Château de Javarzay - Henri IV et la reine Margot chez les Rochechouart branche de Chandeniers de la Mothe

François de Rochechouart, seigneur de Chandenier, de Javarzay, de la Motte de Bauçay, etc., appartenait à cette illustre famille qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours avec les marquis de Rochechouart et les ducs de Mortemart.

Fils aîné de Jean de Rochechouart, François, naquit en 1450, il fut après la mort de son père, sgr de Champdeniers, de Javarzay et de la Mothe de Baussay (1), il avait épousé le 2 novembre 1478, Blanche d'Aumont, dame de Saint-Armand et du Vau d'Esguillon en Puisaye, fille de Jacques, sgr d'Aumont, et de Catherine d'Estrabonne Descendante de Louis VII de France.

Charles VIII l'employa ensuite en Normandie où il dirigea les travaux de fortifications de plusieurs places et le créa chambellan.

Chambellan du duc d'Orléans, qui fut plus tard le roi Louis XII, il devint sénéchal de Toulouse et grand-maître des eaux et forêts du Languedoc.

Sous Louis XII, En 1506 il était ambassadeur auprès de Maximilien, roi des Romains.

 Il prit part l'année suivante à l'expédition envoyée contre les Génois révoltés, ce qui lui valut le gouvernement de cette ville au mois d'octobre 1508, comme en témoigne le paiement qu'il en reçut de 200 écus d'or, «  pour ses salières et dépens qu'il a faiz durant sept mois et sept jours qu'il a vacqué par son commandement à suivre le roi durant sa conqueste de son royaume de Naples pour poursuyvre et illec solliciter ses besongnes et affaires. »

Il sut s'y maintenir jusqu'au 20 juillet 1512, époque à laquelle une nouvelle sédition le força de revenir en France.

Les Génois semblent cependant s'être bien accommodés tout d'abord de leur nouveau maître.

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Dès 1514, François de Rochechouart fait appel au talent d’Alexandre Robin, architecte tourangeau, pour restaurer son château de Javarzay, sa résidence favorite.

 

Voici une pièce qui donne la date de la construction du château :

Le 25 février 1514, cinq ou six maçons qui travaillaient à la construction du château de Javarzay s'armèrent d'épées et allèrent à Villemain, où ils trouvèrent le vicaire, Micheau Flau, âgé de 50 ans, dans l'église ; ils le blessèrent et lui enlevèrent sa bourse et son argent. Ils se rendirent ensuite à Loubillé, où le prieur, Guillaume Turpin, venait de faire élever un gibet ; avec leurs épées, ils coupèrent les piliers et s'efforcèrent de le renverser. Jehan de la Faye, homme d'armes du capitaine Bonneval, était alors en garnison à Loubillé, chez son oncle le prieur, avec son domestique Guastelet; il monta à cheval pour poursuivre les malfaiteurs, passa à Loubigné, dont il était seigneur, se fit accompagner de ses neveux Antoine de la Faye et François Offray, époux de Perette de la Faye, et de leurs domestiques, et les atteignit à La Bataille à l'auberge des Pilliers. L'un des maçons, Pierre Broussard, fut tué. François Ier accorda à Jean de la Faye et Antoine de la Faye des lettres de rémission, le 14 février 1515.

Blanche d'Aumont fut en son temps, si l'on en croit le général de Rochechouart, l'une des dames les plus considérées de la cour de France.

 

Le 19 mai 1515, François de Rochechouart était nommé gouverneur de la Rochelle et du pays d'Aunis, fonctions qui ne l'empêchèrent pas de recevoir plusieurs missions diplomatiques du nouveau roi, à Venise, à Bruxelles, puis en Angleterre où il accompagnait l'amiral Bonnivet en 1518 (2).

Rentré à la Rochelle en 1529, il recevait l'ordre de convoquer la noblesse de son gouvernement pour la faire contribuer au paiement de la rançon de François 1er et mourait l'année suivante.

Blanche d'Aumont lui avait donné douze enfants, nés pour la plupart à Javarzay ou à la Mothe de Baussay.

1. Christophe de ROCHECHOUART, Seigneur de Chandeniers né au château de la Motte le 17 décembre 1486, il mourut en 1549 son corps fut enterré à  Javarzay.

