Historique du Château d’Azay le Rideau au moyen-âge

Le château d’Azay-le-Rideau, que la Renaissance a rendu à tout jamais célèbre, est un lieu fort ancien.

Cette ancienneté nous est prouvée par des ruines romaines voisines (exactement au lieu-dit « La Romainière » qui faisait partie au siècle dernier du parc du château), par la façade de l’église Saint-Symphorien et par le ou les châteaux qui précédèrent le château actuel.

 Les premiers seigneurs d’Azay furent les comtes de Tours : Eudes, comte de Tours. Il mourut en 995 et fut enterré dans l'abbaye de Marmoutier.

 Thibaud Il, comte de Tours, fils ainé du précédent. Il mourut on 1004.

 Eudes II, comte de Tours, frère du précédent. Il mourut le 17 septembre 1037.

Thibaud III, comte de Tours, fils aîné de Eudes II, céda Azay au suivant, par suite du traité fait à Loches en 1044. Geoffroy Martel, comte d'Anjou (1044), mort à Angers le 14 novembre 1060.

Geoffroy I, dit le Barbu, comte de Tours, neveu du précédent (1061).

Ridel d'Azay, mentionné dans une charte de Marmoutier de 1119. Ridel d'Azay (appelé aussi Rideau de Rillé), cité, ainsi que son prévôt, Regnaud, dit le Fils-du-Diable, dans une charte de l'abbaye de Turpenay de 1143 et dans un autre titre de 1153.

 

Henri II d’Angleterre, qui devait mourir à Chinon le 6 juillet 1189, s’en empara et Jean sans Terre, comte de Glocester et de Mortain, et ensuite roi d'Angleterre conserva Azay après lui jusqu’à ce que Philippe-Auguste le lui confisquât en 1205 pour crime de félonie, et le réunît à la couronne avant de le restituer à la famille Ridel.

 

 Hugues Ridel, chevalier-banneret, seigneur de Relay et d'Azay, est cité dans des chartes de 1196,   Il avait un frère, Geoffroy Ridel, qui fit un voyage à Jérusalem en 1208.

 En 1290, on rencontre dans des chartes de Marmoutier un Guy d'Azay; mais on ne peut affirmer qu'il ait possédé la terre dont il s'agit.

De 1213 à 1350, nous ne trouvons aucun nom de seigneurs d'Azay-le-Rideau, ce qui nous porte à croire que cette seigneurie, après la mort de Hugues Ridel et de son frère, était revenue à la Couronne.

Mais à partir du milieu du XIV siècle nous n'avons plus de lacune dans la liste de nos châtelains.

 

Vers 1360, le seigneur d’Azay est Jean Le Meingre dit Boucicaut, maréchal de France.

Marguerite de Marmande, dame d'Azay, fille unique de Pierre de Marmande, chevalier, seigneur de Marmande, de La Haye, de Faye-la-Vineuse et de la Roche-Clermault (1379).

Jean III, comte de Sancerre, baron de La Haye et de Saint-Michel-sur-Loire, fils ainé de Louis II, connétable de France, devint seigneur d'Azay-le-Rideau (1379), par son mariage avec Marguerite de Marmande, dont il eut deux filles Marguerite et Jeanne de Sancerre.

 Gérard Chabot V, seigneur de Retz, puis d'Azay, par son mariage avec Marguerite de Sancerre, fille de Jean III. Il était fils de Gérard Chabot, Ve du nom, baron de Retz, et de Philippe Bertrand de Roucheville.

Beraud II, comte de Clermont, dauphin d'Auvergne, seigneur d'Azay, par suite de son mariage avec Marguerite de Sancerre, devenue veuve de Gérard Chabot, fit hommage de cette terre en 1392. Il mourut le 13 janvier 1399.

 Jacques de Montberon, maréchal de France, sénéchal d'Angoulême, chambellan du duc de Bourgogne, seigneur d'Azay, par son mariage, contracté en 1408, avec Marguerite de Sancerre, veuve de Beraud II, comte de Clermont.

 De son second mariage, Marguerite de Sancerre avait eu un fils, Beraud III.

Elle fit avec lui, le 22 novembre 1409, un accord, aux termes duquel les terres d'Azay et du La Haye, restaient à son mari, Jacques de Montberon.

