Puy du Fou Armoiries, étendards, bannière de Jeanne d'Arc

Avant de partir pour Orléans Jeanne se fit faire deux enseignes par un peintre de Tours, Hauves Poulnoir. Le "petit étendard".

Depuis les croisades, tout chef d'armée avait un étendard ou bannière qui portait ses armoiries et sa-devise. C'était une grande pièce d'étoffe échancrée au milieu et terminée par deux pointes.

Il s'attachait à la hampe de la lance, et ce ne fut qu'après Jeanne d'Arc, vers la fin du XVe siècle, que l'on eut l'idée de reprendre le manche en forme de T, selon le mode du vexillum antique.

Par sa grandeur il indiquait la place du général, et cette place était presque toujours en avant, dans la tactique ancienne, le chef, dux, conducteur, y faisant l'office d'entraîneur. Une fois dans la mêlée, l'étendard excitait ses soldats à se précipiter après lui, pour ne point laisser compromettre sa personne et ses enseignes.

1 Racinet, loc. cit. — Les auteurs des XIIIe et XIVe siècles emploient indifféremment les mots gonfanon, étendard et bannière. Le gonfanon était un peu plus petit : attaché à la hampe de la lance, on l'y enroulait quand on ne combattait pas. Nous emploierons tour à tour les mots de bannière et d'étendard.

La bannière semble de tous les drapeaux celui qui eût le caractère le plus personnel. Elle était décorée des armoiries et de la devise qui traduisaient les sentiments les plus intimes du chevalier, et le jour de ses obsèques elle le suivait au plus près dans son cercueil.

 

Devenue chef de guerre, Jeanne d'Arc eut donc son étendard, qu'elle décrit ainsi :

« J'avais une bannière dont le champ était semé de lis. Le monde y était figuré, et deux anges, un de chaque côté. Elle était de couleur blanche, de cette toile qu'on appelle boucassin. Il y avait écrit dessus : Jhesus Maria, comme il me semble. Elle était frangée de soie. »

« Qu'aimiez-vous mieux, votre bannière ou votre épée ? insistèrent ses juges, perfidement.

J'aimais beaucoup plus, voire quarante fois plus, ma bannière que mon épée... C'était moi-même qui portais ladite bannière quand je chargeais les ennemis. Je n'ai jamais tué personne. »

Aux détails que donne la martyre, il faut en ajouter quelques autres.

La toile ou bougran dont on se servit était très estimée au XVe siècle. Les dames se glorifiaient de leurs belles robes de boucassin.

Un inventaire de la cathédrale de Noyons, de 1419, nous apprend qu'on en faisait des linges d'église, des chasubles, des bannières pour les confréries. Les chevaux des prélats, aux processions, étaient habillés de cette étoffe (1).

1 « Son estendard était de toile de boucassin bordé de velour. » (Pasquier, Recherches, 1. VI, p. 474. —V. du Cange à Boccasinns et à Boucassinus.

Histoire Tours médiévales (Jeanne d'Arc)

Une rue de Tours, qui portait ce nom, était tout occupée par les fabricants et les marchands de boucassin (1), et nos aïeux avaient la réputation de vendre le plus beau et le meilleur.

Sur un champ de fleurs de lis était représenté « le monde », ou une Majesté, c'est-à-dire le Sauveur assis sur les nuées, le globe du monde dans la main gauche, bénissant de la droite, et accosté de deux anges qui lui faisaient la génuflexion et présentaient chacun un lis.

En guise de devise, on lisait au-dessus : JHESUS MARIA, C'était le doux cri de guerre de la sainte, et il traduisait les amours et les ambitions de son âme.

