Découverte d’un canon de bronze du siège 1428 d’Orléans dans les fossés du château de Tiffauges

Il existe un très-curieux petit volume intitulé « L'histoire et discours au vray du siège qui fut mis devant la ville d'Orléans le mardy XIIe jour d'octobre MCCCCXXVIII, régnant alors Charles VII, roy de France, contenant toutes les saillies assauts, escarmouches et autres particularitez notables, qui, de jour en jour, y furent faistes avec la venue de Jeanne la Pucelle et comment, par grace divine et force d'armes, elle feist lever le siège de devant aux Anglais.

Prise de mot à mot sans aucun changement de langage, d'un vieil exemplaire escrit à la main en parchemin et trouvé en la maison de ladite ville d'Orléans, illustrée de belles annotations en marge

En cette édition a été adjousté la harangue du roy Charles VII à ses gens et celle de la Pucelle au roy, avec la continuation de son histoire jusques et sa mort, ensemble le jugement contre elle donné par les Anglois à Rouen, rescindé par le privé conseil du roy avec les antiquitez de ladite ville d'Orléans.

«  A Orléans, chez Olyvier Boynard et Jean Nyon, libraires, demeurans au cloistre Sainte-Croix. 1606 avec privilége du roi. »

Petit volume de 216 pages, relié en véliu avec une gravure représentant Jeanne d'Arc. Vue a mi-corps, sous une arcade avec colonnes entourées de laurier, et l'inscription « Jeanne d'Arc, native de Vaucouleurs en Lorraine, dite la Pucelle d'Orléans.

L. Gaultier, sculp. Jeanne est représentée de face, à mi-corps, la tête un peu inclinée, les cheveux longs tombant sur les épaules; elle tient d'une main son épée nue et de l'autre son mouchoir de poche les manches sont tailladées au cou, elle porte un riche collier, en un mot le costume de Gabrielle d'Estrées, y compris le mouchoir de poche, inventé dit-on, par la mie de Henry IV.

Ce livre est un journal exact du siège les détails qu'il donne sur Jeanne d'Arc, sa mission divine, ses naïves croyances, sa simplicité, son courage, sont du plus haut intérêt.

L'effet qu'elle produit sur le peuple et sur les grands seigneurs eux-mêmes est prodigieux, tous se sentent entraînés; la haine des Anglais, quand ils voient leur proie leur échapper, leurs injures, tout est indiqué en son lieu et place, cette haine surtout que le bûcher de Rouen ne put assouvir.

Mais, àcôté de ces grands événements, notre journal nous donne de curieux détails sur la conduite du siège, sur les moeurs guerrières de cette époque, sur les engins de guerre et en particulier sur l'artillerie et son emploi au commencement du XVe siècle, point sur lequel je désirais attirer l'attention du lecteur, le hasard des découvertes m'ayant permis d'acheter et de faire entrer au Musée d'archéologie de la ville de Nantes un curieux spécimen de l'artillerie de cette époque portant avec lui tous les caractères distinctifs de l'art et de la ciselure sur bronze au XVee siècle, les armes de la ville d'Orléans, etc.

Revenons à notre relation du siège et remarquons, selon l'usage du temps, que les noms anglais y sont orthographiés suivant la prononciation française comme dans Froissart, etc.

Le siège commence le 12 octobre 1428.

« Le dimenche ensuivant, jetterent les Anglois dedans la cité dix vingts et quatre pierres des bombardes et gros canons, dont telles pierres y avoit qui pesoient cent seize livres…… Celle même sepmaine rompirent aussi et abbatirent les canons des Anglois douze moulins qui estoient sur la rivière de Loire entre la cité et la tour neuve. Pourquoy ceux d'Orléans firent faire dedans la ville onze moulins à chevaux qui moult les réconfortaient.

Le jeudy ensuyvant, les Anglois assaillirent le boulevard qui estoit fait de fagots et de terre. L'assault dura quatre heures sans cesser, les femmes se conduisent vaillamment et ne cessent d'apporter très diligemment plusieurs choses nécessaires, comme caves, huilles et grosses bouillantes, chaux, cendres et chaussestrapes, y furent plusieurs blessez d'une partie et d'autre, mais trop plus des Anglois dont il en mourut plus de douze vingts.

 Lors advint que, durant l'assault, chevauchoit par Orléans le seigneur de Gaucourt, car il en étoit gouverneur : il cheut de son cheval par cas d'aventure, tellement qu'il se dénoua le bras: si, fut incontinent mené aux Etuves pour appareiller. ».

