Vers 1584-85 Lettre est adressée à « Monsieur de Coudrye » par Françoise de Rohan, portant sur l’incendie de la commanderie de Coudrie pendant les guerres de Religion.
/image%2F1371496%2F20260928%2Fob_e87e6a_vers-1584-85-lettre-est-adressee-a.jpg)
Les terres de Vendée (alors Bas-Poitou) dans les années 1570-1590
À l’époque de Françoise de Rohan et de Charlotte de Beaune-Semblançay (années 1580), la Vendée actuelle correspondait principalement au Bas-Poitou.
C’était une région frontière, marquée par les guerres de Religion, avec un fort enjeu stratégique entre protestants (appuyés sur La Rochelle) et catholiques (souvent liés à la Ligue et au duc de Mercœur en Bretagne).
Contexte général
- Le protestantisme s’est implanté tôt (dès les années 1530-1550) grâce à des familles nobles comme les Parthenay-l’Archevêque (Mouchamps), les Rohan et d’autres seigneurs.
- À partir de 1562, le bocage, la plaine de Fontenay et le littoral deviennent le théâtre de combats répétés : pillages, incendies d’églises, prises et reprises de places fortes.
- Les populations rurales subissent les réquisitions, les passages de troupes et les destructions. Les archives et les églises sont souvent saccagées.
- Henri de Navarre (futur Henri IV) intervient personnellement dans la région jusqu’aux années 1580.
La paix relative des années 1580-1585 est fragile ; les hostilités reprennent fortement avec la Ligue (1585-1598).
Situation religieuse et militaire dans les années 1580
- Côté protestant : Influence des Rohan et des Parthenay. Beauvoir-sur-Mer et certaines zones du bocage restent des points d’appui.
Françoise de Rohan, bien que protestante, pratique une certaine tolérance (protection de la commanderie catholique de Coudrie).
Tentative des protestants sur Parthenay 1584.
Le 18 février 1584, une troupe d'arquebusiers, composée de 80 hommes environ, fit une tentative à main armée sur le château de Parthenay, espérant qu'il serait facile de s'en emparer par surprise. Cette entreprise hardie aurait réussi sans la vigilance et l'énergie des habitants qui, se portant en masse sur le point menacé, repoussèrent les assaillants.
La baronnie de Noirmoutier avait été transformée en marquisat par lettres patentes d'octobre 1584.
Un autre fléau, la peste, ravageait en ce moment les villes de Niort et de Saint-Maixent.
Les habitants de Parthenay prirent une mesure rigoureuse pour s'en préserver. Ils firent fermer leurs portes et refusèrent l'entrée de leur ville à toutes les personnes qui arrivaient des lieux infestés (novembre 1584 Journal de Michel le Riche.).
- Côté catholique / Ligue : Le duc de Mercœur (gouverneur de Bretagne) multiplie les expéditions dans le Poitou à partir de 1585-1587.
Ses troupes dévastent plusieurs châteaux, dont ceux de Françoise de Rohan.
- Événements marquants autour de 1585-1589 :
- Incendie de Coudrie.
- Occupation de La Garnache par le fils de Françoise.
- Sièges et combats à La Garnache et Beauvoir (notamment en 1588).
- Passage d’Henri de Navarre dans la région.
Pierre D’ARGENCE
« Noble et religieux frère Pierre d’Argence, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, » était en 1560 et 1570 commandeur de Coudrie et des Biais. Armes : De gueules à la fleur de lys d’argent.
Jean du Puyvert
Le successeur de Pierre d’Argence se trouvait être en 1590 « frère Pierre du Puyvert, commandeur de Coudrie et des Biays, » précédemment commandeur de Clisson.
Le Temple des Biais — appelé plus souvent dès lors l’Hôpital des Biais situé sur la commune de Saint-Père-en-Retz, dans le département de la Loire-Atlantique — n’eut plus ensuite d’existence propre et demeura jusqu’à la Révolution une dépendance de Coudrie.
Quant à cette dernière commanderie, elle souffrit beaucoup des guerres de la Ligue.
Vers 1584 son manoir et ses archives furent brûlés par les Huguenots, malgré la sauvegarde qu’avait donnée Françoise de Rohan, dame de la Garnache, au commandeur tenant d’elle le temporel de son bénéfice.
