphonse VIII de Castille. Parents de Blanche de Castille

En 1162, Geoffroy IV de Mayenne, fils de Juhel II, rendit au roi Henri II les trois châteaux que son père avait eus de Mathilde après la mort de Henri Ier Gorron, Ambrières, et Châtillon à Saint-Mars-sur-Colmont (Anno 1162, mense Januario, Gaufridus de Meduana reddidit Henrico, régi Anglorum, tria castella, quae pater ejus tenuerat post mortem Henrici ).

 

En 1169, le roi reçut à Domfront les légats du pape qui venaient pour le reconcilier avec saint Thomas (Thomas Becket), archevêque de Cantorbery, contre lequel plusieurs évêques d'Angleterre étaient venus lui porter des plaintes.

Il était alors au plus fort de la lutte qu’il avait engagée depuis plusieurs années contre l’archevêque de Cantorbéri, Thomas Becket, défenseur inflexible des droits de son église.

De nouveaux négociateurs, Gratien, neveu du pape Eugène IV et Vivien, archidiacre d’Orvieto, avaient été envoyés par le Saint Siège auprès de Henri II, pour proposer un accord sur des bases nettement déterminées. Les lettres des légats furent remises au roi à Argentan, le 13 aout 1169.

 Après en avoir pris lecture, le roi parut quelque peu ému et le lendemain envoya Renault, archidiacre de Salisburi et Jean d’Oxenford, doyen de la même église,  à la rencontre des légats. Ceux-ci arrivèrent le 23 aout, à Domfront, ou le roi s’était rendu pour chasser dans la forêt.

A l’approche des envoyés du Saint Siège, deux familiers du roi, Geoffroi Ridel et Néel de Sacqueville, tous deux excommuniés comme ayant pris part aux démêlés du roi avec l’archevêque, s’enfuirent précipitamment de Domfront. Sur le soir, le roi étant revenu de la forêt se rendit directement au logis ou étaient descendus les légats.

Il les salua avec toutes sortes d’honneurs et de marques de déférence, et pendant qu’il leur parlait, debout sous le porche de la maison, son second fils, Henri au Court-Mantel, arriva suivi d'une troupe joyeuse de pages et de veneurs sonnant du cor pour annoncer la prise du cerf.

 Le roi interrompant brusquement l'entretien avec les légats, alla aux chasseurs, les complimenta et dit qu'il leur faisait présent de la bête. L'audience fut remise au lendemain, et dès six heures du matin le roi se rendit au logis des légats et entra avec eux dans une chambre ou se trouvaient Froger, évêque de Sées et Etienne évêque de Rennes.

Quelques instants après, le doyen et l'archidiacre de Salisburi furent introduits, avec Ranulfe, archidiacre de Landaff. La conférence dura jusqu'à la neuvième heure, tantôt sur le ton d'une conversation amicale, tantôt sur celui de la dispute et d'une façon confuse. Le but du roi était d'obtenir l'absolution des clercs excommunies, sans qu'ils fussent obligés de prêter le serment de ne jamais se séparer du Saint-Siège. Le déclin du jour arrivait sans que les négociations parussent avancer.

Enfin, le roi irrite de la résistance qu'il rencontrait, sortit de la conférence, très ému et se plaignant hautement de ce que le pape n'avait jamais voulu entendre à aucune de ses demandes : «  Par les yeux de Dieu je saurai bien m'y prendre autrement, » s'écria-t-il d'un air de défi.

L'archidiacre d'Orvieto lui répondit fort doucement « Sire, les menaces sont inutiles, car nous sommes les représentants d'une cour qui a coutume de faire la loi aux rois et aux empereurs. »

Tous les barons, tous les moines blancs et presque tous les clercs de !a chapelle du roi, présents à Domfront furent alors convoqués pour former une espèce de parlement, et le roi s'adressant à l'assemblée la pria de vouloir bien se souvenir en temps opportun, de tout ce qu'il avait offert au pape la restitution de l'archevêché de Cantorberi et le rétablissement de la paix de l'église. Il parut ensuite s'apaiser un peu, et prenant congé des légats, il leur promit leur donner une réponse définitive dans la huitaine.

Cette seconde conférence eut lieu à Bayeux, le 31 août 1169 (6).