Sur l'avers elle fit placer, dans un écu d'azur, une colombe d'argent, tenant en son bec une banderole où se lisait : « De par le Roy du Ciel. » Les grincheux de Rouen (il y en eut d'autres depuis, et même de très récents) soupçonnèrent qu'elle avait ainsi prétendu à des armoiries, et ils l'interrogèrent sur le sens de ces décorations. Jeanne répondit :

 « Sainte Catherine et sainte Marguerite me disaient de prendre l'étendard et de le porter hardiment, et d'y faire mettre en peinture le roi du Ciel ; de la signifiance je ne sais rien autre (2). » ==>Jeanne d’Arc , les voix de l’arbre des Fées – Saint Michel, Sainte Catherine, Sainte Marguerite

Les sujets étaient non pas peints, selon qu'on a coutume de l'écrire, mais brodés, comme à toute bannière de baron ou de chevalier. Si les textes se servent du mot peinture, c'est dans le sens que ce mot avait alors, pietura textilisi.

On n'exposait point des étendards peints aux inclémences de l'air et aux ravages des combats. L'étendard demandait à recevoir autant de coups glorieux qu'en désirait son maître, et il fallait qu'il demeurât assez fort pour le suivre jusqu'à la tombe, pour rester même suspendu, pendant des siècles, aux voûtes saintes sous lesquelles le preux se reposait de ses victoires.

 

1 Aujourd'hui rue du Président-Merville. Que dit ce nom aux enfants de Tours, au lieu du premier, qui récitait de si merveilleuses pages d'histoire ?

2 Procès, I, 77, 78, 117, 178-181, 236, 300; III, p. 103.

 

La bannière de Jeanne d'Arc devait donner à notre drapeau français sa bande blanche, comme la bleue lui fût donnée par la chape de saint Martin. De Tours sont donc parties à la conquête du monde deux de nos couleurs nationales.

 

Médiévales du Vieux Tours

Jehanne avait reçu du roi Charles VII, le 2 juin 1429, ses armoiries :

(Le brevet intervient entre la délivrance d’Orléans 7 mai 1429 et la campagne de Loire, et avant le sacre juillet 1429).

Le deuxième jour de juin 1429, ledit seigneur roy, ayant connu les prouesses de Jehanne la Pucelle et les victoires en don de Dieu et de son Conseil donna, étant en la ville de Chinon, des armoiries à ladite Jehanne pour décorer son étendard et elle-même, du modèle qui s'ensuit, donnant au duc d'Alençon et à ladite Jehanne la charge du siège de Jargeau

Sous le texte figure le blason :

D'azur à deux fleurs de lys d'or accompagnées d'une épée d'argent à la garde d'or ornée de cinq fleurs de lys férue dans une couronne royale du même.

(Arch. Bibl. Nat. - Cabinet des manuscrits - n°5.524.)




En décembre, viendront les lettres d'anoblissement. Ces dernières concernent Jehanne et toute sa famille, ainsi que tous leurs descendants, par ligne masculine et féminine (ce qui était assez rare).

Par contre, les armoiries données à Jehanne ne concernent qu'elle seule, et non sa famille.
Jeanne déclarera lors de son procès de Rouen de n'avoir jamais porté ce blason !

 

(Suite à la victoire d'Orléans, le 22 mai 1429 Jeanne d’Arc retrouve au logis royal de Loches le futur roi Charles VII)

 

Lettres-patentes du roi Charles VII, contenant l'annoblissement de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, et de ses père, mère et postérité masculine et féminine, au mois de décembre, 1429 et expédié à la chambre des comptes, le 16 janvier 1430.

« Charles, roi des Français, pour perpétuelle mémoire.

Notre but est d’exalter l’effusion des grâces éclatantes que la divine Majesté nous a départies par le signalé ministère de notre chère et aimée Pucelle, Jeanne Day de Domremy, du baillage de Chaumont ou de son ressort, et les graces que nous espérons encore, par le secours de la divine clémence. ….. Nous avons anobli cette même pucelle et, en son honneur et considération, Jacques Day, du dit Domremy, son père ; Isabelle, sa mère, femme du même Jacques : Jacquemin, Jean et Pierre Pierrelot Day, ses frères ; toute sa parenté et lignage, toute leur postérité masculine et féminine, née et à naître en légitime mariage……

Extrait du seizième livre des Chartes de la chambre des comptes, commençant en avril I552, et finissant aussi en avril 1555, coté 1600, fol. 11.

