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PHystorique- Les Portes du Temps
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30 octobre 2026

7 septembre 1628 Le Château de Talmont a été démantelé sur ordre du roi Louis XIII et du cardinal de Richelieu sous la surveillance de Daniel de Bosquevert, chevalier, seigneur de la Roche du Montet.

Ce fut sous Henri de la Trémoille que Talmond eut à supporter une perte irréparable, dont l'influence énorme entrava à jamais sa prospérité.

 

HENRI DE LA TREMOILLE 1er du nom, Duc de Thouars, Pair de France, Prince de Tarente et de Talmond, Comte de Laval, Villefranche, Montfort, Taillebourg, Benon, Guynes et Jonuelles, Vicomte de Rennes et de Bais, Baron de Vitré, Didonne, Berrie et Mauleon, Marquis d'Espinay & Chevalier des ordres du Roy.

 

C'est sans doute vers cette époque, ou un peu plus tard, pendant les guerres de la Fronde, que le château de Mauléon, Château de Taillebourg, comme beaucoup d'autres, fut presque totalement rasé par ordre du roi, pour empêcher les seigneurs révoltés d'y chercher un refuge, comme le château de Talmond, appartenant aussi aux La Trémouille, rasé en 1628, par ordre de Richelieu.

 

Le château de Benon n'a pas été rasé par ordre de Richelieu en 1628 pour une raison très simple : il était déjà en ruines à cette date.

 

Le puissant château fort d'Aunis médiéval, qui possédait deux enceintes et trois fossés, a été incendié et détruit en 1593 par les troupes d'Henri de Navarre (futur Henri IV) lors des guerres de Religion.

 

 Nous avons déjà dit que ce seigneur avait accompagné Louis XIII dans ses guerres contre les protestants ; il assista également au siège de la Rochelle, où il abjura sa religion pour embrasser le catholicisme.

 

L'ascendant de Richelieu pesa d'un grand poids dans cette décision, et ce ne fut pas le seul sacrifice que le puissant ministre imposa au dire de Thouars.

 

Un certain jour, en effet, de l'année 1628, Henri reçut l'ordre du roi de faire démanteler son château de Talmond, car les Anglais assemblaient une flotte et menaçaient de faire une descente sur les côtes de Poitou, pour courir au secours de leurs coreligionnaires de la Rochelle.

 

Talmond, situé à quelques kilomètres de la mer, pouvait être surpris à chaque instant par une armée ennemie et, grâce à ses puissantes murailles, devenir un point important pour la résistance au roi de France (1).

 

Henri, comme sujet fidèle, voulut bien exécuter les ordres de son roi ; mais en homme pratique et prévoyant, il demanda et obtint qu'un procès-verbal de l'état du château serait dressé contradictoirement entre ses propres officiers et ceux de la couronne.

 

Ce dernier, que nous avons publié dans un des premiers chapitres, fut en effet rédigé suivant toutes ses règles, les 7, 15 et 18 septembre 1628, par Isaac du Raiffe, seigneur des Costes, sénéchal de la principauté, en présence de M. Jean Pairaine, procureur général fiscal, Isaac de Farou, seigneur de Saint-Marçolle et des Brosses-Paradis, commandant au château pour le compte de S. M., et de Me Daniel de Bosquevert, chevalier, seigneur de la Roche du Montet, aide de camp aux armées du roi et lieutenant pour S. M. au gouvernement de Fontenay, subdélégué de Monseigneur de Brassac, lieutenant général pour le roi en Poitou (2).

 

 

Le démantèlement eut lieu, suivant les ordres donnés, avec le concours des habitants des paroisses voisines, et en peu de jours, par crainte de l'ennemi extérieur, d'énormes ruines vinrent remplacer l'ancienne forteresse qui autrefois avait été élevée pour protéger les mêmes populations contre les invasions d'autres ennemis également redoutables.

 

Dans le contexte des guerres de religion ou de l'affirmation du pouvoir royal (sous Louis XIII ou Louis XIV), le terme de La Roche du Montet (ou seigneur de la Roche du Montet, domaine situé historiquement dans le Poitou, près de Chauray) désigne ici l'officier responsable, nommé aide de camp, chargé de réquisitionner des bras ou des corvées pour faire travailler au rasement et à la démolition d'un édifice fortifié, d'un château ou de murailles.

 

 

En 1628, le seigneur de La Roche du Montet (Chauray) est Daniel de Bosquevert.

BOSQUEVERT. Cette famille noble et ancienne, fixée à St-Maixent, est, dit l'auteur des du Poitou, d'origine anglaise.

 

Daniel de Bosquevert était un noble et militaire français du XVIIe siècle, seigneur du Montet et du Petit-Querray, qui a joué un rôle clé dans la pacification et le démantèlement des places fortes protestantes en Poitou et à La Rochelle sous les règnes d'Henri IV et de Louis XIII.

 

Voici le résumé structuré de sa vie, de sa carrière militaire et de sa descendance d'après les documents historiques :

 

Carrière militaire et fonctions

1595 : Capitaine d'une compagnie de gens de pied au régiment du Sieur de Pougnac.