2. François de Rochechouart, né le 14 septembre 1488  mort jeune.

3. Adrien de Rochechouart, né à Boisbafton le jour de S. Michel 1489. mort trois mois après. Boisbaton (3), résidence fort modeste, située près du bourg de Champdeniers dans une charmante situation, complètement rebâtie au commencement de ce siècle.

4. ANTOINE de Rochechouart, seigneur de S. Amand, a fait la branche des marquis de Faudoas & de Barbazan.

5. JACQUES de Rochechouart, né à Javarzay le 20. may 1491. mort sans alliance.

6. & 7. ANNE & MADELENE de Rochechouart, mortes sans avoir été mariées.

8. Jeanne de Rochechouart, née à la Motte le 8. may 1493. mariée par contrat passé à Donzy le 21. septembre 1912. à Georges Damas, seigneur de Marcilly & de Thianges, fils de Jean Damas , seigneur de Marcilly, & d'Anne de Digoine, dame de Thianges, auquel elle porta les terres d'Yvoy & de Malvoisine.

9. HELENE de Rochechouart, morte jeune.

10. MARGUERITE de Rochechouart, née à savarzay le 15. mars 1498. morte sans alliance.

11. JEANNE de Rochechouart, née à Javarzay le 4. octobre 1499. aussi morte sans alliance.

12. Françoise de Rochechouart, née à S. Amand le 4. octobre 1500.élevée à la cour auprès de Françoise de Maillé, dame d'Aumont fa tante, qu'elle accompagna en 1514. lorsqu'elle fut à Boulogne pour estre dame d'honneur de la nouvelle reine de France Marie d’Angleterre ; elle mourut peu après ce voyage au grand regret de tous ses parents.

 

 

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-          Christophe fils de François de Rochechouart et de Blanche d'Aumont.

 Enfants Christophe de Rochechouart et de Suzanne de Blézy: René, Claude, François, Philippe, Gabrielle.

-          René (1511-1552).

-          Claude, tué à la Bataille de Saint-Quentin, le 11 août 1557.

Enfants de Claude de Rochechouart et de Jacqueline de Bauldot: Christophe, Louis, Philippe, Antoinette, Perronnelle, Françoise, Françoise, Antoinette.

-          Christophe (1546-1569).

 

-          Louis de Rochechouart né le 5 décembre 1550,  devint seigneur de Champdeniers, de la Motte de Bauçay et de Javarsay, après la mort de Christophe de Rochechouart son frère, tué dans les rangs de Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, au combat de Jarnac le 13 mars 1569 pendant la 3eme guerre de religion.

Gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi Henri III, il avait épousé le 27 octobre 1579  Marie-Sylvie de la Rochefoucauld, fille de Charles de la Rochefoucauld, sgr de Randans, et de Sylvie Pic de la Mirandolle.

 

 

 

Henri IV au château de Javarzay

Henri IV alors qu’il n’était que roi de Navarre et Marguerite de Valois, surnommée la Reine Margot sont reçu entre  1586 et 1588 par Louis de Rochechouart et son épouse Sylvie de La Rochefoucauld dans leur château de Javarzay.

18/05/1586  – Villefagnan

19/05 – Gervasay (?)

20/05 – Dîne à Gervasay ; soupe et couche à Celles.

28 Dîne à la Motte Saint-Eloy ; soupe et couche à Jarnosé

29/05 – Dîne à Jarnasé ; soupe et couche à Chizé

30/05 – Dine à Chizé ; soupe et couche à Surgères

Le roi de Navarre arrivant à Melle, le 3 octobre 1587, pour y souper et coucher ; il venait de Coulonges-les-Royaux (aujourd'hui Coulonges-sur-l'Autise), resta parmi nous le 4 et en repartit le 5 pour aller souper à Jervazé (Javarzay)

Javarzay 15 mai 1588,  Henri de Navarre écrit une lettre de sauvegarde pour la dame de Chambéry

 

Louis de Rochechouart fut lui-même blessé mortellement en 1589 en poursuivant des ligueurs sortis de Poitiers, et mourut l'année suivante le 17 mars 1590 à l'âge de 39 ans.

