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PHystorique- Les Portes du Temps
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26 octobre 2026

Château de la Potherie- Challain et ses seigneurs

Les seigneurs primitifs (v. 1100) : Vers l'an 1100, la grande seigneurie rattachée aux Marches de Bretagne appartient d'abord à la famille de Candé (fondée par Geoffroy Rorgon).

 

Hilduinus de Challain est cité vers 1050, puis vide documentaire jusqu'au XIIIe.

 

L'arrivée de la maison de Thouars : C'est au début du XIIIe siècle que ces domaines passent dans la prestigieuse maison de Thouars via Guillaume de Thouars (seigneur de Candé, de Challain et du Lion-d'Angers).

 

En 1212, les armées du roi de France et des grands barons locaux font la guerre contre les partisans du roi d'Angleterre Jean sans Terre dans les Marches de Bretagne et le Haut-Anjou.

 

C'est dans ce contexte militaire actif que Guillaume de Thouars, alors seigneur de Candé, de Challain et du Lion-d'Angers, s'entoure de ses plus fidèles chevaliers et vassaux.

 

En 1220, Guillaume de Thouars était seigneur de Candé, Challain et Rochediré et Chanzeaux.

 

Guillaume de Thouars (Seigneur du Lion d'Angers et de Candé) : Fils du vicomte Aimery VII de Thouars, il apparaît à cette époque dans diverses chartes régionales.

 

1225-1230 : il est déjà seigneur de Candé, Challain, Rochediré, Chanzeaux, Chanveaux - mais pas encore marié

 

 Il épousera plus tard (en 1237) Isabeau de Châteaubriant dite de La Guerche, fille de Guillaume III de La Guerche et d'Hersende de Sillé.

 

Sa signature ou son nom en latin (Guillelmus de Thoarcio) figure fréquemment au bas des actes officiels et des donations de l'époque en Anjou et en Bretagne.

 

1222 DONATION FAITE PAR GUILLAUME DE THOUARS A COTARD DE VRITZ.

+ Sancti Spiritus adsit vobis gratia. + Sciant universi, futuri et prescrites quod ego Guillelmus de Thoarcio dedi, etc., domino Chotardo de Veriz et eredibus suis, propter servicium suum, CCC. solidos de ranta annuatim abendos in terra mea de Chalen;

Scilicet in feodo d'omini Gaufridi Britoin, etc.

De dono isto dominus, Chotardus predictus homo meus est ligium de manibus suis et eredes suiquamdiu hanc habuerint rantam.

Donum istud donatum fuit apud Sursam.

Hoc vidit et audivit dominus Fulco de Jallia, dominus Alarius de Sancto Michaele, dominus Raginaldus de Molinetis.

Data est carta ista anno ab incamatione MCCXXII.

 

 

 

 

+ Que la grâce du Saint-Esprit soit avec vous, + Sachent tous présents et à venir que nous Guillaume de Thouars avons donné à Cotard de Vritz et à ses héritiers, en considération de ses services, une rente annuelle de 300 sous sur ma terre de Chalain, et que nous tenons en fief de Geoffroy Britoin, etc.

A causé de cette donation, ledit Cotard et ses héritiers sont mes hommes liges de leurs mains tant qu'ils posséderont cette rente.

Ladite donation fut faite près de Surzur en présence de messires Foulques de la Jaille, Alain de Saint-Michel, Réginald des Moulinets.

Cette charte fut donnée l'an de l'Incarnation 1222.

 

Pris sur l'original de Châteaubriens.

(Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, vol. I, col. 820.)

 

À la suite de ce don, Chotard de Vritz devient officiellement l'homme lige (vassal direct) de Guillaume de Thouars.

  • Foulques de la Jaille, seigneur de Segré : Grand seigneur de la puissante maison de la Jaille, dont les terres s'étendent de Segré à Saint-Mars-la-Jaille.

 

  • Alain de Saint-Michel : Chevalier de la branche de la Jaille (Saint-Michel-du-Bois, aujourd'hui Saint-Michel-et-Chanveaux). L'histoire retient qu'il combat directement sous la bannière de Guillaume de Thouars en 1212.

 

  • Réginald des Moulinets (ou Renaud) : Chevalier tenant son nom du fief noble des Moulinets, situé précisément sur la paroisse de Challain.