Paysage et économie
La région mélange :
- Bocage (intérieur, plus fermé et catholique dans certaines zones),
- Plaine (autour de Fontenay),
- Marais et littoral (Beauvoir, Noirmoutier, salines, ports).
L’agriculture, l’élevage et le commerce maritime (sel, vin, etc.) souffrent des guerres. Les seigneuries restent puissantes : justice, impôts et protection des populations dépendent largement des seigneurs locaux.
En résumé, dans les années 1580, les terres de Vendée (Bas-Poitou) sont un théâtre secondaire mais actif des guerres de Religion, dominé par de grandes seigneuries (Rohan à La Garnache/Beauvoir, La Trémoïlle à Noirmoutier) et traversé par les rivalités entre huguenots, ligueurs et pouvoir royal.
C’est précisément dans ce contexte instable que Françoise de Rohan accueille Viète et tente de protéger ses biens et ceux de ses voisins.
Voici ce qui ressort de l’histoire du Poitou, citée par F. Piet :
« Lors des guerres de la Ligue, dont, en 1562, l’Angoumois, l’Aunis et le Poitou devinrent le théâtre, Marans, les Sables-d’Olonne et Saint-Gilles tombèrent entre les mains de La Noue. »
Peu de temps après cet événement, les corsaires de La Rochelle, qui avaient été armés en course par le parti calviniste, s’emparèrent aussi de Noirmoutier, qu’ils pillèrent, en haine de Claude de la Trémoille, alors seigneur de Noirmoutier, et qui appartenait corps et âme au parti du roi, et ils enlevèrent tous les sels de l’ïle, au nombre de 3,500 muids. »
Ne serait-ce pas le cas de dire :
Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable.
S’il y a eu vraiment descente et pillage des calvinistes à Noirmoutier, il est au moins permis de voir une grande exagération dans la quantité de sel enlevée, laquelle représenterait au-delà de 10 millions de kilogrammes ou environ 10,000 tonneaux de mer : ces chiffres ont leur éloquence et suffisent pour démontrer que les corsaires rochelais n’ont pu disposer ni du temps, ni du nombre de navires, de bêtes de somme et de bras nécessaires pour effectuer un semblable enlèvement.
Nous admettrions tout au plus qu’ils ont pu détruire cette quantité de sel en répandant sur le sol et dans les pièces de marais les récoltes lors existantes, ce qui, du reste, aurait occasionné aux propriétaires un aussi grand préjudice que celui de l’enlèvement de ce même sel.
Au surplus, les Mémoires du temps nous apprennent que les calvinistes en agissaient ainsi dans tous les pays de salines, dans le seul but de frustrer le pouvoir royal, avec lequel ils étaient en guerre, des sommes énormes qu’il tirait du peuple au moyen de la gabelle.
Plusieurs historiens ont cité une marquise de Noirmoutier qui vivait vers la fin du XVI e siècle, et dont les aventures sont trop remarquables pour que je n’en dise pas quelque chose.
Etait-elle parente des la Trémoille ou leur alliée ? Si elle n’appartenait en aucune manière à cette famille, comment se trouvait-elle marquise de Noirmoutier ? N’en avait-elle que le titre honorifique ?
Je ne puis donner à ce sujet le moindre éclaircissement. Je me bornerai donc à rapporter ce qu’en dit Anquetil dans son Histoire de France :
« La marquise de Noirmoutier, d’abord dame de Sauve, était une femme coquette et galante de la cour de Catherine de Médicis. Elle plut au duc d’Alençon, frère de Charles IX et de Henri III, et Catherine s’en servait pour arrêter les fougues de Monsieur. Cependant il échappait souvent à l’adresse de cette femme, surtout quand la jalousie s’en mêlait, ce qui arrivait quelquefois lorsqu’elle montrait des égards au roi de Navarre, avec lequel néanmoins elle était obligée de partager ses attentions, afin de le retenir aussi dans ses liens. »
« Le jour que le duc Henri de Guise, lieutenant-général du royaume, fut assassiné à Blois par les ordres de Henri III, il avait, dit-on, passé la nuit avec la marquise de Noirmoutier.