 

Il obtint du roi Henri IV, le 12 juin 1595, une décharge d'arrière-ban en raison de son service actif, parce qu'il servait alors comme capitaine d'une compagnie de gens de pied au régiment du Sr de Pougnac, ci-devant régiment de Beroute.

 

 

1619 : Le 1er février 1619, une sentence favorable des commissaires chargés d'examiner les titres de noblesse, sa noblesse est officiellement reconnue et confirmée par les commissaires royaux.

 

 

14 février 1625 : Nommé lieutenant au gouvernement de Fontenay (Fontenay-le-Comte), il était alors qualifié d'aide des maréchaux de camp des armées de Sa Majesté, qui le fit chevalier de l'ordre de St-Michel le 6 mai 1647.

 

 

1628 (Siège de La Rochelle) : Commande un corps de troupes en Bas-Poitou sous les ordres du duc de La Rochefoucauld.

 

Missions de démantèlement : Chargé directement par le roi de raser le château de Talmont et le fort de l'Aiguillon.

 

 Il supervise également la démolition des célèbres fortifications de La Rochelle aux côtés des sieurs de Vignoles et de Saint-Chaumont.

 

 

1647 : Fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel par le roi.

 

Alliance et mariage

Il se marie par contrat le 2 mars 1598 avec Renée Boynet, fille d'Étienne Boynet (seigneur de Fressinet et conseiller du roi en son grand conseil) et de Renée d'Elbenne.

 

Descendance

De son union avec Renée Boynet sont nés sept enfants :

  1. Amable (qui suit la lignée principale).
  2. Jacques (auteur de la branche du paragraphe II).
  3. Jacques, prieur de Saint-Pierre-de-Chail et chanoine de Ménigoute.
  4. Louis.
  5. Madeleine, mariée le 7 septembre 1631 à Jean de Bonnetyes, seigneur de la Couture.
  6. Samuel.
  7. Hélène (citée avec son frère Samuel comme témoin au contrat de mariage de Marguerite).

 

 

Nous donnons dans le cours de ce récit les raisons qui amenèrent la démolition de la vieille forteresse. Il y est alors question d'un procès-verbal, qui fut dressé en septembre 1628, sur les ordres du roi et du prince de la Trémoille.

 

Nous ne pouvons mieux faire, dès maintenant, pour indiquer l'état du château au moment où ses fortifications furent démantelées, que de publier, in extenso, cet important document conservé dans les archives de la Vendée : c'est grâce à lui, que nous avons pu reconstituer, aussi complètement et aussi sûrement, toutes les anciennes constructions, dont nous n'avons retrouvé dans nos fouilles que quelques amorces parfois informes. Voici son contenu :

 

 

« Aujourd'huy, septième du mois de septambre 1628, par devant nous, Isaac du Raiffe, licentié en droicts, seigneur des Costes, séneschal et juge ordinaire de la  principauté de Talmont, et en présence du procureur général fiscal d'icelle, comparant par Messire Jean Pairaine, sieur de la Rousselière, s'est presenté et ii comparu en sa personne, Messire Isaac de Farou, escuier, seigneur de St Marçolle et des Brosses Paradis, commandant au chasteau du dit Talmond,  pour le service de Sa Majesté, soulz la charge de Monseigneur le duc de la Trémouille et de Touars, pair de France, prince du dict Talmond, comme ayant charge de mon dit Seigneur.

 

 Lequel nous a requis nous transporter au dit chasteau pour icelluy voir et faire estat et procès-verbal de la consistance et dépendence d'icelluy aux fins de la conservation des droictz de mon dict seigneur, et telles autres que de droict.

 

Ce qu'avons faict en présence de Me Daniel de Bosquevert, chevalier, seigneur de la Roche-du-Montet, ayde de camp aux armées du Roy et lieutenant pour Sa Majesté au gouvernement de Fontenay, subdélégué de mon seigneur de Brassac, lieutenant général pour le Roy en Poictou , ayant de luy commission pour desmolir et desmenteller la dicte place.

 

« Et estant à l'entrée du dit chasteau, en la présence des dictz srs du Montet et de St Marçolle, avons entré dans une pièce détachée appellée la tenaille par le pont-levis d 'icelle, au devant duquel pont-levis, avons trouvé une forte palissade avecq ses portes et barrières, la dicte pièce destachée estant composée d'ung bastion avecq orillon et casemathe voultée de pierres de tailles.

 

« Y a encore sur la dicte tenaille une chambre et anti chambre servans à faire corps de garde, deux guérites couvertes de tuille et une cave voultée avecq une casemathe regardant dans le fossé servant à ung demy bastion, auquel est attaché le susdit pont-levis ; laquelle pièce est revestue de pierres de tailles ; la muraille  estant de la largeur de six pieds ou environ, de la hauteur de quatre toises et demye avecq le parappet et de la longueur de quarente toises, en la face qui regarde vers la mer, y ayant en icelle plusieurs retranchemens :  laquelle pièce sera desmollie, comme nous a déclaré le sieur du Montet.

 

Il est bon de dire, qu'il ne faut pas apporter trop de confiance aux cotes indiquées sur ce procès-verbal, elles ont dû être prises un peu pour le besoin de la cause, c'est-à-dire très largement, afin d'obtenir du roi une indemnité importante.

