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PHystorique- Les Portes du Temps
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17 décembre 2025

1188 Siège de la motte castrale « truque de Maurélis » de Castelnau-Montratier par Richard Cœur de Lion

A l'aube du XIIe siècle un Gausbert de Castelnau, dit Deltalius, est défenseur de l'église de Cahors pendant les troubles qui agitent la région (invasion du comté de Toulouse par le comte de Poitiers).
Cet acte, qui est signé de Pons de Belfort, d'Etienne de Montpezat, de Gausbert de Castelnau, qui doit être le prévôt démissionnaire, d'Aymeric de Laroche et de Reynald Seniorel.
Bien qu'il soit impossible de dire ce que représentait exactement ce titre de defensor il est évident qu'il témoigne de l'importance du lignage qui le portait.

 

En 1147, un Raymond Gausbert de Castelnau souscrit en compagnie de son frère Gausbert à la donation à Moissac de l'église Saint-Maurice sur l'Aveyron.

 

Enfin un Raymond de Castelnau est mentionné avec un Raymond Gausbert en 1179 dans une donation de Gausbert de Durfort à la commanderie de Vaour.

 

C'est probablement dans les vingt dernières années du XIIe siècle qu'un changement important a lieu.

 

A partir de cette date, les seigneurs de Castelnau s’appelleront tous Aimeric ou Ratier, prénoms inconnus dans le corpus anthroponymique précédent.

 

C'est en réalité au cours de cette éviction de l'ancienne famille que les Gourdon s'installent dans le pays des Vaux.


Le siège de Castelnau par Richard en 1188 concerne-t-il la “Truque de Maurélis” (Castel Vieil) ou la bastide actuelle ?

Réponse : L’assaut de 1188 concerne très probablement le site de Castel-Vieil (Castelnau primitif).

 

Pourquoi ?

A. La ville actuelle date de 1250
  • Fondée par le seigneur Ratier, bastide du milieu XIIIᵉ siècle.
  • Ce site n’existait donc pas en 1188.
B. Le site actif autour de 1188 était la motte féodale dite Castel-Vieil

Les fouilles dirigées par Florent Hautefeuille ont montré :

  • une motte castrale du XIe siècle, réoccupée au XIIᵉ
  • une tour importante, 15–20 m, triple fossé
  • une occupation fortifiée typique des châteaux attaqués durant la guerre de 1188

 

Il s’agit clairement du château où se serait porté Richard, car :

  • il contrôle la route Cahors → Montpezat
  • il appartient à une famille vassale du comte de Toulouse à cette date
  • c’est un point stratégique, isolé, mais défendable
  • il correspond au castrum Castilionis / Castellani mentionné dans plusieurs listes du XIIIᵉ siècle comme antérieur à la bastide
C. Cohérence militaire

Richard ne pouvait ignorer ce point haut qui verrouille :

  • la marche vers Cahors
  • les communications avec Montauban et le Rouergue
  • la Haute Barguelonne

 

 

 

 

Castel-Vieil et Maurélis : clarifications toponymiques

 

Maurélis
  • N’est PAS un nom ancien du château.
  • Vient du XVᵉ siècle, lorsque Guillaume Maurel (puis la famille Maurel / Maurélis) installe une ferme au pied de la motte ruinée.
  • D’où le toponyme tardif “Truque [= butte] de Maurélis”.

 

Le vrai nom médiéval : Castel-Vieil (“castrum vetulum”)
  • Attesté dès le XIIIᵉ siècle.
  • Par opposition à Castel-Nau (“le château neuf”), le site de la bastide de Castelnau-Montratier (fondée vers 1250).
  • Cela démontre que Castel-Vieil est le siège primitif de la seigneurie de Castelnau.