 

 Le dimenche 24 d'octobre, les Anglois assaillirent et prindrent les tournelles du bout du pont, parce qu'elles estoient toutes démolies et brisées des canons et grosse artillerie qu'ils avoient jettez contre.

«  Celuy jour de dimenche au soir, veult le comte de de Salebris, ayant avec luy le capitaine Glacidas et plusieurs autres aller dedans tes tournelles, après qu'elles eussent été prinses pour regarder mieux l'assiette d'Orléans.

Mais, ainsi qu'il y fut, regardoit la ville par les fenestres des tournelles, il fut attaint d'un canon qu'on disoit avoir été tiré d'une tour appellée Notre-Dame. Le coup d'iceluy canon le frappa en la teste tellement qu'il lui abbatit la moitié de la joue et creva un des yeux, qui fut un très grand bien pour ce royaume, car il estoit chef de l'armée, le plus craint et renommé en armes de tous les Anglois. …

 

 (Castrum Magdunense - Château Meung sur Loire et son Pont médiéval)

Le mercredi ensuivant 27e jour d'iceluy mois, trespassa de nuit le comte de Salebris en la ville de Muing-sur-Loire, ou il avoit esté porté du siège après qu'il eût reçu le coup de canon dont il mourut.

De la mort duquel furent fort esbahiz et dolens les Anglois tenans le siège et en firent grand dueil…. Si firent vuider les entrailles et envoyer le corps en Angleterre.

«  Le premier jour de décembre ensuyvant, arrivèrent aux tournelles du pont plusieurs seigneurs anglois dont entre les autres estoit de plus grand renom, Messire Jean Talbot, premier baron d'Angleterre, accompagnés de trois cents combattans, qui amenèrent vivres, canons, bombardes et autres abillements de guerre, desquels jetterent contre les murs et dedans Orléans plus continuellement et plus fort que devant n'avaient fait au vivant du comte de Salebris car ils jettoient de telles pierres qui pesoient huit vingts quatre livres qui firent plusieurs maux et dommages contre la cité, et sans personne tuer et blecer qu'on tenoit à grand merveille car entre les autres en la rue aux petits souliers en cheut une en l'hostel et sur la table d'un homme qui disnoit lui cinquième sans aucun en tuer ne blecer qu'on dit avoir été miracle fait par Notre-Seigneur à la requeste de Monseigneur sainct Aignan, patron d'Orléans.

» Le jeudy 23e jour de ce mois de décembre commença à jetter la bombarde, jettant pierres poisans six vingts livres, que ceux d'Orléans avoient lors fait faire toute neusve par un nommé Guillaume Duisy, très subtil ouvrier, et fut assortie à la croche des moulins de la porte Chesneau, pour jetter contre les Tournelles, auprès de laquelle estoient assortis deux canons, l'un dict Montargid, et l'autre Rifflard qui, durant le siège, jetteront contre les Anglois et leur firent grands dommages.

« Le jour de Noël ensuivant, furent données et octroyées trèves d'une part et d'autre.

Mais sitost que les trèves furent rompues, se print chacun garde de soy. Durant les fêtes et feriers de Noël jetterent d'une partie et d'autre très fort et horriblement de bombardes et canons. Mais sur tous faisoit moult de mal un couleuvrinier, natif de Lorraine, estant lors de la garnison d'Orléans, nommé maistre Jean qu'on disoit estre le meilleur maistre qui fust lors d'iceluy mestier.

Et bien le monstra, car il avoit une grosse couleuvrine, dont il jettoit souvent estant dans les pilliers du pont près du boulevart de la Belle-Croix, tellement qu'il en tua et bleça moult d'Anglois, et pour les mocquer, se laissoit aucune fois cheoir a terre faignant estre mort ou blécé et s'en faisoit porter en la ville.

Mais il retournoit incontinent l'escarmouche et faisoit tant que les Anglois le scavoient estre vif en leur très grand dommage.

Le jeudy ensuyvant, feste de la Thiphaine, c'est des Roys…. A celle escarmouche se porta pareillement bien maistre Jean à tout sa coulverine.

«  Le mardy ensuivant, environ neuf heures de nuit, fut toute la couverture et le comble des tournelles abbatus et jettés en bas, et six Anglois tués dessoubs d'un coup de canon de fer qui estoit assorty au boulevart de la Belle-Croix du pont, et qu'on feist jetter à celle heure.

