Melle - Le château de Melzéar

L'étymologie de Mellesiar (Melzéar) est composée de deux mots latins : mellusia et Arx (forteresse de Melle).

Cette forteressse qui défendait Melle consistait dans une tour.

Cette tour se trouve à trois quarts de lieues de Melle.

La tour de Mellesiar est un superbe monument, dans le meilleur état, et un des plus beaux, pour ne pas dire le plus beau de la province, dans ce genre.

 Cette terre (Melzéar) a passé dans les maisons de Saint-Maure, de Jarnac, de Marans, dans celle de Vernon. Elle est venue au comte d'Aubusson de la Feuillade par Mlle de Vernon son aïeule.»

Germain Gaborit nous rappelle la légende de Melzéar.

« Comme le château Salbart, la tour de Melzéar a été construite par la fée Mélusine. La bonne fée des Poitevins y mit toute sa science. La profondeur des fondations en terre égale la hauteur de la tour au-dessus du sol.

« Dans la dernière cave, elle mit un four et fit jaillir une fontaine. Lorsqu'elle eut terminé cette oeuvre parfaite, Mélusine, d'un geste satisfait, lança son marteau au loin. Le marteau tomba sur la ville de Niort où sa chute fit sortir du sol le clocher de Notre-Dame. »

M. le comte de Sabran fait remarquer que, si la tour n'a pas de fontaine, elle est dotée d'un puits et de vastes souterrains.

On avait établi ce puits, pour servir, en cas de siège, aux besoins des soldats qui veillaient à la défense de cette tour.

L'édifice se termine par une galerie circulaire dans laquelle on est à couvert.

Cette galerie ou chemin de ronde que défend un parapet, est soutenue par des consoles espacées, de manière à laisser des jours, par où l'on pouvait lancer du plomb fondu, de l'eau bouillante et des pierres.

Quelquefois aussi les assiégés attachaient au bout d'une chaîne des morceaux de plomb ou de petits blocs de pierre qu'on lançait sur la tête des assaillants, et qu'on retirait aussitôt pour les laisser retomber de tout leur poids.

 

Armes des Frottier d'après une sculpture de la tour de Melzéar

 

Construit sous le règne de Charles VII, par Frottier, après la mort de Jean, duc de Bourgogne, qui fut tué au mois de novembre 1419 par Jean Guy du Châtel, avec le secours de Pierre Frottier, qui lui tint sa houppelande, sur le pont de Montereau, dans la conférence qui y fut tenue avec Charles VII, alors dauphin de France :

 « Craignant les poursuites des Bourguignons, ledit Frottier fit bâtir, avec la permission du roi, une tour au principal manoir de Mellesiar, pour servir de forteresse à la ville, d'où elle porte le nom qu'elle ».

 

Juin 1452 Lettres octroyant à Pierre Frotier, écuyer, et à Prégent, son fils, le droit de haute, moyenne et basse justice en leur seigneurie de Melzéar, mouvant de Melle, en échange de l'abandon et de la cession qu'ils ont faits au roi de l'hommage et autres droits féodaux qu'ils possédaient, à cause de la baronnie de Preuilly, sur la vicomté de la Guerche en Touraine.

(JJ. 181, n° 119, fol. 66.)