 Enfants: Jean-Louis, Anne.

 

-          Jean-Louis (1582-1635). Fils Louis de Rochechouart et de Marie-Sylvie de La Rochefoucauld.

 Il participe en 1627 au Siège de la Rochelle commandé par le Cardinal de Richelieu.

Enfants: François, Charles, Louis, Jean-Hélie, Claude-Charles, Marie, Louise, Henriette, Catherine.

-          François (1611-1696). Fils du précédent et de Louise de Montbéron. Conseiller du roi Louis XIII.

En 1661, Louis XIV lui accorde le droit, ainsi qu'à ses enfants, de porter le titre de Comte de Limoges, en temps que descendant direct, par lignée masculine, de Hildebert de Limoges, premier vicomte de Limoges en 876.

 Enfants: Charles-François (mort en 1678, sans enfant).

Claude-Charles, mort en 1710. Fils de Jean-Louis de Rochechouart et de Louise de Montberon.

 

 

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François de Rochechouart - Blanche d'Aumont et les Arts

Blanche d'Aumont avait attaché à sa personne un peintre nommé Nicolas Rembert; qu'elle chargea de décorer de peintures l'oratoire de la Mothe de Baussay et auquel elle assigna le 10 août 1528, une pension de 37 livres sur son domaine de Bonnières (4).

Blanche d'Aumont mourut deux jours après son mari, le 6 décembre 1530 et fut enterrée à côté de lui dans la sépulture de l'église Saint-Chartier de Javarzay.

A la fin du XVe siècle le bourg de Champdenier était déjà morcelé en un grand nombre de petits fiefs, la plupart d'entre eux paraissent avoir eu pour origine d'anciennes vignes plantées sur les terrains vagues du castrum primitif concédés par le seigneur et plus tard remplacées par des maisons (5).

La culture de la vigne était déjà ancienne, car nous voyons dès 1117, Boyer, sgr du lieu, abandonner son pressoir aux moines de l'Absie en même temps que des emplacements pour bâtir (6). Au temps qui nous occupe, des vignobles couronnaient tous les coteaux environnants à une assez grande distance.

Grâce à cette culture et aux nombreuses adouberies (7) établies sur le courant de la grande fontaine, à son minage, à ses foires et marchés déjà très anciens, cette localité atteignait alors la plus grande prospérité qu'elle ait jamais acquise.

Cette importance réelle est constatée par le papier censaire dressé en 1494, toujours au temps de François de Roch, où l'on trouve la mention d'une foule d'industries de luxe, notamment d'une quinzaine de joailleries (8).

L'intérêt tout particulier que François de Rochechouart portait à ce domaine était donc des plus légitimes, il semble d'ailleurs avoir été pour lui l'objet d'une véritable prédilection.

C'est à François de Rochechouart ou à son père que l'on doit attribuer les changements qu'a subis l'église de Champdeniers à la fin du XV siècle, analogues de tous points à ceux que l'église de Javarzay éprouvait à la même époque et dus très vraisemblablement aux plans du même architecte (9).

La grande abside circulaire de la nef centrale dont les soubassements sont encore visibles dans la partie remaniée de la crypte, disparut en même temps que les deux absidioles en cul de four ménagées dans le mur oriental de chaque transept le tout fut remplacé par un grand chevet comprenant toute la largeur de l'édifice, vers lequel on prolongea les murs nord et sud des bras latéraux (10).

Le plan primitif qui était celui d'une croix latine n'était plus reconnaissable, le nouvel édifice prenait la forme d'une double potence ou d'un T, mais l'église était considérablement agrandie et beaucoup mieux éclairée. Sept grandes baies ogivales remplaçaient tes étroites ouvertures qui jusque-là n'avaient laissé pénétrer qu'une lumière très discrète jusqu'au sanctuaire.

Les nefs romanes avec chœur gothique sont partout communes en France, souvent ce rapprochement des deux styles a produit des effets assez harmonieux. La vive transition que l'œil éprouve en passant de l'obscurité des grandes allées à la brillante clarté du chœur, semble l'attirer vers l'autel si peu apparent dans les vieilles églises et si mal disposé pour les cérémonies solennelles. Il y a quelque raison de croire que les seigneurs qui remaniaient ainsi leurs églises vers la fin du XVe siècle obéissaient plutôt aux nouvelles exigences du culte qu'au désir inconsidéré de sacrifice au goût du jour.

