Guerre de cent ans Mortagne sur sèvre en Poitou ; Quand du Guesclin bouta les Anglais hors de la région du Puy du Fou

Au Moyen Âge, la ville appartient à la province du Poitou, et plus exactement du Bas-Poitou, ayant des frontières avec les provinces d'Anjou et de Bretagne.

Les Anglais s’en emparent dans le XIe siècle, et y construisirent une forteresse qu’ils perdirent et qu’ils reprirent plusieurs fois, et dont ils furent chassés en 1373 par Olivier de Clisson.

Alliance avec Bertrand Du Guesclin

Charles V fait alors appel à Olivier de Clisson pour mettre fin aux agissements des grandes compagnies qui, sans engagement après la victoire anglaise en Espagne, pillent le sud-ouest de la France. Clisson entre au service de la monarchie française pour la première fois

Bertrand du Guesclin s'étant rendu à Pontorson , le 28 d'octobre 1370, fit avec Olivier de Clisson une alliance et association d'armes très-glorieuse à ce dernier et très-remarquable. Ils se promirent réciproquement, pour eux et pour leurs enfants, d'être toujours unis, et de s'entr'aider envers et contre tous qui pouvaient vivre et mourir, excepté le roi de France, ses frères, le vicomte de Rohan, et les autres seigneurs dont ils seraient les sujets ; de se donner mutuellement du secours, toutes les fois qu'ils en seront requis, etc., etc. ; enfin , de se regarder et de se défendre comme frères. Ils jurèrent tous deux cette fraternité d'armes, les mains posées sur les Évangiles. Voyez cet acte d'alliance Jans l'Histoire d'Olivier de Clisson, par M. de la Fontenelle.

 (Voyage Virtuel dans le temps)

 

Dom Fonteneau nous a conservé dans le t. LXXXIII de sa précieuse collection la copie de huit pièces relatives à la délivrance de Mortagne-sur-Sèvre, occupé par les Anglais en 1373, et à l'intervention de Duguesclin dans cette affaire. Cet événement historique-est demeuré complétement inconnu jusqu'à ce jour. Il n'est même pas relaté dans l'histoire locale.

L'occupation de Mortagne par les Anglais, mentionnée par Froissart, qui confond cette place avec Mortagne sur-Mer dut être fort lourde pour le pays environnant.

Une enquête de 1453, conservée également par dom Fonteneau, t. IX, nous apprend que les Anglais possédaient aussi dans le voisinage le fort de l'Hébergement, et qu'ils tentèrent, mais en vain, d'emporter l'abbaye fortifiée de la Grénetière, détendue par un vaillant capitaine nommé Martinière. Froissart raconte, de son côté, comment, assiégés dans la Roche-sur-Yon par le duc d'Anjou, ils se rendirent au bout d'un mois, dans le cours de l'été de la même année 1373.

 Les seigneurs de la contrée durent faire, on le comprend, tous leurs efforts pour arracher à l'ennemi l'importante place de Mortagne, l'une des dernières demeurées en son pouvoir en Poitou depuis les graves échecs que lui avait infligés tout récemment Duguesclin.

Ils en formèrent donc le siège ou plutôt le blocus en l'entourant de bastides, au mois d'août 1373. Mais comme cette entreprise était difficile et menaçait de traîner en longueur, ils eurent recours aux négociations.

Un capitaine anglais, très-connu, Jean d'Evreux, frère du trop fameux Charles-le-Mauvais, était prisonnier de Duguesclin depuis la batail de Chizé (20 mars 1373), Les seigneurs poitevins qui assiégeaient Mortagne, et dont les principaux étaient les sires de Pouzauges, de Thors et des Essarts, de la Flocelière, d'Argenton, de Bressuire, de Chollet et André Rouaut, capitaine de Thouars, négocièrent la délivrance de Jean d'Evreux et son échange contre la reddition du château de Mortagne.

Tout dépendait de la volonté de Duguesclin propriétaire légitime, d'après les usages de la guerre, de la rançon qu'il avait le droit d'imposer à son prisonnier. La remise de Mortagne aux Français et la rançon de Jean d'Evreux furent estimées 10,000 fr. d'or. Duguesclin n'était pas seul intéressé. Jean Macé, secrétaire du roi, et Alain du Parc avaient droit à une portion de la rançon.