Charles, par la grace de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous, presens et avenir, que comme nostre amé et feal conseiller Pierre Frotier, escuier, seigneur de Prully et de Mellezar, tant en son propre et privé nom, que comme ayant le bail, garde, gouvernement et administracion de Prigent Frotier, son filz, et de feue Marguerite de Pruilly, damoiselle, jadis sa femme et icellui Prigent avec l'auctorité de son dit père, nous aient cédé, transporté, quicté, delaissé et remis à perpetuité, pour eulx et chacun d'eulx, et pour leurs hoirs et successeurs et qui d'eulx et de chacun d'eulx auront cause, tout le droit de hommage et serment de feaulté, ressort, justice et juridicion, feage et droiz de fief avec tous les honneurs, services, legences et autres droiz, devoirs et reddevances quelzconques que lesdiz Pierre Frotier, et Prigent, son filz, et chacun d'eulx avoient et avoir povoient et devoient, et qui à eulx et chacun d'eulx povoient et pourroient pour le temps avenir competter et appartenir à cause de la seigneurie de Preuilly, et autrement en et sur les viconté, terre, seigneurie, ville, chastel et chastellenie de la Guierche en Touraine (2),  paravant tenue à foy et hommage de la dicte seigneurie de Prully, sans riens reserver ne retenir à eulx [ne à] aucun d'eulx ou de leurs hoirs, ne à ladicte seigneurie de Prully, eri quelque manière que ce soit, et s'en soient desvestuz et dessaisiz en noz mains, et nous en ayent vestu et saisi, et voulu et consenti expressement que ledit hommage et autres d.roiz et reddevances quelzconques, qu'ilz avoient sur la dicte viconté de la Guiarche feussent et soient perpetuelement uniz et consolidez à nostre dommaine et directe seigneurie de la duchié de Touraine, tant pour consideracion de plusieurs hiensfaiz et avantaiges que avons fait au dit Pierre Frotier et autres predecesseurs dudit Prigent, et que esperons encores leur faire, et mesmement audit Prigent, pour le temps avenir, que aussi parmi ce et amn que voulsissions donner et octroyer ausdiz Pierre Frotier et Prigent, et aux leurs, droit, puissance et auctorité de avoir, tenir et exercer perpetuelement haulte justice et juridicion, moyenne et basse, avecques l'exercice d'icelle et tout ce qui en deppend en la terre, fief et seigneurie de Melleziar, appartenans audit Pierre Frotter, tenuz à foy et hommage de nostre très chier et très amé frère et cousin le conte du Maine (3), à cause de sa seigneurie de Melle, en laquelle ladicte terre et seigneurie de Melleziar est assise, et parmy ce aussi que leur en feissons avoir consentement exprès et lettre bonne et valable de nostre dit frère et cousin; lesquelles choses nous leur ayons octroyé et accordé, ainsi que plus à plain est contenu ès lettres dudit transport.

Pour ce est il que nous, ayans agreable lesdiz cession, transport et delaiz desdiz foy, hommage, serment de feaulté, droiz de fiefz et autres devoirs et autres reddevances sur ladicte viconté de la Guiarche, à nous faiz par lesdiz Pierre Frotier et Prigent, son filz, et chacun d'eulx, par la manière que dit est, et tous les poins et articles contenuz ès lettres dudit transport, icelles lettres de transport nous avons auctorisé, confermé et approuvé, auctorisons, confermons et approuvons par ces presentes.

Et avons voulu et ordonné, voulons et ordonnons que lesdiz foy et hommage, serement de feaulté de ladicte viconté de la Guiarche et autres devoirs et reddevances quelzconques que lesdiz Pierre Frotier et Prigent, son filz, avoient sur icelle, soient perpetuelment annexez, uniz et consolidez à nostre dommaine et directe seigneurie de Touraine, et lesquelz nous y avons uniz et annexez, unissons et annexons par ces presentes.

Et en oultre, en accomplissant de nostre part les choses appointées et accordées ès lettres dudit transport, nous, pour et en recompense desdiz foy et hommage et autres droiz et devoirs à nous transportez, comme dit est, avons donné et octroyé, donnons et octroyons, par la teneur de ces presentes, ausdiz Pierre Frotier et Prigent, son filz, et à leurs hoirs, successeurs et ayans cause, plaine puissance, droit et auctorité de avoir, tenir et exercer perpetuelement en ladicte terre de Melleziar justice et juridicion, haulte, moyenne et basse, exercice d'icelle et. tout ce qui en deppend, avecques tous les droiz, noblesses, proffiz, prerogatives et preeminences, qui à justice, haulte, moyenne et basse appartiennent et puent appartenir, selon la coustume du païs, pour icelle juridicion avoir et tenir hommageement de nostre dit frère et cousin le conte du Maine, à cause de sa dicte seigneurie de Melle, et tout en ressort t et juridicion d'icelle, et en joïr et user doresenavant perpetuelement par ledit seigneur de Prully et ledit Prigent, son filz, et leurs hoirs, successeurs, qui tendront et possideront ledit fief, terre et seigneurie de Melleziar, soubz les foy, hommage, serement de feaulté et autres droiz et devoirs que ledit Pierre Frotier est tenu et a acoustumé de faire au seigneur de Melle, pour raison d'iceulx fief, terre et seigneurie de Melleziar, reservé à nous le droit de souveraineté, et à nostre dit frère et cousin et à ses successeurs, à cause de sa dicte seigneurie de Melle, ledit hommage et serement de feaulté, avecques le ressort des appellacions et autre tel devoir que seigneur feodal puet et doit avoir sur ses vassaulx qui tiennent haulte, moyenne et basse juridicion soubz lui.

