Liste des chevaliers du combat au champ clos de Montendre en 1402
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I.— ARNAUD-GUILLEM DE BARBAZAN
Il était d’une famille par -dessus tout guerrière, dans cette province de Gascogne où chacun est belliqueux, et depuis longtemps elle s’y était rendue illustre.
Originaire du pays de Nébouzan, elle habitait le château de Barbazan dont elle tirait son nom, à l’extrémité de la vallée de Barousse, là où la petite rivière de Lourse se jolie dans le lit de la Garonne encore à son origine.
« Fièrement campé sur un des promontoires du massif du pic de Gar, le château de Barbazan, encore debout, atteste par sa forte position et son assiette imprenable la puissance et la magnificence de ses héroïques seigneurs «
Les ancêtres de notre héros sont de toutes les batailles ; ils prennent part à tous les combats, toujours les premiers où il y a un bon coup à frapper.
« Alliés fidèles des comtes d’Armagnac, ils luttent pour la fortune de la France ; et ce n’est que forcés par la loi du vainqueur qu'ils courbent momentanément la tête devant la bannière du roi d’Angleterre. »
C’est pour récompenser les Barbazan de heur fidélité à la cause nationale, et aussi les services signalés du chef de la famille, que le duc d'Anjou nomma Manaud de Barbazan,en 1370, maréchal du Languedoc, puis capitaine du Poitou, de la Saintonge et de l'Angoumois, en lui servant une pension de 300 livres d’or par mois.
C’est de ce Manaud de Barbazan et de Jeanne de Lambert qu’était fils notre Arnaud-Guillem de Barbezan ; il avait une sœur, Jeanne, qui habitait le château de Tauzia, et un frère, Jean, mort avant son père, et dont la fille, Oudine, mariée au seigneur de Faudoas, devint à la mort de son oncle héritière de tous les biens de cette puissante maison.
M. Philippe Lauzun, dans sa très importante étude, Châteaux gascons de la fin du XIIIe siècle, à l’article Tauzia, II, (Voir Revue de Gascogne, t. XXXIII, décembre 1892, p. 555), a raconté la vie du preux.
Nous lui laissons la parole :
« C'est d’abord dans les tournois, l'école indispensable à tout gentilhomme qui se respecte, que brille Arnaud-Guillem de Barbazan, dont la gloire va bientôt dépasser celle de son père Manaud.
Il parait une première fois, comme témoin particulier du comte Jean III d’Armagnac, à la célèbre joute de Rodez, du 30 décembre 1388, où les deux champions, Jacques Breton et Louis de Sère, portent les couleurs des deux nations rivales.
Le combat en champ clos entre Jacques Breton et Louis de Sère (ou de Céra) est un duel judiciaire historique majeur qui s'est déroulé à Rodez le 30 décembre 1388, sous l'autorité du comte d'Armagnac.
L'origine du conflit
Jacques Breton, un homme d'armes rattaché à la garnison de Carlat qui obéissait au camp anglais, avait capturé à Crosmières un gentilhomme fidèle au roi de France,
Louis de Sère (originaire de Vic-sur-Cère). Une violente contestation éclata entre les deux hommes au sujet du paiement et des conditions de la rançon.
Le déroulement du combat à Rodez
Le comte d'Armagnac et de Comminges donna officiellement sa permission pour la tenue de ce champ clos. Le protocole fut scrupuleusement respecté :
- Une tribune officielle fut dressée pour le comte, entouré de nombreux seigneurs, chevaliers et officiels de la région.
- Dix mille spectateurs se rassemblèrent à Rodez pour assister au spectacle.
- Les maréchaux du camp firent publier une interdiction stricte à la foule de parler, tousser, cracher ou de faire le moindre signe sous peine de sanctions, afin de ne pas favoriser ou déconcentrer l'un des deux champions.
L'issue du duel
Au terme d'un combat acharné, Louis de Sère remporta la victoire. Il parvint à terrasser son adversaire.
Jacques Breton, gisant à terre au milieu du champ clos, fut désarmé et contraint de se rendre.
Ce combat est resté célèbre dans les annales du Rouergue et de la Gascogne comme l'un des exemples les plus documentés de duel judiciaire médiéval dans le Midi de la France.