 

Dans les actes de donations faits en faveur des établissements religieux locaux ou de la célèbre Commanderie de Sours, on retrouve fréquemment des formulations juridiques de ce type :

« ...In nomine Sanctae et Individuae Trinitatis. Notum sit omnibus tam praesentibus quam futuris quod ego [Nom du seigneur/donateur] dedi et concessi Deo et beatae Mariae... ...terram meam sitam apud Sursam... »

 

En 1222 on a beaucoup d'actes apud Sursam ou apud Sours pour la commanderie des Templiers de Sours, près de Chartres.

 

 C'est une maison templière très active où les seigneurs angevins venaient faire sceller leurs actes.

 

On retrouve la même année une donation de 40 sous de rente "en faveur des Templiers de Sours" avec la même formule apud Sursam.

 

Commanderie de Sours en Chartrain (Eure-et-Loir)

Assez modestement installés dans Chartres où les Hospitaliers les avaient précédés, les Templiers reçurent en effet en 1192 le domaine rural de Sours de la comtesse Alix, fille de Louis le Jeune et Aliénor d'Aquitaine, veuve depuis deux ans de Thibaud IV, comte de Blois, sénéchal de France, mort en Terre Sainte.

 

C'est un domaine important, comportant mairie et justice, autour d'un hébergement clos de fossés comprenant non seulement une maison mais aussi une chapelle, avec, hors des fossés, outre les terres labourables, étangs, moulin, pré.

 

Il aurait pu comprendre un pigeonnier, mais il n'en est fait nulle mention dans la charte de donation de 1192, ni dans la confirmation royale de l'année suivante où les bénéficiaires ont bien pris soin de faire préciser que l'hébergement comprenait non pas un, mais deux étangs : l'un près de la maison et l'autre près du moulin.

 

Il semble probable que l'existence antérieure d'un pigeonnier eût été mentionnée dans ces actes, et que celui que nous connaissons ait donc été élevé peu après par les Templiers eux-mêmes.


 

Les chevaliers du Temple avaient une maison en ville et une commanderie à Sours, aux environs de Chartres.

 

De celle-ci, qui était alors un des lieux-saints les plus fréquentés du monde, John Charpentier nous donne une vivante description.

 

 C'est au milieu du tumulte des manoeuvres des gagne-petit, des échappés de la Cour des miracles, des larrons et des dévots que le croisé franconien Hans d'Ingclheim vient postuler une place dans l'ordre du Temple.

 

Il est confié au chevalier Hervé de Jaudrais, qui l'initiera peu à peu aux secrets des frères.

 

« De quelque côté que l'on vienne, lui dit le commandeur, il n'y a qu'un porte pour entrer dans le Temple et le front le plus orgueilleux doit se courber aussi bas que le plus humble pour la franchir. »

 

L'auteur reconstitue avec un soin minutieux le milieu où évoluent ses personnages, milieu sacro-saint depuis des siècles et traversé alors par de puissants courants d'idéologie et de mystique effrénée, dans le désordre des moeurs et la brutalité des époques troublées.

 

Il a raison sur la topographie, mais il exagère un peu le côté "lieu-saint le plus fréquenté du monde" - ce qui était fréquenté, c'était Chartres et sa cathédrale Notre-Dame, en pleine reconstruction après l'incendie de 1194.

 

 Sours, à 7 km au sud-ouest de Chartres, était la grange et le coffre-fort de la maison de Chartres : terres labourables, étangs, moulin, justice.

 

En 1222, à cheval, comptez 6 à 7 jours de chevauchée entre ses deux terres - ce qui montre bien que la donation de 300 sous de rente à Cotard de Vritz était un acte solennel, pas une simple affaire locale.

 

 

Guillaume de Thouars décède vers 1242 certainenement dans les combats de Taillebourg.

==> Il y a 780 ans, Saint-Louis, roi de France livrait Bataille à Taillebourg et Saintes (juillet 1242)

 

Par sa fille Belle-Assez de Thouars (fille du vicomte Guy Ier de Thouars et d'Alix de Mauléon), les terres passent à Geoffroy V de Châteaubriant (1243-1263), qui obtient Challain par donation.

 

Il a notamment participé à la septième croisade aux côtés du roi Saint Louis (1248–1254).