Elle était venue exprès à Blois dans le dessein de l’engager à se sauver. Elle voulut en vain le détourner d’aller au conseil où il était mandé; il lui remontra qu’abandonner les Etats au point où en étaient les choses, ce serait décourager ses amis et repousser la fortune qui lui tendait la main.
Trop tendre pour céder à la voix de l’ambition, la marquise le presse, le conjure ; mais, insensible à ses larmes, il s’arrache de ses bras et vole au lieu où il devait trouver la mort. » (Tome VIII, pages 93 et 388.)
Cette marquise de Noirmoutier était Charlotte de Beaune-Samblançay, dame de Sauves.
Née eu 1551, du mariage de Jacques de Beaune, baron de Samblançay, vicomte de Tours et chevalier des ordres du roi, avec Gabrielle de Sade, elle épousa Simon de Fizes, baron de Sauves, seigneur de Saumur et conseiller d’Etat, et devenue veuve en 1579, elle convola cinq ans après avec François III de la Trémoille, fils de Claude, et premier marquis de Noirmoutier.
Son esprit égalait ses charmes, dit la Biographie universelle. Mais si elle fut la plus belle femme de son temps, elle en fut aussi la plus galante, car, suivant un historien de l’époque, elle couchait d’un camp à un autre.
Vers 1584-85 Lettre est adressée à « Monsieur de Coudrye » par Françoise de Rohan, portant sur l’incendie de la commanderie de Coudrie pendant les guerres de Religion.
Françoise de Rohan intervient auprès des capitaines des troupes traversant le pays afin de protéger la maison de Coudrie.
Malgré ses démarches, des soldats masqués mettent finalement le feu à la maison, causant selon elle un « gast inestimable ».
Dans le français du XVIe siècle, le mot « gast » (issu du bas latin vastum) désigne le ravage, le dégât ou la dévastation d'un lieu.
Françoise de Rohan (vers 1540 - 1591), dame de La Garnache et duchesse de Loudun, est une grande aristocrate française dont la vie fut marquée par un scandale conjugal retentissant et un engagement protestant affirmé au cœur des guerres de Religion.
Cousine germaine du roi Henri IV (qui l'appelait affectueusement « sa tante ») et fille d'honneur de Catherine de Médicis, elle est l'une des figures ayant inspiré le célèbre roman La Princesse de Clèves.
L'affaire Nemours : un scandale d'État
Le destin de Françoise bascule en 1557 lorsqu'elle épouse « sur parole » (un engagement verbal alors juridiquement contraignant) le duc Jacques de Savoie-Nemours. Tombée enceinte, elle est abandonnée par le duc qui refuse de l'épouser officiellement.
Pendant plus de vingt ans, Françoise mène une bataille judiciaire acharnée pour faire reconnaître ce mariage et protéger la légitimité de son fils, Henri. Ce procès défraie la chronique et mobilise l'attention de trois rois et de deux papes.
Ce n'est qu'en 1580 qu'un accord est trouvé : son honneur est lavé de tout soupçon et le roi Henri III l'élève au rang de duchesse de Loudun.
Son rôle politique et religieux
Face à la trahison de Nemours et aux pressions du clan catholique des Guise (qui soutient le duc), Françoise de Rohan se tourne vers le camp protestant dès 1558.
Elle devient un pilier du réseau huguenot de l'Ouest de la France :
Un refuge pour les huguenots : Depuis ses terres de LA Garnache et de Beauvoir-sur-Mer, elle transforme ses châteaux en foyers de résistance et en havres de sécurité pour les fidèles persécutés.
Protectrice des arts et des sciences
En marge de ses combats politiques, Françoise de Rohan est également connue pour avoir été la protectrice et la mécène du célèbre mathématicien François Viète.
François Viète était chez Françoise de Rohan (dame de La Garnache / duchesse de Loudun) principalement à partir de 1585.
Dates précises
- Début du séjour principal : début 1585 (janvier-février).
La Ligue catholique obtient son éloignement de la cour d’Henri III (il est suspendu de ses fonctions de maître des requêtes). Il se réfugie alors chez Françoise de Rohan, à Beauvoir-sur-Mer (et parfois au château de La Garnache).
- Durée : environ 2 à 4 ans (jusqu’en 1588-1589).