Le lundy ensuivant, 17e  jour d'iceluy mois, advint moult merveilleux cas, car les Anglois jetterent un canon de leur boulevart de la Croix-Boissée, dont la pierre cheut devant le boulevart de la porte Bannier, au milieu de plus de cent personnes sans aucun blecer ne tuer, mais frappa seulement par le pied un compagnon François, tant qu'elle lui osta le soulier, sans lui faire aucun mal, qui est chose merveilleuse à croire. »

«  A icelle escarmouche fut aussi perdue une coulevrine qui estoit à maistre Jean…. lequel fut en grand péril d'estre prins. ..

«  Le lendemain qui estoit un samedy 29e, d'iceluy mesme mois de janvier, fut donné seurté d'une part à la Hire et messire Lancelot de l'Isle de parler ensemble. Ce qu'ils firent environ l'heure de fermer les portes. Mais après qu'ils eurent parlé ensemble et que l'heure de la seurté fut passée, comme chacun d'eux s'en retournait devers ses gens, ceux d'Orléans jetterent d'un canon qui frappa messire Lancelot, tellement qu'il luy enleva la teste, dont ceux de l'host furent très dolens car il estoit leur maréchal et bien vaillant homme.

» Environ ces jours avoit une jeune pucelle nommée Jeanne, native d'un village en Barrois appelle Domprebmy, près d'un autre dit Gras, soubs la seigneurie de Vaucouleur.

 A laquelle gardant aucune fois à l'entour de la maison de son père et de sa mère un peu de brebis qu'ils avoient, et autrefois cousant et filant, s'apparut Nosre-Seigneur plusieurs fois en vision. Et lui commanda qu'elle s'en allast lever le siège d'Orléans, et faire sacrer le roy à Reims, car il serait avecques elle, et lui feroit par son divin aydes et forces d'armes accomplir cette entreprinse.

Pourquoy elle s'en alla devers messire Robert de Baudricourt, lors capitaine de cette place de Vaucouleur, et luy raconta sa vision luy priant et requerrant que, pour le très grand bien et proffit du roy et du royaume, il la voulsit habiller en habits d'homme, la monter d'un cheval et faire mener devers le roy, ainsy que Dieu luy avoit mandé aller.

Mais pour lors ne plusieurs jours après, ne la voulut croire; ainçois ne s'en faisoit que mocquer et reputoit sa vision fantaisies et folles imaginations ; combien que cuidant faire servir les gens d'elle en peché charnel, il la retint. A quoy nul d'eux n'autre après ne la purent oncques retourner. Car si tost qu'ils la regardoient fort, ils estoient tous refroidiz de luxure. »

M. Arouet de Voltaire fut moins réservé que les soudards de messire Robert de Baudricourt ; trois siècles après le martyre de Rouen, il ne craignit pas de violer la cendre refroidie de la vierge, de l'héroïne et de la sainte; la France applaudit le poème infâme, et les libres-penseurs de nos jours, petits-fils des philosophes du XVIIIe siècle, viennent de lui élever une statue, quelques jours à peine avant l'entrée des Prussiens à Orléans !!

Les peuples qui ne respectent pas leur passé n'ont plus d'avenir.

 

Je crois qu'il est temps de revenir à notre canon c'est une charmante petite colonne creuse à six pans avec sa base et son chapiteau; absence complète de tourillons; une console, finement ciselée et découpée à jour, sert de pièce de recul; son calibre est de 0m 023 et son poids de 40 livres ; sa base est creusée pour recevoir un manche, mais elle ne se chargeait pas avec une boîte comme la pièce du XIVe siècle, en fer forgé, que j'ai cru devoir faire reproduire au n° 9 de la planche III.

La lumière est percée au centre du monogramme, dont les lettres, en relief, servaient à retenir la poudre de l'amorce, disposition fort ingénieuse.

Ce monogramme, formé par un L et un B enlacés, m'a très-fort intrigué j'aurais été heureux d'y reconnaître celui de Bessonneau, général, maître et visiteur de l'artillerie dès 1420, qui assista, en cette qualité, au siège de Pontorson en 1427; au ravitaillement d'Orléans; au sacre de Reims, juillet 1429.

Mais son prénom de Pierre s'oppose à cette attribution. Pour ce qui est des frères Bureau, qui plus tard lui succédèrent, l'un s'appelle Gaspard et l'autre Jean rien de ce côté.