30 décembre 1388 Ordonnances du comte d'Armagnac et de Comminges, pour le combat qui devait être fait par sa permission et en sa présence entre Jacques Breton, de la garnison de Carlat, de l'obéissance du roi d'Angleterre, et Louis de Cera, de l'obéissance du roi de France.
Avec la relation des cérémonies, des efforts des combattants et de l'évènement du combat qui fut fait à Rodez en présence dudit comte, des gens les plus qualifiés du pays et de dix mille personnes, à laquelle relation il ne manque que les premières lignes. En langage gascon.
En 1386, un événement national résonne jusqu'à Rodez : le célèbre duel judiciaire entre Carrouges et Le Gris à Paris, validé par Charles VI. Ce combat à mort, particulièrement violent, marque un tournant. ==> 29 décembre 1386- Le Dernier Duel (The Last Duel) de Jacques le Gris contre Jean de Carrouge (Ordalie ou le jugement de Dieu)
Dans les années qui suivent (1390-1400), le Parlement de Paris restreint drastiquement le droit d'accorder le gage de bataille.
À Rodez, les juges du paréage privilégient de plus en plus les enquêtes par témoins et les compensations financières.
Le "champ clos" de Rodez cesse progressivement d'être un lieu de mise à mort légale pour devenir, au siècle suivant, un espace dédié aux joutes de divertissement et aux tournois de pure chevalerie.
L'année 1389 marque un tournant majeur pour la ville de Rodez et l'ensemble de son comté historique (le Rouergue) à travers deux événements clés :
- Le changement de souveraineté : Le 26 mai 1389, Jean II d'Armagnac, alors comte de Rodez et de Charolais, s'éteint à Avignon. Son fils, Jean III d'Armagnac, lui succède à la tête du comté de Rodez.
- Le répit de la guerre de Cent Ans : En juin 1389 est signée la trêve de Leulinghem entre la France et l'Angleterre.
Cette suspension générale des hostilités englobe la Guyenne et le Midi de la France.
Elle offre à Rodez — qui a durement souffert des incursions anglaises et des mercenaires — une période de paix relative et de reconstruction après des décennies de conflits.
Puis il prend la principale part à la non moins célèbre passe d’armes de Montendre, au mois de mai de l’an 1402, dont tous les chroniqueurs de l’époque nous-ont transmis les intéressants détails...
Le sceau et le contre-sceau, ainsi que le sceau précédent, portent une barrière de champ-clos, en mémoire du célèbre tournoi de Montendre, où sept chevaliers français, dont Barbazan était le chef, défirent sept chevaliers anglais (19 mai 1402).
Ce fameux combat en champ-clos a été célébré en prose et en vers par les auteurs du temps.
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La mort de Jean III d’Armagnac au-delà des monts fit passer toute la fortune de cette maison sur la tête de Bernard VII, son frère, le fameux connétable.
Arnaud-Guillem de Barbazan unit intimement sa destinée à celle de ce prince. Il fut, durant les troubles qui ensanglantèrent la France dans les premières années du XVe siècle, un des chefs les plus autorisés du parti d’Armagnac, et plus tard un des vaillants guerriers qui, avec Xaintrailles et Lahire, contribuèrent le plus puissamment à chasser les Anglais.
En 1413, Barbazan soutint Bernard d’Armagnac dans ses éternelles revendications à main armée contre la maison de Foix.
Puis, après la défaite d’Azincourt et la prise de Paris, par les Anglais et la faction bourguignonne (1415), nous le retrouvons, le lendemain de cette mémorable journée, à côté du connétable et de Tanneguy du Châtel, essayant de reprendre la capitale à Jean-sans-Peur.
Déjà ils s'étaient emparés du faubourg Saint- Antoine et ils marchaient sur le Louvre et l’hôtel Saint-Paul, pour chercher à surprendre le roi, lorsque le peuple des rues se retourna contre eux, les culbuta jusque sous les murs de la Bastille, et après une tuerie épouvantable, les força à se replier hors Paris.
Le 9 décembre 1415, il donna quittance scellée pour ses gages et de 300 hommes d’armes et 400 hommes de trait ; plusieurs autres quittances portent le même sceau.
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Au printemps 1417, Arnaud Guillaume de Barbazan, alors lieutenant pour le roi de France (Charles VI) en deçà de la Dordogne, mène des offensives contre les places fortes tenues ou influencées par les partisans des Anglais en Saintonge et en Angoumois.
