1832 Palais de Holyrood à Édimbourg en Écosse - Henri d'Artois (1820–1883), écrit à sa mère la duchesse de Berry qui est partie se faire tuer en Vendée.
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Lors de leur exil en Écosse après la révolution de 1830, le jeune prince Henri (alors duc de Bordeaux, puis comte de Chambord) et la famille royale d'Artois (Charles X, la duchesse d'Angoulême, Louise d'Artois) résidaient en effet au Palais de Holyrood à Édimbourg.
À son arrivée en Grande-Bretagne, le roi déchu se retire d'abord, durant quelques semaines, au château de Lulworth, à quelques kilomètres à l'ouest de Bournemouth, dans le Dorset, dans le sud-ouest de l'Angleterre, puis au palais de Holyrood, à Édimbourg, en Écosse, jusqu'en 1832
Octobre 1830 - 1832 : Charles X s'y installe avec toute sa famille — son fils le dauphin Louis-Antoine, sa bru la duchesse de Berry (au début), et ses deux petits-enfants Louise et Henri, duc de Bordeaux, futur comte de Chambord, 10 ans.
À cette époque :
- Les appartements qui leur étaient attribués au Palais de Holyrood étaient ceux autrefois occupés par Marie Stuart au XVIᵉ siècle et d'anciens appartements d'État.
- Contrairement à la décoration très chargée, riche et dorée du Palais d'Hiver (style néo-rococo/Empire tardif russe de l'aquarelle ci-dessus), le cadre de vie de la famille royale à Holyrood entre 1830 et 1832 était décrit par les témoins contemporains comme beaucoup plus sobre, austère et mélancolique, avec de grandes boiseries en chêne sombre et des tapisseries anciennes.
La lettre est écrite pendant qu'elle est cachée à la Mouchetière, à la Preuille, puis à la Rairie.
«Holy-Rood, 1832.
Ma chère maman,
Je suis bien chagrin de ne plus vous voir. Votre présence est si nécessaire à mon bonheur, qu'il me semble que tout me manque, maintenant que vous êtes loin de moi.
Grand-père me dédommage de votre absence, autant qu'il est possible, par sa tendresse ; mais enfin, cela ne vous rend pas à la mienne, et tant que je ne vous verrai pas, j'aurai toujours quelque chose à désirer.
Je travaille de mon mieux, car je tiens à savoir comment un homme doit se conduire, et, bien que je ne sois qu'un enfant, je veux du moins mériter qu'on me plaigne de ne pas être à ma place, et si je puis rien obtenir de plus.
Je prie Dieu pour vous chaque jour; je l'invoque comme vous m'avez appris à le faire, pour la prospérité de la France.
Chère France ! quand me sera-t-il permis de la revoir? J'étais si heureux à Paris, au milieu des Parisiens! On dit qu'un enfant leur fait peur, ce n'est cependant pas le petit chaperon qui mange les loups ; il donne, au contraire, de la galette, et même de bon coeur.
Edimbourg ne vaut point Paris, ni Holy-Rood les Tuileries ; mais ce qui nous dédommage un peu, c'est l'amitié qu'on nous témoigne, et dont grand-père et moi devons être bien reconnaissants ; il fait froid et sombre, je sors pourtant, je cours tant que je peux, cela réchauffe ; et puis, quand on marche, on songe moins à ce que l'on a perdu : à sa bonne mère d'abord, et ensuite aux chers amis qu'on a laissés loin, bien loin !
Je vous embrasse, chère maman, avec une tendresse égale à la vôtre ; heureux si un jour je puis vous en donner des preuves.
HENRI.»
Poitou Aquitania: Période Contemporaine - La Révolution 1795 Bonaparte <==