J'oubliais un détail des plus curieux, celui de la provenance :

Notre pièce a été trouvée, l'année dernière, dans les fossés du château de Tiffauges, et l'on sait le rôle important joué par Gilles de Raiz à l'époque la plus glorieuse de sa vie, au siège d'Orléans; Tiffauges était sa résidence favorite.

Les canons employés par les Français au siège d'Orléans, portent tous des noms : l'un, Montargis, le Rifflard, la Bregère, etc.

 Le monogramme reproduirait-il un de ces noms? le dernier surtout, donné, sans doute, en l'honneur de la Pucelle. Je le veux bien, ou mieux je laisse à nos confrères de la bonne ville d'Orléans à résoudre ce petit problème.

Le musée d'Artillerie de Paris, installé à Saint-Thomas-d'Aquin, possède une pièce ressemblant beaucoup à la nôtre. J'emprunte au Catalogue de M. 0. Penguilly L'Haridon, conservateur du musée, !a description suivante :

«  Artillerie, p. 887, n° 35. Petite pièce en bronze, du genre des fauconneaux, du calibre de 0m03, a pans depuis les tourillons jusqu'à la bouche, et grossièrement arrondie à la lime.

Entre les tourillons et la culasse, elle porte l'inscription suivante Donnée par Charles VIII a Bartemi, seigneur de Pins, capitaine de l'artillerie, en 1490; donnée au musée par M. le marquis de Pins. »

Une pièce pareille est conservée au château d'Aubagnères (Gers), appartenant à la famille de Pins.

 

 

Au-dessus du monogramme est l'écusson de la ville d'Orléans; je l'ai fait graver avec soin et de grandeur réelle.

Les armes d'Orléans sont:

De gueules à trois tierce-feuilles d'argent, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or.

«  Nous avons dit ailleurs, et nous ne saurions trop le répéter, qu'on à tort d'altérer les armoiries. Considérées comme signes, elles sont une sorte de cachet qui équivaut à une signature; considérées comme hiéroglyphes, elles doivent demeurer intactes afin d'aider à retrouver le secret qu'elles renferment.

Si nous nous permettons une courte réflexion à propos des armoiries d'Orléans, c'est que nous les avons vu défigurer successivement plus que celles d'aucune autre ville.

Après avoir offert trois groupes de cercles rapprochés les uns des autres, elles devinrent des trèfles auxquels on ne craignit pas même d'ajouter des feuilles; enfin on n'a plus eu sous les yeux que trois lobes aigus rayonnant d'un centre; on a même été jusqu'à y voir des .cailloux.

Cependant, si l'on eût conservé la forme des cercles primitifs, on aurait pu rapprocher ce signe héraldique de celui des villes de Châlons et de Mâcon et se demander si les rapports héraldiques évidents entre les villes les plus affectionnées par le roi de Bourgogne, Gontran, n'invitaient pas à chercher quelques significations symboliques indiquant l'union du royaume d'Orléans avec les deux grandes fractions du royaume de Bourgogne, qui devinrent, à l'époque du démembrement de l'Empire carlovingien, les royaumes de Bourgogne trausjurane et cisjurane, ou bien encore toute autre combinaison politique analogue.

L'importance donnée Autun à une disposition semblable, de trois serpents disposés en cercles, et à laquelle on attribue une origine religieuse, serait peut-être un nouveau jalon dans les recherches à faire. »

La ville d'Orléans peut fournir une longue série de jetons; on y voit l'aspect de la ville; Mercure tendant la main droite et la Loire-  le Christ en croix, ou descendu de la croix, accompagnés de chevaliers en prières, c'est-à-dire la représentation de l'ancien monument élevé à la mémoire de Jeanne d'Arc, dans lequel la pucelle figurait en face de Charles VII.

La devise de ce dernier jeton est : « A Domino factum istud. »  (Renversé par les protestants, sous Charles IX). »

Les lignes qui précèdent sont de M. de Fontenay et sont extraites du Manuel de l’Amateur de Jetons..

Le problème de l'origine des armoiries d'Orléans n'est pas difficile à résoudre. Châlons-sur-Saône porte d'azur à trois annelets ou cercles d'or Mâcon, de gueules a trois cercles d'argent; Autun, de gueules à trois serpents d'argent courbés en cercles, et enfin Orléans, sur un jeton de Nicolas Briot, frappé en 1608, de gueules à neuf cercles d'or disposés par trois.