Le château et la place forte de Barbézieux sont alors assiégés, capturés, puis intégralement rasés et démolis sur ses ordres afin d'éviter qu'ils ne servent à nouveau de point d'appui à l'ennemi
C’est précisément en raison de cette destruction quasi totale qu'un tout nouveau château de Barbezieux a dû être reconstruit quelques décennies plus tard, aux alentours de 1453-1460, par Marguerite de La Rochefoucauld pour redonner une défense à la cité
Le 4 février 1418, autre quittance pour ses gages de gouverneur du château de Lesignan en Poitou.
A Bourges, 28 juin 1418, autre quittance de six-vingts livres pour ses gages et ceux de ses hommes d'armes, avec sceau, contre-sceau et signature.
Autre quittance scellée, 22 octobre 1418
Barbazan fut, sinon l'un des auteurs, du moins un des témoins de l'assassinat de Jean-sans-Peur, au pont de Montereau, le 10 septembre 1419.
Mais il n'approuva jamais le meurtre du duc de Bourgogne, « auquel de Barbazan, dit Monstrelet, fut moult désagréable, et tant que par plusieurs fois reprocha à ceulx qui avaient machiné le cas dessus dit, en disant qu’ils avaient détruit leur dessus dit maître de chevance et d’honneur. Et dit que mieux vauldroit avoir été mort que d’avoir été à icelle journée, combien qu’il en fust innocent. »
Sa renommée, ajoute Monlezun, n'en fut point atteinte, et il conserva, même parmi les Bourguignons, le surnom de chevalier sans reproche, dont le roi l’avait gratifié.
L'éveil était donné; Jeanne d'Arc était apparue et déjà, sous les murs d'Orléans, avait ranimé tous les courages. Charles VII venait d'être sacré à Reims, et l'illustre héroïne qui avait sauvé la France mourait, abandonnée pitoyablement, sur le bûcher de Rouen.
Le siège de Melun (1420) : Assiégé par les Anglais dans Melun, il résiste vaillamment avant de devoir capituler.
Notre héros avait brillamment détendu la ville de Melun, assiégée par les Anglais en l'année 1400; « dedans laquelle ville, «dit Monstrelet, estoit principal capitaine le seigneur de Barbazan, noble vassal, expert subtil et renommé en armes. »
Il y eut, durant le siège, écrit le même auteur, et avec lui Juvénal des Ursins, « maintes belles expertises d'armes entre les deux partis », dont quelques- unes se firent même la nuit, à la lueur des torches et des flambeaux.
Un jour, le roi d'Angleterre voulut jouter contre un chevalier français ; ce fut le sire de Barbazan qui se présenta. Mais dès qu'il eut reconnu à qui il avait à faire, il s’inclina respectueusement devant le monarque anglais et lui laissa le champ libre.
La garnison de Melun ayant dû, peu après, capituler et avec elle le seigneur de Barbazan, l’altière duchesse de Bourgogne exigea qu’on lui livrât sa tête, comme étant un des assassins de son mari.
Mais le rusé Gascon rappela à propos sa joute avec le roi d’Angleterre, se réclama de sa qualité de frère d’armes du monarque, et obtint, en échange de la vie, un triste et long emprisonnement.
Capturé, il est enfermé pendant neuf ans dans la forteresse de Château-Gaillard avant d'être libéré en 1430.
Ce ne fut qu’en 1430 que le brave Lahire, ayant surpris le château par escalade et ayant chassé la garnison anglaise, trouva Barbazan enferme depuis le siège de Melun dans une étroite cage en fer.
« On en rompit les barreaux ; mais, par un de ces sentiments exagérés qui n’appartiennent qu'à une époque où les vertus étaient outrées comme les vices, le chevalier ne voulut point en sortir. Il avait promis au gouverneur Kingston d’être son loyal prisonnier et il fallait que sa parole fût dégagée. On dut courir après l’Anglais, qui revint délivrer lui-même le trop scrupuleux Barbazan. Le roi l’accueillit avec d’autant plus de joie que le bruit de sa mort s’était généralement répandu, et il le nomma aussitôt gouverneur de la Champagne. »
Barbazan continua ses exploits. Il s’empara de plusieurs places occupées par les Anglais, ce qui lui valut encore le titre de restaurateur du royaume et de la couronne de France, qui est énoncé dans les lettres patentes de Charles VII, et il se signala tout particulièrement dans les plaines de la Champagne, à La Croisette, près Châlons-sur-Marne, où, « avec trois mille hommes, il tailla en pièces huit mille ennemis et lit six cents prisonniers. »
Son courage poussé jusqu’à la témérité, devait amener sa mort.
