Le roi Charles IX, Catherine de Médicis, sa mère, le duc d'Anjou, son frère, et toute la cour passèrent à Bressuire le 3 janvier 1570, revenant du siège de Saint-Jean-d'Angély par Coulonges et la Châtaigneraye

Le roi Charles IX, Catherine de Médicis, sa mère, le duc d'Anjou, son frère, et toute la cour passèrent à Bressuire le 3 janvier 1570, revenant du siège de Saint-Jean-d'Angély par Coulonges et la Châtaigneraye (1).

L'accueil qu'ils y rencontrèrent ne fut peut-être pas très-sympathique, car un très-grand nombre d'habitants s'étaient malheureusement laissé séduire par la doctrine de Calvin. Le temple des prétendus réformés fut construit au coin de la rue Juilleau et de celle qui a porté depuis le nom du Temple il ne disparut qu'après la révocation de l'édit de Nantes.

Cependant le seigneur de Bressuire, Jean de Laval (2), ne favorisait point ce mouvement anti-catholique parmi ses vassaux, il demeura au contraire attaché à l'autorité royale, et combattit les protestants au siège de la Rochelle, en 1573 (3).

Mais le plus ferme et le plus actif soutien du parti huguenot dans le pays était le seigneur de Vaudoré.

Favori du roi de Navarre, au service duquel il se distingua à la bataille de Coutras (1587), il désirait vivement faire tomber Bressuire au pouvoir de ses coreligionnaires.

 

 

Voici comment il y réussit.

Le roi de Navarre ayant envahi le Bas-Poitou en 1588 pour s'emparer de différentes places fortes, les huguenots de la province, commandés par le duc de la Trémouille, s'approchèrent de Bressuire avec l'intention de s'en rendre maîtres.

Les habitants, dévoués en partie au protestantisme, ne se montraient point hostiles à leur projet; cependant ils redoutaient un peu les excès habituels des gens de guerre. Après quelques pourparlers, le seigneur de Vaudoré fit cesser leur hésitation, en leur faisant entendre que le duc de la Trémouille occuperait la ville avec cinquante ou soixante gentilshommes de sa maison seulement mais les chefs protestants, une fois maitres de la place, y firent entrer une forte garnison, le dimanche 11 septembre 1588.

 Toutefois ils ne tenaient point encore le château, que le capitaine avait essayé de mettre en état de défense au moyen d'un système de gabionnage composé de barriques pleines de terre, placées sur les tours. Mais, comme une résistance sérieuse n'était pas possible, faute d'hommes et de munitions, le château, parait-il, fut obligé de se rendre, sans combattre, peu de temps après (4).

 

Bientôt le roi de Navarre s'étant vu contraint de reculer devant l'armée royale commandée par le duc de Nevers, qui reprit les places du bas Poitou, Bressuire partagea sans doute le même sort. Depuis ce temps jusqu’au rétablissement complet de la paix, il y eut au château une garnison royale permanente.

 Le 1er avril 1595, M. de Malicorne, gouverneur de Poitou, étant à Parthenay, écrivait au sénéchal de Bressuire de lever sur tous les habitants de la ville et de la châtellenie, sans distinction, le bois et la chandelle nécessaires pour le chauffage et l'éclairage des soldats (5). En 1658, un crime horrible ensanglanta les rues de Bressuire et jeta la frayeur et l'indignation parmi les habitants.

 Dans la nuit du 18 au 19 juillet, Louis le Petit, seigneur de la Vergnaye, et Louis-Jacques-Alexandre le Petit, chevalier de Chausseraye, frères du seigneur de Chausseraye, accompagnés de trois domestiques assassinèrent Philippe de Montaigu, chevalier, seigneur de Bois-David, et blessèrent grièvement François Rondin, écuyer, seigneur du Petit Appelvoisin, commissaire de l'artillerie, son compagnon.

Ce forfait, dont on ne connaît pas le motif, fut commis devant le couvent des religieuses franciscaines, avec une fureur et une atrocité inouïes. Les meurtriers, non contents d'avoir tué leur victime à coups d'épée et de pistolet, l'insultèrent et la frappèrent sous les yeux mêmes des religieuses effrayées, parmi lesquelles !e seigneur de Bois-David avait des parentes, et auxquelles ils ne craignirent pas de montrer leurs armes sanglantes. Son corps fut trouvé criblé de soixante-quatre blessures.

La veuve de la victime. Françoise Soriau, leur fils Philippe et François Rondin, qui n'avait pas succombé, demandèrent vengeance à la justice. Ils s'adressèrent surtout au duc de Thouars, Henri de la Trémouille, dans la juridiction duquel le crime avait été perpétré.

