Après 1154 Palais de Poitiers - Privilége à l’église Sainte-Marie de Saintes par le seigneur Henri II, roi d’Angleterre
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Le traité de Wallingford / Winchester met fin à la guerre civile anglaise (The Anarchy).
Les termes essentiels :
- Le roi Étienne reste roi jusqu'à sa mort.
- Henri Plantagenêt (fils de Geoffroy, mari d’Aliénor d’Aquitaine) est reconnu héritier du royaume d’Angleterre.
- À la mort d’Étienne, Henri deviendra roi d’Angleterre.
Donc :
À partir du 6 novembre 1153, Henri n’est pas encore roi, mais héritier désigné du trône d’Angleterre.
Il porte alors les titres :
- duc de Normandie (depuis 1150),
- comte d’Anjou (1151),
- duc d’Aquitaine (1152, par son mariage avec Aliénor),
mais pas encore “rex Anglorum”.
Étienne meurt à Dover.
Dès ce moment, selon le traité, Henri devient automatiquement :
Où se trouve Aliénor d’Aquitaine après 1154 ?
Après l’avènement d’Henri II comme roi d’Angleterre (décembre 1154), Aliénor est très majoritairement en Aquitaine, notamment :
- Juste après son mariage avec Henri Plantagenêt (18 mai 1152) et avant son couronnement comme reine d’Angleterre (19 décembre 1154), Aliénor réside surtout :
- Poitiers
- Angers
- Le Mans
- parfois en Normandie.
- Henri II confie le gouvernement de l’Aquitaine à Aliénor.
- Elle réside alors très souvent à Poitiers, qui redevient un centre politique important.
- Henri II, lui, circule sans cesse entre l’Angleterre, la Normandie, l’Anjou et l’Aquitaine ; les chartes apud Pictavim montrent effectivement que la cour se trouve à Poitiers à plusieurs moments.
Henri est couronné à Westminster.
À partir de cette date, il peut utiliser dans ses chartes la titulature complète :
Henricus rex Anglorum, dux Normannorum et Aquitanorum, comes Andegavorum
C’est cette titulature que tu as retrouvée dans le privilège en faveur des moniales de Saintes.
Donc :
Guillaume héritier présomptif de l’Angleterre dès 1153–1154.
- Guillaume d’Angleterre (William en anglais)
- Naissance : 1153
- Mort : 1156 (très jeune, environ 3 ans)
Lieu de naissance et de vie
- Guillaume naît probablement en Normandie ou dans l’Anjou, car à cette date (1153) Henri et Aliénor ne sont pas encore couronnés roi et reine d’Angleterre : Henri est héritier désigné par le traité de Wallingford (novembre 1153).
- Les sources ne donnent pas de lieu précis, mais Normandie ou Anjou sont les résidences principales du couple à cette époque.
Sa naissance sécurise la succession d’Henri II, ce qui est important après la guerre civile contre Étienne.
- Après le couronnement d’Henri II (19 décembre 1154 à Westminster) et l’accession officielle au trône d’Angleterre :
- Guillaume vit principalement en Angleterre, au château de Winchester ou dans les résidences royales londoniennes, selon le voyage du roi et les besoins administratifs.
- Aliénor continue de passer beaucoup de temps en Aquitaine (Poitiers, Bordeaux), mais peut se déplacer en Angleterre pour suivre son fils.
On n’a pas de mention précise de Guillaume dans les chartes, mais il est certain qu’il accompagne au moins partiellement sa mère, et est sous la surveillance de la cour anglaise.
Malheureusement, il meurt en 1156, avant son père et sans avoir jamais été roi.
Après sa mort, la succession se reporte sur Richard (futur Richard Cœur de Lion) puis Guillaume le jeune n’ayant pas laissé de descendance, Henri II doit se concentrer sur ses autres fils : Henri le Jeune, Richard et Geoffroy.
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L’église Sainte-Marie de Saintes (aussi appelée Notre-Dame-de-la-Garde / Sainte-Marie-des-Dames, selon les périodes) était située dans une zone insulaire ou quasi-insulaire de la Charente au haut Moyen Âge, avant les aménagements modernes du fleuve.
Jusqu’au XIᵉ-XIIᵉ siècle, le lit de la Charente était constitué :
- de bras multiples,
- d’îlots sableux,
- de marécages et zones inondables.
Les textes médiévaux parlent souvent de insula ou insulae Santonicae pour désigner les quartiers sur la rive gauche.