L’année suivante, à peu près à la même époque (vers la saint Laurent, qui tombe le 10 aout), le roi d’Angleterre tomba subitement malade à peu de distance de Domfront, au château de la Motte en Ger (7)

 Il se crut à l’extrémité ; le bruit de sa mort fut même répandu en France, et ce qui put contribuer à accréditer ce bruit, c’est qu’il fit alors le partage de son empire entre ses enfants (8)

Un an environ après en 1171 (9), Henri tenant sa cour à Bures en Normandie, le jour de Noel, quatre chevaliers au service du roi, Richard le Breton, Hugues de Morville, Guillaume de Traci et Reginald Fitzurse, sur un propos de colère échappé au monarque, partirent pour l'Angleterre, passèrent la mer et assassinèrent le prélat.

« . Quoi ! s'était écrié Henri irrité, un misérable qui est venu à ma cour sur un cheval boiteux et portant tout son bien derrière lui, insulte son roi. …et pas un de ces lâches chevaliers que je nourris à ma table, n'ira me débarrasser d'un prêtre, qui me fait injure (10). »

Dans l'année 1172, ce même roi voulant faire la conquête de l'Irlande, assembla tous ses comtes et barons à Argentan, pour aviser aux moyens d'exécuter cette entreprise, qui lui réussit complètement.

En 1173, il en dédia l'hospice à saint Thomas, l'agrandit et fit construire l'église de cet établissement.

 A cette époque, la santé publique laissait fort à désirer et les hôpitaux, encombrés de malades, méritaient plus que jamais la sollicitude des gouvernants.

La lèpre, qui apparut en France à la fin des croisades, aggrava cette situation et rendit nécessaire la création d'établissements spéciaux nommés léproseries.

Nous empruntons les passages suivants à l'Histoire d'Argentan de J.-A. Germain :

La lèpre était une gale d'une espèce horrible; les juifs en furent attaqués plus qu'aucun peuple des pays chauds, parce qu'ils n'avaient ni linges ni bains domestiques.

Tout ce que nous gagnâmes à la fin des croisades, ce fut cette gale de tout ce que nous avions pris, elle lut la seule chose qui nous resta. Il fallait bâtir partout des hôpitaux spéciaux qu'on appela léproseries ou maladreries, pour y renfermer les malheureux croisés, attaqués d'une gale pestilentielle et incurable.

 La nature contagieuse de la lèpre isolait ces établissements dans les faubourgs des villes et dans les campagnes. On dota parfois les hospices, mais souvent on ne le rit pas et les pauvres lépreux furent obligés de mendier.

On leur jetait un morceau de pain, parce que l'on n'osait pas le leur mettre dans la main, de crainte de gagner la maladie en les touchant. Les règlements de police qu'on fit alors pour garantir la santé publique nous apprennent que les lépreux étaient tenus d'avoir à la main une sonnette ou une crécelle, quand ils marchaient dans les rues et dans les chemins; qu'ils devaient, avec ces instruments, avertir de leur approche, et, s'ils voyaient quelqu'un venir vers eux, ils devaient d’éloigner.

Au commencement du XIIIe siècle, on comptait en France plus de deux mille léproseries :  la ville d'Argentan en comptait trois dans ses environs.

 

Il est constant que le roi Henri II visita souvent Domfront.

On en retrouve de nouvelles preuves dans les rôles de L’Echiquier de l’année 1180 et des années suivantes.

Renier le Tailleur était alors prévôt de Domfront. Dans son compte de 1180, il porte au chapitre de la dépense quatre articles mentionnant des sommes importantes employées, par ordre écrit du roi, à la construction de la chambre haute du château de Domfront (11)

Dans le compte de la même année on trouve encore portée en dépense, à la décharge du même prévôt, une somme de 72 livres et 10 sous, employés par ordre écrit du roi pour les travaux du château et des maisons de Domfront.

 Pour se rendre compte de l’importance de ces travaux, il faut savoir que les revenus de la prévôté de Domfront, alors affermés à Ernaud et à Hugues Cantel et leurs associés, ne rapportaient en tout que 240 livres.

A la même date le traitement du portier de la tour était de 4 livres 10 sous par an.