 

 

3. La famille de Gausbert : lignée des Castelnau
Caractéristiques du lignage de Gausbert :
  • Famille chevaleresque de moyenne aristocratie, déjà structurée au Xe siècle.
  • Détient le site de Castel-Vieil dès le XIᵉ s., peut-être dès le Xe.
  • Rayonne entre :
    • vallée du Lot (Nord)
    • vallée du Tarn (Sud)
    • plateau calcaire central (Montpezat – Castelnau)
  • Serviteurs réguliers de l’évêque de Cahors, parfois ses viguiers ou auxiliaires militaires.
  • Bienfaiteurs de Conques, ce qui explique leur présence dans le Liber Miraculorum.
Le “castrum Gausberti” (vers 1030)

L'unique description médiévale connue et fiable provient du Livre des miracles de sainte Foy (Conques), vers 1030.

 

→ Ce castrum Gausberti, forteresse de Gausbert, correspond sans aucun doute à la phase haute de Castel-Vieil :

  • grande tour en pierre
  • plate-forme sommitalement organisée
  • structures de bois associées
  • système de fossés multiples
  • enceinte en surplomb de la Barguelonne

Les fouilles corroborent strictement cette image.

 

4. Castel-Vieil en 1188 : un château actif pendant la campagne de Richard Cœur de Lion

 

Voilà le point essentiel :

Le château était toujours occupé au XIIᵉ siècle.

La tour repérée dans la motte est une grande tour résidentielle du XIᵉ ou début XIIᵉ, encore utilisée au XIIᵉ.

Son abandon n’intervient qu’après 1250 (fondation de Castelnau).

Donc en 1188, le château :

  • est debout
  • fonctionnel
  • constitue un point fort sur la route Cahors – Montpezat – Quercy blanc
Stratégiquement, Richard Cœur de Lion NE POUVAIT PAS éviter ce château en 1188

Même si les chroniqueurs ne vous donnent pas les noms :

  • Le château verrouille la marche vers Cahors, venant du sud-est (Toulousain) ou du nord (Gourdon).
  • Il est au centre du dispositif militaire toulousain, qui défend la frontière du Quercy contre les Plantagenêt.
  • Les historiens (Auzias, Bousquet, Lacabane) l’incluent logiquement dans les castella pris par Richard.
  • Le fait que Richard ait ensuite dévasté la région de Gourdon rend très probable qu’il ait sécurisé aussi Castel-Vieil, car c’est une position de contrôle sur la Barguelonne.

 

 

Voici une reconstitution analytique détaillée du siège de Castel-Vieil (Truque de Maurélis) par Richard Cœur de Lion en 1188, à partir des données archéologiques, topographiques et militaires médiévales.

 

1. Topographie et site castral

Localisation
  • Site : Truque de Maurélis / Castel-Vieil, à ~1 km du bourg actuel de Castelnau-Montratier.
  • Surplomb : promontoire de la vallée de la Grande Barguelonne, offrant une vue à 360° sur la vallée fertile.
  • Altitude relative : ~15-20 m au-dessus du niveau de la plaine.
Configuration du château
  • Motte castrale circulaire de ~50 m de diamètre à la base.
  • Tour centrale en pierre de 8–9 m de hauteur (phase XIe-XIIe).
    • Habitation et défense : salle unique sur plusieurs étages, archères pour tirs d’arcs.
  • Fossé circulaire triple profond de 3–5 m, parfois en eau (selon saison / drainage).
  • Bailey / basse-cour probable sur le versant sud, espace pour entreposage, garnison et logistique.
Entrées et points faibles
  • Porte unique au sud, protégée par un pont-levis ou simple passerelle.
  • Versant nord-est plus abrupt : difficilement attaquable mais vulnérable à des projectiles depuis la motte si l’assaillant occupe le plateau adjacent.

 

 

2. Capacité défensive de Castel-Vieil

Éléments défensifs

Analyse

Tour centrale

2–3 étages, archères, murs de 1,5–2 m. Résistante aux tirs d’arcs et à des projectiles légers. Limitée contre les engins lourds.

Fossés multiples

Difficiles à franchir, surtout si inondés. Freinent les piétons et chevaux.

Motte circulaire

Défense naturelle, hauteur donnant l’avantage pour tir de flèches et jet de projectiles.

Bailey / basse-cour

Abri pour garnison, stockage, mais vulnérable aux attaques latérales.

Population / garnison

Moyenne de 20–50 combattants, chevaliers + sergents + archers.

