Time Travel Les Sires de Parthenay et la Gâtine pendant la première période de la Guerre de cent ans

Parthenay était la capitale de la Gâtine au Moyen-âge. Ville forte entre toutes les villes de l'Ouest, Parthenay avait une muraille continue percée de quatre portes et défendue par vingt tours. Au centre de la ville se dressait une citadelle du douzième siècle, réputée imprenable, au dire de Juvénal des Ursins.

Les paroisses de la Gâtine. — La Gâtine avait plus de soixante paroisses réparties sur un territoire large de quinze lieues, long de dix lieues, comprenant tout l'arrondissement de Parthenay, une partie de celui de Bressuire, une partie de celui de Niort et des villes de la Saintonge. Dos domaines des sires de Parthenay dépendaient quatre baronnies ou châtellenies, à savoir Parthenay, Secondigny et Béceleuf, relevant du comté de Poitiers, et Coudray-Salbart, relevant de Saint-Maixent.

La baronnie de Parthenay, la plus vaste et la plus importante comprenait parmi les fiefs qui en relevaient à hommage lige les châtellenies de Champdeniers, d'Hérisson, de Villiers-en-Gâtine et de Châteauneuf, près de Largeasse ; les seigneuries de Gourgé, Larochefaton, La Chapelle-Bertrand, Aubigny, Saint-Marc-la-Lande, Ardin, Germon, Le Fonteniou de Vernou, Tennessus, La Bretonnière, Laigné, Paré, Laubertière, Le Plessis-Viette, Le Plessis-d'Alonne, Sunay-en-Châtillon, Saint-Pardoux, Sauray, Mauvergne, La Croslay, La Meilleraye et, en dehors de la Gâtine, Vouvent, Mervent, Taillebourg, Châtelaillon, Moncontour.

Les Sires de Parthenay et la Gâtine pendant la première période de la Guerre de cent ans (1)

Voies romaines. — Deux voies conduisaient à Parthenay ; la première, allant de Poitiers (Limonum) à Nantes (Portus Nannetum), traversait le lieu appelé la Sigourie, où des historiens ont placé la célèbre Segora ; la seconde, moins importante, était une voie intermédiaire entre la première et la voie qui conduisait de Poitiers à Saintes ; elle partait de Rom, traversait la Gâtine et se dirigeait vers l'Océan. Divers tronçons de cette voie sont restés vers Exoudun et l'Absie ; on donne au principal d'entre eux le nom de Chemin des Chaussées. (==>Gaule - Cartes Voies Romaines)

Eglise Maint-Jean. — La première mention qui soit faite de Parthenay se trouve dans une charte de donation de Pépin II, roi d'Aquitaine, en laveur de l'abbaye de Saint-Maixent, en 848. Parthenay-le-Vieux (moins ancien malgré son titre) fût fondé en 1092 par les seigneurs de Parthenay, Gelduin et Ebbon.

Le duc d'Aquitaine était suzerain des comtes de Parthenay, desquels dépendaient les viguiers de Thénezay, d'Ardin, de Mervent. Mais, dès 1091, les comtes de Parthenay se sont débarrassés de la tutelle des ducs d'Aquitaine ; ils sont les favoris des papes dont l'un, Jean XIX, met, en 1031, sous leur protection, l'abbaye de Saint-Jean d'Angély.

La Gâtine, au onzième siècle, est défrichée ; elle prospère rapidement, se couvre de bourgades nouvelles, devient célèbre par son industrie naissante des gros draps. Les comtes de Parthenay ne s'occupent pas seulement des intérêts matériels du pays ; ils encouragent la construction d'églises nouvelles autour desquelles les populations, encouragées par des exemptions d'impôts et des privilèges, viennent se grouper. Les bourgs de Secondigny et de la Ferrière sont fondés à cette époque. L'église de Parthenay-le-Vieux date aussi de cette époque. Elle fut fondée en 1092 en expiation d'un crime involontaire, l'écrasement d'un enfant par le seigneur de Parthenay, qui n'avait pu retenir son cheval. C'est cette scène qui est figurée sur la façade de l'église.