La même année de Gisors le roi fit conduire d’Angers à Argentan dans ses châteaux de Bures, de Caen, de Valognes, de Cherbourg, de Tinchebrai, de Domfront, de Mortain, de Gorron et de Falaise trente- quatre tonneaux de vin d’Anjou. Le transport de ces vins coûta 55 livres 4 sous (12)

 La chronique de Benoit de Peterburg nous apprend que le toi Henri II passa les fêtes de Noël à Domfront, en l’année 1185 (13).

Après la mort de Henri, deuxième du nom, arrivée dans l'année 1189, le château et domaine d'Argentan firent partie de l'apanage d'Eléonore d'Aquitaine, sa veuve, qui y vint fixer sa résidence.

Richard, fils et successeur de Henri II, venait souvent à Argentan.

 

Le roi Richard cœur de Lion qui, est comme tous les Plantagenets, occupe une place distinguée dans l’histoire de l’architecture militaire, ne pouvait manquer d’apprécier comme eux l’importance d’une place telle que Domfront.

 On cite plusieurs chartes de lui, datées de cette ville (14), qui prouvent que comme ses prédécesseurs il y séjourna fréquemment.

 Par charte signée à Argentan, le 6 avril 1190, Richard Cœur de Lion donna à l'abbaye de Silly le revenu des bigres que le roi son père avait dans la forêt de Gofer.

Au milieu de son expédition en Terre Sainte, lorsqu’il assigna un douaire (Turquie d’Asie), l’ancienne Anathonie, le 12 mai 1191, il eut soin de comprendre Domfront parmi ces domaines. Mais la vieille reine Aliénor, veuve d’Henri II, continua d’en jouir jusqu’à sa mort arrivée en 1207.

Quoique le roi Richard ait été séparé des siens pendant sa captivité, il parait résulter d’un passage des rôles de l’Echiquier de Normandie qu’il avait ramené d’Orient plusieurs Sarrasins attaché à sa personne.

En effet, dans le compte de l’Echiquier de 1195, Robert le Moine, qui avait remplacé René le Tailleur comme prévôt de Domfront, porte en dépense une somme de 109 livres 6 sous payée aux Sarrasins logés à Domfront, par ordre du roi d’Angleterre, pour leur entretien depuis le lundi avant la Saint Michel (8 mai), jusqu’au lundi après la Saint Gilles (1er septembre), c’est à dire pendant environ quatre mois. Celui qui avait été chargé de les conduire à Domfront, par ordre du roi, Renaud Cruiete, reçut comme indemnité 4 livres 4 sous. Une somme de 50 sous fut en outre payée à Gibelin le Sarrasin pour le payement de son cheval. Enfin, immédiatement à la suite de cet article, se trouve mentionnée une autre sommes de 8 livres 18 sous et 9 deniers, employée en achat de robes pour les Sarrasins(15)

 

Rien d’étonnant à ce que Richard, pendant son séjour en Orient, se soit attaché quelques gens du pays. On sait assez qu’il eut de nombreux rapports avec les Musulmans et que ses ennemis étayèrent là-dessus de graves accusations contre lui. Mais pourquoi assigna-t’il aux Sarrasins, comme résidence momentanée, la ville de Domfront ? C’est ce qu’il ne nous parait pas facile de déterminer.

 

Après sa mort, en 1199, tué au château de Chalus, dont il faisait le siège, dans le Limousin, percé mortellement d'un coup de flèche.

 La ville de Domfront figurait parmi les villes assignées en douaire à la reine Bérengère sa femme (16). Ce douaire, dit douaire des reines, constitué à son origine par Henri II, pour Eléonore de Guienne, passa successivement à ses belles-filles Bérengère et Isabelle, seconde femme de Jean-sans-Terre.

Il comprenait, outre Domfront, les villes de Falaise et de Bonneville-sur-Touques en Normandie (17).