 

Comme il est facile d'en vérifier la plupart, on trouve qu'elles ont souvent été majorées, tandis qu'aucune n'est diminuée ; la description des lieux, au contraire, est absolument fidèle. Retournons maintenant, sans plus tarder, à la promenade de nos officiers.

 

« De là avons entré en une petitte cour en forme de ravelin (3), fermée de portes et barrières, entourrée de murailles, de la hauteur de dix piedz ou environ, ayant  de largeur quatre toises et demye ou environ, et de longueur dix toises et demye ; au bout de laquelle y a ung petit ravelin devant le pont-levis et entrée de la  fosse-braye du dict chasteau, dans lequel y a ung corps de garde composé de deux chambres, lesquelles peuvent avoir quelque vingtz pieds de dedans en dedans, l'une portant l'autre, pavés de planchers et garnies par dedans de ratelliers à mettre les armes.

 

 Les chambres naiantes qu'ung estage seulement avecq leur cheminée.

 

« Ce faict, avons entré ès dictes fosses-brayes qui font l'entienne closture du chasteau, par le pont faict en basculles soulz le portail, qui est faict en forme de tour queurée, ayant trois estages, dont le premier est voulté et dans la dite voulte ung rasteau, le tout enfermé de trois fortes portes, entre le pont-levis est une cheminée servent au corps de garde de jour avecq des ratelliers à mettre les armes.

 

 Le second estage, auquel on monte par ung escallier en pierres, sont deux chambres avecq cheminées et ratelliers pour les armes, servans au corps de garde de nuict ; le tiers estage, sont chambres sentinelles et mascolliers qui  doibvent estre démolies comme dessus, ensemble la casemathe estant soulz le dit pont, avecq la chambre joignant y celluy servant à moulin à eau, du costé du petit estang.

 

« Continuant à marcher dans la dite fosse-braye, à main droite en entrant du costé de la basse ville, avons trouvé trois tours rondes prenans dès le fondz du fossé, basties de pierres de tailles en partye à chaux et sable, ayant de quatorze à quinze piedz de diamettre de dedans en dedans, ayant trois chambres chascune l'une sur l'autre.

 

 Le premier estage voulté Íaict en casmathe qui doibvent estre aussy démollies avecq la courtine et muraille espaisse de sept à huit piedz ayant son parappet, et au coing est ung bastion appelée le petit esperon revestu de pierres de tailles à chaux et sable de l'épaisseur de sept à huict piedz, et y a une guéritte sur le coing faict de bricque couverte en voulte avecq les casemathes voultées servans à la déffence du fossé qui doibt pareillement estre desmolly.

 

« Et en tournoyant du costé de la haulte ville, avons trouvé deux tours rondes à deux estages, chascune ayant dix piedz de dedans en dedans, entre lesquelles y a deux chambres l'une sur l'autre, et semble avoir servy, d'une entrée et portail au dit chasteau.

 

Les dites deux tours estant voultée du dit premier estage, avecq une gallerye au devant faicte en accoudouer. Lesquelles seront desmollies avecq les courtines, murailles et parappets estans entre les dictes deux tours et bastion et, despuis les dites deux tours, jusques au grand esperon, qui est ung bastion aussy revestu de pierres de tailles avecq ses casemathes et sur la poincte d'ycelluy une guérite voultée faicte de bricque. Le tout ce que dessus hors d'escallade.

 

« De là, avons continué le long de la courtine du costé du grand estang, et y avons descendu par ung degré, en laquelle courtine, y a une grande guéritte caruée portée sur pillotis de bois, faicte de bricque et couverte de tuile platte ; laquelle avecq toutte la dicte courtine doibt estre desmolie.

 

Icelle courtine hors d'escallade, comme dessus.

 

« De là, continuant sommes venus à la courtine, du costé de la dicte tenaille, dans le coing de laquelle avons trouvé une toure ronde massive jusques au fondz du fossé, faicte comme tout ce que dessus, à chaux et sable ; la dicte tour ayant de diamèttre ses murailles comprises, vingt piedz ou environ ; et venant vers le susdict portail et pont-levis, par où avons entré, avons « veu une tour ronde comme celle cy-dessus, auprès de laquelle estoit ung petit corps de logis contenant une chambre et antichambre avecq son galtas, labrissée et pavée; le tout aussy hors d'escallade et qui doibt estre razé et desmolly.

 

« Ce faict, avons faict le tour de ladite place, non comprins la tenaille, et par le dedans de la fosse-braye avons trouvé la courtine, du costé de la basse ville, contenir cinquante deux toises, celle du costé de la haulte ville, soixante et une toises et demye ; la courtine vers l'estang, soixante quatre toises, et celle du costé, vers la susdite tenaille, contient trente cinq toises et demye, revenant en tout à deux cens treize toises de tour.

 

 Le fossé entre laditte tenaille et le chasteau estant faict dans le roch, a de large six toises et demye, et de creux vingt trois piedz, revestue de pierres à chaux et sable ; et le fossé, du costé de la basse ville, a de large, douze toises, joignant lequel est la contrescarpe avecq caider et petitz ravelins, et celuy devers la haulte ville a environ vingt toises ; l'aultre fossé est le grand estang.