La conquête de l'Angleterre. — Guillaume Ier, le Conquérant, ayant promis « une forte somme et le pillage de l'Angleterre à tout homme robuste qui voudrait le servir de l'épée, de la lance ou de l'arbalète, » Simon, vidame de Parthenay, s'allie à Aimery III, vicomte de Thouars, qui a quatre mille hommes, constitue avec lui un petit corps d'armée et combat vaillamment Hastings. Il revint fort riche, après la conquête, mais mourut bientôt. Un de ses successeurs, Ebbon, prit part à la première croisade et rapporta un morceau de la vraie croix qui fit donner le nom de Sainte-Croix à l'église. Cette tradition n'est point confirmée absolument.

Les Sires de Parthenay et la Gâtine pendant la première période de la Guerre de cent ans (2)

A la mort de Simon, le comte de Poitou prend Parthenay (1122), mais le rend l'année suivante à Guillaume Larchevêque, pour prix de son alliance, que Guillaume abandonne bientôt pour passer au comte d'Anjou.

Saint Bernard à Parthenay. — Vers cette époque se produisit un fait curieux qui donne une idée exacte des moeurs du temps.

En 1135, saint Bernard provoqua à Parthenay une entrevue avec Guillaume IX, comte de Poitou, duc d'Aquitaine, qui avait embrassé la cause de l'anti-pape Anaclet. Cette entrevue n'ayant pas réussi au gré de saint Bernard, celui-ci consigna le duc d'Aquitaine et ses adhérents à la porte de l'église, puis, devant le peuple assemblé, il sortit tout à coup de l'église, portant l'hostie sur la patène, et s'adressant à Guillaume :

« Nous t'avons prié, lui dit-il, de donner la paix à l'Eglise et tu as méprisé nos prières. Voici le fils de la Vierge, le chef de l'Eglise que tu persécutes ; il s'avance vers toi pour te supplier à son tour. Devant toi est ton juge au nom duquel tout genou fléchit dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; ton juge entre les mains duquel tombera ton âme. Oseras-tu le repousser comme ses serviteurs ? » Guillaume tomba la face contre terre, comme frappé d'épilepsie. Saint Bernard alors lui commanda de se relever et de donner le baiser de paix à l'évêque de Poitiers qu'il avait offensé, mais il ne se remit jamais de cette épreuve et mourut bientôt après, en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle (1137). Ses successeurs, pendant toute la fin du siècle, firent de riches donations aux abbayes de l'Absie, des Châtelliers, de Saint-Maixent, au prieuré de Parthenay-le-Vieux.

 

HUGUES Ier L'ARCHEVÊQUE (1182-1218).

Hugues L'Archevêque, pendant une grande partie de sa vie, imita la conduite prudente de son père. Les révoltes continuelles des enfants du roi d'Angleterre et la rivalité de Richard Cœur de Lion et de Philippe-Auguste le trouvèrent assez indifférent. Toutefois, pendant un instant, il semble avoir manqué de fidélité à Richard son suzerain comme comte de Poitou, car celui-ci, qui laissait rarement impunis les écarts de ses vassaux, lui enleva le château de Secondigny et le donna à Raoul de Taunay1. A cette exception près, le seigneur de Parthenay, s'il est permis d'interpréter ainsi le silence des chroniques, s'abstint de prendre une part active aux luttes politiques jusqu'à l'avénement de Jean sans Terre.

Fidèle aux traditions paternelles, il se montra libéral envers les établissements religieux. L'un de ses premiers actes fut la confirmation des donations anciennes faites à l'Absie. Il assista en qualité de témoin, en 1183, à un autre acte passé à Parthenay, dans la maison de Renaud de Saint-Jean, par lequel Clément Bensevest concéda à la même abbaye tous ses droits sur le fief du Frêne, que Guillaume du Frêne et André de la Chapelle tenaient de lui, moyennant la célébration de son anniversaire par les moines après sa mort. Parmi les autres témoins de ce don, citons, outre Rainier, l'abbé du monastère, Jean Rateau, Jean du Plessis, Airaud de Nieuil sur l’Autize qui appartenaient aux principales familles du pays 2. Hugues L'Achevêque renonça en 1192 à la redevance de 10 livres que lui et ses prédécesseurs avaient coutume de percevoir sur le prieuré de Parthenay le Vieux, à chaque mutation de prieur.

