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PHystorique- Les Portes du Temps
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25 octobre 2026

En 1816, Louis-Charles-Bonaventure- Pierre, Comte de Mesnard fut nommé premier écuyer de Mme la duchesse de Berri, qu'il alla recevoir, au nom de son époux, à Marseille.

L'arrivée en France de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles en mai 1816 est un événement politique majeur, orchestré pour célébrer le retour et la pérennité de la dynastie des Bourbons après la chute de Napoléon

 

1. Le débarquement triomphal à Marseille

Après un mariage par procuration célébré à Naples le 14 avril 1816, la jeune princesse de 17 ans embarque pour la France.

 

Elle jette l'ancre au large de Marseille et débarque officiellement dans le port le 21 mai 1816

 

C'est le 21 mai 1816, il est neuf heures et demie du matin, et le fort de Notre-Dame de la Garde vient d'annoncer par une salve de cent coups de canon que la Fleur-de-Lys et la Néréide viennent de pénétrer dans la rade de Marseille et de jeter l'ancre au mouillage d'Eudonne.

 

Depuis la veille, l'approche de la flotte napolitaine est signalée, et le Momus, fin voilier chargé d'éclairer la route et commandé par M. de Villeneuve- Bargemont, est entré dans le port, précédant de quelques heures seulement les deux navires français que l'amiral de Messiessy a envoyés se joindre à l'escorte.

 

La petite escadre du royaume des Deux-Siciles se compose de trois vaisseaux.

 

C’est d'abord la frégate Christine, que commande le capitaine Barone et sur laquelle a pris passage la princesse napolitaine, puis le Saint-Ferdinand, vaisseau de ligne de quatre-vingts canons, commandé par le capitaine Staiti, et enfin la corvette la Renommée, capitaine Bauzi.

 

— Sept jours se sont écoulés depuis que les navires ont quitté le port de Naples, et cette longue traversée a été des plus pénibles.

 

Une violente tempête a assailli les deux escadres combinées et a failli les jeter sur les récifs de l'île d'Elbe; plusieurs vaisseaux, pendant quelques heures, ont même couru les dangers les plus graves.

 

Mais tout cela, heureusement, n'est plus maintenant qu'un mauvais souvenir, la tempête s'est calmée, le ciel est redevenu sans nuages et un soleil radieux éclaire cette rade immense de Marseille, assez large pour donner asile aux flottes les plus puissantes et que domine la colline où apparaît la poétique chapelle de Notre-Dame de la Garde, patronne des matelots.

 

 Dans sa ceinture de feuillage, au milieu des bouquets d'orangers et de citronniers, la cité Phocéenne, encadrée par les hautes montagnes qui ferment l'horizon, apparaît toute blanche, pavoisée de guirlandes et de banderoles qui flottent joyeusement au souffle du vent.

 

En un instant, la population envahit les quais et le rivage, la rade se couvre d'embarcations innombrables, décorées de fleurs et de drapeaux blancs, sur lesquelles se presse une foule joyeuse et bruyante, avide d'apercevoir les traits de la jeune princesse qui va réunir une fois de plus les deux branches de la maison de Bourbon.

 

C'est à ce moment précis que le comte de Mesnard l'accueille au nom de son futur époux.

 

Mais les règles de la salubrité publique ne souffrent pas d'exception, même pour les personnages les plus augustes; une quarantaine de dix jours au Lazaret a été imposée à la princesse et à sa suite par le comité sanitaire, et les barques officielles qui portent le préfet, le maire et les autorités, ne peuvent franchir les limites fixées par les règlements de police.

 

 La maison de la future duchesse, envoyée de Paris au-devant d'elle, est astreinte aux mêmes obligations, et c'est de loin seulement que ses dames peuvent lui souhaiter la bienvenue.

 

A l'aide d'un porte- voix, le duc d'Havré, représentant le Roi, et le baron de Damas, commandant la place de Marseille, lui adressent leur compliment d'arrivée.

 

La princesse apparaît à l'une des fenêtres de la chambre du conseil, à l'arrière de sa frégate, répondant timidement par des saluts aux vivats et aux démonstrations; tous les yeux sont fixés sur le même point, tous les cœurs sont remplis du même sentiment, tous les visages reflètent le même enthousiasme.

 

On la suit du regard jusqu'au moment où elle débarque pour entrer au Lazaret, saluée par le bruit du canon, des musiques militaires et des acclamations mille fois répétées.

 

 Cette princesse, qui vient pour la première fois de mettre le pied sur la terre française et dont l'arrivée est saluée par de si unanimes ovations, c'est Marie-Caroline-Ferdinande-Louise de Bourbon, fille du prince héréditaire des Deux-Siciles, et déjà moralement l'épouse de Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry, petit-fils de France, à qui elle a été unie par procuration avant de quitter son pays natal.

 

On raconte qu'au moment où la future duchesse de Berry venait au monde, par une superbe journée de l'automne de 1798, on vit s’élever tout à coup, sans que rien l'eût fait prévoir, une tempête effroyable, et qu'un terrible cyclone balaya tout sur son passage, dévastant la ville de Naples et les campagnes voisines, puis, après une heure de ravages, les éléments déchainés se calmèrent et le soleil se remit à briller dans un ciel sans nuages.

 

 

2. La remontée vers Paris et la rencontre à Fontainebleau

Une fois la quarantaine levée, elle entame un long voyage à travers la France vers la capitale, acclamée par les populations locales.

 

  • Le 15 juin 1816, elle arrive au Château de Fontainebleau

 

 

  • C'est dans la forêt de Fontainebleau qu'a lieu la première entrevue physique avec son époux, le duc de Berry, ainsi qu'avec le roi Louis XVIII et le reste de la famille royale.

 

  • Deux jours plus tard, le 17 juin 1816, le mariage religieux est célébré en grande pompe à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

Par sa fraîcheur et son rejet du protocole, la duchesse de Berry allait rapidement transformer l'ambiance morne de la cour de la Restauration en y apportant les fêtes, la mode et un vent de modernité

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