 

« Dont et de tout ce que dessus, avons aux dicts srs de la Roche et de St Marçolle, ce requérant, octroyé acte pour leur valloir et servir en temps et lieu, ce que de raison.

Donné et faict par nous, ledit du Raiffe, sénéchal susdit, les jour et an que dessus. »

 

 

Voici donc l'énumération des ouvrages que le prince de Talmond devait faire raser immédiatement par ordre du roi.

 

En vassal soumis, il obéit, et dès le quinze du même mois, nous allons voir que tout ce qui avait été commandé était ponctuellement exécuté.

 

Mais il faut croire que cela ne parut pas suffisant à Richelieu, car de nouvelles instructions furent envoyées, pour faire continuer la démolition de défenses, dont l'aspect ne devait cependant plus inspirer de vives inquiétudes au méfiant ministre.

 

Le procès-verbal de récolement continue ainsi :

« Et le quinziesme jour du dict mois et an, après la démolition des choses cy dessus faicte, nous sommes à la requête du dict sr de St Marcolle et en sa compagnye ; transportez au dict chasteau par devers le dict sr de la Roche du Montet, et avons, avecq lesdits srs, faict le cerne et visite du circuit estant au dedans de ladite fosse-braye; lequel avons trouvé flanquée de trois grosses tours de vingt piedz de diamètre chacune ou environ, les unes logeables de chambres et les autres massives et d’une guéritte faicte de bricque quarrée portée sur pillotis, ayant dix piedz de dedans en dedans, lesquelles tours et guérite avecq les parappetz des murailles estans à l'entour, le dict sr de la Roche a dict estre nécessaire d'estre démollies, et de faict, a faict mettre les habitants des paroisses après.

 

Ce faict, avons entré dans la susditte enceinte et visité le donjon, où nous avons trouvé quatre tours logeables, dans l'une desquelles sont les prisons de la principauté et cour de céans, et de grosseur de cellescy, et une tour quarrée en laquelle y avait trois chambres l'une sur l'aultre, sans le premier estage qui est voulté, ayant les dictes chambres quinze à seize pieds de dedans en dedans, et les murailles de cinq piedz d'espais ; lesquelles choses le dit sr de la Roche du Montet à dict estre nécessaire d'abattre, tant pour oster les logemens que la force et flancs du dict danjon ; et oultre d'y faire une ouverture de vingt toises ou environ de long et une muraille espesse de cinq à six piedz et hors d'escallade.

 

Tout ce que dessus estant à chaux et sable et de pierres de tailles, que le dict s' nous a déclaré vouloir faire abattre et y travailler au plustost, dont en avons pareillement octroyé acte aux dicts srs de la Roche, de St Marçolle et procureur, ce requérans, pour valloir et servir en temps et lieu et à qu'il apartiendra, ce que de raison.

Donné et faict par nous le dit du Raiffe, sénéchal susdict, les jour et an que dessus. »

 

Ce n'était pas encore assez pour s'assurer les faveurs du grand maître, car trois jours après, M. de Brassac vint sur les lieux pour se rendre compte par lui-même de l'exécution de ses ordres et il donna, une troisième fois, des instructions à son lieutenant pour l'entreprise de nouvelles démolitions.

 

 La première visite avait eu lieu le sept septembre; la deuxième fut passée le quinze. Le dix-huit, il y avait à parfaire et compléter l'œuvre de destruction.

 

« Et le lundy dix huitième jour desdicts mois et an, le dict sr de la Roche du Montet nous a faict entendre, que par l'ordonnance de Monseigneur de Brassac, qui partit hier de ce lieu, il luy fut enjoinct de ne laisser la closture du grand danjon que de dix piedz de hauteur, par le dehors.

 

Parquoy après avoir toisé et calculé, en la présence du dit sieur, avons trouvé, que du costé de la basse ville, failloit abattre cent trente neuf toises, et du costé du grand estang oposé cent cinquante et une, et du costé qui est vers la mer, cent trente et une ; touttes lesquelles murailles sont à chaux et sable, et ont d'espais cinq piedz : Tout ce que dessus revenant au nombre de quatre cens vingt une toises, dont avons pareillement, aux dicts srs de la Roche, de St Marçolle et procureur ce requérans, octroyé acte pour valloir et servir en temps et lieu, ce que de raison.

Donné et faict comme dessus; signé, La Roche du Montet, Isaac. Farou de St Marçolle, J. du Raiffe et Perraine, procureur susdit, et F. Guérin, commis du greffier. »

 

Ainsi, vers le 20 ou 25 septembre, voici le résultat que l'on avait obtenu : De la tour d'entrée, de la tenaille, de l'enceinte des fosses-brayes, avec ses défenses et éperons, il ne restait pour ainsi dire que des vestiges.

 

 De l'enceinte intérieure, on ne devait plus rien apercevoir, si ce n'est quelques débris du mur tourné vers la basse-ville et contre lequel s'appuyaient les principales habitations.

