A Chinon en 1428, Robert Le Maçon négocie avec le Dauphin Charles le départ de Marguerite de Bourgogne qui rejoint son mari Arthur de Richemont à Parthenay

Le meurtre du duc de Bourgogne sur le pont de Montereau, par des partisans trop zélés du Dauphin, porta au paroxysme la fureur des factions.

Charles concentra ses forces en Touraine et pour se procurer quelques ressources céda à bail au sieur Marc-Desbatons, pour une redevance annuelle de deux millions six cent mille livres, la frappe des monnaies dans plusieurs villes, parmi lesquelles Chinon (14 octobre 1419)

Pendant trois ans, la guerre se poursuit sans résultats appréciables. Le Dauphin est le plus souvent à Chinon, mais il parcourt de temps à autre le Berri, le Poitou et le Languedoc, sollicitant des secours en hommes et en argent.

Il se trouvait au château de Mehun, en Berry, lorsqu’il apprit la mort de son père survenue le 21 octobre 1422

Messire de Trêves allait pourtant, dans les années suivantes, connaître de sérieux déboires, encore aujourd'hui partiellement inexplicables.

Le 3 février 1422 le titre de chancelier et la garde des sceaux lui sont retirés et attribués à Martin Gouge, évêque de Clermont, grand distributeur de cadeaux, qui avait "moult profité" comme chargé des aides et exécuteur testamentaire du duc de Berry (1). Ce Gougé était en fort bons termes avec un autre personnage très important auprès du dauphin, Jean Louvet, dit "le Président de Provence".

La présence de Robert Le Maçon portait ombrage à cet ambitieux.

Souvent hésitant entre ses conseillers, Charles assiste le 22 février à la remise des sceaux entre les mains de l'évêque, tout en assurant Messire Robert qu'il lui gardait sa confiance, les gages de la charge de chancelier, et son rang aux délibérations du conseil.

Mieux encore, pour conforter les finances de son vieil ami, le roi Charles VII renouvelle en février 1424 l'octroi des péages en Loire, et accorde à Trêves trois foires supplémentaires, plus "marché et assemblée tous les mardis" (2).

Les travaux du château sont alors en bonne voie, et même, Le Maçon peut "souventes fois" prêter de l'argent au roi pour des paiements d'urgence. Une autre preuve de la faveur persistante de Robert est son rôle majeur pour organiser à Saumur, le mercredi 3 octobre 1425, la rencontre du roi et de Jean duc de Bretagne.

Puis ce fait pour lui la grave alerte de l'été 1426 et son arrestation.

 On ne peut l'expliquer que par les relations d'alors entre Philippe le Bon et le dauphin ; certes ils se combattaient, mais mollement : Philippe négligeait ses alliés anglais et engrangeait pour lui-même de nouvelles provinces aux Pays-Bas. Mais sa rancune contre les meurtriers (vrais ou supposés) de son père au pont de Montereau, restait tenace.

Un curieux recueil, antidaté du 30 juillet 1426, a pour titre : "Vidimus des lettres servant à l'excusation de Monseigneur de Trêves, pour la mort de feu Monseigneur le duc Jehan de Bourgoigne" (3).

 Plusieurs documents dans ce dossier, nient toute participation de Robert Le Maçon à l'assassinat de Jean Sans Peur. Jean Louvet lui-même signe en sa faveur une lettre de décharge ! (2 juillet 1426).

Il est possible que ce Vidimus ait été fabriqué à posteriori : de toute façon, Robert n'en tira aucun bénéfice immédiatement, puisqu'il fut arrêté et maltraité de manière inqualifiable.

Alors qu'il chevauchait sur le chemin de Trêves à Thouarcé, au début d'août 1426, il est arrêté par une troupe d'une quarantaine de cavaliers, sous les ordres de Jean de Langeac, sénéchal d'Auvergne, et de son lieutenant Robert André.

Il est battu, détroussé, puis contraint par ses ravisseurs de trotter ou galoper tout d'une traite jusqu'au château d'Usson, près d'Issoire, sous la garde de Langeac (4).

 

Pourquoi cette arrestation ?

Il semble bien que, pour mieux le rallier à sa cause, le roi se soit laissé surprendre par l'un des anciens conseillers de Philippe le Bon : Pierre, sire de Giac ; ce personnage retors réussit à faire dresser des lettres authentiques donnant commission à Langeac d'éloigner brutalement Messire de Trêves de la cour de Charles VII.

Giac comptait bien, par cette mise à l'écart de Robert Le Maçon, se substituer à lui dans la faveur royale. Finalement la manoeuvre échoua, car Charles souffrait de l'absence de son vieux serviteur.

Au bout de deux mois, Messire de Trêves fut libéré, non sans avoir à verser à Langeac, pour ses frais(!) une rançon de mille écus d'or, dont une bonne part fut payée par le roi sur sa cassette.

 Rentré chez lui et remis de ses émotions, Robert accompagne Charles VII dans son voyage en Poitou du 1er au 17 juillet 1427 ; il chemine avec le sire de Gaucourt son ami, récemment délivré de ses dix ans de prison en Angleterre.

Tous les deux se concertent pour diminuer auprès du roi l'influence pernicieuse du nouveau favori, le très gros et très riche Georges de La Trémoille (5).

 

...==> Charles VII dans la vicomté de Châtellerault, conflit ouvert entre Georges de La Trémoïlle et son rival Arthur de Richemont

Chinon en 1428, Robert Le Maçon négocie avec le Dauphin Charles le départ de Marguerite de Bourgogne qui rejoint son mari Arthur de Richemont à Parthenay

Au mois de mars 1428, la Trémouille alla, se faisant accompagner du roi, assiéger Chinon, qui appartenait à Richemont et où Mme de Guienne se trouvait à ce moment.

