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PHystorique- Les Portes du Temps
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9 octobre 2026

1402 Château de Montendre - Combat des Sept en Champ Clos « Pour désir de faire armes et pour l’amour de leurs dames ».

Lorsque l'antique Aquitaine, qui depuis Auguste s'étendait jusqu'à la Loire, rentra au moyen-âge dans sa première circonscription, et prit le nom de Guienne, ses limites septentrionales furent fixées à peu de distance de la Gironde, sur le territoire des anciens Santons.

 

Ces frontières furent appelées marche (2) de Guienne et, du côté de la Saintonge, plusieurs châteaux furent édifiés pour former une ligne de défense (3).

 

Cognac, Mirambeau, Montendre, Monlieu, Monguyon (4) en opposant leurs remparts aux entreprises des ennemis firent plus d'une fois respecter la Saintonge.

 

Montandre surtout le plus avancé dans la marche, avec ses tours élevées jusqu'aux nuages arrêta les plus intrépides.

 

C'est à l'aspect de son donjon, au commencement du XVe siècle (5), que fut livré un de ces combats singuliers, si communs à cette époque, combat anglo-français, auquel Montandre doit attacher son nom.

 

Mont andre, ou Mons Andronis, était, au Xe siècle, un castrum qui relevait de la couronne, et servait de manoir à un de ces nobles barons qui, ne reconnaissant d'autre suzerain que le roi de France, marchaient au premier rang avec les sires de la comté de Saintonge.

 

Mais lorsque cette province devint possession anglaise, par suite du divorce de Louis-le-Jeune avec la reine Aliénor et du mariage de cette princesse avec un Plantagenet, Montandre suivit le sort de toute l'Aquitaine, et cette châtellenie fut assujétie à l'hommage lige envers le souverain anglais.

 

Au XIIe siècle, le fils de Gifar, un certain Guillaume (6), s'honorait de porter le nom de sa terre, et se faisait appeler Montandre.

 

Souvent, après avoir fait brandir sa lance sur son donjon il courait prendre ses ébats dans sa châtellenie de Didonne (7), et promenait ses regards inquiets sur le fleuve de la Gironde, où le pilote saintongeois osait braver les écueils.

 

Vers 1236, un descendant de Guillaume, Hugues de Didonne quatre fois baron, parce qu'il possédait quatre baronnies, Didonne, Tonnay (8), Royan (9), Montendre fier de ces hautes dignités, exerçait des violences sur le clergé de son voisinage et, à l'instar des sires ses contemporains après avoir vexé le prêtre, il expiait ses fautes en donnant à l'Eglise une partie de ses biens.

 

Pendant les longues divisions qui régnèrent entre les deux États de France et d'Angleterre, durant la séculaire alternative de possessions continentales, la plupart des seigneurs de Saintonge, sans énergie comme sans caractère, se rallièrent toujours aux vainqueurs.

 

Lors de la révolte du comte de la Marche, fomentée par la reine Isabelle ; lors de la conquête de saint Louis, et du traité qui fixa à la Charente les limites des deux États, ils furent, selon les circonstances, hommes de deçà ou de par-delà, c'est-à-dire de France ou d'Angleterre : mais ceux de Montandre conservèrent une fidélité inviolable; quoique leurs terres fussent tombées au pouvoir anglais, plusieurs restèrent au service de la France ; et, au jour fatal de la bataille de Poitiers (10), le seigneur de Montandre partagea le sort de Jean, et eut l'honneur d'être fait prisonnier à côté du monarque (11).

 

Trois siècles de rivalité avaient affaibli les deux nations ; la haine que l'Anglais portait à la France, depuis les conquêtes des Normands ne fut point assouvie quand cette même France abandonna les belles provinces de la dot d'Aliénor.

 

Depuis cette déplorable époque l'Anglais eut longtemps le pied sur le sol français.

 

 La confiscation faite par les batailles de Taillebourg et de Saintes, les victoires de du Guesclin ne purent l'éloigner que par instants.

 

 Crécy, Poitiers, ces journées de deuil pour le pays, ramenèrent avec elles l'insulaire, qui s'affermit davantage sur le continent.