 Si donnons en mandement à noz amez et feaulx les gens de noz comptes et tresoriers à Paris, au seneschal de Poictou et à noz procureur, receveur et autres nos officiers et justiciers en nostre conté de Poictou, et à tous noz autres justiciers et omciers, ou à leurs lieuxtenans, presens et avenir, que de nostre presente concession et octroy ilz facent, seuffrent et laissent joïr et user ledit Pierre Frotier et Prigent, son filz, plainement et paisiblement, sans avoir empeschement ou contredit.

 Et afin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, nous avons fait mettre nostre seel à ces présentes. Sauf en autres choses nostre droit et l'autruy en toutes.

 Donné à Chicé en Touraine, ou mois de juing l'an de grace mil CCCC. cinquante deux, et de nostre règne le XXXe.

 Ainsi signé Par le roy, le sire de Vauvert (4), maistres Jehan Barbin (5), Estienne Chevalier, Pierre Doriole (6), et autres plusieurs presens. Chaligaut. Visa.

 

 

 

Il y a sur la tour de Melzéard quelques meurtrières à canon, et sur son parement extérieur, on croit reconnaître l'empreinte de boulets.

Le donjon et la tour transformée en chapelle datent du XVe siècle.

Le soubassement de la tour plus petite, à l'est du donjon, a été aménagé en chapelle entre le XVe et le XVIe siècle.

D'autres tours confortaient l'enceinte contre laquelle venaient s'appuyer les bâtiments de communs et d'habitation, l'ensemble formant une cour rectangulaire dont l'ouverture s'effectuait à l'est.

 Le logis rectangulaire doté de tours carrées (antérieur au 16e, réaménagé au 17e et à la veille de la Révolution) avait sa façade antérieure ouverte à l'est. Une aile en retour d'équerre reliait le logis au donjon.

Devant l'entrée principale se trouvait un pigeonnier construit avant la fin du XVIIe siècle.

Entre 1780 et 1832, le corps de logis a été allongé au nord, à la place de la tour démolie et devenue pavillon. Les communs reliant le logis au donjon, ainsi que ceux à l'est de la cour ont été démolis.

Les communs qui fermaient le côté nord de la cour ont été prolongés vers l'est et une nouvelle orangerie et une grange ont été construites dans le jardin. La dernière campagne de travaux a complètement remodelé le domaine, en 1885.

 Le logis et une partie des dépendances sont démolis. L'architecte Ojam reconstruit un nouveau logis, accompagné de dépendances et d'un parc.

 En février 1993, le château 19e est ravagé par un incendie et vendu par lots.

 

Abrégé de l'histoire de Melle et histoire de Verrines-sous-Celles  par Pontenier de La Girardière

 

 

Origine de la légende de la fée Mélusine et les Lusignan du Poitou <==

Melle, cité de Metullum, fille de Mélusine <==

 

 


 

(1). On connaît le rôle important joué par Pierre Frotier dans le gouvernement de Charles VII, pendant la régence et les trois premières années du règne.

 Il remplit l'office de sénéchal de Poitou d'avril à juillet 1425, durant la disgrâce de Jean de Torsay; nous avons rencontré son nom à plusieurs reprises dans les deux précédents volumes de ce recueil. (T. XXVI des Arch. hist. du Poitou, introduction, p. XXVII, notice, p. 364, note; t. XXIX, p. 40, note, 145, note, et 271.)

On trouve d'autres renseignements sur ce personnage dans les registres du Parlement procès par lui soutenus : 1° contre le procureur général, Jean Amoureux et Nicolas Machon, lieutenants en la sénéchaussée de Poitou, Jean Arembert et Jean Vasselot, procureur du roi en Poitou, Jean Tranchant, greffier des assises de ladite sénéchaussée, qui le poursuivaient pour excès de pouvoir, 31 juillet 1423 (Arch. nat X'1a 9190, fol. 241 v°); 2° contre le procureur général qui s’opposait à l'entérinement des lettres de don de Gençay qu'il avait obtenues du roi, janvier 1424 (id., fol. 248, 270); 3° contre Pierre de Salvinhac, affaire criminelle, 12 et 28 avril 1431 (Xia 18, fol. 250 vo, 251 v) ; 4° à cause de sa femme, Marguerite de Preuilly, contre Louise de Preuilly, dame de Saint-Georges, veuve de Geoffroy Chasteigner, 7 juin 1432 (X1a 9192, fol. 292) ; 5° contre Petitjean Domery, sergent royal, 7 juillet 1433 (X2a 21, à la date); 6°, avec Raoul de Gaucourt, à cause de leurs femmes, contre Marguerite, dame de Malval, 22 juin et 26 août 1434 (X1a 9194, fol. 72 et 78 v°); 7° contre Raoul de Gaucourt et ses autres beaux-frères, à cause de l'héritage de leur beau-père, 9 et 20 janvier, 3 février 1434 (X2a 21) ; 8° contre Jacques de la Cueille et autres, 15 septembre 1434 (X2a 20, fol. 76 v) ; 9° avec Raoul de Gaucourt, en revendication des biens provenant de Jeanne Turpin, veuve de Guillaume de Naillac (X2a 21, aux dates des 6 et 15 septembre, 15 décembre 1434, 12 janvier, 11, 12 et 19 mars, 1er et 30 avril, 7 septembre et 23 décembre 1435); 10° contre Germain Girardin, au sujet d'une obligation de 60 marcs d'or, 25 mai 1436 (X1a 9193, fol. 142).