HENRY, par la grace de Dieu , roy de France, scavoir faisons à tous présents et à venir : Nous avoir receu l'humble supplication de nos chers et bien amés Robert le Fournier, baron de Tournebu, et Lucas du Chemin seigneur du Feron, son neveu, pour eux et leurs parents, issus et descendus de la lignée de la Pucelle Jeanne d'Arc, de Dompremy, près Vaucouleur, au bailliage de Chaumont, contenant que le feu roy Charles VII, que Dieu absolve ! pour certaines, bonnes, justes et raisonnables grandes causes et considérations, auroit annobli ladite Pucelle Jeanne d'Arc, Jacques d'Arc, son père, Ysabeau, sa femme, mère de ladite Jeanne, Jacquemin, et Jean d'Arc, et Pierre Prerel, frères d'icelle Pucelle; ensemble tout leur lignage et postérité en ligne masculine et féminine ; et de ce, en auroit fait expédier ses lettres en forme de Chartres, de cette teneur :

Karolus, Dei gratiâ, Francorumrex, ad perpeLllarn rei memoriam, magnificaturi divinse celsitudinis, uberrimas , nitidasque gratias celebri ministerio Puellae Joannae d' Arc de Dompremeyo, clarae et dilectae nostrae, de baillivià Calvimontis, seu ejus ressortis nobis elargitas, et ipsâ divina cooperante clementiâ, amplificari speratas, decens arbitramur et opportunum, ipsam puellam, et suam nedum ejus ob officii merita verum et divinae laudis …………… - Et sur le repli est escrit : Per regem, episcopo Sagiensi , dominis de Tremoille et de Termis, et alliis praesentibus, signées MALLIERE.

Et encores sur ledit repli est escrit : Expedita in camera compotorum regis, decima sextâ mensis januarii, anno Domini decimo quarto centesimo vicesimo nono, et ibidem registrata libro cartarum hujus temporis, fol. 121. Signé, AGRELLE, et scellé du grand scel de cire verte, sur double queue, en laz de soie rouge et verte.

Du contenu desquelles lettres, de ce faites, par nos prédécesseurs , etc.

Donné à Rouen, au mois d'octobre mil cinq cent cinquante.

 

Jeanne D'Arc Tours Médiévales

Lettres-patentes du roi, verifiees ès cours de parlement et des aides, par lesquelles est permis à M. Charles et Luc Dulis , frères, et leur postérité , de reprendre les armes de la Pucelle d'Orléans et de ses frères. -

Louis, par la grace de Dieu, roy de France et de Navarre , à tous présents et à venir, salut.

