La croix du Valasse, une relique Plantagenêt de Nicolas Hatot chez Silvana Editoriale

Conservée au musée des Antiquités de Rouen, la croix-reliquaire du Valasse, trésor de l'orfèvrerie du XIIe siècle, abrite une croix plus petite en or provenant d'un objet plus ancien. En lien avec la récente publication dédiée, cette intervention propose d'explorer les origines de ce joyau, ses spécificités techniques et artistiques, sa fonction, sa signification et ses liens avec la dynastie Plantagenêt, qui a pour origine l'union de Mathilde l'Emperesse et Geoffroy Plantagenêt.

Par Nicolas Hatot, conservateur du patrimoine, en charge des collections médiévales et Renaissance du musée des Antiquités de Rouen. Il enseigne l'histoire de l'art du Moyen Âge et de Byzance à l'École du Louvre. Une conférence des Amis du musée de Cluny

 

Donc je tiens tout d'abord à remercier Martin les amis du musée de Cluny pour leur amicale invitation mais aussi notre hôte l'école nationale des chartes je suis avec vous ce soir pour parler d'une croix reliquaire très certainement en lien avec la dynastie des Plantagenêt.

Cet objet d'orfèvrerie médiévale provient de l'abbaye cistercienne du Valasse en Seine-Maritime verte Normandie qui n'est pourtant comme nous le verrons que le point d'aboutissement de cette croix ou plutôt ces croix à l'histoire matériel complexe mais travaux sur ce reliquaire vient d'être publié chez Silvana sous la forme d'une monographie dédié dans le cadre du lancement d'une collection consacrée aux chefs-d'oeuvre des musées de Rouen Métropole.

Je tiens également à remercier les institutions qui m'ont accompagné dans ce projet à savoir le centre de recherche et de restauration des musées de France internationaux centers médiévaux à de New York mais aussi la Samo Cross Foundation ainsi que la British Psychological association donc acquise par le conservateur Achille de ville que vous voyez à l'écran pour le musée des activités de roue en 1843.

La croix du Valasse tient son nom d'une ancienne abbaye cistercienne de Seine Maritime,  ornée de gemmes que nous proposons de dater de la fin du XII ème siècle

 Cette croix est une star au tec puisqu'elle sert d'écrin à une relique supposée de la vraie croix la plus sacrée d'herlies chrétienne, cet objet remploi son avers nous le verrons une croix plus petit en or qui provient d'un objet plus anciens.

La croix est véritablement un objet miraculée puisqu'elle est parvenue jusqu'à nous en dépit de la conquête des territoires normands par le roi de France Philippe Auguste au début du XIIe e siècle. En dépit des affres de la guerre de cent ans et des guerres de religion et les chats pas en outre aux tourmente révolutionnaire à la cupidité et à la faute.

 

C'est sans doute le respect inspiré par sa relique et ses liens avec la dynastie des Plantagenêts qui nous assurait sa conservation, cette maison royale des Plantagenêts est issu comme vous le savez de l'union de Mathilde de l'Emperesse, d'Henri 1er d'Angleterre et de Geoffroy

5, Comte d'Anjou et du Maine.

 

Les membres de cette maison furent roi de Jérusalem 1131 à 1205, roi d'Angleterre 1154 à 1485, mais aussi ducs de Normandie et d'Aquitaine, Comte du Poitou et de Nantes.

 

Geoffroy aurait été surnommé « Plantes Genêts » et en raison de son amour pour la chasse, passion qui le conduisit à convertir certaines de ses terres en landes espaces naturels ou plus les jeunes et il convient en introduction de rappeler brièvement ce que sont les reliques très rapidement véritable par celle du sacré.

 

Les reliques sont depuis le début du moyen-âge vénéré dans un contenant appelé reliquaire un

reliquaire peut adopter une grande diversité de formes pourquoi pas adopté l'aspect d'une image renvoyée à son contenu en adoptant la forme d'un drap d'une tête fin d'un chef d'une sandale d'une croix c'est le cas de la croix du Valasse ou encore laisser voir dans le cas par exemple des monstres ans reliquaire les reliques qui s'y trouvent abrité dans une optique chrétienne les reliques de Jésus de Nazareth et dessins sont capables d'accomplir des miracles en vertu d'un pouvoir venue de dieu.

Les reliques de Jésus Christ étaient les plus recherchées notamment les instruments de sa passion à commencer par la croix en bois dit vraie croix sur laquelle il fut crucifié. A l'image de la croix du Valasse, ces objets complexes, des objets entre art et dévotion laisse rarement indifférent.

C'est pour la croix de Coronado, un objet fictive toutefois comparable sur le plan typologique à la croix du Valasse, qu’Idiana Jones,  archétype de l'universitaire aventuriers dans la culture populaire, nous entraîne à plusieurs reprises dans de palpitantes aventures.