 

Alors se produit un grand événement dans la vie d’Azay.

En novembre 1417, le duc de Bourgogne s’était emparé de la Touraine, aidé dans son entreprise par une reine coupable, mère dénaturée, Isabeau de Bavière, qui donnait la main aux ennemis de la patrie et travaillait contre les intérêts de son propre fils.

Il avait installé des troupes dans les châteaux les plus importants dont celui d’Azay, construit pour certains par Hugues Ridel.

En juin 1418, le Dauphin, futur Charles VII, chassé de Paris par la faction bourguignone, vint à Bourges, ordonner une levée de détresse dans laquelle il était admis en principe que tout sujet du roi devait prendre les armes.

Montrichard, qui conservait toujours son ancienne milice bourgeoise pour veiller à la garde des remparts, dut fournir son contingent à son seigneur banneret et désigner en outre, comme chaque paroisse, au moins quatre hommes des plus habiles à porter les armes.

Nobles bourgeois et gens du peuple affluèrent aux différents rendez-vous, et Charles tenta de mettre à profit le zèle de ses gens de guerre.

 Parti d'Aubigny le 29 juin, il était avec son armée à Montrichard le 9 juillet, à Amboise le 15, et le 20 devant les murs de Tours, où les Bourguignons, qui occupaient la ville, restèrent sourds à ses sommations.

Trop faible pour vaincre, le Dauphin se replia sur Chinon.

 

Sur la route de Tours à Chinon, en passant à Azay les soldats Bourguignons insultèrent ses troupes, les traitant ainsi que lui-même, nous dit-on, de «restes de petits pâtés de Paris » par allusion aux massacres récents de la capitale.

 

De retour à la forteresse de Chinon et irrité d'une telle insolence, le Dauphin résolut d'en châtier sévèrement les auteurs; il ordonna d'assiéger la place, et de ne faire aucun quartier aux aventuriers qui s'y trouvaient enfermés.

Le manoir féodal subit un rude assaut, le siège ne traîna pas en longueur. Les assaillants étaient exaspérés; les murs furent escaladés au bout de quelques jours.

 Le gouverneur eut la tête tranchée, 354 soldats furent pendus aux créneaux et aux barreaux des fenêtres, le château et les fortifications furent démantelées et la ville fut incendiée.

Cet acte de fermeté eut d'heureuses conséquences : on fut convaincu que le Dauphin ferait respecter l'autorité.

Après avoir détruit le château d'Azay-le-Rideau, où les Bourguignons l'avaient insulté à son passage.

 On reprit inutilement les négociations avec la cour de Paris, et, le 28 novembre, Charles revint devant Tours.

Son arrivée à Tours avait été précédée du bruit de cette sévère expédition. La ville lui ouvrit ses portes sans difficulté. Les habitants de Tours obtinrent des lettres d’abolition du crime de révolte, qui leur furent données le 30 décembre.

Et le 2 janvier 1419, le gouverneur du château, un Breton nommé Charles Labbé, à qui l’événement d’Azay inspirait quelque prudence, fit sa soumission.

Le meurtre du duc de Bourgogne sur le pont de Montereau, pas des partisans trop zélés du Dauphin, porta au paroxysme la fureur des factions (10 septembre 1419)

Charles concentra ses forces en Touraine et pour se procurer quelques ressources céda à bail au sieur Marc-Desbatons, pour une redevance annuelle de deux millions six cent mille livres, la frappe des monnaies dans plusieurs ville, parmi lesquelles Chinon (14 octobre 1419)

Ce qui paraîtra curieux, c'est que le château d'Azay n'appartenait pas aux agresseurs; c'était le droit du plus fort qui seul avait permis aux Bourguignons de s'y installer.

 Le seigneur d'Azay était alors Jacques de Montberon (1), fils du maréchal de ce nom, qui avait pour épouse Marie de Maulévrier.

Les châtelains de ce temps éprouvèrent plus d'une fois les dures nécessités de la guerre, et leurs forteresses devenaient fréquemment l'enjeu des luttes sanglantes qui agitaient le pays.

