CHRONOLOGIE ABREGEE D'HENRI II PLANTAGENET
1133. 4 mars : naissance au Mans d'Henri, fils aîné de Geoffroy le Bel, Comte d'Anjou, et de Mathilde, fille du roi Henri I d'Angleterre.
1149. Henri est armé chevalier par son grand-oncle, le roi David d'Ecosse.
1150. Henri est proclamé Duc de Normandie.
1151. A la mort de son père, il devient Comte d'Anjou, du Maine et de Touraine.
1152. Mariage d'Henri avec Aliénor d'Aquitaine. Cette dernière a obtenu, quelques semaines auparavant, l'annulation de son mariage avec Louis VII, roi de France, et a repris ses droits sur le duché d'Aquitaine.
1154. 25 octobre : Henri II est proclamé roi d'Angleterre à la mort du roi Etienne (Stephen). Il est devenu le plus puissant Prince d'Occident.
==> La Rochelle au Moyen Age - Le château Vaucler d’Henri II Plantagenêt et Aliénor d’Aquitaine
==> Les Fossés le Roy Henri II Plantagenêt et la Motte féodale de Moulins-la-Marche.
1159. Henri II échoue dans sa tentative de conquête du comté de Toulouse.
1162. Le Chancelier Thomas Becket, ami personnel du roi, est élu Archevêque de Canterbury. Soucieux de préserver l'indépendance de l'Eglise à l'égard du pouvoir civil, il entre bientôt en conflit avec Henri II.
1167. Les Croisés occupent Le Caire.
==> 1168 - Révolte Poitevine - Henri II Plantagenêt fait raser le château de Lusignan.
1170. Assassinat de Thomas Becket. Henri II est contraint de faire une pénitence publique.
==> Construction de la levée de la Loire, la première « turcie » du Val de Loire d’Henri II Plantagenêt
==>1170 Saint George d’Oléron sous les Plantagenêt aux mains de Raoul de Faye
==> 29 décembre 1170, meurtre de Thomas Becket archevêque de la cathédrale de Cantorbéry
1173. Henri II décide de confier les forteresses de Chinon, Loudun et Mirebeau à son fils Jean. Richard Coeur de Lion s'oppose à ce projet.
1180. Avènement de Philippe Auguste au trône de France.
Henri II a quitté l’Angleterre au commencement de mars 1182, pour n’y rentrer qu’en juin 1184.
1183. Mort du Prince Henri, fils aîné d'Henri II, au moment où il s'apprêtait à livrer bataille à son père et à son frère Richard.
1186. Henri II reprend le contrôle de l'Aquitaine, au détriment de son fils Richard.
1187. Jérusalem tombe aux mains de Saladin.
Henri II et Philippe Auguste signent une trêve à Châteauroux.
1188. Richard Coeur de Lion refuse d'accepter la trêve et reconnaît la suzeraineté de Philippe Auguste sur tous les domaines qu'Henri II possède en France.
1189. Echec des négociations entre Henri II, Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion.
Le roi de France s'empare de la Ferté-Bernard, Le Mans et Tours. Henri II, replié à Chinon, est contraint d'accepter un humiliant traité de paix à Villandry. (juillet 1189 se conclut au château de Colombiers)
Le 5 juillet 1189, le roi d'Angleterre Henri II Plantagenet meurt à Chinon
==> LES DISPOSITIONS TESTAMENTAIRES D'HENRI II PLANTAGENET ( Chinon- Fontevraud le 6 juillet 1189)
Bulletin de la Société des amis du Vieux Chinon
HENRI II PLANTAGENÊT (portrait) <==....
TENUE DE GUERRE D’HENRI II PLANTAGENÊT (1154-1189)
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Représentation conforme à ce que l’on sait de l’équipement d’un roi combattant au XIIᵉ siècle
Henri II n’était pas un roi “orné d’or et de riches broderies” lorsqu’il partait en guerre : les chroniqueurs insistent sur sa sobriété, parfois même austère.
Mais son équipement avait le niveau d’excellence d’un grand prince occidental, inspiré :
- de la tradition normande
- des innovations militaires angevines
- des influences françaises et flamandes
1. Protection : ce que portait Henri II au combat
✔ 1.1. Haubert (cotte de mailles)
Haubert long, couvrant :
- torse
- bras jusqu’au poignet
- jambes jusqu’aux genoux (chausses de maille souvent séparées)
Matériau : anneaux rivetés, rarement fermés, en fer.
