Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PHystorique- Les Portes du Temps
TRADUCTION
Derniers commentaires
29 octobre 2026

A la date du 29 octobre 1793, la garde nationale de Chinon amène devant les administrateurs du district un individu qu'elle a arrêté sans passeport, et dont le costume et les réponses ont paru suspects.

 

Le 12-16 mars 1793 : Vihiers devient le premier arsenal vendéen
  • 12 mars : Saint-Florent-le-Vieil, les conscrits refusent la levée des 300.000 hommes. C'est Jacques Cathelineau, le colporteur, qui les prend.

 

  • 13 mars : Jallais et Chemillé tombent.

 

  • 14 mars : à Cholet, jonction avec Stofflet — qui venait bien d'Yzernay et Vezins, comme vous l'écrivez — plus d'Elbée et Bonchamps. L'armée catholique est née.

 

  • 16 mars : Vihiers est occupé. Et là, le détail capital que vous notez : et prennent la pièce de canon Marie-Jeanne.

 

Marie-Jeanne, c'est LE canon de la Vendée. Une pièce de 12 prise aux républicains à Vihiers.

Les Vendéens la traîneront pendant 9 mois, de Coron à Torfou, jusqu'à la Virée de Galerne. La prendre à Vihiers le 16 mars, c'est ce qui leur donne une artillerie. Sans Vihiers, pas de Marie-Jeanne. Sans Marie-Jeanne, pas de victoire de Cholet.

 

En mars 1793, les républicains se retranchent dans les souterrains du château.

C'est pour ça que le 18 juillet — date que donne Laplace — il y a encore un combat à Vihiers. C'est la reprise républicaine.

 

2. L'interrogatoire de Chinon — 29 octobre 1793 : l'envers du décor

Votre second texte, c'est une perle des Archives de Maine-et-Loire, série L. Le chanoine Uzureau l'a publiée.

On est 7 mois plus tard. La Vendée a perdu.

 

Qui est Joseph Laplace ?

  • 29 ans, de Rouen Saint-Sever, praticien chez M. Romain — les administrateurs notent bien qu'il dit Monsieur et pas citoyen, à l'époque c'est un marqueur : suspect de royalisme.

 

  • Enrôlé à Paris en décembre 1792 dans le 14e bataillon de Paris, compagnie Rayé / Virion / Barbier / Tabourin, sergent-major Durand — c'est précis, c'est vérifiable.

 

  • 600 hommes seulement à l'arrivée en Vendée. Il fait Orléans, Tours, puis : deux affaires de Martigné et une de Vihiers, en qualité de soldat. Martigné-Briand est à 8 km de Vihiers. Il y était.

 

  • Pris à Vihiers le 18 juillet 1793, par l'armée catholique. C'est la bataille où les Vendéens reprennent Vihiers aux Bleus.

 

  • Enfermé à Cholet puis Châtillon, puis Montrevault.

 

 

Et là, la note (1) : Les prisonniers républicains furent mis en liberté le 18 octobre 1793 à Saint-Florent-le-Vieil, à la demande de Bonchamps.

 

C'est le Pardon de Bonchamps. Bonchamps, mourant à Saint-Florent le 18 octobre, fait gracier 5 000 prisonniers républicains enfermés dans l'abbaye.

Laplace en fait partie. Il est libéré par l'armée vendéenne elle-même.

 

Il rentre seul, sans uniforme — on me les a pris — avec un habit donné à Beaupréau, passe par Cholet, Châtillon, arrive à Chinon sans passeport, le 29 octobre. D'où l'arrestation.

 

Et la conclusion du district est magnifique : Laplace est plus que suspect [...] Il a plutôt la tournure d'un ex-prêtre que d'un soldat.

Pourquoi ? Parce qu'il sait signer — rare pour un soldat de 1793 — qu'il dit Monsieur, qu'il a 29 ans et se dit praticien sans profession avant.

Commission qui, comme vous le notez, ne donna aucune suite — il s'en sort.

 

A Chinon (29 octobre 1793)

A la date du 29 octobre 1793, la garde nationale de Chinon amène devant les administrateurs du district un individu qu'elle a arrêté sans passeport, et dont le costume et les réponses ont paru suspects.

 

Le district procède comme suit à son interrogatoire : 

— Quel est votre nom ? — Joseph Laplace.

— Votre pays ? — Rouen, paroisse Saint-Sever-le-Faubourg.

— D'où veniez-vous ? — Des prisons de Montrevault.