 

 Les deux autres côtés étaient, comme aujourd'hui, ouverts à tous les vents et rasés presque au niveau du sol. Enfin, le donjon n'apparaissait plus que comme une grosse masse privée de son couronnement et de ses principales défenses ; çà et là quelques pans de murs ébréchés, surtout sur face tournée vers le midi,

 

Empressons-nous d'ajouter que ce qui avait été épargné par les subordonnés très zélés de Richelieu, ne trouva pas grâce, dans la suite, devant les propriétaires du château, qui vendirent ou donnèrent aux habitants, les matériaux propres à construire force maisons et granges d'exploitation.

 

On ne laissa debout que les maçonneries assez solides pour résister au fer et à la poudre des maçons du pays.

 

Actuellement, malgré quelques travaux judicieux de consolidation exécutés par le propriétaire, il est très difficile de s'y reconnaître au milieu de ces murs. écroulés et de ces décombres entassés ; nous faisons les vœux les plus ardents, sans avoir beaucoup d'illusions, pour que l'on continue, les déblais que nous avons commencés, afin de permettre aux visiteurs de se rendre compte facilement, sur le terrain, de tous les contours du plan.

 

Nous donnerons une idée assez exacte de l'état des lieux en avouant que nous avons été plusieurs semaines devant ces grandes ruines, avant de pouvoir retrouver l'entrée qui ne fut découverte, un peu par l'effet d'un heureux hasard, qu'après de nombreuses fouilles et des investigations fort pénibles.

 

 

Tout marcha très bien, tant qu'il ne fut question que de démolir.

 

Mais quand il fallut puiser dans les coffres royaux pour donner une indemnité, ce ne fut plus la même chose.

 

Henri, pour obtenir quelques bons écus, se trouva plusieurs fois dans l'obligation de s'adresser au roi et aux gens de son conseil : il leur envoya même un certain jour la réclamation suivante :

 

Au Roi et à Nosseigneurs de son Conseil.

SIRE,

« Le sieur duc de la Trémoille et de Thouars, paire de France, prince de Talmont, vous démonstre très humblement, que, pendant le siège de la Rochelle, les Anglais ayant levé une grande et puissante armée navale pour essayer de secourir les assiégés, encore que ledit château de Talmont fust bien bâti et grandement fortifié, et qu'il y eut nombre d'hommes suffisant pour garder la place contre les desseins, entreprises et efforts que les dits Anglais eussent pu faire, néanmoins Votre Majesté ayant jugé être nécessaire, pour le bien de son service, que le dit château et les fortifications qui y avaient été faites fussent démolies et abattues, combien que le dit château porte le nom de laditte principauté de Talmont, et que le dit suppliant eut beaucoup de sujets de le conserver entier à ses successeurs, comme ses prédécesseurs lui avait laissé, et d'en empêcher la démolition par des très humbles remontrances et justes qu'il en eut pu faire à votre majesté, ce néanmoins se voulant du tout conformer à l'intention de sa dite Majesté, en aurait requis Maître Isaac du Raiffe, sénéchal et juge ordinaire de la dite principauté et le procureur fiscal d'icelles, se transporter sur les lieux, pour voir le dit château, et faire état et procès verbal de la concistance et dépendance d'icelui, pour la conservation des droits du dit suppliant ;

 

Ce que aurait été fait en la présence du sieur Saint-Marçolle, commandant audit chateau de Talmont pour le service de votre majesté, et encore en présence du sieur de la Roche du Montet, lieutenant au gouvernement de Fontenay pour  votre majesté, subdelegué du sieur de Brassac, lieutenant général pour votre dite Majesté en Poitou, ayant commission de lui pour démolir et démanteler ladite place, laquelle ayant été visitée, tant en sa grandeur qu'en sa hauteur, autour des murailles, courtines, tours, tenailles, bastions et autres fortifications, et le nombre des chambres et logements, en aurait été fait un ample procès verbal ;

 

Ayant depuis la dite démolition été entièrement exécutée, il est juste et raisonnable que le dit suppliant soit indemnisé des dommages et intérêts qu'il a souffert en icelle démolition faite pour le bien et service de votre Majesté, laquelle récompense ne peut être moindre que de cent mille francs, lui ayant été donné en partage pour ce prix là, comme audit sieur de la Trémoille son père ; et ne serait raisonnable, qu'ayant si volontairement souffert la dite démolition pour le bien de votre service, il fut privé de la récompense qui lui est si légitimement due à cause du grand préjudice et des grands dommages et intérêts procédant de la dite démolition.

 

« Ce considéré, attendu que par le procès verbal ci attaché, appert de ce que dessus et de l'état du batiment d'icelui, et des grandes fortifications qui y avaient été faites à grands frais et dépens, il vous plaise, sire, lui accorder la dite récompense de la dite somme sur les trésoriers de votre épargne, ou sur telle autre nature des deniers qu'il plaira à votre Majesté, et le dit suppliant continuera toujours avec plus d'affection de servir votre Majesté et prier Dieu pour sa santé et prospérité. » (Archives de la Vendée).