Il la trouva, le 2 juillet 1431, sur le champ de bataille de Belleville, près Nancy, où se rencontrèrent les armées de René d’Anjou et d’Antoine de Vaudemont, tous deux se disputant la Lorraine.
Maréchal de l’armée du roi René, Barbazan Fit des prodiges de valeur et tomba percé de coups, entraînant avec lui la défaite de son chef.
La mort de Barbazan fut une perte pour le parti français.
Charles VII la ressentit vivement. Il fit porter le corps de ce grand homme dans l'église de Saint-Denis, au tombeau des rois de France.
Il ordonna qu’il y fût enterré avec les mêmes honneurs et cérémonies qu’on avait accoutumé de faire aux obsèques des souverains.
Sépulture royale : En hommage à sa dévotion absolue envers la couronne de France, son corps est inhumé dans la basilique Saint-Denis dans la chapelle Saint Jean Baptiste.
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On lisait sur son tombeau cette épitaphe écrite dans le style du temps (Rouillard) :
EN CE LIEU SOUS CETTE LAME,
FEU NOBLE HOM’ QUE DIEU PARDOINE A L’AME
ARNAULD GUILHEM, SEIGNEUR DE BARBAZAN,
QUI, CONSEILLER ET PREMIER CHAMBELLAN,
FUT DU ROI CHARLES VIIe DU NOM,
ET EN FAIT D’ARMES, CHEVALIER DE RENOM,
SANS REPROCHE, ET QUI AIMA FORT DROICTURE,
TOUT SON VIVANT : POURQUOI SA SEPULTURE
LUI HA ETE PERMISE D’ESTRE ICY,
PRIEZ A DIEU QU’IL PASSE MERCY,
Les lettres patentes, qui furent octroyées le 10 mai 1434 et qu’a rapportées le père Menestrier, jésuite, dans son Traité de l’origine des ornemens extérieurs des armoiries, en font foi :
« Ayant égard, y est-il dit, et considération aux grandes et signalées vertus et recommandables services à lui rendus et aux seigneurs rois ses prédécesseurs par Arnaud-Guillem de Barbazan, chevalier sans reproche, conseiller du roi, premier chambellan, au fait des guerres y exprimées, il est permis au dit sieur de Barbazan de porter, le nom et titre de chevalier sans reproche, comme aussi de porter, lui et ses descendants de nom et maison de Faudoas, les trois fleurs de lys, sans barre, dans ses armes.
Pour dernière preuve de l’amitié que le seigneur roi lui portait, il lui permet et veut qu’il soit enseveli dans l’église de Saint-Denis en France, sépulture des rois et en leur chapelle et à leur côté, avec une sépulture de bronze, effigie et statue dudit Barbazan, et une épitaphe pour marque à la postérité de sa valeur avec les mêmes honneurs et cérémonies qu'on a coutume de faire aux rois. »
Barbazan fut dernier mâle de sa famille; ses biens retournèrent à la maison de Faudoas avec laquelle les Barbazan avaient l'ait alliance en 1396.
Sa réputation de bravoure fut longtemps populaire. Jean de Beuil, dans le Jouvencel (1460), cite la mort de Barbazan comme un exemple à suivre :
« Je puis dire que les grandes vertus et gratis perfections ont esté trouvées aux gens de guerre... Premièrement la vertu de force en tant que plusieurs ont esté qui aymoient mieulx mourir en combattant que fuyr à leur déshonneur, comme feit Barbasan le bon chevalier. Dieu luy face pardon. »
Les armoiries de Barbazan
Le blason d'Arnaud-Guilhem de Barbazan témoigne de la haute noblesse du Sud-Ouest et d'une immense faveur royale :
Blasonnement d'origine : « D'azur, à la croix d'or ». Il a parfois porté une brisure (un lambel à trois pendants d'argent) au début de sa carrière militaire.
