Charles VII Forteresse de ChinonL'année 1423 fut remplie d'événements de diverse nature, et qui influèrent considérablement sur l'avenir.

Le 4 juillet, Louis, qui régna après son père, naquit à Bourges, fut tenu sur les fonts de baptême par Jean, duc d'Alençon, et christionné par messire Guillaume de Champeaux, évêque et duc de Laon.

Le duc de Bedford s'empara de Meulan, et reçut quelques seigneurs, qui abandonnèrent le parti de Charles VII pour se joindre à lui : mais ce succès fut contre-balancé par la victoire que Jehan d'Harcourt, comte d'Aumale, remporta sur les Anglais, dans le Maine.

Un fait plus grave s'accomplit encore cette même année. Arthus de Bretagne, comte de Richemont, que les Anglais avaient fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, et qu'ils retenaient en leur pouvoir depuis cette époque, étant parvenu à leur échapper, revint en France.

Le duc de Bedford comprit facilement combien il lui importait de gagner à sa cause un auxiliaire aussi puissant. Du consentement donc du duc de Bourgogne, il offrit en mariage, à Arthus, Marguerite, fille de ce dernier; mais d'un autre côté, Charles VII n'épargna rien pour contrecarrer les projets du régent, relativement au comte de Richemont, qui, se sentant d'ailleurs porté pour la France, ne tarda pas à s'attacher au parti de celui que ses ennemis avaient, par dérision, surnommé : « Le petit roi de Bourges.»

Charles ayant, en 1421, donné Chinon à sa femme, Marie d'Anjou, lui retira cette ville, en 1423, pour en faire présent à Archibald, comte de Douglas, qu'il fit duc de Touraine, mais qui ne porta ce titre que bien peu de temps, ayant été tué quatre mois après.

Chinon fut sur le point d'appartenir, l'année suivante, à Louis d'Anjou. Ce prince étant fiancé à Isabelle, fille de Jean de Bretagne et nièce du roi, Charles VII promit à Louis de lui compter cent mille livres comme dot d'Isabelle, et en attendant le paiement de cette somme, il lui remit, en nantissement, la ville de Chinon.

Ce don fut du reste frappé de nullité, le mariage ne s'étant pas accompli. Poussé par le désir de s'attacher plus fortement encore le comte de Richemont, le roi résolut de lui donner l'épée de connétable; mais le duc de Bretagne, craignant que cette offre ne renfermât une trahison, refusa de livrer son parent à Charles VII, qui, pour le rassurer, lui offrit, en garantie de la sûreté d'Arthus, les villes de Lusignan, de Loches, de Chinon et de Meun-surYèvre.

Le duc n'hésita plus, et envoya le comte auprès du roi, qui lui ceignit l'épée, comme nous allons le voir. Nous extrayons ces détails du manuscrit d'Étienne Chevalier, qui commence à cette époque, et dans les termes suivants :

 « Ceste année, au moys de mars, le roy estant parti de Bourges, vint en son chastel de Chinon, receut monseigneur Arthus de Bretaigne, comte de Richemont, etc. »

 

 ==>Arthur de Richemont, est fait connétable de France par Charles VII à Chinon, le 7 mars 1424.

 

 


 

 

Histoire du Poitou: LE POITOU PENDANT LA GUERRE DE CENT ANS (1340-1453).

(Chevalier Anglais au Château du Rivau) Entre 1340 et 1453, l'histoire de l'ancien domaine des Guilhem, devenu province de l'Etat français, présente de nouveaux aspects. Après avoir connu une prospérité sans égale au cœur du Moyen Age, il éprouve, au cours de la guerre de Cent Ans, les déchirements et les misères qui résultèrent de la crise terrible où faillit disparaître la nationalité française.