 

Cette lettre était accompagnée du procès-verbal de visite et d'un certificat de MM. de Brassac et de la Roche du Montet qui en affirmait l'authenticité. On y avait joint également un estat des sommes demandées au Roy par Monseigneur le duc de la Trémoille, dont il suplie très humblement Sa Majesté de vouloir faire assigner. »

 

« Et premièrement, la somme de cent milles livres de récompense pour la démolition et razement de son chasteau de Talmond, qui a esté faicte par le commandement de sa Majesté, et pour le bien de son service, comme de la dicte démolition et razement, apert par le procès verbal reporté au conseil de sa Majesté, par Monsieur de R

 

« laquelle somme de cent mil livres est le prix de l'estimation dudit chasteau de Talmond, lors des partages de la maison de la Trémoille, et de par ce cy.. cm livres.

« Item, la somme de douze mille livres pour quatre coulevrines de fonte verte bastardes, deux de longueur de dix pieds de canon avec leurs affûts et roues, et les deux autres de longueur de sept pieds et demy, et deux cent quatre vingt dix boulets en moyenne, pris et enlevé du chasteau de Taillebourg, par le commandement de sa Majesté et pour son service, comme apert par les lettres de sadite Majesté et procès verbal  du dit enlèvement cy représentées, de par cy …….XIIm livres.

 

« Item, la somme de quarante mil livres restant à payer de la somme de soixante mil livres du don fait par sa Majesté à mondit sieur de la Trémoille, dès le 16 mars 1626, comme par iceluy don et pièces cy attachées apert, et par cy ……….. XLm livres.

 

« Item, de la somme de mil livres dues a mondit sieur de la Trémoille, pour ses  apointements de Maistre de camp durant les mois de novembre et décembre 1626, dont le fonds qu'avait été donné a esté deverty, et par ce cy ………..Mm livres.

 

« Item, la somme de quinze mille livres « pour le payement des advances faites par mondit sieur de la Trémoille aux garnisons  de Taillebourg et Thouars, pendant deux années qu'elles n'ont rien touché, ce par ce cy………XVm livres.

 

« Item, la somme de douze mil cinq cent « livres faisant moytié de la somme de vingt et cinq mil livres prise par les prédécesseurs de Sa Majesté, au greffe des consignations d'Angers, où ladite somme avait été consignée par les prédécesseurs de mondit sieur de la Trémoille, pour retirer par retraict lignager la terre de Rochefort, comme apert par les extraits de la chambre des comptes cy attachés, ce par cy ................ XIIm Vc livres.

 

« Item, la somme de dix mil deux cent seize livres dix sols, à laquelle se trouve monter et revenir l'intérêt de la dite somme de XIIm Vc livres, à raison de mil quarante et une livres seize sols pour chacun an, depuis l'année 1619, que le paiement du dit intérêt assigné en la recepte généralle de Tours a été discontinué, comme apert par les dicts extraits de la dite chambre des comptes cy représentés, et ce par ce, cy (4)…….. Xm IIc Xs

 

 

Certificat

« Nous, comte de Brassac, cons. du Roy en son conseil d'Estat, et son lieutenant général de la Province du Poitou, certiffions à sa Majesté, nosseigneurs de son conseil et tous autres qu'il appartiendra, que, suivant la commission a nous donnée par sa Majesté, pour le razement et démolition du chasteau de Talmond appartenant à Monsieur le duc de la Trémoille, nous avions subdelegué le sieur de la Roche du Montet, ayde de camp, pour faire travailler audit razement et démolition, ce qui auroyt été fait confermement au procès verbal de visite fait le septiesme de septembre mil six cent vingt huit, en présence du sénéchal et procureur d'office dudit Talmont, et du sieur de Saint Marçolle, commandant pour sa Majesté, soubs la charge de mondit sieur de la Trémoille, audit chasteau, ce que nous certifions comme dessus estre véritable, et le dit sieur de la Roche certifie aussi l'avoir faict et exécuté, comme il est porté par ledit procès verbal faict avec luy.

« Faict ce vingt septième fevrier mil six cent trante, ainsy signé, BRASSAC et DE LA ROCHE DU MONTET. »

Collationné sur l'original par moy,

du roi et de ses finances,

MASCLAY (5).

 

 

La question posée quelques jours après la démolition ne reçut une solution qu'en 1634, et encore le roi n'accorda-t-il que la moitié de ce qu'on lui demandait.

 

« Sur la requeste présentée au Roy en son conseil, par le dit sieur duc de la Trémoille et de Thouars, pair de France, prince de Talmond, par laquelle il aurayt remontré que pendant le siège de la Rochelle, Sa Majesté ayant jugé nécessaire, pour le bien de son service, que le chasteau et fortifications dudit. Talmond fussent démolis, le suppliant, quoyque grandement intéressé en ladite démolition (6)

 

Requeroyt à son cousin qu'il plust à sa Majesté luy accorder ladite récompense de cent mille francs au moings Veu ladite requeste et le procès verbal dudit juge de Talmond Ouy le rapport du sieur du Chastillot, conseiller du roy en son Conseil d'Estat, commissaire à ce deputté, ce tout consideré, le Roy en son Conseil a ordonné et ordonne qu'il sera payé audit duc de la Trémoille, la somme de cinquante mille livres pour la récompense et payement du chasteau de Talmond desmoly par le commandement de sa Majesté :

 

« ladite somme payable, sçavoir : vingt cinq mille livres par « la généralité de Poitou, douze mille cinq cent livres par icelles de Guyenne , et pour le surplus de ladite somme montant douze mille cinq cent livres, ordonne, sa Majesté, qu'elle sera payée par les Estats de la Province de Bretagne, en deux années consécutives sur la creue des deniers à eux octroyés par sa Majesté, en l'acquist de leurs debtes et employ de leurs affaires.

