Dès mai–juin 1794, les troupes vendéennes du secteur (conduites par Louis-Marie de Couëtus sous l'autorité suprême de Charette) réinvestissent le bourg de Saint-Philbert.
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Le camp de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu n'était pas une garnison permanente, mais un camp volant (ou bivouac temporaire) établi par la division de Louis-Marie de Couëtus.
Comment ont-ils pris la place ?
- Tactique de harcèlement et d'asphyxie : Dans le bocage et le Pays de Retz, les Vendéens n'ont pas mené un siège en règle avec de l'artillerie lourde. Ils ont appliqué une tactique de guerilla et d'embuscades sur les axes reliant Nantes, Machecoul et Legé.
- Évacuation de la garnison républicaine : Face à l'insécurité permanente sur leurs lignes de ravitaillement, au retrait progressif des effectifs de Turreau (destitué en mai 1794) et à la pression constante des bandes paysannes de Couëtus, les petits détachements républicains qui gardaient les stocks et l'abbatiale ont dû replier leurs avant-postes vers Nantes ou Machecoul.
- Récupération des stocks : En reprenant le contrôle de l'abbaye/église, les hommes de Charette et de Couëtus ont pu mettre la main sur les réserves de fourrage et le matériel abandonné ou mal protégé, indispensable pour nourrir leurs chevaux et ravitailler leurs cavaliers du lac de Grand-Lieu.
Réponses officielle des chefs vendéens du secteur de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu aux républicains, rédigée en réaction à une sommation d'amnistie ou de reddition transmise le 29 juin 1794.
Rédigé « au camp de Saint-Philibert-de-Grand-Lieu le 1er juillet l’an 2 du règne de Louis XVII (1794) », le document s'inscrit au plus fort des opérations des colonnes infernales conduites par le général Turreau et ses commandants (notamment Cordellier dans ce secteur).
Les signataires :
- DECOUETUS (Louis-Marie de Couëtus) : Chevalier de Saint-Louis, commandant la division de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu au sein de l'Armée du Bas-Poitou dirigée par Charette. Il deviendra plus tard second de Charette avant d'être capturé et exécuté en 1796.
- Degras Saint-Sauveur : Commandant en second la division de Beaulieu (Beaulieu-sous-la-Roche).
- Bousseau, Randon Boistaillé, Lebreton : Officiers et capitaines des troupes locales.
« Républicain !
De bonne fois, avez-vous cru nous séduire par la proclamation dont vous nous avez laissé copie le 29 juin dernier ?
Avez-vous cru que nous n’apercevrions pas le piège que vous nous tendez ?
Croyez-vous parler à des hommes intimidés, à des hommes lassés de lutter contre vos efforts destructeurs ?
Si cela est, détrompez-vous.
Pouviez-vous croire que nous encenserions jamais le monstre républicain qui dévaste la France, et qui a rendu le plus brillant des royaumes en horreur à toutes les nations ?
Détrompés-vous encore.
Un roi, la religion catholique, apostolique et romaine, et l’anéantissement de votre prétendue république, sont les cris que vous nous entendrez toujours proférer ; ce sont les motifs qui nous ont fait prendre les armes, et nous vous jurons que nous ne les qu’à ce prix.
Vous nous engagez à rentrer dans nos foyers…..ou les prendrions-nous ?
Vous avez incendié nos maisons et égorgé nos femmes et nos enfans.
Vous voudriez maintenant avoir nos récoltes et nos armes, ce serait assurément le moyen de parvenir au but auquel vous n’avez pu atteindre jusqu’ici.
Hommes égarés ! revenez plutôt de votre erreur : cessez d’être les esclaves de ces être pervers qui ont jurés la perte entière de la France, et qui vous excitent à vous couper la gorge pour de prétendues liberté et égalité qui ne sont et ne peuvent être que des fantômes…..
Réfléchissez un moment, et comparez la malheureuse position de notre patrie avec elle ou elle se trouvait en 89, et dites-nous ou sont le bonheur et la félicité qu’on nous promettait.
Ils sont dégénérés dans les plus grand malheurs.
Vous le sentez comme nous, républicains, et nous espérons que bientôt vous vous dégagerez de ces chaînes déshonorantes, et anéantirez cette horde de factieux qui a usurpé une autorité qui n’était pas faite pour elle.
C’est alors que nous vous ouvrirons les bras, mais jusque-là recevez notre profession de foi.
Nous vous déclarons, en notre nom, et en celui de tous les soldats de notre armée, que nous ne pouvons vous reconnaitre ni traiter avec vous, tant que vous nous parlerez d’une république.
Nous sommes Français-royalistes, et nous le serons toujours.
Vivre et mourir pour notre religion et notre roi, voilà notre devise, prenez-la pour constante.
Au camp de Saint-Philibert de Grand Lieu, le 1er juillet l’an 2 du règne de Louis XVII, 1794.