L’église Sainte-Marie (monastère fondé au IXᵉ siècle, reconstruit au XIIᵉ) se trouvait :
- au sud du fleuve,
- sur ce qui était alors un îlot naturel entre deux bras de la Charente, ou du moins un espace fréquemment isolé par les crues.
Les fouilles montrent qu’avant les endiguements du Moyen Âge central, le site était littéralement cerné de zones humides.
Le nom ancien insula Sanctae Mariae apparaît dans plusieurs documents carolingiens et romans.
Une première église abbatiale est érigée dans la première moitié du XIe siècle.
Cette dernière est solennellement consacrée le 2 novembre 1047 en présence de plusieurs prélats et de représentants de la noblesse locale, dont le comte Geoffroy Martel, fondateur de l'abbaye.
Fondation et première église (années 1030–1047)
- Fondation par Agnès de Bourgogne et Geoffroy Martel, comte d’Anjou, seigneur de Saintes.
- Abbaye féminine bénédictine : Notre-Dame et Saint-Sauveur, future abbaye aux Dames.
- Implantation hors les murs de Saintes, rive droite → d’où l’ancien vocable Notre-Dame-hors-les-murs.
- Dédicace solennelle de l’église Sainte-Marie le 2 novembre 1047, en présence de seigneurs et de nombreux prélats.
- Le pape Léon IX place l’abbaye sous protection directe du Saint-Siège en 1049.
Une charte nous apprend qu'elle est alors connue sous le vocable de « Notre-Dame-hors-les-murs », ce qui s'explique par la situation du complexe abbatial sur la rive droite de la Charente, à l'extérieur de l'enceinte urbaine.
Ce premier édifice est basé sur un plan basilical.
De dimensions moindres que l'église actuelle, le sanctuaire originel est composé d'une nef divisée en trois vaisseaux d'égale hauteur, non voûtée, couverts d'une charpente en bois.
Présence d’un transept et d’un chœur charpentés. Orientation classique est-ouest.
II. Le clocher primitif (début XIIᵉ siècle)
- Clocher occidental ou clocher de croisée (selon hypothèse) construit au début du XIIᵉ siècle.
- Description :
- Base carrée, beffroi percé de trois grandes fenêtres par face.
- Couronnement en “pomme de pin”, bulbe couvert d’écailles renversées → forme très originale pour la Saintonge.
- Datation stylistique : vers 1120–1130.
III. La grande campagne de reconstruction : l’abbatiat d’Agnès de Barbezieux (1134–1174)
Parente d’Aliénor d’Aquitaine, elle obtient des financements importants.
Deux grandes phases :
-
- 1134–vers 1150 : transformation radicale de la nef et de la croisée
La partie occidentale de l’abbaye est postérieure à 1135
Le texte indique :
- « Il est donc presque certain que l’abbaye de Saintes est postérieure à 1135, au moins pour sa partie occidentale. »
Cela signifie que la façade et les premières travées ont été construites après 1135, probablement tout début des années 1140.
Cette datation repose sur :
- l’analyse architecturale,
- les comparaisons stylistiques,
- la chronologie des commanditaires.
- La nef devient un vaisseau unique
- Les anciens bas-côtés sont supprimés.
- Les murs gouttereaux sont épaissis et munis de forts piliers.
- Ces piliers supportent deux grandes coupoles sur pendentifs, sur le modèle d’Angoulême et Sablonceaux.
- Reprise de la croisée du transept
- Les quatre piliers sont renforcés.
- Installation d’une coupole sur trompes pour supporter le clocher monumental.
- Allongement vers l’ouest
- La travée occidentale est prolongée.
- Mise en chantier d’une façade-écran monumentale.
- L’architecte Bérenger
- Une épitaphe retrouvée en 1930 mentionne un architecte nommé Bérenger, actif vers 1130–1150.
- Elle est probablement liée à cette grande reconstruction.
- Achèvement de la façade occidentale.
- Remplacement du chevet primitif par :
- une abside neuve,
- précédée d’une longue travée droite (chœur profond roman saintongeais).
Phase 1 — Avant 1047 : construction de la première église
- Implantation hors les murs, rive droite de la Charente.
- Construction rapide d’une basilique charpentée.
- Dédicace le 2 novembre 1047.
Phase 2 — Début XIIᵉ siècle : clocher “pomme de pin”
- Fondation renforcée sur la croisée.
- Construction du beffroi carré.
- Mise en place du bulbe à écailles inversées.
- L’église reste encore charpentée.
Phase 3 — Vers 1134–1140 : début des transformations (Agnès de Barbezieux)
- Diagnostic de la nef XIᵉ → insuffisante pour porter la nouvelle façade et le nouveau clocher.