Après la mort de Richard en 1199, il y eut une transaction entre Bérengère, veuve de celui-ci, et Jean-sans-Terre, par laquelle ce dernier assigna à sa belle-soeur, en échange de sa dot, une somme de mille marcs d'argent, le marc évalué à treize sols et quatre deniers, c'est-à-dire, suivant ce traité dont Rymer nous a conservé le texte, de ces mille marcs, cent cinquante livres Angevines, sur les revenus de Segré et le reste, formant la moitié, à recevoir sur l'Echiquier de Caen (18)

Jean-sans-Terre, son frère, qui monta sur le trône, vint dans cette ville, aux fêtes de Noël de la même année, tenir sa cour plenière.

En 1201, le château d'Argentan voit se réunir pour les fêtes de Noël, les cours de Philippe-Auguste et de Jean sans Terre.

Jean-sans-Terre jouit peu de temps du duché de Normandie, qu'il négligea de défendre contre Philippe-Auguste. Ce roi de France se rendit maître d'Argentan en 1202, et de toute la Normandie en 1204.

Un dernier acte de Jean-sans-Terre en 1203, fut d'ordonner à Radulphe de Summer, d'emprunter deux cents livres angevines aux Juifs de Domfront et d'en employer une partie à réparer le château et l'autre à en payer la garnison (19).

Les armes d'Argentan sont : d’argent à l’aigle au vol abaissé de sable.

 

 

 

Domfront aux XIIe et XIIIe siècles : lecture faite à Domfront, dans la séance publique tenue par la Société historique et archéologique de l'Orne, le 24 octobre 1889 / Louis Duval

 Histoire d'Argentan et de ses environs : comprenant des recherches historiques sur les Celtes et les premiers Gaulois, sur les invasions des Romains, des Franks et des Normands dans les Gaules... / éditée et publiée par Jean-Alexandre Germain,...

 Revue historique et archéologique du Maine

 

 

==> 29 décembre 1170, meurtre de Thomas Becket archevêque de la cathédrale de Cantorbéry

 ==> Bertrand de Born, Richard Cœur de Lion les conjurés d'Aquitaine - ligue dite La Conjuration du Dorat (vers 1183)

 


 

 

HENRI II PLANTAGENÊT (portrait) -

Henri II (5 mars 1133 - 6 juillet 1189) fut comte d'Anjou et du Maine, duc de Normandie et d'Aquitaine et roi d'Angleterre.

 

La vie d'Aliénor d'Aquitaine

Depuis deux siècles, on appelait habituellement Éléonore cette princesse que les historiens antérieurs nommaient Aliénor (autrement dit Alia Aenor, "l'autre Aénor", puisque Aénor est le prénom de sa mère.), Aanor, Alienordis, Aenordis, Alernoia, Helienordis; on trouve ces différents noms dans les Tables de dom Bouquet, de Duchesne, de Martène.

 

Aliénor d'Aquitaine, Henri II & Richard Coeur de Lion ont contribué à la fondation de l'Angleterre et du Royaume Uni. 

Aucune nation, aucune démocratie ne peut écrire sa propre histoire sans reconnaitre à la France une dette ou une influence directe Théodore Zeldin 1154 - Henri Plantagenêt, le puissant Duc d' Anjou, traverse la Manche avec plus de 3000 guerriers et revendique ses droits à la couronne d'Angleterre.



Les quatre gisants royaux du Cimetière des rois Plantagenet - Abbaye de Fontevraud

Un gisant est une statue représentant un personnage couché dont la dépouille n'est pas obligatoirement ensevelie au-dessous du monument. A l'origine, les Plantagenêts avaient des tombeaux séparés supportant chacun un gisant.



(1) Obtinuit tamen ipsa Damfrontem et Argentomagum et Oximum castella sui patris, et alia tria, scilicet Colmia Montem et Gorram et Ambreras, que intérim concessit Juhello de Meduana, hac conditione, ut ipse eam fideliter juvaret in adqmrendo suam haereditatem. Dicebat enim idem Jubellus illa tria oppida, videlicet quae ultimo nominavimus in sua terra esse.

Wilhelm Gemmeticensis. Rerum Gall. et Franc. Scrip. t. XIII, p. 585. Voir les récits à peu près identiques de Guillaume de Malmesbury, même ouvrage, liv. I, page 23, tome XIII et de Robert du Mont, App. à Sigebeit, t, tome XIII, page 287.