— Qui vous tenait en prison ? —- L'armée catholique.

— Où avez-vous été pris ? — A Vihiers.

— A quelle époque ? — Le 18 juillet.

—-Dans quel bataillon ? — Dans le 14e bataillon de Paris.

— Depuis quand étiez-vous dans ce bataillon ? — Du mois de décembre dernier.

— A quel endroit y êtes-vous entré ? — A Paris.

— Que faisiez-vous auparavant ? — Rien.

— Qu'est-ce qui vous a enrôlé ? — Le capitaine Rayé.

— Etes-vous venu d'autres fois à Chinon ? — J'y suis venu il y a longtemps, environ quinze ou seize mois.

— Qu'êtes-vous venu y faire ? — Avec le bataillon.

— Qui commandait ce bataillon-là ? — Le chevalier Osswal, Anglais.

— Dans quelles prisons avez-vous été? — Cholet et Châtillon.

— Qui vous a délivré ? — L'armée de Mayence.

— A quel endroit ? — A Montrevault.

— Quel jour ? — Le 18 octobre (1).

— Combien y a-t-il de temps que votre bataillon était dans l'armée de la Vendée ? — Je n'en sais rien.

— Où avez-vous été en sortant de Paris après votre enrôlement ?

— A Orléans et à Tours.

— Quand vous êtes arrivé en Vendée, le bataillon était-il complet ? — Non, il n'était que de six cents hommes. J'étais de la compagnie de Rayé, lieutenant Rarbier, sous-lieutenant Tabourin ; ou plutôt Virion lieutenant, Barbier sous-lieutenant.

— Quel était le nom du sergent-major? — Durand.

— En quittant Montrevault pour venir ici, par où avez-vous passé?

— A Cholet, à Châtillon et, de là, à Chinon.

— De Châtillon à Chinon, vous êtes-vous arrêté en quelques villes?

— Je n'en sais rien.

— Avec qui êtes-vous venu ? — Je suis venu seul.

— Sous quels généraux avez-vous servi ? —Sous le général Joly.

— A quelles affaires vous êtes-vous trouvé ? — A deux affaires de Martigné et à une de Vihiers, en qualité de soldat.

— Qu'avez-vous fait de votre uniforme et de vos armes ? — On me les a pris.

— Qui vous a donné votre habit et en quel endroit ? — Un citoyen que je ne connais pas, à Beaupréau.

— Quelle était votre profession à Rouen ? — Praticien.

— Quel âge avez-vous ? — 29 ans.

— Où avez-vous travaillé comme praticien à Rouen ? — Chez Monsieur Romain (2).

— Connaissiez-vous des chefs de brigands (vendéens) ? — Je connaissais de réputation Bonchamps.

— Connaissiez-vous d'autres prisonniers? — Oui, Poucheron dans les mêmes prisons, du même bataillon, qui est d'Orléans.

— Etiez-vous renfermé ou libre chez l'ennemi? — J'étais renfermé.

—- Savez-vous signer ? — Oui.

Laplace signe au bas de chacune des trois pages de son interrogatoire.

 

Puis les administrateurs du district prennent la décision suivante :

 « Laplace-est plus que Suspect d'après ses réponses et sa conduite. Il a plutôt la tournure d'un ex-prêtre que d'un soldat. »

En conséquence, « il sera conduit par la gendarmerie à la Commission Militaire séante à Saumur, à l'effet d'y être jugé suivant qu'il y sera reconnu et mériter. » (3).

En pleine Terreur, ça suffit pour l'envoyer à la Commission militaire de Saumur présidée par Félix.

La Commission Militaire ne donna aucune suite à cette affaire.

Chanoine UZUREAU.

 

 

 

18 Octobre 1793, le général Charles Melchior Artus de Bonchamps meurt près de Varades. (Passage de la Loire) <==

La « Marie-Jeanne» HISTOIRE D'UN CANON DE LA GUERRE DE VENDEE <==

Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates) <==

 

 

 

(1) Les prisonniers républicains furent mis en liberté le 18 octobre 1793 à Saint-Florent-le- Vieil, et c'est l'armée vendéenne qui leur donna la liberté, à la demande de Bonchamps.

(2). Observé qu'il ne se sert que du mot Monsieur (note des administrateurs du district de Chinon).

(3) .Archives de Maine-et-Loire, série L, tribunaux révolutionnaires, tome II, 20e dossier.

 

 

Commentaires
PHystorique- Les Portes du Temps