 

A l'inverse, les reliquaires, parfois perçus comme des instruments de manipulation des fidèles catholiques, furent longtemps mise à l'écart des recherches érudite, on pense bien sûr au traité des reliques Jean Calvin qui note en 1543, a propos des reliques de la vraie croix, dans un passage bien connu que si on voulait ramasser tout ce qui s'en est trouvé, il lui en aurait la charge d'un beau grand bateau pourrait même dire d'une armada mais n'oublions pas au- delà de la question de la croyance et de la religion, que les reliques et le reliquaire, et nous verrons que c'est bien le cas pour la croix du Valasse, nous éclaire sur la propension humaine à vénérer et à chérir des éléments de culture matérielle.

 

La présente communication va reprendre l'organisation de l'ouvrage qui vient d'être édité, l'objectif étant sur une heure dédiée, de tenter d'exploiter la polysémie de cette croix reliquaire.

Nous verrons donc en quoi, cette croix reliquaire est un reliquaire de la vraie croix.

Nous aborderons ensuite l'histoire matériel de cette croix, nous nous pencherons sur la dimension, gemmée, la symbolique des pierres des gemmes, de leur provenance avant d'aborder justement les liens existants entre l'abbaye cistercienne du Valasse et la croix puisque en termes de provenances tout ne va pas de soi par rapport à cette croix et nous terminerons par les possibles connexions entre Mathilde de l'Emperesse , les Plantagenêts et la croix du Valasse.

 

Commençons donc par cette croix reliquaire qui est un reliquaire de la vraie croix, l'aspect cruciforme du reliquaire du musée des antiquités et la relique qui l'abritent renvoie à la vraie croix. C'est l'apôtre Paul de Tarse, qui aux premiers siècles de notre ère développe en premier la portée et de sens de la croix. Dans ces lettres, l'apôtre prêche en son nom et précise que c'est par elle que le christ aboli le péché originel.

Au cinquième siècle, dans son « dea de rationner preciosa écrou keith ? », l'archevêque de Constantinople,  jean Chrysostome distingue bien la croix de sa représentation matérielle, représentation matérielle qui peut être un objet de convoitise.

Cette dissociation n'est pas systématique sur le plan théologique puisque Jean Damascène, trois siècles plus tard, dans son défilé Orthodoxa, emprunte à l'évangéliste Matthieu, l'idée selon laquelle le christ se trouve nécessairement là où est présent le signe de la croix.

 

Les théologiens du 12e siècle, citons par exemple Hugues de Saint-Victor ou encore Alain de Lille, considèrent toujours la croix comme un instrument de salut, permettant d'accéder au paradis et donc d'échapper à la mort.

Depuis le quatrième siècle et l'époque constantinienne, cette image de la croix est liée au pouvoir impérial en fonction d'une rhétorique politique devenue traditionnelle et à ce titre reprises par les hommes et les femmes de pouvoir au moyen-âge. L'évêque Eusèbe de Césarée, précise dans un passage célèbre de sa vie de Constantin, que l'empereur aurait été témoin d'une apparition divine, à savoir une croix flamboyante dans le ciel assortie des mots « ἐν τούτῳ νίκα» par ce signe tu vaincras.  

L'empereur Constantin remporta ensuite la victoire du pont Milvius au nord de Rome sur les troupes de son opposant Maxence et obtient ainsi, la maîtrise de l'occident.

 Il demanda par ailleurs à des orfèvres de faire porter sur son étendard le Labarum, le signe de la croix en or et avec des pierres précieuses.

Au 4e siècle, Cyril avec de Jérusalem puis Ambroise, évêque de Milan, nous rapporte les circonstances de la découverte de la vraie croix par la mère de l'empereur Hélène.

Grâce aux « Titulus» c'est à dire l'inscription roi des juifs porté au sommet de la croix, celle-ci reconnu la sainte relique dans la cavité supposée du Golgotha colline ou fut crucifié Jésus de Nazareth.

Ce Titulus prendra parfois sur les croix du moyen-âge, nous en reparlerons tout à l'heure, la forme d'une seconde traverse verticale. Cette découverte fut rapidement suivie de la diffusion des fragments de la relique, notamment via la politique menée par l'évêque Cyril. Au siècle suivant, l'évêque de Noël Paulin précise qu'en raison de son imprégnation avec le sang du christ, le bois de la vraie croix est animée d'une énergie vivante et qu'il ne peut souffrir aucun dommage en dépit bien sûr des fragments qui en sont régulièrement prélevés pour en assurer la diffusion.

