Pictavia Vulgo Poitiers 1596

La ville de Poitiers doit à Henri II et à Aliénor la construction de sa grande enceinte de fortification, sans qu'on puisse préciser la date à laquelle elle fut entreprise. D'ailleurs le travail dut être long, car la nouvelle muraille embrassait le promontoire entier sur lequel est bâtie la ville. Elle côtoyait au levant et au nord le Clain, en se reliant au château, au couchant les étangs de Montierneuf et de Saint-Hilaire. Du côté du midi, elle était appuyée par un large fossé ou tranchée; où s'ouvrait la porte nommée pour ce motif Porte-de-la-Tranchée.

Les autres portes étaient celles de Tison de Saint-Cyprien, où il y avait un pont Joubert, où il y avait aussi un pont, le plus ancien qui existait avant le XIIe siècle et portait les noms d’Angilbert, Saint-Enjoubert, Enjoubert, à Joubert et Joubert.

Venaient ensuite les portes et ponts de Rochereuil, dit primitivement Pont-Neuf, au XIe siècle de Saint-Ladre ou Lazare, plus tard Porte-de-Paris; enfin de pont Achard.

 La nouvelle enceinte était loin d'être inutile, car depuis plus d'un siècle, la ville, trop resserrée par la vieille muraille romaine, débordait de toutes parts en dehors. Le bourg de Saint-Hilaire, celui de Saint-Nicolas et le quartier voisin du Marché-Vieux, le quartier de Saint-Porchaire, la rue de l'Aguillerie, aujourd'hui de la Mairie et de la Porte-le-Comte, l'église Saint-Didier, le Marché-Neuf, aujourd'hui place du Pilori, le bourg de Montierneuf, celui de Sainte-Radégonde et enfin l'église Saint-Grégoire étaient sans défense.

II était donc urgent de réunir tous ces groupes d'habitations dans une enceinte commune. Il est probable que les habitants contribuèrent pour une large part à son édification, car plus tard, après la constitution de la commune, l'entretien des murs fut toujours à leur charge et obèra bien souvent leurs finances. Plusieurs fragments remarquables de ces murs flanqués de jolies tours rondes, mais reconstruits à la fin du XIVe siècle, subsistent encore près de la Porte-de-la-Tranchée.

Bâtie sur une espèce de promontoire, en forme d'amande, et dont la ligne de faite atteint environ quarante mètres d'altitude ; entourée de toutes parts, excepté au midi, par des vallées profondes, et par deux rivières, le Clain à l'est, la Boivre à l'ouest, qui se rejoignent au nord, en angle aigu ; rattachée à la plaine, du côté du sud, par une étroite langue de terre, la vieille Cité Pictonne était déjà fortifiée par la nature elle-même.

Au temps des Gaulois, c'était un oppidum, que défendait, contre les incursions des hordes rivales, un simple amas de terre et de pieux enfoncés dans le sol.

Poitiers fortifications moyen age Château triangulaire - Abbaye Saint-Jean-l'Evangéliste de Montierneuf

(Le château triangulaire de Poitiers - Abbaye Saint-Jean-l'Evangéliste de Montierneuf)

Mais, à cette muraille relativement fragile, succéda, dans la cité gallo-romaine, une muraille de pierre et de ciment, plus propre à résister aux attaques de l'ennemi.

Fidèles à leur système habituel de défense et de prise de possession, las vainqueurs clôturèrent l'oppidum gaulois d'une solide enceinte polygonale, qui en fit un des boulevards de la puissance romaine et un des municipes les mieux en sûreté de toute la Gaule Aquitanique.

Toutefois, vers le déclin du troisième siècle, les terribles invasions des hordes barbares passèrent sur Poitiers, comme un torrent dévastateur, et en firent presque un monceau de ruines. De là vient qu'il n'est guère possible de pratiquer des fouilles dans le sous-sol, sans y trouver, gisant sous une couche de cendres, des débris romains de toute sorte qui rappellent les incendies allumés par les farouches conquérants.