 

L'histoire d'amour et le mariage d'Alix, dite « Belle-Assez » de Thouars, et de Geoffroi V de Châteaubriant, célébrés selon la tradition locale le 16 mai 1255, marquent profondément les mémoires d'Anjou et du Haut-Anjou.

 

C'est par cette alliance que la puissante famille de Châteaubriant prend possession de la baronnerie de Challain pour les deux siècles suivants

 

Néanmoins, à la fin du siècle, Geoffroy V de Châteaubriant divisa sa succession entre deux fils, l'aîné Geoffroy VI, recevant Châteaubriant, Candé et toutes les autres grandes propriétés, et le cadet, Jehan, héritant de Challain et du Lion.

 

 

En 1284, après un partage, Challain devient propriété d'une branche cadette qui le garde jusqu'en 1522, date de la mort de Marie de Châteaubriant, mariée à Jean III de Chambes, seigneur de Montsoreau.

 

Le Roy de la Potherie. Les Le Roy de la Potherie (éteints) possédaient, depuis 1740, la terre de Challain, qui fut érigée en comté en 1748.

 

Charles de Chambes, chlr de l'ordre du Roi, capitaine de cent chevau-légers, gentilhomme ordinaire de la chambre de Monseigneur, comte de Montsoreau, baron de Pontchâteau et sgr de la Coutancière, qui épousa, en 1576, Françoise de Maridort (la dame de Montsoreau), était le second fils de Philippe de Chambes, sieur de Montsoreau, et d'Anne de Laval. Il naquit au château de Challain, le 28 novembre 1549.

 

Son frère, Jean de Chambes, au nom de ses frères et soeurs, vendit, par acte du 7 janvier 1574, la terre de Challain à Antoine d'Espinay, sgr de Broon, auteur de la branche des Broon d'Espinay, fils de Guy, sgr d'Espinay, comte de Rochefort et de la Rocheguyon, baron dAuneau et de Montfiquet, et de Louise de Goulaine.

 

 

En l'an 1428, Robert de Dinan, baron de Château-briant, donna l'église et presbytère de Notre-Dame de Challain à l'abbesse et religieuse de Nyoiseau.

 

 Ce Robert de Dinan se rendit dans ce même temps cor-delier au monastère de cet ordre, dans la forêt de Teillé, près de Châteaubriant.

 

Théandre de Chateaubriand, chevalier, a été seigneur de Challain vers 1450. Il était marié à Françoise-Edouarde. (Bibliothèque d'Angers, n° 921.)

 

En 1400, Cupif (famille) prétendait descendre de Jacques Cupif, Ecossais de la garde du roi, qui s'était retiré à Candé, à la mort de Charles VII ; elle s'est éteinte dans la famille Leroy de la Potherie, après avoir fourni de nombreux magistrats à l'Anjou et quatre maires à Angers ; elle portait d'azur au chevron d'or, accompagné de trois trèfles de même 1eret 2°.

 

Christophe Cupif, sieur d'Aussigné, président à l'élection d'Angers en 1627, fut nommé maire le 20 avril 1655 et fit reconstruire les grands ponts.

 

Nicolas Cupif, sieur de Teildras, conseiller au présidial d'Angers, fut élu maire le Ier mai 1669 et continué pour deux ans ; on lui doit la place qui porte son nom. La devise ou jeton de sa dernière mairie rend témoignage à son activité : Labori reddita merces. Il mourut à sa terre de Teildras, âgé de 65 ans, le 30 septembre 1687, et fut inhumé le lendemain dans l'église de Cheffes. Je possède un jeton de lui.

 

La terre de la Potherie fut vendue par la veuve de Scepeaux, le 26 mai 1582, à Messire Christophe Fouquet, président du parlement de Rennes, chevalier, seigneur de Challain et de Rochediré, mort à Paris en juin 1628. Quelques mois après sa mort, sa femme mourut, et ils ont été rapportés aux Carmes de Challain-la-Potherie.

 

En 1708, vivait Bernardin Fouquet, comte de Challain, dont la veuve, Catherine Desmos, était donataire, en 1722, et de laquelle acquit ou hérita Urbain Leroy, seigneur de la Potherie, mari de Catherine Cupif.