Ceux mêmes qui, par prudence ou par des calculs égoïstes, s'imaginaient pouvoir se réduire à un rôle passif, n'étaient pas épargnés au milieu des passions effervescentes et des animosités qui en étaient la conséquence inévitable.

Après le passage du terrible orage qui venait de fondre sur le château d'Azay, les dégâts furent promptements réparés. Elle prit alors le nom d’Azay-le-Brûlé qu’elle conserva jusqu’à la fin du XVI e siècle.

 

Jacques de Montberon, qui était partisan de Jean sans Peur, vit en outre ses terres confisquées. Ce dernier mourut en 1422.

 

Le 14 mai 1422, Beraud III, comte de Clermont,fils du second mariage de Marguerite de Sancerre, seigneur d'Azay-le Rideau, vendit cette terre et le fort en grande partie détruit (Brulé juin 1418),  à Jean du Puy du Fou, dit le Gallois, au prix de 1700 moutons d'or.

L'acte de vente contenait la clause suivante « Au cas que par abolition générale faite ou à  faire par le roi ou le régent, ou par jugement,  il conviendrait de restituer au seigneur de Montberon ou aux siens ladite terre d'Azay, le vendeur ne sera tenu qu'à restituer le prix de  vente. »

 Beraud III mourut le 28 juillet 1426.

Jean du Puy du Fou, dit le Gallois, maitre d'hôtel du roi, épousa en premières noces Damiette de Chastelby, veuve de Guyon des Clouaisiores; et en secondes noces Marie d'Auxigny, dont il eut quatre filles Catherine, Georgine, Perrinette et Marguerite

 II fit son testament le 3 décembre 1441.

En 1426, il avait pour capitaine de son château d'Azay, Tristan de la Rivière, écuyer. Jean de Montgommery, seigneur d'Azay-le-Rideau, par suite de son mariage avec Marie d'Auxigny, veuve de Jean du Puy du Fou.

 

 

Jean du Puy du Fou.

Forêt de Chinon. Droits de féage, pacage et chauffage (1432-1611). Mandement de la chambre des comptes pour l’exécution du don fait par le roi à Gallois du Puy du Fou, seigneur d’Azay le Rideau, du droit d’usage de bois «  à ardoir bastir et édiffier tant que besoing sera » (16 mai 1432) ;

 

Lettre patente de Charles VII accordant le même droit à ccccccc dame d’Azay le Rideau, veuve de Galois du Puy du Fou (20 décembre 1441) avec son deuxième mari John de Montgomery épousé vers 1442 (leur fils René de Montgomery sera le père de Jacques de Montgomery de Lorges, capitaine de la Garde écossaise, et le grand-père du célèbre Gabriel)

 

1442 Lettre patentes du roi Charles VII autorisant, suite à leur requête, Jean de Montgomery, seigneur d’Azay le Rideau, Marie d’Auxigny, son épouse, et les habitants du lieu, à fortifier la ville d’Azay le Rideau, obligeant en contrepartie les habitants à faire le guet et garde à la ville et au château (Ruffec, avril 1442) et de nouvelles lettres en 1465 de compléter ces fortifications.

« je me suis transporté audit lieu d’Azay ou illec ay veu et visitté la démolicion et ruyne de la fortification dudict lieu Azay a la réparation duquel lieu je certifie qu’il faut logier une tour ronde. Item, deux pons levez, item la clonaison de deux boullevars a pieux paillis chacun boullevar ayant dix-huit toises de circuit, item cens vingt toises de pallis pour la fachon de faulce braye, Item a l’entours de la basse cour cent huit toises de pallis »

1446 Convention pour l’organisation du guet entre Catherine du Puy du Fou, dame d’AZAY LE Rideau, et les habitants de la ville, arrêtée et jurée au siège royale de Chinon (Chinon, le 26 octobre 1146), avec ratification, au même siège, par les représentants des habitants (Chinon, 8 septembre 1449)

Celle-ci transigea avec François de Montberon qui, pour le prix de 500 écus d'or, renonça, à son profit, à tous les droits qu'il prétendait avoir sur la terre d'Azay

Elle mourut avant 1446.