Les Sires de Parthenay et la Gâtine pendant la première période de la Guerre de cent ans (3)

L'abandon de ce droit qualifié d'injuste eut lieu à Mirebeau, devant Guillaume III, évêque de Poitiers, Pierre, abbé d'Airvault, Guillaume Maurice, prieur de Parthenay le Vieux (3). Ce prieuré dépendait, nous l'avons dit plus haut, de l'abbaye de la Chaise-Dieu en Auvergne. Bernard Balon ou de Vallons, quatorzième abbé de ce monastère, persécuté par Philippe-Auguste, se réfugia quelques années plus tard, vers 1199, à Parthenay le Vieux, situé dans un pays qui relevait encore de la couronne d'Angleterre. Il y mourut et fut enseveli dans l'église (4).

Un habitant de Parthenay, Jean Estrepaut, avait donné à l'abbaye des Chastelliers une maison située dans la Vault Saint-Jacques de cette ville. Hugues L'Archevêque abandonna tous ses droits seigneuriaux sur cette maison dont l'habitant fut ainsi exempté à perpétuité du service militaire, de la taille, du péage et autres obligations. L'acte passé en 1196 avait pour témoins Aymeri II, abbé des Chastelliers, Goscelin, abbé de l'Absie, Jean et Pierre Emenon, Maurice de Chantemerle, Foulques Grogren, etc. (5).

Le seigneur de Parthenay céda également en 1197 ses droits de suzerain et de juridiction sur un pré à Verruie donné à l'abbaye de Saint-Maixent par Pierre Maingot, chevalier, seigneur de Chausseraie. Cette concession fut faite par Hugues, dans le chapitre de Saint-Laurent de Parthenay, en présence d'Étienne, doyen du chapitre de Bordeaux, de Pierre, abbé d'Airvault, de Jean, prieur dudit Saint-Laurent, de Jean le Médecin, appartenant à une famille de la ville, de Pierre de la Mothe, etc. (6).

Hugues ne pouvait oublier le monastère du Bois-d'Allonne, fondation de son père. Il en augmenta les dépendances de toute la partie de la forêt comprise entre les anciens fossés de l'établissement, la croix placée près du chemin appelée Ausengenis, une grande croix plantée dans le bois, la pierre dite Aguzarece, une autre croix située près du pré de la Gucherie et les fossés du prieuré au point où le bois de la Mothe touche le bois d'Allonne.

Il constitua en outre en sa faveur une rente de deux sous sept deniers par semaine payable par le receveur des droits de vente de Parthenay (7).

Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine, dans une charte générale datée de Niort le 15 décembre 1195, confirmant l'ordre de Grammont dans la possession de ses établissements en Poitou, lui assure en particulier la jouissance paisible du prieuré du Bois-d'Allonne et de celui de Bonneraye, paroisse de Puy-de-Serres, donné jadis par sa mère, la reine et duchesse Aliénor (8).

La fondation du prieuré du Bois-de-Secondigny, dépendance de l'abbaye de Fontaine-le-Comte, date des premières années de Hugues L'Archevêque, puisque, dans une charte de 1194, il nous apprend qu'il l'a vu construire. Mais, quoiqu'il ait largement contribué à sa dotation, il n'existe aucun document permettant de lui en attribuer la création. Le premier don connu fait en sa faveur est de 1192. Il émane d'un certain Simon Rogue, qui donne à la nouvelle maison religieuse la terre de la Trichonnière située près de la forêt de Secondigny et tout ce qu'il possédait dans le fief de Gervais de Prescigny.

