En 1179, Richard Cœur de Lion donne l'assaut à la forteresse de Taillebourg et après la victoire ordonne sa destruction

1173 le comte Richard d’Angleterre (Richard Cœur de Lion) reçoit à Taillebourg de Geoffroy de Rancogne une large hospitalité et un appui contre son père le roi Henri Plantagenet

En 1174. — Au printemps, Henri II Plantagenêt, à la tête d'une armée de mercenaires, se mit en campagne contre ses fils et ce fut pour lui comme une marche triomphale à travers le Maine et l'Anjou. Pendant ce temps, Richard s'était réfugié dans la forteresse de Taillebourg où son père, n'ayant pas de machine de siège, renonça à le poursuivre et peu de temps après se réconcilia avec ses enfants, ce qui fut une calamité pour les populations qui avaient pris parti pour les fils contre leur père. La Saintonge surtout en fut victime, car les enfants de Henri II voulurent forcer leurs anciens alliés à déposer les armes.

Les Aquitains qui combattaient avant tout pour leur indépendance et la Saintonge qui était toujours le foyer de la résistance à l'Angleterre, ne voulurent pas obéir. Ce fut la reprise des hostilités.

Le fougueux Richard tourna donc ses armes contre les seigneurs et les populations qu'il venait tout récemment d'appeler ses fidèles alliés, et en l'année 1179, il se retourna contre Taillebourg qu'il investit huit jours avant la fête de l'Ascension.

« Cette place, dit un chroniqueur, était réputée imprenable tant l'art et la nature avaient concouru, à la fortifier. »

« Revêtue d'un triple fossé, ajoute un autre contemporain, « appropriée à la résistance, par une triple enceinte de murs, « suffisamment pourvue d'armes, de barres de fer et die « verrons, remarquable surtout par ses tours disposées en « cercles, amplement munie de pierres pour lancer sur l'en- « nemi, abondante en vivres et défendue par des milliers de « soldats aguerris, elle ne fut nullement intimidée par l'arrivée « du duc d'Aquitaine »

Ces puissants moyens de défense auraient en effet longtemps arrêté un tout autre ennemi que le terrible Richard; mais celui-ci connaissait bien le fort et le faible de la place par suite du séjour qu'il y avait fait, aussi dirigea-t-il l'attaque du côté le plus vulnérable, en y installant des machines de siège; Geoffroy de Rancon redoutant une surprise, eut la fatale idée de chercher à surprendre son ennemi par une brusque sortie, mais l'assiégeant était sur ses gardes. Il repoussa l'attaque des assiégés et, dans l'ardeur de la lutte, ses troupes pénétrèrent dans l'enceinte de la forteresse pêlemêle avec les fuyards qui furent contraints de se réfugier dans le donjon.

Cela se passait le 8 mai 1179

 Il n'y avait plus qu'à se rendre, Geoffroy se décida donc à négocier et afin de ne pas être retenu prisonnier, il s'engagea à livrer à son vainqueur tous ses châteaux, en particulier celui de Pons, dans le délai d'un mois.

Quand au château de Taillebourg, il fut incendié et rasé jusqu'au niveau du sol !

1187 Geoffroy de Rancon, s’étant de nouveau révolté contre Richard, est assiégé pour la seconde fois, dans sa forteresse, par le redoutable Angevin.

Le château de Taillebourg, investi par toutes les forces du roi Richard, ne se rend toutefois qu’après un long siège.

La seigneurie de Taillebourg demeura jusqu'en 1260 entre les mains des sires de Rancon, dont l'un, Geoffroy de Rancon, portait l'oriflamme à la croisade que fit Louis VII accompagné de la reine Aliénor d’Aquitaine.

En 1260, le château et la seigneurie de Taillebourg passent, par le mariage de la sœur de Geoffroy de Rancon, dit le Jeune, avec Hugues l'Archevêque, de la maison de Lusignan, en possession de ce dernier.

 

 

Bulletin des travaux de la Société historique et scientifique de Saint-Jean-d'Angély

Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis, D. Massiou

Histoire de Taillebourg / Abbé P. Billy,

 

 

 


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Le lendemain dimanche, les deux armées se trouvèrent en présence au milieu de riches vignobles et de vastes prairies arrosées par les eaux abondantes  de la Charente, coulant sous un pont long et étroit au-dessus duquel s’élevaient majestueusement les remparts de Taillebourg.

La chronique Radulfe ou Raoul de Dicé, en relatant les circonstances du siège livré, en 1179, au château de Taillebourg par Richard Cœur de Lion, ne sit pas un mot du pont qui traversait la Charente sous les murs de cette forteresse, ni de la chaussée en maçonnerie qui, partant de ce pont, se prolongeait à l’ouest à travers la grande prairie qui s’étend sur la rive gauche du fleuve. Il est à croire que ni le pont ni la chaussée n’existaient en 1179, et qu’ils ne furent construits que postérieurement, peut-être lorsque les seigneurs de Taillebourg firent rebâtir leur château ruiné par le comte Richard.

Quatuor ad poenas retinentur. Proh dolor ! October Dicrimen mortis fugiunt fugiente carinâ.

Exit judicium quod per suspendia pendant

Poenas : tunc pedibus vinctis cum fortibus hamis,

Pendentes animam rabioso gutture reddunt.

(Nicol. De Braia. Gest. Ludoc. VIII. Ap. Script. Rer. Franc. Tom. XVII. P. 340.)

Telle est aussi l’opinion de M. Moreau, de Saintes.

« Les Rancons devenus dociles, dit ce savant, rendirent hommage au duc d’Aquitaine. Taillebourg fut bientôt rebâti. Ses seigneurs, sous l’influence anglaise, donnèrent à la ville de l’extension, construisirent un pont sur la Charente et firent élever, sur l’autre rivage, une chaussée qui traversait la prairie dans toute son étendue et communiquait par le pont avec la ville. Cette chaussée, percée d’arcades, fut appelée le Pont de Sainte-James ainsi que le village qui fut fondé à son extrémité. Le sénéchal anglais eut une maison auprès : plusieurs chaumières vinrent s’y grouper et formèrent bientôt le bourg du sénéchal ou séchal, selon le langage du temps, qui, dans le patois de la Saintonge, se changea en séchaux.  Le bourg de Séchaux fut, dans la suite, enrichi d’une église dédiée à Saint-Saturnin, et ce lieu prit alors le nom de Saint Saturnin de Séchaux »