Après le passage des barbares, les habitants de Poitiers, remis de leur épouvante, songèrent alors à se mettre à l'abri d'un nouveau désastre, et entourèrent la cité d'une épaisse muraille dans laquelle ils firent entrer les matériaux des riches monuments qui avaient été détruits.

Cette enceinte, où se rencontrent assez souvent des vestiges de colonnes, de chapiteaux, de pierres sculptées, est encore visible sur plusieurs points, notamment dans le jardin du Palais-de-Justice, dans les caves du couvent des Hospitalières, et dans celles de quelques maisons des rues de la Regratterie, des Flageolles, du Pigeon-Blanc, et des Carolus (I).

C'est de cette même enceinte que proviennent plusieurs cippes, ornés d'inscriptions, et conservés aujourd'hui dans la galerie lapidaire des Antiquaires de l'Ouest : par exemple, le grand cippe en l'honneur de l'aruspice Fabius Sabinus, trouvé en 1840 dans le jardin des Filles-de-la-Croix, rue des Gaillards ; le grand cippe à la mémoire de Julia Maximilla, trouvé, en 1871, rue du Pigeon-Blanc ; et un autre cippe, représentant un homme drapé dans une niche entre deux pilastres, et découvert en 1868, rue du Lycée, lors des nouvelles constructions du collège universitaire (2).

L'enceinte fortifiée dont il s'agit avait jusqu'à 6 mètres d'épaisseur et 2600 mètres de circonférence. Aussi Ammien Marcellin, auteur latin du IVe siècle, donne-t-il à Poitiers le quatrième rang parmi les grandes cités de la province d'Aquitaine.

 

(1) A. de la Bouralière : Guide archéol.

(2) B. Ledain : Epigraphie Rom. du Poitou.

La ceinture murale de la cité romano-pictonne ne s'ouvrait çà et là que pour livrer passage aux grandes voies de communication qui mettaient la métropole du Poitou en rapport direct avec les municipes les plus populeux de la région environnante.

De Poitiers à Bourges, à Tours, à Nantes, à Saintes, à Périgueux, à Limoges, ces routes nombreuses rayonnaient de tous côtés, et formaient autour de la ville un immense réseau dont les lignes s'étendaient au loin sur les provinces limitrophes.

Dans toute leur longueur, elles étaient pavées de larges dalles ou de pierres brutes. On en voit un tronçon, aisément reconnaissable, à gauche de la voie ferrée, en arrivant à la station de Mignaloux-Nouaillé.

 

Pictavis - Poitiers capital des Pictons fortifications moyen age Aliénor d'Aquitaine

Dans l'enceinte de la ville et hors de l'enceinte, on vit s'élever des temples, des palais, des thermes, des arènes, des aqueducs, des villas, des autels commémoratifs, des cippes funèbres, en un mot, toutes les oeuvres merveilleuses qui caractérisent la grandeur et la magnificence de la civilisation romaine.

Quand on évoque par la pensée tous ces édifices multiples et divers, quand on les revoit en imagination, sous les feux éblouissants d'une aurore ensoleillée, c'est alors qu'on arrive à concevoir ce que devait être la splendeur d'une cité gallo-romaine.