En acceptant l'échange pur et simple, ils n'eussent rien touché, et les chevaliers poitevins eussent été les seuls à en bénéficier. Duguesclin et ses compagnons ne se crurent pas tenus à un si grand désintéressement. Ils consentirent bien à relâcher Jean d'Evreux, afin d'enlever une nouvelle forteresse aux Anglais sans effusion de sang; mais ils exigèrent des chevaliers poitevins, qui désiraient vivement la conquête d'une place très-gênante pour eux et leurs domaines, le paiement des 10,000 fr.

Ceux-ci s'engagèrent donc par obligation signée le 23 août 1373; sous les murs de Mortagne, dont ils faisaient le siège, à payer à Duguesclin et à ses deux compagnons la rançon de leur prisonnier. De son coté, Jean d'Evreux, rendu à la liberté, fit remettre Mortagne entre les mains du roi de France. Les chevaliers poitevins se montrèrent bien moins exacts dans l'accomplissement de leurs obligations. Au lieu de payer la somme intégrale à la Toussaint de l'an 1373, suivant les termes de l'acte, ils ne s'acquittèrent d'une manière définitive qu'au mois d'octobre 1376, et encore Duguesclin fut-il obligé de les poursuivre et de transiger avec eux.

Dom Fonteneau n'a pas indiqué la provenance des pièces relatives à cette curieuse affaire que nous publions d'après le texte qu'il nous en a conservé. Mais une note qui se trouve dans les papiers légués par M. de La Fontenelle de Vaudoré à la bibliothèque de Niort nous apprend que les originaux existaient aux archives du comté des Mothes. C'est un état des des titres communiqués par M. Michel des Essarts écuyer, sénéchal du comté des Mothes et de la Chapelle-Saint –Laurent.

Parmi ces titres sont mentionnées précisément les pièces concernant la délivrance de Mortagne, dont la copie est insérée dans le recueil de dom Fonteneau. Cette provenance s'explique, parce que la châtellenie des Mothes appartenait, dès le XIV siècle, à la famille d'Argenton. Or, Guy d'Argenton est un des chevaliers qui se sont obligés à payer à Duguesclin la rançon de Jean d'Évreux.  

Voici l'analyse des pièces

1° Obligation de Miles de Thouars sire de Pouzauges, Regnaut de Vivonne sire de Tors, Jacques de Surgères sire de la Flocelière, Louis de Beaumont sire de Bressuire, André Rouaut, capitaine de Thouars, de payer à Bertrand Duguesclin connétable de France, Jean Macé et Alain du Parc, sept mille francs d'or pour portion de la rançon de Jean d'Evreux, prisonnier dudit connétable et d'Alain du Parc, en déduction de dix mille francs d'or, prix de la délivrance du château de Mortagne, payables à Tours, à la Toussaint prochaine. Fait es bastides devant Mortagne le 23 août 1373. Vidimus sous le scel de Thouars du 22 mars 1373 (1374, n. s.).

2e Quittance de cent francs d'or donnée par Richart de Fougerais, procureur de Duguesclin, à Miles de Thouars; Jacques de Surgères et Regnaut de Vivonne. Fait sous le scel de Thouars le 22 mars 1373 (1374, n. s.).

3° Quittance de mille francs d'or donnée par Jennequin Chilsidener en son nom et au nom de Jean d'Évreux et de Nicolas Tye, au sire de Pouzauges, à Regnaut de Vivonne et à Jacques de Surgères, pour la rançon du commandeur de Beauveux. Donné le 30 novembre 1373. Nous ne saurions préciser par quel lien le paiement de cette rançon se rattache à la délivrance de Mortagne.

4° Quittance de neuf cent quatre-vingt-seize livres donnée par Richart de Fougerais, procureur de Duguesclin, aux sires de Pouzauges, de Tors et à Jacques de Surgères, pour la rançon de Jean d'Évreux. Fait à Tours le lundi après la Saint-Vincent (22 janvier) 1373 (1374, n. s.). ……

23 août 1373.

A touz ceulx qui ces presentes lettres verront et orront Lucas Blanchardin garde du scel establi aux contraiz à Thouars, salut et dilection. Sachent tous que nous avons veu et leu unes lettres saennes et entières contenant ceste forme.