 

In prima decembris septimania Mathildem Guigan Algaso ut naturalem dominam supit eique Argentonum, Ozimos et Damfrontem, aliaque quibus ut vie omes, jubente rege praerat, oppida subegit (Orderic Vital, t, V, p 56,57).

Obtinuit tadem ipsa Damfrontem et Argentomagum et Oximum, astella sui patris et alia tria, silicet Colmiae Montem et Goorram et Abreras , quae interim concessit Juhello de Meduana (Guill. De Jumièges, ap. D. Bouquet, t XIII.p. 585).

 

(2) Recueil des historiens de France. T. XII,p, 331- Dans les rôles de l’Echiquier de 1180, il est fait mention d’un fief qui avait appartenu à Ingelger de Bohon (Mém. De la Société des Antiquaires de Normandie, 2e série.t. V . P. 12)

(3) Audito morte regis Henrici, comes Andegavensis et uxor ejus Mathildis, filia ejustem regis, absque ulla difficaltate, castella Normanniae obtinuerunt, videlicet Damfrontem, Argentomagun, Oximum, Ambreras, Gorram, Colmiae Montem. Ista fria ultimo nominata interim comes concessit Gihello de Meduana, hac conditione ut ipse cum fideliter adjuvaret… (EX Roberti de Monte, apud D.Bouquet, t.XIII, p 287)- consul vero Andegavensis Gaufridus, contractis viribus Normanniam, ut filii sui haereditatem vendicet, ingreditur ; Argentomagum et Damfrontum, non sine discerminis difficultate captos, Ingelgerie de Bohon et alexandro duobus fratribus commendavit (Ex Joannis monach Majoris Monasterri Historia Gauffredi ducis Normunnorum, ibid, t XII, d. 581)

(4) Signalée par M. Deliste, Bibl de l’Ecole des chartes, 1848-1849, p 264, n°1. Cette charte a été publiée par M.J. Appert, dans son mémoire sur les Franchises des bourgeois de Domfront.- nous disons que cette charte est postérieure à 1157, parce que c’est à cette date seulement que Thomas Becket fut nommé chancelier.

(5)    Regina Alienor apud Domnumfrontem filiam peperit, quam Henricus, presbyter cardinalis et legatus Romanae ecclesiae baptisavit et Achardus, episcopus Abrincensis et Robertus, abbas Sancti Michaelis de periculo maris. Cum aliis multis de fonte susceperunt, et vocata est Alienor, de nomine matris suae (Ex Roberti de Monte, ap, D Bouquet, t XIII, p 306, ann 1161)- Raoul de Dicet fait naitre à Rouen cette princesse : Anno Domini MCLXII, Anglorum regina filiam peparit apud rotomagum, cui nomen suum imposuit et vocavit Alienor (Ibid. p 186) Moreti. Art. Angleterre.

(6)   Thomae Cantuariensi archiespiscopo, quidam amieus. In die Assumptionis, beatae Marie, apud Argenteum perlatae sunt literae demini Papee ex parte nunciorum, et perlectis illis satis tarbatus est rex. Crastina die misit obviam nunciis

 

(7)   Le nom de Motte en Ger (Montager ou Motanger) se trouve dans la charte de confirmation des biens du prieuré du Plessis Grimoult donné par le roi Henri II de 1164 à 1189 (Mém.de la Sciété des Ant. De Norm. T. XV, p, 95)

 

(8)   Ann 1170…. Rediit rex Normanniam et circa festum sancti Laurenti ad Motam Gerni, quae parum distat a Danifronte, et ibi in gravem incidit infirmitatem, ita quod dicehatur per regnum Galliae qnod mortuus esset. Et ibi divisit reguum suum et terras suas filiis suis. (Ex. Bened. Petroburg. Abb de Vitu et gestis Henrici II, apud D. Bouquet, t XI, p 143)

Nense septembri, rex Henricus infirmatus est pené usque ad mortem apud Motam de Ger ( Ex Roberti de Monte, apud D. Bouquet, appendice ad sigebertum t , XIII ;p 314)

(10) In funestam vocem erumpens, omnes quos nuttiverat…. maledixit, quod ipsum de sacerdote non vindicarent, qui regnum suum tuibabat… unus homo qui manducavit panem mueum…. unus homo qui manticato jumento et claudo, primo prorupit in curiam…. beneficiis meis insultans…. triumphans exultat in soho.