Guillaume III, évêque de Poitiers, qui revenait alors du prieuré du Bois-d'Allonne où il avait donné sa bénédiction aux religieux de Grammont appelés aussi les bons hommes d'Allonne, et qui se dirigeait vers Secondigny, fut témoin de la libéralité de Simon Rogue, en compagnie de Pierre de Verrinnes, abbé d'Airvault, de Goscelin, abbé de l'Absie, et de maître Pierre de Limoges.

Cet acte n'était d'ailleurs que le renouvellement du même don déjà fait par Simon Rogue, une première fois dans la maison même du Bois de-Secondigny, sur l'autel, en présence de Guillaume de la Boissière, une autre fois à Parthenay devant le seigneur Hugues L'Archevêque et entre les mains de Guillaume, abbé de Fontaine-le-Comte (9).

Le seigneur de Parthenay ne tarda pas, lui aussi, à gratifier le prieuré du Bois de-Secondigny de possessions importantes. Par acte de 1194, il détacha de sa forêt de Secondigny, pour lui en faire don, une certaine portion située autour de la maison des religieux, comprise entre le ruisseau de Gastineau (rivulo de Gastinello), la route du Retail jusqu'à la vallée qui est au-delà du chêne des chevaliers (quercum armigerorum), [le cours dudit ruisseau jusqu'au sentier qui descend de la maison d'Aymeri Fromaut au confluent de ce ruisseau avec celui de la fontaine des religieux. Il lui concéda en outre le droit de pâcage dans la forêt et une borderie appelée la Garnaudière, contiguë à ladite forêt (10).

D'autres donateurs augmentèrent bientôt et peu à peu les possessions du prieuré du Bois de-Secondigny. Un habitant de Parthenay, Pierre Claveau, s'étant fait moine à Fontaine-le-Comte, donna sa maison située devant l'église de Saint-Laurent, dans le fief d'un chevalier nommé Rataud.

Après sa mort, ses filles ratifièrent ce don par acte passé en 1204, dans le cloître de Saint-Laurent de Parthenay, devant Jean Michel, prieur dudit Saint-Laurent, Pierre Rolland, chapelain ou curé de l'église du Sépulcre, et autres témoins (11).

Plus tard, en 1219, Hymbert Boter, chevalier, neveu de Rataud, dans le fief duquel était la maison, et qui en avait laissé jouir paisiblement l'abbaye, lui en confirma la possession, en s'y réservant toutefois un cens annuel de douze deniers, auquel le fils de Rataud renonça ensuite, en 1263.

L'acte de 1219 fut également consenti par son auteur dans le cloître de Saint-Laurent, devant Jocelin, abbé de Fontaine-le-Comte, Guillaume, prieur de Secondigny, Jean le Médecin, d'une famille dont nous avons déjà parlé, Pierre Foucher, Étienne Boter, clerc, et Pierre Boter, chevalier, qui sont probablement les frères d'Hymbert (12). Ce dernier exerçait les fonctions de viguier à Xaintray, pour le seigneur de Parthenay (13).

La famille Parthenaisienne des Boter comptait dans ses rangs deux autres membres, Guillaume, chanoine de Sainte-Croix, et Jean, bourgeois, qui sont tous contemporains (14). Elle avait déjà produit un personnage notable, du même nom, Hymbert Boters, qui en 1180 fut maître des chevaliers du Temple en Poitou (15). L'importance de cette dignité occupée par un Boter dans un ordre célèbre qui ne se recrutait que dans l'élite de la chevalerie est la meilleure preuve de la noblesse et de l'antiquité de cette famille.

Cependant les événements prenaient une tournure très-alarmante.

Richard Cœur de Lion venait de mourir, et Jean sans Terre, son frère, prince aussi cruel que lâche et efféminé, avait usurpé la couronne d'Angleterre sur son neveu, le jeune et malheureux Arthur, duc de Bretagne (1199). La reine Aliénor, usufruitière du Poitou, par suite de conventions passées avec son fils Jean sans Terre, administra cette province avec habileté jusqu'à sa mort, en 1204, et la popularité dont elle y jouissait ne fut pas d'un faible secours pour la domination des Plantagenets.