 

23 juillet 1465, mandement du lieutenant au bailliage de Chinon au maitre des eaux et forêts de Chinon lui accordant de livrer à Foucques de Boisjourdain, seigneur d’Azay le Rideau, «  telle quantité de boys qui serait nécessaire pour la fortification et retranchement dudit lieu d’Azay »

Puis la fille aînée de Marie d'Auxigny, Catherine du Puy-du-Fou, transmet Azay à son mari Fouques de Bois-Jourdan, et à leurs enfants Jehannet du Bois-Jourdan.

En 1504, il vendit Azay au suivant. Antoine de Loubes, chevalier, seigneur de Jenardoil, de Fontaines et de la Motte (1504), avait épousé Renée de Daillon. Charles de Boisjourdan, fils aîné de Jehannet, fit opposition à la vente consentie par son père au profit d'Antoine de Loubes, et fut autorisé, par sentence du 2 avril 1505, à exercer le retrait lignager. Nous ignorons si la justice lui donna gain de cause. Toujours est-il que nous le voyons, en 1507 prendre la qualification de seigneur d'Azay-le-Rideau.

 

La terre passe ensuite entre les mains de Jacques de Bueil

Jacques de Bueil, comte de Sancerre, échanson des rois Charles VIII et Louis XII, est seigneur d'Azay-le-Rideau, du chef de sa femme, Jeanne de Boisjourdan, fille de Fouques de Boisjourdan.

Selon toute apparence, Jeanne ne possédait qu'une partie de cette terre. L'autre partie était celle qui fut vendue on 1504, par Jehannet de Boisjourdan .

Loubes. Martin Berthelot, maitre de la chambre aux deniers dos rois Louis XI et Charles VIII, seigneur d'Azay-le-Rideau.

Nous y voyons en qualité de seigneur un membre de cette illustre famille de Bueil, qui se signala par son courage et sa persévérance à combattre les Anglais. Il figure parmi les compagnons d'armes de Jeanne d'Arc et fut surnommé le Fléau des Anglais.

 

 Enfin, Martin Berthelot, maître de la chambre aux deniers des rois Louis XI et Charles VIII, est propriétaire. Il meurt en 1498, laissant une fille et un fils : Gilles Berthelot.

La fortification d’une ville est soumise à l’autorisation du roi.

Ainsi, Gilles Berthelot exprime la nécessité de fortifier Azay le Rideau lors d’une supplique adressée à son souverain Louis XII : «  à cause du grand passage qui y est continuellement, se trouvent et peuvent trouver de jour et nuit, plusieurs mauvais garçons, larrons publics, espieurs de chemin et autres gens, vaccabuns, malvivans qui font souventes foys de grands noises, débats, pilleries, larrecins, bastures, oultrages et plusieurs autres maulx et inconveniens… » d’où la nécessité, on le comprend, de fortifier !

 

Nous possédons une description sommaire, rédigée au début du XVIe siècle :

« le chastel, forteresse et place forte Dazay le rideau, assis sur la rivière daindre avecques les tours, tourelles, portail, pont-leveys, chapelle, court, jardin, isles, réservoir à poissons, joignant de deux coustez à la rivière daindre.

C’est assavoir d’un desdicts coustez devers le soleil de midy. Devers le soleil couchant joignant au grand pont de la ville Dazay, ung ruisseau de ladicte rivière passant entre deux. Devers le septentrion joignant à la basse-court dudit chasteau, ung bras d’eau de ladicte rivière passant entre deux.

Item, la bass-court dudict chastel, close à l’entour de murailles en pierres pour la fortification et deffence dicelle. En laquelle basse-courts est une grant grange, estables, pressoir, toit à bestes, et aussi ung toict à pouceaux, ung puiz à eau, anciennement une fuye (pigonnier) qui est presceques tombée, plus y a austres espaces joignants, estant en et au-dedans de ladicte basse-cour. Ladicte basse-court ainsy cloze de murailles tout à l’entour excepté du costé de la rivière. »

 

 

Le moulin


Le moulin d'Azay le Rideau, visible du pont qui enjambe un bras de l'Indre, en aval du château,  est l'un des 18 moulins de l'Indre du pays d'Azay.

En 1255, Milets Demont, seigneur d’Azay le Rideau, concède au couvent de Cormery, l’un des trois moulins qu’il avait à Azay avec la banalité.

Le prieur d’Azay qui est le représentant de l’abbé de Cormery possède alors les droits de ban à Azay.