Trois voûtes élevées en avant des transepts et au- dessus de l'abside primitive furent la conséquence de l'établissement du chevet, mais l'architecte moins bien inspiré qu'à Javarzay ne s'en tint pas là.

Il crut devoir encore suspendre une quatrième voûte au- dessous de l'ancienne coupole qui cependant fut conservée. De cette singulière superposition est résulté une véritable chambre noire où l'on plaça plus tard une horloge.

Les armes des Rochechouart furent peintes probablement à toutes les clefs. On les voit encore à la voûte placée au- dessus de l'autel et à celle du clocher, ailleurs le badigeon cache les blasons qui n'ont ni timbre ni supports.

L'écu est enté et endenté d'or et de sable. L'or remplace l'argent du blason primitif parce que les Chandenier étaient alors branche cadette.

Les grandes fenêtres à meneaux flamboyants reçurent peut-être des vitraux peints par Pierre de Lapostolle, verrier à Champdeniers, chargé par Gabrielle de Bourbon, en 1509, de la décoration de la Sainte-Chapelle de Thouars, que nous trouvons établi à Champdeniers dès la fin du XV siècle (11).

 Comme la plupart des gentilshommes de son temps que le service du roi entraînait en Italie, François de Rochechouart apprit à y aimer les arts et dut y gagner aussi le goût des constructions somptueuses.

M. Vallet de Viriville, dans sa notice sur Jehan Fouquet, publiée dans la Revue de Paris; a décrit un splendide manuscrit avec miniatures de la traduction des décades de Tite-Live par le Poitevin Pierre Bercheure écrivain du XIIIe siècle, aujourd'hui conservé à la bibliothèque nationale et provenant de la Sorbonne, qui appartint, comme sans doute beaucoup d'autres, à François de Rochechouart, et l'on voit encore aujourd'hui son chiffre et ses armes peints à la miniature du frontispice (12).

Nous avons vu tout à l'heure; ce seigneur apporter d'Italie des statues dignes plus tard de l’attention du roi Henri IV, et Blanche d'Aumont, son épouse, charger un peintre de la décoration de son oratoire.

Nous ne serions pas étonnés qu'il fallût leur attribuer la fondation de la verrerie de Lapostolle (13).

 Nous connaissons la générosité dont Blanche d'Aumont fit preuve à l'égard de Nicolas Rembert; nos verriers ont peut-être reçu une dotation analogue (14) car nous trouvons à Champdeniers la mention d'un fief de la voirie, réuni avant 1604, au domaine du seigneur dont il avait été très vraisemblablement distrait à l'origine. Malheureusement nous ne pouvons savoir quand et par qui ce fief fut créé, mais sa destination est évidente.

Son existence est établie par un bail à rente par noble Philippe Goibault, conseiller et maître des requêtes de la défunte reine douairière de France (15) et sieur du Bois de la Boissière, demeurant à Chandenier, au nom de Marie Sylvie de la Rochefoucauld veuve de Louis de Rochechouart et dame de Champdeniers (16), du moulin de Douin dépendant du fief de la voirie réuni au fief de Chandeniers, du 14 juillet l604, led. acte reçu par Guitbot et Gellineau, notaires de la cour de Chandenier et ratifié par la mandante, alors sans doute à son château de Javarzay, devant les notaires de la baronnie de Chef-Boutonne. (Pap. de feu M. Pineau, juge de paix).

 

Il y avait à Javarzay une belle statue de Fabricius, en marbre blanc, qui avait été donnée à François de Rochechouart, gouverneur de Gènes (1508- 1512) sous Louis XII, de la Rochelle sous François 1er, et grand ami des arts.

 

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  Inscription en vers provenant du château de Javarzay (Deux-Sèvres). Donnée par M. Perrain.

Deux panneaux, d'un fort joli travail, provenant, comme l'inscription de Fabricius (n° 187) du château de Javarzay (Deux-Sèvres).