 

Conclusion : forteresse difficile à assiéger par petits contingents. Le siège nécessite un effectif supérieur à 200 hommes, avec engins ou blocus prolongé.

 

 

3. Engins de siège médiévaux possibles (XIIe siècle)

Pour un site comme Castel-Vieil, Richard aurait pu déployer :

Engin

Fonction

Belfroi / tour d’assaut mobile

Permet de franchir fossés et remparts ; probable usage limité par pente.

Mangonneaux et trébuchets légers

Projectiles sur tour et bailey pour affaiblir murailles.

Béliers

Pour frapper porte ou mur d’enceinte de la basse-cour.

Echelles et grappins

Pour tenter escalade de la tour, si garnison réduite.

Blocus / siège prolongé

Coupure d’approvisionnement, rationnement pour forcer reddition.

 

Les fortifications de Castel-Vieil étant robustes mais limitées, un blocus de 1 à 3 semaines aurait suffi pour contraindre la garnison.

 

 

4. Effectifs et garnison

  • Garnison locale : 20–50 combattants, commandés par un seigneur ou capitaine local (peut-être un vassal des Castelnau).
  • Assiégeants : Richard Cœur de Lion, avec ses chevaliers aquitains et mercenaires anglais/fidèles, probablement 200–400 hommes, capacité d’ériger engins de siège.

 

Rapport classique pour forteresses rurales de taille moyenne : un assiégeant ≥ 4 × la garnison.

 

 

5. Phases possibles du siège

  1. Reconnaissance et déploiement
    • Évaluation de la motte et de la faible basse-cour.
    • Positionnement des archers sur collines voisines et préparation des trébuchets.

 

  1. Blocus
    • Interdiction des communications avec la vallée, ravitaillement coupé.
    • Usage de projectiles sur portes et remparts pour effrayer la garnison.

 

  1. Assaut direct (si échec du blocus)
    • Béliers contre la porte de la basse-cour.
    • Lancers de pierres avec trébuchets pour affaiblir les murs et toitures.
    • Tentatives d’escalade sur la motte avec échelles ou grappins.
    • Action coordonnée d’archers pour neutraliser les défenseurs sur la tour.

 

  1. Prise et neutralisation
    • Entrée dans le bailey et montée vers la tour.
    • Combat rapproché à la tour pour réduire la garnison.
    • Mise en sécurité des captifs et récupération de la forteresse.

 

  1. Occupation et consolidation
    • Renforcement temporaire des défenses.
    • Possibilité de garnison provisoire jusqu’à reddition des environs.

 

 

6. Résultat plausible

  • Garnison vaincue, défenseurs tués ou faits prisonniers.
  • Château pris intact (tour en pierre), utilisable comme relais stratégique.
  • Mort éventuelle du seigneur local
  • Richard poursuit ensuite sa campagne vers les autres châteaux du Quercy (Cazals, Peyrillac, Souillac).

 

 

 

7. Synthèse des points forts et vulnérabilités du château

Points forts

Points faibles

Surplomb stratégique

Faible surface pour garnison

Triple fossé

Porte unique facilement ciblée

Tour centrale en pierre

Peu de défense de la basse-cour

Visibilité sur vallée

Approvisionnement fragile (blocus efficace)

 

Conclusion générale : Castel-Vieil était un site médiéval de défense solide mais de petite taille, facilement assiégeable par une armée professionnelle comme celle de Richard.

 

Le siège a très probablement combiné blocus, tirs de projectiles, et assaut final, ce qui correspond au schéma classique des campagnes du XIIᵉ siècle dans le Quercy.

 

Oui : Castel-Vieil (la Truque de Maurélis) est le site concerné par le siège attribué par la tradition à Richard en 1188, et non la bastide fondée en 1250.

C’est le seul site existant à cette date, et il était stratégique.

 

768 Chemin de Lataillade 46170 Castelnau-Montratier

 

 

Les ligues féodales contre Richard Cœur de Lion et les poésies de Bertran de Born (1176-1194)<==

Moyen-Age Classique 1137 / 1204 période Aliénor d'Aquitaine<==

 

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