 

Dans l'Armorial de Bretagne de 1669, on trouve les armes de la Rochefoucauld, seigneurs et comtes : « Burelé d'argent et d'azur de dix pièces et trois che- « vrons brisés de gueules sur le tout. 0

 

En 1700, au siècle de Louis XIV, les femmes avaient pris un tel ascendant à la cour, que le duc de la Rochefoucauld lui-même avouait, dans des vers restés célèbres, l'empire exercé sur sa conduite par Mmc de Longueville, surnommée la belle aux yeux de turquoise :

 

Pour mériter son coeur, pour plaire à ses beaux yeux, J'ai fait la guerre aux rois, je l'aurais faite aux dieux.

 

On trouve dans la tutelle des mineurs de Bourmont, des 5 et 7 janvier 1772, appelé comme témoin, M. Jacques-Louis de la Rochefoucauld-Bayers, demeurant au château du Plessis-Landry, paroisse de la Motte-Achard, parent au deuxième degré paternel, lequel était représenté, en vertu de.sa procuration, donnée à M. Alexis-Antoine Charlery de la Guibretais, commandant de la garde nationale de Candé.

 

Arrêté préfectoral du 23 janvier 1826, rendu sur la demande de M. le comte Louis Leroy de la Potherie, député, qui nomme le bourg de Challain la Potherie.

 

En 1834 et 1835, le conseil municipal a demandé l'autorisation de reprendre le nom de Challain, ou tout au moins de Challain-la-Potherie.

 

En 1752, dîmes du comté de la Potherie, ci-devant Challain.

Item, j'ai droit de dîmes sur toutes les terres du lieu du bas Coherne, fors sur les anciens jardins où mon curé prend la dîme.

Item, en l'enclos de vignes de la Maussionnaie, je prends le dîmage au tiers.

Item, les planches de vignes des Aulnais et de Bellanger, le tout étant au grand dîmage.

Item, tout le haut de la vigne et buissons de la Chapellière, contenant environ six boisselées.

Une grande partie des coteaux de la paroisse de Challain, autrefois, étaient en vignes ; aussi est-il dit, dans l'aveu, que le curé de Challain avait droit de venir, lorsque les vins étaient arrivés au château, et d'en choisir une pipe.

Item, lorsque mes bleds de ma dite dîme sont battus, qu'ils se portent dans mes greniers, mon curé a accoutumé de venir quérir un septier de bled qui lui en est donné.

 

Du château médiéval au monument actuel

La forteresse médiévale d'origine possédée par Isabeau de Thouars et les Châteaubriant a totalement disparu au fil des guerres successives.

 

« Cette antique demeure, d’aspect uniforme, élevée d’un étage sur rez-de-chaussée, avec mansardes, était précédée, vers le nord, d’une cour verte encadrée par les bâtiments de services ;

L’ensemble était entouré de douves sur trois côtés ;

La partie de l’ouest, en bordure de la route de Candé, était bornée par une allée de tilleuls près de laquelle s’élevait un labyrinthe, motte antique de cinq à six mètres de hauteur, qui fut rasée vers 1840.

 A l’angle nord-est des douves, les anciens seigneurs avaient bâti une tour, transformée en fuie au commencement du XIXe siècle et qui servait d’abri à deux ou trois cents pigeons ; elle fut démolie vers 1835.

 Une autre tour, plus importante, défendait l’angle nord-ouest ; c’était jadis la prison. On la détruisit en 1827. »

 

Ce manoir était déjà très abîmé en 1832 :

  1. La prison du nord-ouest détruite en 1827 - on abat la défense médiévale
  2. La fuie à 200-300 pigeons démolie vers 1835 - on perd le symbole seigneurial
  3. La motte-labyrinthe de 5-6m rasée vers 1840 - on nivelle le site

 

Et surtout :

Louis Le Roy de La Potherie mourut en 1847 et laissa le château et les terres de Challain à sa fille Louise-Ida, épouse La Rochefoucauld.

C'est elle et son mari qui ont fait démolir le vieux château et fait bâtir l'immense édifice néogothique à la place.

Le nouveau château de Challain, terminé en 1854

 

Et :

Il existait un château à Challain probablement depuis le milieu du XIe siècle. Au XIXe siècle, la terre appartient à la famille de La Rochefoucauld-Bayers qui fait construire le nouveau château de 1847 à 1854, près de l'ancienne demeure démolie ultérieurement

 

C'est sur cet emplacement historique qu'a été érigé au XIXe siècle l'actuel et majestueux Château de Challain-la-Potherie, joyau néo-gothique de la région.

 

 

 

 

 

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