Pierre Frotier, seigneur de Melzéar et de Misère en Poitou, avait épousé Marguerite, la deuxième des cinq filles de Gilles, baron de Preuilly, seigneur de la Rochepozay, et de Marguerite de Naillac, par contrat du 6 août 1421 (texte publié par Carré de Busserolle, Dict. hist. géogr. d'Indre-et-Loire, t. V, p. 211).

Ils firent leur testament le 8 février 1445, et Marguerite de Preuilly mourut le 13 août de la même année. Son mari lui survécut environ douze ans.

Le 26 décembre 1443, il fit hommage au roi de la baronnie du Blanc, mouvant de la Tour de Maubergeon. (Arch. nat., P. 554, n° Lxx bis.)

Prégent Frotier, nommé ici, baron de Preuilly après la mort de son père, seigneur d'Azay-le-Féron, du Blanc, etc., avait épousé, vers 1450, Isabeau de Billy, fille et héritière d'Huguet de Billy, seigneur de Thuré et de la Tour-d'Oiré près de Châtellerault, et de Jeanne Rouault. Elle testa avec son mari l'an 1480.

Le 19 novembre 1471, Prégent s'était emparé du château de la Rochepozay, qui appartenait alors à Louise de Preuilly, veuve de Geoffroy Chasteigner, le mit au pillage, puis se retira avec un riche butin, consistant principalement en armes d'un grand prix, en espèces et en vaisselle d'or et d'argent.

 Un arrêt du Grand Conseil le condamna à restituer ces richesses. Tristan l'Hermite, grand prévôt de l'hôtel, chargé de l'exécution de la sentence, vint trouver Prégent à Preuilly et s'entendit avec lui sur les moyens de faire tourner cette affaire à leur profit. Opposition fut faite à l'ordonnance; un nouvel arrêt confirma le premier et fut encore attaqué, si bien que Louise de Preuilly, fatiguée de cette interminable procédure, fut amenée au but que se proposaient les deux complices, à un accommodement. Cet accord fut assez favorable à Frotier pour que l'envoyé du roi pût être largement payé de ses services. (Carré de Busserolle, op. cit., t. V, p. 220.)

Prégent Frotier était appelant de l'évêque de Poitiers contre Jean de Champrupin, abbé de Saint-Cyprien de Poitiers, prieur de Luray, le 19 novembre 1483. (Arch. nat., X'" 4825, fol. 13 v°, 187 v.)

 Il mourut en 1487, laissant trois fils et deux filles, et fut enterré dans l'abbaye de Preuilly.

 Le château actuel d'Azay-le-Féron fut bâti par lui en 1480.

(2). L'acte de renonciation par les Frotier à l'hommage de la vicomté de la Guerche, tenue jusqu'alors de la baronnie de Preuilly, porte la date du 24 mai 1452.

Outre la haute justice de Melzéar, le roi, en échange de cet abandon fait à son profit, leur fit don de 6.000 écus d'or. Prégent confirma et renouvela cette renonciation le 6 octobre 1457. Son père était alors décédé, contrairement à l'affirmation des généalogistes qui fixent la mort de Pierre Frotier à l'année 1459. (Arch. nat., J. 183, n" 152.)

 La Guerche appartenait alors à André de Villequier, qui l'avait achetée, le 19 octobre 1450, de Nicolas Chambes, ou Chambre, gentilhomme originaire d'Ecosse, pour le prix de 1.000 écus d'or.

