16 mars 1430 Sully-sur-Loire Lettre de Jehanne d’Arc aux habitants de Reims
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Au début de 1430 (février-mars), Jeanne d’Arc séjourne au château de Sully-sur-Loire, propriété de Georges Ier de La Trémoille, grand chambellan et favori de Charles VII. Elle était à Sully avec le roi qu'elle avait à peine quitté depuis l'échec de la Charité.
La Trémoille, partisan d’une politique de négociation plutôt que de guerre à outrance, freine les initiatives militaires de Jeanne.
Elle se sent contrainte et mal supportée à la cour.
Le duc de Bourgogne commençait alors à dessiner plus nettement sa politique. Sortant des ambiguïtés où il s'était complu depuis plusieurs mois, il rassemblait ses forces et menaçait les places françaises de la Champagne et de la Picardie.
Les habitants de Reims, dévorés d'inquiétude, s'adressaient au lieutenant général comte de Vendôme, à leur évêque Regnault de Chartres, mais surtout à la Pucelle qui, quelques mois auparavant, leur avait amené Charles dauphin, et l'avait ramené roi, de par le sacre.
Jeanne d’Arc, alors répond aux habitants de Reims qui s’inquiètent d’un éventuel siège par les Anglo-Bourguignons.
Elle les rassure, leur promet d’intervenir rapidement et les invite à rester fidèles.
C’est l’une des dernières lettres authentiques de Jeanne avant sa capture (23 mai 1430 devant Compiègne).
« À mes très chers et bons amis, gens d’Église, bourgeois et autres habitants de la ville de Reims.
Très chers et bien-aimés, et que je désire beaucoup revoir,
Jeanne la Pucelle a bien reçu vos lettres, dans lesquelles vous mentionnez que vous craignez d’avoir le siège.
Sachez que vous ne l’aurez point, si je puis les rencontrer assez tôt.
Et s’il arrivait que je ne les rencontre pas et qu’ils viennent devant vous, fermez bien vos portes, car je serai bientôt auprès de vous.
Et s’ils y sont, je leur ferai chausser leurs éperons si vite qu’ils ne sauront comment prendre et lever [le siège], et ce sera si bref que ce sera bien tôt.
Je ne vous écris rien d’autre pour le présent, sinon que soyez toujours bons et loyaux. Je prie Dieu qu’il vous ait en sa garde.
Écrit à Sully, le XVIe jour de mars.
Je vous enverrais encore quelques nouvelles dont vous seriez bien joyeux, mais je crains que les lettres ne soient prises en chemin et que l’on voie lesdites nouvelles.
Signé : Jehanne»
« A mes très chers et bons amis gens d’Eiglise bourgois et aultres habitans de la ville de Rains.
Très chiers et bien aimés et bien desiriés aveoir (2), Jehenne la pucelle ey receu vous letres faisent mancion que vous vous dopties (3) davoir le sieige. Vulliés savoir que nous nares point, si je les puis rencontreys bien bref (4) et si ainsi fut que je ne les recontrasse ne eux venissent devant vous, si fermes vous pourtes (5) car je serey bien brief (6) vers vous, et ce eux y sont je leur ferey chousier (7) leurs espérons si a aste (8) quil ne saront par ho les prandre, et lever, cil y et si bref que ce sera bien tost (9) autre chouse ne vous escri pour le présent mes que soyez toutjours bons et loyals je pri a dieu que vous ait en sa guarde. Escript a Svlly le XVI e jour de mars.
Je vous mandesse anquores auqunes nouvelles de quoy vous fussiez bien joyeux (10) mes je doubte que les letres ne feussent prises en chemin et que Ion ne vit lesdites nouvelles.
Signé: Jehanne. »
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Cette lettre porte la signature de la Pucelle. On peut y constater les progrès accomplis depuis quatre mois. Jehanne n’a plus d’hésitation pour tracer son nom; les caractères sont liés ensemble; c’est maintenant une signature facile et courante.
Fin mars 1430 (vers le 28 mars – 1er avril)
Un moment vint où elle ne put plus tenir à leurs supplications désespérées.
Ne trouvant autour d’elle que des contradictions, elle s’échappa de Sully avec une faible escorte et résolut de se rendre sur le théâtre de la guerre.
Vers la fin mars 1430 (entre le 28 mars et le 1er avril environ), Jeanne quitte Sully avec une petite troupe pour reprendre la campagne vers le nord (Lagny, puis Compiègne).
Son départ semble s’être fait de manière assez brusque, voire semi-clandestine, contre les souhaits du parti de La Trémoille.
Partie de Sully le 28 mars…
L’entourage de Jeanne lors de son départ (vers le 28 mars 1430)
Quand elle quitte Sully avec une petite escorte, on trouve à ses côtés :
- Ses deux frères : Pierre d’Arc et Jean d’Arc
- Son écuyer / intendant : Jean d’Aulon
- Son confesseur : le frère augustin Jean Pasquerel
- Une faible troupe de gens d’armes (plus tard renforcée par des mercenaires italiens sous les ordres de Baretta)
15 avril 1430 et suite…elle entendit, le 15 avril, ses « voix » lui révéler qu’avant la Saint-Jean prochaine elle serait prisonnière… et qu’il le fallait ainsi.
— Prends tout en gré, disaient les voix ; ne te soucie de ton martyre ; tu en viendras enfin au royaume de paradis.
Elle interrogeait sur l’époque précise ; elle suppliait ses saintes d’obtenir qu’elle mourût sans avoir souffert les tourments d’une longue captivité…
Plus d’autre réponse :
— Il le faut !… Prends tout en gré.
Quelques semaines plus tard, Jeanne était en effet captive.
On sait par quel calvaire « elle s’en vint enfin au royaume de paradis ».
Mais peut-être quelques-uns ne se seraient-ils pas rappelé pourquoi nous avions raison de dire que le château de Sully-sur-Loire se plaçait en tête des stations de son « chemin de croix ».
Poitou Aquitania: Bas Moyen-Age 1377/ 1453 période Guerre de 100 ans<==
Novembre- Noël 1429 Siège de Saint-Pierre le Moutiers et de la Charité sur Loire par Jeanne d’Arc. <==.... .....==> ==> Jehanne, Jeanne d'Arc, Sa vie, son histoire jusqu'a l'Anneau par Phystorique
(2) Que je désirerais bien voir, je Jehanne la Pucelle ai reçu vos lettres.
(3) Vous redoutiez.
(4) Veuillez savoir que vous ne l’aurez point, si je les puis rencontrer bientôt.
(5) Et s’il arrivait que je ne les rencontrasse pas et qu’ils vinssent devant vous, fermez vos portes.
(6) Car je serai bientôt près de vous.
(7) Chausser.
(8) En telle hâte.
(9) Et si le siège était mis, je le ferais lever si bref que ce sera bientôt.
(10) Un mot effacé, choyaux, prouve que le scribe écrivait comme il entendait, et par conséquent que Jehanne dictait séance tenante. — Ce serait une nouvelle preuve que Jehanne savait lire, car la correction, faite immédiatement dans le texte, prouve que Jehanne lisait à mesure qu’écrivait son scribe, et elle a fait remplacer le mot « choyaux» par «joyeux ». Dans la lettre du 6 août, au contraire, lettre qui n’est pas signée, toutes les corrections sont en surcharge, ce qui indique qu’elles n’ont été faites qu’après coup, lorsque Jehanne s’est fait relire sa lettre.