 

 Avec la prise de Jérusalem par les troupes de l'empereur Sassanide Khosro II an 612, la vraie croix fut un temps en 1 perce. Une dizaine d'années plus tard, l'empereur byzantin Héraclius la récupérera et la retourna, en partie seulement, au saint sépulcre de Jérusalem, tombeau où le corps du christ comme vous le savez, fut déposé après sa mort par crucifixion et qui devint par la suite un important lieu de pèlerinage.

Au cours du haut moyen-âge, Rome et ses Papes reçurent des évêques de Jérusalem, des patriarches de Constantinople et des empereurs byzantins, de nombreux fragments venus d'orient.

La prise de Jérusalem par les croiser en 1099, intensifia en contexte anglo- normand comme dans le reste du monde occidental, la ferveur pour la sainte relique.

Deux manuscrits, l'un conserver à la Guilde old Library de Londres et l'autre à la British Library de Londres,  nous informe qu'au début du 12e siècle, le roi d'Angleterre Henry premier, envoya une ambassade à Constantinople pour y recueillir de nombreuses reliques et qu'il acquis directement auprès de l'empereur byzantin un fragment de la vraie croix pour l'abbaye anglaise de Reading.

D'après un inventaire des reliques de l'abbaye normande Notre Dame du Bec Hellouin, on va pas mal parlé du Bec Hellouin ce soir, documents connus par une copie du XVIIe siècle conservées à la BNF, sa fille Mathilde de  l'Emperesse offrit à l'établissement religieux huit fragments de la vraie croix, ce qui n'est pas rien, reliques répartis entre une croix

reliquaire et 7 phylactères.

 La princesse avait sans doute acquis ces reliques à Rome avec son premier époux l'empereur germanique henry 5 à l'occasion d'échanges diplomatiques avec la papauté, mais nous reviendrons sur la vie assez tumultueuse de cette princesse itinérante.

 

Les croix gênés en or et aux extrémités pathé était non seulement à dont princier fréquemment offert aux établissements religieux, mais appartiennent aussi à une tradition qui remonte à l'époque constantinienne.

Le libère pentifie calice compilation de notices biographiques papale jusqu'au neuvième siècle, relève pléthore de croix donné par les papes. Aujourd'hui conservé dans le trésor de la basilique Saint Pierre du Vatican et offerte au 6e siècle par l'empereur byzantin Justin 2 et son épouse Sophie, la Crux vaticana, est l'une des plus anciennes croit reliquaire parvenus jusqu'à nous, là malheureusement, je n'ai pu procurer qu'une photo avant restauration.

 

La Normandie bien sûr du 12e siècle, sacrifia également à cet engouement pour les précieuses croix Gemmés mais outre la croix du musée des antiquités, citons trois autres croient connu par la documentation, à savoir celles citées dans l'inventaire du prieuré saint Gabriel, document conservées à la BNF, celle inventoriés dans le trésor de la cathédrale de Rouen, d'après un document conservé à la bibliothèque patrimoniale de Rouen, ou encore, celle offerte par Mathilde au Bec Hellouin.

A l'image de tout autres reliquaires, la croix du Valasse est également un objet utilitaire, permettant aux fidèles d'engager un dialogue spirituel avec la relique, reliques et reliquaire forment une même unité.

Au début du 12e siècle,  tuyaux fried (j'espère que tout le monde est bien accroché dans son siège parce que voilà on peut ne pas aimer ce genre de photos)

au début du 12e siècle qui offrit d' abbey des schoenaerts considère que la beauté du reliquaire permet souvent de compenser le caractère bien souvent repoussant d'une relique, voilà je crois que vous avez compris l'idée, destinée à susciter la vénération de par leur ingénuité les reliquaires sont pourtant dépourvu d'intégrité et d'uniformité matériel puisqu'ils étaient

susceptibles d'être constamment modifiées selon des modalités fréquemment renouvelé Leurs emplois et la transformation des reliquaires permettait souvent de servir le prestige politique et la légitimité spirituel des sanctuaires qui en étaient détenteurs

 

Deux manuscrits, l'un à la British Library, l'autre à la bibliothèque patrimoniale Rouen,  nous décrivent comme « no wa », les crois offerte au 12e siècle à leur cathédrale respectives par Henri de Blois, élèves de winchester et Rotrou de Warwick, évêque de Rouen

Cet adjectif « no wa » nous indique certainement que celle- ci, était issue d'objets plus anciens.

A l'image de la croix du Valasse, unissant une petite croix plus ancienne à une croix plus grande, une croix reliquaire, inscrite à l'inventaire du trésor de la cathédrale de Rouen, donc

rédigé à la fin du 12e siècle, en fait cet inventaire correspond aux manuscrits que j’ai évoqué à l'instant conservé à la bibliothèque de Rouen. ……..