Sachent tous que nous Miles de Thouars sire de Pouzauges, Regnaut de Vivonne sire de Tors, Jacques de Surgères sire de la Flocelière, Loys de Beaumont sire de Bersuyre, André Rouaut cappitaine de Thouars, cognoissons et confessons de noz bons grez et voluntez nous devoir et être tenuz à noble et puissant seigneur monsieur Bertrant de Glequin conestable de. France, duc de Moulines, et à Johan Macé et à Alaen du Part la somme de sept miles frans d'or, bons et de pois du coign du Roy de France, pour et cause de partie de la rançon de monsieur Johan d'Esvreux, chevalier, qui lors prisonnier estoit du dit monsieur le connestable et du dit Alaen du Part lequel monsieur d'Esvreux a voulu et consenti que la dite somme d'or soit paiëe es dessus nommez ou à l'un d'eulx en rabatant de la somme de dix miles francs d'or que le dit monsieur Johan d'Esvreux devoit avoir pour la delivrance du chastel de Mortaigne; lesquels sept miles francs d'or dessus dits nous les dessus dits promettons et sommes tenuz rendre et paier au dit monsieur le connestable et au dit Johan Macé et au dit Alaen du Part ou à l'un d'eux ou à leur certain message ou àtorné ou de l'un d'eux portans ceste obligation, dedans la ville de Tours et dedens la feste de Toussaints prochainement venant. Et en cas de deffaut de paiement des diz sept miles frans au dit lieu et jour, nous promettons rendre nos corps dedens.huit jours amprès la dite feste dedens la ville de Paris, sans en partir sans congié des dessus dits ou de l'un d'eulx. Et toutes et chacunes les chouses dessus dites nous tes dessus dits debteurs promettons tenir, garder, enterigner, tenir et accomplir par la manière que dit est, et non venir ne faire venir encontre icelles ne aucunes d'icelles par nous ne par autres en aucune manière en nul temps avenir sur paynne d'être faux et parjures, et par la foy et serment de noz corps et de chescun de nous, a touchez les sains évangiles Dieu Nostre Seigneur, et sur l'obligation de nous et de touz et chacuns noz biens meubles et immeubles, heritiers et successeurs presens et futurs. Et avons renuncié et chacun de nouz en ceti notre fait par la foy et serment dessus ditz à toutes et chacunes les chouses qui nouz porroient ayder à venir en contre ces presentes lettres. Et en tesmoing de vérité des chouses dessus dites, nous ledit Miles de Thouars, Regnaut de Vivonne, Jacques de Surgères et André Rouaut en avons donné et octroié au dit monsieur le connestable, Johan Massé et Alaen du Part ces presentes lettres scellées de noz seels. Et ge le dit Loys de Beaumont ày fait mettre et apposer a ma requête en ces presentes lettres le scel du dit monsieur Miles de Thouars, en l'absence du mien, en tesmoing des chouses dessus dites.

Fait et donné es bastides devant Mortaigne, le vingt troisième jour du mois d'aoust l'an mil trois cent sexante et trèze. Lesquelles lettres étoient scellées des dits seels en cire rouge. Ce fut fait et donné par copie et collation faite à l'original des dites lettres souz le dit seel establi aux contraiz à Thouars le vingt deuxième jour du mois de mars l'an mil trois cens sexante et trèse. Signé Farinea, par copie et collation faite à l'original. ……

 

mars 1373 Le Cheval de Troie de la Guerre de Cent ans de Du Guesclin pour délivrer Niort des Anglais. <==.... ....==>

le château de Mallièvre, les seigneurs du Puy du Fou, Guerre de Cent Ans les Anglais attaquent la région du Puy du Fou<==

Mortagne sur Sèvre fut un des premiers camps retranchés établis par César <== .... ....==>

 

 

 


 

 

Patrimoine, à visiter en Vendée- Carte des Châteaux - PHystorique- Les Portes du Temps

Au sortir de la guerre dite de cent ans qui a vu le Poitou se rallier au royaume de France et nombre de ses seigneurs lutter contre les Anglais, à commencer par Gilles de Rais, le Bas-Poitou, actuelle Vendée, connaît un siècle de prospérité.

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