Ces panneaux sont ornés de médaillons et de figures chimériques portant le blason des Rochechouart-Chandenier, sgrs de Javarzay.

L'ancien catalogue, de 1865, donne cette inscription comme étant placée sous un médaillon.

 

On voit dans la chapelle du château de la Mothe-Chandenier une vierge en marbre blanc placée sur l'autel, dont le socle porte une inscription qui rappelle qu'elle fut par eux offerte à François de Rochechouart en reconnaissance de sa bonne administration (17).

Deux autres statues plus petites, placées dans la même chapelle, ont peut-être la même origine, car le don en comprenait quatre.

Henri IV vit plus tard cette statue au château de la Mothe en Loudunais, l'obtint et la fit transporter à Fontainebleau.

 

1629. 11 juin. — Décret au Châtelet des droits seigneuriaux de la terre de Javarzay, à la requête de François de Roye de la Rochefoucauld, fils et héritier de dame Claude de Gontaud de Biron, sa mère, sur messire Jean de Gontaud de Biron, conseiller d’ Etat.

Contrat d'acquisition de la terre de Javarzay par FRANÇOIS DE ROYE DE LA ROCHEFOUCAULD, comte de Roucy, de messire François de Rochechouart, chevalier marquis de Champdeniers, moyennant 13oooo livres déléguées aux créanciers du vendeur.

8 avril 1698. Décret de la terre de Javarzay, fait par-devant le grand sénéchal de Poitou, dont l'adjudication est au profit de Frédéric-Charles de Roye de la Rochefoucauld, fils du comte de Roucy.

 

Le château de Javarzay fut confisqué à la Révolution sur le dernier titulaire, émigré, il fut vendu nationalement.

Ce qui subsiste actuellement n'était que l'entrée du château bâti par Rochechouart et la demeure du régisseur.

Le château de Javarzay consistait en deux vieux corps de logis, dont l'un servait de logement, l'autre en mauvais état, le tout couvert en ardoises, deux granges et autres bâtiments, fuye, colombier, jardin, pré de dix journaux entouré de murs et de la Boutonne, le moulin du château, le parc, la garenne.

Le reste, aujourd'hui en prairies, était orné de douze tours, dont les dernières ont disparu.

 — Les bas-reliefs, représentant des empereurs romains et des personnages illustres au nombre de plus de trente, furent donnés par le père de l’ancien propriétaire, M. Perrain, au préfet de Saint-Georges, alors en tournée de révision à Chef-Boutonne.

L'entrée qui subsiste est formée de deux belles tours, l'une cylindrique, l'autre carrée.

La tour cylindrique est ornée de longues consoles formant mâchicoulis, surmontées par une galerie et un parapet. — La couverture est en charpente. Cette tour serait d'une grande élégance si la hauteur répondait au diamètre.

La tour carrée est flanquée de petites tourelles en encorbellement à toits coniques, soutenus par une arcature cintrée à modillons feuillés. Deux fenêtres occupent l'espace laissé entre les deux tourelles; elles sont flanquées de mâchicoulis. De jolis pilastres les encadrent. Le tout est surmonté d'un beau toit quadrangulaire.

La façade intérieure est ornée de belles fenêtres divisées par des meneaux en croix et surmontées d'une niche en coquille.

La chapelle accolée à cette tour est éclairée par des fenêtres ogivales à un seul meneau. La porte, à cintre surbaissé, est de la jolie renaissance, aux sculptures délicatement fouillées, malheureusement très mutilées.

 

L'enceinte a été démolie entre 1820 et 1824 et les sculptures ont disparu. L'orangerie date de 1854.

Le château de Javarzay a été classé monument historique en 1862

 

 

Tite-Live de Rochechouart ou de la Sorbonne <==.... ....==> Rabelais et les 115 reliques de l'église Saint-Chartier de Javarzay (commune de Chef-Boutonne)

Le Château de la Mothe-Chandeniers (Mothe Bauçay) sauvé de la destruction <==

 

 

 

 


 

 

(1)   Aujourd'hui la Mothe Chandenier, commune des Trois Moutiers, près Loudun (Vienne).