C’est pendant cette période qu’il compose une grande partie de ses travaux mathématiques (dont les premières lignes de l’Isagoge in artem analyticem) qu’il dédicacera à Françoise de Rohan.
Il est rappelé par Henri III en 1589 (quand le roi s’installe à Tours).
BRULEMENT DE LA COMMANDERIE DE COUDRIE.
La lettre suivante se rapporte à l'histoire du château et des seigneurs de la Garnache, que M. Nourain de Sourdeval a publiée dans cette Revue (1re année, pag. 461-72, et 2e année, pag. 68-85).
Nous l'insérons, quoique après coup, par suite de l'intérêt qu'elle présente à double titre; elle ne porte point de date, mais elle est écrite de la main de l'illustre mathématicien François Viète, qui s'était réfugié auprès de la signataire vers 1584.
Dès lors, elle doit être datée de cette époque, ou peu après.
On sait que la seigneurie de la Garnache renfermait le temporel de l'ancienne commanderie de Coudrie, gros bénéfice appartenant à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Le titulaire catholique et la huguenote Françoise de Rohan étaient amis, nonobstant la différence des cultes, parce que les âmes élevées sont toujours animées de l'esprit de tolérance, et cette circonstance explique à la fois les démarches officieuses et l'épitre de la châtelaine.
« Monsieur de Couldrie, j'avoys tant faict cy devant, comme vous avez peu entendre, avecques les capitaines des trouppes qui ont passé par ce pais, que vostre maison avoyt été garentie de ce dont on la menassayt, et mesmes autcans d'iceulx s'y estant transportez se divertirent d'exécuter leur entreprinse par te moyen d'ung de mes hommes que j'y envoiay bien à poinct, avesques promesse qu'ilz me feirent de n'y toucher et faire aulcun dommage en ma faveur; sur la quelle je pensoys vostre maison estre assez asseurée.
Depuis lundy dernier sur le soir, estant advertie par l'ung de voz serviteurs qu'on voullait de rechef attenter en vostre maison, soubdain je despeschay ung homme avecques létres adroissantes à ceux qui m'avoyent faict la promesse que dessus, pour tousiours empescher leur desseing au cas quilz se transportassent en vostre maison; mais en cela la parolle et l'effort de mon homme, ny les prières contenues par mes létres ne retindrent leur maulvaise volunté car ils exécutérent leur entreprinse et oultre ce qu'ilz pansèrent tuer d'ung coup de pistolle mon homme, ils meirent le feu en vostre maison, qui a faict comme jay entendu ung gast inestimable duquel plus à plain pouvés estre de present adverty.
Pour mon regard je plains le dommage qui vous a esté faict, et suys grandement irritée de ce qu'ilz ont faussé la promesse qu'on m'avoyt faict et oultre mesprisé par sottes parolles ce que je leur avoys escript pour la seconde foys.
Il est vrayque d'autant qu'ilz estayent masquez, on ne les a peu encores recognoistre au vray.
Je tascheray de ma part de sçavoir qn'itz sont et leur faire ressentir le tort qu'ils m'ont faict, et d'ailleurs vous assisteray pour en avoir justice de tous les moyens que Dieu m'a mis en main, m'asseurant que de vostre part ne ferez fautte d'y pourvoir, ainsy que t'anaire te mérite et requiert, remectant le reste à vostre prochaine venue.
Cependent, ayant trouvé vostre niepce comme esgarée et ennuyée, je l'ay retirée avecques moy jusques ad ce que soyés de pardeça.
Sur ce je me recommanderay à vostre bonne grace et prieray Dieu vous tenir en sa saincte garde.
Vostre entièrement milleure amie
FRANÇOISE DE ROHAN.
A Monsieur de Coudrye.
(Reproduit textuellement d’après l’original conservé aux archives du département de la Vienne, à Poitiers, où se trouve les titres de la commanderie de Coudrie parmi ceux du grand prieuré d’Aquitaine.)
Mention iconographique
Le vitrail du chœur de la chapelle de Coudrie représentait le chevalier poitevin Henri d’Appelvoisin (sans date précise connue pour la réalisation du vitrail).
Henri d'Appelvoisin, de la branche de la Bodinatière, appartenant à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (ordre de Malte).