 Celui-ci en fut vivement ému son fils, le prince de Tarente, ami du malheureux Bois-David, monta immédiatement à cheval, et se mit à la poursuite des coupables avec les prévôts des maréchaux et ce qu'il put rassembler d'hommes. Ils écrivirent aussi, pour hâter le jugement, deux longues lettres qui respirent l'indignation la plus légitime au maréchal d'Estrées et à M. de Brienne (6).

Cependant, dès le 20 juillet, un décret de prise de corps avait été lancé contre MM. de Chausseraye. Le même jour et le lendemain, des perquisitions furent opérées, mais sans amener aucun résultat, au château de Bressuire, au Daillon et à la Crillouère.

Enfin, après les informations faites à la requête du procureur du roi, le prévôt provincial du duché de Thouars et bas Poitou, Pierre Drouineau, écuyer, seigneur de Brie, par jugement prévôtal et en dernier ressort, par l’avis de MM. les juges et officiers du siège présidial de Poitiers, pour ce assemblés en la chambre du conseil au nombre de l’ordonnance, rendit, le 11 décembre 1658, la sentence suivante : « Les meurtriers, déchus du titre de noblesse, feront amende honorable, tête et pieds nus, la corde au cou, une torche ardente à la main, devant la grande porte de Notre-Dame de Bressuire; puis ils seront rompus vifs sur une croix de Saint-André dressée sur la place publique de la ville, et leurs corps portés aux fourches patibulaires si l'on ne parvient pas à s'emparer de leurs personnes, l'exécution aura lieu par effigie à Poitiers, Bressuire et Thouars; ils paieront trois mille livres pour la construction d'une chapelle sur le lieu le plus rapproché du crime, vingt-cinq mille livres de réparation à la veuve du sieur de Bois-David, partie civile, et six mille livres au sieur François Rondin (7). »

 Ce jugement n'était pas trop sévère, assurément, pour satisfaire l'opinion publique indignée. Mais les condamnés furent-ils pris et exécutés? C'est ce que l'on ignore absolument.

 

 

8 avril 1587 Lettre de Catherine de Médicis à la duchesse de la Trémoille.

 La lettre adressée à la duchesse douairière (8) de Thouars, par Catherine de Médicis, prouve que la reine de France ne cessait de s'intéresser à ses parents les Strozzi.

 La baronnie de Bressuire, de la mouvance de Thouars, était devenue la propriété d'Alphonsine Strozzi, femme de Scipion de Fiesque (9), héritière de Philippe de Strozzi.

 Après la mort de sa mère, le jeune François de Fiesque entra en possession de cette terre dont les créanciers de Philippe Strozzi pouvaient provoquer la vente, en raison des hypothèques qui la grévaient.

C'est en prévision de cette aliénation que Catherine de Médicis sollicite l'abandon des droits de quint et de requint que Claude de la Trémoïlle, duc de Thouars, alors sous la tutelle de sa mère, aurait pu exiger du baron de Bressuire.

 Ces droits, dus au seigneur féodal, à chaque mutation d'un fief dépendant de ses domaines, représentaient une somme assez importante. Le quint était la cinquième partie du prix de vente, et le requint le cinquième denier du quint.

La duchesse de la Trémoïlle ancienne dame d'honneur de la reine Catherine de Médicis, s'empressa d'accorder la faveur qu'on lui demandait.

Dans sa réponse, elle déclare gracieusement qu'elle est bien marrie que la chose ne soit pas plus importante. Le droit de lods et ventes, dont elle parle dans sa lettre, n'était pas tout-à-fait semblable au droit de quint. D'après la coutume du Poitou, il était d'un sixième du prix de vente.

 

A MA COUSINS MADAME DE LA TRIMOULLE.