 

 Avant le traité de Brétigny (12), en vertu duquel toute la Saintonge fut cédée aux Anglais, la garde du château de Montandre avait été confiée à des agents britanniques; on y avait vu commander Aimond Arnaud, le sergent Bernard, Pierre Montauzer, Arnaud de Garcie, Pierre de Castillon (13).

 

Après le traité, ce château fut mis entre les mains de Soudan de Latrave, non moins chaud partisan de l'Angleterre.

 

1371-1375 : la Saintonge est progressivement reprise par Charles V et Du Guesclin. Montendre change alors de camp.

 

Montendre est confisqué au Soudan de Preissac après la reconquête française de la Saintonge et est attribué à Jean de Harpedanne.

 

Avant le 13 avril 1391 : Jean de Harpedanne est déjà seigneur de Montendre. Un acte de cette date le qualifie de « seigneur de Montendre », précisant que la seigneurie avait été confisquée au Soudan de La Trau, partisan des Anglais.

 

1398 : Charles VI renouvelle les lettres de donation à Jean Harpedanne, les premières ayant été perdues.

 

 Mais en 1402, époque du combat de Montandre, le château appartenait à la France (14) il était réputé frontière à cause de sa situation sur la marche de Chienne, limites des possessions anglaises signalées comme rendez-vous aux preux qui devaient combattre (15).

 

A cette époque l'Angleterre était dans la détresse, la France aux abois, en proie à de continuelles dissensions; ces deux Etats étaient énervés.

 

Sur le continent, l'ambition des princes, se disputant la régence, lors de la, minorité de Charles VI, avait fait naître des discordes que la démence du monarque entretenait.

 

 Chez les insulaires, les intrigues du duc de Lancastre, surgissant de l'impéritie de Richard II, avaient allumé la guerre civile.

 

Les deux nations, déchirées l'une et l'autre au dedans et au dehors, avaient besoin de tranquillité.

 

Richard né dans la Guienne, en épousant Isabeau, fille de Charles VI, amena une trêve désirée ; et le duc d'Orléans, oncle de la princesse, faisant un traité d'alliance avec le duc de Lancastre, semblait promettre la paix : vain espoir ! le parti du duc prévalut en Angleterre le malheureux ; Richard, arrêté emprisonné, est mis à mort, et Lancastre, parvenu sur un trône ensanglanté, règne sous le nom de Henri IV.

 

Bordeaux refuse le serment au nouveau roi, la reine Isabeau est rappelée en France, et le duc d'Orléans, furieux contre le roi d'Angleterre, lui porte d'insolents défis.

 

II lui écrivait: « Jeunesse que mon coeur requiert employer à aucun fait pour acquérir bonne renommée me fait penser de faire métier d'arme, et que plus honorablement ne pourvois acquérir que d'être en une place où fussions nous deux accompagnés, chacun de son coté, de cent gentilshommes à un combat jusqu'au rendre. »

 

Sur quoi il fut répondu par Henri :

« Nous irons personnellement dans notre pays par-delà, accompagnés de tant de gens qu'il vous plaira, lesquels nous réputons tous nos loyaux serviteurs sujets, et aucun pour y conserver notre droit.

 » Vous pouvez mettre en tel nombre de gens comme mieux vous semblera pour acquérir honneur, soit pour combattre entre nos deux personnes, laquelle chose nous désirons plus qu'autrement, que tout le monde sache que notre réponse ne procède point de présomptuosité de coeur, et mettre en reproche nul prud'homme qui a son honneur cher ; non-seulement pour faire abattre la hautesse de cœur et surquidance de celui quel qu'il soit qui ne sait discerner quel est lui-même.

