Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PHystorique- Les Portes du Temps
TRADUCTION
Derniers commentaires
6 octobre 2026

1227 Saintes - Lettres d’Hugues de Didonne dit de Taunay, seigneur de Montendre, concernant l’hommage à rendre pour le château de Montendre au comte Hugues X de Lusignan, en raison du comté d’Angoulême.

En 1227, Saintes est une ville médiévale active de Saintonge, encore profondément marquée par son héritage antique, mais structurée par l’évêché, les établissements religieux, le commerce et les pouvoirs seigneuriaux.

 

Saintes en 1227 : à quoi ressemble la ville ?

Saintes est installée sur la Charente, ce qui en fait un point important pour les déplacements et les échanges.

 La ville est beaucoup plus petite que la Saintes actuelle. Son paysage est dominé par les édifices religieux, les maisons en pierre et bois, les rues étroites et les activités liées au marché.

 

Le marché se trouve notamment aux abords de la cathédrale Saint-Pierre, selon une organisation bien attestée pour les villes de Saintonge : les marchés médiévaux se tenaient fréquemment près des grands établissements religieux.

 

La ville possède alors un patrimoine religieux considérable. La cathédrale Saint-Pierre est issue d'une importante reconstruction entreprise au XIIᵉ siècle, et l'édifice roman constituait encore le cœur monumental de la cité en 1227.

On trouve également les grands établissements monastiques de Saintes, notamment Sainte-Marie-des-Dames et Saint-Eutrope. Sainte-Marie-des-Dames avait été fondée au XIᵉ siècle puis reconstruite au XIIᵉ siècle.

 

 

Une ville où l'on travaille et où l'on commerce

Il faut imaginer les rues avec :

  • marchands de tissus et de draps ;
  • boulangers et bouchers ;
  • producteurs de vin ;
  • tonneliers et artisans du cuir ;
  • forgerons ;
  • charpentiers ;
  • maçons et tailleurs de pierre ;
  • transporteurs utilisant la Charente ;
  • paysans venant vendre leurs produits.
  •  

La région de Saintonge connaît alors un véritable développement des marchés et des réseaux commerciaux, les lieux d'échanges étant fréquemment organisés autour des châteaux et des églises.

 

La Charente joue naturellement un rôle essentiel.

Plus en aval, Taillebourg est déjà un site important de navigation fluviale et de transport de bois, pierres, vins, poteries, produits agricoles et sel.

 

 

Mais surtout : une ville dans un contexte politique très tendu

C'est particulièrement important pour votre scène de 1227.

Nous sommes seulement quelques mois après la mort de Louis VIII, le 8 novembre 1226.

Le nouveau roi, Louis IX, est encore mineur et sa mère Blanche de Castille assure la régence.

 

Hugues X de Lusignan fait alors partie des grands seigneurs dont les relations avec les Capétiens et les Plantagenêts sont particulièrement délicates.

Les ambitions des Lusignan sont renforcées par leur possession de l'Angoumois, de la Marche et de nombreux fiefs poitevins.

 

En 1224, Hugues X avait prêté hommage à Louis VIII. Mais après la mort du roi, les équilibres politiques deviennent beaucoup plus fragiles.

 

 En 1227, le traité de Vendôme constitue précisément un moment important dans cette période de négociations et de tensions entre les grands féodaux et la régence.

 

 

L'ambiance visuelle de Saintes en 1227

Imaginez une matinée de printemps :

Rues de terre battue, maisons à pans de bois et murs de pierre claire, chevaux attachés devant une auberge, marchands autour du marché, paysans avec paniers, moines et chanoines traversant la ville, chevaliers entrant dans la cité, cloches des églises, fumée des foyers, et au-dessus des toits les grandes masses romanes de Saint-Pierre et des établissements religieux.

Au loin, la Charente, avec quelques embarcations fluviales, rappelle que Saintes est aussi une ville de circulation et d'échanges.

Cela donnerait une image beaucoup plus crédible de « Saintes, la veille des Rameaux, 1227 », avec la cérémonie féodale au premier plan et la ville réelle du XIIIᵉ siècle en arrière-plan.