Fortification de Pictavia, Poitiers capitale des Pictons

A Porte St Lazare

B Porte du pont du Bourg de Rochereuil

C Porte du pont Anjoubert

D Porte du pont St Cyprien

E Porte du Pont Tison

F Porte de la Tranchée

G Chaussée de défenses de l’étang

L Château Triangulaire de Poitiers

1 Cathédrale Saint Pierre de Poitiers

2 Eglise Saint Hilaire le Grand

3 Eglise Notre-Dame de la Grande

4 Eglise Sainte Radegonde

5 Les Augustins

6 Saint Germain

7 Abbaye Saint Jean de Montierneuf

8 Saint Cybard

9 Saint Hilaire de la Celle

10 Saint Grégoire

11 L'ancien prieuré Saint-Nicolas à Poitiers

13 Place du Pilori

15 Amphithéâtre ==> Jeux du cirque et les arènes de Poitiers pour remonter l'histoire

17 Le Palais ==> Le palais des Comtes de Poitou-ducs, l’une des architectures emblématique du Moyen Âge de Poitiers

19 Frères prêcheurs (XIIIe s)

20 Frères Mineurs (XIIIe s)

27 Aqueducs

28 Saint Porchaire

MC moulin de Chasseigne ==> La navigation du Clain - le moulin de Chasseigne à Poitiers appartenant à l’abbaye de Nouaillé

 Parc Blossac ==> Notice Historique sur Paul Esprit Marie de la Bourdonnaye Comte de BLOSSAC et Recherche sur la Promenade qui porte son nom

Les travaux de démolition des monuments et de construction de l’enceinte commencent dès la fin du IIIe siècle. Ils se poursuivent durant plusieurs décennies et sont probablement achevés avant 340/350.

Avec un périmètre de 2,6 km, l'enceinte du Bas-Empire protégeait une superficie de 42 hectares, ce qui en fait la plus grande d'Aquitaine. Ses fondations, qui mesurent 6 m de large pour plus de 2 m de profondeur, sont essentiellement constituées de blocs prélevés sur les monuments de la ville (les temples, les thermes publics, le forum et même les stèles funéraires des cimetières).

https://www.inrap.fr

Antique map of Poitiers by Braun & Hogenberg

Poitiers_ses_monuments_son_histoire_Pictave_Jehan

Histoire_sommaire_de_la_ville_poitiersLedain_Bélisaire

 

Quand Poitiers s’appelait Limonum capitale des peuples Pictavi et Tiffauges, Theiphalia <==.... ....==> Notice Historique sur le Château Triangulaire de Poitiers – Jean de France, duc de Berry et comte de Poitou

Abbaye Saint-Jean de <b>Montierneuf</b> de Poitiers fondée au 11e siècle par Guy-Geoffroy-Guillaume comte de Poitou et duc d’Aquitaine

Abbaye Saint-Jean de Montierneuf de Poitiers fondée au 11e siècle par Guy-Geoffroy-Guillaume comte de Poitou et duc d’Aquitaine

 

 

 


 

 

Gaule - Cartes Voies Romaines

A mesure que le commerce et l'industrie prenaient du développement, l'insuffisance des voies de communication par eau se manifestait de plus en plus. Il ne suffisait plus de remonter ou de descendre les fleuves ou les rivières et d'aborder ainsi aux villes en faisant souvent de longs détours.....

La fondation de l'ancien prieuré Saint-NicolasSaint-Nicolas de Poitiers est l'oeuvre de la comtesse Agnès, veuve du duc Guillaume V le Grand, vers 1050-1052.(sur le Plan 11)

Avant 1052 CARTA GAUFREDI COMITIS ANDEGAVENSIS DE TERRA AGRICIACI



 Justum est et christiams principibus maxime convenit quatenus res sancte ecclesie, unde ejus servitores vivere debent, ab injustis hominibus equitatis jure deffendant.

Il est juste, et il convient à la plupart des princes chrétiens, dans la mesure où les affaires de la sainte église, dont ses serviteurs doivent vivre, doivent être légalement défendues par la cavalerie contre les hommes injustes.