Fait en Conseil d'Estat du Roy, tenu à Paris le 8e jour d'avril 1634, ainsy signé : « DE BOURDAULX. »

 

 

A la suite de cette pièce se trouvait, à la même date, l'ordre donné par le roi à ses surintendants des finances de payer sur la creue extraordinaire des garnisons des généralités de Poitou et Guyenne et sur les recettes des « estats de Bretagne, » les sommes ci-dessus mentionnées (7).

Reconnaître une dette, même pour un roy de France, ce n'était pas toujours la payer de suite.

 

 

 

La pièce suivante ne peut que nous confirmer dans cette opinion.

 

« Madame la duchesse de la Trémoille supplie Monsieur Tubœuf (8), de vouloir faire comprendre M. le duc de la Trémoille, son mary, ès commissions quy se doibvent envoier en la province de Guyenne, pour la creue des garnisons de la présente année, pour les sommes qui luy sont deues et restent à imposer de la somme de cinquante mil livres à luy adonnées par le Roy pour payement et récompense du razement et démolition de son chasteau de Talmond comme apert.....

 

Et toutefois, il luy a esté impossible de faire imposer, que pour la première année 1635 seullement, tant sur la dite province de Guyenne que autres et encore luy a-t-il esté deduict sur la somme de IIIIm CLXVI l XIIIs IIIId, que se trouvoit monter et revenir le tiers de la somme de douze mille cinq cents livres, qu'on  devait porter en trois années la dite province de Guyenne pour la susdite année 1635, la somme de quinze cent trente six livres neuf sols cinq deniers, que l'on dict n'avoir peu estre levée, bien qu'elle aye esté imposée en ladite généralité de Bourdeaux et Périgueux, à cause des émotions et soulèvements des peuples arrivez en ladite année qui empechèrent la levée desdites taxes et impositions en quelques eslections de la dite généralité, comme celles de Périgueux et Armagnac sous Montauban, revenant à la susdite somme de XVc XXXVI l IXs VId, que madite dame de la Trémoille supplie mondit sieur Tubœuf de vouloir aussi faire réimposer ou comprendre avec les huit mille trois cent trente trois livres cinq sols huit deniers, à quoy se trouvent monter et revenir les deux tiers de la susdite somme de 12,500 livres restant à imposer pour les deux années 1636 et 1637, qu'il est porté par le susdit arrest dudit jour 8e avril 1634, se debvoir imposer et lever sur ladite province de Guyenne en trois années consécutives, et le surplus pour faire la susdite somme de cinquante mille livres sur celles de Poitou et Bretagne ;

 

 Et madite dame de la Trémoille, comme Mr son mary, en auront une très particulière obligation à mondit sieur Tubœuf auquel elle en reitère icy sa très humble supplication. »

 

Il faut croire que Marie de la Tour obtint satisfaction et que le duc de la Trémoille toucha les sommes qui lui avaient été promises, car nous trouvons dans le mémoire que la duchesse rédigea en 1661, pour sa justification contre l'accusation de prodigalité et de mauvaise gestion qui fut portée contre elle, la phrase significative suivante :

 

« Le 8 avril 1634 j'obtins un arrêt du conseil au rapport de Mr Du Chastellet qui nous adjugea la somme de 50,000 livres pour nous desdommager du razement du château de Talmond fait en l'année 1628, depuis lequel temps on n'en avait rien peu obtenir, nonobstant la sollicitation qui en avait esté faite.

 

 Aussy j'en avois toute l'obligation à feu M. de Bullion qui fust depuis surintendant des finances, car, l'ayant rencontré à Pougues, je tiray promesse de sa faveur quand il seroit en estât de m'en donner des preuves, et j'en receus cet effect incontinent après. »

 

Disons, en passant, que, Marie de la Tour, au nom de son mari, avait vendu, le 24 février 1629, la terre et seigneurie de Bournezeau au sieur Bardin, conseiller du roi, moyennant le prix de 80,000 livres (9).

 

Le duc de Thouars maria, le 1er mars 1648, son fils aîné, Henri-Charles, avec Émilie de Hesse, et lui donna en dot Talmond et Taillebourg, comme le prouve la ratification ci-jointe des articles de mariage passée à Thouars.

 

« Ratiffication des articles de mariage du prince de Talmond, Henri-Charles de la Trémoille.