15 octobre 1541, accord entre Gilles Berthelot et les habitants d’Azay le Rideau concernant les travaux à faire aux ponts de la ville, suite à un don royale de 50 livres tournois : recommandations des habitants, après visite des lieux, pour la réparation des ponts de la Grande Luytinière, nomination de procureurs pour le ‘maniement » des deniers, recommandation pour le nettoyage et la fermeture d’une ruelle située, derrière le clocher de l’église paroissiale

En 1523, Gilles Berthelot, rachète les moulins banaux, appelés vulgairement les moulins de Cormery, au Révérend Abbé de Cormery.

 

En 1880, un lavoir à niveau variable a été construit à côté du moulin. Ces moulins à blé sont restés la propriété du château jusqu’au 20ème siècle.

 

Ici une tour de l’enceinte de la ville, seul rescapée de la muraille, et la rue de l’Abreuvoir nous rappellent qu’Azay était une fille fortifiée entourée de douves.

La porte de Varenne fut démolie comme celle du pont à la fin du 18ème siècle.

Les armes de la ville d'Azay-le-Rideau sont d'azur à trois aigles d'or.

 

 

AZAY-LE-RIDEAU par M. Pierre Marie AUZAS

 

 

 

La châtellenie d'Azay le Rideau et La Via Epsicopalis du moyen âge

 

Le chemin de Chinon à Tours, La Via Epsicopalis par Port - Huault.


La voie antique, dite au moyen âge "Via Epsicopalis" partait de Chinon, traversait St Benoit à Grammont, Beugny et Turpenay et par un tronçon indiqué sur le cadastre "ancien chemin de Chinon" arrivait à Cheillé.

Elle traversait ensuite l'Indre à Port-Huault pour rejoindre Coesarodunum (Tours) en passant par Valléres.

Saint Benoit la forêt

Au XIIe siècle, Saint Benoit s'appelait "Saint-Benoist de la Mort"du nom du seigneur Gobert de la Mort qui possédait ce fief en 1146.

Après lui on trouve : Foulques Faimau- Gaudin de Beugny, 1183- Bernerin de Beugny, 1213- Josbert de la Mort, chev.

En 1298, il donne au prieuré de Pommiers –Aigres une rente de six sols à prendre sur sa propriété de la Giraudière, et lui fit remise d’une rente de six deniers que le prieur avait à lui payer pour une terre situé près du ruisseau de Saint Benoit.

C'est Grandmont-les-Chinon ou Pommier-Aigre (185), située dans la forêt de Chinon, à Saint-Benoît-du-Lac-mort, non loin de Turpenay ; le fondateur en est, comme pour Bois-Rahier, le roi Henri II d'Angleterre ; l'acte qui consigne la fondation n'est pas daté; le monastère fut érigé avant 1189, mais certainement pas avant 1178 (186).

Le roi accorde aux bonshommes le lieu de Pommier-Aigre et tout le bois circonscrit par le vieux chemin qui relie le chemin de Tours et le chemin de l'évêque, et les fossés qui le limitent du côté du Chinon ; des droits d'usage sont accordés dans la forêt de Chinon et toutes les forêts royales de Touraine ; le roi constitue en faveur du monastère une rente de deux sous par jour à percevoir sur la « firme » de Chinon (35 livres par an, somme bien inférieure à la rente concédée à Bois-Rahier) ; le souverain octroie en outre deux hommes libres de tout droit, l'un à Chinon, l'autre à Azay-le-Rideau.

 

Port-Huault

— Par une charte de Fontevrault du XIIe siècle le nommé Meschin vend à l'abbesse de Fontevrault un domaine qu'il possède a Portus de Chaille.

Port de Cheillé emprunte plus tard le nom d'une famille du lieu de Huaudières et devient Port-Huault,

Pour aller de Tours à Chinon, on passait au Port-Huault, comme l'indique la Guide des Chemins de France (1553), p. 120 : Tours. Savonnières, Valère. le pont Hunault sur la rivière l'Indre, la Belle Croix, Beugnay hors la forest, Chinon sur Vienne B.N. 8 L 25 1 Ai.