Le privilège des Fleurs de Lys : En reconnaissance de son immense fidélité, Charles VII accordera à sa descendance (sa branche alliée à la famille de Faudoas) le droit d'accoler ses armes à celles de la couronne.
Le blason évoluera ainsi vers :
« Ecartelé aux 1, 4 d'azur à la croix d'or (Barbazan) ; aux 2, d'azur à 3 fleurs de lys d'or (France) ».
Devise : SANS REPROCHE.
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Cimier et Devise : Son casque était surmonté d'une tête de licorne, et son cri de guerre historique était « Sau a Barbesan ! » (Sauf à Barbazan ou Salut à Barbazan).
Plus tard, lorsque la révolution de 1789 dispersa les vivants et les morts, on retrouva les cendres du gouverneur de Melun, et Chateaubriand s’exprime ainsi dans ses notes sur le génie du christianisme, où il détaille les tombeaux ouverts à Saint-Denis par la hache révolutionnaire :
« Le mardi 22 octobre 1793, « dans la chapelle des Charles, le long du mur qui conduit au chevet, on a trouvé deux cercueils l’un sur l’autre; celui de dessus, de pierre carrée, renfermait le corps d'Arnauld Guilhem de Barbazan, mort en 1431, premier chambellan de Charles VII.
Ainsi pendant sa vie, ballotté par les révolutions, ses restes, près de quatre siècles après, furent réveillés par une autre révolution plus étonnante encore. »
Le bruit de ce siège, la chute de Melun, malgré la vaillance des assiégés , les cruautés du vainqueur envers les prisonniers, retentirent douloureusement par toute la France et frappèrent d’effroi les autres villes : c’était un exemple dangereux à suivre que de se défendre, l’on vint de toutes parts faire sa soumission au roi d’Angleterre; et lui, pour célébrer son triomphe, alla faire son entrée solennelle à Paris, et fit chanter un Te Deum, le premier dimanche de l'Avent, traînant toujours à sa remorque l’imbécile Charles VI , qui ne comprenait pas que chaque victoire qu’il célébrait, ôtait un fleuron à sa couronne.
II. — GUILLAUME du CHATEL
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Guillaume du Chatel, fils d’Hervé, seigneur du Chatel, et de Mencic de Lescoet, frère d’Olivier qui fut établi sénéchal de Saintonge le 1er février 1415, et de Tanneguy du Chatel, conseiller et chambellan du roi, qui sauva le dauphin, depuis Charles VII, etc.,, fut chambellan du roi Charles VI et du duc d'Orléans.
Après avoir combattu à Montandre en 1402, il fut, l’année suivante, l'un des chefs qui conduisirent les Bretons contre les Anglais. Il commandait la flotte qui vint attaquer celle des Anglais près de Saint-Mahé, et remporta sur ces derniers une victoire complète.
En 1404, du Chatel fit, avec les Bretons, une descente dans file de Jersey, et pilla cette île. Mais l'expédition ayant été conduite sans prudence, les Anglais forcèrent bientôt les Bretons à se retirer, et du Chatel fut tué dans le combat livré à cette occasion (1404).
C’est à tort que Barante, dans son Histoire des ducs de Bourgogne, II, 396, a. confondu Guillaume avec son frère Tanneguy du Chatel, et attribué à ce dernier la part que prit Guillaume au combat de Montandre.
Voir le P. Anselme, VIII, 357, Généalogie de la maison de Du Chastel.
Armes : Fascé d'or cl: de gueules de 6 pièces.
Supports, deux léopards. Cimier, un timbre couronné et un château donjonné.
III. — GUILLAUME BATAILLE
Guillaume Bataille, chevalier, était chambellan de Louis, duc d’Orléans (janvier 1403), qui le nomma sénéchal d’Angoumois.
Lettres patentes de Louis, duc d’Orléans, nommant Guillaume Bataille sénéchal de son comté d’Angoulême et capitaine général du grand château d’Angoulême, du petit châtelet, du château de Merpins et du château de la Tour-Blanche. Paris 1er juillet 1402. Copie du 12 juillet 1402.