Arrivés devant la place de Chinon, les gens du roi gagnèrent Guillaume Bélier, qui en était gouverneur, et qui, d'après leurs instructions, fit faire aux murailles de Chinon un trou par lequel les troupes de Charles VII s'introduisirent dans la ville.

La duchesse de Guyenne, effrayée, fit demander au capitaine qui commandait les gens du roi, si son intention était de s'emparer de sa personne et de la garder comme otage  

Dès son entrée au château, Charles VII se rendit auprès de Mme de Guienne et lui permit de résider à Chinon ou dans toute autre ville du royaume, à la condition qu'elle ne recevrait pas le connétable.

La comtesse de Richemont répondit avec indignation « que Jamais elle ne voudroit demeurer en place où elle ne peust voir monseigneur son mary ».

Et, malgré les remontrances que l'archevêque de Troissi vint lui faire de la part du roi, elle resta inébranlable dans sa résolution de quitter Chinon.

Robert Le Maçon négocie le départ fort digne de l'épouse de Richemont (Marguerite de Bourgogne de Guyenne, fille de Jean Sans Peur) qui rejoint son mari à Partenay. (6)

 

L'officier lui permit de se retirer emportant ses habits, ses meubles et sa vaisselle, et lui accorda même une escorte suffisante pour assurer sa retraite.

Quant à Guillaume Bélier, il conserva sa charge de gouverneur de la ville, dont on augmenta la garnison, et fut même plus tard créé grand veneur de France.

Elle alla aussitôt rejoindre le connétable à Parthenay.

La Trémoille avait dicté au roi sa conduite â l'égard de Mme de Guienne. Il cherchait tout, comme on le voit, pour lasser la patience de Richemont. Il échoua devant son patriotisme. II le trouva résolu à supporter les injures plutôt que de rallumer la guerre civile. Bien au contraire, le connétable continua â servir son pays dans la mesure des moyens dont il pouvait disposer en l'état de disgrâce où on le tenait.

 

 

 

 

 

Un compagnon de Jeanne d'Arc : Artur III, comte de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne / L. Trébuchet

 

 

 

Assassinat de Jean sans Peur au pont de Montereau le 10 septembre 1419.<==.... ....==> C'était vers le 10 mars 1429 à Chinon l’examen de virginité par les dames de Gaucourt et de Trêves de Jeanne la Pucelle

 


 

Charles VII Forteresse de Chinon l'an 1423 

L'année 1423 fut remplie d'événements de diverse nature, et qui influèrent considérablement sur l'avenir. Le 4 juillet, Louis, qui régna après son père, naquit à Bourges, fut tenu sur les fonts de baptême par Jean, duc d'Alençon, et christionné par messire Guillaume de Champeaux, évêque et duc de Laon......
Poussé par le désir de s'attacher plus fortement encore le comte de Richemont, le roi résolut de lui donner l'épée de connétable; mais le duc de Bretagne, craignant que cette offre ne renfermât une trahison, refusa de livrer son parent à Charles VII, qui, pour le rassurer, lui offrit, en garantie de la sûreté d'Arthus, les villes de Lusignan, de Loches, de Chinon et de Meun-surYèvre.

 

1. -Le Père Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la Maison de France et des grands officiers de la Couronne, VI, 397.

2. - C. Port, op.cit.ibid.

3. - Le dossier, extrait des archives de la Maison de la Trémoille, a été repris par Beaucourt, op.cit, 11,651-658 (à propos du meutre de Montereau).

4. - Beaucourt._op. cit., II,124-125

5. -Ibid., 155.

6. -  ARTHUR III, deuxième fils du duc Jean IV, né le 24 août 1393, comte de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne en 1457, mort le 26 décembre 1458.

 Il épousa successivement trois femmes :

1° En 1423, Marguerite de Bourgogne, fille du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, et de Marguerite de Bavière, veuve de Louis, dauphin de France et duc de Guyenne, fils du roi Charles VI, morte le 2 février 1442 ;

2° Le 29 août 1442, Jeanne d’Albret, fille de Charles II, sire d’Albret, et d’Anne d’Armagnac, morte en septembre 1444 ;

3° En juillet 1445, Catherine de Luxembourg, fille de Pierre, comte de Saint-Paul, et de Marguerite de Baux, morte en 1492. Il ne laissa de ces trois femmes aucun enfant.

Rappelons que le comte de Richemont, quelques jours avant la bataille d'Azincourt, faisait le siège de Parthenay, et qu'il fut obligé d'en confier les opérations à son frère Richard de Bretagne, pour aller rejoindre l'armée royale.

Jean l'Archevêque, seigneur de Parthenay, avait su résister aux attaques de Richard; il avait pu même reprendre les places que Richemont lui avait enlevées. Il passa néanmoins avec le duc de Bretagne un traité par lequel il s'engageait à rendre à sa mort la terre et le domaine de Parthenay au comte de Richemont.

Jean l'Archevêque mourut au commencement de l'année 1427 et reconnut le connétable comme son héritier, recommandant à ses vassaux de bien servir leur nouveau seigneur, «de lui être bons et loyaux ».

La retraite de Richemont n'assouvit pas la haine de La Trémoille.

Il obtint du roi que le connétable fût banni de la cour et que défense fût faite â toute ville ou place de le recevoir, lui et ses partisans. Il lui fit retirer sa pension, mais ne put lui faire enlever son épée.

1415 Siège de Parthenay d’Arthur de Richemont - Terres confisquées de Jean II l'Archevêque et données au dauphin Louis de France<==....