C'est sans doute un chemin antique aménagé par Louis XI pour aller chasser en forêt de Chinon : de Plessis-les-Tours, il passait le Cher au Pont-Neuf construit par lui près de Saint-François. Le Vieux-Cher au Pont-aux-Oies la voie et l'Indre au pont Huault.

Ce pont n'existe plus en 1592, puisque Isaac François. Grand Voyer de Touraine, ne le porte pas sur sa carte éditée par Bonguereau.

En 1698, Pierre Carreau écrit dans son Mémoire sur la Généralité de Tours : « Il v a eu un pont à Port-Huault pour la commodité du passage, qu'il serait nécessaire de refaire. »

Le chemin de Tours à Chinon par Port-Huault fut utilisé jusqu'au XVIIIe siècle, concurremment avec d'autres itinéraires.

Amis de Rabelais et de La Devinière

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Charles VII Forteresse de Chinon l'an 1423

L'année 1423 fut remplie d'événements de diverse nature, et qui influèrent considérablement sur l'avenir. Le 4 juillet, Louis, qui régna après son père, naquit à Bourges, fut tenu sur les fonts de baptême par Jean, duc d'Alençon, et christionné par messire Guillaume de Champeaux, évêque et duc de Laon.

(1) JACQUES, Chevalier, Seigneur de MONTBERON, par donation que lui en fit son père en 1408, et d’Azay-le-Rideau, par transaction faite avec son frère.

Il fut Capitaine du Château de Thouars pour Louis, Seigneur d’Amboise, qu’il rendit au Roi le 14 Mai 1431, après la confiscation des biens de ce Seigneur.

 

 

 

 Compagnon d'Armes

Jean de Bueil, cinquième du nom, mérita par ses hauts faits d'armes et l'espèce de fureur avec laquelle il se précipitait sur les ennemis de sa patrie, à chaque fois qu'il en rencontrait, le surnom de Fléau des Anglais.

Quand apparaissait la bannière du sire de Bueil, les plus braves parmi ses adversaires étaient comme frappés d'une terreur panique, si bien qu'à la fin son nom et sa présence valaient autant qu'un corps d'armée pour décider de la victoire.

Il devint un des plus riches gentilshommes de France, du chef de sa femme, qui lui apporta le comté de Sancerre.

 En 1428, il se jeta dans la ville d'Orléans assiégée par les Anglais, et il concourut fortement à la défense de cette place, le boulevard alors de la puissance royale.

Il combattit sous la bannière de Jeanne d'Arc pendant la campagne de 1429 sur la vallée de la Loire.

Sur ordre du roi, 200 livres-tournois lui ont été payées par le trésorier dans les mois d'avril et de mai 1429, pour le dédommager, ainsi que ses 30 gens d'armes et 40 gens de traict, des dépenses effectuées durant l'escorte des marchandises pour le réapprovisionnement de la ville assiégée d'Orléans.

Jean V de Bueil fut également présent aux côtés de Jeanne d'Arc à la prise de Sablé, aux batailles de Jargeau le 12 juin 1429, Meung-sur-Loire le 15, Beaugency 16 et 17 juin 1429, Patay le 18 juin, Reims (où ils accompagnent le dauphin Charles pour son sacre le 17 juillet 1429), et Paris.

En 1431, il était à la tête des deux cents Français qui, dans la chaude affaire de Beaumont-le-Vicomte, battirent trois mille Anglais.

 En 1435, il assistait à la bataille de Saint-Denis, où les Anglais furent complètement défaits. Il ne se passe presque pas une année sans qu'il prenne part à quelque glorieux fait de guerre : en 1439, il contribue à dégager le château de Sainte-Susanne, alors une des places les plus fortes du royaume; en 1441, il est présent au siège de Pontoise; en 1444, il est aux côtés du roi durant le siège de Metz; en 1449 et 1450, il parcourt la Normandie, toujours bataillant, toujours infatigable; cette même année, il assiste au siège de Cherbourg, où il est nommé grand amiral de France, après la mort de Jean Prégent de Coëtivy, qui fut tué durant ce siège; et, lorsque Cherbourg fut pris, le roi lui en confia le commandement.

Il a une grande part à la conquête des villes de la Guienne, en 1451 et 1453; il se signale surtout au combat de Castillon, en Périgord.