Unde ego Gaufredus, Andegavorum comes, pro salute anime mee, ecclesie sancti Nicholai, que sita est in foro Pictavensi, quam uxor mea Agnes edificavit, dum edifficaretur nonnulla contuli et omnia que predicta uxor mea Agnes vel ejus filii, comites videlicet Pictavenses,

C'est pourquoi moi, Geoffroy, comte d'Anjou, pour la sécurité de mon âme, à l'église de Saint-Nicolas, qui est située sur la place de Poitiers, que ma femme Agnès a construite, pendant qu'elle était en construction, j'ai contribué certaines choses, et tout ce que ma susdite épouse Agnès ou ses fils, c'est-à-dire les comtes de Poitou,

 vel quicumque alii aliquid prefate ecclesie Sancti Nicholai pro salute anime sue contuterunt, ego in defencione mea et in tuicione ubicumque sint suscepi, que modo habet vel aliquando habere poterit, maxime ea que circa fines mee terre adjacent :

ou tous ceux qui, comme vous le dites, ont battu l'église de Saint-Nicolas pour la sécurité de leurs âmes, je les ai reçus dans ma défense et ma protection, où qu'ils soient, afin qu'ils aient, ou puissent à tout moment avoir, surtout ceux qui sont adjacents aux frontières de mon terrain :

terram illam videlicet cultam et incultam cum omnibus possessionibus suis, que est in villa que dicitur Agriciacus ; eo videlicet tenore ut, qualiscumque lis vel guerra inter me et Pictavensem comitem vet meos et ejus successores fuerit, nullam omnino lesionem, nullum dampnum, nullam calumpniam paciantur res Sancti Nicholai quas ego in mea terrena deffensione suscepi.

à savoir, cette terre cultivée et non cultivée avec toutes ses possessions, qui est dans la ville appelée Agriciacus; à savoir, à la condition que, quel que soit le procès ou la guerre qu'il peut y avoir entre moi et le comte de Poitiers et mes successeurs, aucune blessure, aucun dommage, aucune réclamation ne sera réconciliée avec les choses de Saint-Nicolas, que j'ai entrepris dans ma défense terrestre.

 
 Verum quia ego multis et diversis curis ac negociis impeditus ad omnia non possum respondere, commisi predictam terram Sancti Nicholai cum possessionibus suis Bartholomeo de castello quod dicitur Mirabel sub sacramento fidei sue, quod michi fecerat, ut predictam terram cum habitatoribus suis et omnibus possessionibus in eo loco deffenderet..

Il est vrai que, parce que je suis gêné par des soucis et des affaires nombreux et différents et que je ne peux pas répondre de tout, j'ai confié la terre de Saint-Nicolas susmentionnée avec ses possessions à Barthélemy du château appelé Mirabeau sous le sacrement de sa foi, ce qu'il avait fait pour moi, de sorte que la terre susmentionnée avec ses habitants et toutes les possessions qui s'y trouvent, il défendrait à la place.

 Quapropter ego omnes successores meos pro Christi nomine obtestor ut possessiones prefate ecclesie Sancti Nicholai, quam ego pro remedio anime mee in defensione suscepi, nullus infestare aut inquietare permittat ; quod qui fecerit, judicium Christi, qui omnium ecclesiarum est auctor, incurrat.

Pour cette raison, je charge tous mes successeurs au nom du Christ que les possessions de l'église susmentionnée de Saint-Nicolas, que j'ai prises comme remède pour mon âme en défense, personne ne permettra d'attaquer ou de troubler ; Quiconque fait cela encourt le jugement de Christ, qui est l'auteur de toutes les églises.

 ==> La domination au Moyen-Age des comtes d’Anjou en Saintonge. (Geoffroy Grisegonelle, Foulques Nerra, Geoffroy Martel)

1. Avant 1052. Barthélémy, de castello quod dicitur Mirabel, était seigneur de Mirebeau. (D. Fonteneau, t. 18, p. 115.) Il fut élu archevêque de Tours en 1052.

Barthelemy de Faye fut archevêque de Tours de 1052 à 1068.

Agnès de Bourgogne fille de Otte-Guillaume et veuve de Guillaume le grand, duc d’aquitaine cousin issu de germain de Geoffroy (31/ janvier 1030). Elle épouse Geoffroy le 1er janvier 1032 malgré l’affinité que son premier mariage lui avait fait contracter avec le comte d’Anjou, répudiée après janvier 1049, elle est reprise par son mari en 1056 pour peu de temps.

Elle vivait encore en 1068.