Vita Sancti Tomœ Canterburiensis, tome Ier page 119.

Nous empruntons l'élégante traduction d'Augustin Thierry Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands, tome II, page 187.

(11)Reinerus Tallaator reddit compotam….

In facienda alta camera castri de Danfront, 77 lib. 22 den. Per brevem Regis.

In operatione praedicte camera 29 lib. 14 den. Per idem brevem.

In operationibus predicte camera, 87 sol. Et 1den.. per idem brevem

In operationibus predicte camera. 40 lib per idem brevem.(Magni rotili Scaccarii Normaniae, sub regibus Angliae (Publié dans les Mém. De la Société des Ant. De Normandie, 2e série t.V p9)

 

(12)Ibid, p 13 col 1

 

(13) Anno MCLXXXVI. Henricus, rex Angiae, moram faciens in Normannia, tenuit festum, quo peraeto approximante etiam Quadragesimali tempore, ipse et Philippus rex Francia faedus lilectionis et pacem inter eos servandam fide et sacramentis confirmaverunt apud Gisortium (Historiens de France, t.XVII, p 466)

 

(14)Léchaud d’Anity (catalogue des Archives départementales du Calvados, t1, p3. Abbaye d’Ardennes n0 29 ,70), cite deux chartes de Richard cœur de Lion du 7 au 9 avril, datées de Domfront mais sans indication d’année. M Blanchatière (Buk. De la Soc. Historique et archéologique de l’Orne, t III p337, en cite une autre du 19 avril également datée de Domfront.

 

(15)In liberatione Saracenorum morantiam apud Domfront, per preceptum regis, a die lune proxima prius festum sancti michaelis suque de die lune prius destum sancti Egidii, 109 lib. 6 sol. Per bre. Regis.

In liberatione Reginaldi Cruiete qui adduxit Saracenos de 57s diebus 4 lib. 4 sol, per idem brev.

Gibelino Saraceno in solta parte equi sui, 50 sol. Per idem brev.

In robis praedictorum Sarracenorum 8 lib. 18 sol. 9 den. Per idem brev. (Mém de ma Soc. Des Ant. de Normandie, 2e série t V, p 68)

 

(16) Castrurn de Donfrunt et villam cum appenditiis…. quita clamamus. Amphssima Collectio, 1, 1015.

(17) Anno Domini 1203 – Johannes Dei gralia, etc. – Scialis nos dédisse .. diledtae uxori nostræ Isabellae. reginae Angliae, omnia suscripta in dotem, scilicet (suivent des terres en Angleterre ) et in Normannia Faleis et Danfront cum pertinentiis, Bonam Villam super Tokam, et preiterea omnia alia quae dilectae matri nostra Alienorae, reginae Angliae in dotem fuerint assignata. T. Rymer, fœdera Torne I, p. 43, apud Johannem Neaulme, Hagœ comitis, 1740.

(18) lohannes, etc. Justiciario Angliae et Baronibus de Scaccario London sciatis ita convenisse inter nos et Berengariam…. de dote sua quam petebat, scilicet quod nos assignavimus…. mille marcas argenti annuatim, 13 solidis et 4 denariis computatis pro marca, et de illis millibus recipiet…. centum et quinquaginta libras Andegavenses de redditibus Segreii quas ci assignavimus, et de residuo ultra illas.. recipiet medietatem ad scaccarium Nostrum apud Cadomum. Ibid. tome Ier, page 40.

Nous renvoyons du reste à un excellent travail sur la reine Bérengère insère au tome XVIII, pages 376-465, du Bulletin de la Société d'Agriculture de la Sarthe, publié par M. Henri Chardon.

 

(19) Rex Radulpho de Sumeri… Mandamus vobis quod capiatis a Judais de Damfrunt CC. libras Andegavenses et de C libiis pacetis liberationes militum et servientium nostrorum, et alias centum libras ponatis in operationibus castri nostri per visum Abbatis de Lugley (Lonlay) et clerici Roberti de Veteri Ponti (de Vieux-Pont). F. Wilhelmo de Bransa apud Rothomagum XXIIIe die februrii per eumdem. (Acte de la tour de Londres).