 

Et le duc d'Orléans de répliquer

« Ce que vous avez écrit que celui qui ne sait discerner en quel état il est soi-même, qui veut élire gens sans reproche, sache que je sais que je suis et ceux de ma compagnie, et vous le mande, et vous le trouverez que nous sommes tous prud'hommes et loyeaux ; et que par tels nous tenons et réputons, et nous savons bien et saurons ( si Dieu plait ) garder et faire autre chose que loyeaux, prud'hommes et gentils ne doivent faire ne par écrit, ne par dit, ne par fait ; mais, vous et vos gens, regardez à vous et m'écrivez sur toute chose votre intention, laquelle chose je désire savoir moult en bref. »

 

Henri répondit :

 « Vous dites que ceux de votre compagnie et vous êtes tous prud'hommes et loyeaux et pour tels réputés. Touchant votre compagnie, nous ne leur réprouvous pas, car nous ne les connaissons pas ; mais quant à votre personne, nous ne vous réputons pas pour tel, toute chose considérée (16).

 

L'entrevue qui devait suivre ces bravades n'eut point lieu.

 

Les princes ne comparurent personnellement ni l'un ni l'autre; mais un combat en champ clos fut livré entre sept Français au service du duc d'Orléans et sept Anglais désignés par le roi d'Angleterre.

 

Ce fut à la vue du castrum de Montandre (17) que ces athlètes se portèrent leurs coups.

 

Sur un sol composé de sable et de poudingue ferrugineux (18) les sables de Montandre, sous les ordres d'Harpedane, qui se trouvait avec Rutland dans l’Andronis, tandis que les troupes anglaises, arrivant des bords de la Gironde, se rangèrent dans la même plaine vis-à-vis les premières.

 

Ainsi les armées rivales, s'étendant au pied du castrum formèrent un vaste cercle de lances autour d'un tertre destiné à être foulé par des braves.

 

Jean Harpedane (19) vicomte d'Aunai, alors sénéchal de Saintonge, fit tout préparer pour le combat.

 

 Il présidait la bataille au nom de Charles VI qu'il représentait.

 

 Le roi d'Angleterre Henri avait, de son côté député le comte Rutland (20) pour le même objet.

 

Les Français qui devaient combattre, tous réputés preux, parurent à Montandre ; ils avaient à leur tête Guillaume de Barbazan.

 

 Marchaient à la suite Guillaume Duchâtel de Basse-Normandie, Archambeau de Villars, Colinet du Brabant, Guillaume Bataille, Caronis (21) et Champagne (22).

 

Les Anglais avaient pour chef Scales ; les six autres se nommaicnt Aimar Clouet (23), Jean Héron, Richard Witevalle (24), Jean Fleuri, Thomas Trays et Robert Scales (25).

 

Tous étaient armes de la lance et de la hache, et portaient au bras le bouclier carré (26).

 

L'heure du combat arrive ; les sept Français, sortant du temple temple de la prière, se dirigent sur le champ de bataille où leurs adversaires les attendaient.

 

Les preux sont en présence, sur la hauteur qui fait face à L'Andronis.

 

 Barbazan. exhorte les siens à combattre pour l'honneur de la France.

 

Le sénéchal Harpedane donne le signal; un héraut s'écrie :

 

Que chacun fasse son devoir !

 

Les guerriers alors s'avancent les uns vers les autres, pour combattre à la lance.

 

Barbazan attaque le premier le chevalier de Scales ; chacun choisit son adversaire ; les armes se croisent, se choquent se brisent ; et, après ces premiers faits à la lance, les combattants jettent cette arme, saisissent la hache, et se disposent à se porter de plus rudes coups.

 

Le plus redoutable des Français était Duchàtel, qu'une haute stature, qu'une force prodigieuse rendaient un puissant athlète; aucun Anglais n'osait se mesurer avec lui.

 

 Cependant le combat à la hache s'engage, chaque Français est aux prises avec un Anglais ; toutefois deux de ces derniers se précipitent en même temps sur Duchàtel, son bras adroit et nerveux tint bon contre ses ennemis qui attachaient à sa défaite l'espoir de la victoire.

 

Cependant Archambeau, demeuré sans adversaire, tombe sur Robert de Scales qui en était aux mains avec Caronis, et, le frappant à la tête d'un violent coup de hache, l'étend mort à ses pieds.

 

 S'élançant aussitôt vers Duchâtel, il rend le combat égal.