Les Rochechouart à la fois sgrs de Champdenier et de la Mothe de Baussay (ou Beaucay). signaient ordinairement Chandenier et ce nom devenu véritablement patronymique fut imposé par eux à leur résidence favorite qui devint ainsi la Mothe-Chandenier et qui porte encore ce nom.

On a souvent confondu le château de la Mothe Chandenier avec le château de Champdeniers, qui cessa d'être habité par ses seigneurs dès le temps des Chaunay et tomba bientôt en ruines.

On écrivait aussi parfois par abréviation Chandenier au lieu de la Mothe-Chandenier ce qui a fait prendre ce château, situé près de Loudun, pour le bourg de Champdeniers, par certains auteurs notamment par le général de Rochechouart.

 

 (2) Journal d'un bourgeois de Paris sous François Ier. Cette ambassade comprenait en outre Estienne Porcher, évêque de Paris, et Nicolas de Neuville, sgr de Villeroi.

(3) P. Anselme. Boisbaton n'est plus qu'une simple ferme.

La naissance d'Adrien semble prouver que Boisbaton servait de pied à terre aux Rochechouart lorsqu'ils visitaient leur terre de Champdeniers qui resta toujours l'une de leurs principales possessions. La terre de Champdenier est estimée 3,000 1. dans le Mémoire de Maupeou d'Ableiges, 1698. Dugast-Matifeux, Etat du Poitou sous Louis XIV

(4)   D'après le Mémoire de J.-P.-R. Pruel, procureur fiscal 1737, M..Bull. la première érection serait en réalité de 1390. Les foires et marchés remontent au-delà, car le minage est cité en 1240. V. Bull., 1-3, 1878, p. 354.

En 1327 Jeanne Chasteigner, épousant en première noces Guillaume Rogre, écuyer, fils d'autre Guillaume Rogre, chevalier, sgr de Rouvre, près Cherveux, reçoit en dot 11 l. 15 s. de rente en la bourse du marché de Chandenier.

Jeanne Chasteigner était fille de Simon, seigneur de la Malleraye, de Saint-Georges de Rex et de la salle d'Aitré en Aunis, et de Létice de la Guierche, et proche parente d'Aimeri de Chandenier, mort avant 1379 (Duchesne).

(5) Le sol sur lequel est bâtie la ville de Niort parait avoir subi une transformation analogue.

(6) Extrait du Cartulaire de l'abbaye de l'Absie fait en juin 1680, 2 vol. in-4°, collection Gaignières, ms. 180, bibl. nat. Communiqué par M. Bardonnet.

(7) Tanneries.

(8) Copie du papier censaire de la châtellenie de Chandenier, receu en forme probante par les officiers de ladite terre, le 14 avril 1568, dressé dès l'an 1494.

En tête se trouve le titre suivant :

C'est le papier de la recepte des cens, rentes et autres choses deues et appartenans à très noble et très puissant seigneur Francoys de Rochechouart, chevalier, seigneur de Champdenier cause de madame Anne de Chaunay sa mère, de sadite terre et seigneurie dudit lieu de Champdenier. Communiqué par M. Louis de la Rochebrochard.

(9) En attribuant aux Rochechouart l'honneur de cette restauration qui ne saurait leur être refusé, puisque leurs armes pendent encore aux clefs de plusieurs voûtes, nous n'oublions point que si les seigneurs de Champdeniers étaient fondateurs de l'église, les moines de Maillezais possédaient depuis longtemps le prieuré dont l'église faisait partie c'était un prieuré-cure et que ces remaniements durent se faire avec leur autorisation et probablement avec leur concours pécuniaire. Cependant leurs armes n'apparaissent point à la clef des voûtes.

(10) Nous avons dit ailleurs, (1er Bull. de 1878) que de toutes les églises du voisinage, celle de Parthenay le Vieux se rapproche le plus de la nôtre. Elles sont évidemment de la même école sinon du même architecte.

(11) Pap. cens. de 1494.

Recepte de deniers certains de cens deuz à mon dit sgr chacun an on dit lieu de Chandenier en chacune feste de saint Michel. p. 17.