Nos amés et féaux M. Charles Dulis, nostre conseiller et advocat-général en nostre cour des aides, à Paris, et Luc Dulis, escuyer, sieur de Reisnemoulin, aussi conseiller, notaire et secrétaire de nostre maison et couronne de France, et audiencier en nostre chancellerie de Paris , frères ; nous ont fait humblement remonstrer que, comme durant les guerres et divisions qui furent en ce royaume, sous les roys Charles VI, et Charles VII d'heureuse mémoire, nos prédécesseurs, les Anglois ayant par un long espace de temps usurpé nostre ville de Paris, et une grande partie des autres meilleures villes et provinces de nostre royaume, il eust pleu à Dieu, vrai protecteur de nostredit royaume, de susciter des frontières d'iceluy cette magnanime et vertueuse fille, nommée Jeanne d'Arc, depuis vulgairement appelée la Pucelle d'Orléans ; laquelle, contre l'opinion d'un chacun, et contre toute apparence humaine, fit miraculeusement en fort peu de temps, et comme par la main de Dieu, lever le siège que les Anglois tenoient devant nostre ville d'Orléans, et sacrer ledit seigneur roy Charles VII, en nostre ville de Rheims, avec tant de prospérité, que de là en avant les Anglois furent entièrement debellés et expulsés de nostre royaume : en recognoissance desquels grands et signalés services rendus à l'estat et couronne de France, elle fut non seulement annoblie avec ses père, mère, frères, et toute leur postérité, tant en ligne masculine que féminine , mais par un privilége spécial dudit seigneur roy Charles VII, lui fut permis, ensemble à sesdits frères et à leur postérité , de porter le lys , tant en leurs noms qu'en leurs armoiries, qui leur dès lors furent octroyées et blasonnées d'un escu d'azur, à deux fleurs de lys d'or, et une espée d'argent à la garde dorée, la pointe en haut, férue en une couronne d'or; desquels frères de ladite Pucelle, l'aisné, Jean d'Arc, dit Dulis, prévost de Vaucouleur, et les descendants d'icelui, auroient continué de porter lesdits noms et armes Dulis jusques à ce jourd'hui; et le puisné Pierre d'Arc, aussi dès lors surnommé Dulis, suivant la profession des armes, après estre parvenu à l'ordre et degré de chevalerie, par lettres-patentes du duc d'Orléans, données à Orléans, le vingt-huict juillet mil quatre cent quarante-trois , auroit esté recognu et rescompensé (sous le nom Dulis, et en qualité de frère germain de ladite Pucelle ) des signalés services par lui rendus, en faict d'armes, avec sadite sœur, et après le déceps d'icelle, tant audit seigneur roy Charles VII, qu'audit duc d'Orléans, depuis l'heureuse deslivrance qu'il eut de sa longue prison, sous les auspices de ladite Pucelle, comme il en appert amplement par plusieurs extraits de nostre chambre des comptes, et autres titres attachés sous le contrescel des présentes : mesme que dudit Pierre Dulis, chevalier, frère puisné de ladite Pucelle, seroient issus et descendus en droite ligne lesdits exposants frères, enfants de Michel Dulis, leur père, fils de Jean Dulis, leur ayeul, qui fut fils d'autre Jean Dulis le jeune : lequel estoit aussi fils puisné dudit Pierre Dulis, chevalier, frère encore puisné de ladite Pucelle; lequel Jean Dulis le jeune, bisayeul desdits exposants, fut nommé et envoyé pour estre l'un des eschevins en la ville d'Arras, par le roy Louys XI, fils et successeur dudit seigneur roy Charles VII, lorsqu'il la voulut faire restablir et repeupler, par ses lettres-patentes données à Chartres, au mois de juillet mil quatre cent quatre-vingt-un, vérifiées en nostre cour des aides, le dixiesme septembre ensuivant; et y demeura jusques en l'année mil quatre cent quatrevingt-onze, que s'estant ladite ville soustraite de l'obéissance de la couronne de France, par. l'entremise de l'archiduc Maximilian, les bons et vrais François qui y avoient esté establis par ledit sieur roy Louys XI, furent tous pillés et chassés de ladite ville, notamment ledit Jean Dulis, lequel fut contraint de se retirer à Lihons en Santerre, sans néanmoins discontinuer la profession des armes; et se voyant le puisné des puisnés des frères de ladite Pucelle d'Orléans, il se seroit contenté de porter le nom Dulis, retenant les armes du nom et de leur ancienne famille d'Arc, qui sont d'azur à l'arc d'or mis en face, chargé de trois flèches entrecroisées , les pointes en haut férues , deux d'or, ferrées et plumetées d'argent, et une d'argent, ferrée et plumetée d'or, et le chef d'argent au lion passant de gueule; et d'autant que lesdits noms Dulis et armes d'Arc, se trouvent estre passés de père en fils jusques auxdits exposants, et qu'iceux sont recognus aujourd'hui