 

Champagne de son côté, combattait avec ardeur. Ce jeune chevalier n'avait encore essayé ses forces dans aucune rencontre ; le premier, il s'était présenté pour être un des champions de Montandre ; mais le duc d'Orléans dont il était aimé, craignant pour son inexpérience, n'avait consenti qu'avec peine à le laisser partir (27) ; néanmoins ce jeune guerrier prouva, par ses essais, qu'il ne cédait en rien aux héros ses compagnons d'armes ; il terrassa son adversaire et le força de lui demander quartier.

 

Les Français avaient l'avantage sur tous les points, excepté là ou combattait Guillaume Bataille.

 

 Le malheureux fut abattu par son ennemi ; cependant les siens viennent à son secours, et bientôt tous les Anglais sont vaincus (28).

 

Telle fut l'issue de ce combat célèbre, livré en présence de deux armées et devant les hauts barons de Saintonge, châtelains de St-Mégrin, Àrchiac, Pons, Matha.

 

Le sénéchal de Saintonge (29) ramena les Français victorieux auprès du monarque.

 

 Barbasan, leur chef, fut appelé chevalier sans reproche; le roi fit graver ce titre sur l'épée d'honneur dont il lui fit présent, y ajoutant cette devise :

Ut lapsu graviore ruant.

« Ils ne sont élevés si haut que pour tomber d'une plus lourde chute »

 

l'autre face portant l'inscription « Barbazan sans reproche »

 

Ce combat raconté, de plusieurs sortes par les historiens, rendit célèbre le château de Montandre ; néanmoins la tradition n'en a pas conservé le souvenir, et l'on ignorerait ces faits d'armes si l'histoire ne les eût fixés dans ses pages (30).

 

Cinquante années s'étaient écoulées depuis le combat des quatorze preux, et les Anglais étaient encore maîtres de Montandre.

 

Le maréchal de Brosse en fit le siège le prit d'assaut et fit raser les fortifications; elles tombèrent ces tours qui avaient bravé les efforts de tant d'ennemis.

 

Peu de temps après, les Anglais, encore une fois maîtres de la Saintonge, rentrèrent dans cet Andronis, alors sans défense ; mais le fils de Jean de Brosse, après avoir contribué à délivrer la France de Talbot, vint les chasser pour toujours.

 

J'ai marché dans les sables de Montandre, j'ai gravi sur son sommet; j'ai consulté les ruines du castrum; j'ai interrogé la population : un seul vieillard m'a montré l'une des six collines, et m'a nommé la Motte-à-Vaillant.

 

Celle de l'Andronis, quoique privée de ses antiques fortifications, a conservé son aspect imposant.

 

On aime à voir, de son sommet le vaste horizon qui se montre sans obstacle dans toute l'étendue de sa circonférence, avec les sinuosités nébuleuses des hauteurs de Pons, Mirambeau Monlieu, et la barque que le nautonier conduit sur la Gironde.

 

C'est au pied de l'Andronis que sont construites l'église, la halle et les demeures agglomérées qui constituent le bourg.

 

 Une autre colline est maintenant ombragée de pins maritimes ; une troisième est consacrée à la culture de la vigne. On voit, sur d'autres, des moulins exposés à l'utile influence de tous les vents; mais la plus intéressante est celle de l'ouest, à cause des souvenirs qui s'y rattachent, celle où la victoire de sept Français sur un pareil nombre de champions d'Angleterre vint ouvrir le XVe siècle par le combat des quatorze.

 

 Ce tertre garda le nom de la Motte-à-Vaillant, pour témoigner aux siècles à venir que, des preux de France et d'Angleterre, neuf versèrent leur sang pour soutenir l'honneur des deux nations rivales (31).

 

 MOREAU ( de Saintes).

 

 

VICTOIRE DE SEPT FRANÇAIS CONTRE SEPT ANGLAIS DANS UN COMBAT PARTICULIER.

(Extrait de la Chronique du religieux de Saint-Denis, III, 31).
 

Bien qu'un combat particulier, qui n'est pas mené pour le bien public, puisse être qualifié de téméraire, ceux qui combattaient sous les lys d'or étaient de remarquables hommes de guerre.

