Le Château de la Mothe-Chandeniers sauvé de la destruction

Le château de La Mothe, commune des Trois-Moûtiers à deux lieues de Loudun à quatre de Thouars et de Chinon et à cinq de Saumur, est bâti sur un terrain plat et cultivé, agréablement coupé par des prairies, des jardins, des allées et des bosquets.

Au loin les taillis et les futaies forment une couronne de verdure autour de ce vaste domaine sillonné par de longs canaux qu'entretiennent les eaux vives des sources de Loudun et de la fontaine voisine de Barouse (1)

La commune des Trois-Moutiers comprend de nombreux villages dont les principaux sont Bernazay, Vaon, Saint-Dremont, Roche-Vernaise, Fête, Beaulieu, le Bois-Saint-Hilaire, Montfray.

Vaon (Venacum), où il y avait une église dédiée à saint Vincent, qui existait en 1123, était une seigneurie tenue à foi et hommage de la Motte de Bauçay.

 Après avoir longtemps appartenu aux Bauçay d'où son premier nom Mothe-de-Bauçay des mariages le firent successivement passer aux Chaunay, le domaine échoit en 1448 à une branche de la maison de Rochechouart, seigneur de Champdeniers en Bas Poitou.

 Pendant de longues années, les Rochechouart-Chandenier semblent avoir eu pour résidence favorite le château de Javarzay (près de Chef-Boutonne, ou ils avaient élu leur sépulture)

 

 

Le Château de la Mothe-Chandeniers (Mothe Bauçay) sauvé de la destruction

Voici une filiation des seigneurs de Baussay présumée exacte par Bauchet-Filleau.

Bauçay (Hugues Ier), seigneur de Bauçay, donna, dit-on, aux moines Bénédictins de Loudun l'église de Saint-Pierre du château de Loudun et celles de Saint-Jean et de Sainte-Marie en la dite ville, en avril 1060 ou 1063.

Ce fut Hugues I, seigneur de Bauçay, qui en 1060 donna aux Bénédictins de Tournus les trois églises de Saint-Pierre du Martray, Sainte-Croix et Saint-Jean ;

Hugues Ier de Bauçay avait épousé, probablement vers 1030, Arsende, inhumée au prieuré de Cunaux, et aurait eu pour enfants : I° Hugues, 2° Thibault, 3° Pierre.

Hugues IIe de Bauçay, décédé avant son père, aurait été inhumé près de sa mère dans l'église de Cunaux. Il aurait été marié vers 1060 et aurait eu pour enfants : 1° Hugues, 2° Denis, 3° Jean.

Hugues IIIe Bauçay, dut se marier vers 1100.

Hugues IVe Bauçay, fut marié vers 1130.

Hugues IV, dit le Grand, guerroya en Palestine avec son frère Gui, il se distingua par son ardeur et sa vaillance, et mérita de ses contemporains le surnom de Grand.

Il fut tué en 1270 par les Sarrasins, comme le racontent les Grandes Chroniques de Saint-Denis :

« Une journée advint que les Sarrasins approchèrent bien près des chrétiens, et leur jetèrent, souvent et menu, dards et javelots, et en navrèrent aucuns. Pour cette chose s'emurent aucuns nobles chevaliers, comme Guy de Baussay et Hue, son frère, et aucuns bons combattants et se férirent ès Sarrasins; et Sarrasins, sus d'un agait où ils estoient muciés; ils entourèrent Guy de Baussay et Hue son frère. Mais ils firent avant moult grande occision et grande mortalité de Sarrasins. Ils ne purent être secourus, car quand la noise fut commencée et ceux de l'ost le surent, ils coururent aux armes pour eux aider et sortirent hors et passèrent les fossés qui estoient entre eux et les Sarrasins. Soudainement un vent se leva grand et horrible avec grands tourbillons qui leva le sablon et la poudre contremont en l'air, et frappa les Français parmi les yeux et les aveugloit tous, si bien que ils ne savoient chemin tenir.