· Fils de Hardy (ou Haroy) d’Appelvoisin, seigneur de la Bodinatière, et de Marie Petit (fille de Jacques Petit, seigneur de Saint-Chartres, et de Catherine de la Chaussée).
· Mariage de ses parents : 1537.
Carrière dans l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Ordre de Malte)
- 1560 : Reçu chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
- 1566 – 1604 : Commandeur d’Auzon (encore en charge en 1604).
- 1593 : Lieutenant du Trésorier.
- 1595 : Hospitalier.
- 1599 : Commissaire / inspecteur des trirèmes de l’Ordre.
- Vers 1600-1602 : Commandeur de plusieurs autres établissements (Corie, Oson et Prailles, Mauléon et Villedieu…).
- 1602 – 1608 environ : Trésorier général de l’Ordre.
- 8 novembre 1604 : Fait hommage au roi pour sa « commanderie du Temple de la Magdeleine-lès-Clisson ».
- Il est attesté comme commandeur de Coudrie et des Biais, et devient grand prieur d’Aquitaine en 1605.
- 1607 : Présente Laurent Lorens à la cure de la Magdeleine, vacante par le décès de François Le Mercier.
- 1608 : Fait dresser le procès-verbal de l’améliorissement de sa « commanderie des Temples de Mauléon et de Clisson ».
- Devient grand vicaire et trésorier du Grand Prieuré d’Aquitaine.
- 1612 : Promu Grand Prieur d’Aquitaine.
- 28 mars 1613 : Meurt à Champmillon (variantes : Changillon / Chungillou).
Armes
De gueules à la herse de porte d’or de 3 traits.
Archives de la Vienne (3 H 329), Archives de la Loire-Inférieure (B 905 et 1009), Registre des insinuations du diocèse de Nantes, et dictionnaires généalogiques poitevins.
/image%2F1371496%2F20260928%2Fob_920a25_20260919-104037.jpg)
La chapelle de la Commanderie de Coudrie
La construction de la chapelle de Coudrie remonte au XIIᵉ siècle, dans le contexte de l’installation des Templiers et de la constitution de la commanderie.
À son apogée, notamment au XVe siècle, la chapelle présentait probablement un volume plus élevé qu’aujourd’hui et était couverte d’ardoises.
L’édifice se présente sous la forme d’un bâtiment rectangulaire à chevet plat, orienté d’est en ouest. La nef est divisée en quatre travées inégales, témoignant de plusieurs phases de construction ou de transformation.
Chaque travée est éclairée par une baie étroite et allongée, en plein cintre, caractéristique de l’architecture ancienne de l’édifice.
La chapelle constitue aujourd’hui l'un des rares bâtiments conservés de l’ancienne commanderie de Coudrie.
Elle est protégée au titre des Monuments historiques depuis 1995.
Placée sous le vocable de Notre-Dame, la chapelle fut également associée au culte de saint Jean-Baptiste, patron des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui succédèrent aux Templiers après la suppression de l’Ordre du Temple au début du XIVᵉ siècle.
Elle abritait notamment une Vierge à l’Enfant datée du XIVᵉ siècle.
Cette sculpture porte les traces des violences religieuses qui touchèrent le sanctuaire lors des guerres de Religion, notamment lors du passage des Huguenots.
La statue, aujourd’hui conservée et présentée à la Maison de l’Histoire de Challans, est elle-même protégée au titre des Monuments historiques.
La chapelle possédait deux accès distincts :
- la grande porte occidentale, donnant accès à la nef et destinée notamment aux habitants du domaine, aux villageois et aux personnes travaillant autour de la commanderie ;
- une petite porte aménagée dans le mur nord, qui pourrait avoir permis un accès plus direct aux religieux de la commanderie.
Cette organisation des accès rappelle la double fonction de la commanderie : un établissement religieux dirigé par les frères et un domaine seigneurial et agricole ouvert sur son environnement local.
Clé de voûte de la chapelle de Coudrie aux armoiries de Pierre d’Aubusson 1423-1503
Période Temps Modernes - Guerre de Religion 1547 / 1610 <==
Poitou : Parthenay - L'Archevêque, branche du parc – Soubise (Mouchamps et Charente-Maritime)<==