 Il s'agissait de messire Arnaud Guillaume, du seigneur de Château, de Bataille, d'Archambaud de Villars, de Cuignet de Brabant, de Jean dit Champagne, et d'un certain nommé Carius, qui décidèrent de tenter cette épreuve dans le seul but de se rendre dignes de louanges au sein du royaume.

Désireux de rendre louable cette entreprise qu'ils avaient imaginée, ils avaient envoyé depuis quelque temps déjà un héraut d'armes traverser la mer vers l'Angleterre.

 Celui-ci, provoquant amicalement un nombre égal d'Anglais à ce jeu de gladiateurs, devait ajouter que l'issue du combat permettrait de voir à quel point les chevaliers français l'emportaient sur les Anglais, et que, le sort en étant jeté, on saurait ainsi quelle nation devait être réputée la meilleure à la guerre. S'étant présenté devant le roi d'Angleterre, le héraut ajouta que les Français avaient déjà choisi le lieu du combat, près de la ville de Bordeaux, et qu'ils avaient fixé qu'on y combattrait jusqu'à la mort, à moins qu'un traité conclu entre les parties ne prévoie ces règles : si l'un d'eux succombait volontairement (se rendait), il paierait seulement pour sa rançon un précieux diamant.

Cette offre, jusqu'alors inouïe, émut les esprits fiers des Anglais ; et poussés soit par la colère, soit par la haine, soit par la honte de refuser le combat, les seigneurs de Scales, Aymant Chotet, Jean Héron, Richard Boutevale, Jean Fleury, Thomas Tile et Robert de Scales, hommes puissants et vigoureux, acceptèrent de bon cœur de trancher cette affaire, avec l'assentiment du roi d'Angleterre.

Dès que le duc d'Orléans, frère du roi, apprit que rien de ce qui avait été offert n'avait été refusé, et considérant que les participants faisaient régulièrement partie de son entourage familier, il décida de faire de grandes aumônes dans plusieurs lieux sacrés.

 Se rendant à l'église du bienheureux Denis, il demanda qu'on prie pour eux avec la plus grande dévotion.

Et bien que plusieurs hommes avisés réprouvassent cette entreprise comme contraire aux lois, et que les nations étrangères en tiraient un proverbe populaire, selon lequel la France surpasse tous les royaumes.

 

 

 De septem Gallicis qui contra septem Anglicos féliciter pugnaverunt

Etsi parliculare prelium, non in favorem rei publice assumptum, temerarium dici possit, sub liliis tamen aureis militantes insignes viri fuerunt, videlicet dominus Arnaudus Guillain, dominus de Castro, Bataille, Archambaudus de Villaribus, Cuignet de Brebanto, Johannes dictus Champaigne et quidam vocatus Carius, qui hoc statuerunt experiri, ut tantummodo in regno commendabiles se redderent.

 Excogitatum aggressum laudabilem reddere cupientes, jampridem quemdam victoriarum preconem in Angliam jusserant transfretare, qui, totidem Anglicos ad gladiatorum ludum amicabililer provocans, adderet ut bine eventu cerneretur quantum equites gallici prestarent anglicis, et alea jacta utra gens bello esset melior reputanda Is et in presencia regis Anglie constitutus addidit et jam Gallicos prope Burdegalensem urbem pugne locum elegisse, statuisseque ut ibi usque ad interitum pugnaretur, federe tamen inito inter partes hiis legibus ut, si quis sponte subcumberet, tantum pro redempcione preciosum solveret dyamentem.

Movit feroces animos Anglicorum oblacio alias inaudita ; et seu ira, seu odio, seu detrectandi certaminis pudore stimulanlibus, domini de Scalles, Aymant Chotet, Johannes Héron, Richardus Boutevale, Johannes Fleury,Thomas Tile, Robertus de Scalles, viri potentes et strenui, annuente rege Anglie, rem terminandam libenti animo susceperunt.

 Ut autem nil de oblatis recusatum comperit dux Aurclianis, frater regis, et attendens quod actores sibi assidue familiariter assistebant, ob hoc elemosinarum largiciones pluribus sacris locis exercere statuit, et ad ecclesiam beali Dyonisii accedens pro ipsis orare devotissime postulavit.