 Quand les Sarrasins virent le vent estre contraire, ils prirent pelles et autres instruments et levèrent le sablon contremont pour mieux aveugler et empêcher les Français; si que à cette journée ils ne purent rien faire, mais retournèrent dolents et courroucés, parce qu'ils ne purent secourir Hue de Baussay et ses compagnons. »

Son corps fut rapporté à Loudun par ses fidèles hommes d'armes et inhumé dans le couvent des Cordeliers. Ces religieux furent installés à Loudun par Hugues de Bauçay vers l'an 1248 dans un lieu où était une chapelle consacrée à saint Georges.

Il eut pour enfants : 1° Hugues V, 2° Pierre, chevalier, seigneur de Chéneché- Conlonges-les-Royaux, 3° Guillaume, chevalier.

Hugues Bauçay, Ve, se maria vers 1150.

Hugues VI, chevalier, seigneur de Bauçay, fut l'un des plus puissants seigneurs du Loudunais. Il naquit vers le milieu du XIIe siècle, vers 1160, et mourut fort âgé.

En septembre 1209, il se fit garant envers le roi de la fidélité de Gaudin de Remefort, chevalier.

Le jeudi 18 septembre 1214, on trouve Hugues de Bauçay parmi les grands seigneurs garants de la trêve conclue à Chinon, signé entre le roi de France Philippe II Auguste et le roi d'Angleterre Jean sans Terre, après la défaite des coalisés le 27 juillet à Bouvines.

Il vivait encore en 1245.

Il dut se marier vers 1180 et eut pour fils Hugues, qui suit :

Hugues VII, chevalier, seigneur de Bauçay, de Sainte Néomaye, etc., naquit vers la fin du XIIe siècle. Il est souvent confondu avec son père.

Dans la confirmation qu'il fait, en mars 1228, de la donation de la dîme de Bournand, faite à Fontevrault par Herbert des Champs, il est appelé le jeune.

Dans les registres du Parlement, on trouve un procès du 2 mai 1247, au sujet d'un droit d'usage en la forêt de Saure, pour son hôtel de Saint-Maixent et sa maison de Sainte-Néomaye.

Il dut mourir un peu après le milieu du XIIIe siècle, car les Hommages d'Alphonse (1260) portent qu'Hugues de Bauçay possédait jadis le fief des Cartes, dépendant de Bernegou.

Hugues VIII, chevalier, seigneur de Bauçay, Saint-Michel-sur-Loire, etc., naquit vers 1210.

En 1269, avec sa femme Alpide (?), il donna Restigni à saint Martin de Tours. Un chroniqueur l'appelle « miles strenuissimus ». L'on parlait de lui comme d'un capitaine renommé.

Il suivit le comte Charles d'Anjou à la conquête du royaume de Naples, et il assista à la bataille de Bénévent, 26 mai 1266. Hugues de Bauçay adressa, dit-on, le récit de ce combat aux chevaliers d'Anjou et de Touraine.

On lui doit la fondation des Cordeliers de Loudun.

 Il partit pour Tunis avec saint Louis, en 1270, et il périt glorieusement avec son frère. De Alpide ou Alide, sa femme, il eut un fils Hugues qui fut tué sur le sol africain, dans le cours de la dernière croisade, suivant la chronique de Primat.

Ce qui fit passer la succession des de Bauçay aux enfants de Guy, frère de Hugues VIIIe du nom.

Guy de Bauçay était fils puîné de Hugues VIII de Bauçay. Il avait épousé en 1240, Emma de Blon, fille d'Aimery, seigneur de Champigny-sur-Veude. Il en eut : 1° Hugues, 2° Pierre, 3° Guy, chef de la branche de Chéneché, 4° Jeanne, 5e Hardouin.

Hugues IX de Bauçay était seigneur de Bauçay, Champigny-sur-Veude, Blon, Sainte-Néomaye, etc. Il fit don à l'évêque d'Angers, en 1276, de divers domaines situés à Chapes, dans sa seigneurie de Blon, en récompense de services rendus.

En 1290, à cause de sa seigneurie de Blon, il fut l'un des quatre barons qui portèrent l'évêque d'Angers à son intronisation.

Il fut chargé, en 1305, de réunir les chevaliers d'Anjou. Il était mort avant 1309.