Couleur probable : luisante / gris sombre, huilée.
Chroniqueurs (notamment Giraud de Barri, Roger de Hoveden) rapportent qu’Henri II :
“aimait les armures simples et fonctionnelles plutôt que richement décorées”
✔ 1.2. Gambison / aketon
Sous le haubert :
- vêtement épais matelassé, en lin ou laine, couleur écrue, beige, brun pâle.
✔ 1.3. Helm ou heaume
Dans les années 1150–1170 :
- casque conique en fer
- nasal prononcé protégeant le nez
- parfois un camail attaché ou une coiffe de maille sous le casque.
Dans les années 1180 :
- forme plus haute, préfigurant le heaume cylindrique primitif, mais Henri II ne semble pas en avoir porté régulièrement.
Il n’utilisait pas le “grand heaume” fermé du début XIIIᵉ siècle (trop tardif).
2. Les insignes royaux sur le champ de bataille
Les Plantagenêts utilisent déjà leur emblème :
→ le lion rampant simple ou double, avant le blason définitif aux trois lions de Richard Cœur de Lion.
Pour Henri II :
- sur le gonfanon (étendard)
- parfois sur le bouclier
- rarement sur le surcot (mode qui apparaît seulement vers 1190)
Couleurs probables :
- champ rouge (gueules)
- lion d’or (orlé ou non)
→ tradition capétienne et angevine mêlée.
3. Bouclier
Type “Normand” ou “plantagenêt”, en amande :
- long, courbe, couvrant l’épaule jusqu’au genou
- fabrication : planches de tilleul/peuplier → cuir → éventuellement peinture
- couleurs : rouge, ocre, brun, parfois motifs géométriques
Il pouvait y avoir un lion stylisé, mais rien d’excessivement ornemental : Henri II préférait la simplicité.
4. Armes offensives
✔ 1. Épée type XII (Oakeshott)
- double tranchant
- légère (1,1 à 1,3 kg)
- faite par des forgerons de premier rang (Flandre, Angleterre, Allemagne)
✔ 2. Dague (couteau de guerre, scramasaxe tardif)
- portée au ceinturon
- pour les combats rapprochés
✔ 3. Lance de chevalier
- longue, avec hampe en frêne
- fer en “feuille de saule”
- parfois ornée d’un pennon rouge ou rouge/d’or
✔ 4. Masse d’arme
Les chroniqueurs notent qu’il aimait combattre en mêlée, et la masse était courante chez les rois normands (Guillaume le Conquérant déjà).
5. Henri II à cheval : équipement complet
Henri II combattait toujours à cheval, sauf au cours de certains sièges où il descendait pour superviser les machines.
Le cheval de guerre (destrier) :
- puissant, d’origine normande ou aquitaine
- caparaçon léger (TOUJOURS en tissu, jamais en armure métallique)
- couleurs : brun, bai, gris pommelé
Harnachement :
- selle haute à rebords
- étriers solides
- bride normande
- parfois un drapé aux couleurs du roi (rouge à liseré jaune)
6. Vêtements visibles sur lui hors combat (mais en campagne)
✔ Un surcot court (sans manches) – rare avant 1180
En tissu solide, couleurs :
- rouge
- brun
- vert sombre
Pas encore les surcots amples et décorés du XIIIᵉ siècle.
✔ Cape courte
Pour les déplacements : laine épaisse, couleurs sobres (brun, gris, vert foncé).
Henri II, selon plusieurs chroniqueurs, portait :
“des vêtements modestes, parfois à peine royaux”
— Giraud de Barri
7. Spécificités personnelles d’Henri II
(tirées des chroniqueurs contemporains)
- Il marchait plus vite que tous ses soldats, même en armure.
- Il portait des armures plus légères que la norme pour garder sa mobilité.
- Il détestait les ornements excessifs : pas de dorures, pas de brocarts.
- En campagne, il passait souvent des nuits sans tente, dans un abri simple.
- Il gardait ses armes et armure en excellent état, huilées, entretenues.
Résumé visuel en une phrase
Imaginez un chevalier normand sobrement équipé : haubert de maille complet, casque conique à nasal, grand bouclier rouge orné d’un lion, épée simple mais parfaite, monté sur un destrier puissant — c’est Henri II en campagne.