Et quamvis nonnulli viri circumspecti adgressum velut juribus dissonum reprobarent, extereque naciones inde trahebant vulgare proverbium, et quod Francia cuncta regna superbia execdebat, res tamen ad volum in linalibus succcssit.

Pervenientes autem ad locum certaminis, ut hoc utrinque ageretur absque impedimento vel exteriori tumultu, insignes milites dominus Harpadenne, brito, et comes Rotlandi, anglicus, ambas partes conducendas susceperunt cum ingenti copia bellalorum.

Quas eum die décima nona maii ad locum preordinatum perduxissent, sicut condictum fuerat, submotis equis, armati et pleni adhortancium vocibus campum ingressi sunt; et tunc ut infestis armis mutuo concurrerent, mox signum pugne datum est.

 Anglici ante aggressum dominum de Castro britonem, quem corpore robustiorem noverant, ad terram primo impetu prosternere concluserant ; sed eum doabus lanceis ipsum fortiter impegissent, et ipse eas ambabus manibus potentissime rejecisset, utrinque cam omni armorum genere et maxima spe vincendi prelium inchoatur.

 Quantis agilitate et cautela res acta, cum quanta diligencia dexteraque prepotenti aller alterum juverit, quantusque horror spectantes perstrinxeril, cum neutro inclinala spe victorie utrinque sanguis spectaculo erat, aulicis et decurionibus preconizandum relinquo.

 Breviloquio tamen utens, cum diu non sine mutuis conviciis dimicassent, et Anglici cum lacertis hectoreis ictus fortiter ingeminando alios ad brodia curie remitterent, ipsi quoque vice versa mortem ignominiosam regis sui Richardi pluries improperassent, tandem uno Anglico interfecto, reliqui graviter vulnerali se dederunt.

Sic peracta Victoria, dominus Harpadanne brito victores secum adduxit Parisius, quos domini Francie amicabiliter exceperunt et donis cunulaverunt uberioribus, tanquam de re ad honorem Francie bene gesta.

Reliqui vero induti confusione et reverencia in Angliam redierunt, sane hoc infortunio docli sunt deinde a ludo simili abstinere, quamvis ad actum simitem exercendum fere per biennium majori minorique numero quam prius multos competitores habuerint, et quod merito mirabar cum tanta aviditate, ac si quid in eos prodicionis commisissent.

Memini quanplures hiis temporibus petivisse cur in illis tantus audor et insolilus fervebat ; sed fateor ab eis me didicisse quod inexpiabili odio in Anglicos et propter excecrabilem necem regis sui, regineque, regis Francie, expulsionem indecentem laborabant ; et quia in eos apperte insurgere non audebant, ne violatores inducialium federum, viderentur, occasionem honestam injurias intollerabiles vindicandi sic querebant.

(Chronicorum Karoli sexti, lib. XXIII, cap. III).

 

Ce texte a très probablement été rédigé par Michel Pintoin (v. 1349-1421), un moine bénédictin de l'abbaye de Saint-Denis qui occupait la fonction prestigieuse de chantre de l'abbaye.

 

Les historiens s'accordent aujourd'hui pour l'identifier comme le principal auteur de la fameuse Chronique du religieux de Saint-Denys.

 

Un historien officiel du royaume : Depuis l'époque de Saint Louis, les moines de l'abbaye de Saint-Denis avaient pour mission officielle de consigner l'histoire des rois de France (les Grandes Chroniques de France).

 

Michel Pintoin a été chargé de rédiger en latin l'histoire contemporaine du règne de Charles VI (couvrant la période de 1380 à 1422)

 

 

Octovien de Saint-Gelais, évêque d‘Angoulême, fils de Pierre de Saint-Gelais, seigneur de Montlieu, parle de ce combat dans son Séjour d’honneur :

Après je vis sept nobles preux François

Armés à blanc, ayant au point la hache,

Qui défirent sept arrogans Anglois,

Où pas un d’eux si ne se montra lasche :

Nul d'iceux n’eut pour lors pied à l'attache ;

Car si très bien firent sans épargner,

Qu'asses en peut Montandre témoigner,

Château cogneu, où fut l'emprinse faite

Et des Anglois honteuse la défaite.