Après le meurtre du prince arrivé en 1407, Valentine, sa veuve, confirma Bataille dans l’exercice de cette charge. Il existe au cabinet des titres de la bibliothèque nationale, plusieurs quittances données par Guillaume Bataille, à l'une desquelles est jointe une lettre (28 janvier 1410) de Charles, duc d’Orléans, qui ordonne à Pierre Renier, son trésorier général, de compter à Guillaume Bataille la somme de deux cents écus d'or, « pour distribuera notre plaisir, en certain voyage où nous l'envoyons présentement, es parties d’Espagne, de la distribution desquels nous ne voulons autre déclaration être faite ne que notre dit chambellan soit tenu d'en rendre aucun compte. »
Guillaume Bataille, par un acte en latin du mois de janvier 1413, reconnaît avoir reçu cent livres tournois qui lui étaient dues sur ses gages comme sénéchal d'Angoulême.
C'est la dernière pièce où il soit question de lui.
Armes : D'argent à trois colices de sable au lambel de gueules.
On conserve plusieurs exemplaires du sceau de Guillaume Bataille comme sénéchal d’Angoulême.
C’était un sceau rond de 29mm.
Légende : GUILLAUME BATAILLE.
Sceau armorial, dont l’écu porte trois coquilles au lambel, penché, timbré d’un heaume cimé d’une tête d’ours, supporté de deux lions.
Le sceau reproduit est appendu à une quittance de gages datée du 16 février 1405.
IV. — GUILLAUME DE LA CHAMPAGNE
Guillaume de La Champagne, seigneur d'Apilly, chambellan du duc d’Orléans, fut l’un des serviteurs les plus dévoués de ce prince.
Plusieurs actes originaux des années 1403, 1406, 1407, prouvent la munificence de Louis à l'égard de son chambellan.
Dans trois actes des aimées 1406 et 1407, Guillaume prend le titre de chambellan du roi et capitaine de la ville et du château d'Avranches, et il donne quittança en cette qualité.
Armes : De à trois mains appaumées de...
V. ARCHAMBAUT DE VILLARS
Archambaut de Villars, écuyer, maître d'hôtel de Louis, duc d'Orléans, jouissait d'une grande faveur auprès de lui. Le prince reconnut avec munificence le service qu’Archambaut lui avait rendu, en prenant part au combat de Montandre.
Au mois de mars de l’année 1403, probablement à l'occasion des étrennes, Archamhaut donnait quittance d'une somme de trois cents livres tournois qui lui avait été accordée par monseigneur « pour les bons et agréables services que je lui ai faiz ou temps passé et espère que face on temps à venir ».
Au mois de septembre, de la même année, Louis donnait encore à Archambaut une somme de deux cents francs d'or, « pour luy aider à soy habillier, pour venir avec nous et en nostre compaignie en ce voyage que nous entendons présentement faire ès parties de Lombardie et d'Italie ».
Ces gratifications n'empêchaient pas Archambaut de recevoir par mois quarante livres tournois, somme à laquelle étaient fixés ses gages habituels comme officier de la maison d'Orléans.
En juillet 1406, le duc d'Orléans envoya Archamhaut de Villars en Allemagne « pour certaines besoignes qui grandement nous touchent », dit le prince dans les lettres par lesquelles il fait compter au maître d’hôtel, pour son voyage, une somme de cent douze francs dix sous.
L’année suivante, Archambaut est en possession de la garde et capitainerie de la ville et du château de Pontorson.
En 1408, il est capitaine de Blois, comme le prouvent plusieurs actes qu'il souscrivit en cotte qualité et dont le plus ancien est du mois de février 1408.
Après l'assassinat de Louis, duc d’Orléans, à Paris, novembre 1407, la duchesse Valentine, de Milan, ne pouvant obtenir justice du malheureux Charles VI ni même du dauphin, quitta la capitale.
S'étant arrêtée quelque temps à Blois avec le jeune Charles, son fils, elle confia à Archambaut de Villars le commandement des gens d’armes commis à la garde du château, par lettres patentes du six août 1408.
En février 1409, il fut envoyé en Gascognc par devers le comte d’Armagnac et le vicomte de Castelbon pour les affaires du jeune duc, Charles d'Orléans.
Il reprit auprès de Charles d'Orléans la charge de maître d’hôtel qu’il avait exercée auprès de Louis son père.
A la fin de 1409 et en 1410, Archambaut fit quelques voyages pour les affaires du duc d’Orléans, dont il avait toute la confiance.
Il était encore en 1418 capitaine du château de Blois.
