Sainte Catherine de Fierbois, la maison du Dauphin Charles VII et L'aumônerie (Time Travel de la chevauchée de Jeanne d'Arc)

Durant les XVe et XVIe siècles, la Touraine devient une des régions préférées pour la résidence des rois de France et la grande noblesse française, les châteaux médiévaux sont mis au goût du jour ou construit : Amboise, Chambord, Azay-le-Rideau... Pour cette raison, la Touraine a été surnommée le « Jardin de France ».  Charles VII (1422-1461), comme dauphin, puis roi de France, résida dès 1420 principalement au château de Chinon entre 1427 et 1450.

Peu après avoir repris Rouen, Charles VII publie, le 15 février 1450, une ordonnance disant que « les ennemis de Jeanne l'ayant fait mourir contre raison et très cruellement », il veut savoir la vérité sur cette affaire. Mais il faut attendre que Calixte III succède à Nicolas V pour qu'un rescrit papal ordonne enfin, en 1455 et sur la demande de la mère de Jeanne, la révision du procès.

  Le pape a ordonné à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d'étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d'Arc.

Son mémoire est la condition juridique du procès en réhabilitation. Celui-ci aboutit à casser le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » grâce au travail de Jean Bréhal, qui enregistre les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges.

Le jugement, prononcé le 7 juillet 1456, déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille109. Il ordonne également l'« apposition [d'une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte. La plupart des juges du premier procès, dont l'évêque Cauchon, sont morts entre-temps.

Sainte Catherine de Fierbois, la maison du Dauphin Charles VII et L'aumônerie (Time Travel de la chevauchée de Jeanne d'Arc) (1)

A côté de l’église de Sainte Catherine de Fierbois nous trouvons la maison dite du dauphin. Elle porte ce nom parce qu'il est dit que Charles VII y a logé. Elle fut construite en 1478 par le sire d'Estouteville, seigneur de Sainte-Maure.

Elle se distingue par quatre fenêtres à croisillons et par une porte basse en accolade. Les gables ornementés de crochets portent à leur base deux dragons ailés. De chaque côté de la porte sont deux écussons, dont l'un aux armes de France (mi-partie), et le deuxième tellement mutilé qu'il est impossible de le définir.

Elle a été entièrement restaurée en 2007. L'édifice a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 6 mai 1927 ; Le puits : inscription par arrêté du 12 octobre 1928

 

Sainte Catherine de Fierbois, la maison du Dauphin Charles VII et L'aumônerie (Time Travel de la chevauchée de Jeanne d'Arc) (2)

L'ancienne aumônerie du maréchal de Boucicaut où Jeanne d’Arc fut hébergée  du 4 au 6 mars 1429.

Un Tourangeau contemporain de Jeanne d'Arc, le maréchal de Boucicault (mort en 1421), tenait ce lieu en particulière vénération. « Esmu de devocion, » il y avait fait « ediffiér ung hospital et aumosnerie pour héberger les pouvrés ».

Pour recevoir les pèlerins qui affluèrent dès lors à Saint-Catherine, Jean le Meingre, dit Boucicaut, qui en était seigneur voulut y bâtir vers 1400 un hôpital. En 1408, le pape Benoît XIII avait, de plus, autorisé la création d'un cimetière, pour les morts de l'hôpital et les pèlerins, le bourg de Sainte-Maure étant trop éloigné.

Il obtient l'assentiment de Jean de Craon, seigneur de Sainte-Maure en 1415 et dote encore l'aumônerie de 32 arpents de terres situées à Saint-Epain, ainsi qu'on le voit par la charte ainsi conçue:
« À tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jehan de Craon, chevalier, seigneur de Moncontour, Sainte-Maure, Montbazon, etc. savoir faisont que, comme Messire Jehan le Meingre dit Boucicaut, comte de Beaufort et d'Arles, vicomte de Tourrienne et de Valerne, maréchal de France, ému de dévotion a fondé et fait construire et édifier un hôpital et aumônerie pour héberger les pauvres et faire accomplir les oeuvres de miséricorde en l'honneur de Dieu en notre ville de Sainte-Catherine-de-Fierbois, étant en notre barronie et châtellenie ...laquelle chose ne pouvait se faire sans avoir sur ce notre congé et licence.
Savoir faisons que : Pour l'honneur et révérence de Dieu, et considérant la bonne volonté et affection de Messire Jehan le Meingre de Boucicaut … voulons, octroyons et consentons que lesdits héritages et places ci-dessus déclarés soient et demeurent toujours unis perpétuellement … Donné en notre castel de Montbazon sous notre scel et seing manuel, en témoin de la vérité et mémoire perpétuelle, le 10e jour du mois d'août de l'an de grâce 1415 : Jehan de Craon »

 

  Cette aumônerie consistait en un bâtiment situé dans le bourg, composé d'une chapelle dédiée à saint Jacques de Compostelle, de trois chambres (dortoir) dont une pour les pauvres avec "cour, jardin et pré, et trente-deux arpents de terre sur Saint-Épain

De nombreux guerriers avaient, à l’exemple de Charles-Martel, déposé leurs armes dans ce lieu qui était le but de nombreux pèlerinages des soldats français et écossais. L’historien André Lang rapporte tout au long l’histoire d’un soldat écossais, Michel Hamilton, capturé comme pillard, puis pendu par les villageois et délivré par le curé de l’endroit, qui vint couper la corde. M. Baird Smith, de Glasgow, dans son étude le Testament du Gentil Scossais, a reproduit quelques faits confirmatifs.

Jeanne d'Arc partie de Vaucouleurs, onze jours avant, y couchera le soir du 5 mars 1429. C'est ici qu'elle dicta une supplique afin de demander audience au Dauphin :

« J'ai fait 150 lieues, lui disait-elle, pour venir jusqu'à vous et vous prêter assistance; j'ai beaucoup de choses excellentes à vous révéler. Comme preuve de ce que j'avance, je vous reconnaîtrai entre tous. »

Le lendemain de grand matin, elle se rendit à la chapelle dédiée à l'une de ses chères Protectrices, et, pour satisfaire sa dévotion en même temps que pour étancher la soif d'amour de Dieu allumée davantage encore dans son cœur par la privation de la route, elle entendit trois Messes.

On monta en selle pour fournir la dernière retape qui eût été fatale aux voyageurs si Dieu n'avait fait un miracle pour les sauver. Des brigands armagnacs, prévenus de l'approche de la future guerrière, lui dressèrent une embuscade; la voyant s'avancer ainsi que ses compagnons, ils veulent s'élancer pour leur faire un mauvais parti, mais au même instant ils se sentent cloués surplace; impossible de bouger! Et la petite troupe passe tranquille et paisible au milieu d'eux, sans se douter du danger qu'elle a couru.

Le dimanche 6 mars à midi, les voyageurs étaient à Chinon....

 

La mairie occupe presque entièrement l'ancienne aumônerie, monument historique, fondée par le maréchal Boucicaut, dont la façade a été restaurée dernièrement.

L'ancienne chapelle dédiée à saint Jacques de Compostelle, servit ensuite de presbytère, et est occupée actuellement par la bibliothèque municipale. On y voit encore une petite statue de sainte Catherine dans le contre-fort qui borde la route.

 

La chapelle Sainte Catherine de Fierbois (Eglise) <==