 

Il y a 780 ans, Saint-Louis, roi de France livrait Bataille à Taillebourg et Saintes (juillet 1242) <==

              

 

 

 

Crassus, lieutenant de César, pour conquérir l’Aquitaine, compléta son armée à l’aide de fantassins et de cavaliers qu’il leva dans les tribus de Saintonge, Poitou et Agenais.

 C’est de cette époque (52 avant J.-C. que date la fondation de Montandre.

Un chef de légion, Andron, servant sous un des lieutenants de César, y pose ses assises et lui donne son nom :  « Mons Andronis ».

Il n’est pas étonnant, en effet, que les Romains aient utilisé ce monticule comme station militaire. Mais c’est donc une hérésie et un crime orthographique que d’écrire Montendre avec un « e ».

Il faut écrire : « Montandre » Les plus vieux textes disent Mons Andronis, Mont André, comme Mons Guidonis, Mont de Guy (Montguyon), Mons Léonis, Mont léon (Montlieu). Mons Andronis, dominant sur ses six collines environnantes, comme le Mont Capitolin sur les six collines de Rome, est admirablement situé sur la voie romaine de Fronsac à Rouffignac, embranchement secondaire de la voie de Bordeaux à Saintes.

 

(1). Montandre ou Montendre chef-lieu de canton de l'arrondissement de Jonzac, département de la Charente-Inférieure. C’était,  â 1’avénement de la famille capétienne, une grande châtellenie. 

En 1224, elle fut mise au nombre des cinquante qui composèrent le Saintonge et relevaient, du duché de Guienne. Ce qui se voit par l’état que fit faire Edouard III pour déterminer la valeur de l'arpent dans chacune de ces châtellenies.

(2) Ou appelait marche, les frontières d'un pays où l'on établissait des fortifications pour en défendre l'entrée ; de là le nom de marquis donné à celui à qui était confié le commandement d'une marche.

(3) Une lettre-patente de Charles VI, publiée par Godefroy, porte : que voulant user de ses prérogatives royales, il appliquait à son domaine les châteaux et autres lieux étant « en la frontière des ennemis près de Bordeaux, ou pourroit descendre nombre de gens, pour grever notre royaume et notre pays de Saintonge. »

(4). C'étaient autant de castellum situés sur la frontière de Saintonge : plusieurs offrent des restes de constructions du moyen âge.

(5) Le 19 mai 1402.

(6). Cartulaire de l'abbaye de Vaux en Saintonge.

(7). Didonne état l'une des plus anciennes châtellenies de Saintonge; elle était située près de la Gironde, commune de Semussac, arrondissement de Saintes. 

La charte de fondation de l’abbaye de Saintes fait mention de Didonne, en 1047.

(8). Tonnay-Charente, sur le fleuve du même nom.

(9). Royan, à l’embouchure de la Gironde, département de la Charente-Inférieure.

(10). Les seigneurs de Pons, de Tonnay-Charente et de Surgères, se trouveront à cette bataille. Les deux premiers y furent tués.

(11) Froissart.

(12). Elu 1360 par le premier article, la Saintonge, en-deçà et au-delà de la Charente, est accordée aux Anglais.

(13). Rôles gascons.

(14). En 1370, Chartes V ayant cité le prince de Galles à se présenter en personne à la chambre des Pairs, pour ouïr droit sur ses complaintes et griefs, dont ses sujets clamoient droit en cour, le prince de Galles répondit qu’il comparaitroit suivi de 60,00 hommes. La cour des Pairs déclama alors par arrêt, toute la Gyenne confisquée au roi (Théodore de Blois).

(15). Allain Chartier.

(16). Duchêne.

(17). Le héraut chargé de porter le cartel en Angleterre, dit, devant le roi Henri, qu’il avait déjà déterminé le champ de bataille, que ce serait auprès de Bordeaux (Le Laboureur).