 

« Par devant les notaires du duché payrie de Thouars soubs signez, ont esté présents et personnellement establis très hault puissant, très illustre prince Monseigr Henry duc de la Trémoille et dud. Thouars , et très haulte puissante et très illustre princesse Madame Marye de la Tour, duchesse de la Trémoille, son épouse, et de lui duement octorizée par le contenu cy apprès, demeurant ordinairement en leur chastel dudit Thouars, lesquels après avoir heu lecture, de mot à mot, par l'un desd. notaires, l'autre présent, des articles accordés avec très haulte, très puissante, très illustre princesse, son Altesse Madame Amelie-Élizabeth landgrave de Hesse, née comtesse de Hénaut , sur le mariage de très hault et très illustre prince Monseigr Henri-Charles de la Trémoille, prince de Thalmond, son fils aîné, avecq très haulte et très illustre princesse Madame Émelye, princesse landgrave de Hesse, lesdits articles datiez de Cassel, le 6e septembre an présent, signés Amelye-Élizabeth de Hesse, scellez , ont mesditz seigneur et dame déclaré bien entendu et comprendre lesd. articles, iceux tous ratifiiez, approuvez et déclarez les avoir pour bien agréables , et pour y satisfaire et les exécuter de leur part, conformément à l'article où il est déclaré qu'ilsjnarient comme ils font mond. seigneur prince de Thalmond, comme leur fils aisné et principal hérityer de tous leurs biens présens et advenir,  et luy bailleront par advence de ses droicts successifs les choses qu'ils jugeront convenables à sa quallitté, leur maison et alliance, avecq logement de mesme.

 

Iceux mesd. seigneur et dame, en faveur dud. mariage, ont dès à présent donné, ceddé, quitté, délaissé et transporté à mond. seigr prince de Talmond, leur fils aisné émancippé et desclaré maitre de ses droicts, à ce présent, stipullant et acceptant pour luy et les siens à l'advenir, premièrement :

 

« la principauté terre et seigneurie de Thalmond, ses appartenances, circonstances et deppendances, sittuée au comté de Poictou sans aucune réservation ; plus le comté terre et seigneurie de Taillebourg en Saintonges, aussi avecq toutes et chascune ses circonstances, appendances et deppendances sans réservation ne retention quelconques, avecques aussi les canons, armes et autres munitions de guerre estant au chasteau dud. lieu ; plus le comté de Benon, situé au pays d'Aulnis, avecq toutes ses app.,  lesd. principaultés et comtez avecq tous les droits qui en despendent, tout ainsy qu'ils sont de présent ……….

Fait et passé au chastel de Thouars avant midy le 3 décembre 1647.

 

Ainsi signé, H. DE LA TREMOILLE, Marye DE LA TOUR, Henry-Charles DE LA TREMOILLE, et REBILLÉ et DAVID, notaires (10). »

 

 

Le pont médiéval en pierre qui traversait le cours d'eau au pied du château de Talmont (reliant la ville haute à la basse ville / faubourg du Payré) a été progressivement démonté et remplacé au XIXᵉ siècle, puis définitivement réaménagé au XXᵉ siècle.

 

Repères chronologiques :

  • Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime : L'accès à la basse ville se faisait par un pont combinant maçonnerie en pierre et tabliers/passerelles en bois. Le secteur servait de port d'échouage sur l'estuaire du Payré.

 

  • XIXᵉ siècle : Avec l'ensablement progressif du havre de Talmont et le développement des infrastructures routières, les anciennes structures médiévales et la passerelle de la Basse Ville ont été détruites ou reconstruites en chaussée moderne/pont routier en pierre de taille rectiligne.

 

  • XXᵉ siècle : L'aménagement de la route départementale et la rectification des cours d'eau (notamment le ruisseau de la Sauvagère / chenal du Payré) ont fini d'effacer le pont médiéval d'origine au profit du pont-chaussée actuel.

 

Ce pont historique apparaît encore sous sa forme ancienne sur certaines cartes postales historiques et gravures du XIXᵉ siècle avant les importants travaux de modernisation de la commune.

 

 

Une ressource vidéo en lien avec ce sujet :

 

Cette vidéo détaille l'histoire architecturale et les évolutions de la cité médiévale et du château de Talmont au fil des siècles.

 

 

 

 

 

 

(1). Il avait été fait, en 1627, pour 521 livres 19 sols de réparation au château de Talmond.

(2). La démolition du château de Poiroux eut lieu à la même époque, ainsi que celle de la Chaume (la tour d'Arundel).

(3). Ravelin, ouvrage de fortification extérieure composé de deux faces qui font un angle saillant : sert ordinairement à couvrir une courtine ou un pont : c'est ce qu'on nomme aussi demi-lune.

(4) Archives de la Vendée.

(5) Archives de la Vendée.

(6). Suit le même dispositif que dans la pièce précédente.

(7). Ces deux pièces sont conservées aux Archives de la Vendée. Extrait des registres du Conseil d'État.

(8). Tubœuf, intendant des finances royales en Guyenne.

(9) Montaigu fut vendu, en 1663, à M. de Vieille-Vigne, pour 150,000 livres.

En 1644 et 1645, un procès fut plaidé entre le prince de Talmond et Monseigneur Ph. de la Trémoille, comte d'Olonne, défendeur, pour raisons du droit de justice sur le village de l'Izambardicre. Il y a un certificat du curé de Talmond, du 20 juin 1645, qui prouve que les habitants de ce village remplirent leur devoir pascal à sa paroisse.

 

(10). Copie conservée aux Archives de la Vendée………

 

 

 

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