Il paraît s'être marié vers 1270, et avoir eu pour enfants : 1° Hugues ;

2° Eustachie, dame de Benais et Olivet, elle naît en 1290. Elle épouse 1° Guillaume d' Usages vers 1303 ; 2° André de Montmorency-Laval, seigneur de Châtillon-en-Vendelais, fils de Guy VIII de Montmorency-Laval, seigneur de Laval, Aquigny, Hérouville, Aubigné, Olivet, Isle-Jourdain et Vitré et Dame Jeanne de Brienne de Loué en 1311

; 3° Denise ; 4° Guy, écuyer ; 5° Guillaume, chevalier.

 

Hugues X (Huc, Huet, Huon), chevalier, seigneur de Bauçay, Champigny-sur-Veude, Blon, Sainte-Néomaye, etc.

Il confirma, le 1er février 1309, la fondation d'une chapelle à Chinon faite par Michel Lhuillier.

Avec ses deux frères, il eut de grands procès au Parlement, au sujet de l'étang de Champigny. En 1338, il obtint des lettres du roi pour construire un étang à Feoulant ? On le trouve qualifié chevalier banneret, en 1340. Il vivait encore en 1355.

 

Hugues VI de Baucay est le dernier représentant de la branche aînée ; il mourut après 12 novembre 1318, ayant eu de Marie d'Archiac, fille d’Aymar d’Archiac et de Marguerite de Rochechouart, sa fille unique Jeanne, dame de Baussay et Champigny sur Veude, Sainte-Néomaye, fut mariée :

Geoffroy de Beaumont, chambellan du roi et mort sans enfants avant 1355 ;

2° En 1356, Charles d’Artois comte de Pesenas, de Longueville, Seigneur du Coudray-Montpensier, cinquième fils de Robert III d’Artois, comte de Beaumont le Roger et de Jeanne de Valois, fille puînée de Charles de France, comte de Valois.

 

le Château de la Mothe Chandeniers sauvé (2)

 

 

 ==> Loudun, l’archéologue français Mgr Barbier de Montault- l’église Saint Hilaire du Martray (Amaury de Bauçay)

==> Charles d’Artois (1328-1385) Jeanne, dame de Baussay en Loudunais

==> Jeanne de Bauçay, Chapelles de Sainte-Anne et Saint-Jean de Bauçay – Légende de sainte Néomaye du Poitou

 


 

Le Château de la Mothe-Chandeniers sauvé de la destruction

 

Une campagne de financement participatif est lancée pour sauver la ruine des Trois-Moutiers. Le projet de Pierre & Vacances, lui, n’a pas pu aboutir. Pour les Amis du château de La Mothe-Chandeniers, Pierre & Vacances a tout simplement « jeté l’éponge ». Le groupe hôtelier dément : « Malgré le compromis, nous n’avons pas trouvé d’accord avec les propriétaires des terrains autour. Nous avions un projet de mise en valeur globale du site ». Selon nos informations, Pierre & Vacances voulait absolument être propriétaire des douves du château ; élément essentiel de valorisation du site à ses yeux.

A-t-il prévu de revenir à la charge prochainement ? La question est posée. Précisons que la Mothe Chandeniers appartient à plusieurs propriétaires (d’où la complexité du dossier). M. Demeyer détient le château et une partie des dépendances. Trois autres familles se partagent les autres dépendances. Enfin les terres autour (près de 200 ha au total, dont les fameuses douves), appartiennent à des agriculteurs.

Publié le 11/10/2017 https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/les-trois-moutiers-appel-au-don-sur-le-web-pour-racheter-le-chateau-de-la-mothe-chandeniers?queryId%5Bquery1%5D=57cd2206459a452f008b4594&queryId%5Bquery2%5D=57c95b34479a452f008b459d&page=2&pageId=57da5ce0459a4552008b4567

le Château de la Mothe Chandeniers sauvé (3)

Le 18 novembre 2017

le Château de la Mothe Chandeniers sauvé (4)

le Château de la Mothe Chandeniers sauvé (5)

d'autres photos sur ce lien : Cliquez ici

 ==>RECHERCHES SUR LES SITES DE CHATEAUX ET DE LIEUX FORTIFIÉS EN HAUT-POITOU AU MOYEN AGE

2018 : Le château de la Mothe Chandeniers au JT de 13H sur France 2

 

 

 

 


 (1)    Notes d’Amiet, curé de Bournand, près de la Mothe, à la suite de sa traduction, avec le texte en regard, de la Mothe-Chandenier, poème latin de Léonard Frizon.

.