Signé DECOUETUS, chevalier de Saint-Louis, commandant la division de Saint-Philibert, armée du chevalier Charrette ; Bousseau, capitaine ; Randon Boistaillé, officier ; Lebreton, officier ; Degras Saint-Sauveur, commandant en second la division de Beaulieu.
« A tous les Français servant contre leur gé la République française.
Frères et amis !
Quoique vous ayez les armes levées contre nous, nous savons que c’est la force qui vous les fait tenir, parce que nous ne doutons pas que nos sentimens ne soient les vôtres.
Ceux de vos camarades qui ont déserté des armée républicaines, de ces camarades que vous croyez peut-être morts et qui sont contens et bien portans parmi nous, nous ont instruits, nous ont assuré que vous aviez autant de répugnance qu’eux pour une constitution monstrueuse qui n’enfante que vols, incendies, profanation de ce qu’il y a de plus sacré dans la religion de nos pères, massacre horrible de filles, femmes, vieillard, infirmes et enfans parfaitement libres de tous crime.
Enlevés du sein de vos familles par des réquisitions inventées par la soi-disant convention nationale, par des réquisitions mille fois plus impérieuses, plus tyranniques, plus cruelles que ne fut jamais le tirage au sort, vous vous trouvez exposés dans les combats à essuyer nos coups nous ne voudrions faire tomber que sur les ennemis de l’autel et du trône.
Ennuyés, comme vous devez l’être, de vivre avec des gens dont la façon de penser est si contraire à la vôtre, vous désirez sans doute trouver un asile parmis nous ; nous vous l’offront cet asile pour être à lieu de faire éclater avec assurance les sentimens de catholicisme et de royalisme que vous portez dans votre cœur et que vous être contraints d’étouffer, vivant avec les républicains…..
Venez avec confiance vous réunir à nous. Convaincus de la sincérité de vos démarches, nous vous promettons d’avance sûreté pour votre vie et amitié fraternelle pour toujours.
Au camp de Saint-Philibert de Grand Lieu, le 1er juillet 1794, etc.
Signé DECOUETUS, etc. »
Les signataires de la lettre du 1ᵉʳ juillet 1794 (Louis-Marie de Couëtus, Degras Saint-Sauveur, Bousseau, Randon Boistaillé et Lebreton) portaient les tenues caractéristiques des officiers de l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou (l'armée de Charette).
Contrairement aux armées régulières républicaines, il n'existait pas d'uniforme strict et réglementaire pour les officiers vendéens, mais plutôt un style vestimentaire distinctif combinant habits civils nobles/bourgeois, éléments militaires d'Ancien Régime et symboles religieux :
En tant qu'ancien capitaine au régiment de Poitou et chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, Couëtus arborait la tenue typique des grands chefs de division :
- L'habit-veste (ou frac) : Un habit de drap drapé, souvent bleu, vert foncé ou brun, à basques, porté sur un gilet (souvent blanc ou croisé).
- Les insignes de distinction et décorations :
- La croix de Saint-Louis suspendue à son ruban rouge sur la poitrine (comme spécifié dans sa titulature « chevalier de Saint-Louis »).
- La écharpe blanche (ou nœud blanc) ceinte à la taille ou en bandoulière, symbole de la loyauté au Roi et signe de commandement chez les officiers royalistes.
- Le Sacré-Cœur : Un morceau de étoffe ou de feutre brodé du Sacré-Cœur de Jésus surmonté d'une croix (avec la devise « Dieu le Roi »), cousu sur la poitrine du côté gauche.
- La coiffure : Un chapeau bicorne ou un chapeau ronde à larges bords, souvent orné d'une cocarde blanche (et parfois d'une aigrette ou d'une plume).
- Les bottes et culotte : Culotte de peau ou de drap avec de hautes bottes à l'écuyère (bottes à la hussarde ou à revers).
Les officiers en second, capitaines et lieutenants de la division portaient une tenue similaire, adaptée aux combats de bocage et d'embuscade :
- L'habit de chasse ou carmagnole élégante : Souvent une veste courte de drap sombre (veste de chasse, veste en futaine ou en drap d'Elbeuf) adaptée à la chevauchée et à la marche dans les fourrés.
- L'écharpe et la cocarde : L'écharpe blanche ou le brassard blanc au bras gauche était le moyen principal de se faire reconnaître par leurs hommes au milieu du fumée et du chaos des combats.
- L'armement et l'équipement porté :
- Un sabre de cavalerie (sabre à la hussarde ou sabre d'officier d'infanterie) suspendu au ceinturon.
- Une paire de pistolets d'arçon logés dans les fontes de la selle ou glissés dans une ceinture de cuir.
- Une giberne en bandoulière pour la cartouche.
Carte Guerre de Vendée et Lieux de Mémoire (Maps et Dates)<==