Un de ses actes souverains rendu à Montreuil-Bonnin, le 5 mai 1199, présente quelque intérêt pour la Gâtine. C'est la restitution à l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers, des bois de Vâsles, naguère injustement ravis par le roi Richard, malgré une possession séculaire (16). Le roi de France, Philippe-Auguste, avait immédiatement entrevu tout le profit qu'il pouvait tirer de l'usurpation de Jean.

Prenant en main la défense du faible Arthur, il attendait le moment favorable pour faire valoir ses droits, ou plutôt pour susciter, par ce moyen, des embarras à son adversaire. L'occasion ne tarda pas à se présenter.

 Jean sans Terre s'étant rendu coupable d'un sanglant outrage envers Hugues de Lusignan, comte de la Marche, en épousant Isabelle d'Angoulême, sa fiancée (août 1200), le prétendant évincé organisa une vaste révolte dans laquelle entrèrent la plupart des barons poitevins, excepté Aimeri, vicomte de Thouars, que les sollicitations d'Aliénor retinrent dans le devoir.

Un petit seigneur de Gâtine, Renaud de la Pératte, prit part à la révolte, car le roi Jean ordonna, le 23 septembre 1201, de faire remettre sa tour entre les mains de Robert de Turneham, sénéchal de Poitou (17). Guillaume de la Pératte, qui est probablement son frère, suivit son exemple. Pendant que la noblesse poitevine prenait les armes, Philippe-Auguste entrait en campagne dans le Maine ontre Jean (1201). L'année suivante, il pénétra en Normandie, où il obtint plusieurs succès. La guerre était donc générale (18).

Au milieu de la défection des Poitevins, le seigneur de Parthenay, Hugues L'Archevêque, loin de céder à l'entraînement presque universel, fit preuve d'une remarquable fermeté. Il demeura fidèle à Jean sans Terre, et ce ne fut pas sans dommages qu'il défendit sa cause contre le parti d'Arthur.

Charmé de son dévouement, le roi d'Angleterre lui écrivit, le 17 mai 1202, la lettre suivante : « Sachez que nous vous aimons et vous aimerons comme un homme dans lequel nous avons la plus entière confiance, et dont les ancêtres ont toujours bien servi nos ancêtres. Nous sommes affligé des maux que vous souffrez à cause de nous, mais nous mettrons tous nos soins à vous en dédommager. Nous vous donnerons aide et secours pour fortifier et défendre votre château de Parthenay, et vous soutiendrons dans toutes vos autres affaires, car vous êtes notre bien-aimé, notre fidèle et l'homme dans lequel nous avons la plus entière confiance (19). »

Le lendemain, 18 mai, Jean, restituant au seigneur de Parthenay le château de Secondigny, enlevé naguère par le roi Richard, lui mandait de le fortifier et lui promettait de nouveau des secours et des subsides. Il envoya en même temps des lettres patentes par lesquelles il prenait sous sa protection spéciale les habitants et vassaux de la baronnie de Parthenay (20).

Ces deux lettres du roi Jean à Hugues L'Archevêque doivent être considérées, à notre avis, comme le point de départ de constructions militaires nombreuses et importantes à Parthenay et dans toute la Gâtine. Il est impossible que les promesses si formelles qu'elles contiennent relativement aux fortifications soient demeurées sans exécution. La guerre acharnée qui sévissait alors partout, par suite de la rivalité des rois de France et d'Angleterre, obligeait d'ailleurs chaque seigneur à augmenter ses moyens de défense.

Aussi c'est grâce aux subsides, et peut-être aux architectes de Jean sans Terre, nous le pensons, que le seigneur de Parthenay a fait édifier les portes de Saint-Jacques et de la citadelle, l'enceinte urbaine et le magnifique château du Coudray-Salbart. Il y a entre ces divers monuments des analogies qui dénotent une origine contemporaine. Les tours à bec saillant que l'on y remarque ont bien pu être conçues par le même architecte. Elles constituent un caractère propre au XIIIe siècle, et rien, dans le style général de ces constructions, ne contredit l'origine que nous leur assignons, en nous basant sur les inductions historiques tirées des lettres de 1202.