seuls représentants ledit Pierre Dulis, leur trisa yeul , frère germain de ladite Pucelle; au moyen de ce que Jean Dulis le vieil, de son vivant tousjours surnommé la Pucelle, fils aisné dudit Pierre Dulis, chevalier, frère de ladite Pucelle, seroit décédé sans hoirs, désireroient reprendre les armes Dulis, octroyées à ladite Pucelle et ses frères, avec celles d'Arc, que ledit Jean Dulis le jeune, leur bisayeul et ses descendants se trouvent avoir retenues et gardées jusques à présent, et qu'il leur fust permis les porter toutes deux ensemble, escartelées en mesme escusson, et timbrées de telle façon qu'il nous plaira leur ordonner, pour marque des actes valeureux de ladite Pucelle et de leurs ancestres ; mesme y employer la bannière qu'elle portoit à la guerre, laquelle estoit de toile blanche semée de fleurs de lys d'or, avec la figure d'un ange qui présentoit un lys à Dieu, porté par la Vierge sa mère ; ce qu'ils doutent pouvoir faire, sans avoir sur ce nos lettres convenables et nécessaires, humblement requérant icelles : pour ce est-il que nous , reconnoissant les grands, mystérieux et signalés services faits à l'estat et couronne de France, par ladite Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, et désirant continuer la reconnoissance et gratification qui en a esté faite à elle et à ses frères, et leur postérité, et d'ailleurs, bien et favorablement traiter lesdits exposants, tant en contemplation de leurdite extraction, dont il nous est suffisamment apparu par les titres et extraits attachés sous nostredit contrescel, que de plusieurs bons et agréables services qu'ils nous ont rendus, et au défunt roy Henry-le-Grand, nostre très honoré seigneur et père, d'heureuse mémoire, non-seulement en l'exercice de leurs offices, mais en plusieurs autres charges, commissions et négociations où ils ont esté employés , et s'en sont dignement acquittés. A ces causes et autres grandes considérations à ce nous mouvant, de l'avis de la reyne régente, nostre très honorée dame et mère, et de nostre conseil, avons, de nostre certaine science, pleine puissance et autorité royale, par ces présentes signées de nostre main, permis et permet- tons auxdils exposants, d'adjouster les armes Du Lys à celles d'Arc, dont ils avoient accoustumé d'user; et icelles porter à l'advenir eux et leur postérité, escartelées au quartier droict de celles Du Lys, qui furent accordées à ladite Pucelle d'Orléans et ses frères, ainsi que les ont retenues, et les portent à présent ceux qui sont reconnus issus et descendus du frère aisné de ladite Pucelle, Jean Dulis, qui fut prévost à Vaucouleur, et au second et troisiesme quartier de celles d'Arc, que lesdits exposants ont retenues, et gardées de père en fils, dudit Jean Dulis le jeune, leur bisayeul, qui fut nommé, comme dit est, pour eschevin en la ville d'Arras, par ledit sieur roy Louys XI, ainsi qu'elles sont ci-dessus blasonnées, et représentées sous le contrescel des présentes : comme aussi voulons et permettons que lesdits exposants puissent porter leur heaume comblé du bourrelet de chevalerie et noblesse des couleurs armoriales, et timbré, scavoir est ledit Charles et les siens, d'une figure de ladite Pucelle, vestue de blanc, portant en sa main droite une couronne d'or soustenue sur la pointe de son espée ; et à la gauche, sa bannière blanche, figurée et représentée comme de son vivant elle la portoit ; et ledit Luc Dulis puisné et les siens, d'une fleur de lys d'or naissante entre deux pennarts de mesme blazon que la bannière de ladite Pucelle ; et que le cri dudit Charles et des siens soit la Pucelle ! et celui dudit Luc, sieur de Reisnemoulin, soit les Lys ! sans qu'ils en puissent estre troublés, molestés ni inquiétés en façon quelconque, ni que ledit changement ou escartelure et addition leur puisse nuire, ni estre imputé au préjudice de nos ordonnances : si donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers les gens tenant nos cours de parlement et des aides à Paris, et à tons autres justiciers et officiers qu'il appartiendra, que ces présentes ils fassent registrer, et du contenu en icelles jouyr et user lesdits exposants et leur postérité, sans leur estre sur ce fait aucun trouble ni empeschement; et si aucun leur estoit fait ou donné, ils le fassent lever et oster, nonobstant toutes ordonnances, défenses, et quelconques lettres à ce contraire : car tel est nostre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre nostre scel à cesdites présentes. Données à Paris, le vingt-cinquiesme jour d'octobre, l'an de grâce mil six cent douze y et de nostre règne le troisiesme.