Ma cousine, les merittes de feue ma cousine la contesse de Fiesque et les bons et agréables services qu'elle m'a renduz m'occasionnent d'avoir son filz et tout ce qui luy touche pour recommande. Estant pour ceste occasion délibérée, luy continuant la mesme affection et bonne volunté que j'avais envers la deffuncte, de luy aider a la conservation de ce qui luy appartient; mesmes la jouissance asseurée de la terre et baronnie de Bressuire, et d'autant que pour cest effect j'ay pensé que le meilleur seroit de faire decreter ladicte terre, pour la purger de toutes ypotecques, encores que les creanciers de feu mon cousin le sieur Strosse soient tantost tous paiez, et que par ce moien il vous seroit deuble quinct et requinet du pris de l'adjudication et vente de. la dicte terre, laquelle n'est necessaire faire vendre sinon pour purger lesdictes ypotecques, je me suis advisée de vous escrire la presente pour vous prier, comme je fais bien affectueusement, ma cousine, voulloir gratiffier, pour l'amour de moy, le filz de feue ma dicte cousine dudit quinct et requinet, affin qu'il se puisse, par le moien dudit decrect, vendiquer une plus assurée jouissance de ladite terre et coupper chemin qu'a l'advenir il n'y puisse estre travaillé ny troublé par le moien d'aucuns creanciers de feu mondit cousin, qui pourroient cy après se presenter lorsqu'on penseroit n'y en avoir plus. Aussy bien n'estant autrement besoing de faire ledit decret, c'est chose qui ne vous adviendroit que lesdits quincts et requinets, mais ce faisant, vous donnerez moien, sans vous prejudieier, que le filz de feue ma dicte cousine la contesse possedera ladicte terre plus seurement, dont il vous aura perpetuelle obligation, et moy en particulier je m'en souviendray toujours pour le recongnoistre en ce que vous pourrez desirer de moy. ailleurs de la mesme affection que je prie Dieu, ma cousine, vous avoir en sa saincte et digne garde.

Escript à Paris, le VIIIe jour d'avril 1587.

Vostre bonne cousine,

CATERINE.

 

(REPONSE) A LA ROYNE MÈRE DU ROY.

Madame, j'ay receu celles dont il a pieu à Vostre Majesté m'honorer et veu la délibération qu'avés. en faveur du filz de feue Madame la contesse de Fiesco-de faire que la baronnye de Bréssuyre luy demeure par decret, pour tollir tous hypothèques et mieux s'asseurer pour l'advenir de la propriété d'icelle quoy advenant y auroit lieu de quint et requint, autrement de lodz et ventes, selon la coùstûme du pays, dont me commandez le gratiner, ce que volontiers, madame, je feray a luy et pour luy, estant bien marrie que la chose n'ait de plus, pour tesmoigner davantage à Vostre Majesté le tres humble et obeissant service que j'ay voué et suy délibérée luy rendre toute ma vie à Vostre Majesté; laquelle je prie Dieu, Madame, vouloir conserver en telle prospérité que desirés, luy baisant tres humblement les mains.

Escript à Thouars, le 16e apvril 1587.

chartrier de Thouars.

 

 

 

Note sur la découverte d'une ville galloromaine près Faye-l'Abbesse et lettre de Mgr l'évêque d'Angoulême à ce sujet

Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest

 

 

 

 

1582 Lettre de Sauvegarde de Philippe Strozzi, seigneur de Bressuire à la duchesse de Thouars Jeanne de Montmorency <==

Histoire et Notice du Château de Bressuire en Poitou (Time Travel)<==

Charles IX reçu par d'Estissac au château de Coulonges les Royaux sur l’Autize - (Siège de Fontenay le Comte 1570)<==

 

 

 


(1). Journal historique de Denis Généroux: notaire à Parthenay, 1567-1576, p. 67.

Le vendredy XXIII du dit mois, le Roy, la Reine mère (a), Monseigneur (b), Madame (c) et plusieurs princes venant du camp de St-Jehan, arrivèrent à Coulonges les Royaux (d), où ils furent jusques au II janvier ensuivant (e), que Sa Majesté s'en alla coucher à la Chasteigneraie et le lendemain à Bressuire.

......

Le lundy XXVI du dit mois, lendemain de Noël, fut enterrée à St-Laurent …… Jarno (f), femme de Math. Jouslard (g), s' de la Sallière. Elle mourut de la vérolle que son mari lui donna.

Le samedy dernier jour du dit mois et an, passa à Partenay-le-Vieux et au Marchioux quatre cornettes de Reitres du régiment du feu marquis de Baden (h), qui fut blessé à la bataille de Montcontour et depuis mourut à Tours, et XIIII enseignes de Bourguignons, dits Wallons, tous soudoyés du roy catholique (i), pour le service du Roy (j), et logea la cornette de Chomberg (k) au Marchioux et firent infinis maux et pillages, et partout ailleurs où les dites compagnies passaient qui lors se retiraient revenant du camp de St-Jehan, et séjournèrent jusques au mardi suivant, III de janvier.