Le château de Coudray-Salbart, dont les magnifiques ruines se dressent encore sur les bords de la Sèvre, à la limite extrême de la Gâtine, mérite un examen particulier qui trouve ici sa place naturelle.

Le fief du Coudray, propriété des seigneurs de Parthenay depuis une époque inconnue, mais probablement très-ancienne, relevait de l'abbaye de Saint-Maixent à laquelle ces barons en rendirent régulièrement hommage depuis le XIIIe siècle jusqu'au XVe (21). Il y avait déjà dans ce lieu un vieux château fort, remontant à un âge reculé, que remplaça, au commencement du XIIIe siècle, la forteresse existant actuellement, mais dont quelques murailles et quelques tours avaient été conservées et étaient encore debout en 1460 dans la cour intérieure. Une très-curieuse description du château Salbart, insérée dans une estimation de 1460, donne l'idée la plus complète de son état primitif au XIIIe siècle, état qui n'avait pas varié au XVe siècle et que nous retrouvons toujours intact aujourd'hui, sauf les ruines causées par l'action du temps ou de la guerre. Ce monument, en effet, est pur de toute addition ou remaniement quelconque. C'est le château féodal par excellence, à la fois demeure seigneuriale et forteresse, œuvre remarquable, dans ses proportions assez restreintes, de ce grand art architectural du XIIIe siècle qui a produit tant de beaux édifices.

 

 

 

 

Histoire des Deux-Sèvres / Antonin Lévrier

La Gâtine historique et monumentale / par M. Bélisaire Ledain,

 

 

 

La légendaire fée Mélusine poème Couldrette - La maison DE PARTHENAY, branche cadette des Lusignan. Gisants Eglise Ste-Croix <==.... ....==> Histoire du Poitou: LE POITOU PENDANT LA GUERRE DE CENT ANS (1340-1453).

==> Carte de la Gatine du Poitou comprenant ses anciennes circonscriptions jusqu'en 1789

 

==>Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou<==

 

 


 

 

1. Rotuli litt. patent., vol. I, p. 11. — Ce château lui fut restitué en 1202.

— 2. Dupuy, 805, 148 v°, Cartul. de l'Absie.

Ce Bensevest est appelé ailleurs qui bene se vestit ou bene se vestiens, nom qui dérive, comme tant d'autres, d'un sobriquet.

 

3. Dom Fonteneau, t. XVI, p. 93.

— 4. Gallia Christ., t. II, p. 332.

— 5. Dom Fonteneau, t. V, p. 47. — Cartul. des Châtelliers.

— 6. Dom Fonteneau, t. XVI, p. 97.

— 7. Dom Fonteneau, t. I, p. 391.

— 8. Arch. nat., 0.573.

 

9. Arch. de la Vienne, Fontaine-le-Comte, liasse 30.

— 10. Idem.

— 11. Idem.

— 12. Idem.

— 13. Enquête de 1255 environ, dans les documents inédits publiés par la Soc. des antiq. de l'Ouest, p. 33, 35.

— 14. Dom Fonteneau, t. V, p. 75, acte de 1219.

— 15. Cartul. de Coudrie par M. de la Boutetière, dans les Arch. hist. du Poitou, t. II, p. 164.

 

16. Dom Fonteneau, t. V, p. 621.

— 17. Rotuli litt. patent., in turri Londinensi asservati, vol. I, pars. I, p. 1. - Raoul

de la Pératte, abbé de Talmond (1209-1233) appartenait à la même famille.

— 18. Chron. Turon. magnum, dans le recueil des Chroniques de Touraine, par Salmon, p. 146.— Jean sans Terre, par M. Lecointre-Dupont, dans les Mém. des Antiq. de l'Ouest, année 1845. — Hist. de Guillaume des Roches, par M. Gaston Dubois, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, années 1871 et 1873.

— 19. Rotuli litt. patent., vol. I, p. 11.

 

20 Rotuli litt. Patent, vol I, p11

21 Dom Fontenau, t. XVI, p 189, 239, 313.