 (18). Ce terrain de diluvien se trouve par strades, alternant avec des sables; plusieurs fragments ont été employés dans la construction du château actuel ; on les voit également dans les vieux murs, contrastant par leur couleur rembrunie avec la teinte jaunâtre des moellons calcaires dont ils sont mélangés.

(19). Jean Harpedane, seigneur de Belleville, fut chambellan de Charles VI; il résidait à Saint-Jean-d'Angély. Il acheta eu 1415, la terre de Mîrambeau et celle de Cônac. Son fils, Harpedane III,  épousa Marguerite de France, dite de Valois, fille naturelle de Charles VI.

 (20). En 1402, à la mort de son père Edmond de Langley, le comte de Rutland Édouard d'York (aussi connu comme Édouard de Norwich) hérite du titre de duc d'York.

Fils du duc de Verck et neveu du roi Henri IV Celui-ci, encore duc de Rotland, qui était dans le secret, révéla le complot.

 (21). Le Laboureur, qui l'appelle Carius, croit qu'il faut lire d'Escars dans la pièce où il a puisé. Allain Chartier dit Robert Querois.

(22). On trouve souvent les noms des sept Français du combat de Montandre dans l’Histoire de Charles VI. Il est dit dans une ordonnance de ce prince, rapportée par Villevault : «  Arneaud Guillier de Barbasan, Guillaume Bataille, Vlignet de Brahant, Archambeau de Villars qui prennent par au, sur notre trésor, 500 livres parisis, n’en prendront plus aucune chose. »

 (23). Aimar Ghoter, selon Le Laboureur.

(24). Richard de Bouteville. ( Le Laboureur. )

(25). Juvenal des Ursins. Allain Chartier ne nomme que quatre Anglais : Robert d’Escalle, Richard Heri, Fleury d’Angleterre, et Thomas Salles ou Stilles.

(26). Ce bouclier le nom de nom de targe.

(27). Monseigneur, laissez-le venir, dit Barbasan au duc d'Orléans, car s'il peut une fois tenir son ennemi aux mains et se joindre à lui par le moyen de la luicte, il l’abattra et le déconfira. (Juvenal des Ursins.)

(28). Juvenal des Ursins.

(29). Le sang coula assez Longtemps sans qu'on put juger de quel côtés serait la victoire. Après une vigoureuse résistance du côté des Anglais, la mort de l’un d’eux décida de l’avantage, et le sire Harpedanne ramena les vainqueurs à Paris, ou ils furent reçus à la grande joie et reçurent de beaux présents. (Le Laboureur)

 

Le duc d'Orléans quand ils furent à Paris, les festoya grandement pour la victoire qu'ils avoient eu à 1’encontre desdits Anglois, et à l’entrée de Paris furent vêtus lesdits Frnaçois tout de blanc, et furent les juges, le sire Harpedane et le sire de Duras. (Allain Chartier)

(30). Octavien de St-Gelais, évêque d’Angoulême, fils de Pierre de Sr Gelais, seigneur de Monlieu, dans le voisinage de Montandre, parle de ce combat dans son Verger d’honneur.

Voici des vers sur ce sujet, écrits dans le même siècle que l’événement :

Après, dit-il, je vis sept nobles Preux

Armés à blanc, ayant au poing la hache,

Qui défirent sept arrogans Anglois,

Ou pas d’eux si ne se montra lasche,

Car si très-bien firent sans épargner.

Qu'assez en peut Montandre témoigner,

Château cogneu où fut l'emprinte faite

Et des Anglois honteux la défaite.

(31). Suivant le récit, en style du temps, dont on va parler. Harpedaine, seigneur de Belleville, fut juge pour les Anglais à ce mémorable combat, et pour les Français le sire de Ponts remplit les mêmes fonctions. De plus, Champagne est aussi indiqué comme un jeune écuyer qui, voyant que les Anglais étaient sept et les Français seulement six, resuiqt et pria moult fort ce derniers de la recueillir avec eulx, à laquelle chouse accorder y eut de grans difficultés, pour ce qu’il estoit, comme dict est, jeune, et n’avoit pas grandement veu tels affaires.

 

 

 

 

 

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PHystorique- Les Portes du Temps