 

 

« A tous ceux qui ces présentes verront, Hugues de Taulnay, seigneur de Montendre, de Royan et de Didone, salut.

 Nous portons à votre connaissance, sous le sceau de ces lettres, que, sur la demande de noble homme, Hugues de Lusignan, comte de la Marche et d’Angoulême, de lui rendre hommage pour notre castrum de Montendre et ses dépendances, à raison du comté d’Angoulême, et selon l’usage de nos prédécesseurs vis à-vis de ses ancêtres; et que, comme nous révoquions en doute cette coutume et ce droit, ayant comparu devant le dit comte, il nous a prouvé, devant témoins les plus dignes de foi, la justice de ses revendications, et qu'il a été décrété contre nous.

 Que nous étions tenus à faire cet hommage... ; en conséquence, nous l’avons fait et promettons au dit comte de le seconder contre tout homme qui puisse vivre et mourir, de le défendre, ainsi que sa terre, de bonne foi.

Et pour que ce ne puisse être mis en doute à l’avenir, comme il a été de nos jours, nous avons concédé les présentes au dit comte.

Fait à Saintes, la veille des Rameaux, l’an 1227, devant Hélie de Gombaud, et Geoffroy Vigier de Fa, chevaliers, et G. du Château, sénéchal de Saintonge »

 

 

 

Litterse Hugonis de Talniaco dom. Montis Andronis de hommagio pro castro Montis Andronis faciendo comite Hug. de Lezinian, ratione comitatus Engolism. 1227.

 

Omnibus has litteras inspecturis, Hugo de Talniaco, dominus Montis- Andronis, et de Roiano, et de Didonia, salutem. Notum vobis facimus, sub harum litterarum testimonio, quod, cum nobilis vir Hugo de Leziniaco, comes Marchie et Engolismae, a nobis peteret ut eidem, ratione comitatus Engolismensis, pro Castro Montis-Andronis cum pertinenciis, quod de dicto comitatu erat, homagium liggium faceremus, sicut predecessores nostri antecessoribus  ipsius comitis fecerant, temporibus retroactis ; et, cum super hoc dubitaremus nec crederemus ita esse, nobis comparantibus coram dicto Comité, probata intentione ipsius Comitis per testes omui exceptione majores, contra nos  sencenciatum fuit quod eidem Comiti, pro dicto Castro cum pertinenciis, hommagium liggium faceremus, ratione comitatus Engolismensis ; quod et facimus promittendo Comiti, prout domino nostro, ipsum juvare contra, omnem hominem qui possit vivere et mori, ipsumque defendere et terram suam bona fidie ; et, ne istud posset duci in dubium in futurum prout fecerat in diebus nostris, eidem Comiti has litteras concessimus.

 Actum apud Sanctonas, vigilia Osanne, anno Dni MCCXX septimo.

Testibus Helia Gumbaudi, G. Vigerii de Faia, militibus, G. Castelli, senescallo Santonensi. (Archiv. nat. Chartes, 1. 270.)

 Parchemin scellé sur double queue d’un sceau rond de cire blanche de 80 millimètres.

Armorial : gironné de 12 pièces, et, au revers, un lion passant sur un semé de fleurs de lys. (Il fallait bien faire sa cour à l’Anglais !) Vécu est reproduit, chapelle de la Sainte-Vierge.

 

  • Didonne : Gironné d’argent et de gueules de douze pièces.
  • Taunay : D’azur (ou d’un champ) semé de fleurs de lys d’or, au lion passant d’or (ou d’argent).
    (Le blason exact du lion passant sur semé de fleurs de lys est celui porté par les Taunay.)

Ce double sceau illustre bien l’alliance ou la transmission des seigneuries entre les familles de Didonne et de Taunay au début du XIIIe siècle.

 

Poitou Aquitania: Moyen-Age Classique 1225 / 1329 <==

Le 16 mars 1227, le traité de Vendôme formalise la soumission des coalisés.<==

Commentaires
PHystorique- Les Portes du Temps