Signé, Louis. Et sur le reply, par le roy, la reine régente sa mère présente, BRULARD, et scellée de cire verte : et à costé est escrit : visa. Et sur ledit repli est encore escrit : Registrées, ouy le procureur-général du roy, pour j.ouyr par les impétrants du contenu en icelles, selon leur forme et teneur.

Fait en parlement, le dix-huit décembre mil six cent douze. Signé, Eu TILLET. Et sur lemesme repli est escrit : Registrées en la cour des aides, ouy le procureur-général du roy , pour jouir par les impétrants du contenu en icelles, suivant l'arrest de ladite cour du jourd'hui. Fait à Paris, le trente uniesme jour de décembre mil six cent douze.

Signé, Du PUY.

EXTRAIT DES REGISTRES DU PARLEMENT.

Veu par la cour les lettres-patentes du vingt-cinq octobre dernier , signées Louys, et sur le reply, par le roy, la reyne régente sa mère présente , BRULARD. Par lesquelles inclinants à la supplicationde MM. Charles Dulis, advocat duroyen la cour des aides, el Luc Dulis secrétaire et audiencier en la chancellerie, descendus de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans , leur est permis aux armes d'Arc adjouster celles du Lis, octroyées à ladite Pucelle , et auxsiens , ainsi qu'au long contiennent lesdites lettres. La requeste par eux présentée à la cour afin d'entérinement, conclusions du procureur-général du roy, tout considéré, ladite cour a ordonné et ordonne que lesdites lettres seront registrées en icelle , ou y le procureur-général du roy, pour jouyr par les impétrants du contenu en icelles. Fait en parlement, le dix-huitiesme jour de décembre , mil six cent douze. Signé VOISIN.

 

EXTRAIT DES REGISTRES DE LA COUR DES AYDES.

Veu par la cour les lettres-patentes du roy, données à Paris le vingt-cinquiesme jour d'octobre dernier , signées Louys, et sur le reply , par le roy, la reine régente sa mère présente, BILULARD; à costé visa ? et scellées de cire verte sur lacs de soye rouge et verte , portans permission à maistre Charles Dulis son conseiller et advocat général en ladite cour, et Luc Dulis, esçuyer, sieur de Resnemoulin) aussi conseiller, notaire et secrétaire de Sa Majesté , maison et couronne de France, et audiencier en la chancellerie de Paris, d'adjouster les armes Dulis à celles d'Arc ; et icelles porter à l'advenir, et leur postérité, comme estants descendus d'un des frères de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, ainsi que plus au long le contiennent lesdites lettres. Requeste des impétrants à fin de vérification d'icelles, conclusions du procureur-général du roy,, et tout considéré , la cour a ordonné et ordonne que lesdites lettres seront registrées au greffe d'icelle, pour jouir par les impétrants du contenu en icelles. Prononcé le trenteuniesme jour de décembre , mil six cent douze.

Signé, Du PUY.

 

Jeanne d'Arc à Tours / Chanoine H. Boissonnot

Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet

Armoiries, étendard, bannière de Jeanne d'Arc

(Jeanne d'Arc - Secret de la lance Du Puy du Fou)

 La France du Moyen Âge, le blason fleurs de lys des Rois (origine) <==.... ....==> Vitraux de l’église St Philbert de Grand Lieu, Armoiries et Blasons (Jeanne d’Arc, le général Lamoricière, Athanase de Charette