En 1431 la garde du château de Blois fut donnée au bâtard d'Orléans; Archambaut, à cause de son grand âge et de sa débilité, ne pouvait plus faire le service dans ces temps de guerre.
Armes: D'hermines au chef de chargé d'un lambel.
VI. — PIERRE DE BRABAN
Pierre de Braban ou Breban, dit Clignet, seigneur de Landreville, chevalier, conseiller et chambellan du roi, lieutenant général en Champagne, faisait la guerre contre les Anglais dès octobre 1362, où, le 21, il obtenait rémission pour avoir couru les terres de la comtesse de Bar, et les avoir pillées.
« Fait prisonnier, le roi lui donna, les 10 juillet 1368 et 11 mai 1372, une somme de quatre cents livres pour l’aider à payer sa rançon.
Il se trouva à Arras le 22 septembre 1386 avec un autre chevalier et sept écuyers, lors du projet dépasser en Angleterre ; le roi lui donna les 23 avril 1391 et 20 juillet 1395 une somme en considération de ses bons services.
Il s'attacha à Louis de France, duc d'Orléans, duquel il était pensionnaire; obtint par sa faveur et à sa prière la charge d'amiral, dont il fut pourvu par lettres du 1er avril 1405, à la place de Régnault de Trie; il perdit cet emploi après la mort de ce prince.
Il est qualifié seigneur de Raichy, conseiller du roi et amiral de France, dans sa promesse, le 17 octobre 1406, de bien et fidellement garder la ville forteresse de Chimay, dont il devoit avoir la jouissance à cause de Marie de Namur, sa première femme, et d’en laisser rentrée libre au comte de Hainaut, toutes les fois qu’il le voudrait.
Il tint constamment le parti d’Orléans contre celui de Bourgogne, soutint en 1411 le siège que les Bourguignons vinrent mettre au château de Moymer au comté de Vertus en Champagne; en sortit pour aller chercher du secours, y laissant son frère pour y commander.
Deux ans après, pendant qu’on traitait la paix entre ces princes, il alla avec de grosses troupes ravager le pays de Gâtinois, s’empara de plusieurs places, ce qui donna occasion au roi, à la requête du duc de Bourgogne, d’ordonner à ce sujet en plein parlement, le 16 mai 1413, que toutes personnes portant armes eussent à se retirer en leur maison, avec défenses de faire aucune assemblée de gens d'armes.
Quoique ces maux et ceux qu’il avoit faits aux environs de Paris fussent tout récens, il ne laissa pas, sur la fin de la même année, d’y être très bien reçu en la compagnie du comte d'Armagnac, lorsque le parti d'Orléans prévalut sur celui de Bourgogne.
Au mois d’avril 1415, il fit un combat particulier contre un chevalier du Portugal dans la ville de Bar-le-Duc, en présence du duc, dont il sortit avec honneur; fit la même année de glorieux exploits contre les Anglois en Picardie, en la compagnie du maréchal de Boucicault et du bâtard de Bourbon.
Ce fut lui qui commença l'escarmouche à la bataille d’Azincourt le 25 octobre 1415 avec mille hommes d'armes bien montez.
L'année suivante, s'étant approché de Paris avec les troupes qu'il commandoit, il y causa beaucoup de frayeur.
Il eut différend avec le bailly de Vitry au sujet de la garde et du gouvernement des villes et château de Vitry et de Saint-Dizier, dont le jugement fut remis au cardinal duc de Bar par le dauphin, lors régent du royaume le 12 juin 1420 ».
Il vivait encore en 1428, dit le père Anselme qui, VII, 814, nous raconte ces détails.
Armes : Fascé d’argent et de sable de huit pièces, à la bande de gueules chargée de trois coquilles d’or.
VII. — YVON DE CAROUIS
On n’a rien de particulier sur Ivon de Carouis ou Keralouis, qui fut, comme les six autres, attaché à la maison du duc d’Orléans.
Dans l'une des trois ballades, Christine parle de lui comme étant fort jeune.
Dans différentes montres de gens d’armes, publiées par dom Morice, et qui datent des années 1370 à 1380, on trouve nommées deux personnes du nom de Karouis ou Keraouis, Jean et Philippe.
L’un de ces deux personnages, simples chevaliers de la montre d’Olivier, sire de Clisson, fut sans doute le père d’Ivon, qui prit part au combat de Montandre.