Les cercles de la Bourgogne et de l'Orléanais, les croisettes et les annelets de l'Aquitaine ne sont autres que les débris des 0 cruciformes des noms d'Eudes de France et d'Othon de Bourgogne, légendes immobilisées sur les monnaies, et reportées, plus tard, sur les sceaux à l'état de types incompris.

Je citerai le monogramme des Foulques d'Anjou, se transformant en clef « Angiers, antique clef de France; « la croix ancrée, placée par saint Feux sur les triens de l'Eglise de Nantes, produit, en se quadruplant, la rosace des deniers d'Alix et de Pierre de Dreux.

C'est surtout au XIIIe siècle que ces transformations s'opérèrent, lors de la création des armoiries des fiefs et des communes; la tête de Chinon est peut-être en ce genre, pour la formation du type chartrain, le fait le plus curieux que n'eus connaissions.

Il faut remonter aux statères gaulois pour voir une tête se transformer, de la sorte et arriver à un pareil état de dégénérescence. Puisque j'ai parlé des monnaies gauloises, je dirai, en passant, que la barque des Namnètes, placée sous la tête de Bélenus encadrée des quatre vents enchainés, reprise un moment par Jean le Roux, duc de Bretagne, sur son denier, frappe à Nantes lors de son départ ,pour la croisade de 1270, puis par la prévôté, et enfin par la ville de Nantes sur son blason municipal, n'est qu’un hommage rendu, à Bélenus et à Neptune par les habitants du  Portus Namnetum, et justifie le «  Favet Neptunus eunit » qui paraît scandaliser si fort nos modernes archéologues bretons.

 J'ai cru bien faire, en publiant ce curieux monument de l'art du fondeur au XVe siècle; aux archéologues d'Orléans à dire si je me suis trompé dans mes attributions.

Sur la planche III, j'ai fait graver, au n° 1er, le canon, au dixième;

fig 1

au n°2, la console ou pièce de recul, au quart d'exécution 

fig 2

; les nos 5 et 6 sont de grandeur réelle;

fig 5

fig 6

le n°3 est le blason de la ville d'Orléans, au bas de la planche représentant Jeanne d'Arc, en 1606

fig 3

; le n° 4, celui du jeton de Nicolas~Briot, en 1608

fig 4

; enfin le n° 7,

fig 7

au douzième, est un curieux canon en fer forgé, de la fin du XIVe  siècle, provenant de Machecoul, et conservé au musée de Nantes;

il est cerclé par des anneaux en fer torsadés servant de contreforts et enfoncés à chaud; il se charge par la culasse, au moyen d'une boîte maintenue par un coin enfer.

Il existe au château de Pouzauges (Vendée) un des plus curieux spécimens de l'architecture militaire du XIIe siècle, dans nos contrées une tour, dite de Bretagne, construite au XVe siècle, et, dans cette tour, une petite chambre voûtée, terminée par une meurtrière aspectant les fossés du château; la mire ou regard est placée à la partie supérieure de cette meurtrière et en est séparée par une traverse en pierre; elle se termine par une partie ronde destinée recevoir une bouche de canon; deux trous, percés dans les murs, servaient à recevoir une épaisse traverse en bois sur laquelle s'appuyait la pièce maintenue par la console de recul.

Le manche, en bois ou en fer pour nos petites pièces, pouvait être tenu à la main ou suspendu à une corde attachée à une poulie, pour pouvoir ajuster.

Un petit banc en pierre servait, a l'artilleur, de repos pendant sa faction.

J'oubliais un détail, notre canon renferme encore une certaine quantité de poudre; j'ai pu en extraire, et il en reste plus de la moitié de la charge. Il serait curieux de la faire analyser.

Ce château de Pouzauges a appartenu, au XVe siècle, à Gilles de Rais.

En terminant, mes remerciements à M. Laurant-Voruz qui a bien voulu mettre à ma disposition, avec son obligeance habituelle, l'Histoire au vray du siège d’Orléans (tant de gens sont avares des richesses qu'ils possèdent). A M. le baron de Wismes, pour les renseignements recueillis par lui a M. Alexandre Perthuis, tous ceux qui viennent en aide aux travailleurs et leur facilitent leur tâche, merci.

 

Nantes, 25 juin 1871.

F. PARENTEAU. Société d'histoire et d'archéologie de Nantes et de Loire-Atlantique

 

 

 

Le mystère du siège d'Orléans - Jeanne d'Arc, Gilles de Rais - Château de Tiffauges <==