Le château fut bâti vers cette époque, très probablement aux frais de Charles VII, qui en fit don à sa maitresse, Antoinette de Maignelais, femme d'André de Villequier. (Carré de Busserolle, Dict. hist. d'Indre-et-Loire, t. III, p. 268; de Beaucourt, Hist. de Charles VII, t. V, p. 63.)

(3). Par acte passé à Mehun-sur-Yèvre, le 31 juillet 1452, Charles d'Anjou, comte du Maine, donna, comme seigneur de Melle, son consentement à l'érection de Melzéar en haute justice au profit de Pierre et Prégent Frotier. (Originai scellé, Arch. nat., J. 183, no 151.)

(4). Jean de Lévis, seigneur de Vauvert, fils d'Antoine de Lévis, comte de Villars, conseiller et chambellan de Charles vu, jouissait de la plus grande faveur auprès de ce prince. Il avait épousé, le 25 novembre précédent, au château de la Villedieu-de-Comblé, appartenant à Etienne Gillier, en présence du roi et de la cour, Antoinette, aMas Thomine de Villequier, sœur d'André de Villequier, mari depuis deux ans d'Antoinette de Maignelais, la maîtresse du roi. (Voy. de Beaucourt, Hist. de Charles vu, t. V, p. 68, 76.)

(5). Jean Barbin naquit en 1406. Dès l'an 1432, il jouissait d'une certaine réputation comme avocat au Parlement de Poitiers. Le 28 décembre de cette même année, il épousa Françoise Gillier, fille aînée d'Etienne Gillier, sr des Rosiers et de la Villedieu (ci-dessus, p. 275, note). Vers la même époque, il acquit de Jean de la Leigne et de Rosé de Jaunay sa femme, la terre de Puygarreau avec les seigneuries de l'Ecuré, de Louzil et de Verneuil, et Charles vu l'autorisa, par lettres d'octobre 1434, à fortifier son château de Puygarreau. (L'abbé Lalanne, Hist. de Châtellerault, I, p. 455.)

Par son mariage, il devint aussi seigneur de Pruniers et de la Roche-de-Mérignë, dont Françoise Gillier hérita d'Agnès Bourde, veuve de Nicolas Gillier, son oncle. (Le baron d'Huart, Persac, etc Mém. Des Antiquaires de l’Ouest, 2°série, X,1887, p. 307.)

En 1445, il est qualifié conseiller et avocat du roi pour le criminel au Parlement, c'est-à-dire avocat général lai, et nous voyons ici qu'il siégeait au Grand Conseil. Les Archives de la Vienne possèdent un acte sur parchemin du 3 octobre 1446, par lequel les maire, bourgeois et échevins de Poitiers nomment sire Jean Barbin, avocat du roi au Parlement, leur conseiller à ladite cour et lui attribuent une pension annuelle de 10 livres. (B. 5.)

Au commencement de 1451, Jean Barbin, dit M. de Beaucourt, vint s'installer auprès de Charles VII, qui le retint pendant presque toute l'année, à cause des arrestations qui eurent lieu alors à plusieurs reprises et des poursuites qui furent dirigées contre des particuliers, soit pour avoir tenu des propos injurieux contre le roi, soit sous l'inculpation d'un crime de lèse-majesté. (Hist. de Charles VII, t. V, p. 94.)

Le sr de Puygarreau fut aussi l'un des juges de Jacques Coeur, en 1452. ==> Château de Taillebourg, le financier Jacques Coeur est arrêté sur ordre du roi de France Charles VII. (Time Travel 1451)

 

Il avait suivi de près Jeanne d'Arc à Poitiers et put, au procès de réhabilitation, faire une importante déposition (30 avril 1456) ; il est dit, dans cet acte, legum doctor, advocatus regis in sua Parlamenti curia aetatis L. annorum (J. Quicherat, Procès de Jeanne d'Arc, t. III, p. 82 et s.) Révoqué à l'avènement de Louis XI, ce prince lui accorda des lettres de rémission le 19 décembre 1463 (JJ. 199,n°74); elles seront publiées à leur date.==> Jean Rabateau de Fontenay le Comte, président au Parlement de Poitiers et Paris (Les juges de Jeanne d’Arc à Poitiers)

Jean Barbin mourut en 1469, sans postérité, et fut inhumé au couvent des Cordeliers de Poitiers.

(6). Pierre Doriole, sire de Loiré, né à la Rochelle en 1407, mort le 14 septembre 1485. Trésorier de France et conseiller de Charles VII, il fut chargé, par ce prince et son successeur, d'importantes négociations et remplit les fonctions de chancelier de France de 1472 à 1483.