T.-B.-C. Guillaume Delapostolle sur sa maison des bancs (banc. étal de boucher ou simplement étal de marchand quelconque. Du Cange, verbo bancagium et gloss.) qui fut feuz Guillaume de Layspau et Guillonneau tenuz Pierre Delapostolle. 8 sots.

(12) Renseignement communiqué par M. Thomas Arnauldet. bibliothécaire de la ville de Niort, ex-conservateur-adjoint au cabinet des Estampes de la bibliothèque nationale.

(13) Les l'Apostolle se fussent sans doute établis dans une localité plus importante s'ils n'eussent point été appelés à Champdeniers par les Rochechouart. Ils étaient peut-être originaires de Saint-Maixent, où mon excellent cousin A. Richard, archiviste de la Vienne, les signale dès la fin du XIVe siècle. Sire Pierre Apostoyle, prêtre juré et notaire de la cour de l'archiprêtré de Saint-Maixent, dont le premier acte connu est de 1358, mourut entre 1375 et 1380.

(14) François de Rochechouart fut en relations avec l'amiral Bonnivet, qu'il accompagna en Angleterre, il était allié à la famille de la Trémoille si portée aussi au culte des belles choses ses relations, sa parenté, ses voyages, tout l'engageait à s'entourer d'artistes. Nous ne trouvons d'ailleurs aucune mention de la verrerie avant lui.

(15) Louise de Lorraine Vaudemont, veuve du roi Henri III.

(16) Jean Louis de Rochechouart, leur fils. naquit au château de Randan le 24 avril 1582, fut élevé par son oncle le cardinal de la Rochefoucauld, évêque de Clermont, et mourut à Paris en 1635 il avait épousé en 1609 Louise de Montberon, fille de Louis de Montberon, sgr de Fontaine-Chalandray, et de Héliette de Vivonne, morte en 1654 et enterrée dans la chapelle de Saint-Antoine des Jacobins de la rue Saint-Honoré à Paris qu'elle avait fondée, qui lui laissa 10 enfants.

Nous n'avons à citer parmi eux que François de Rochechouart, marquis de Chandenier, et Marie de Rochechouart, morte à Paris en 1701 à 87 ans célibataire, et enterrée à Saint-Jacques du Haut-Pas. Elle fit héritier M. le président de Lamoignon ; on ne sait pour quelle raison, dit le général de Rochechouart, Nous reviendrons plus tard sur cette prétendue disposition testamentaire.

 Les autres enfants ne furent point mêlés à l'histoire de notre seigneurie:

François de Rochechouart, marquis de Chandenier, baron de la Tour en Auvergne, capitaine des gardes du corps de Louis XIII mort en 1696 à l'abbaye de Sainte-Geneviève à l'âge de 86 ans, et enterré en ce lieu, avait épousé en 1646 Marie Loup de Bellenave, fille unique de Claude Loup, sgr de Bellenave, et de Marie d'Hostun qui mourut en couches à la Mothe de Beauçay le 27 mai 1649, (enterrée dans la chapelle de ce château), laissant un fils unique, Charles-François de Rochechouart, comte de Limoges, chef de maison et d'armes, tué au siège d'Ypres en 1678 et mort par conséquent avant son père qui fut en réalité le dernier sgr de Champdeniers.

Le marquis de Chandenier vendit sa sgrie patronymique au maréchal de Broglia en 1668.

(17) V. le poème en vers latins de Léonard Frizon, soc. Jesu, né à Périgueux en 1628, intitulé: Motha Candeneria Carmen ad illustrissimum virum Franciscum de Rochechouart, Candeneri dynastam, primum prœtorianum cohortium prœfectum. Bibl. de Poitiers, fonds. Dom Mazet, dont il existe une mauvaise traduction avec quelques notes et un portrait de M. Hennecart, sous ce titre: La Mothe-Chandenier, poème latin par, Léonard Frizon, Jésuite an 1657, traduit par Amiet, curé de Bournand près La Mothe, an 1839, Loudun Bruneau-Rossignol, in-8.

La Vierge (le la Mothe-Chandenier a été signalée au congrès archéologique de Poitiers de 1843, dans la séance du 3 juin, par M. Gaillard de la Dionnerie fils. Bull. Mon. t. ix, p. 596-7.