C'était vers le 10 mars 1429, à Chinon l’examen de virginité par les dames de Gaucourt et de Trêves de Jeanne la Pucelle

Le fidèle Robert Le Maçon est à la cour de Chinon quand Jeanne la Pucelle, dans la salle du Grand Comble du château, reconnaît le roi, son "gentil dauphin", parmi trois cents seigneurs et dames.

Il est aussi présent quand, quelques jours plus tard, elle voulut parler au roy en particulier, et luy dist : Gentil Daulphin, pourquoy ne me croyez-vous ? Je vous dis que Dieu a pitié de vous, de vostre royaulme et de vostre peuple car sainct Loys et Charlemagne sont à genoux devant Luy, en faisant prière pour vous. Et je vous diray, s'il vous plaist, telle chose qu'elle vous donnera à congnaistre que me debvez croire.

 Toutes fois elle fut contente que quelque peu de ses gens y fussent et en la présence du duc d'Alençon, du Seigneur de Trêves, de Christophe de Harcourt et de Maistre Gérard Machet son confesseur, lesquelz il fist jurer, à larequeste de ladicte Jehanne, qu'ilz n'en révéleraient ny diraient rien ; elle dict au roy une chose de grand conséquence, qu'il avoit faicte, bien secrette ; dont il fust fort esbahy, car il n'y avoit personne qui le peust sçavoir, que Dieu et luy. Et dès lors fust comme conclud que le roy essayeroit à exécuter ce qu'elle disoit" (20).

Mais Charles et ses plus proches conseillers, dont sa belle-mère la reine de Sicile, ne voulait rien négliger avant d'accorder à Jeanne sa totale confiance.

Par la déposition de frère Jean Pasquerel en 1456, ce religieux augustin de Tours qui fut son confesseur et ne l'a pas quittée de Tours à Compiègne (21), nous connaissons les dames qui furent chargées d'examiner Jeanne et de constater sa virginité :

Ce furent les dames de Gaucourt et de Trêves.

La première, née Jeanne de Preuilly, était une personne d'âge mûr.

La seconde, née Jeanne de Mortemer de Couhé, n'avait alors que vingt-sept ans ; choisies l'une et l'autre par Yolande, a n'en pas douter, pour leur fidélité, semblable à celle de leurs maris, à la cause royale.

 

Rappelons ici les trois examens de virginité de Jeanne.

 Le premier fut prescrit par le Dauphin dès son arrivée à Chinon fin février ou début mars 1429, « en vue d'établir s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme et dans ce dernier cas, si elle était vierge ».

Ce furent Jeanne de Preuilly, dame de Gaucourt et Jeanne de Mortemer (1), épouse de Robert Le Masson, qui la visitèrent et firent les constatations requises (2).

Un nouvel examen physique à Poitiers cette fois (mars 1429) fut dirigé par Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, assistée d'autres dames.

Il conclut, comme le premier, à une parfaite virginité. Yolande fit son rapport au roi en présence de Jean d'Aulon, qui relate le fait au procès de nullité (3).

Le troisième examen physique eut lieu au château de Rouen avant le 13 janvier 1431, sous la direction d'Anne de Bourgogne duchesse de Bedford, femme du Régent de France et fille de Jean sans Peur. Elle fut examinée par deux matrones et sages-femmes (matrones et obstetrices) dont l'une s'appelait Anne Bayon, sous le regard du duc de Bedford qui observait la scène « d'un lieu secret ».

Une fois de plus elle fut trouvée « vierge et intacte », comme le rapportent plusieurs témoins du procès de nullité (Q., III, 50, 88-9, 155, 163, 180).

 

 

Chinon, Robert Le Maçon négocie avec Charles le départ de Marguerite de Bourgogne qui rejoint Arthur de Richemont à Parthenay <==.... ....==> En 1429, après la rencontre de Charles VII et de Jeanne d’Arc à Chinon, cette dernière fait étape à Châtellerault.

 

 

 


 

Château de Trêves de Robert le Maçon, chancelier du Dauphin Charles, protecteur et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. 

La Tour de Trèves est l'unique vestige de l'ancien château de Robert le Maçon dont la construction s'acheva vers 1435. La tour communiquait avec le reste du château grâce à un pont-levis. Le donjon de Trêves est la seule partie intacte du château, dont Robert Le Maçon Il se compose d'une tour cylindrique à talus, flanquée, vers l'intérieur de l'enceinte, d'un massif polygonal.

 

Jean Rabateau de Fontenay le Comte, président au Parlement de Poitiers et Paris 

Jehan Rabateau appartient à la galerie des hommes célèbres que revendique à bon droit le Bas-Poitou.( Salle des Preux du Château de Pierrefonds) Il est né à Fontenay-le-Comte vers l'année 1370 ou 1375. M. Beauchet- Filleau, pour lui assigner son lieu d'origine, hésite entre cette ville et la Caillère, près Volvire (Velluire).

 

(1) Famille Mortemer :

Samuel le Riche, de Mortemer, fils de Goscelin, fut le père d'Amélie de Mortemer, femme en premières noces, de Jourdain II seigneur de Château-Larcher vers 1092. Il eut ainsi, au moins, trois fils, Pierre Samuel, cité en 1078, Goscelin qui fut moine et prieur de Nouaillé et Aimeri, cité en 1105, dans une Charte concernant un fief à Fleuré que sa sœur Amélie avait eu en dot.

Nous devons aussi citer, sans pouvoir donner sa filiation, Raoul de Mortemer qui participa à la conquête de l'Angleterre sous les ordres d'Aimery IV, vicomte de Thouars, et fit des prodiges à la bataille d'Hastings en 1066.

Il combattait encore en 1070 et son nom figure sur la liste des français restés en Angleterre après la conquête.

Ce Raoul de Mortemer, qui vivait encore en 1100, fut l'auteur des Mortemer d'Angleterre dont Dom Fonteneau donne la généalogie complète.

Roger II de Mortemer, l'un des descendants de Raoul, épousa Jeanne de Joinville Vaucouleur, fille unique et héritière de Roger (alias Pierre) de Joinville en Beauce et de Jeanne de la Marche, fille de Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche et de Jeanne de Fougères

De ce mariage : Geoffroy de Mortemer, seigneur de Couhé, marié à Jeanne de Lezay qui fut l'auteur de la branche des Mortemer de Couhé.

Cette branche des Mortemer de Couhé se fondit dans celle des Saint Georges par le mariage de Anne de Mortemer, fille de Jean de Mortemer, seigneur du Plessis et de Rosine Péruse, avec Guichard de Saint Georges, fils de Guillaume de Saint George, seigneur die Vérac Boissec et de Jeanne de Mesnil Simon.

 

(2) DONCOEUR. Doc. V, 216-7 in Col. de LIOCOURT, T. II, 1981, p. 50 ; Q. III, p. 102 : «Et audivit dici quod ipsa Johanna, dum venit versus regem, fuit visitata bina vice per mulieres quid erat de ea, et si esset vir vel mulier, et an esset corrupta vel virgo ; et inventa fuit mulier, virgo tamen et puella.... »

(3) Q. III, 209 et V, 87, 119 : Col de LIOCOURT, II, 1981, p. 58.