Janvier 1570. Le dimanche de nuit, premier jour de l'an, le sr de la Rivière-Puytaillé, commandant à Marans, se mit en effort de exécuter une entreprise qu'il avait sur La Rochelle par le moyen d'un soldat, caporal ou sergent, nommé Vert-Buisson, lequel en avertit le sr de la Rochefaucault, qui y commandait, et les habitants qui lui apprêtèrent une fricassée; mais il fut aussi avisé et fin qu'eux, par quoi les choses se passèrent sans rien faire de part ni d'autre.

Le mercredy IIII du dit mois arrivèrent et logèrent à Partenay XIIII enseignes de Suisses du régiment de Monsieur d'Aumalle, assez mal complettes, revenant du camp de St-Jehan, et y séjournèrent jusques au jour des Roys suivant.

Le mercredy XI du dit mois passèrent par Secondigny, Vernou, Azay, St-Aubin, Le Tallu et autres paroisses, XV cornettes de Reitres et IIII enseignes de Lansquenets des régiments des comtes de Westembourg, Ringraf et Carz dit Lencrochf, revenant de St-Jehan, et firent dix mille maux où ils logèrent.

Le mercredy XVIII du dit mois, Pierre de la Chapellerie, chevalier de l'ordre du Roy, s de Rouilly, arriva à Partenay pour y commander pour le Roy sous monseigneur le comte du Lude; on lui fut au-devant en armes jusques à Prépouillet.

Le vendredy XX du dit mois fut enterré à Thouars François Nicolas s de Fasche, de Partenay.

(a). Catherine de Médicis.

(b). Le duc d'Anjou, frère du Roi.

(c). Marguerite Valois, sœur du Roi.

(d). Le château et la seigneurie de Coulonges appartenaient alors à la famille d'Estissac, dont un membre, Geoffroy d'Estissac, avait occupé le siége épiscopal de Maillezais de 1518 à 1544.

(e). Le séjour de la cour à Coulonges est aussi mentionné dans la Chronique du Langon.

(f). Catherine Jarno fille de Balthazar Jarno, bailli de Gâtine, dont nous parlerons plus loin.

(g). Le Dictionnaire des familles de l'ancien Poitou le nomme Mathurin de Jouslard (t. II, p. 252).

(h). Philbert, marquis de Bade.

(i). Philippe II, roi d'Espagne.

(j). Le roi de France.

(k). Gaspard de Schomberg, originaire de Misnie en Allemagne et père de Henri de Schomberg, maréchal de France sous Louis XIII.

(2). Jean de Laval, marquis de Nesle, comte de Joigny et de Maillé, vicomte de Brosse, baron de Bressuire, de la Roche-Chabot, de la Mothe-Saint-Héraye et de l’Isle-sous-Montréal seigneur de Loué, né le 24 avril 1542, marquis de Nesle et comte de Joigny après la mort de Charles de Sainte-Maure, son cousin germain.

Le roi Charles IX l'honora du collier de son ordre et le fit gentilhomme de sa chambre, et le roi Henri III lui donna, le 17 avril 1578, la seconde compagnie des cent gentilshommes de sa maison, et érigea en sa faveur la baronnie de Maillé en comté.

Il mourut le 20 septembre de cette même année.

Il avait épousé Renée de Rohan, veuve en premières noces de François de Rohan, seigneur de Gié et du Verger, et en secondes, de René de Laval, seigneur de Loué, frère puîné de son mari.

Guy de Laval, fils aîné du précédent, marquis de Nesle, comte de Joigny et de Maillé, vicomte de Brosse, baron de Bressuire, de la Mothe-Saint-Héraye, seigneur de Chiché et de Loué, châtelain de la Roche-Corbon, de Benais et des Écluses, gentilhomme de la chambre du roi et capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, né le 28 juillet 1565. Il épousa Marguerite Hurault, fille de Philippe Hurault, comte de Chivernay et de Limonne, chancelier de France, et d'Anne de Thou. Il mourut, sans enfants, d'une blessure qu'il reçut à la bataille d'Ivry, en 1590, en combattant pour le roi Henri IV.

(3). Archives de Saint-Loup.

(4). Le Passage heureux de l’armée du roi au Poitou, etc. Paris, 1588. Archives de Saint-Loup.

(5). Archives de Saint-Loup.

(6). Correspondance de Henri de la Trémouille, communiquée par M. Imbert de Thouars.

(7). Ancienne copie du jugement, dans les papiers de la famille Leclerc.

(8). Jeanne de Montmorency, fille puinée du connétable Anne, veuve de Louis III de la Tremoille.

(9). Comte de Calestan et de Lavogue.

 

 

 

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