- Décision de passer à un système de coupoles, plus adapté à des portées larges.
- Renforcement des murs gouttereaux.
- Ajout de piliers internes massifs.
- Démolition de la charpente et des collatéraux.
- Mise en place des premiers cintres pour les coupoles.
Phase 4 — 1140–1150 : chantier majeur (architecte Bérenger)
- Construction successive des coupoles occidentale puis orientale.
- Franchissement de grandes portées : maîtrise technique comparable à Angoulême (c. 1110–1130).
- Renfort des piliers du carré du transept.
- Construction d’une coupole sur trompes destinée à porter le clocher.
- La nef est prolongée d’une travée.
- Fondation et élévation d’une façade-écran ambitieuse.
- Décor sculpté roman saintongeais caractéristique.
Phase 5 — Vers 1150 : réorganisation du chœur
- Abandon ou démolition du chevet roman primitif.
- Construction d’une longue travée droite.
- Nouvelle abside semi-circulaire.
→ L’église atteint alors son plan roman définitif.
Phase 6 — 2ᵉ moitié du XIIᵉ siècle : finitions
- Achevements de la façade : statuaire, voussures, arcatures aveugles.
- Stabilisation du clocher.
- Enduits extérieurs, polychromie locale (traces possibles).
L’abbatiale Sainte-Marie de Saintes (Sainte-Marie-des-Dames) fut donc construite entre 1135 et 1150, probablement principalement entre 1135 et 1148.
La façade, les grandes statues et la partie occidentale sont strictement datables du règne d’Aliénor d’Aquitaine, dans son premier mariage (avant 1152).
C’est un chef-d’œuvre du second art roman saintongeais, parfaitement cohérent avec cette chronologie.
Henri, roi des Anglais, duc des Normands et des Aquitains, et comte des Angevins, à l’évêque de Saintes, à ses barons, à ses officiers et à tous ses fidèles de Saintes, salut.
Sachez que j’ai concédé et donné, et que je confirme par la présente charte,
à Dieu et à l’église Sainte-Marie de Saintes, ainsi qu’aux moniales qui y servent Dieu, en aumône perpétuelle :
- la dîme du Broil de Saint-Sulpice (decimam de Brolio Sancti Supplicii),
- la dîme des jardins de L’Île (Lillea),
- la dîme du four,
- et l’église de L’Île.
De plus, je décide qu’à l’avenir je ne logerai plus chez eux (in herbergamentum) aucun homme appartenant aux moniales de L’Île, quel qu’il soit.
Je ne veux pas non plus que, désormais, du fait de mon château de L’Île, il arrive aux moniales, à leurs hommes ou à leurs biens aucun mal, aucun dommage, aucune injure, aucune vexation ni aucun affront.
C’est pourquoi je veux et ordonne fermement que ladite église et lesdites moniales possèdent et tiennent les biens susdits bien, paisiblement, librement, entièrement, sans trouble et honorablement.
Témoins :
le chancelier Hugues de Clers,
Hervé le panetier,
Hugues, prévôt de Saintes,
et Jean, prévôt d’Oléron.
Fait à Poitiers.
Moyen-Age Classique 1137 / 1204 période Aliénor d'Aquitaine<==
CHRONOLOGIE ABREGEE D'HENRI II PLANTAGENET<==
Après 1154 Privilégium domni Henrici Regis Anglorum.
Henricus rex Anglorum, et dux Normannorum et Aquitanorum, et comes Andegavorum, episcopo Xanctonensi, et baronibus, et ministris, et omnibus fidelibus suis Xancton[ensibus], salutem.
Sciatis me concessisse et dedisse, et presenti carta confirmasse, Deo et ecclesie Sancte Marie de Xanctonis, et monialibus ibidem Deo servientibus in perpetuam helemosinam decimam de Brolio Sancti Supplicii, et decimam ortorum de Lillea, et decimam furni, et ecclesiam de Lillea.
Et preterea non recipiam aliquem hominem de omnibus hominibus monialium amodo in herbergamentum de Lillea : nec volo, quod de castro meo de Lillea amodo eis, vel hominibus, vel rebus suis aliquod malum vel dampnum eveniat, vel aliqua injuria, vel molestia, vel contumelia fiat.
Quare volo et firmiter precipio, quod predicta ecclesia et sanctimoniales hec predicta habeant et teneant bene et in pace, libere, quiete, integre et honorifice. Testibus cancellario Hugone de Cleers, Erveo panetario, Hugone preposito Xancton[ensi], et Johanne preposito de Holerone, apud Pictavim.